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Martinique: La Trinité et la côte-Est

On profite du fait qu’un temps dégagé sans grain de pluie et un alizé modéré est prévu pour la journée pour aller découvrir la côte au vent (Est). Nous prenons donc la direction de La Trinité.

Principal objectif de la journée la presqu’île de la Caravelle.

Premier arrêt Pran Lavol et le monument dit des ailes de l’oiseau moqueur.

Nous faisons ensuite un détour par l’anse Spoutourne avant de continuer sur Tartane où nous visitons l’ancienne distillerie de rhum G.Hardy. Nous ne sommes pas amateur de boissons distillées mais la visite est très intéressante.

A la hauteur de l’anse Bonneville la chaussée goudronnée de la D2 fait place à un chemin empierré. Même si elle semble toujours carrossable on préfère jouer la prudence et ne pas risquer de perdre la caution de notre voiture de location pour un caillou qui vole. On continue donc à pied jusqu’au phare de la Caravelle, une heure et demie à notre rythme.

La forêt est belle et la vue du phare à couper le souffle. Le chemin se poursuit jusqu’à la station météo (automatisée depuis quelques années) et continue le long de la côte pour faire le tour complet de la presqu’île. Un peu trop dur pour nos vieilles jambes, on profite donc au maximum du paysage et des explications sur l’histoire du phare et de la station météo avant de revenir au parking par le même chemin.

Retour à Bonneville juste à temps pour déjeuner. Cette fois-ci le repas est excellent et la vue magnifique.

On jette un coup d’œil au passage au port et à plage de Tartane avec ces barques colorées.

Nous reprenons la route en direction du nord de l’île toujours en longeant la côte.

Arrêt à Sainte Marie petite ville côtière connue pour son Tombolo, cet isthme non permanent reliant la plage à l’îlet portant le même nom que la ville. Le tombolo se forme et se défait selon les marées et les courants. La plage est devenue pratiquement impraticable, recouverte de tonnes de sargasses échouées et se décomposant dans une odeur pestilentielle.

Et on continue, toujours vers le nord, apercevant au passage le petit port du Marigot intégralement bloqué par les sargasses.

Mais la journée est déjà bien entamée il faut avancer. Peu après Le Lorrain on quitte la N1 et la côte pour la N3 et l’intérieur de l’île. Court arrêt à L’Ajoupa-Bouillon pour un rapide coup d’œil à l’église. On passe tout près de la Montagne Pelée, le fameux volcan de l’île encore actif et dont l’éruption de 1905 à fait 30 000 morts, mais son sommet se perd dans les nuage.

Pose à Morne Rouge, un village qui nous fait beaucoup penser à celui de Santiago del Teide lui aussi au pied d’un volcan actif de l’autre côté de l’Atlantique. La vue sur la vallée qui descend sur Saint Pierre est à couper le souffle. Nous sommes déjà trop tard pour visiter le musée du volcan mais les quelques panneaux explicatifs nous permettent d’entrevoir ce qu’a été la catastrophe.

Ce sera notre dernier arrêt de la journée.

Le temps de faire quelques courses et il fait tout à fait nuit quand nous rentrons au bateau.

Martinique: Fort de France

Lundi 16 mars 2026, le bus nous dépose Gare de Clemenceau juste à côté du cimetière. Nous découvrons le vieux centre ville de Fort de France le long du canal Levassor. Nous rejoignons le marché couvert par les ruelles qui alternent ruines délabrées et commerces en tous genres. Le déjeuner au marché couvert est plutôt décevant (prix élevés et peu de saveur). Le marché n’a que de marché le nom. Ici très peu de produits frais, on trouve surtout des boutiques de souvenirs et des étalages de produits pour touristes (de tous façon quoi que l’on trouve pour ramener en métropole est fabriqué en Chine comme nous avoue un commerçant).

On continue l’exploration par les rues piétonnes, la cathedrale St Louis (fermée). On se fait agresser au passage par un individu manifestement sous l’emprise de drogue qu’une locale nous aide à calmer.

Puis le front de mer avec le Fort St Louis (encore lui, qu’a-t-il donc fait pour la ville?) en arrière plan. si la petite baie est très prisée des plaisanciers qui veulent être en ville, l’estacade Est, elle, très appréciée des pélicans.

Passage par une boutique d’accastillage très bien achalandée pour acheter un bout pour remplacer une bosse d’enrouleur. Si beaucoup de maisons sont en ruine, cela n’empêche pas les peinture de rue de proliférer et il y en a de très belles.

On termine la visite de la ville par une exposition de costumes déjantés à l’espace culturel Camille Darsière (ancien palais de justice).

Impression mitigée donc après notre premier contact avec cette ville. Elle dégage un certain charme mais ce charme est presque complètement effacé par le mauvais état et le manque de mise en valeur des bâtiments du centre ville. Conditions climatiques difficiles et/ou manque de moyen ? D’autres villes de la région ont su mieux faire.

Entre temps nous avons trouvé une voiture de location disponible pour les 5 jours que nous pensons passer sur l’île mais il faut aller la chercher à l’aéroport. Nous prenons donc le tram qui nous y emmène en 20’. On va pouvoir découvrir l’intérieur de l’île!

Martinique: de la baie de Sainte Anne à la baie de Fort de France

Vendredi 13 mars 2026 au levé du jour nous doublons comme prévu la pointe de Dunkerque après une nuit de navigation paisible. Parti hier soir nous n’avions aucune raison de nous presser pour couvrir les 73 milles qui nous séparaient de Saint Vincent en arrivant de jour. Nous découvrons la baie de Sainte Anne littéralement couverte de voiliers à l’ancre, sans doute plusieurs centaines, on a rapidement arrêté de compter… Encore plus impressionnant que la grande plage d’Houat un week-end d’été. Mais chose étonnant l’endroit est très grand et il y a encore de la place. On trouve rapidement un bon espace dans la partie nord de la baie mais le fond est mauvais et l’ancre ne parvient pas à bien accrocher on se déplace quelques centaines de mètre plus au sud un peu plus vers le milieu et là ça accroche bien. On est à 750 m de la plage mais en kayak ce n’est pas un soucis et de toute façon le mouillage est interdit dans une bande de 300 m le long de la plage.

A terre, bistros et restos, une boulangerie et un petit Carrefour-Market, on se demande vraiment pourquoi l’endroit attire tant de monde (sans doute parce que c’est un bon abri par vents dominants et qu’il y a de la place.

Nous repartons le lendemain matin pour la baie de Fort de France.

On se glisse entre le fameux Rocher du Diamant (où on avait fait une plongée mémorable lors de notre premier passage en 1993) et la pointe du même nom. On passe devant les anses d’Arlet, doublons le cap Salomon et tirons des bords jusqu’à la pointe du Bout qui marquent l’entrée de la baie de Fort de France. Nous avons réservé une place à la marina de l’Etang Zabricot pour quelques jours à partir de demain mais pour cette nuit nous allons ancrer au calme tout au font de la baie au Mouillage de Rivière Salée à une centaine de mètres de Petit Ilet. Il n’y a que 2 autres bateaux. L’endroit est parfaitement abrité et les mangroves qui l’entourent le rende très agréable. Un endroit idéal pour se reposer.

Le lendemain matin le vent souffle à 25 nœuds du Nord Est. Les 4 milles qui nous séparent de la marina sont avalés rapidement avec un bout de chiffon en guise de voilure. Les rafales rendent la manœuvre d’accostage un peu délicate (prise des pendilles vent de travers) mais avec l’aide du marin et des voisins de ponton on s’en tire pas trop mal.

L’Etang Zabrico est une petite marina très agréable pratiquant des tarifs raisonnables. Une bonne base pour parquer le bateau et explorer l’île. Sur place il n’y a de quoi survivre : un petit supermarché, une boulangerie, 2 laveries automatiques et 2 loueurs de voitures. Pour aller plus loin que ce soit au centre ville de Fort de France où à l’aéroport il y a un arrêt de bus. Petit conseil, si vous voulez prendre le bus, n’oubliez pas de télécharger l’appli Martinique Transport sur votre téléphone: pas de possibilité de payer directement au chauffeur il faut prendre le billet en ligne (ou dans les distributeurs des principales stations de tram). On a eu beaucoup de chance la grève du réseau de transport de l’île ne commençait que le lendemain ce qui nous a permis de faire un tour au centre ville et d’aller chercher une voiture de location à l’aéroport puisque les 2 loueurs sur place n’avaient plus aucune disponibilité.

Saint Vincent: Mount Wynn Bay et Chateaubelair

Saint Vincent est une île magnifique mais les informations de navigateurs sur leurs blogs ou sur Navily font état de « boat boys » (ces jeunes qui viennent vous accueillir quand vous vous approchez de la côte en vous proposant de vous aider à mouiller, de vous servir de guide à terre ou de vous vendre poisson ou fruits), ils sont très agressifs dans de nombreux mouillages. La différence énorme de niveau de vie entre les locaux et les voileux de passage et le comportement de certains équipages qui se croient tout permis peut expliquer sinon excuser leur comportement. Nous nous contenterons donc d’une escale de 2 nuits à Mount Win Bay mouillage bien tranquille et de très bonne réputation et d’un arrêt rapide à Chateaubelair pour faire notre dédouanement de sortie.

Quand nous arrivons à Mount Win Bay nous sommes seuls au mouillage : dans la région c’est vraiment exceptionnel surtout que la plage est la montagne en arrière plan sont superbe et en plus il n’ y a pas de resto ni de bistro pour gâcher la tranquillité (sans doute la raison principale pourquoi l’endroit n’est pas plus fréquenté par les charters. Nous serons rejoints avant la tombée de la nuit par Stephane et Sofiane sur leur Janneau. C’est eux qui nous avaient prévenu du risque de dérapage à Port Elizabeth On les invite à venir prendre un verre à bord le lendemain. Ce sont deux musiciens classiques qui ont décidé de tout quitter pour commencer un tour du monde.

Le premier soir, un cata viendra mouiller tout près de la plage en début de nuit et repartira dès l’aube et le deuxième soir c’est un trimaran. Et c’est tout, c’est dire que le mouillage est vraiment tranquille (ne le répétez à personne que ça reste comme ça le plus longtemps possible).

Jeudi 12/03/2026, tout début de matinée, on lève l’ancre pour Chateaubelair qui n’est qu’à à peine 7 milles. En route on appelle Kemroy, le « boat boy » le mieux côté par la majorité des usagers de Navily pour éviter de difficile négociations à l’arrivée . A notre entrée dans la baie, il nous guide vers la partie côté nord au pied des falaises à une centaine de mètres de la plage.

Pour l’instant nous sommes seuls. Le fond est de bonne tenue mais très sale, couvert de plastiques et autres déchets. D’après la carte le village s’appelle Fitz Hugh. Une fois à terre nous verrons que l’endroit semble très pauvre. Le bureau de douane est tout à l’autre bout de la baie dans la village de Chateaubelair proprement dit. Comme nous ne sommes là que pour le dédouanement de sortie Anne reste sur la plage pour garder le kayak (que depuis Tobago nous préférons utiliser comme annexe) pendant que je vais faire les formalités. Formalités expédiées très rapidement le plus difficile étant de trouver le bureau et une fois le bureau trouvé mettre la main sur le douanier…

Nous sommes de retour à bord pour déjeuner. Vers 17:00, alors que le mouillage s’est déjà bien rempli, après une bonne sieste nous levons l’ancre pour la deuxième fois de la journée. L’idée est de zapper Sainte Lucie et d’aller directement sur la Martinique pour arriver à l’anse de Sainte Anne au levé du jour. Mais avant que la nuit tombe nous profitons des paysages magnifiques le Saint Vincent et particulièrement la vue sur le volcan de la Soufrière et ses coulées de lave descendant jusqu’à la mer. Le volcan est encore très actif, sa dernière éruption date de 2021.

Bequia: Port Elizabeth

Jeudi 5 mars 2026, nous quittons Canouan pour Bequia. Avec la houle de Nord-Ouest prevue en mer Caraïbe (Oui N.O. , vous avez bien lu, même avec l’alizé soufflant du N.E. et la grande houle du même secteur côté Atlantique, d’ailleurs il y a une alerte vague submersion par météo France sur les Antilles françaises) Port Elizabeth devrait être assez bien protégé.

L’alizé est toujours très soutenu (25 nœuds). Vent de travers jusqu’à West Cay on déboule à 8 – 10 nœuds tenant tête à un JPK 45 FC tout neuf pourtant plus long que nous d’un bon mètre.

La baie de Port Elizabeth est bien remplie mais elle est assez grande pour accueillir tout le monde. Nous ancrons une première fois devant Princess Point mais le fond est constitué d’une fine couche de sable sur de la roche plate: une très mauvaise accroche confirmée par notre voisin de derrière qui vient gentiment nous prévenir qu’ils ont dérapé hier soir au même endroit. On se déplace donc vers l’ouest de Princess Margaret Bay.

Port Elizabeth est un lieu hautement touristique mais la ville a su garder un aspect traditionnel très attrayant avec ces petites maisons colorées bordant son front de mer ombragé.

En plus un joli sentier à été aménagé le long de la côte passant devant les restos et les hôtels permettant de s’y rendre facilement depuis Princess Point.

Les habitants sont sympathiques et accueillants du moins ceux qui ne sont pas complètement sous l’emprise du rhum ou du cannabis (en vente libre ici).

Pour les courses il y a le marché, plusieurs boutiques de fruits et légumes et de l’autre côté du port un super marché assez bien achalandé et une bonne boulangerie (si vous aimez le pain de mie).

Belle balade pour aller de l’autre côté de l’île jusqu’à la grande plage de Friendship Bay. La vue est superbe. La houle vient se briser sur les rochers entourant la plage. Nous allons boire un verre avant de remonter et revenir sur Port Elizabeth

Nous passerons 4 bonnes journées sur cette île très agréable dans une ambiance « vacances » avant de repartir pour l’île de Saint Vincent.

Canouan: baie de Charlestown

Pour notre entrée à St Vincent et les Grenadines nous décidons de pousser jusqu’à Canouan plutôt que de la faire à Union, la baie de Clifton étant très mal protégée dans le fort vent d’ouest qui souffle ces jours-ci. Du coup on zappe aussi Mayreau et les Tobago Cays qu’on avait beaucoup aimé lors de notre premier passage en 1994 en partie pour la même raison mais surtout à cause de ce que nous avons lu à propos de la fréquentation intensive des catas de charter.

Sous le vent des îles la mer n’est pas formée et sous trinquette et un ris les 30 milles sont rapidement avalés même si il a fallu tirer quelques bords. Le mouillage de Charlestown est grand mais bien abrité et chose étrange il n’y a que quelques bateaux. Le responsable du port nous propose un corps mort mais nous dit qu’on peut aussi ancrer. Les bouées semblant un peu trop proche de la plage à notre goût nous ancrons.

En début d’après-midi nous descendons à terre pour les formalités d’entrèe. La douane est dans le grand bâtiment administratif tout près du port. Rêve à Deux est dédouané en quelques minutes. Par contre pour l’immigration il faut se rendre à l’aéroport

C’est une excellente occasion pour découvrir un peu cette île moins touristique que ses voisines de l’archipel aussi plutôt que de prendre un taxi nous y allons à pieds.

Sur le bord de la route nous croisons de nombreuses tortues terrestre de toutes les tailles assez surprenantes avec leur tâches oranges sur le dos.

Cette île semble avoir beaucoup moins souffert du cyclone que ses voisines plus au Sud. La végétation semble en meilleur état et on ne voit pas de bâtiment endommagé.

Tyrell Bay: le cimetière de bateaux de Cariacou

Passè Cistern Point et le Mont St Louis c’est un nouveau spectacle de désolation qui s’offre à nous.

D’abord, ce sont quelques épaves de navire de pêche ou de commerce échouées sur les rochers. De loin on distingue de nombreux bateau de plaisance au mouillage, tout semble à peu près normal mais quand on s’approche on se rend compte que beaucoup d’entre eux n’ont plus de mât?.

En discutant avec des navigateurs on comprend ce qui c’est passé. En juillet 2024 quand Béryl à été annoncé, la saison de navigation était déjà finie et de nombreux plaisanciers avaient déjà préparé leurs bateaux pour la saison des cyclones, bien amarrés dans la mangrove du « Careenage » sur la rive nord de Tyrell Bay. Les quelques places encore disponible dans cet abri, réputé comme un excellent trou à cyclone, ont tout de suite été prises par ceux qui naviguait encore. Bref c’était plein à craquer: 100 bateaux, 200 bateaux, les témoignages varient. Et c’est juste là sur cet endroit précis que Béryl a atteint son paroxysme.

Sous l’assaut des éléments déchaînés les bateaux ont été jetés les uns contre les autres certains ont coulés d’autres ont été gravement endommagés, les mâts et les gréments se sont enchevêtrés, beaucoup ont démâté. Quelques mois après la catastrophe, les autorités de Grenade on décidé de nettoyer la mangrove (classée espace naturel protégé). Un navire spécialisé muni d’une grue est venu sur place et les bateaux ont été sortis de là un par un (du moins ceux qui flottaient encore – de nombreuse épaves restent encore à évacuer de la mangrove et des alentours) et amarrés sur les corps morts de la baie. Quelques uns sont en réparation dans l’un des deux chantiers de la baie mais beaucoup des bateaux sauvés n’étaient malheureusement pas convenablement assurés. Certains propriétaires n’ayant pas les moyen d’effectuer les travaux nécessaire, un grand nombre de ces bateaux endommagés risquent de rester là encore un moment…

Les formalités de sortie se passent comme sur des roulettes dans le tout petit bureau dans la cour du resto à côté du chantier et le 4 mars au matin nous quittons cette île dépendant de La Grenade pour le Pays suivant de l’arc Antillais.

Hillsborough: la capitale fantôme de Carriacou ( L’île la plus touchée par le cyclone Beryl )

Hillsborough Bay

Dimanche premier mars 2026, l’alizé soufflait fort quand nous avons quitté Petite Martinique mais passé Gun Point (la pointe nord de Cariacou) nous sommes sous le vent de l’île et à part quelques rafales qui descendent des collines toute la côte est bien protégée du vent et de la houle. Nous mouillons devant la jetée de Hillsborough sur un fond de sable de bonne accroche.

Avant le passage du cyclone Beryl, Hillsborough était la principale ville de l’île avec de nombreux commerces, de belles demeures et deux églises. Nous sommes dimanche. Ceci pourrait peut-être expliquer le calme qui y règne mais en fait il semblerait que non seulement les touristes mais aussi la plupart des habitants aient déserté la ville.


Aujourd’hui Hillsborough est carrément une ville fantôme dont presque tous les bâtiments sont encore en ruines y compris les deux édifices religieux.

Le cyclone a aussi grandement endommagé la végétation. Bien sûr de nombreux arbres ont été arrachés mais même ceux qui sont restés debout on souffert. Nous ne sommes qu’en tout début de la saison sèche, tout devrait encore être bien vert comme c’était le cas à Tobago ou à Grenade. Or en beaucoup d’endroits le paysage semble desséché et jauni.

Nous quittons Hillsborough pour aller faire nos formalités de sorties à Tyrell’s bay juste de l’autre côté de la pointe.

Bonne surprise au passage: il reste encore des cocotiers debout sur Sandy Island!

Petite Martinique après le cyclone Béryl

Une composante nord ouest de la houle rend le mouillage de l’île ronde très inconfortable elle devrait tourner carrément à l’ouest d’ici ce soir. Bon on va essayer le lagon entre Petit Saint Vincent et Petite Martinique.

On contourne donc Cariacou par la côte sous le vent dont tous les abris vont être assez inconfortables. On aperçoit devant nous les hauteurs de l’île Union. On rentre dans le grand lagon qui entoure les deux îles et mouillons dans une large zone de sable blanc et plat devant Petit St Vincent. L’île est privée aussi n’essayons nous pas de descendre à terre. Ce n’est que le lendemain soir quand nous achetons un petit thon à un pêcheur venu de Mayreau/Tobago Cays. En papotant avec lui on réalise que nous ne sommes plus dans les eaux de Grenade mais de Saint Vincent. Flûte ! on l’avait loupé celle-là. En fait si Petit Saint Vincent fait bien partie du pays « St Vincent et les Grenadines » la frontière entièrement maritime entre les deux pays n’est pas encore définie et ne figure sur aucune carte. Mais pour être sûr de ne commettre aucune infraction, le lendemain matin de bonne heure et de bonne humeur, nous parcourons les 800m qui nous en sépare pour ancrer juste derrière les très nombreux bateaux de pêche au corps mort devant Petite Martinique.

Le mouillage est convenable mais le vent d’Est accélère en passant entre les deux îles de plus, la composant nord Ouest de la houle même si elle ne se fait pas trop sentir au mouillage rend le débarquement sur la plage très sportif. Nous faisons tout de même une bonne promenade à terre.

Et tout de suite c’est le choc : C’est précisément ici que le cyclone Béryl a frappé en premier et a détruit totalement ce village de 900 habitants et la totalité des bateaux de pêche avant de s’acharner sur Cariacou. Par miracle personne n’a été tué sur cette petite île. C’était le 01/07/2024. Depuis, 17 mois ont passés, la flotte de pêche a été reconstituée, l’école et quelques résidences (visiblement celles des plus riches) ont été reconstruites où restaurées à neuf. Mais beaucoup sont encore des ruines parfois vaguement rafistolées, parfois carrément abandonnées.

La végétation a aussi beaucoup souffert plus un seul arbre, l’herbe jaunie peine à pousser.

Pour ce qui de la faune, les coraux du recif ont été gravement endommagés, les oiseaux ont beaucoup souffert. Les reptiles sont sans doute l’espèce qui a la mieux résistée comme cet iguane que nous avons croisé sur le bord du chemin.

Photo d’illustration merci à son auteur. On a vu exactement un iguane identique dans le même paysage mais on a pas été assez rapide pour dégainer l’appareil photo avant qu’il ne se sauve.

En dépit de toutes ces traces de la catastrophe, les habitants, toujours aimables et accueillants, semblent avoir pris les choses en main et travaillent d’arrache pieds pour reconstruire leur île . Ils ont retrouvé le moral comme nous avons pu le constater en faisant quelques courses dans les deux supermarchés.

Depuis la pointe on a une bonne vue sur Petit St Vincent et on peut voir que le complexe hôtelier à lui aussi été bien touché et est loin d’être remis en état.

le 01/03/2026

Après 2 nuits à ce mouillage, l’alizé est encore monté d’un cran (25 nds) et le couloir entre les îles renforce les rafales qui montent à 30 nds et lèvent un clapot inconfortable. Nous levons l’ancre pour aller nous abriter sous le vent de Cariacou dont la houle d’Ouest c’est enfin calmée.

l’île Ronde

L’île Ronde (Ronde Island) est une île déserte (sans habitant mais pas désertique:)) située au nord de l’île de Grenade.

Pour y aller nous remontons toute la côte de Grenade. La vue des sommets boisés nous fait un peu regretter notre décision de ne pas louer de voiture pour explorer l’intérieur mais bon : on ne peut pas toujours tout faire partout …

Lîle ronde est entourée de nombreux îlots rocheux aux formes impressionantes et aux noms évocateurs. On retiendra « London Bridge » « les Soeurs » « les Tantes » mais le plus drôle est sans doute « Kick’em Jenny » (littéralement : Jenny donne leur un coup de pied).

Le mouillage est relativement protégé même si un peu de houle contourne la pointe de l’île et les rafales peuvent être assez fortes et changer fréquemment de direction. L’eau est bien sûr très claire et l’ancre accroche bien sur le fond plat de sable et d’herbe. Nous serons 4 bateaux à l’ancre le premier jour et 3 le deuxième.

Nous pensions trouver une île plus verte mais la végétation a visiblement été très affectée pa le passage du cyclone Béryl il y a seulement 17 mois comme en témoignent les nombreux troncs dégarnis. Nous allons à terre en kayak mais la petite houle rend l’arrivée sur la plage assez sportive et très humide. On voit le début de ce qui devait être un sentier montant vers la colline mais il semble impraticable sans une bonne machette. Faute de ballade on se rabat sur la gastronomie du bord. Au menu de ce soir gâteau de dahl et de pollenta.

Une houle de nord ouest est (encore) en train de se former et la deuxième nuit est moins confortable, il est temps d’aller chercher un autre mouillage.