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Puerto Maldonado

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Puerto Maldonado: littéralement Port Maldonné. Mais si c’est un port que diable faisons nous sur un pont de singe au-dessus  de ce qui ressemble manifestement à une forêt vierge? En fait ce n’est pas une ressemblance nous sommes toujours au Pérou mais cette fois-ci dans la jungle amazonienne de l’état péruvien de Madre de Dios (du nom de l’affluent de l’amazone qui le traverse). Puerto Maldonado en est la capitale et son nom ne vient pas du fait que c’est une ville très pauvre mais du nom de son fondateur. Mais rembobinons un peu la pellicule: dans l’article précédent nous étions encore à Cuzco…

Pour y aller nous avons décidés de prendre le bus plutôt que l’avion. Tout d’abord c’est nettement moins cher (60€ en première classe, 30€ en seconde) et c’est très confortable (bus dernier cri, sièges complètement inclinables, climatisation). Le trajet dure certes une bonne dizaine d’heures et beaucoup sont tentés de le faire de nuit mais nous avons préférés le faire de jour pour découvrir le paysage que l’on supposait grandiose (on a pas été déçus). Pendant la première moitié du voyage on monte à travers la Cordillère des Andes jusqu’à un col à 4700m (oui vous avez bien lu: nous sommes passé en bus plus haut que le sommet du Mont Blanc). La route descend ensuite vers la forêt amazonienne et en peu de temps on passe des steppes arides et gelées à la chaleur et la végétation tropicale.

L’image présentant des coqs n’était pas le menu du restaurant ou nous avons fait la pose pour déjeuner (de la soupe du poulet et de légumes pour 2€) mais la présentation des champions de combats de coqs très populaires dans la région.

Nous avions réservé à l’Amazon Paradize Ecolodge (tout un programme). Le prix était très raisonnable, l’endroit superbe et bien situé, le bungalow correct mais la nourriture laissait vraiment à désirer: que du poulet et du riz pratiquement à tous les repas et les derniers jours il n’y en avait même pas assez pour tout le monde (vous me direz çà fait plus authentique – la région étant assez pauvre)

Ici nous avons accepté les guides et ils était très compétents. Nous étions dans un petit groupe super sympa avec des jeunes allemands et un couple américano péruvien.

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On s’est promené tous les jours dans la jungle, nous avons vu beaucoup d’animaux (singes, paresseux, capibara, caïman insectes, perroquets, toucans) mais n’ayant pas amené notre matériel photo nous n’avons pu immortaliser que ceux que nous pouvions cadrer avec la tablette…

… ainsi que sur la rivière Madre de Dios et le lac Sandoval qui font partie de la réserve naturelle de Tambotpata…

Nous avons aussi visité une plantation bio/écologique qui produit entre autres choses du cacao (les gros fruits jaunes et rouges sur les photos)…

Mais ce que nous avons préféré par dessus tout se sont les ballades sur les ponts de singe au-dessus de la canopée:

Mais les meilleurs choses ont une fin, notre vol pour la France part ce soir de Lima il nous faut quitter la jungle amazonienne

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Pendant les prochaines semaines nous allons nous consacrer un peu à la famille, régler toutes les tracasseries administratives en suspend et profiter un peu de la canicule au doux pays de France. Nous rejoindrons Rêve à Deux mi-septembre et reprendrons notre périple vers l’ouest et nos articles dans ce blog

Bonne vacances à tous

Anne et Dominique

Machu Pichu

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Après une heure de mini bus nous arrivons à Ollantaytambo ou nous prenons le train pour Aguas Callentes (rebaptisé depuis peu Machu Pichu village) la base touristico-logistique au pied du site. C’est le moyen le plus pratique et le moins fatigant. Il coûte environ 70€ l’aller simple avec Inca Rail (pour 45 km en 3ème classe c’est plus cher que le TGV!) mais il existe d’autres solutions. Côté train il y a les classes supérieures sur IncaRail et le très exclusif Péru Rail tous innabordables. Évidemment si vous êtes un randonneur avertis en pleine forme physique vous pouvez toujours y aller à pied par le chemin de l’Inca (5 jours si vous choisissez de passer par le Salkantay) mais il est obligatoire d’utiliser un tour opérator et les prix sont très très élevés (de l’ordre de 500€). La version low cost est de prendre un « collectivo »  (mini bus moderne environ 20€) depuis Cuzco jusqu’à la centrale hydro-électrique de Santa Theresa et de rejoindre Machu Pichu village à pied le long de la voie ferrée (environ 3 heures).

Nous avions réservé une chambre sur place pour pouvoir profiter de la journée complète sur le site le lendemain. Aguas Callentes /Machu Pichu village est un endroit sans cachet et sans âme, à l’origine une toute petite station thermale, il a été reconstruit uniquement pour servir de plateforme logistique au site (l’un des plus visités au monde) et au sous-tirer passage  autant de dollars que possible aux touristes. Mais on arrive à se débrouiller pour dormir et manger ou pas trop cher. L’accès au sources chaudes dont le village tire son nom est hors de prix mais un peu plus bas sur la route qui mène au site il y a une ferme de papillons assez intéressante.

 

Pour le trajet du village au site 2 solutions: à pied environ une heure et demie (çà monte raide) ou en bus (billet à acheter la veille, 30€ aller et retour).

L’entrée du site est chère. Il y a plusieurs sites en ligne qui vendent des billets tous se présentent comme LE site officiel mais leur tarifs sont jusqu’à 100% plus cher que le prix réel qui est d’environ 65€. Pour éviter ces arnaques, il vaut mieux passer par le site dédié du ministère de la culture ( ici en Espagnol ou là en Anglais) ou acheter vos places aux bureaux du même ministères à Lima, Cuzco ou Aqua Callente. Si vous avez le choix, préférez le début de la saison sèche (mai, juin) il ne pleut pas et tout est encore bien vert.  A l’achat du billet vous devrez choisir la date et l’horaire de visite. Pour le site lui même il y a presque toujours des disponibilités jusqu’à quelques jours avant la date mais pour ceux qui souhaitent escalader aussi le Huayna Picchu il faut s’y prendre très longtemps à l’avance. Les visites guidées durent en principe 1 h 30. Nous n’avons pas pris de guide et nous avons passé 7 heures dans les ruines (y compris la marche jusqu’à la porte du Soleil et le pont de l’Inca) il fallait bien çà pour tout voir… Il n’y a pas de toilettes sur le site (ni de possibilité de se soulager discrètement dans la nature…) il faut donc prendre ses précautions avant d’entrer. La nourriture emballée et la boisson en canettes sont interdite mais en pratique on peut manger ce qu’on apporte pourvu qu’on le fasse discrètement et qu’on ne laisse rien trainer.

Et là on arrête de cracher dans la soupe. Le titre de merveille du monde n’est vraiment pas usurpé! Ce site est vraiment d’une beauté à coupé le souffle. On vous laisse le découvrir par vous même à travers les images ci-dessous. Le fans d’histoire et tous ceux qui veulent en savoir plus sur le Machu Pichu pourront consulter cette page.

Commençons par le chemin menant à la porte du soleil et le pont de l’Inca

Et enfin la fameuse ville Inca elle même:

Entrés vers 9 heures et demie, nous ressortons peu avant 17 heures après s’être arrêtés moins de 30 minutes pour grignoter le pain et le fromage que nous avions acheté le matin au halles avant de partir. Fourbus mais heureux d’avoir réalisé un vieux rêve nous reprenons la navette pour redescendre à Aquas Callentes et prendre le train qui va nous ramener à Ollantaytambo ou nous passerons la nuit et la journée du lendemain.

A suivre…

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Cuzco

Nous sommes arrivés à Cuzco le premier Juin après 20 heures de voyage depuis Rapa Nui dont deux changements d’avion à Santiago puis à Lima. La ville est superbe. Elle est située à 3400m d’altitude. Il nous à fallu deux bonne journée et pas mal de tisane de feuilles de coca pour nous acclimater.

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Nous avions choisi un petit hostel pas cher mais fort sympathique dans une ruelle à deux pas de la Place d’Armes. Sur le mur de la salle à manger on peut voir une intéressante citation attribuée au grand Magellan à propos de ses convictions sur la forme de la terre et ce que l’église en pensait à l’époque…

Le lendemain de notre arrivée c’était la fête de la ville, nous avons eu le droit à un défilé ou non seulement les militaires mais aussi les écoles, les universités et les associations de commerçant de la ville marchaient au pas de l’oie. C’est assez étonnant de voir jeunes femmes en mini jupes et vieux universitaires en costume sombre marcher de la sorte… Seul le grand Inca et sa suite marchaient « normalement ». Il a en plus prononcé un discours assez politique sur la grandeur du peuple Inca.

Le lendemain nous avons visité les musées, le musée Incas est vieillot et mal présenté, le musée d’art pré-colombien est superbe (il faut dire qu’il est sponsorisé par une grande banque Espagnole). Nous avons fini la journée par la visite de l’exposition d’un maître tisserand.

Le dernier jour, nous avons fait nos réservations pour la suite du voyage. Nous étions partis de Papeete avec seulement un billet pour Santiago (via l’île de Pâques). A Rapa Nui nous avions réussi à acheter une correspondance jusqu’à Cuzco, le reste du séjour au Pérou ainsi que le retour en France restaient à mettre au point et à réserver… (non, on n’est pas mal organisés: on profite des opportunités locales :))

Cette tâche accomplie  nous avons continué la visite de cette ville magnifique.

Demain nous partons pour Machu Pichu…

L’île de Pâques

Frustrés de n’avoir pu nous arrêter à l’île de Pâques (Rapa Nui en polynésien) quand nous étions passés tout à côté début Avril, nous avons saisi l’opportunité de notre retour vers la France en avion pour y faire une halte: c’est quand même plus facile pour voir les fameuses statues de près.

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Le premier coup d’œil sur l’entrée du port nous confirme que nous avons pris la bonne décision: nous n’aurions jamais osé y rentrer avec Rêve à Deux même par temps très calme. Quant aux mouillages, aucun n’est vraiment à l’abri de la houle. (cliquez sur les images pour les voir en plein écran)

Nous avons passé 4 jours inoubliable sur Rapa Nui. Nous avions réservé une chambre dans un hostal/camping ou nous avons fait la connaissance de Stéphanie, une « back-packeuse » française qui a déjà 3/4 d’un tour du monde sous ses semelles et avec qui nous avons passé de bons moments. Nous avons loués une voiture pour 2 jours pour explorer l’île de fond en comble. Il faut dire qu’elle ne fait que 23 km dans sa plus grande longueur. Par contre les sites à visiter sont très nombreux. Je vous laisse les découvrir:(cliquez sur les images pour les voir en plein écran). Pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur les mystères de l’île vous pouvez jeter un coup d’œil sur cette page.

Le 31 mai dans l’après-midi nous nous sommes envolés pour Santiago du Chili.

A suivre…

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Les Tuamotu : au pays des lagons bleus

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Bye-bye les Marquises, nous sommes arrivés dans ce paradis il y a peine un mois mais déjà l’envie d’aller voir plus loin nous démange. Nous mettons le cap sur les Tuamotu.

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Ce sont des atolls, autrement dit, des lagons entourés d’une langue de terre très basse où pousse des cocotiers (bien qu’ils aient été importés) et de coraux, les plus grands ont une où plusieurs passes permettant de rentrer dans le lagon. Ce serait le dernier stade d’anciens volcans effondrés.

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La météo est parfaite, Rêve à Deux couvre les 500 milles qui nous sépare de ses îles en moins de trois jours. Une traversée sans problème et sans stress mais pas très confortable car nous sommes vent de travers et comme toujours le Pacifique est agité par une houle croisée.

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Les lagons se vident et se remplissent au grès des marées et comme la quantité d’eau est très importante et les passes étroites, les courants peuvent être très violents (jusqu’à 10 nœuds) et lever de véritable mascarets aussi nous choisissons une île dont la passe est facile (courant modéré et étale bien établie) et bien orientée par rapport au vent et à la houle qui est sud- est en ce moment. Nous avons choisi Koehi, une îles faisant partie de la réserve de la biosphère de l’Unesco. (malheureusement très mal gérée, ce qui fait que les bateaux en général ne paye pas leur taxe, les bouées de mouillage qui devraient être entretenues ne le sont pas obligeant les plaisanciers à ancrer dans les coraux et rien n’est en place pour nettoyer les plages ou éviter la pollution) . Chance ou navigation parfaite, nous arrivons le 5 mai, pile à l’heure de l’étale devant la passe… En quelques minutes nous nous glissons gentiment entre les 2 motus délimitant la passe et quittons la houle du large pour l’eau parfaitement plate du lagon. Nous ancrons devant le village mais malgré tout assez loin de la côte en raison des nombreux massifs coralliens affleurant entre nous et la plage.

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Nous sommes seuls au mouillage, mais dans la soirée un autre bateau nous rejoint. Nous n’irons à terre que demain , nous avons le temps, aujourd’hui c’est dimanche et tout est fermé et en plus il nous faut gonfler l’annexe et ce qui n’est pas une mince affaire, elle est lourde et en plus elle a un planché en alu qui est assez difficile à mettre (mais bon, faut pas se plaindre elle ne nous a pas coûté cher) . Le lendemain finalement nous préférons gonfler le canoë.
Nous sommes accueillis par une grand-mère qui gentiment nous offre de laisser le canoë devant chez elle sous un cocotier. Ici pas d’internet, mais bonne surprise, trois boutiques qui si elles ne proposent pas de frais à part quelques patates et des oignons ont au moins un assortiment raisonnable de conserves et de boissons. Par contre pas de pain frais, il n’y a pas de boulanger sur l’île, le pain arrive par avion de Papeete une fois par semaine (en Polynésie, la baguette est subventionnée par le gouvernement).

20190507_155419_001.jpgIl y a aussi un bureau de poste et la mairie où nous irons payer notre taxe pour la biosphère. Ici le temps tourne au ralenti, les gens ne voient pas beaucoup de monde, aussi ils aiment bien les plaisanciers de passage et bavardent facilement avec nous. Nous faisons la connaissance de Gustave et de Teka et aussi de Teva qui nous propose du poisson frais pour mercredi. Dans l’île tout le monde se connaît et tout le monde est cousin, oncle où tante. Les jeunes célibataires venant de l’extérieur sont accueillis avec bienveillance car ils peuvent contribuer à éviter la consanguinité.

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Nous allons à la poste pour acheter des timbres pour envoyer des cartes postales (mais la seule carte postale que nous trouverons sur l’île est une vue de l’île de Rivavaé distante de près de 1000 milles. En attendant notre tour au guichet, nous rencontrons Rarétéa et Pakia, deux jeunes avec qui nous allons passer un bon moment.

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Ils ont 19 et 21 ans et leur famille les a envoyés ici pour exploiter la palmeraie dont Rarétéa a héritée à la mort de son grand-père. Nous comprendrons plus tard que le grand père n’ayant pas exploité la cocoteraie depuis très longtemps, pas mal de gens ont pris l’habitude de ramasser les noix pour vendre le coprah (subventionné par le gouvernement), de plus comme il n’y a aucune construction sur l’exploitation, ils sont hébergés par une tante qui ne voit pas d’un bon œil ces deux bouches supplémentaire à nourrir. Ils nous font découvrir le coco et surtout l’eau de coco qu’ils utilisent toute la journée pour étancher leur soif. Ils nous expliquent comment cuisiner avec et comment mangent les Polynésiens. Nous passons l’après midi sans se rendre compte qu’il est déjà l’heure de se séparer.

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Nous leur proposons de venir à bord le lendemain pour un repas, nous viendrons les chercher. Nous avons maintenant rendez-vous avec Marcel le pêcheur, qui nous à promis des sardines. Quand on arrive Marcel n’est pas encore de retour , il est dans le lagon derrière sa maison et on le voit debout avec de l’eau jusqu’à la taille lançant son filet d’un geste expert. Sa femme et son beau père nous reçoivent très gentiment. Elle nous parle un peu de leur vie sur l’île tout en surveillant son dernier né qui dort dans une poussette. C’est son quatrième enfant, il n’a pas trois mois et se porte comme un charme, les gens autour parlent sans baisser la voix mais çà ne le perturbe en rien , il est bien au grand air .. Au village il y a une école primaire mais pour leur collège les enfants doivent aller à Makémo ou à Fakarava et pour le lycée c’est uniquement Papeete à plus de 600 km. A Papeete il y a aussi des prépas et quelques spécialités à l’université mais en général pour continuer des études il faut aller en France. Comme la situation économique de la Polynésie n’est pas bonne, beaucoup de jeunes essayent de s’engager dans l’armée. Marcel revient avec sa pêche et nous l’aidons à décrocher les poissons emmêlés dans son filet. Ce sont des chinchards ( genre de grosses sardines ) qu’il nous offre de bon cœur . Je me doutait qu’il n’accepterait pas d’argent aussi j’avais ramené deux gros pamplemousses des Marquises , je savais qu’ils en sont très friands (aucun fruit ni légume n’arrivent à pousser sur l’île). Ce sont des gens heureux, ils aiment leur île et pour rien au monde ils ne voudraient en partir. Nous aurions du mal à nous y installer , trop plat , trop petit et trop difficile de s’approvisionner en nourriture fraîche.

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Mais il nous faut rentrer, notre agenda social est très chargé, ce soir nous avons invité Andrew (arrivé peu après nous hier) à venir prendre l’apéro. Nous sommes un peu en retard et il ne nous attendais plus mais très gentiment, il apporte des toasts au fromage et du vin rouge et nous lui proposons de finir la soirée en mangeant les sardines de Marcel . Andrew navigue en solitaire sur un vieux Moody d’une douzaine de mètre construit dans les années soixante dix. Il a commencé son voyage en 2004 avec sa femme mais deux ans plus tard elle a eu un cancer et ils ont dû laisser le bateau en Floride et rentrer en Angleterre pour les soins. Elle n’a malheureusement pas pu être sauvée et en 2010 Andrew a décidé de continuer le voyage. Malgré le temps passé on sent qu’elle lui manque toujours et que la solitude lui pèse.
Finalement le lendemain, nous gonflons l’annexe pour aller chercher les jeunes à terre .

20190506_183354.jpgNous passons d’abord chez Teva pour chercher notre poisson. Au lieu du thon promis c’était un grand poisson blanc dont nous avons oublié le nom (la pêche réserve toujours des surprises). Il l’avait congelé et c’était encore mieux ainsi, beaucoup plus facile pour le découper en fine tranche et le préparer en carpaccio de poisson cru. J’avais fait une grosse platée de riz , qui est la nourriture de base en Polynésie. Ils ont adoré le poisson cru pourtant préparé d’une façon un peu différente de la leur. Nous avons fini par un poké à la banane (dessert traditionnel à base de tapioca)dont ils ont raffolé. Pendant le repas nous avons beaucoup discuté de la vie sur les îles, tant sur les atolls ou la misère se cache qu’à Papeete avec les trafics la drogue et les gangs, du malaise de la jeunesse sans grand espoir d’une vie meilleure, de la corruption de la classe politique (Gaston 10% en est un exemple édifiant) et de leur grande difficulté à s’intégrer à Koéhi.

Ils nous ont clairement fait comprendre qu’entre l’hostilité de la tante et les vols de coprah par les voisins, ils n’avait aucun espoir de s’intégrer et n’avait qu’une envie c’était de quitter l’île mais il leur faudrait des mois voire des années avant d’avoir vendu assez de coprah pour se payer un billet pour le bateau qui passe tous les mois et encore plus pour l’avion hebdomadaire. Embarquer sur un voilier pour s’échapper de cette situation leur paraissait un rêve accessible. Après le repas avant de retourner à terre nous sommes passés voir Andrew pour lui demander s’il ne serait pas intéressé pour embarquer les jeunes comme équipiers jusqu’à Papeete. Andrew n’a pas dit non mais il voulait réfléchir. Pendant le reste de l’après –midi Raréata et Pakaia ont continué à nous faire découvrir Kohéi du côté lagon cette fois-ci.
Le lendemain, Andrew avait besoin de notre aide pour monter dans son mat pour réparer un bas hauban et voulait aussi que je lui montre comment on faisait le pain. Nous sommes donc allés à son bord après déjeuné et avons bricolé avec lui une bonne partie de l’après midi. Un bateau passe et nous fait bonjour , c’est Gustave et sa famille qui reviennent de la pêche et de la récolte du coprah sur un motu de l’autre côté de l’atoll, très gentiment il me propose un magnifique poisson perroquet que l’on partage avec Andrew. Je promets à Gustave de passer le voir à terre avant la nuit. Nous ne finirons pas la réparation du hauban d’Adrew, la goupille est cassé, il faudra qu’il en bricole une demain. Andrew vient à terre avec nous, il a pris sa décision, il va embarquer les jeunes et veut qu’on fasse l’intermédiaire pour éviter toute confusion (il ne parle pas français et l’anglais de Raréata est encore hésitant. Dominique se charge de cette mission, je vais chez Gustave. J’apporte avec moi notre dernier pamplemousse et du marron glacée en pâte de fruit, une friandise inconnue sur les îles. Je les retrouve dans leur petite maison avec un ami à eux qui vient de leur apporter deux magnifiques crabes Coco, spontanément il m’en offre un que je l’emporte avec moi vivant, c’est un cadeau de roi, même ici ce n’est pas si souvent qu’ils en attrapent.

IMG_3259On bavarde un moment mais le soleil va bientôt se coucher et je dois rentrer. Je suis triste de les quitter si vite, ils sont si chaleureux. Sur le chemin qui mène à la petite jetée du village je rencontre la petite grand-mère avec qui nous échangeons quelques mots chaque fois qu’on descend à terre. Elle rapporte une brouette qu’elle avait empruntée à son frère à quelques maisons de là , je lui montre mon crabe coco et elle m’explique comment le cuire , je lui dit que nous partons demain , elle aussi est triste de nous voir partir et m’embrasse affectueusement .

20190506_192658 Je retrouve un peu plus loin Domi Andrew ,Réreata et Pakia . Les jeunes sont tout excités à l’idée de quitter l’île et de rentre à la voile à Pateete mais pour se mettre en jambes, ils vont faire une escale à Fakarava et peut être à Rangiroa. Ils ne partiraient que le surlendemain soit une jour après nous.

Jeudi 9 mai. Petite navigation jusqu’à Fakarava, distante de 35 milles environ. Nous sommes ¾ arrière dans 12 nœuds de vent mais nous ne mettons pas le spi pour ne pas aller trop vite. En effet nous sommes sortis de Kohéi à l’étale de marée haute et il faut se présenter à l’étale de marée basse pour franchir la passe de Fakarava. Malgré tout, nous sommes un peu en avance. Vue de l’extérieur, la passe ne semble pas trop agitée mais compte tenu des récits de plaisanciers entrés au mauvais moment que nous avons lus Domi préfère prendre toutes les précautions. Il ferme les hublots, cale tout ce qui pourrait tomber à l’intérieur et nous fait mettre les harnais et nous attacher. Mais finalement tout se passe très bien, nous sommes à une heure de la renverse mais le courant sortant ne dépasse un nœuds contre nous et nous ne ressentons que quelques remous. Il y a d’ailleurs plusieurs bateau de plongée sur le bord de la passe. A l’intérieur du lagon l’eau est parfaitement calme , pas de houle ni de clapot malgré le bon vent qui souffle en cette fin d’après-midi. C’est en tirant des bords au prés serré que nous remontons jusqu’au village de Rotoava .

IMG_3288 Le soleil est encore suffisamment haut pour bien voir les pâtés de corail dans le fond du lagon. Nous n’avons pas vu autant de bateaux depuis bien longtemps. Il y a plusieurs dizaine de voiliers de toutes nationalités au mouillage, très peu de français mais beaucoup d’américains. Fakarava est très touristiques, desservie par plusieurs vols par jour pour Papeete et pour les plaisanciers on peut y trouver de l’eau et du gasoil un peu plus de ravitaillement que sur les autres atolls ainsi que quelques services utiles . Nous allons faire un tour à terre , histoire de nous dégourdir les jambes et d’acheter un peu de frais car nous n’avons plus de fruits ni de pain (ici il y a un boulanger 😊).
Le lendemain nous allons au Yacht service pour avoir du WIFI , nous y passons la journée à mettre le blog de Rêve A Deux à jour et finir la déclaration d’impôts sur internet. Au retour nous apercevons le bateau de Andrew qui vient d’arriver, mais il est déjà tard, ils viendront prendre un café à bord demain matin. La traversée c’est très bien passée pour Rereata, moins bien pour Pekia qui à eu le mal de mer. On lui donne quelque cachet de Mer Calme pour la prochaine traversée. On parle avec Andrew de la suite du voyage, lui aussi compte passer la saison des cyclones (novembre à mai) en Nouvelle Zélande. Il faut être aux Tongas fin octobre, pour faire la dernière partie de la traversée dans les meilleures conditions. Avant c’est encore l’hiver chez les kiwis et le risque de rencontrer du très mauvais temps et grand. Çà nous laisse donc beaucoup de temps pour explorer les îles ou peut-être d’autres horizons.

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En attendant nous avons décidé d’aller visiter le lagon et chercher une anse plus tranquille pour aller snorkler. Nous la trouvons à une dizaine de mille de Rotoava. Nous sommes seuls , pas une ride sur l’eau turquoise tellement transparente qu’à 12 mètres on voit parfaitement notre ancre reposant sur le fond de sable blanc. Après la baignade, nous allons à terre. Un petit sentier longe la mer et rejoint une petite cabane de pêcheur inoccupée. Pourtant c’est très bien entretenu, quelqu’un vient donc régulièrement pour nettoyer et ramasser le coprah. Des parcelles de coco et de pandanus on même été brûlées pour essayer de faire pousser des bananiers dans des fosses remplies de compost de coco. Nous traversons la cocoteraie puis une zone semi marécageuse en friche où nous trouvons un passage pour rejoindre le côté océan où les vagues viennent frapper la barrière de corail. La plage bordant le récif est déserte mais beaucoup plus propre qu’à Kohéi où elle était couverte de déchets plastiques. Nous ramassons plein de jolies porcelaines.

IMG_3333.jpgLe soir, en mangeant nous repensons au temps qu’il nous reste avant de pouvoir rejoindre la Nouvelle Zélande et nous discutons de comment l’utiliser au mieux. Quatre mois c’est long et Domi n’est pas super fan des atolls. C’est peut-être l’occasion de faire ce dont nous avions parlé quand la mer ne nous avait pas permis de nous arrêter à l’île de Pâques. Un plan commence à s’ébaucher : profiter encore quelques jours des Tuamotu avant de partir pour l’archipel de la Société, trouver un endroit sûr pour laisser le bateau 2-3 mois, prendre un avion pour Rapa Nui et de là continuer sur la France via Santiago et l’Amérique du sud…les détails restent à peaufiner mais l’idée nous plaît bien. En attendant, profitons de l’endroit.
Deux jours sont déjà passé et nous rejoignons le village de nouveau pour refaire un plein avant de continuer la visite des Tuamotu. Sur le chemin du retour, nous doublons Sheylla (nom du bateau de Andrew), ils n’avaient pas bien compris où nous allions et s’étaient arrêté un crique avant la notre. Nous les invitons à venir manger à bord ce soir.
En allant à terre faire les courses nous voyons un gros requin passer le long de la plage. C’est un requin dormeur inoffensif , on en verra d’autre qui viennent se faire caresser sur la berge et un pêcheur explique aux touristes qui passent qu’il les nourrit et c’est pour cela qu’il sont là . Nous passons une bonne soirée avec Andrew, Pakia et Raréata.

Le lendemain matin de bonne heure (fin de marée descendante), nous prenons la mer chacun de notre côté: Andrew avec ses passagers vers Papeete et nous vers Toau, l’île voisine, précisément, l’anse Amiot. C’est le seul mouillage extérieur sûr de tout l’archipel (pas besoins de prendre une passe ni de rentrer dans un lagon).

IMG_3362.jpg Il est très bien protégé par la barrière et les motus de chaque côté. Pas de passe donc pas de courant ni de marée à respecter et en plus l’endroit est super joli, par contre il n’y a pas de village, juste deux trois maisons et un restaurant: chez Valentine et Gaston. Nous sommes trois bateaux dans ce mouillage où 7 corps morts ont été installés. A peine arrivés je vais à la nage réserver deux couverts pour ce soir à la table commune du restaurant .

20190517_012859_001.jpgL’équipage d’un bateau charter Suédois que nous avons vu aux Marquises est avec nous au repas , Pelle, leur skipper était le chanteur de rock avec qui nous avons passé cette soirée mémorable au sémaphore d’Hiva Oa. L’ambiance est festive et pour l’occasion Valentine a mis sa belle robe Polynésienne.

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Le lendemain matin elle nous fait visiter son île , il y a la cocoteraie, le parc aux cochons mais aussi son jardin et la chapelle qui ont aménagés avec Gaston.

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Valentine et sa frégate

Elle voudrait bien que nous restions encore quelques jours mais la nuit nous à porté conseil et notre programme est établi, la météo est parfaite pour les 3 jours suivant mais devrait se dégrader ensuite avec notamment une dorsale qui remonte des 40èmes avec forte houle temps perturbé et pluies pour le reste de la quinzaine. Nous voulons rejoindre Raiatea ou nous avons trouvé un chantier de bonne réputation et pas trop cher pour mettre le bateau au sec avant que le temps ne se dégrade et que nous soyons bloqués par un Maramu trop fort. Une fois le bateau au sec nous prendrons la navette pour Papeete d’où nous nous envolerons pour l’île de Pâques, puis puis de là vers le Pérou pour finalement rentrer en France vers la mi juin pour 3 mois. Nous lèverons l’ancre (ou plutôt larguerons le corps-mort) demain matin.

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La traversée se déroule sans histoires, plein vent arrière dans une mer assez formée mais un vent qui ne dépassera pas les 15 nœuds et, cerise sur le gâteau, une lune bien pleine qui nous permet de voir la nuit comme en plein jour. A la fin de la deuxième nuit, nous sommes en vue de et en tout début d’après midi nous embouquons la passe… et rentrons dans le lagon de Raiatéa. IMG_3513

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Le port municipal juste devant la ville semble plein et il n’y a personne pour nous dire s’il y a de la place. Nous nous dirigeons vers la deuxième marina de l’île ou nous trouvons une place à quai. Le responsable est sympathique et les sanitaires bien propres et confortables mais c’est un peu loin de tout. Il y a aussi une bonne connexion internet ce qui nous permet de commencer nos réservations de vols et une machine à laver pour laver notre linge qui s’était un peu accumulé ces derniers temps (pas d’eau aux Tuamotu)

IMG_3541Le chantier nous confirme que le la sortie de l’eau pourra se faire le vendredi (nous sommes mardi). Nous allons nous amarrer à leur quai le lendemain pour commencer la préparation du bateau pour son hivernage tropical et il y a du travail: dégréer, plier et ranger les voiles, nettoyer le bateau de font en comble, trier les provisions et emballer ce qui va rester à bord de telle façon à les protéger des rongeurs est des insectes. Vendredi à l’heure dite nous sortons de l’eau. La manœuvre est assez impressionnante. Elle consiste à positionner une remorque avec un ber sous le bateau et remonter le tout avec un tracteur sur le pan incliné. Se sont des tahitiens qui assurent le positionnement et le calage en plongeant sous le bateau en apnée dans l’eau glauque du chantier. La grosse houle qui c’est levée au large et passe par dessus la barrière de corail qui ferme le lagon crée un peu de ressac qui rend la manœuvre particulièrement délicate. Tout ce passe finalement très bien.IMG_3535

Les employés du chantier sont tous très pros et très compétents par contre, l’endroit est sale, et loin de tout et il n’y a pas de transport en commun. Le wifi, fourni par un opérateur privé est probablement le plus cher du monde pour une performance lamentable, on s’arrache les cheveux pour compléter nos réservations (au moins jusqu’à l’île de Pâques). Finalement nos vols sont confirmés nous partirons dimanche midi pour Papeete et lundi soir pour l’île de Pâques.

Samedi, de gros nuages noir se sont amoncelés autour de l’île. Il pleut à torrent toute la journée. Pas idéal pour fermer un bateau , j’espère que le vinaigre avec lequel j’ai nettoyé toutes les surfaces suffira pour éviter la moisissure.IMG_3538

Au fond on aperçoit Bora Bora

Dimanche après midi après 45′ de vol nous nous posons a Papeete. Nous prenons un taxi pour aller à la location que nous avons réservé sur booking.com, mais sur place il n’y a personne, le téléphone portable de la loueuse est injoignable et les voisins ne savent pas ou elle est. Fort gentiment, le taxi nous dépose en ville (sans demander de supplément). Nous trouvons finalement un hôtel abordable derrière la zone portuaire.

Lundi, nous avons la journée entière pour nous promener et découvrir la ville de Papeete. La première impression est celle d’une ville délabrée, que personne ne songe à entretenir et ou subsiste encore quelques vestiges de sa gloire passée comme l’hôtel de ville 20190526_225714ou les halles ou se côtoient marchands de fruits et de légumes aux milles couleurs, bouchers et poissonniers aux étalages appétissants et artisan locaux présentant perles, nacres, monoï parfumé ou objets en bois sculptée. 20190527_17382020190527_175214Nous ferons aussi la tournée de tous les quincailliers chinois à la recherche d’un cuiseur permettant de faire le pain sur le gaz sans utiliser de four (comme nous l’avait suggéré Paola) mais sans succès, il faudra se rabattre sur internet.

Finalement la nuit tombe et le taxi que nous avons réservé nous emmène à l’aéroport. Nous ne sommes pas fâchés de quitter Papeete. Le vol de la LATAM/LAN Chile est à l’heure , une autre aventure commence….

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Les Marquises (Trois semaines au paradis)

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…. Ce qui frappe en pleins yeux, ici, ce sont les paysages : leur hauteur, leur grandeur, leur rudesse, leur camaïeux de gris et de vert…disait le blog de Contretemps qui nous avait fait rêver et bien, on vous le confirme, c’est aussi exactement comme ça en vrai J

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Nous sommes sur l’un des archipels habités les plus isolés du monde, nous sommes au bout de la terre. Les îles Marquises se situent à plus de 4000 milles de la côte Américaine et autant de l’Asie ou de l’Australie. Les Tuamotus, les îles polynésiennes les plus proches, sont à 500 milles. C’est un archipel composé de 6 îles Fatu Hiva, Ua Pou, Hiva Oa, Tahuata,Nuku Hiva et Ua Huka où vivent aujourd’hui neuf milles Marquisiens .C’est un peuple fier et attaché à ses traditions. Il était composé de clans et de tributs. Les premiers habitants sont venus des îles de l’ouest, il y a très longtemps, à bord d’embarcations légères : des pirogues à voile en profitant de la saison très courte ou souffle le vent du nord (ils n’auraient pu remonter contre l’alizé d’est. A l’époque, sans doute le tout début du deuxième millénaire, il y avait très peu de plantes très peu d’animaux sur ces îles, par contre, beaucoup d’oiseaux . Ils ont donc tout apporté avec eux , chien, poulet, cochons, chèvre et même le rat mais aussi les arbres fruitiers ,l’arbre à pain ou le bananier, les arbres utiles comme le pandanus. Ces îles sont d’anciens volcans éteint depuis deux millions d’années, contrairement aux autres îles polynésiennes elles n’ont pas de récif.  Le 21 juillet 1595 premier explorateur Espagnol découvre l’archipel et lui donne le nom d’îles Marquises de Mendosa en l’honneur de la femme du roi du Pérou. Trois siècles plus tard, en 1838, après des combats sanglants, les Français, sous les ordres de Du Petitouar prennent la souveraineté. C’est le premier archipel polynésien à devenir Français. La religion catholique est imposée de force aux autochtones leur faisant abandonner leur culture ancestrale. On retrouve partout dans l’île des vestiges archéologiques de ces premiers hommes, qui étaient très nombreux à l’époque (on parle de 60 à 100 milles personnes dans l’archipel avant l’arrivée des occidentaux), sont restés intactes , on en redécouvre encore aujourd’hui sous la végétation luxuriante. Des meaés et les tikis tronent toujours dans ces lieux mystiques .

 

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Nous arrivons à Hiva Oa dans le petit port de la ville Atuona, le mouillage est un peu rouleur, mais bien abrité de tous les vents. Juste à temps on nous indique de mouiller bien au fond, l’ Aranui le bateau qui ravitaille l’île tous les quinze jours doit arriver, ainsi que le Taporo qui lui ne vient qu’une fois par mois. On nous invite aussi pour venir au sémaphore pour rencontrer d’autres équipages et faire la connaissance de Sandra qui veille le canal 16 mais gère aussi l’accueil des plaisancier de 8H à 10h 30 le matin avec notamment une connexion internet (en échange d’une consommation : et oui ça peu vous surprendre mais on va au sémaphore prendre le thé ou le café – c’est pas demain que ça arrivera à la pointe de Taillefer ou de Chassiron). Elle propose aussi un service de lavage/repassage du linge, des locations de voiture, ballades à cheval et pleins d’autres petits services et renseignements utiles au plaisancier qui arrive après un mois de mer. Nous sautons sur cette occasion pour lui donner toute notre lessive y compris les polaires, pantalons et couvertures qui ne devrait plus servir d’ici quelques mois. (Le tout nous sera rendu le surlendemain impeccable) Nous lui commandons une voiture pour la semaine suivante. Le mercredi soir elle organise une petite fête barbecue où chacun apporte son pique-nique. Son mari qui est luthier et guitariste hors pair vient avec quelques copains jouer du jazz manouche et sur notre demande ils nous font un récital Brel réarrangé à leur façon.

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Le village ou se trouve les commerces sont à 2 km mais pas de soucis pour aller nous ravitailler, à peine sur la route et une voiture s’arrête et propose de nous y emmener. Les Marquisiens sont très accueillants et ils ont l’habitude des plaisanciers l’auto stop est donc très facile. Nous allons faire nos formalités d’entrée à la gendarmerie ou nous recevons un accueil très sympathique et plein de renseignements sur l’île et ce qu’il ya à voir. Une fois nos courses faites à la première épicerie du village, c’est le gérant du magasin lui-même qui nous raccompagne au bateau dans son gros pickup.

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Que mange les Marquisiens ? Sans doute ont-ils tous un jardin. C’est très difficile ici de trouver du frais, quelques pauvres légumes carottes et concombres sont conservées dans les frigos et nous ne parlons pas de fruits, c’est la sécheresse et nous ne trouvons même pas de tomates , ni de courgette ou d’aubergine . Sur les étalages, il ne reste plus que quelques boîtes de corned beef ou de petits pois extrêmement cher. Heureusement l’Aranui (le cargo/ navire à passager qui ravitaille l’île et qui à remplacé les antiques goélettes arrive de Papeete demain est apporte le ravitaillement dans ses cales. C’est Pâques dimanche et tout le monde attend avec impatience son arrivée. Le poisson est l’aliment favori des Marquisiens, au magasin on trouve des filets de thon frais, pour les autres poissons, il faut aller voir les pêcheurs tout en étant prudent à cause de la ciguatera. Ils sont aussi friand de cochon et de chèvre mais ce sont ici des animaux sauvages qu’il faut aller chasser dans la montagne. Il y a quelques bovins sur l’île mais on ne trouve que de la viande surgelée, importée directement de Papeete. Il y a des centaines de poules, coqs et poussins qui courent partout en liberté, mais ils ne les mangent pas, le seul poulet qu’on puisse acheter c’est du poulet industriel congelé.

IMG_2833Pour les produits laitiers c’est aussi Papeete et après le passage de l’Aranui, deux jours suffisent pour que yaourts et le gruyère où le camembert aient totalement disparu des étalages. Par contre, la nature est généreuse et les Marquisiens mangent le fruit de l’arbre à pain (ça remplace la pomme de terre) , le manioc (dont on fait le tapioca), le choux chinois , les avocats , les mangues citrons et pamplemousses , la citrouille bien d’autres choses qu’ils cultivent dans leur jardin . Nous arrivons à avoir des pamplemousses et des avocats, ils sont succulents, rien à voir avec ceux que nous avions mangé jusqu’à présent.

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Petit problème d’annexe , ce que nous redoutions arrive , une fuite par importante que nous avons du mal à localiser nous oblige à prendre le canoé . Nous soupçonnons la colle de ne plus faire son office et de fait, le fond de l’annexe s’ouvre comme une vieille semelle de chaussure. Nous passons beaucoup de temps à essayer de commander une nouvelle annexe à Papeete mais il nous faudrait attendre 1 à 2 semaines pour la recevoir au prochain passage de l’Aranui ou au suivant ce qui pourrait encore passer mais le prix annoncé (hors transport) est plus de 4 fois celui lui du même pneumatique en France. Alors on laisse tomber, on se débrouillera avec le canoë et on essaiera de réparer notre annexe ou d’en trouver une d’occasion à pas cher.

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Le mercredi matin à 8 heure nous prenons la voiture de location et traversons toute l’île pour aller voir un site archéologique de l’autre côté de la montagne, à Puamau où les plus beaux tikis (statues de pierre) des Marquises trônent dans un cadre superbe bien entretenu par une Marquisienne (pratiquement tous les sites archéologiques le l’archipel sont privés : que fait le gouvernement ?).

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IMG_2912Nous avons réservé une table pour déjeuner tout à côté chez Marie-Antoinette . Nous nous régalons de poisson cru au lait de coco, de cochon sauvage , d’un ragout de chèvre et pour finir un poé de citrouille (dessert à base de tapioca).

IMG_2884Sur la route au retour, nous nous arrêtons chez Patricia qui dans son atelier « aux couleurs des Marquises » perché à flanc de montagne avec vue imprenable sur la mer, peint des paréos. Elle nous reconnaît, elle nous avait pris en stop deux jours avant,et entendu notre appel VHF lors de notre arrivée. Nous restons papoter un bon moment, elle est Française de métropole et son mari est Marquisien, ils se sont ensemble ici au Marquises depuis il y a 30 ans.

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Lui à un ranch avec des chevaux et est responsable du sauvetage en mer (ce qui explique qu’elle veille aussi le canal 16 et ait entendu notre appel). Nous repartons voir un autre site archéologique plus grand mais sans tiki à l’autre bout de de l’île à Taaoa.

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La nuit tombe tôt ici (17 :30), nous n’avons plus le temps de faire la balade de deux heures à pied jusqu’à une cascade où paraît -il il est possible de se baigner (hors période de sécheresse sans doute). Il est tard mais il est encore possible avant la tombée de la nuit d’aller voir la perle de l’île, le petit cimetière où reposent Jacques Brel et Paul Guauguin.

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Cela fait déjà 10 jours que nous sommes arrivés , le temps tellement vite ici et nous avons l’impression de ne pas avoir fait grand chose.

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Les journées passent et nous avons l’impression d’être scotché à ce mouillage un peu rouleur et à l’eau trop trouble pour se baigner. Il fait très chaud et les nonos en profitent pour nous dévorer. (petites mouches microscopiques qui piquent et laissent des petits boutons qu’il ne faut surtout pas gratter sous peine d’infection ).

Jeudi matin on se décide et après un saut rapide au village pour faire quelques courses (on avait la voiture de location jusqu’à 8:00 et une dernière connexion internet au sémaphore (déclaration d’impôts) nous partons, oh pas très loin , à une dizaine de milles vers la petite baie de —-sur l’île de Tahuata. Belle plage de sable blanc sur fond des cocotiers , et surtout une eau cristalline où des raies mantas font une danse là juste en dessous du bateau. Bien sûr nous nous empressons d’aller les voir et de les observer sous l’eau . Là nous retrouvons un groupe de quatre bateaux qui navigue ensemble , ce sont des jeunes très sympa qui viennent des Antilles et qui sont passés par le canal de Panama . Parmi eux, il y en a un qui nous propose de lui racheter une annexe , certes un peu grosse et lourde, qui n’est pas de première jeunesse et qui faut regonfler de temps en temps. Nous acceptons pour le prix de 1000 francs Polynésien c’est à dire 80 Euros , ce qui n’est vraiment pas cher .

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Ce matin (20 Avril), la houle commence à rentrer dans la baie et rend ce mouillage de rêve un peu inconfortable , la météo est bonne pour continuer notre exploration de cet archipel paradisiaque. Nous mettons le cap au nord ouest, direction Ua Pou distant de 65 milles. Ua Pou (prononcez Oua Pao) est une une île majestueusement tourmentée. Du plus loin que nous l’apercevons , ses cinq pics, de véritables colonnes de lave verticales, se détachent. C’est une traversée expresse, poussés à 8 nœuds sous spi par un bon alizé, à peine ralenti par une molle à l’heure du déjeuner.

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Vers 16 :30 nous arrivons devant le port de Hakahau mais les quelques bateau déjà mouillés là roulent bord sur bord derrière la petite jetée et la houle vient se briser au fond du port : pas idéal pour passer une bonne nuit. Nous continuons donc jusqu’à Hakahetau qui devrait être plus abrité de la houle d’est. Mais il se fait tard et la nuit est tombée quand nous arrivons dans la baie aussi nous mouillons en plein milieu , c’est sans doute un peu plus rouleur que la partie nord de la baie mais ici il n’y a pas de rochers, on y verra mieux demain matin . Le matin nous découvrons cette baie magnifique, bordée de falaises au nord et au sud, la petite jetée qui abrite les pirogues, la plage de galets bordée de cocotier derrière laquelle se détache la petite église au toit rouge et surtout en arrière plan, surplombant le tout de leur verticalité à couper le souffle : les 5 fameuses aiguilles de lave , c’est vraiment grandiose. Nous nous déplaçons pour nous mettre plus à l’abri de la houle sous les falaises et allons à terre. C’est un joli petit village, les maisons sont modestes, parfois même un peu délabrées mais les jardins sont toujours impeccablement entretenus. L’épicerie est fermée définitivement mais au restaurant, Pierrot nous dépanne d’une baguette surgelée, il ne prend les clients pour manger que sur réservation mais de tous façon nous sommes dimanche de Pâques et aujourd’hui il ne travaille pas .

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Finalement ce mouillage aussi est vraiment rouleur. Le vent a tourné légèrement dans la nuit, le rendant encore plus inconfortable . Nous remontons l’ancre après avoir recherché sur les cartes, les guides et les blogs un autre mouillage mieux protégé. Nous avons jeté notre dévolu sur la baie de Anaho tout au nord de l’île de Naku Hiva dans. C’est paraît-il le meilleur mouillage et la plus belle plage de toutes ses îles Marquises. Nous allons bien voir si le guide dit vrai ! Nous ne sommes qu’à une quarantaine de milles, la traversée est vite avalée.

IMG_3133Quand nous arrivons en milieu d’après midi, il y a déjà deux autres bateaux : un cata Anglais et un petit bateau Italien. Après une petite ballade dans la cocoteraie à la fraîche, nous passons boire le thé sur le cata de James et Fan en compagnie des Italiens Paola et Luigi qui sont une source de renseignements . Ils sont aux Marquises depuis trois ans et ont demandé la papétisation de leur bateau : ils ont payé la taxe d’importation pour pouvoir rester au delà des trois ans en Polynésie par contre, la patétisation n’entraine pas le changement de pavillon et le jour ou il quitte le territoire, s’il souhaite revenir un jour en Polynésie, ils devrons de nouveau payer la taxe. Ils sont arrivés aux Marquises après des années de voyage et depuis ils ne veulent plus repartir. Ils changent de mouillages au gré du vent et des saisons et vont retrouver les amis qu’ils se sont fait dans toutes les îles .IMG_3145

 

 

Marie – Louise et Moana nous les avons rencontré dans la vallée isolée de la baie de Haatuatua juste de l’autre côté de la péninsule escarpée qui protège notre mouillage.

Ce sont deux retraité (lui était infirmier) qui ont repris la petite exploitation maraichère de leur grand parents. La vallée, qui se termine par une grande plage ou vient briser la grande houle du large, n’est accessible qu’à pied ou à cheval. Ils chargent leurs chevaux deux fois par semaine pour aller approvisionner les cantines des écoles des villages voisins et vendre leur production au marché de Taiohae (la ville principale de l’île qui est aussi la capitale administrative des Marquises.

marie-louise et moana à chevalIls nous vendent ce qu’ils ont de mieux et ne regardent pas sur la quantité. Après avoir passé la matinée bavarder avec eux nous repartons les sacs chargés de fruits et le cœur plein d’amour pour ses gens adorables qui ont retrouvé le gout de vivre simplement au milieu de cette nature si généreuse.

Nous leur promettons de revenir pour apporter des cordes pour leurs chevaux. Le lendemain nous sommes de retour avec en plus une gousse d’ail de Chiloé pour qu’elle essaie de la faire germer et replanter dans son jardin. Nous aimons cet endroit calme, magnifique près de cette immense plage de sable blanc. Elle est ouverte au grand large et il n’y a donc pas la ciguatéra où ils peuvent pêcher et manger le poisson sans crainte d’être malade. Si tu demande à un Marquisien quel poisson tu peux manger il te répondra « celui-ci, tu peux manger sans problème », « et le thon ? », « oui, tu peux manger », « Le perroquet ? » « oui, tu peux manger », « Alors quels poissons ont la ciguatera ? », «la ou on pêche il n’ont pas la gratte (nom local de la ciguatera» Difficile dans ses cas là de savoir ce que nous pouvons pêcher ?

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On ne peut pas être ici sans aller voir le petit village d’Atiheu qui se trouve de l’autre côté de la montagne . Il nous faut escalader le versant de la montagne par le petit chemin qui serpentent à travers la forêt et passer le col , la vue y est magnifique , on surplombe toute la baie avant de redescendre de l’autre côté vers le village de Atiheu.

20190426_180428_018 Pour midi nous allons nous restaurer chez Yvonne le Maire du village qui tient une pension. Nous mangeons un civet de cochon sauvage accompagné de manioc sa spécialité et repartons le ventre plein voir le site archéologique qui est à deux kms du village . Un site immense où 3000 personnes vivaient là . Il reste encore quelques petits tikis dans le bas mais le plus impressionnant se sont ces grosses pierres de lave qui délimitaient le village et les fondations des maisons. Mais l’après midi passe très vite, il nous faut repartir dans l’autre sens avant que le soleil ne se couche derrière la montagne et qu’il fasse trop sombre pour descendre le sentier. Nous arrivons à temps au bateau content de cette journée bien remplie.20190426_180511

 

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Le lendemain nous nous retrouvons sur la plage avec Paola et Luigi, elle m’offre deux noix de coco vertes pleine d’eau que nous mettons au frais pour les déguster en guise d’apéro .

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Il est temps pour nous de partir pour aller au port se ravitailler avant la traversée vers les Tuamotu. Ce n’est pas très loin par le côté est de l’île mais nous choisissons de passer du côté ouest qui est plus joli et c’est à la tombée de la nuit que nous mouillons ans le port de Taiohae. Nous sommes surpris , dans cette grande baie, il y a une cinquantaine de bateau, l’Ara Nui est lui aussi amarré au quai et débarque ses containers, il repart dans la nuit et on entend encore la musique de sa discothèque même si on ne voit de lui que ses lumières très loin.

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Le lendemain, surprise , nous avions oublié que nous étions le 1er Mai et tout où presque est fermé . Heureusement les deux épiceries sont ouvertes jusqu’à midi et nous et nous pouvons acheter du fromage et quelques denrées qui devrait nous permettre de tenir encore quelques semaines. C’est en attendant Domi qui se fait servir dans la deuxième épicerie que je rencontre une femme avec son grand fils . Tout en parlant je lui demande où je pourrai trouver des bananes à emmener sur le bateau. Elle me demande d’attendre ici qu’elle revient avec deux régimes bien verts un quart d’heure plus tard. Elle nous raccompagne dans son gros 4/4 jusqu’au port avec nos courses . La houle rentre directement dans la baie rendant le mouillage du port très rouleur. Nous ne nous attardons donc pas et mettons les voiles pour retrouver la baie de Hakahetau à Oua Pou qui à notre goût est sans doute la plus belle des îles et qui devrait moins rouleur.

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Nous sommes en terrain conquis , nous savons où mouiller et allons directement à terre chez Ti-Pierrot chercher du pain mais surtout pour charger nos récits sur internet. On a du mal à arrêter Ti-Pierrot quant on lui parle de bateau de la marine , il a servi sur la Jeanne d’Arc comme maître d’hôtel . On refait la guerre des Malouines avec lui (la France vendait des missiles et des avions aux argentins) et après deux bières nous retournons au bateau à la lampe électrique , il fait nuit noire. Demain nous partons pour les Tuamotu c’est décidé , nous avons un créneau météo tip – top. Avant de partir il nous faut attendre la livraison de pamplemousse commandé la veille : elle arrive juste à l’heure en vaa : c’est beau la tradition.IMG_3198

 

 

 

La grande traversée du Pacifique (Episode 2)

Lundi 25 Mars 2019 :

« Terre terre »

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Rapa Nui est là devant nous. Bout de rocher au milieu de rien

Nui signifie « grand » dans les langues polynésiennes, et donc celle que nous connaissons comme l’Ile de Pâques s’appelle en fait la grande Rapa. Ce nom lui aurait été attribué au XIX° siècle seulement par les marins tahitiens qui trouvaient qu’elle ressemblait à l’île de Rapa, située au sud des Iles de la Société. A ce titre, ce serait donc un nom plus récent que celui de Paasch-Eyland, qui a été attribué par Jacob Roggeveen, l’explorateur néerlandais qui fut le premier européen à reconnaitre l’île, lors du dimanche pascal de 1722. Pourtant, et malgré ses dimensions relativement modestes (une vingtaine de kilomètres de long environ), grand est un épithète qui convient bien à ce bout de terre émergée. Grande est la renommée de cette île, grand est son isolement géographique, grands sont les mystères quant à son histoire, et grands sont les moais – les statues qui la symbolisent plus que tout. Le débat reste ouvert quant au nom originel de l’île, mais l’appellation la plus probable serait Te pito o te henua, c’est-à-dire « le nombril du monde ». Il se pourrait que ce nom signifie que l’île aurait été le cordon ombilical entre le monde des vivants et des esprits. (Merci à Fleur de Sel pour ce moment culturel bien documenté que nous nous sommes permis d’emprunter à leur excellent blog)

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La première sensation que nous avons en l’apercevant ce matin c’est qu’elle n’est pas si nui (grande) que cela, peut-être de la taille de Belle-Île. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons, nous découvrons ses grandes falaises , ses sommets volcaniques et ce paysage parsemè de petits cratères , quelques arbres ont réussi à pousser faisant penser à quelques cheveux irisés sur des têtes rondes . Nous arrivons sur la côte nord, nous la longeons en essayant de nous approcher le plus possible. La houle déferle sur les rocher. La baie ou La Pérouse c’est ancrè en visitant l’île au 18éme semble impraticable. Dans la baie d’Anakena, réputée comme étant le meilleur mouillage de l’île il y deux voiliers , le premier quitte le mouillage en roulant bord sur bord et le deuxième fait des saut de cabri en tirant sur son ancre au rythme de la houle . Non vraiment ça nous dit rien de mouiller là surtout que le vent et la houle nous portent à la côte. Pourtant l’endroit est magnifique et nous réussissons à nous approcher suffisamment pour apercevoir les moais (le fameuses grandes statues) dos à la mer à l’ombre de palmiers surplombant la seule plage de l’île.

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Nous passons la pointe de l’île espérant une amélioration quant à la houle du large. Pourtant c’est pareil voire pire elle n’est pas plus abritée que de l’autre côté. En effet une grande houle de sud ouest, séquelle de tempêtes sévissant dans les quarantièmes se croise avec une autre houle de nord et la mer du vent d’est : il n’y aura pas de mouillage abrité nulle part sur l’île. Nous appelons l’armada qui nous confirme «  pas de possibilité de débarquer , le port est fermé et eux même ne peuvent pas sortir pour procéder aux formalités » il nous propose de rester quelque temps à proximité de l’île qu’il puisse nous prévenir si la mer se calme. D’après les gribs ww3 la hauteur et la direction des diverses houles ne va pas changer sur la zone pour au moins les 5 jours prochains. Pas question pour nous d’attendre tout ce temps en jouant à saute mouton sur les vagues. En plus d’ici là une perturbation orageuse avec des vent de nord ouest devrait remplacer le vent d’est rendant toute traversée vers la Polynésie moins agréable. La décision est prise ensemble nous allons pas attendre ici, tant pis pour les moais, on reviendra les voir plus tard en avion, on continue vers l’ouest. Oui mais… du coup on est beaucoup trop tôt pour les Gambiers, d’ailleurs, les cartes Américaines montrent un dépression tropicale en formation sur Pitcairn. Notre destination sera donc les Marquises ou il n’y a pas de risque de cyclones. On est à mi-chemin par rapport à Puerto Montt : encore environ 2000 milles à parcourir

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Nous hissons le spi et c’est à 8 nœuds que nous laissons disparaître cette petite île perdue dans l’immensité bleue du pacifique. Nous informons l’Armada par e-mail Iridium que nous quittons leur juridiction et continuons sur les Marquises.

 

Réaction immédiate de l’autorité locale : vous ne pouvez pas quitter le territoire chilien comme çà, vous devez faire les formalités de sortie autrement vous ètes dans l’illégalité. On leur explique que nos passeports ont bien reçu le tampon de sortie donc de ce côté là pas de soucis. Le seul problème est côté douanes : ils n’avaient pas voulu nous faire de sortie à Puerto Montt arguant que l’île de Pâques fait partie du Chili. Le bateau est toujours en importation temporaire. Domi passe des e mails pour essayer de régulariser la situation auprès des autorités compétentes.

 

Mardi 26 Mars 2019 :

C’était tellement bien hier que dés le levé du jour nous rehissons le spi. Beaucoup de marin qui partent comme nous en grand voyage trouvent la manœuvre un peu trop délicate en équipage réduit et du coup ne s’en servent jamais et au bout de quelque temps regrettent de l’avoir emmené car elle prent beaucoup de place à bord. Mais qu’elle plaisir de sentir le bateau glisser sur les vagues en surf. Une fois la voile bien établie, elle permet au bateau de maintenir une vitesse plus constante et le stabilise : nous roulons beaucoup moins. Bien sûr, nous sommes en long voyage sur un bateau un peu surchargé (au moins une douzaine de tonnes contre environ 9 tonnes en configuration course) donc nous restons prudent et dés que le vent fraichit à 17-18 nœuds nous l’affalons de même la nuit lorsqu’il y a le moindre risque de grain. Nous comptons les milles qu’il nous reste : 2000 milles jusqu’au Marquises, c’est presque une deuxième traversée de l’Atlantique !. Le choix pourtant est judicieux , la mer se range , et le ciel est bleu .

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Mercredi 27 Mars 2019 :

 

Cette nuit, petit problème de pilote qui s’affole en mode vent, apparemment il ne reçoit pas correctement les infos du capteur de vitesse. On bascule pour quelques temps sur l’ancien pilote le temps de le laisser se reposer un peu (il faut reconnaître qu’il est extrêmement sollicité ayant barrè pratiquement 100% du temps depuis les Sables et en plus ces derniers jours le vent change sans cesse de force et de direction). Après avoir vérifié les connexions et resserré quelques fils qui semblaient un peu lâches, il redémarre sans problème. Par contre, nous n’avons toujours pas trouvé la panne de la sonde de température de l’eau de mer qui indique des températures toujours plus élevées, au début on pensait que c’était l’effet de réchauffement dû à El Niño mais quand on a atteint les 40°C (l’air est à 24°C en plein jour) on s’est dit qu’il devait il y avoir un bug : à ce train là l’eau de mer sera bientôt en ébullition ???

Pour assurer si le problème de pilote venait à se reproduire nous demandons à Delphine de la Sablaise Nautique de nous envoyer l’adresse mail du service technique de B&G, ce qu’elle fait aussitôt, Merci Delphine.

 

Jeudi 28 Mars 2019 :

 

Nous continuons à avancer vers l’ouest c’est à dire à la poursuite du soleil! Si bien que tous les jours le soleil se lève et se couche un peu plus tard. Depuis le départ de Puerto Montt, nous avons déjà réajusté l’heure du bord plusieurs fois en fonction des fameux fuseaux horaires. Là-bas, nous étions en UTC-4 (UTC = Temps universel coordonné : l’heure au méridien de Greenwich 0°W ; en France vous êtes en UTC +2 l’été et UTC + 1 l’hiver). L’île de Pâques est UTC-6, Tahiti est en UTC -9 et surprise les Marquises sont en UTC – 9:30. Le décalage avec la France sera donc de -11:30… çà veut aussi dire que sur les deux semaines qui nous reste avant l’arrivée il va falloir absorber encore 5:30. Vous suivez ? (nous non plus : relisez quand même une fois ou deux, l’arithmétique est correcte J)IMG_2771

Les journées sont rythmées par la prise des repas et le levé et couché du soleil si bien que décalage horaire se fait tout seul. Nous prenons notre petit déjeuner ensemble au levé du soleil, le midi c’est quand on a faim au milieu de la journée (note de Domi : des fois on devrait faire plusieurs midis) et le repas du soir se fait au couché du soleil.

Il y a aussi les fameux quarts qui hantent la vie du marin. On vous a déjà expliqué notre système : quand les conditions sont clémentes on essaie de faire des quarts de 3 ou 4 heures la nuit pour que l’autre ait le temps de bien dormir mais j’entends déjà votre question : que faites-vous pendant vos quarts : vous barrez tout le temps ? Non, en mer on ne touche quasiment jamais la barre, le pilote est là pour çà : on fait même les manœuvres (par exemple empannage) à partir du clavier sans quitter l’abri de la véranda. Le quart, en fait c’est la veille, bien installé au sec sous notre véranda. On regarde régulièrement à l’extérieur (tant qu’il ne pleut pas ou qu’il n’y a pas de brouillard on peut voir les feux d’un éventuel cargo ou pêcheur à plusieurs milles). L’écran de l’ordi de navigation est reporté sur une tablette juste devant nous avec la carte et toutes les infos nécessaires, particulièrement les cibles AIS qui nous permettent de voir s’il y a d’autres bateaux aux alentours bien avant qu’on puisse apercevoir leurs feux. Il nous arrive aussi d’ajuster le réglage des voiles quand le vent tourne et on peut parfois prendre ou relâcher un ris ou enrouler/dérouler la voile d’avant. Bref, toutes les manœuvres simples qui peuvent se faire facilement seul sans quitter l’abri de la véranda. Pour toutes les manœuvres plus compliquées (prises de ris au portant sans changer de route, manœuvre de spi, changement de voile d’avant etc) ou qui nécessite de quitter le cockpit, on réveille l’autre. Mais bon, des manœuvres et des réglages il n’y en a pas tout le temps (certains quarts pas du tout) et le Pacifique sur notre route est très peu fréquenté (de toute façon l’AIS est relié à une puissante alarme sonore,qui réveille même celui qui n’est pas de quart, réglée pour se déclencher dés que le système identifie un bateau dont le cap et la vitesse pourrait le faire passer à moins de 2 milles de nous dans les 45’ qui suivent – sur cette traversée il n’a jamais sonné) alors il nous reste beaucoup de temps pour nous. Quand la nuit est claire on se contente parfois d’admirer les étoiles ou la mer qui scintille sous la lune mais le plus souvent, pour ne pas s’endormir on se plonge dans la lecture. Heureusement avant de partir, j’avais réussi à télécharger plein de bons livres sur l’ipad comme çà on a pas des centaines de kilos de bouquins à transporter et on peut lire la nuit sans lumière J En ce moments nous sommes en pleine ré-découverte de toute la série des Dune de Franck Herbert et des pré-quelles (Avant Dune , etc) écrits par son fils Brian à partir de ses notes. Pour nous, la science fiction se marie parfaitement au grand voyage océanique : le rêve et l’évasion…

 

 

Vendredi 29 Mars 2019 :

Nous avançons vite. Rêve à Deux est parfaitement à l’aise dans ce vent et cette mer là. Il avance très régulièrement et sans forcer, il faut regarder les instruments pour ce rendre compte que nous sommes entre 8 et 9 nœuds. On a l’impression que c’est le décor autour de nous qui bouge. La houle s’est allongée, elle est beaucoup plus confortable même si elle est encore croisée.

Quelques uns d’entre vous doivent se dire : se doit être fantastique de glisser comme çà sur l’eau dans le silence de la mer (Cf Cousteau : le monde du silence). Erreur, sur un bateau à voile à la surface de l’océan, c’est loin d’être silencieux : en fait il y a un toujours boucan inimaginable. A tel point que, pour nous entendre si nous sommes tout près l’un de l’autre, il faut que nous parlions fort, d’un bout à l’autre du bateau il faut carrément hurler (pour éviter çà nous avons adopté les oreillettes de motards). Mais d’où vient tout ce bruit ? Tout d’abord vous avez le bruit de la mer, des vagues qui déferlent (même si ce ne sont que de tout petits moutons), le frottement de la carène dans l’eau, les chocs de la coque dans les vagues et le bruit de celles qui viennent briser sur le pont ainsi que le sifflement du vent dans le gréement. Ensuite il y a tous les bruits d’origine mécanique: l’éolienne qui nous chante sa complainte reprise un ton en dessous par l’hydrogénérateur, la pompe hydraulique du pilote qui mouline quand il contrôle l’embardée soudaine du bateau sur la crête d’une vague, le palan du hale-bas ou la poulie de retenue qui grincent, les bouts raidis par le sel qui couinent ou bien encore une voile qui se dévente et qui claque. Parfois c’est un gros poisson volant qui se loupe et percute le roof en atterrissant sur le pont. (je vous jure : c’est impressionnant, je ne voudrais pas en prendre un en pleine figure)

 

 

Samedi 30 Mars 2019 :

Ce matin Domi se triture la cervelle pour essayer de faire une route aussi sûre que possible à partir des derniers gribs téléchargés et des cartes envoyés de Ferrière par notre Monsieur Météo préféré (Merci Michel). Nous avons devant nous une zone à très fort potentiel orageux que nous allons essayer d’éviter au maximum mais qu’il faudra traverser à un moment ou à un autre. Il y a aussi quelques bulles sans vent juste sur notre route. Mais il faudra faire avec, la seule stratégie possible est de monter suffisamment au nord pour éviter la dorsale sans toutefois trop rallonger notre route. Les indications de variation de vent sur quelques dizaines de milles donnés par les gribs ne sont pas assez fiable pour être prise en compte.

 

Dimanche 31 Mars 2019 :

Nous avons super bien dormi cette nuit. Celui qui est de quart peut profiter pleinement d’un ciel étoilé sans aucune lumière parasite, pas de ligne aérienne ici, ni d’éclairage publique. Depuis Rapa Nui nous n’avons pas vu un seul bateau, pas même en limite de portée sur l’écran de l’AIS : c’est nous deux tous seuls à 1000 mille de la terre la plus proche.

9 heures, le vent nous lâche, les voiles claquent , les winchs grincent , une poulie tape sur le pont . C’est l’une de ces fameuses bulles dont on parlait hier. Comme d’après les gribs elles ne sont pas très étendues çà vaut le coût de mettre un peu le moteur pour en sortir.

Au bout de quelques heures, le vent revient et nous revoilà sous spi dans un vent de 10 à 12 nœuds.

 

Lundi 1 Avril 2019 :

2 heure du mat, de gros nuages viennent masquer la lune. Ils sont bien sombres et ne laisse rien présager de bon. Par prudence, nous affalons le spi . Finalement le grain passera derrière nous, en nous laissant quant même un bon vent de 18 nœuds.

Nous sommes le 1 er Avril mais les poissons ne s’y laissent pas prendre et nous n’avons toujours rien au bout de l’hameçon.

Les grains vont se succéder toute la journée en nous épargnant. Le ciel est chargé de gros cumulus.

Nous avons la visite éclair de deux fous bassin, un pétrel et une frégate. Cela faisait 5 jours que nous n’avions pas vu d’oiseaux

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Mardi 2 avril 2019 :

Moteur toute la nuit jusqu’à 11 Heure ce matin. Le vent s’établit enfin et vite nous en profitons pour remettre le spi, des malades je vous dis !. Quelques heures de répits sans moteur, à 15 heure de nouveau moteur. De nouveau calme plat, on pique une tête pour se rafraîchir et moteur de nouveau. Même si nous avons des nuages, la pluie ne vient pas. Pourtant se serai bien d’avoir une bonne ondée pour dessaler le bateau. Tout se que nous touchons poisse, les bouts sont raides de sel.

La nuit nous apporte un peu de fraîcheur tant attendue. C’est encore une superbe nuit étoilée comme on ne peut en voir qu’au milieu de l’océan, dommage que je n’y connaisse rien aux étoiles.

 

Mercredi 3 avril 2019 :

Trois semaines maintenant que nous sommes partis de Puerto Montt, nous n’avons pas vu le temps passer, même si la routine c’est installé à bord, nous nous ennuyons pas et j’ai même parfois du mal à trouver du temps pour écrire . Les vivres frais commencent à s’épuiser, nous reste toujours des oranges, citrons, pamplemousses qui se conservent très bien à bord. Ils sont d’abord utilisés pour le kéfir, notre boisson favorite et ensuite dans la salade de fruit de notre petit déjeuner. Nous complétons par des fruits secs et des fruits au sirop en conserve. Le petit déjeuner est un repas très important pour nous. Après la salade de fruits nous mangeons des céréales avec de raisins secs, du yaourt et du lait de soja (les yaourts chiliens en pochon plastique d’un litre sont très bons et sont très pratiques à stocker). Viennent ensuite les tartines de pain frais (que j’avais cuit hier) avec de la confiture maison avec les myrtilles et les mures que nous avons ramassées lors de notre escapade dans la région de lacs au Chili le tout accompagné d’une bonne mug de thé vert. Il n’y a pas de tour de rôle pour la préparation des repas. C’est celui qui a le punch à ce moment là ou qui une idée de plat qui le fait. Souvent il faut farfouiller dans les coffres pour améliorer l‘ordinaire. Pour compenser le manque de légumes frais, nous agrémentons nos plats de graines germées (lentilles alphafa, blé….) ce qui nous permet d’avoir toujours nos vitamines et en plus on adore çà . Nous utilisons aussi beaucoup d’oignons qui nous protégeront contre le scorbut.

 

Jeudi 4 Avril 2019 :

Tout se passe bien, nous sommes même en avance de 50 milles sur notre dernier routage. L’après midi nous nous offrons même un bord sous grand spi léger que nous affalerons à la tombée de la nuit.

 

Vendredi 5 Avril 2019 :

Une houle de 2 m50 s’est levé de ¾ arrière (heureusement nous sommes bien amarinés, mais il faut bien se tenir) . Nous avons le vent qui va avec et cela nous a permis de passer le cap des 500 milles restant. On arrose ce passage avec un bon kéfir(jamais d’alcool en mer). Nous passons toujours entre les orages mais pas une goutte d’eau et le thermomètre monte toujours atteint maintenant 33° (chaud chaud) après la Patagonie, nos organismes ont un peu de mal à s’adapter.

Nous apercevons, notre premier paille en queue (sorte de sterne avec une très longue queue fourchue. Nous détecterons aussi et deux chalutier chinois à l’AIS.

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Samedi 6 Avril 2019 :

Enfin une bonne pluie sous un bel orage sans vent qui a dessalé le bateau. On en a profité pour se prendre une douche et c’était super bon avec cette chaleur. Quelques pécheurs chinois nous tournent autour à une vingtaine de milles. Plus que 300 mille avant les premières îles.

 

Dimanche 7 Avril 2019 :

 

Les Marquises sont un archipel dont trois des îles sont port d’entrée (lire : il y a une gendarmerie où on peut faire les formalités contrôle des passeports et douane). Nous avons choisi d’arriver à Hiva Oa.

 

Spi toute l’après midi, c’est une autre bonne journée, on avance bien avancé mais sur un rythme de 150 milles par jours pas 200… donc trop juste pour arriver demain avant la tombée de la nuit.

 

Lundi 8 Avril 2019 :

C’est clair, nous ne pourrons pas être à Hiva Oa avant la nuit. Nous ralentissons donc un peu pour arriver demain au lever du jour ce qui ne s’avère pas trop difficile vu que le vent se calme. Nous passons toute la journée sous spi seul (grand voile affalée.) On n’avait jamais essayé mais dans les petits air c’est très confortable : on avance bien sans avoir de grand voile qui bat malgré la retenue. Nous affalons le spi pour la nuit et continuons sous foc et grand voile à deux ris (à 4 nœuds on arrivera juste à l’heure)

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Mardi 9 Avril 2019 :

Au levé du jour nous apercevons les falaises de l’îlot de Mohotani puis Hiva Oa apparaît. Les sommets sont enveloppés de gros nuages, des grains passent devant l’île nous obligeant à une dernière prise de ris. La vue est grandiose !

08 :45 nous sommes devant l’entrée du port d’Atuona (Tahauku) et Domi signale notre arrivée par VHF au sémaphore. Il pensait tomber sur un quartier maître de la royale mais c’est Sandra qui lui répond, ici le canal 16 est veillé par des bénévoles.

A 9 :00 nous mouillons au milieu du port mais les bateaux voisins qui nous accueillent fort aimablement nous indiquent que le cargo Ara Nui qui ravitaille l’île tous les 15 jours arrive le lendemain et qu’il a besoin de toute la place. Nous remouillons donc un peu plus au fond sur deux ancres (une avant et une arrière) car vu le nombre de bateaux il n’y a pas la place d’éviter, (tourner en langage marin).

Puerto Montt Hiva Oa en route directe 3975 milles

Route effectuée par Rêve A Deux 4267 milles (presque qu’autant qu’une transat aller et retour J)

Nous aurons mis 31 jours pour faire cette traversée, ce n’est pas un record mais une bonne traversée tranquille et sans histoire.

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« Voilà ma nouvelle adresse, je vis dans le vent sucré des îles nacrées,voilà ma nouvelle adresse , une fille s’amuse à rire de mes souvenirs » chantait Pierre Perret pour son ami Jacques Brel qui repose dans le cimetière de l’île juste à côté de Paul Gauguin, l’autre célébrité locale .

 

mais çà, c’est une autre histoire…