Descente de l’Amazone 2: jusqu’à Belém

Escales le premier soir à Itacoataria

puis dans la nuit à Paritis et à Juriti au matin.

A la mi-journée nous passons de l’état d’Amazonia à celui de Para et on a le droit à un grand contrôle de police avec chiens et fusils d’assaut.

Bilan de l’opération, ils n’ont rien trouvé mais on a perdu 2 heures sur l’horaire prévu et nous n’arrivons à Santarem que vers 18:30.

Nuit à quai, au matin nous descendons à terre nous dégourdir les jambes mais les environs du port ne présentent aucun intérêt et la ville proprement dite est assez loin. L’escale se prolonge en raison d’un chargement de marchandises plus compliqué que prévu et ce n’est qu’à midi que nous pouvons repartir. On espère qu’avec tout ça on arrivera quand même à Belém avant le père Noël.

A 17 heures nous sommes à Monte Allegre puis en début de nuit à Prainha et Almerim.

Au matin nous sommes à Gurupa ou nous arrêtons pour 2 heures. A partir de là commence une partie très intéressante du parcours.

Si vous regardez une carte il vous faudra zoomer à fond pour trouver un passage entre l’Amazone et le fleuve Para où se trouve Belém sans faire un immense détour par Macapa. Çà promet d’être intéressant et nous ne seront pas déçus.

On commence par une distribution de cadeaux de Noël aux enfants des bords du fleuve. C’est assez surprenant : Les passagers jettent des jouets emballés ou des paquets de bonbons par dessus bord et les enfants (les plus petits avec un adulte) viennent les récupérer dérivants sur l’eau en pirogue sans que le ferry ne ralentisse. La distribution dure toute la matinée.

Nous sommes toujours sur l’Amazone mais entre toutes ces îles et ces bras pas facile de s’y retrouver. C’est une zone de forêt très dense, sans aucune transition entre le fleuve et elle. Mais c’est pourtant une zone assez peuplée. Les petits villages abritant des communautés indigènes et les maisons isolées se succèdent. Tout est évidemment bâti sur pilotis. Nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies, je ne préfère pas imaginer à quoi cela peut ressembler après 3 ou 4 mois de pluies diluviennes.

Chaque communauté à son église (le plus souvent adventiste) et son chantier de construction pour les pirogues et les bateaux de transport. Toutes ces embarcations indispensables à cette vie si dépendante du fleuve sont bien sûr construites en bois fourni par la forêt omniprésente.

Vers 16:00 à Gurupa nouveau contrôle de police. Encore plus de 2 heures de perdues.

La nuit est bien tombée quand nous repartons. Peu de temps après, à Itamarati, nous quittons le fleuve Amazone pour un tout petit canal descendant vers le sud. Le passage et si étroit que ferry est obligé de ralentir et d’utiliser ses projecteurs. Chaque fois que nous croisons une embarcation les branches des arbres raclent les superstructures.

Courte escale à Breves en sortant des canaux.

Nous sommes maintenant de nouveau dans un fleuve très large, c’est le Rio Para. Dernier détour autour d’une petite île pour un court arrêt devant l’église de Jararaca.

Puis c’est une livraison assez particulière de pirogues en aluminium chargées à Manaus. La méthode est la même que pour les cadeaux aux enfants sauf que là chacune doit peser entre 50 et 100 kg. Devant Ponta Negra en plein fleuve, à environ 500 m du rivage, le ferry ralenti à peine et les marins commencent à balancer les pirogues à la mer (ou plutôt au fleuve). Les destinataires sur leur propre pirogue les attrapent au fur et à mesure et les amarrent. Pour la signature du bon de livraison, je ne sais pas comment ça se passe mais pour ce que j’ai pu en voir aucune pirogue n’a coulé pendant l’opération, DHL n’a qu’à bien se tenir.

Les derniers milles semblent se passer en pleine mer tellement le fleuve est large.

Avec tout ça il se fait tard et la nuit est dèjà tombée quand nous arrivons à Belém sous la pluie battante…

C’était une traversée inoubliable.