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1-La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

22 décembre 2018:

IMG_9181Départ de Porto Willams Club Naval de Micalvi (S 54°56’09-W67°37’12)

Nous partons le soir du 22 décembre quant le vent se calme, juste au levé de la lune. Il est 10h 15 C’est le solstice d’été et nous avons droit à une énorme lune. Normalement nous n’avons que quelques heures de nuit mais avec cette lune nous n’aurons pas de nuit du tout, elle va éclairer notre route jusqu’au matin. Au fur et à mesure que nous avançons nous découvrons un nouveau paysage de montagnes enneigées. La température de l’eau chute et il ne fait que 6° ce soir. Les montagnes qui nous entourent forment un cadre grandiose. Dans, le lointain, au fond de cet écrin, Ushuaïa apparaît scintillant de mille éclats. C’est une ville touristique et les illuminations de noël s’imposent. Comme expliqué dans un article précédant, nous avons fait l’impasse sur l’Argentine, nous ne verrons donc d’Ushuaïa que ces lumières dans la nuit.

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Il est 4 heures, il n’y a pratiquement pas de vent le Beagle est à peine ridé et le soleil fait son apparition sur les sommets enneigés, sublime…

A quelques milles du mouillage que nous avons choisi, un îlot avec une balise de chenal où toute un colonie de phoques entassés pelle-melle sur le rocher se prélasse au soleil.

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23 Décembre 2018:

IMG_9468.jpgCaleta Letier (S 54° 56’52-W 68° 26’72)

Il est 8 heure, nous arrivons à la caleta Letier. C’est notre premier mouillage à la patagone (ancre à l’avant, l’arrière amarré aux arbres). Nous avons tellement vu et revu cet amarrage en rêve que tout se passe comme sur des roulettes. Le vent monte dans la matinée comme prévu mais nous sommes bien à l’abri. Nous descendons à terre pour faire une bonne ballade histoire de nous dégourdir les jambes. Le terrain boisé est facile, nous passons de l’autre côté de la colline pour apercevoir le canal de Beagle blanc de moutons (et ron et ron petit patagon – air connu). Quelle chance d’être à l’abri. Nous allons rester deux jours pour nous balader et passer Noël tranquille.

IMG_9461Ici la forêt est praticable, les vaches et autres mammifères circulent à l’intérieur.

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Le 25 décembre 2018:

Il est 5 heure quant le réveil sonne et oui même à la retraite on fait sonner le réveil…On craignait un peu la manœuvre de départ avec l’ancre et toutes ses aussières mais le vent dans l’anse est nul et le départ se fait sans difficulté. C’est qu’on n’a pas beaucoup d’espace quant on est ainsi amarré aux arbres. Par contre pour enlever le kelp de l’ancre Domi en bave et se promet de confectionner quelque chose de sérieux pour le couper. Il est 6 heure quant nous quittons caletier Letier.

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Sous trois ris et trinquette nous louvoyons dans le canal de Beagle. Sur cette mer plate, Rêve à Deux est une bombe, nous avançons à 7 nœuds à 45° du vent, c’est agréable même si le vent est fort et dans le nez. En plus le pilote barre parfaitement au près et nous ne sortons de l’abri douillet de notre véranda que pour les virements de bord (35 nds dans la journée, heureusement que la trinquette passe bien et se borde facilement.

 

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IMG_9610.JPGCaleta Olla (S 54°56’44-W 69°09’41)

 

Nous prenons le bras nord du canal et mouillons en fin d’après midi dans la caleta Olla, superbe mouillage au dessous d’un glacier (Ventisquero Francés) aux belles couleurs bleues entourés de sommets élancés.

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Il y a déjà un bateau, mais se n’est pas un problème, il y a de la place pour plusieurs bateau dans cette caleta sans se gêner. C’est un bateau français d’une dizaine de mètres qui fait du charter autours de l’île Gordon, on leur fait bonjour mais nos signes de la main resterons an réponse… Après avoir mis les amarres à terre nous allons faire une ballade qui devrait nous mener à une cascade. Nous traversons une grande tourbière plus ou moins marécageuse en suivant les sentiers (en fait des traces de passage laissées par les animaux). Nous entendons le bruit de la chute d’eau mais nous ne la voyons pas. Elle est enfouie dans les arbres et les buissons, inaccessible. Nous renonçons après une heure de marche.

IMG_9555On peut prendre un autre moyen de transport pour passer sur le Beagle!

26 Décembre 2018 :

Le lendemain nous restons dans l’anse, nos voisins sont repartis vers Port Williams nous laissant seul (toujours sans un mot ni un signe…). Dehors, le vent a forcit mais çà ne nous gène pas, nous sommes bien à l’abri. Aujourd’hui, c’est grande promenade : nous allons essayer de voir le glacier

IMG_9598Rayadito petit oiseau rencontré dans la forêt derrière la Caleta Ola

La marche le long du rivage puis à travers bois est très agréable mais malgré les explications lues sur le guide nous ne trouvons pas le sentier menant à son pied et c’est de la hauteur d’une colline en face que nous le découvrons le spectacle majestueux et féerique.

Domi monte seul un peu plus haut voir le lac en contre bas et aperçois un guanaco qui crapahute dans la montagne.

 

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L’après midi on se repose au bateau, bricolage pour tous les deux. Mauvaise nouvelle pour nous, il y a encore de la mayonnaise dans l’inverseur du moteur. L’inverseur semble prendre l’eau seulement quand l’hélice vibre c’est à dire au dessus de 1000 tours/mn. Après réflexion nous décidons donc que nous continuerons à la voile. Calypso et Adrien l’on fait l’année dernière avec un bateau beaucoup moins rapide que Rêve à Deux au près, on devrait pouvoir s’en tirer. On pourra toujours utiliser le moteur pour faire les manœuvres pour mouiller et se déhaler par calme plat. On changera l’huile toutes les semaines pour limiter la corrosion. Mais nous allons essayer d’aller plus vite et renoncer aux détours vers certains glaciers et autres endroits éloignés (il y a de toute façon déjà bien assez à voir sur la route principale) pour remonter en deux mois au lieu de trois initialement prévus pour avoir le temps de réparer à Puerto Montt sans rater la période favorable pour traverser le Pacifique.

 

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27 décembre 2018:

Levé à 8 heure départ tranquille après le petit déjeuner. Nous allons faire l’avenue des glaciers. C’est comme cela que cette partie du canal partie du canal de Beagle est surnomméeIMG_9667IMG_9661.JPG

Nous sommes sous voile et progressons gentillement en profitant de ce paysage fantastique..

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Nous passons devant le glacier Italia qui tombe directement dans la mer et passons à son pied en évitant les growlers (morceaux de glace) qui s’en détachent en permanence. Nous entendons les craquements du glacier qui avance et le fracas de la glace qui se détache et tombe à la mer. Si je vous dis que c’est beau je suis largement en dessous de la réalité, magique, magnifique, inoubliable, les adjectifs manquent pour décrire ce que nous voyons…IMG_9718.JPGIMG_9730

Nous arrivons à la caleta Julia à 15heure 30, il nous faut encore une bonne heure pour sécuriser le bateau avec deux amarres à l’avant et à l’arrière. Mais nous sommes encore suffisamment tôt pour aller à terre voir le lac au dessus de la cascade et admirer le panorama des sommets et des glaciers aux alentours. Pour nous ce soir pas de vent de prévu et nous sommes contents d’avoir une nuit calme et sans le bruit de l’éolienne.IMG_9758

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IMG_9746.JPGCaleta Julia (S 54°54’67-W 69°47’10)

1) La Terre de Feu et la Patagonie (préparation)

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Derniers préparatifs à Puerto Williams :

Trois choses sont essentielles pour survivre à un périple de deux à trois mois dans cette région :

1 – Savoir à tout moment précisément où l’on est.

2- Pouvoir se faire une idée aussi précise que possible de l’évolution de la météo sur le parcours.

3 – Avoir suffisamment de nourriture à bord.

 

Savoir à tout moment précisément où l’on est est l’un des aspects les plus critiques de la navigation dans le dédale des canaux de Patagonie. Il nous faut absolument des cartes à jour. On télécharge à grand peine (le wifi du Micalvi est d’une lenteur désespérante) les dernières mise à jour des cartes Cmap et Navionics chez Maxsea (merci à Laetitia pour sa patience). La dernière étant plus détaillée dans beaucoup d’endroit. On dispose aussi d’une copie des cartes papier officielles. Le problème est que même dans leur mise à jour la plus récente, hors des chenaux principaux ou passent les cargos et autres paquebots, elles ne sont pas précises, contour de côte approximatifs et positions décalées de plusieurs centaines de mètres. Il n’est pas rare que le carte nous place sur la terre ferme alors qu’on navigue bien au milieu du canal. Donc prudence ! Ne pas se fier aux cartes les yeux fermés. Heureusement il existe d’autres moyens pour s’y retrouver. Il y a bien sûr la navigation à l’ancienne en reconnaissant visuellement le contour de la côte et en prenant des relèvement au compas. Le radar est aussi une aide très précieuse bien sûr en cas de mauvaise visibilité mais aussi par temps clair simplement pour vérifier si la distance par rapport à la côte que donne le GPS sur la carte est bien exacte (et le cas échéant corriger). Et enfin (un grand merci à Damien), il y a les images satellites géo-référencées que nous pouvons utiliser avec Oziexplorer pour suivre notre route mais surtout vérifier les mouillages (on voit même le kelp) avant d’y rentrer. A noter que les images provenant de Bing sont d’une définition bien supérieure à celles de Google Map. Il faut tout de même être prudent avec les images satellite car elles donnent qu’une vue aérienne de la zone sans indication de profondeur et certains passages sont parfois cachés sous les nuages… Note de l’éditeur: sur la plupart de canaux ou nous sommes passé, à part la partie sud du Beagle (la dispute territoriale avec l’Argentine y est peut-être pour quelque chose) la cartographie Maxsea (Cmap et Navionics, mise à jour novembre 2018, basée sur la dernière mouture des cartes officielles de l’armada) c’est en fait révélée exacte et précise, de nombreuses bouées munies de transpondeurs AIS ont été installée récemment dans plusieurs passages critiques du canal Smith au canal Messier et ne permettent plus de doute. Bien sûr, beaucoup des caletas on nous mouillons restent trop petites ou trop à l’écart des routes principales pour être couvertes en détail.

 

La météo est aussi un facteur déterminant pour faire une navigation en toute sécurité, choisir son mouillage et savoir quand repartir et quand rester. Nous utilisons l’Iridium pour charger les gribs (des fichiers de prévision météo générés par ordinateur pour le monde entier par la NOAA), ces prévisions sont plutôt fiables et assez précises mais il faut les télécharger au moins 2 fois par jour car ici le temps change très vite. Nous utilisons des fichiers GFS avec une maille de 0,25 prévisions de 3 heures à 96 heures pour la zone ou nous sommes (vent, rafales, pression, température et couverture nuageuse – saildoc ne fournis pas les précipitation) et de temps en temps un fichier beaucoup plus gros couvrant une bonne partie du Pacifique sud est sur une maille de 1 mille par 12 ou 24 heures sur 10 jours (vent, pression, température, vagues) pour avoir une idée de l’évolution de l’anticyclone et de la formation des fronts. Pour des passages comme le golfe de Penas on prend en plus les fichiers WW3 complet pour se faire une bonne idée de l’état de la mer. Nous recevons aussi les bulletins météo NAVTEX émis par la marine Chilienne donnent une vue d’ensemble mais ne sont pas précis. Le casse tête se sont les courants qui dans de nombreux chenaux sont assez voire très forts et dépendent bien sûr de la marées. Leur force et direction sont données sur les cartes marines en fonction de la marée mais ces dernières sont très influencées par la direction et du vent, et en général nous avons tout faux l’heure de la renverse devenant imprévisible et parfois ne se renversant pas du tout (le Golfe du Morbihan c’est quand même plus simple).

 

Le choix des mouillages et des passages à emprunter en fonction du vent est un autre casse tête et les guides nautiques ainsi que le blogs de navigateurs qui nous ont précédés sont des aides très précieuse et deviennent rapidement les bibles du bord. Nous avons à bord Patagonia & Tierra de Fuego des Italiens M. Rolfo et G.Ardrizzi le plus utile et le plus détaillé, le pilote RCC Chile de A. O’Grady qui donne quelques info complémentaires, les instructions nautiques US (inutiles hors du détroit de Magellan) et les blogs de Kousk Eol, Fleur de Sel, Ernest, Chougash ainsi que les commentaires précieux de Robert et Armelle.

Dans toute la région, le vent dominant souffle de l’ouest au nord-nord-ouest. Quant on remonte les canaux vers le nord le vent est donc pratiquement toujours de face. Nous passons donc le plus clair de notre temps de navigation à tirer des bords. Vent contraire donc mais en plus changeant de direction et de force à tout moment. Il faut être prêt à choquer la grand-voile où même à l’affaler si le vent monte brutalement. Les Williwaws sont des vents violents et tourbillonnants qui descendent brutalement des montagnes bordant les canaux en faisant écumer la mer. Ils peuvent atteindre 60 nœuds ou plus. Heureusement ils ne durent en général que quelques minutes ( mini tornade en quelque sorte). Dans les passages sujets aux williwaws, nous optons pour la sécurité et naviguons en général avec 2 ris et trinquette même par vent modéré. Nous avons le temps et ne sommes pas en retard sur notre parcours.

 

La nourriture.IMG_1447Savoir faire du pain à bord et un plus mais avec un cake aux fruits confits c’est encore mieux !

 

Nous pensons mettre entre deux et trois mois pour remonter jusqu’à Puerto Montt. Pendant tout ce temps là il faudra manger au moins trois fois par jours et il ne faut pas trop compter sur l’épicerie du coin : la première, Puerto Eden, est à mi-parcours mais n’a pas grand chose à offrir. Il nous faut donc embarquer assez de nourriture pour tenir jusqu’au bout. Nous avons déjà à bord pas mal de conserves, graines et produits sous vide acheté en France avant le départ on glanés lors de nos escales au Brésil, en Uruguay et au Falkland. Mais nous ne savons pas très précisément ce qu’il reste. On commence donc par faire un inventaire complet sur un tableau excel sur lequel on classe les produits par type d’aliment (protéines, féculents, légumes, céréales etc) en indiquant les quantités disponibles. En divisant par les portion individuelles nécessaire on obtient le nombre de repas possibles et on identifie rapidement les quantités manquantes par type d’aliments pour arriver aux nombre de repas équilibrés nécessaire. (et Domi qui croyait qu’étant en retraite il n’entendrait plus parler d’Excel et de tableaux croisés.) Il ne nous reste plus qu’à faire les courses pour compléter. La bonne nouvelle c’est qu’entre les 4 épiceries (le terme supermarché serait sans doute exagéré) et le sympathique marchand de légume dans son couloir délabré nous trouverons tout ce dont nous avons besoin ici à Puerto Williams. Nul besoin donc d’aller à Ushuaïa faire les courses comme la plupart des bateau le font : c’est toujours çà de gagné (Ushuaia est en Argentine il faut donc faire toutes les formalités d’entrée et de sortie des deux côté et de toute façon revenir à Puerto Williams refaire tous les papiers pour continuer, les canaux étant territoire chilien)

Petit lexique pour mieux comprendre les termes utilisés lors de nos navigations Patagones.

( à lire impérativement avant de lire les textes suivants )

Armada : la marine nationale chilienne, ils ont en charge la surveillance et la défense de leur très longue et très découpée façade maritime mais aussi de l’entretient et de l’opération des phares et balises. Ils sont de plus responsables du secours en mer et pour le faire de façon efficace leur centre de coordination des secours (MRCC) demande à tous les bateaux naviguant dans leur zone de communiquer leur position et destination plusieurs fois par jour par radio ou par E mail. Ils sont en général très sympa et près à aider les plaisanciers.IMG_1168.JPGArmada de Puerto Aguirre.

Caleta : petite crique souvent une simple anfractuosité dans la côte rocheuse parfois un joli bassin bien abrité. Elles n’ont souvent pas de nom sur les cartes officielles. Les noms utilisés ont été donnés par les pêcheurs qui les fréquentent ou les navigateurs qui les ont découvertes.IMG_9454Caleta Letier (abri de tous les vents).

Canal : rien à voir avec le canal St martin ou le canal de Nantes à Brest, ici pas question d’aller promener médor sur un chemin de halage. Ce sont tout simplement des bras de mer en général relativement étroits et très profonds qui serpentent entre les îles ou entre les îles et le continent.

IMG_0562Canal Trés Cerros (sortie de la Caleta Colibri)

Canard vapeur : non ce n’est pas une variante diététique du fameux canard laqué. C’est une race de canard (Tachyeres pteneres) dont les ailes atrophiées ne leur permettent pas de voler. Par contre, il s’en servent très bien pour « pagayer » et avec l’aide de leur pattes musclées munies de nageoires très puissantes il peuvent nager très vite a la surface de l’eau (plus de 20 km/h) et le mouvement très rapide de leur petits ailes battant l’eau les fait ressembler aux roues à aube des vieux bateaux à vapeur, d’où leur nom. Ils nagent aussi très bien sous l’eau. Se sont des animaux adorable et drôles qui vivent en couple et se nourrissent apparemment d’algues, de mollusques et de petit crustacés. Nous n’avons jamais vu plus d’un couple dans une même caleta.IMG_0016Déguisement obligé pour le soir du nouvel an.

Cascade : chute d’eau (oui comme chez nous) c’est juste qu’ici il y en a qui sortent de partout. Dans certains endroits comme par example le canal Grapler les montagnes environantes sont littéralement dégoulinante de cascades. Il faut dire que la pluviométrie annuelle s’établit à plus de 5000 mm (5 fois plus qu’en Touraine) et certaines années atteignent 7500 mm. Il faut bien que toute cette eau sorte de quelque part J. Comme il n’y a pas d’animaux (ni d’humains) l’eau de ces cascades est potable mais elle est souvent colorée à cause de la tourbe et des résidus végétaux. On s’en servait principalement pour la lessive, la toilette (si, si on c’est même lavé de temps en temps) et la vaisselle.IMG_0600le Paso del Indio (il a tellement plu que la montagne est couverte de cascades)

Charter : Voilier le plus souvent français (mais pas seulement) offrant des croisières à des passager payants pour découvrir la région. Beaucoup sont basé à Puerto Williams (Chili) et opèrent à partir d’Ushuaïa (Argentine). Ils proposent des circuits autour de l’île Hoste (bras sud et nord du canal de Beagle : la tournée des glaciers) et du Cap Horn pour les plus petits (de moins en moins) et jusqu’en Antarctique pour les plus gros et les clients les plus aventureux (la grande majorité). C’est une très bonne façon de découvrir la région par la mer avec un skipper expérimenté et un bateau bien adapté sans avoir à les faire 6000 milles de la descente depuis la France. Il n’y a plus à notre connaissance de voilier charter proposant la remontée complète des canaux (trop long et trop compliqué administrativement) mais il y a des bateau Chiliens au départ de Puerto Montt qui proposent des croisières sur Chiloé, l’archipel de Chonos et jusqu’à la Laguna St Rafael

 

 

Estero : sorte d’estuaire, les plus petits sont l’équivalent de nos abers les plus grands sont de vrais fjörds qui n’ont rien à envier à leur équivalent norvégiens. Certains ont d’ailleurs été rebaptisés « fjordo »IMG_1461.JPGEstéro Huilard (un havre de paix une fois à l’intérieur)

 

Forêt : rien à voir avec la forêt de Chinon, de Fontainebleau ni même de Brocéliande. Ici il s’agit de la forêt primaire telles qu’elle se présentait il y a des milliers d’années. En Terre de Feu et sur les îles la débordant sur son sud-ouest il y a trop de vent et les températures sont trop basses, elle à donc du mal à se développer en dehors de quelques versants abrités et comme sur certaines de ces îles (par ex. Navarino) il y a un peu de bétail et quelques guanacos (sorte de lama sauvage) certains endroits sont donc pénétrables. Passé cette zône et plus on remonte au nord, il n’y a plus aucun mammifère herbivore terrestre, il fait encore plus humide et la forêt devient totalement impénétrable. Quand on essaie de trouver un bel arbre pour s’y amarrer au dessus des rochers, on se trouve le plus souvent face à une sorte de haie très dense faite de buissons, de mousse et des branches les plus basses des arbres., le tout tellement entrelacé que même à la machette on ne peut y rentrer. Les arbres ont des formes torturées, souvent des troncs apparemment robustes sont en fait complètement pourris et ne tiennent que par la mousse ou les plantes parasites qui les entourent. Les troncs et les branches tombées servent de germoirs aux suivant qui poussent à travers.

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IMG_1296Forêt aménagée, 20 ans pour aménager l’ île Jéchica

Humidité : ici elle n’est pas relative mais absolue, permanente et persistante. Elle est beaucoup plus difficile à supporter que le froid (nous n’avons pas eu de températures inférieures à 5°C). Elle pénètre partout et fait moisir tout ce qu’elle imprègne très rapidement. Avec notre pont en sandwich de mousse de 30 mm et notre coque en bois de 27 mm nous étions mieux isolés que beaucoup et le chauffage une fois réparé est une aide précieuse, mais tous les endroits ou l’air ne circule pas (derrière les coussins, dans le fond des placards etc), deviennent des points froids ou la condensation se forme aussitôt. Une seule solution aérer chaque fois que c’est possible et surtout contrôler et essuyer tous les jours (voire plusieurs fois par jour) tous les endroit ou elle se forme.

 

Humains : espèce animale très répandue sur notre planète mais totalement absente de la quasi totalité de la Patagonie.

 

Kelp : sorte d’algues pouvant ressembler aux grandes laminaires que l’on trouve en Bretagne mais elles sont beaucoup plus longues (jusqu’à une vingtaine de mètres). Pour le navigateur le kelp est à la fois une bénédiction car il permet de voir bien à l’avance ou se trouvent les haut fonds rocheux (très utile à l’entrée des caletas ou dans les passages étroits) et une plaie car il empêche les ancres d’accrocher au fond et se prend dans les appendices (quille, safran, hélice). Il nous est arrivé d’accrocher une masse de kelp dérivante si grosse que le bateau c’est presque arrêté est devenu non manœuvrant. Une seule solution faire un tour complet sur soi-même pour essayer de se dégager…

IMG_8540Tout petit kelp en général 10 fois plus grand

Mouillage : en Bretagne, on choisi un endroit ou il y a encore de la place, on jette l’ancre on s’assure qu’elle à bien accroché et on descend prendre l’apéro. En Patagonie on cherche une caleta protégée de tout les vents et dont l’entrée est praticable par le vent qui souffle, on identifie le côté où de bons vieux arbres semblent les plus gros et les plus droits : le côté le mieux protégé des rafales dont la direction est souvent très différente de la direction du vent à l’extérieur. On mouille l’ancre de telle façon à ce qu’elle puisse aider à ressortir le lendemain, on saute dans l’annexe et on commence à tirer les aussières à terre, on les amarre aux plus gros arbres possibles ou, à défaut d’arbre suffisamment robuste, aux rochers disponibles. En général on utilise 3 aussières, une à l’avant et deux à l’arrière (quand la configuration de la caleta le permet) parfois plus quand la météo s’annonçait mauvaise (donc autant d’aller et retours). Nous avons à bord en plus des bouts et câblots habituels deux bout de 100 et 200 mètres en dyneema (10mm et 8mm, solide, très léger et flottant donc très facile à remorquer à la pagaie et en plus on les a eu à un très bon prix, merci Delphine) sur enrouleur à l’arrière (à la scandinave) et une aussière polyéthylène 19 mm de 110 mètres lovée dans un bac dans la baille à mouillage à l’avant. Le but est que le bateau tire le moins possible sur son ancre et ne puisse plus bouger (éviter) dans les rafales. Le tout dure souvent plus d’une heure. Dans le sud, quand il faisait bien froid, je faisait la manœuvre en combinaison de survie étanche pour plus de sécurité, les bords de la plupart des caletas étant en général abrupts et glissants. Après tout çà un bon repas chaud suivi d’une bonne nuit de sommeil sont plus appropriés que l’apéro.IMG_9741Caléta Julia mouillage bien abrité de tous les vents

 Pluie : presque tous les jours mais il y a parfois des éclaircies. Elle est froide te pénétrante. Jusqu’à 7500 mm/an dans les bonnes années. Oubliez les vestes de mer hightech, le gore tex et autres tissus respirant, le seul vêtement qui permette vraiment de rester au sec c’est le bon vieux ciré jaune de préférence Cotten.

IMG_0585(non on ne fait pas de pub dans ce site)

Puerto : dans de très rares cas il s’agit d’un vrai port (Puerto Williams, Puerto Aguirre) dans la plupart des cas c’est simplement une anse un peu plus grande qu’une caleta, il peut d’ailleurs il y avoir une ou plusieurs caletas dans un puerto. Il ne faut pas non plus s’attendre à trouver des constructions ou des habitations : sur les milliers de km de la côte Patagone il y a des dizaines de puertos mais ils sont tous sauvages et inhabités.

IMG_0941.JPGPuerto Sergio (clin d’œil à notre ami Sergio).

Seno : bras de mer large et profond entre deux montagnes, fjord. Beaucoup mènent à un glacier.

IMG_0069Seno Chico (il donne dans le canal Magdaléna)

Vent : en général fort, toujours dans le sens de canaux la plupart du temps de nord donc opposé à notre route. Comme nous ne pouvons compter sur notre moteur pour avancer on choisissait de naviguer quand le vent soufflait à moins de 30 nœuds dans les rafales (force 7). Nous n’avons eu que quelques jour ou il soufflait plus fort nous forçant à rester au mouillage et plusieurs fois quelques heures de calme plat ou nous avons du utiliser le moteur à faible régime pour avancer. Par contre le vent se calme en général en soirée (après 18 heures) et forcit le matin (à partir de 8 – 9 heures) pour ne pas trop galérer dans les manœuvres d’arrivée et de départ nous nous arrangeons donc pour partir tôt et arriver tard. La moyenne du vent sur notre parcours entre Puerto Williams et le Canal Darwin.était aux alentours de 15 à 25 nœuds (force 5 à 6) soit un ou 2 ris dans la grand voile et trinquette. La grand voile haute et le génois n’ont été utilisés que très rarement.

IMG_0389Canal Sarmiento sous la pluie et bien venté.

Voilier : embarcation à voile, yacht, bateau de plaisance, très commun à Puerto Williams (un bonne quinzaine était amarrés au Micalvi lors de notre passage dont plus de la moitié était des charters) et paraît-il à Ushuaïa, nous n’avons pas été vérifier, totalement invisible en suite. Sur plus de 1000 milles (2000 km) parcouru entre Puerto Williams et Chiloé nous en n’aurons vu que 8…

 

IMG_0662.JPGJour d’affluance à Perto Eden. Clary à Pia et Ulf et Rêve à Deux

Puerto Williams

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Puerto Williams, la ville et le port le plus Sud de la planète, est située sur l’île de Navarino dans le Canal de Beagle. C’est le point de départ obligé pour toutes les expéditions vers départ pour le Cap Horn, l’ Antarctique ou les canaux de Patagonie. C’est ici que se font toutes les démarches administratives et obtenir les autorisations nécessaires pour partir. Rien de très compliqué mais c’est obligatoire et les fonctionnaires et militaires en charge sont toujours aimables et accommodants. Puerto Williams est une petite ville de 2200 habitants qui survit principalement grâce à la base de la « Armada » (la marine nationale chilienne) et à son port de pêche.

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Il y a aussi une usine de conditionnement de centollas les fameux crabes araignées du coin. En saison (c’est à dire maintenant J) il y a les touristes, essentiellement des marcheurs et des randonneurs venu explorer les sentiers del’île Navarino un peu comme on va au Népal. Les quatre supermercados (de la taille d’une petite épicerie de quartier en France) raisonnablement achalandés. Il y a aussi un marchand de légumes et de fruits très sympa et avec un choix raisonnable qui vend ses produits dans un couloir en construction (ou en démolition c’est difficile à faire la différence). Tous ces commerces sont ravitaillés par le ferry qui vient de Punta Aréna chaque vendredi soir. Le samedi matin est donc le grand jour des courses pour tout le monde mais seulement quelques équipages de voiliers, la plupart préférant faire le détour par Ushuaia pour se réapprovisionner en produits sophistiqués. Ce ne sera pas notre cas, nous avons décidé de zapper Ushuaia pour plusieurs raisons. D’abord c’est une grosse ville qui n’a aucun attrait sinon ses supers marchés bien achalandés, (comme nous revenons des Malouines nous avons tout se qu’il nous faut à bord et ce qu’on trouve ici nous suffit) ensuite Ushuaia est en Argentine, et les formalités d’entrée et de sortie sont les plus compliquées d’Amérique du Sud. Ils ont de plus la réputation de chercher des poux dans la tête au plaisancier sur les papiers et le matériel de sécurité. En plus si on y allait, il nous faudrait de toute façon revenir en arrière jusqu’ici à Puerto Williams pour refaire les formalités d’entrée et le permis de navigation au Chili (le reste des canaux est entièrement Chilien). Donc, non merci Ushuaia et l’argentine se passeront de nous !

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La ville s’étend tout le long de la baie depuis le port de pêche en passant par la base de la marine et se termine par le port de plaisance en fait une petite anse bien abritée où un vieux bateau  de transport de la marine « le Micalvi » a été coulé pour servir de ponton aux bateaux de passage. Cette semaine le Micalvi affiche complet avec une vingtaine de bateau à couple. On y trouve de nombreuses nationalités mais avec tout de même une très grande majorité de bateau français dont de nombreux charters qui remonte de l’antarctique. C’est une faune étrange, très intéressante et très attachante ou se mêlent grands aventuriers et navigateurs plus modestes.

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Ici à Puerto Williams tous les plaisanciers se connaissent. Les plus anciens organisent des fêtes dans le Micalvi et la marine a mis à la disposition un énorme barbecue à gaz et chacun apporte sa nourriture et sa boisson. Chacun échange ses récits de voyage d’aventure et de découvertes. Un accordéon et une guitare et l’ambiance est assurée jusque tard dans la nuit. Jusqu’à il y a quelques mois, le Micalvi était géré comme un club nautique, il fallait payer sa place à couple, le bar fonctionnait comme un bar normal mais depuis quelques temps il n’y a plus d’administrateur et c’est devenu un peu l’auberge espagnole. Heureusement la marine n’a pas encore coupé ni l’eau ni l’électricité.

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Tout de suite au dessus du village des sentiers de randonnées montent dans la montagne. Il y a un parcours de plus de cinquante kilomètres bien balisés et d’autres sentiers font le tour de l’île. Il est possible d’y faire des trekking de plusieurs jours et des espaces pour bivouaquer sont indiqués sur le plan. Il faut être en très bonne condition physique car les dénivelés sont très important et les conditions météo très changeantes et souvent très difficile (vent violent, pluie, neige). Nous avons fait les 15 premiers kilomètres sous un soleil radieux.

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Nous sommes arrivés le Jeudi 13 décembre comme nous l’avions planifié au départ des Sables (chance ou génie de la navigation à vous de choisir). Nous resterons une semaine ici et repartirons ce samedi 22 décembre ou dimanche pour commencer notre lente remontée vers Puerto Montt. Nous avons tout fait les entrées au Chili, demande du zarpe (autorisation de navigation dans les canaux), une prolongation de nos visa de deux fois 90 jours . Préparation du bateau pour passer du mode « océanique » au mode « canaux ». Téléchargement des cartes et des logiciels pour pouvoir lire les photos satellite (Merci Damien !) et nous y retrouver au mieux dans ces endroits très mal cartographiés. Nous avons embarqué 500l de gaz oil (300 litre dans le réservoir et 200 en bidons) très important car une grande partie de la distance à parcourir jusqu’à Puerto Montt se fera au moteur contre le vent et il n’y a pas de station service sur la route. Mais se sont surtout les courses qui remplissent le bateau. C’est qu’il en faut de la nourriture pour un parcourt de trois mois dans les canaux où nous ne sommes pas sûr de trouver de quoi se ravitailler.

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Voilà tout et bien ficelé nous pouvons enfin partir, nous allons regretter cet endroit magique entouré de ces chaînes de montagne, nous aurons eu tous les temps de la pluie, beaucoup de vent, Pétole de la neige avec les sommets enneigés mais aussi le soleil d’été où j’ai pu ressortir mon short pour quelques heures. Sans oublier les fêtes, les moments privilégiés et les expérience échangées avec les amis Français, Chiliens, Hollandais …

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Nous remontons vers le nord vers les glaciers, les paysages d’une beauté sans nom nous y attendent, nous avons trois mois pour les découvrir cool…

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Nous pensons arriver à Puerto Montt pendant la deuxième quinzaine de Mars. D’ici là nous n’aurons sans doute pratiquement pas accès à internet. Il n’y aura donc peut-être pas beaucoup d’articles mais vous pourrez continuer à suivre nos positions et nous essaieronsIMG_9187 d’envoyer des nouvelle via twitter.

A suivre …

Anne et Domi

Des Malouines à la terre de Feu

Départ des Malouines le samedi 8 Décembre :

Sous un ciel chargé de pluie nous repartons mais cette fois-ci nous partons vers la Patagonie. Fini les Malouines mais aussi fini les mouillages où l’on stress un peu de peur de chasser par vent fort. Le vent au départ est dans la bonne direction et nous propulse en longeant la côte. Puis c’est un changement radical et nous voilà au prés à tirer des bords. Nous sommes sous le vent des îles, heureusement, la mer est moins forte qu’au large. Un clapot inconfortable s’installe et, progressivement, au fur et à mesure que nous tournons autour des îles, le vent suit et nous empêche de faire une route directe. Nous hésitons entre le bord à terre dans un courant plus fort mais sans doute moins de mer et le bord du large et sa grosse houle mais moins de courant. Ce n’est que le lendemain en milieu de journée que nous quittons l’influence des îles et pouvons faire route directe vers la terre de feu.

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Nous avons 300 milles à faire. Nous avançons sous trinquette et grand-voile deux ris, c’est qu’il y a de l’air entre 25/30 nœuds de vent.

La traversée est finalement rapide. Rêve à Deux remonte bien au vent. Nous arrivons en vue de l’île des États mardi 11/12 au matin. Nous apercevons les sommets de l’île se découpant sur l’horizon alors que le brouillard à coupé au couteau qui nous accompagne depuis quelques heures se déchire. La mer est d’huile mais çà ne va pas durer. Nous longeons l’île toute la journée dans un vent qui monte à 30 nœuds toujours de face et une mer assez formée. D’après nos calculs de routage, l’heure idéale pour embouquer le détroit de Lemaire est à 21 heures. C’est le moment ou la marée va se renverser avec elle le courant qui devrait donc nous propulser dans la bonne direction et simultanément, le vent devrait basculer de l’ouest au nord est en faiblissant : des conditions idéales qui se rencontre très rarement dans cet endroit réputé pour ses passages mouvementés.

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Et c’est exactement ce qui se passe, le timing est parfait, la mer est plate comme un lac et le vent un zéphyr. La seule petite ombre au tableau c’est que nous sommes en mortes eaux et que le vent d’ouest à soufflé fort depuis plusieurs semaines, le flux de la marée montante n’est donc pas suffisant pour inverser totalement le courant qui restera d’ouest en est mais diminuera de 4 ou 5 nœuds à environs 1 nœud. L’île des États est grandiose et nous offre un spectacle d’une beauté à couper le souffle. J’aurai tant aimé m’y arrêter mais Dominique insiste pour avancer et ne pas manquer l’opportunité exceptionnelle de passer le détroit par mer parfaitement calme. Nous pouvons même nous préparer un bon repas chaud et le manger dans nos assiettes sans en perdre une miette. Nous avons vraiment de la chance et nous remercions Éole pour ce cadeau inespéré. Tant de récits relatant se passage difficile où les bateaux mettent toute leur énergie.

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Pour autant nous ne sommes pas encore dans le canal de Beagle mais un vent de travers nous y pousse gentiment. Par trois fois nous sommes obligés de faire un tour sur nous même (360°) pour nous débarrasser de kelp pris dans la quille ou le safran et nous ralentissant de plusieurs nœuds. Dans la matinée la visibilité est parfaite et nous apercevons le mythique cap Horn, qui a fait trembler pas mal de navigateurs et souffrir les matelots des grand voiliers, apparaître au loin sur l’horizon. Beaucoup de gens font le détour où affrètent des charter à pris d’or juste pour le voir de plus près ou pouvoir dire « j’ai fait le Cap Horn ». Mais ce n’est pas pour nous, nous ne sommes pas fou à ce point là… Les marins des grand voiliers qui bravait les élément déchainés pour le passer le faisait parce que c’était la route la plus rapide pour passer de la côte ouest de l’Amérique à la côte est ou à l’Europe, il ne prenait pas de risques inutiles juste pour ajouter un nom à la liste de leurs exploits. De toute façon la question ne se pose pas, même si nous voulions y aller, il faut une autorisation de la marine Chilienne et donc passer par Puerto Williams. Enfin nous rentrons dans le canal de Beagles. Nous tirons des bords sous voilure réduite pour faire avancer le bateau dans le vent qui fraichi à nouveau. En route directe au moteur se n’est pas possible, le bateau n’avance pas, il y a trop de courant contraire. Par moment le vent dépasse les trente nœuds mais la mer reste plate et trois ris dans la Gv et la trinquette à l’avant nous avançons bien. Par moment le vent tombe et nous n’avons plus assez de toile pour avancer mais quelques minute plus tard, il remonte à 25 nœuds et nous propulse à plus de 6 nœuds. Nous sommes trop tard pour arriver de jour à Puerto Williams aussi nous avons prévu de nous arrêter avant la nuit dans un petit mouillage réputée tranquille (Calleta Branner / Isla Gardiner) Nons faisons une tentative de mouillage mais le vent et mal orientées et s’engouffre en raffale puissant dans la petite baie. Mais ce n’est pas le plus gros problème : les fond sont tapissés de kelp et nous n’avons pas jetté l’ancre depuis 5 minutes que nous commençons à déraper rapidement vers le rivage (les grande algues laminaire se prennent dans l’ancre et l’empêche de pénétrer dans le sol. . Nous relevons l’ancre qui est entourée d’une tonne de kelp et ressortons nous mettre à l’abrit l’île Gradiner. Domi met bien une demi heure pour se débarrasser de ces algues à la machette et à la gaffe .Nous repartons vers port Willams où il sera plus facile pour ancrer de ; nuit. Dans le canal à cette heure de la nuit il y a paradoxalement beaucoup de trafic. A l’entée du « Paso McKinley, le dernier rétrécissement avant Puerto Williams, Nous sommes contraint de nous arrêter pour laisser passer un chalutier et un patrouilleur de la marine chilienne. Fort heureusement le règlement exige que tous le bateaux se signal par radio VHF avant de s’engager dans le passage. Nous attendrons donc à petite vitesse sur le côté du Canal que les conditions soit favorable.

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Il est Deux heures du mat quant nous arrivons à Puerto Willams, tout est calme mais la nuit est noire ne nous permettant pas autre chose que mouiller à côté des pêcheurs en attendant le petit jours.

écrit et relu par Anne et Domi

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Aux Malouines (2)

Lundi 19 Novembre :

Déjà une semaine que nous sommes à terre à explorer les bienfaits de la civilisation britannique et de la convivialité nautique française. Il commence à être temps de repartir si on ne veut pas prendre racine. Domi a bien étudié les cartes, il a envoyé un E mail pour demander la permission pour aller à Port Pleasant (Au Falkland, toute les terres et les bord de mer attenants appartiennent à des propriétaires – en général les éleveurs eux même et il faut leur demander la permission pour mouiller dans leur criques et descendre à terre). Le départ de Stanley ne peut pas se faire avant 11 heures le matin, normalement le vent devait se calmer. Nous avons toujours 25 nœuds de vent et Domi commence à bouillir. Il faut être patient et savoir prendre son temps mais cela fait déjà une semaine que nous sommes là. Enfin on se lance et nous voilà dans le chenal qui mène vers la pleine mer. Nous sommes sous trinquette et nous avançons à 8 nœuds. C’est super de se retrouver sur l’eau, il fait un temps splendide. Toute l’après midi on n’arrête pas de jouer avec les voiles pour faire avancer au maximum Rêve à Deux.

En fin d’après midi nous arrivons devant la rivière et remontons avec le courant.

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Autour de nous deux Dauphins Commerçons s’amusent avec le bateau. Demain un coup de vent est annoncé. Nous devons mouiller avec deux ancres l’une derrière l’autre dans 4 mètres d’eau. La première ancre est une ancre plate, elle est en aluminium léger, elle ne pèse que 10 kilos mais elle est prévu pour des bateaux de 15/17 mètres. La deuxième ancre est notre ancre principale (Lewmar Delta de 30 kg) habituellement à poste

Mardi 20 Novembre :

Nous avons superbement bien dormi, le bateau n’a pas bougé. Le vent dehors souffle fort et accélère à plus de 45 nœuds dans le lit de la rivière nous empêchant de quitter le bord. Heureusement il fait très beau et la véranda nous réchauffe l’interrieur. Le chauffage ne fonctionne plus et Domi ne sait pas le réparer. L’éolienne produit tout notre besoin d’électricité tant le vent est fort. Nous pouvons même faire chauffer de l’eau pour faire notre toilette et se laver les cheveux. Nous profitons de ce répit pour étudier les cartes et les guides pour choisir nos mouillages pour les prochains jours, et mettre à jour tout nos courriers en retard. La journée passe sans que nous nous en apercevions.

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Mercredi 21 Novembre :

 

Le vent est encore fort ce matin. La météo nous annonce un temps calme à partir de midi. A 10 heure le vent commence à mollir aussi on prépare le bateau pour partir. Il est 10 h 30 quant nous remontons les deux ancres, on est content tout se passe comme sur des roulettes et l’une après l’autre décroche sans difficulté. Nous voilà dans la rivière poussé par le courant au moteur et nous laissons défiler la rive doucement en appréciant ce paysage qui est unique à ces îles. Notre destination est Pyramide Cove dans la partie sud ouest du Choiseul Sound. Il y a une trentaine de miles, juste ce qu’il faut pour pour une petite navigation de la journée. Nous voulons arriver tôt pour bien profiter du paysage et surtout arriver avant la nuit. Des dauphins nous accompagnent vers le mouillage. Sitôt l’ancre mouillée et son bon accrochage vérifié nous sautons dans l’annexe pour profiter du temps calme et marcher un peu à terre.

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Pyramide est un très joli mouillage bien protégé dans une crique fermée par un magnifique îlot couvert de tussac (herbe très haute endémique aux Malouines mais qui malheureusement ne repousse plus là ou elle a été mangée par les moutons, et laisse la place au diddle dee un genre de bruyère donnant en fin d’été de petites baies rouges avec lequel il est possible de faire de la confiture et du sirop).

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Tom Watson Cove (Nord de Adventure Harbour)

Nous débarquons sur la grève à l’embouchure d’une petite rivière (Pyramide creek) ou d’après le guide il devrait il y a avoir des mulets mais cette fois ci, nous ne sommes pas venus pour pêcher. Il y plein d’oiseaux notamment des huitriers des canards vapeur (ainsi appelés parce qu’il n’ont pas d’ailes) et d’autre petits échassiers. Il nous regardent et continuent à vaquer à leur occupation et se laissent approcher à quelques mètres sans s’inquiéter le moins du monde de notre présence. Le sol est mou, non pas gorgé d’eau, mais plutôt souple : c’est de la tourbe. Une multitude de plantes colorées (Tall Fern et Diddle-dee) tapissent le sol. De plus hautes herbes sèches recouvrent le tout donnant l’impression de loin que tout est sec. Mais non !

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Après une petite heure passée à terre, retour au bateau. Nous avons un peu froid Domi n’est pas assez couvert et moi, la prochaine fois, je mettrai des bottes adaptées pour descendre à terre.

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Jeudi 22 Novembre :

Après une nuit calme sans le moindre souffle de vent, nous nous levons bien reposés et prêt à repartir pour un autre mouillage. Après la manœuvre de remontage de l’ancre, je fais très attention de ne pas me mettre dans le kelp (les grandes algues laminaires qui remontent jusqu’à la surface entourant les îles. Elles sont à la fois la terreur du marin mais aussi sa meilleure amie car elles indiquent clairement la présence de récifs immergés et protègent les mouillages des vagues du large.

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Toute la journée nous naviguons d’îles en îles prenant des photos et admirant le paysage, il fait très beau et à l’abri du vent le soleil chauffe. Nous apercevons une colonie de cormorans impériaux et de temps en temps un petit groupe de pingouins de Magellan à la surface de l’eau. Un groupe de Dauphins Commençons nous accompagnent un bon bout de chemin. Nous parcourons 35 mille en tout dans la journée et nous voilà dans un très bon mouillage, URSHIN Bay, (TomWatson Creek dans Adventure Sound) bien protégé en vue d’un coup de vent le lendemain. Mais ce soir c’est encore calme et nous sommes assez tôt pour descendre à terre nous dégourdir les jambes.

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Derrière la grève il y a une très belle lagune (en fait un étang d’eau douce) ou nous rencontrons toute une famille de canards vapeur (Falkland steamer duck), père mère et cinq canetons. On les croirait en plastique, trop drôle. Mais le vent commence à se lever il est temps de regagner notre bord.

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Lorsque le soleil se couche, il est immédiatement remplacé par la lune qui est pleine ce soir. Elle paraît énorme quand elle monte sur l’horizon. Elle éclaire toute la baie.

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Vendredi 23 novembre :

 

Après Minuit le vent souffle fort et toute la nuit on se lève à tour de rôle pour vérifier si tout se passe bien au niveau des ancres et si le bateau ne chasse pas. L’alarme se met à sonner mais ce n’est qu’une fausse alerte, elle a été mise mais sur un rayon très réduit à marée haute, et nous sommes à marée basse nous évitons donc sur un rayon un peu plus grand mais l’ancre n’a pas bougé. On se rendort rassurés jusqu’à tard dans la matinée. Les prévisions ne prévoyant pas d’accalmie avant le lendemain, nous sommes bloqués là, mais ce n’est pas grave il faut programmer la suite du voyage et se n’est pas simple dans ses îles. Il faut envoyer des E mail pour demander des autorisations de mouillage aux propriétaires qui nous répondent dans la journée. Domi remplace une bosse de ris qui s’use trop vite, il va falloir être attentif pour trouver la cause de ce ragage. La journée se termine après un beau couché de soleil, ce soir il ne fait bon : 15°.

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Samedi 24 novembre :

On est toujours content quant on peut reprendre la mer même si c’est pour la journée et que l’on sait que le lendemain c’est de nouveau baston pour deux jours. Le temps ici est plutôt au beau avec des ciels bleus aciers. Rien quant regardant le ciel on voit qu’ici il ne fait pas chaud. J’ai l’impression de retrouver les ciels Nordiques qu’on a tant aimé quand nous habitions en Suède. Je profite du soleil et de la mer calme pour faire une sieste. Il faut vraiment profiter de ses moments calmes.

L’arrivée au mouillage est prévue assez tôt. Le choix est fixé sur Swan Cove une petite crique paraît-il très bien abritée à l’entrée de la Bay of Harbours. Lorsque nous arrivons nous découvrons une charmante petite baie bien abritée mais entièrement envahi par du kelp. Nous louvoyons pour éviter les zones les plus denses. Mais l’espace restant est vraiment trop petit pour nous et sur ce rivage bas, sans aucun arbre ni rocher, nous n’osons pas nous amarrer à terre. Nous faisons demi-tour et allons tenter notre chance à North Arm ou il y aurait un bon mouillage devant le village.

 

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L’entrée est barrée par une grande zone de kelp. Mais d’après le guide et la carte, on peur l’éviter en rasant la côte est de la baie et en effet on voit un passage plus clair apparement sans kelp. Nous y engageons mais après quelques minutes, le bateau n’avance plus. Nous avons du kelp plein la quille. Il faut dire que notre bulbe en T est particulièrement bien adapté au ramassage d’objets semi immergés. Cette fois ci nous en avons des tonnes. Quand nous essayons de faire marche arrière nous voyons cette masse énorme de long rubans enchevêtrés (elles peuvent atteindre 20 mètres de long) qui nous suit sous la coque. Nous bataillons de droite de gauche pour essayer de les retirer avec la gaffe. Fort heureusement le vent nous pousse vers la sortie de la baie et nous arrivons facilement en eaux libres. Mais le safran ne répond pas normalement, ni d’ailleur la barre qui vibre énormément. Domi va voir l’inverseur (la boite de vitesse du moteur) et revient en pétard il y a de la mayonnaise : l’eau de mer est entrée dans l’inverseur par l’arbre d’hélice quand l’hélice a forcé en prenant le kelp. C’est très embêtant car on ne peut pas continuer très longtemps (risque d’endommager irrémédiablement l’inverseur) ni réparer en mer. En attendant nous n’avançons toujours pas, nous avons encore du kelpt dans la quille, un 360° s’impose et effectivement après 2 tours complets, une grosse touffe se détache. Nous arrivons finalement dans un troisième mouillage (Lions’ Cove). Il est un peu moins bien protégé que les deux autres mais çà ira pour aujourd’hui. Nous mouillons dans 4 mètres d’eau.

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Il n’y a plus de vent et à terre des pingouins nous regardent. Bon on est venu pour eux, même si le soleil ne va pas tarder à disparaître, nous mettons le zodiac à l’eau et allons les voir. Ils sont là sur la grève, de loin on dirait un groupe d’hommes qui papotent tranquillement, nous ramons doucement et nous approchons à quelques mètres. Ils nous ignorent complètement nous sommes pourtant bien visible dans nos cirés jaunes et rouge et notre annexe recouverte de tissus jaune fluo, c’est un moment inoubliable. Ce sera notre consolation après les problèmes de kelp. Nous sommes inquiets quand à la suite de notre voyage. On ne peut pas continuer sans moteur et pour réparer il faut mettre au le bateau hors de l’eau. Nous sommes donc un peu retournés mais çà ne nous coupe pas l’appétit. Après une bonne platée de raviolis et une petite crème dessert nous nous blottissons sous notre couette en attendant le vent qui va monter dans la nuit.

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Dimanche 25 novembre :

On est pas pressé de se lever, le soleil est debout depuis 4 heure du mat mais nous faignantons jusqu’à 8 h30 de toutes façon nous sommes bloqué là. L’éolienne produisant à plein, j’en profite pour me laver la tête et pour faire une grande toilette avec de l’eau chauffée par l’éolienne. Domi aussi se rase et passe son temps à envoyer des E mails pour essayer de régler le problème d’inverseur. Où le faire ? Là est la question ? Il y a peu de ports dans la région qui ont la posibilité de sortir les bateaux comme le notre de l’eau. Le travelift le plus proche est en Uruguay mais si on retourne là bas on sera sans doute trop tard pour redescendre en Patagonie à temps pour remonter les canaux. Il essaye donc de trouver une solution sur place ici au Falkland. Pour çà, il a contacter Bob, le responsable du Falkland Islands Yach Club. C’est le douanier qui lui avait donné ses coordonnées le premier jour en lui disant «si tu as besoin de conseil à propos de la voile dans l’archipel c’est l’homme à contacter ». En attendant il change l’huile et la remplace par de la propre pour éviter que l’inverseur ne commence à rouiller de l’intérieur . De mon côté je l’aide quand il a besoin mais j’ai aussi du nettoyage à faire, il faut être très attentif au moindre recoin et repérer les moisissures qui se développeraient.

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De temps en temps nous montons dans la véranda et prenons les jumelles pour observer les pingouins et leur voisines les oies (avec les quelles ils semblent avoir de bons rapport de voisinage), c’est notre plaisir et on échange nos observations.

 

Lundi 26 novembre :

Ce matin, nous avons des nouvelles de Bob à Stanley. Il a une solution pour nous, il a trouvé quelqu’un qui peut lever le bateau avec une grue. Dés notre retour il viendra nous chercher au ponton pour nous emmener voir la personne qui s’occupe de ça. L’espoir renait. On aimerait bien partir au plus vite afin de profiter du vent portant jusqu’à Stanley mais il faut attendre un peu que le vent se calme. Il est finalement quatre heures de l’après midi quand nous pouvons enfin nous mettre en route. Le relevage des deux ancres n’a pas été facile, il y avait plein de kelp dans la chaîne. Heureusement Domi avait confectionné une super gaffe avec une branche d’eucalyptus bien droite trouvée en Uruguay et un crochet en inox pour lui permettre de retirer les algues plus facilement. Le mouillage était très bien orienté ce qui nous a permis de nous laisser gentille ment dériver le temps de tout bien ranger sans utiliser le moteur. Toute la nuit nous avons un bon vent au début nous avions que la trinquette mais petit à petit le vent c’est calmé et nous avons envoyé la grand-voile et changé la trinquette pour le foc . Superbe navigation sans stress ni moteur, un ciel clair avec de la lune pour nous éclairer.

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Mardi 27 novembre :

 

Nous arrivons dans la passe de Stanley en même temps que deux petits paquebots transportant chacun une centaine de passagers. Quand on pense que leur étape suivante est le continent antarctique ou il y a encore quelques année seul des explorateurs téméraires venaient s’y frotter…

Nous sommes toujours à la voile et tirons des bords jusqu’au mouillage. Enfin il est 7h 30 quant l’ancre touche le fond. Comme d’habitude ici il y a plus de vent dans le port qu’en mer (35 nœuds avec des rafales à 40 ce matin contre 25 à l’extérieur) et ce n’est qu’à 2h de l’après midi que nous n’arrivons à débarquer. Bob et Janette nous attendent pour aller voir Paul de Martech qui se chargera de l’opération. Mais le grutier est très difficile à joindre il faudra être patient. On nous préviendra. En attendant il est possible de nous mettre à quai. Ce que l’on fait le soir même. Janette et Bob nous emmène en voiture faire un tour autour de Stanley et nous invite à prendre le thé chez eux. Bob est un radio amateur chevronné. Il communique avec des bateaux dans le monde entier notamment les coureurs Golden Globe, la course autour du monde en solitaire à l’ancienne pour qui il assure la couverture météo. Nous passons une bonne après midi en leur compagnie.

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Mercredi 28 novembre :

Nous profitons de cet arrêt pour refaire les provisions dans le grand supermarché en haut de la ville comme nous sommes sur un bateau nous profitons de la remise de 10% sur la facture et de la livraison gratuite l’après-midi même. Cela nous fait faire une bonne ballade le long de la mer pour le retour. En soirée nous allons à la piscine, l’eau y est chaude et il y a un sauna que nous apprécions.

Retour au bateau, prenons un bon repas et nous tombons d’épuisement dans notre couchette.

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Jeudi 29 novembre :

Nous attendons le camion de gaz oil que nous avions commander la veille, Il nous apporte 160 litres que nous répartissons entre le réservoir et les jerrycans, nous en avons récupéré trois chez le vendeur de 4/4 et un ici dans l’atelier sur le quai où nous sommes (East Jetty). Ici on trouve un peu tout il suffit de chercher de demander à droite à gauche et les gens sont prêt à te dépanner. Tout le monde se connaît et tous sont nés dans l’île ? Après avoir tout bien nettoyé nous partons déjeuner au restaurant où le fish and chips est excellent et où ils passent du très bon rock and roll. Retour au bateau il pleut, presque de la neige. On se calfeutre à l’intérieur pour passer une après midi tranquille.

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Vendredi 30 novembre :

Temps pourri de chez pourri ! il pleut il fait froid. Domi essaye en vain de réparer le chauffage, Jason, qui gère la East Jetty et ses deux launches (vedettes de servitude) a trouvé dans son fourbi indescriptible une pièce qui aurait pu le faire démarrer mais non il ne veut rien savoir …

 

Samedi 1 décembre :

Nous nous levons avec la pluie, cela nous donne pas envie de sortir de la couette et pourtant il faut bien. Heureusement dans la matinée le temps s’améliore et le soleil réapparaît pour le déjeuner. Nous pouvons même manger dans la véranda où nous avons bien chaud. L’après midi nous allons chercher des légumes au «garden  center ». C’est assez loin tout au bout de Stanley et cela nous fait une bonne ballade. Il n’y a pas de vent mais toujours pas de grue, il ne travaille pas le week-end. Nous avons la visite de Bob et de Janette qui nous donne des nouvelles de la course de la Golden Globe. Jean Luc Vandenheed caracole toujours en tête à la latitude de l’Uruguay malgré ses ennuis d’étais, le deuxième vient de passer le cap Horn avec une très forte mer (13 m).

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Dimanche 2 décembre :

Nous nous préparons pour aller en excursion jusqu’à Gipsy Cove et et les plages de Cape Penbroke voir une colonie de pingouins Magellans. Une ballade de cinq heures, le temps est beau mais il y a beaucoup de vent. Après nous être assuré que les amarres du bateau sont bien, nous partons vers le sud du côté de l’aéroport. Une colonie est bien là sur la plage de York Bay (Gipsy Cove). Ce sont des pingouins de magellan ils nichent dans des terriers qu’Ils ont creusé sous les touffes d’herbe (tussoc) sur les flancs d’Ordnance Point juste la ou nous sommes. Il y en à plein autour de nous, couvant dans leur terriers, ou faisant leur toilette entre deux touffe de tussoc ou encore se dandinants en patrouille de trois ou quatre. C’est super ! Nous sommes aux anges. Nous continuons jusqu’à Surf bay une superbe baie ouverte sur le large ou le sable est très blanc et très fin. Les rouleaux sur la plage sont magiques et la couleur de l’eau est bleu turquoise. Cela donne envie de se baigner mais elle est à 9°. C’est quant même pas chaud surtout que nous avons beaucoup de vent et que la température extérieure n’est que 10°. Cela fait cinq heures que nous marchons et pour rentrer au bateau il nous faudrait encore une bonne heure et demie face au vent qui souffle maintenant en rafale. Une conductrice qui était venue promener son chien sur la plage accepte for aimablement de nous ramener en ville. Il est déjà 14 heures quand elle nous dépose et nous avons une faim de loup. Après le repas nous restons sage, le vent souffle et le bateau bouge énormément le temps se couvre. On se calfeutre en passant une soirée écritures .

 

Lundi 3 décembre :

Nous en avons encore pour toute la journée de ce vent fort et nous sommes ballottés. Domi va à la quincaillerie du coin et ramène un petit radiateur de chauffage central qu’il compte monter sur le circuit de refroidissement. Pour ne pas fatiguer le moteur il utilise le circuit existant à la place du chauffe eau. Nous chaufferons l’eau quant nous en aurons besoin pour la toilette ou la vaisselle au « rice cooker ». Il l’installe dans la salle de bain afin de pouvoir sécher nos affaires mouillées en cas de besoin. Il chauffera seulement quand nous serons au moteur mais au moins dans les canaux on aura chaud quelques heures par jour. La journée est bien occupée et nous ne voyons pas le temps passer.

 

Mardi 4 décembre :

Journée de préparation, demain nous mettons le bateau hors de l’eau . Lorsque tout est prêt , nous allons nous détendre et visiter le musée sur l’histoire des îles . Nous ne sommes pas déçu et nous passons une agréable après-midi. En revenant nous apercevons la grue sur le terre plein . Domi se presse pensant que nous avons loupé quelque chose . Non tout se prépare pour le mercredi matin .

 

Mercredi 5 décembre :

 

L’une des vedettes de Jason est remontée la première et nous passons tout de suite après. Mais la largeur et la forme du bateau rendent les choses difficile au grutier qui n’a pas gruté de bateaux depuis longtemps (la dernière fois c’était pourtant un VOR 65 pendant la Volvo Océan Race) Après avoir changé les chaînes de la grue trois fois, le bateau est enfin soulevé mais en biais à 20° sur son étrave. Le bras de la grue n’est pas suffisamment grand pour monter le bateau sur le quai. Il faudra travailler sous le bateau. Jason nous prête un zodiac plus gros que le notre et Paul deux de ses gars pour aider Domi. Et en effet ils ne sont pas trop de 3 pour maintenir l’embarcation en position démonter la pièce et tenir les outils. Lors du démontage on s’aperçoit que l’hélice était desserrée ce qui occasionnait sans doute les vibrations (que nous ressentions à certain régimes depuis un moment) et est probablement à l’origine de l’usure des joints spi.. Il est trois heure de l’après midi quant tout est fini et que le bateau est enfin remis à l’eau. Il était temps la marée avait bien remontée et le vent qui était resté calme jusque là commençait à se lever.

J’étais soulagée de penser que plus personne était sous le bateau alors qu ‘il était suspendu dans le vide. Ce soir nous dormons d’un sommeil de juste et nous reposons enfin rassurés. Nous pourrons repartir et continuer notre voyage sans avoir besoin de remonter en Uruguay.

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Ecrit par Anne