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Northland: la terre sauvage la plus civilisée (ou la terre civilisée la plus sauvage ?) (2)

Le week-end les Néo Zélandais fêtaient l’anniversaire du traité entre les premiers colons Anglais et les Maoris qui est en quelques sortes leur fête nationale. Diverse animations sont proposées et plusieurs grands voiliers sont à quai dont une réplique à l’identique de l’Endeavour le bateau du fameux explorateur James Cook. Nous allons les visiter avec Carole et Daniel.

Le traité ayant été signé dans la baie d’à côté, le dimanche, une navette de bus gratuite était organisée pour l’occasion. Nous sommes descendus au premier arrêt : la petite station balnéaire de Pahia et de là nous avons pris le bateau bus pour Russel de l’autre côté de cette baie. Le village de Russel n’est pas très grand mais très typique avec de vieilles maisons coloniales en bois peint, c’était un centre important pour les Maoris mais aussi pour les chasseurs de baleines qui venait s’abriter là pendant l’hiver austral et qui avait un peu transformé l’endroit en un lieu de perdition. Elle fut pendant quelques années la première capitale de la Nouvelle Zélande. Nous avons visité le petit musée qui retrace sont histoire.  Au retour nous avons fait les courses au super marché de Pahia (ici tous les super marché sont ouvert tous les jour même le dimanche et en général jusqu’à 21h) avant de reprendre la navette pour la marina.

Le samedi suivant nous avons repris une petite voiture pas chère (mais toujours aussi pourrie – on vous donne même pas la marque de toute façon c’est inconnu en Europe) pou aller voir Whangarei qui est le centre urbain le plus grand du Northland mais aussi un estuaire abrité avec plusieurs ports de plaisance et de nombreux chantiers. En effet à part le besoin de faire des grosses courses, nous voulons aussi trouver un endroit sûr où laisser le bateau pendant que nous serons en France.

La ville est très décevante, en fait c’est une espèce de zone commercialo-industrielle. Seule exception, le bassin du centre ville entouré de jolis petits bâtiments de style colonial en bois peint où on trouve petits restaurants et cafés dans une zone piétonnière. C’est aussi là que se trouve la marina principale. Un musée Hundertwasser est en construction, ce qui va améliorer grandement ce centre tristounet. La baie nous a beaucoup moins plu que la baie des îles. La rive sud est assez plate avec des mangroves et beaucoup de chantiers nautiques. Mais nous avons fini par trouver notre bonheur et bon abri pour laisser Rêve à deux pour le mois ou nous rentrons en France. C’est une petite marina dans le bras de la rivière pas très loin de l’aéroport. Il n’y a pas de ponton, les bateaux sont amarrés entre 4 poteaux et le tarif est vraiment intéressant : 165 NZ$/mois ( 95 €). Nous avons poussé notre balade jusqu’au petit port de Marsden Cove juste à l’entrée de l’estuaire et avons juste jeté un coup d’œil sur la passe et grande plage de Bream Bay (malheureusement gâchée par la présence d’une raffinerie) avant de repartir et de revenir au bateau.

Toute la semaine nous travaillerons sur la barre à roue et le compartiment arrière afin de tout remettre à neuf. Dominique est grand et plutôt raide passer ses journées plié en quatre la tête en bas au fond d’un coffre lu a permis de râler encore plus que d’habitude

Le weekend on décide de se faire un break, la barre à roue est en place et la liste de réparation bien entamée. Re-location voiture pas chère cette fois-ci on est bien servi elle est plus grosse, plus confortable et beaucoup moins pourrie que les précédentes (mais elle à tout de même 250 000 km au compteur) Nous avons commencé par faire les courses habituelles pour la semaine au centre de Kérikéri et de là nous avons été voir la Rainbow Fall, une chutes d’eau magnifique avec une immense grotte en dessous , le sentier longe la rivière dans la forêt sur plusieurs kilomètres jusqu’à la baie des îles, ne pas oublier de se mettre de la crème anti nonos sinon gare…Pique-nique au bord de la rivière. L’après midi  nous avons continuer notre exploration  en longeant la mer au nord de Kérikéri. Nous sommes montés tout en haut de la pointe à l’est de Mautori bay pour voir le monument à la mémoire du Rainbow warrior (coulé par les services secret français dans les années 80). Nous avons profité d’une belle plage pour aller nous baigner (l’eau est encore un peu fraîche mais c’est bon). Nous sommes allé jusqu’à Whangaroa et son superbe fjord puis retour par l’intérieur des terres. Partout sur les sentiers nous avons vu des pictogrammes représentant le fameux oiseau sans ailes et indiquant que les chiens sont interdit mais c’est sur le bord de la route que nous verrons nos deux premier spécimens de kiwi, pas les humains locaux ou le fruit du même nom mais bien un couple de ces oiseaux mythiques. Nous les pensions de la taille d’une grosse poule mais ceux la étaient plutôt du gabarit d’une petite perdrix. Ils se sont malheureusement enfuît avant qu’on puisse les photographier.

Le lendemain départ aux aurores avec le pique-nique, nous avons 205 km à faire pour atteindre l’extrémité Nord de l’île du nord et le cap Reinga et les routes ici ne sont pas exactement des voies expresses.

En passant par la montagne, nous nous sommes arrêtés au bord d’un torrent et piquer une tête dans  de l’eau fraîche, Dominique se dégonfle prétextant un début de rhume …

C’est quant même assez loin et nous arrivons enfin à 13 heures, il est interdit de manger sur le site !!! Mais protection de la nature et respect des croyances locales : pour les Maoris, c’est ici que les esprits des morts viennent pour aller vers l’autre monde. Bon on se fait le pique nique à l’arrière de la voiture. Des jeunes Maoris nous tournent autour et nous demande si on peut les aider, ils ont laissé leur clé à l’intérieur du coffre de la voiture ! Après avoir tout essayé, il casse la petite vitre de la portière arrière avec notre cric (pas facile si cela vous arrive protégez vous le bras mais aussi les yeux).

 Le petit phare est en contre bas, la pointe est d’une splendeur à couper le souffle pas d’autres mots. A chaque coude du chemin des explications sur l’écologie du lieu où une légende maori. Un courant très fort fait des remous devant cette pointe ou deux mers se rencontrent et pas des moindres l’océan Pacifique à l’est et la mer de Tasman à l’ouest. Un bateau de pêche s’y engage, il est poussé par le courant et le vent et rencontre la barre où de l’autre côté le courant est contraire, et là il peine à passer.

Il nous faut maintenant songer à rentrer, mais avant nous voulons profiter au maximum de l’endroit et descendons jusqu’à la plage côté Pacifique escarpé mais facile. Ensuite nous voulons voir la plage côté mer de Tasman mais il n’y a qu’une piste impraticable sauf en 4X4. Nous montons sur la plus haute dune (pas la dune du Pilat, plutôt les dunes de Liwa à Abu Dhabi par leur forme mais pas la couleur) enfin  nous voyons la mer. Nous finissons notre escapade de l’autre côté au bout de Paua road où l’on peut admirer les dunes de silice pure qui protègent l’entrée de la baie de Porengarenga.

Tout en bas de la péninsule nous repassons côté Tasman une dernière fois afin d’observer l’une des plus grandes plages du monde la Ninety Miles Beach ( la plage de 90 milles mais en fait elle ne fait « que » 90 km) que les Kiwis adorent parcourir en 4X4 non sans risque car s’ils ne calculent pas bien le temps où ont une panne  en cours de route des imprudents se font parfois prendre par la marée montante et il ne serait pas rare que des véhicules soit emportés par les vagues…

A partir de Awanui nous quittons la route 1 et rentrons par la 10 qui longe la côte en serpentant entre de petites collines verdoyantes. La route traverse dans un grand golf où paissent quelques bétails, je comprends que les colons Anglais se soient installés ici, ce n’est finalement pas si différent de l’Angleterre!

Il fait déjà bien nuit quand nous rentrons au bateau il est temps de se mettre au lit. 680 km au compteur (plus quelques uns à pied) dans le weekend nous sommes épuisés. Belle ballade, on en a pris plein les yeux.

Le jeudi 28 octobre, c’est le grand jour c’est aujourd’hui qu’on mâte (pas les belles filles, le bateau). Il n’y a pas de vent, et on est pratiquement à l’étale c’est parfait pour re-mâter. Le grutier Kim, Rob le gréeur et son assistant sont à l’heure, 8h sur le quai et tout se passe comme sur des roulettes. A 10 heure nous sommes de retour au ponton, il ne reste plus que les réglages de la tension des haubans et le remontage des enrouleurs à faire et bien sûr, il faut aussi remettre les voiles, les bouts et tout l’accastillage en place, rebrancher les feux les girouettes et autres antennes. Nous avons le temps et nous mettons la journée. Il manque les bastaques que Rob nous apportera mardi avec la poulie de pataras qui vient d’arriver à Auckland ; çà tombe bien car c’est aussi mardi que Josh le voilier doit nous apporter notre nouvelle grand-voile, notre nouveau foc et notre ancienne trinquette réparée. Le soir même tout est rangé nettoyé. Nous pourrons prendre la mer demain pour un week-end prolongé et bien mérité histoire d’essayer ce nouveau gréement et de peaufiner les réglages du mât. 

La Baie des Iles (Bay of Islands, c’est le nom que lui donna James Cook en y arrivant en 1769) est un endroit magnifique, un véritable paradis pour les amoureux du bateau et de la voile. La baie est entourée collines verdoyantes alternant des pentes boisées et des prairies qui semblent aussi bien tondues que des terrains de golfe. La côte est très découpée et les îles plutôt escarpées et couvertes d’une végétation très dense particulièrement sur la côte abritée des vents dominants. Les criques sont nombreuses, il suffit de choisir en fonction de la direction du vent, on trouvera toujours un mouillage parfaitement abrité. Inutile d’ajouter que plages y sont nombreuses et paradisiaques. L’eau est limpide et bleue en contraste avec les eaux brunes de l’estuaire ou est installé la marina. C’est aussi le paradis des plongeurs car les fonds sont très poissonneux il y aurait même des coquilles St Jacques et des langoustes.

Sur les rochers des milliers d’huitres que l’on n’a pas manqué d’aller cueillir. Les deux douzaines nous ont fait un excellent apéro avec un petit Chardonay du coin ma foi fort gouleyant.

Northland: la terre sauvage la plus civilisée (ou la terre civilisée la plus sauvage ?)

Le premier novembre nous sommes donc confortablement installé sur un ponton de la Marina d’Opua (Baie des Iles, Région du Nord on Northland). On est vraiment dans une marina de luxe avec toutes les commodités. A peine le pied à terre, nous prenons les machines à laver et internet d’assaut. Les douches suivent de peu. Des douches modernes propre et fonctionnelle décorée avec gout ou on peut se déshabiller et suspendre ses vêtements sans risquer de tout mouiller, pourquoi ne font-ils pas les mêmes dans les ports français ? Et summum du raffinement (surtout pour Domi) de l’eau chaude (bon, il faut mettre une pièce de 2NZ$ = 1,2€). Mais ne perdons pas trop de temps pour le confort de l’équipage, on aura tout le temps plus tard. LA priorité c’est d’abord le bateau.

 Si Rêve à Deux c’est très bien comporté depuis notre départ et n’a connu aucun ennui majeur pendant de ce demi tour du monde (25 000 milles = 50 000km depuis les Sables d’Olonne) le matériel a quand même beaucoup souffert. Sur notre liste de travaux : réparation des barres de flèches qui bougent, remplacement de tout le gréement dormant (« gendarmes » sur les D1 et D2) sauf les étais qui ont été changés juste avant le départ, une nouvelle grand-voile (celle-ci tient par les réparations au tissu adhésif) et un nouveau foc, une annexe neuve car la notre fuit de partout, réparation de la barre à roue dont les roulements sont morts. La Nouvelle Zélande est l’escale idéale pour cela : c’est le pays du monde qui compte le plus de bateaux de plaisance par habitant, leurs régatiers figurent toujours parmi les premiers mondiaux dans toutes les courses. Inutile de vous dire que pour les voiles, le gréement ou l’accastillage, ils savent y faire, les bons professionnels sont légion. Rien qu’ici à Opua, un trou perdu il ya encore quelques années, il y a tout ce qu’il faut : 3 maitre voiliers, 1 gréeur réputé, 2 magasins d’accastillage de la taille d’un bon super marché et on ne compte pas les mécaniciens, diésélistes, soudeurs et  autres électroniciens. Et, cerise sur le gâteau, tout ce que nous achèterons où ferons faire pour le bateau sera détaxé (pas de TVA) car notre bateau est en importation temporaire. Comme depuis l’Europe on ne trouve rien, nous sommes vraiment content que tout est tenu jusqu’ici même si pour le gréement et les voiles c’était un peu juste : il était vraiment temps d’arriver J. Les deux premiers jours sont donc bien occupés par le gréeur et le voilier qui viennent à bord prendre les mesures.

 Dans la baie, des centaines de corps-morts occupés par des bateaux à voile où à moteur de toutes les tailles. Les clubs de voiles sont très actifs et le soir après le travail ils organisent des régates.

Le weekend arrive vite et nous donne le temps de souffler un peu et de partir à la découverte de ce pays surprenant. Nous louons une petite voiture (pas chère mais à bout de souffle)


Les villes en général sont assez décevantes, on a l’impression de se balader dans des zones industrielles et il faut faire des kilomètres pour trouver se que l’on veux, il est préférable de se renseigner avant.

Première étape, le marché de Kérikéri qui à lieu tous les samedis matins .On y trouve un boulanger qui fait un pain dont les meilleurs artisans français n’auraient pas à rougir et aussi un éleveur local qui produit des fromages au gout des Français. La boutique est tenue par deux jeunes brestois en stage pour un an dans la ferme. Il y a aussi des  marchands de fruits et légumes et des artisans ainsi que des échoppes où  on peut déguster des produits locaux et prendre un café où boire une bière et même déguster un verre de vin. Des musiciens animent le marché, c’est sympathique et très populaire.

J’avais entendu parler du grand architecte et artiste autrichien Hundertwasser dont de nombreux bâtiments d’un style tout à fait particulier portent la signature à travers le monde. Il est venu finir sa vie ici dans le Northland et l’une de ses dernières réalisations sont les  toilettes publiques (oui vous avez bien lu J)  du petit bourg de Kawakawa. Le style est très sympa et se marie très bien avec l’art Maoris. C’est très coloré, basé essentiellement sur de la mosaïque et des carreaux de couleur vives, matériaux classiques, mais utilisés ici de façon vraiment surprenante.  .

Le dimanche nous avons décidé de partir de bonne heure et de rouler vers la côte ouest. Le paysage est superbe, très vallonné alternant bois et prairies. Nous sommes au printemps, il y a des fleurs partout et notamment des mimosas tous jaunes.

En chemin, nous avons fait une courte halte au sources d’eau chaudes de Ngawha Springs mais l’eau était glauque, très chaude (45°C) et dégageait une odeur pestilentielle (source sulfureuse) nous n’avons pas osé aller nous y baigner. Nous avons fait un grand tour par Kaikohe, Waima, poussé jusqu’à la pointe de Omapere où nous avons pique-niquer face à l’embouchure d’Hokianga, face à la mer de Tasman  et surplombée de dunes  immenses, auprès desquelles notre dune du Pilat semblerait ridicule. La passe de sortie est étroite et, vue d’en haut, très impressionnante avec une barre certainement très difficile à franchir, d’ailleurs on voit très très peu de bateau dans tout l’estuaire alors qu’il y en a tant sur la côte est. Pour le retour nous avons pris le bac à Rawene histoire de faire une boucle au lieu de revenir sur nos pas. Rawene est un très petit mais joli village (si çà existe ici mais c’est rare) et la route du retour était belle. Le soir, bien fatigués mais heureux de notre balade nous avons rejoint Rêve à deux pour nous écrouler sur notre couchette.

Deux voyageuses Française rencontré à Omapere
Folligou

Nous avons fait la connaissance de Carole et Daniel. Ce fut une rencontre pas banale. En nous promenant sur le port, nos regards sont attirés par le drapeau français et le design surprenant de leur bateau (Folligou est un Intégral 43, un excellent bateau de voyage bourré d’idées intéressante et innovantes, pour plus de détail et suivre leur voyage vous pouvez aller sur leur excellent site : https://www.folligou.fr/) nous échangeons quelques mots et l’adresse de ce blog. Le lendemain on se revoit et « ce n’est pas possible !» nous disent-ils « on s’est connu au même endroit que vous et à la même époque ! »  En effet dans les années 80 Daniel passait ses vacances à Kerveltrec (une petite plage enter le Cap Coz et Beg Meil) et les parents de Carole louaient une maison sur la pointe du Cap Coz et c’est entre les deux qu’ils se sont connu et faisait du dériveur ensemble (à la même époque nous étions à l’école à voile du Cap Coz). Inutile de vous dire qu’après de telles révélations la glace a tout à fait été brisée et nous avons passé de très bons moments ensemble. Qui a dit que le monde était petit ?

Carole et Daniel

Mardi, ayant commandé tout ce dont nous avons besoin pour nos réparations et n’ayant plus qu’à attendre que les pièces arrivent, nous pensions avoir le droit à quelques jours de répit pour naviguer entre les îles de la baie. Et nous voilà partis, une nuit paisible au mouillage dans la baie Parekura puis sur l’île Moturua pour le déjeuner et là email du gréeur : on démâte vendredi, la grue est commandée pour 08:00. Nous sommes mercredi, toute la journée de jeudi ne sera pas de trop pour enlever les voiles et préparer tout pour que le démâtage se passe le plus rapidement possible (l’heure de grue c’est pas donné). Fini la ballade on rentre au port !

Retour au port

Vendredi à l’heure dite tout est en place et le démâtage se passe comme sur des roulettes Rob et son assistant sont de grands pros. Retour au ponton sans mât : çà fait un peu bizarre. Après démontage du mât, les dégâts s’avèrent un peu plus important que prévu. En plus des torons cassés sur les bas haubans (D1 et D2) et des embases de barre de flèche usée, plusieurs coquilles (petites pièces inox qui permettent d’ancrer les haubans sur le mât) sont fêlées. On a eu de la chance d’arriver avec le mât entier jusqu’ici. Entre temps nous recevons les roulement de la barre à roue : le démontage peut commencer – étant bloqué là jusqu’à ce que le mat soit regrée  on en a de toute façon pas besoin.

à suivre…

Entrer en Nouvelle Zélande en bateau ce qu’il faut savoir

Ponton d’entrée à Opua qui n’est pas relié à la terre

La Nouvelle Zélande est sans aucun doute le paradis de la voile c’est aussi un pays très accueillant pour les navigateurs de passage. C’est aussi une étape pratique permettant de passer la saison des cyclones du Pacifique sud à l’abri tout en ayant tout ce qu’il faut sous la main pour refaire une jeunesse aux bateaux fatigués par les milliers de milles parcourus depuis votre départ d’Europe où des Etats Unis tout en faisant du tourisme dans des paysages magnifiques.

Ce qu’il faut savoir avant de mettre le cap sur le splendide pays des Kiwis :

  1. Opua, au fond de la Baie de Iles sur l’île du Nord est le seul port d’entrée pour nos bateaux. Depuis cette année (2019), on ne peut plus faire les formalités ailleurs sauf si votre modeste navire mesure plus de 20 m, il est alors classé comme super yacht et vous pouvez aller directement à Auckland mais dans ce cas, vous n’avez sans doute pas eu besoin de cet article pour savoir quoi faire : votre agent s’est déjà occupé de tout J
  2. Vous devez pouvoir prouver que votre bateau a été carèné il y a moins de 30 jours ou à défaut avoir une photo sous marine de la coque datant de quelques jours et montrant qu’elle est propre. Attention la liste des types d’antifoulings autorisés est encore plus restreinte qu’en Europe.
  3. 48 heures au plus tard avant votre arrivée vous devez envoyer votre « Advance Notice of Arrival » disponible sur le site de la douane (voir liens utiles plus bas dans l’article) par email à yachts@customs.govt.nz
  4. A votre arrivée toute nourriture fraîche encore dans vos frigos ou paniers à légumes sera confisquée ainsi d’ailleurs que toute graines susceptibles de germer pensez y avant de partir çà évitera le gaspillage.

Toutes ces restrictions peuvent paraître comme les caprices agaçants d’une administration tatillonne (comme c’est clairement le cas dans certaines îles du Pacifique que je ne nommerais pas) mais elles servent en fait à protéger ce coin de paradis à l’écosystème unique mais très fragile (voir les documents du MPI dans les liens ci-dessous). Les points 1 et 3 permettent quant à eux à l’administration de gérer aux mieux leurs ressources : le personnel et le matériel sont concentrés à un seul endroit et grâce à votre email il savent quand vous arrivez.

Voici comment çà c’est passé pour nous : La procédure peut varier légèrement en fonction du nombre de bateaux arrivant en même temps et des fonctionnaires de service à ce moment là. Nous étions en tout début de saison et il n’y avait que 3 ou 4 bateaux à arriver ce jour là.

La vedette des douanes nous a repérés grâce à notre AIS alors que nous étions encore à une dizaine de milles de l’entrée de la baie. Heureusement nous avions déjà envoyé tous nos pavillons : national (notre drapeau bleu blanc rouge), courtoisie (le drapeau Neo Zélandais) et Q(jaune). Ils nous ont contacté par VHF fort aimablement pour confirmer les informations qu’ils avaient reçues sur notre « Advance Notice of Arrival » (çà fait plaisir de voir qu’on avait pas envoyé le document pour rien) ce sont enquis de notre heure d’arrivée prévue au ponton de quarantaine de la marina et nous on souhaité la bienvenue en Nouvelle Zélande.

Le ponton de quarantaine de la marina d’Opua est en fait une partie de la digue flottante brise clapot qui protège les pontons. Il n’est pas relié à la terre et la partie réservée à la quarantaine est clairement identifiée et séparée du reste de la digue par un grillage. Il y a 1 WC mais pas d’autre commodité.  Nous sommes arrivés vers 17 heures, mais leur bureau ferme à 16:30, il nous à donc fallu attendre le lendemain matin 8 heures que les fonctionnaires reprennent leur service. Si vous arrivez  le week-end, il n’est en principe pas possible de faire les formalités, il faudra attendre le lundi matin sans quitter le ponton : prévoyez un bon bouquin et suffisamment de nourriture (c’est le moment de finir ces dernières boites de corned beef achetées au Tuamotu par ce qu’il n’y avait rien d’autre et que vous n’avez pas encore eu le courage d’ouvrir et de faire une soupe à l’oignon si par hasard il vous en reste aussi), personne ne viendra vous embêter si non le voisin qui lui aussi est coincé à son bord. Les formulaires à remplir, sont mis à disposition dans une grande caisse plastique au bout du ponton à côté des toilettes flottante cela permet de gagner pas mal de temps le lendemain matin, il y a au moins quatre pages à remplir du formulaire de la douane, 2 pages pour MPI/quarantaine et une fiche de police/immigration par personne à bord. Si vous avez une imprimante à bord vous pouvez aussi les télécharger (liens ci-dessous) les remplir sur l’ordi et les imprimer.

Le lendemain 8 heures le zodiac de l’administration arrive sur le ponton de quarantaine. Ils sont toujours au moins deux. L’un pour représenter le service de la Douane et de l’immigration (une seule et même administration comme dans de nombreux pays Anglo Saxons, c’est quand même plus simple) l’autre dépendant du ministère des industries de base (Ministry of Primary Industries : MPI) en charge de la biosécurité. Si vous êtes nombreux à arriver ce jour là, plusieurs fonctionnaires de chaque administration seront présents pour limiter votre temps d’attente.  Leur approche est très professionnelle tout en restant décontractée. Ils sont toujours très polis, presque joviaux vu de notre point de vue français. Le déroulement exact de l’inspection du bateau dépend beaucoup de la personne qui vient à bord et des informations qu’ils ont sur le bateau.

La partie douane/immigration a été pour nous très simple, j’avais rempli les formulaires, la fonctionnaire nous à posé quelques questions pour confirmer certains détails, à tamponné nos passeport en nous expliquant qu’on pouvait rester dans le pays 90 jours. On lui a demandé si c’était possible d’avoir tout de suite un visa jusqu’au mois de mai. Elle nous a répondu qu’il suffisait de se présenter dans n’importe quel bureau de douane avant l’expiration des 90 jours pour renouveler pour une nouvelle période. Elle nous a ensuite remis le document magique  d’importation temporaire (TIE C4G) qui nous permet d’acheter tout ce qu’on veut pour le bateau sans payer la TVA (ici GST). L’importation temporaire est valable 2 ans, après quoi le bateau devra sortir du pays ou être importé et payer la taxe sur la base de sa valeur déclarée (et éventuellement expertisée). Mais chaque fois qu’on sort du pays la période de 2 ans est reconduite sans limitation.

La partie biosécurité était un peu plus compliquée. Normalement tous les aliments frais sont confisqués : fruits, légumes, oignons, ail, viande poisson etc. – il ne nous restait que 3 pauvres gousses d’ail et 3 oignons, mais aussi tous se qui est graines, haricots, lentilles, pois chiches…il nous restait quelques œufs, qu’il nous proposé de les cuire pour pouvoir nous prendre les coquilles. Il a inspecté le contenu de nos placards et coffres mais sans vraiment aller dans le détail. Il nous a pris toutes nos poubelles sauf les bouteilles et les boîtes de conserves vides et autres emballages. Par contre nous n’avions pas de preuve officielle de carénage récent ni de photo sous marine de la coque. Il est donc retourné à terre chercher une caméra sous marine assez sophistiquée avec la quelle il est revenu inspecter notre coque. Il l’a trouvée très propre et nous en a félicité à la suite de quoi, il nous a autorisé à affaler le pavillon jaune et à quitter le ponton de quarantaine.

En regard de ce qui indiqué sur les textes officiel cette inspection peut paraître assez légère mais tout est basé sur la déclaration officielle signé par le chef de bord/skipper (Master Declaration) s’il advenait qu’un produit alimentaire non déclaré soit trouvé à bord cela représenterai un parjure qui est ici un délit majeur. De plus nous les avons vu plusieurs fois par la suite venir avec un chien sur le ponton de quarantaine .

Entre temps la fille de la marina était venue nous faire l’article et nous proposer une place de ponton. Le prix est en fonction de la taille de la place attribuée : par exemple, Rêve à Deux mesure 12,80m mais avec le bout dehors et l’arceau arrière sa longueur hors tout est en fait 13,80. Il nous faut donc un ponton de 14 m minimum. Malheureusement il n’y en a pas toujours de disponible, un ponton de 16 ou 18 vous sera donc affecté et vous devrez payer pour 16 ou 18 mètres. Le prix reste toute fois assez raisonnable par rapport à l’Europe : 26 NZ$/jours = 16 euros /jours dans notre cas (aussi hors taxe pour nous). Il y a des douches chaudes grand luxe un grand sallon avec wifi mais aussi machines à laver, chariot très commode pour emmener le matériel ou les bagages du parking au bateau , vélos et voitures à louer, les spécialistes des bateaux sont là et attendent le clients. Par contre la marina est très loin de tout centre urbain. Il y a bien un commerce qui fait épicerie/supérette/boulangerie au bout du port. Le pain y est bon et le choix de produit alimentaire est raisonnable (surtout pour qui arrive de Polynésie J) mais il y en a peu (on peut acheter 3 oranges mais 1 kg videra le stock) et les prix sont très chers. Comme à l’arrivée les garde-mangers et autres frigos sont vides de chez vide, il faut rapidement prévoir de pousser au moins jusqu’à Pahia à 7 km ou il y a plusieurs supermarchés un peu plus grands que la supérette du port mais c’est une station balnéaire et les prix sont encore assez chers. En plus il n’y a aucun transport en commun, le taxi est à 20 NZ$ par trajet et faire les 7 km du retour en portant les courses… (Nous n’avons pas encore essayé le stop. Le mieux est de prendre une voiture (en s’arrangeant éventuellement à plusieurs) et d’aller jusqu’à  KériKéri à 20 kilomètres ou il y a plusieurs hypermarchés et de nombreux commerces.

De Minerva en Nouvelle Zélande

Mardi 22 Octobre 2019 :

Nous arrivons à North Minerva en début d’après midi. C’est un récif isolé tout seul au milieu de l’océan (en fait 2 récifs le nord et le sud mais seul le nord à une entrée praticable) à 5 milles on ne voit rien, pourtant le temps est beau à un mille on commence à apercevoir quelques brisants (pas grand chose : il y a très peu de houle), c’est tout : nous sommes à marée haute : rien ne dépasse. Il ne faut vraiment pas le manquer ce récif: sans GPS en pleine nuit par mauvais temps ou pourrait facilement se fracasser dessus sans rien comprendre. C’est un atoll presque parfaitement circulaire avec une entrée bien dégagée et protégée des vents dominants, le lagon fait environ 3 milles de diamètre et la profondeur ne dépasse pas une vingtaine de mètres au milieu mais il faut aller très prés du bord pour trouver moins de 10m . La couronne de corail à fleur d’eau à marée haute est suffisante pour casser la houle du large et offrir un abri sûr. Le lagon pourrait contenir une centaine de bateaux et pas que des petits vu les profondeurs, il y en a paraît-il souvent une bonne trentaine attendant un créneau météo favorable pour continuer sur la Nouvelle Zélande mais aujourd’hui nous ne sommes qu’une petite dizaine éparpillée sur toute la circonférence. Pas de remous à l’intérieur, la mer est plate, transparente et chaude. Super pour un petit repos de 24 heures avant d’entamer la grande traversée.

Mercredi 23 octobre 2019 :

Après une dernière analyse météo et un ultime routage s’est confirmé : pas mal de petits airs prévus mais pas de mauvais temps en vue pour au moins les 10 prochains jours, c’est exactement ce que nous voulons. En milieu de matinée, nous levons l’ancre et partons sous une brise légère. Dans la passe nous croisons les Suédois que nous avions rencontrés à Niue, ils sont en zodiac, ils reviennent de plonger sur la barrière et ramènent des langoustes pour le repas, les veinards …

Le temps se couvre et de gros grains de pluie passent devant nous. On est entre les deux récifs, C’est le moment idéal pour la pêche et à peine suis-je descendue pour me reposer dans ma couchette qu’un énorme maï maï (dorade coryphène) vient se prendre à la ligne. La bête est de taille et très nerveuse elle part à toute vitesse de chaque côté du bateau et nous dépasse jusqu’à que la ligne la rappelle à l’ordre. Domi m’appelle, et je monte en vitesse pour l’aider à remonter la bête qui est presque aussi grande que moi. A deux nous la hissons à bord et nous la découpons tout de suite pour en faire deux bocaux et mettre le reste en filets sous vide. Nous savons qu’à l’arrivée en Nouvelle Zélande les douaniers confisquent toute la nourriture fraîche, il faudra le finir avant J. On est bon pour en manger à tous les repas, cela tombe à pic, nous n’avions pas eu le temps d’acheter aucune protéines fraîches (à part des œufs) avant de partir de Vava’u. Ce petit intermède m’a bien occupé deux bonnes heures. Du coup je range la ligne,  «c’est fini pour reste de la traversée nous avons à manger pour un régiment ! » on pratique la pêche raisonnée.

Très peu de vent dans l’après-midi et de temps en temps nous devons mettre le moteur pour continuer à avancer.

 Magnifique couché de soleil, le ciel est rouge sang sur tout l’horizon. En général çà n’annonce rien de bon et effectivement vers 4 heures du matin, le vent monte. (Décalé de quelques heures par rapport au grib). On prend alors un ris et le vent monte jusqu’à 23 nœuds mais redescend presque aussitôt à plus rien, ce n’était qu’un nuage. Le phénomène se reproduit encore deux fois dans la nuit il faut être très vigilent.

couché de soleil sur minerva

Jeudi 24 octobre 2019 :

Au matin le vent s’établit finalement à 18 à 20 mais pile dans l’axe de la route. Nous sommes maintenant au près à tirer des bords avec 1 ris dans la grand voile. Par contre à chaque virement il faut changer de bord à l’hydrogénérateur (rançon d’un bateau large). La solution la plus pratique que nous ayons trouvé est de mettre le bateau à la cape quelques instants,  le temps de faire la manip. C’est beaucoup plus facile que quand le bateau avance et très sécurisant même quand le vent est fort. Cà nous fait perdre quelques minutes mais sur un bord de 6 heures c’est pratiquement négligeable (on est pas en course). A midi le vent n’a pas changé mais la houle s’est bien levée longue et puissante et la mer s’est formée avec des creux de trois mètres, pas très confortable. Le vent nous mollit au coucher du soleil.

Vendredi 25 octobre 2019 :

Après avoir passé une nuit très calme où chaqu’un notre tour nous avons pu bien nous reposer, le vent est complètement tombé la mer est devenue miroir et nous commençons cette journée au moteur.

Ça y est! Nous avons franchi le méridien 180° (l’opposé du méridien zéro, celui qui passe à Greenwich). Depuis notre départ de France, la latitude de notre position était exprimée en degrés ouest ce sera maintenant en degrés est. Nous avons dons accompli la moitié du tour de la terre J ! Depuis que nous avons quitté l’archipel des Tonga, nos instruments nous indiquent un courant contraire allant de 1 nœud à quelque fois 2 nœuds ce qui est assez fort compte tenu que nous sommes en plein pacifique et qu’en cette saison çà devrait plutôt aller dans l’autre sens. El Nino aurait-il quelque chose avoir la dedans.

Samedi 26 octobre 2019 :

La direction du vent varie sans arrêt et il n’est pas non plus stable en force. En plus la forte houle et le courant contraire nous font beaucoup dériver, ce qui fait que notre près n’est pas très bon et on gagne péniblement sur la route mille après mille. Avec mois de 100 milles gagnés vers le but en 24 heures (150 sur le fond) c’est sûr qu’on ne va pas faire de record sur cette traversée, sans doute la plus lente depuis que nous sommes partis .

Dimanche 27 octobre 2019 :

Nous apprenons la naissance de Gustave Nous sommes très content pour Chantal qui est de nouveau arrière grand-mère. Cela nous fait drôle de suivre des naissances à distance, la vie continue ailleurs et nous ne sommes pas seul au monde.

Moteur, c’est pétole de nouveau

Lundi 28 octobre 2019 :

Il fait chaud dès le levé du jour et c’est toujours pétole. Après le petit déjeuné j’en profite pour aller me baigner et regarder sous la coque si tout va bien. Toute la journée, pas de changement.

Mardi 29 octobre 2019 :

Changement de temps, il pleut ce matin, une grosse averse rince le bateau mais il n’y a toujours pas de vent. C’est à partir de 10 heures qu’Eole daigne enfin souffler. Pendant ma sieste de l’après midi, Domi s’amuse sur mer plate avec 13 nœuds de vent a 70° de la route le bateau glisse à 8/9 nœuds . Pendant mon quart je m’amuse bien aussi mais la mer commence à se former est çà devient de moins en moins confortable.

Finalement en début de nuit, le vent refuse, nous ne faisons plus route directe, et monte d’un cran, il faut prendre un ris puis enrouler le foc pour mettre la trinquette et finalement prendre le deuxième ris. Notre cap est très à l’ouest et la mer s’est beaucoup creusée.

Mercredi 30 octobre 2019 :

Nuit agitée à bord . On avait un peu perdu l’habitude de faire du près dans 25-28 nds de vent sur une mer aussi agitée. Dominique n’a pas pu dormir dans sa couchette vampire (la couchette anti roulis du carré), il y a un bruit infernal et des mouvements trop brusques, il a été contraint de se pelotonner dans la couchette arrière, sous le vent mais un peu plus tranquille. Le bateau avance bien mais il tape assez violemment à chaque fois qu’il retombe dans le creux d’une vague plus courte que les autre. La préparation de notre petit déjeuner habituel (fruits, céréales, tartines) s’avère un peu trop sportive. Heureusement j’avais profité des calmes de la veille pour cuire une grande gamelle de riz au lait et c’était une bonne idée. Avec çà on se remplis bien l’estomac et on retrouve toute son énergie.

Le midi Domi arrive tout de même à cuire de nouveau du riz normal qu’il prépare avec des calmars en boite et des graines germées. Ce fut parfait aussi.

c’est pas la bonne photo!!! ici c’est très calme

A 16 heure nous virons de bord, c’est plus confortable, le bateau tape toujours mais passe mieux la vague et surtout nous prenons de la vitesse, nous sommes à 7 nœuds au près et c’est très bien en plus on fait pratiquement route directe sur ce bord .

La nuit n’est pas très confortable, Domi au rêveil a l’impression d’avoir la machoire décrochée avec le mouvement du bateau qui fait battre la tête sur l’oreillr et entrechoque les dents mais malgré cela il dit qu’il a bien dormi. C’est beau la voile !!!

Jeudi 31 octobre :

Plus nous approchons de l’île et plus la mer s’allonge et s’aplatit, le vent adonne aussi légèrement nous sommes maintenant à 55-60° du vent toujours de 18 -20 nds. Rêve à Deux adore çà et il accélère à 8 nds. Nous sommes à 50 milles mais nous ne la voyons toujours pas. Par contre nous commençons à voir des bateaux sur l’AIS, d’abord Deux portes conteneurs puis un voilier allemand de 50’ que nous doublons (nous rencontrerons son skipper le soir au ponton – il navigue tout seul et il dormait à ce moment là). Même les oiseaux sont au rendez-vous. Ce sont surtout des pétrels. Ils font des acrobaties sur les vagues et passent à quelques cm de notre arrière.

12h 45 Terre terre ! c’est la Nouvelle Zélande ! On aperçois enfin les falaises et les montagnes au dessus de l’horizon. La côte découpée est très découpée. Nous avons hâte d’arrivée mais nous sommes toujours au près ce qui n’est pas mal en soit car la côte maintenant nous protège et le vent faibli. La mer à l’entrée de la baie des îles est tout à fait plate. On en profite pour prendre une bonne douche, shampoing, rasage pour Domi, ranger tout le bateau, mettre les pavillons de courtoisie, quarantaine et national, et se préparer un bon repas.

Il était temps, la vedette de patrouille de la douane n’est pas loin et nous appelle à la VHF pour confirmer notre arrivée. Excellente première impression, ils sont plutôt sympa à la radio et chose étonnante pour nous ils ont déjà tous nos détails grâce à « l’advance notice of arrival » que nous avions envoyé par email avant de quitter les Tonga. C’est quand même autre chose que sur les îles…Ils nous souhaitent la bienvenue en Nlle Zélande.

Nous profitons au maximum de ce petit vent pour tirer des bords jusqu’au bout mais du coup nous arrivons juste après la fermeture des bureau (16 :30) il est donc trop tard pour dédouaner se soir. Le 50 pieds allemand que nous avions doublé cette nuit est là aussi, ainsi que deux autres qui arrivent plus tard.  Nous devront attendre sur le ponton de quarantaine (ponton sans accès à terre) jusqu’au lendemain  que les douaniers et la quarantaine viennent régulariser notre entrée.

Vendredi 1 octobre :

La douane/émigration se passe très vite, nos passeports sont tamponnés et la fonctionnaire nous donne le fameux papier jaune (admission temporaire du bateau) qui nous permettra de ne pas payer la TVA pour tout le matériel dont nous pourrions avoir besoin. La quarantaine (MPI) prend un peu plus de temps : inspection sommaire de nos réserves, les quatre oignons qui nous reste sont confisqués ainsi que les haricots secs on a pu garder les œufs mais sans leur coquilles. Comme nous ne pouvons prouver la propreté de notre carène le fonctionnaire insiste pour l’inspecter avec une caméra sous marine et nous félicite pour sa propreté (merci Copper Coat). Un dernier coup de tampon et Nous sommes admis en Nouvelle Zélande et nous pouvons abaisser notre pavillon jaune (Q=quarantaine). Il est déjà midi et prenons une place à la marina toute proche avec l’aide de la fille de marina qui nous aide à décoller du ponton avec son zodiac (il y a pas mal de courant). Nous sommes en Nouvelle Zélande pour 6 mois en attendant que la période des cyclones dans la zone tropicale du Pacifique sud soit finie. En attendant nous allons en profité pour contrôler tout le bateau et lui refaire une petite santé, rentrer à Noël pour les fêtes et profiter ensuite au maximum de ce pays magnifique.

de Niue aux Tongas

Dimanche 13 octobre :

Il est 17 heures et nous partons  avant la tombée de la nuit . Nous savons que nous allons avoir du vent entre 18 et 22 nœuds , aussi nous mettons seulement deux voiles d’avant en ciseaux . Comme nous sommes plein vent arrière, que la mer ne s’est pas améliorée depuis notre arrivée sur Niue et que nous n’avons que deux nuits à passer en mer , nous la jouons cool pour arriver au petit matin sur les Tonga. Ce bon vent va nous pousser gentiment sans forcer.

Mardi 15 Octobre :

Nous approchons de l’île de Vaa’u au petit matin comme convenu , Nous avons eu jusqu‘à 32 nœuds de vent cette nuit, aussi nous sommes content d’arriver. La passe principale est à l’est du groupe d’îles. Le temps de faire le tour, il est déjà 12 heure quand nous nous amarrons au port de Neiafu au quai de la douane à couple d’un voilier français. Quant on pense que ce tout petit pays , si pauvre , a une équipe de rugby qui a failli battre la France ? Il faut avouer que les hommes ici ne sont pas des demi portions, ils ont tous des carrures impressionnantes. La traversée du pacifique en Va’a ( les petites pirogues à balanciers Polynésiennes)ne leur faisait pas peur . Le temps n’est pas terrible et reste très perturbé.

Mercredi 16 octobre : (en fait c’est le même jour)

Nous venons d’apprendre par nos voisins que nous ne sommes plus le mardi 15 mais le mercredi 16 et oui nous avons perdu un jour en arrivant sur les Tonga. La ligne de changement de jour qui ne suit pas exactement le méridien 180° passe juste à l’est de l’archipel. C’est donc ici que  commence la journée sur Terre .

Les formalités (douane, immigration, quarantaine, environnement et santé sont expédiées assez rapidement – ils ont leur bureau juste sur le quai – en fait une table sous un hangar- seul la santé fera l’effort de venir à bord le lendemain) et il nous reste du temps pour visiter le village et faire quelques courses (grand marché au fruit/légumes sous les halles)

Le soir nous prenons l’apéritif à leur bord. Jean Pierre est Caldoche et Nadine Française, ils finissent leur tour du monde commencé il y a 17 ans. Leur rythme est en principe 6 mois en France, 6 mois en Nlle Calédonie et 6 mois sur le bateau et ainsi de suite. S’arrêtant dans chaque pays pour le visiter et y laisser le bateau pour quelques mois, voire une année complète. C’est sûr que dans ses  conditions 17 ans n’est pas de trop. L’autre voisin de quai, Peter, un Néo Zélandais nous rejoint. Il vient d’acheter son cata à Tahiti et rêve de voyager vers l’Alaska la saison prochaine, pour l’instant ils sont en route pour la Nouvelle Zélande et nous invite à venir les voir.

Jeudi 17 octobre :

Nous avons de l’eau au le chantier d’à côté pour 10 dollars . Nous en profitons pour faire une grande lessive et le nettoyage du pont . C’est l’eau de la ville mais malheureusement elle n’est pas vraiment potable (trop mauvais gout et trop de calcaire), elle n’est bonne que pour la lessive et les douches. Ici les gens boivent de l’eau de pluie filtrée ; çà ne fait rien c’est de l’eau, nous en stockons dans nos seaux pour les douches et la vaisselle des jours à venir. Il nous reste encore un réservoir plein (300l) et je pense que çà devrai largement suffire pour aller jusqu ‘à la Nouvelle Zélande.

Le soir , nous invitons les Français ( les Neo Zélandais sont partis) à prendre l’apéro. (En fait de la bière locale : le Tiki une bière sur levure (pale ale) très bonne)

Vendredi 18 octobre :

Nous avons été bouffé par les moustiques cette nuit , il est temps de partir de ce quai et de retrouver l’air de la mer. Le temps de faire un saut au marché et de revenir avec une belle langouste et quelques légumes et nous sommes en route. Nous n’allons que quelque milles plus loin, dans le fond d’une grande anse séparée par des haut fonds d’un autre bras de mer, entre les îles Utungake et Mala. L’eau y est transparente et les fonds  magnifiques et très poissonneux. Pas question de pêcher pour autant , la ciguatéra n’est peut-être pas loin, et puis c’est si beau que l’on a pas envie de détruire se monde animal . Nous avons trouvé une petite zone sableuse par quatre / cinq mètres de fond ou nous avons délicatement déposé notre ancre à l’écart de coraux. Mais à quelques mètres de là voyons déjà des petites langoustes dessous des pâtés de corail entourées de millier de poissons multicolores .

Samedi et le dimanche nous voulions bouger , mais le vent souffle à 25 nœuds et nous sommes bien, à l’abri dans notre petit paradis.

Lundi , le vent s’est calmé, il y juste ce qu’il faut pour faire de la voile peinard comme on aime. Nous partons à la découverte des îles . Nous essayons deux mouillages très beaux mais les pâtés de corail sont trop nombreux et nous avons peur  que l’ancre reste accrochée où détruise les coraux. Le troisième mouillage ( plage de l’île de Vaka’eitu) est bien mais il y a plus 15 mètres de fond aussi Domi met 60 m de chaîne pour être sûr que l’ancre accroche. Par contre c’est un  peu limite pour descendre en apnée repositionner l’ancre pour qu’elle soit bien enfoncée tout en évitant les coraux. Nous nageons au dessus du récif pour aller marcher sur la plage. Il y a une petite maison mais les habitants ne sont pas là. Nous les apercevrons plus tard. Ils étaient partis en barque chercher leurs deux petites filles à l’école sur l’île voisine.

Mardi , le temps est beau au levé du jour mais devient rapidement nuageux et cela nous donne envie de faire un peu de voile et chercher un autre mouillage . Une partie de la matinée nous la passons à glisser en tirant des bords entre les îles dans une brise évanescente, un vrais régal parsemè de quelques petites averses rafraichissantes. Nous trouvons un petit mouillage sympa au sud de l’île de Tapana, juste abrité du vent du large par le petit îlot de Tu’anukulau. A la pointe de l’île il y a petite maison à demi cachée dans la forêt avec une vue superbe sur la mer. Les fonds ici sont différents, pratiquement que du sable, très peu de corail et des centaines d’énormes étoiles de mer bleues. L’eau est cristalline, les rares pâtés de corail abritent une multitude de poissons et l’on passe un temps fou à admirer un récif de quelques mètres carrés. L’après midi nous en profitons pour faire un tour en canoé et nous allons nous balader à terre. Nous ne restons pas trop longtemps dans les sous bois, comme il a plu la nuit, nous avons peur des Nonos et des moustiques : Domi à oubliè son anti moustique à bord.

Mercredi : Le vent à soufflé cette nuit, mais nous étions bien à l’abri derrière notre petit îlot. Ce matin le vent va tourner et nous ne serons plus abrité, nous devons nous déplacer. Nous n’allons pas loin. Nous contournons simplement Tapana par l’ouest et rentrons dans cette baie pratiquement fermée pour mouiller devant cette étroite langue de terre boisée qui forme l’extrême sud de Pangaimotu. L’endroit est tellement abrité que nous décidons de mettre le récupérateur d’eau le soir avant de nous coucher. Et de fait une grosse averse en début de nuit nous permet de récupérer plus de 60 litres d’eau que nous mettrons dans le réservoir au matin.

Le mouillage est très joli, il y une dizaine de bateaux  et de l’autre côté un petit resto qui fait des paellas. Plein de petites méduses flottent autour de nous, elles ne sont pas urticante et cela ne nous empêche pas d’aller nous baigner. Nous allons aussi à terre mais nous sommes très déçu, c’est une air de pique-nique qu’utilisent les locaux le week-end et c’est sale, des canettes de bière et des papiers gras jonchent le sol, dommage ça gâche un peu le paradis .

Jeudi : L’analyse des cartes météo et des gribs du matin nous laisse entrevoir un créneaux météo favorable pour la Nouvelle Zélande dimanche soir. La douane et l’immigration ne travaillent pas le weekend il nous faut donc revenir au port (Neiafu) demain vendredi pour faire la « clearance » où sortie du territoire/dédouanement. Le temps est superbe et le retour vers Neiafu se fait entièrement à la voile. On jette l’ancre à Muihouma Point histoire de piquer une tête (superbes coraux) et de déjeuner tranquille et on repart toujours à la voile. On se fait vraiment plaisir et jusque dans le bras de mer qui abrite le port nous ne mettrons pas le moteur. Nous prenons une bouée de mouillage devant le quai des loueurs de catamarans  et au soleil couchant, en savourant une bière locale à la fraîche , nous assistons au ballet des chauve-souris arboricoles géantes (giant fruit bat) qui habitent dans les grands manguiers juste au dessus sur la rive .

Vendredi : La météo n’est pas fameuse, il y a plus de 20 nœuds de vent au mouillage, 25 ou plus annoncé plus tard dans la journée. Mais il faut aller à terre faire  nos papiers, en plus le marché est là juste à côté donc on aura pas à porter. A l’aller c’est facile, le vent est avec nous, mais au retour se sera plus difficile, il faudra pagayer dur. D’abord la douane… Hum c’est une femme qui est de service à la table sous le hangar. L’affaire se corse, contrairement au colosse débonnaire qui nous avait fait l’entrée, elle à l’air très tatillonne. Le dialogue s’emmanche mal : « Où se trouve le bateau ? » « Heu… juste là bas au mouillage ». « Non, non, je ne donne pas de clearance si le bateau n’est pas là au quai devant le bureau . . . » « Mais madame,  le vent est fort et pas bien situé, mon moteur n’est pas très puissant, on va se retrouver plaqué sur au quai, peut-être même nous ne pourrons pas repartir » « veux pas le savoir ! Le règlement dit à quai ici c’est tout ! » . Domi va payer la taxe de port dans le bureau voisin et revient remplir les quatre ou cinq pages de formulaires. On revient la voir, non c’est toujours non, le bateau doit être à quai ici. Bon il faut bien se faire une raison et nous voilà repartis , on passe devant le marché et l’on s’arrête pour acheter juste ce qu’il nous faut en frais pour une dizaine de jours de traversée : bananes , papaye, oignons , ananas , concombres et deux douzaines d’œufs . Le retour en kayak comme prévu est sportif et très humide mais l’eau, ici, est chaude  cela rafraîchit à peine. Il est 10h45 quant nous sommes de retour au bateau , nous avons encore le temps pour aller faire nos papiers avant leur pose déjeuner. Le vent souffle encore plus fort que tout à l’heure, nous verrons bien . Mais le quai officiel de la douane est pris, le marin de la vedette locale où nous voulons nous mettre à couple refuse , et le plaisancier d’à côté aussi donc pas de possibilité de se mettre là .  Par contre le ferry vient de partir son quai (juste à coté) est donc disponible au moins pour quelques heures, en plus il est pratiquement dans l’axe du vent donc normalement plus facile pour en repartir. Un plaisancier américain vient nous donner un coup de main pour prendre nos aussières. Domi saute à terre et court à la douane faire les papiers. En un quart d’heure il est de retour, tout est ok, le fonctionnaire (un autre colosse débonnaire) a juste demandé ou était le bateau « Just here alongside the warf, Sir ! » et le tout était joué, les passeports tamponnés et la clearance accordée. Par contre la mauvaise nouvelle est que comme nous avons cette fameuse clearance, nous devons quitter les îles immédiatements. Heureusement que nous avions fait les courses avant…

Bon ! Nous voilà de nouveau en route mais entre le règlement et la météo le choix et vite fait. Il y a un peu trop de vent et il est dans la mauvaise direction. Il nous faut attendre samedi midi pour un temps plus clément. Nous allons donc mouiller à l’anse Morelle que l’on voulait faire quelques jours plus tôt.  et ça tombe plutôt  bien puisqu’il est parfaitement à l’abri et que la journée et la nuit risque d’être agitée. Nous retrouvons un petit bateau que nous avions vu dans un des mouillages précédents. L’après midi on va nager, le récif est très abimé mais on voit quand même des spécimens intéressant dont un Napoléon, un énorme poisson scorpion et une drôle de cigale verte. Le soir un cata de location et un autre bateau rencontré à Niue mouillent pour la nuit. Il faut avouer que le mouillage n’est pas grand mais très abrités des vents dominants. Une petite barque vient nous voir, ici c’est payant 15 dollars sur ancre et 20 sur corps mort. Le petit gars a son badge et donne un reçu si on lui demande. Nous ne lui demandons rien, on est là incognitos, pour les autorités on devrait avoir quitté le pays (par acquis de conscience Domi a désactivé l’AIS des fois qu’ils auraient une telle technologie).

Samedi 19 Octobre 2019 :

Le matin le mouillage se vide, et nous sommes de nouveau seul avec le petit bateau. Nous prenons notre temps, le vent doit tourner à notre avantage en mollissant un peu pour se stabiliser à 15 nds. Nous en profitons pour faire une dernière plongée avant le repas et départ à midi pile. Nous passons entre les îles dont les falaises basses sont percées de magnifiques grottes. Ensuite nous longeons l’archipel ainsi protégé de la houle du large pendant au moins deux bonnes heures, la mer est belle et le vent est stable à 100° de la route. Nous naviguons ainsi toute le nuit, temps vraiment idyllique au travers.

Nous avions un temps pensé faire un arrêt à Hapai mais mis à part que nous sommes maintenant des « illégals aliens » (étrangers en situation irrégulière) nous passons à la hauteur du groupe d’île en pleine nuit.

Dimanche 20 Octobre 2019 :

Il est question aussi question de s’arrêter à Tongatapu dans un mouillage extérieur pour attendre que le créneau météo ne se précise. La météo n’arrête pas de changer depuis trois jours. Nous analysons les bulletins et cartes transmises par Michel et téléchargeons un grib pour refaire un routage. Cà semble pas trop mal, rien de catastrophique, pas de vent fort, c’est plutôt le contraire, il faudra traverser de grande zones de calme au milieu de l’anti cyclone mais sur 15 jours aucune prévoit de dépression génératrice de vent fort. Il y a même un bel anticyclone sur la mer de Tasman. Ce qui vent dire qu’on ne battra pas des record de vitesse mais on n’aura pas non plus l’épée de Damoclès d’un risque de gros mauvais temps sur les derniers jours de la traversée.  Il faut en profiter pour l’instant nous avons encore du vent favorable, nous partons avec. Donc pas d’arrêt pirate à Tongatapu. Il y a un petit atoll à 260 milles sur notre route qui a l’air sympa, on verra quant nous passerons devant.

Vers 16 heure , le vent refuse, nous nous faisons plaisir en mettant le spi, ça fait longtemps qu’il n’est pas sorti de son sac ! Malheureusement deux heures plus tard le vent tombe à moins de 5 nœuds nous obligeant à rentrer le spi qui ne porte plus. C’est au moteur appuyé des voiles que nous continuons. Vers 10 heures , le vent revient t toute la nuit sous un petit temps nous glissons entre6/8 nds vent travers.

Lundi 21 Octobre 2019 :

Toute la journée le vent reste le même, nous n’avons rien à faire qu’à surveiller les rares bateaux de pêche Chinois qui traînent par ici (nous en verrons 3 sur l’écran de l’AIS) et aussi les gros cétacés , baleines sans aucun doute. Nous apercevons de temps en temps un souffle ou une gerbe d’eau ou une queue sortir de l’eau.

Soudain, devant nous l’eau change de couleur de bleu profond, elle devient brune, Domi pense tout de suite à une remontée de fond et descend en vitesse vérifier la carte et la profondeur, non ce n’est pas cela on a 4000 mètres de fond, ensuite on pense à une nappe d’hydrocarbure, mais ça n’a pas d’odeur et çà ne semble pas gras, peut-être de la cendre de volcan sous marin, c’est très léger et dans cette région du globe, ils sont nombreux. On fait alors un prélèvement et de près çà semble organique, l’on pense plutôt à de la semence de corail. On en retrouvera à l’intérieur de Minerva (l’atoll où nous allons).

De Bora Bora à Niue

dernière vue de Bora Bora

25 septembre 2019 :

Nous avons un bon vent d’une vingtaine de nœuds, les voiles sont en ciseaux, foc tangoné et grand-voile. La mer est comme d’habitude croisée avec 2m 50 de creux. Pas moyen de mettre une ligne de pêche, nous allons trop vite et avons des pointes à 10 nœuds. Nous sommes de nouveau seul sur l’océan, pas même un oiseau pour nous accompagner . On reprend nos habitudes de quart après trois mois à terre, il faut se ré-amariner. Et même pour les manœuvres, on a un peu perdu nos repères mais petit à petit tout revient, nos réflexes aussi, chacun à sa place. Le premier jour nous allons faire 172 milles en 24 heure ce qui n’est pas mal.

Le 26 septembre 2019:  le vent faiblit et nous ne ferons que 150 milles.

Le 27 septembre2019:  identique 151 milles.

Le 28 septembre2019: le vent remonte et nous allons battre notre record 182 milles. Il nous faut absolument ralentir, nous voulons arriver sur l’île de Niue le matin au levé du jour aussi nous prenons 2 ris dans la grand-voile et trinquette.

Le lundi 30 2019:

au petit matin l’île se découpe, il y a encore beaucoup de vent mais il fait jour, après avoir passé la pointe, la mer se calme et nous sommes à l’abri du vent. Nous découvrons une île superbe, grande à peu près comme Belle-île. Pas de barrière de corail cette fois-ci et donc pas de lagon ou on peut mouiller tranquille. Les fonds tombent à pic à quelques centaines de mètres du bord. Mais le yacht club local à mis des corps morts pour s ‘amarrer et c’est bien pratique et plus sûr. En plus le corail est visible juste en dessous de la coque! De superbes plongées tuba nous attendent. Discussion à la VHF avec les autorités, ils nous donnent rendez-vous à 9:30 sur le quai de débarquement pour les formalités.(ne perdons pas de temps avec les formalités…) Nous gonflons le canoé, le quai est assez loin de notre mouillage et avec le ressac l’arrivée nous semble un peu sportive. Il faut remonter les annexes sur le quai et ils ont mis à la disposition une grue, avec le canoé pas besoin, il est si léger. Les formalités se font très vite , le matin même de notre arrivée , deux équipages sont avec nous et nous en profitons pour faire connaissance. Le Yacht Club local nous invitent le soir même à venir au club boire un verre. (là non plus ne perdons pas de temps…) Nous en profitons d’être à terre pour retirer de l’argent ici ils utilisent le dollars Néo Zélandais, (Niué est un pays indépendant – probablement le plus petit du monde – 1200 habitants – démocratie parlementaire – « librement associé » à la Nouvelle Zélande) nous devrons payer le droit de douane 80$/personne, 25 $ pour les ordures et 28 $ / jours de frais de mouillage, plus bien sure ce que nous allons dépenser pour nous.

(1$NZ = 0,55€)

Le centre ville n’est qu’un petit centre commercial formé par dix boutiques en U, un restaurant indien où nous irons dés le premier soir, après la soirée au club, pour fêter notre arrivée. Deux trois magasins de nourriture, petites épiceries où l’on trouve de tout, la banque ANZ (pas de distributeur de billet sur l’île) et deux trois autres petites boutiques de vêtements, ustensiles de cuisine, d’art. Le reste de la ville est étendu tout le long de la route qui longe la mer. On trouve ici une grande école, avec un terrain de rugby, un hôpital et un super marché à l’extérieur de la ville à côté du centre administratif où nous irons payer notre dû et faire les formalités de sortie de l’île.

peinture sur tissus pour la fête national de l’île

Nous décidons de rester quelques jours ici , Les fonds sont magnifiques et nous profitons pour nager parmi des plongeurs autour du bateau. Le troisième jour (jeudi), nous nous décidons pour un tour en vélo. Le loueur n’est pas très loin et le stop marche très bien sur les îles . Le vendredi, samedi et le dimanche l’administration seront fermé aussi, nous profitons de nos vélos pour faire les formalités de départ (clearance – ici on peut la faire plusieurs jours à l’avance) et de là nous voilà parti pour un tour de île à travers la forêt . A deux heure, nous étions de l’autre côté où un petit restaurant nous attendait pour nous servir une assiette de poisson servi avec des bananes et des tacos , face à la mer d’un côté et de l’autre à un grand écran ou on peut voir Irlande /Russie (rugby) en direct.

une baignoire rien que pour moi

Nous avons fini notre ballade par la visite des grottes de l’île qui donnent sur des piscines naturelles.

Les crampes de Domi qui ont suivi la ballade en vélo lui ont rappelé qui était temps de refaire du sport….

-Samedi, nous restons tranquille à bord pour préparer notre départ et  faire un peu de couture ( modification /réparation de la portière en tissus bleu qui ferme notre véranda par temps frais) et vérifier le gréement. Je monte Domi dans le mât et dans son inspection il trouve un « gendarme » (toron cassé) sur le bas-hauban (D1) bâbord. Rien de grave mais par sécurité on le double à l’aide d’une tresse en Dyneema de 10 mm. Dimanche  on se reposera (toute activité est interdite ce jour là sur l’île) car nous voulons partir en fin d’après midi pour les Tonga.

De Raiatea a Bora Bora

Notre avion se pose à Raiatea à 10 heures le matin du 15 septembre. Domi avait demandé à la dame du chantier de nous arranger un taxi mais manifestement ils nous ont oublié. C’est pourtant un petit aéroport et c’est peut-être pour cela que les gens s’entraident et ne nous laisse pas seul sur le parvis de l’aéroport , ils viennent vers nous et téléphone à droite et à gauche , finalement le gars de location de voiture nous trouve un taxi . Une heure plus tard, nous sommes au chantier et retrouvons Rêve à Deux bien à l’abri contre le hangar. Il nous attend et il a très bien supporté l’hivernage tropical.

Nous avons de l’énergie à revendre et malgré mon mal de dos ( sciatique qui dure depuis la France) je range et remets dans les placards la nourriture stockée dans des coffres hermétiques. Pendant ce temps là, Domi s’occupe de la coque, la ponce à la main afin de raviver le cuivre de l’antifouling, enlève tous les bouchons que nous avions mis aux passe-coques pour empêcher les cafards d’entrer. L’après midi nous le consacrons au nettoyage du pont, les oiseaux y ont laissé quelques crottes mais rien de catastrophique. En général le bateau est plutôt propre pas d’insectes ni de souris (nous avions lu plein de récits qui nous faisait craindre le pire, mais avertie, j’avais tout méticuleusement nettoyé au vinaigre et emballé.).

Épuisés mais heureux d’être là nous nous couchons et nous endormons aussitôt en retrouvant notre lit douillet.

16 septembre 2019 :

A peine debout, nous nous affairons,  c’est aujourd’hui que l’on remet le bateau à l’eau. Tout a été programmé, le temps n’est pas top mais il n’y a pas de vent et pas de houle et c’est parfait. A 10 heure le tracteur est en route et tout doucement il vient nous prendre et nous descend gentillement dans l’eau. Les plongeurs sont prêt eux aussi pour mettre les cales et enlever celle qui retiennent le bateau. Tout se fait en douceur. midi, et voilà il flotte. On s’amarre le long de la digue. Quel plaisir d’être sorti de la crasse et de la boue du chantier, surtout avec cette qui pluie n’arrange rien. Ce chantier, malgré son côté cra-cra reste un bon chantier avec des professionnels très compétents et des gens vraiment super gentils.

17 septembre 2019 :

 Nous pouvons rester une journée de plus gratuitement (compris dans le forfait) pour finir de ranger, nettoyer et faire le plein d’eau . La journée est bien occupée et le soir nous ne demandons pas notre reste et profitons d’une bonne nuit de sommeil.  Domi a eu le temps d’aller faire quelques courses en ville et de passer à la gendarmerie pour demander la sortie du territoire.

18 septembre 2019 :

Depuis ce matin , le temps est au beau et nous remettons les voiles en place et à 13 heure nous sortons enfin du petit port du chantier. Nous avons qu’une hâte c’est d’aller nous réfugier à Taha, l’île juste en face qui partage le même lagon que Raiatéa, dans un mouillage tranquille ou enfin nous allons goûter au joie de la natation dans une eau claire et chaude. C’est un mouillage un peu particulier, très bien abrité mais par 35 m de fond, heureusement c’est de la bonne vase sans coraux.

19 septembre 2019 :

Même si nous sommes en repos il nous reste toujours quelques bricoles à faire. Aujourd’hui c’est le démontage et nettoyage des toilettes. Maintenant ce n’est plus toute une affaire, c’est la quatrième fois que nous faisons cela depuis notre départ des Sables et en un rien de temps c’est fait. En prévision de la réglementation draconienne chez les Kiwis (pas de rejet à moins de 3 milles de la côte), nous voulons aussi être sûr que la cuve d’eau noire fonctionne. Mais çà c’est plus compliqué, elle n’a pas souvent été utilisée et la vanne est complètement bloquée par le tartre. Il nous reste quand même encore un peu de temps pour la lecture et la baignade avant le coucher du soleil.

20 septembre 2019 :

Après un bon bain sous une petite pluie, nous rejoignons Raiatea en traversant le bras de mer qui sépare les deux îles. Nous trouvons un corps mort libre juste en face du village et pour un pack de bière, nous pouvons y rester la nuit.

Nous allons faire les courses avant de repartir et récupérer les papiers de sortie à la gendarmerie.(eh oui! ça se fait en plusieurs étapes) Nous en profitons pour aller remplir quelques jerrycans de gasoil à la station en face du mouillage. Il fait nuit quant tout est fini et je suis contente de retrouver mon lit car mon dos me fait mal. Ici les nuits sont de 12 heures , çà laisse le temps de bien récupérer.

21 septembre 2019 :

Départ pour Bora Bora . Nous sommes heureux de retrouver la mer et d’essayer les voiles ainsi que tout le matériel remonté après l’hivernage. Salut à toi Raiatea. Nous n’avons pas eu le temps de t’admirer entièrement mais l’appel du large nous tient et il nous faut repartir si nous voulons profiter des îles Tonga avant le retour des dépressions cycloniques. Peut-être reviendrons-nous un jour va savoir . . .

La passe de sortie est magique et c’est avec beaucoup d’attention que nous la laissons derrière nous .

Il n’y a qu’une trentaine de milles qui sépare les trois îles et sans nous presser, nous arrivons vers 5 heure à l’entrée de la passe de Bora Bora .

J’ai hâte de voir cette île mythique dont la beauté à été immortalisée sur tant de posters d’agence de voyage et de guide sur la Polynésie. Petit clin d’œil à mon frère Denis qui est passé ici il y a plus de trente ans.

La passe d’entrée est large et facile et à l’abri de la houle et du vent même si la mer déferle de chaque côté. Juste avant la passe deux baleines à bosses nous souhaitent la bienvenue exécutant quelques figures avec leurs queues. Mais elles sont tout de suite accaparées par plusieurs bateaux de touristes.

Les dépliants touristiques n’ont pas menti : la couleur du lagon est bien conforme au catalogue :  bleu des mers du sud , c’est comme cela que l’on dit je crois . En tous cas c’est incomparable, ON en croit pas nos yeux tellement c’est beau. L’eau est transparente et l’on peux apercevoir le corail par plus de 10 mètres de fond. Un local sur un zodiac vient à notre rencontre pour nous proposer un corps mort que l’on accepte volontiers. Se serait dommage d’abimer un si beau fond avec notre ancre. La formule est intéressante car on peut utiliser indifféremment tous les corps morts de l’île et même changer plusieurs fois par jour si le cœur nous en dit. Le prix est très abordable et la formule à la semaine revient moins cher mais nous restons que quatre jours dans ce paradis . Enfin une initiative positive en Polynésie en plus il nous explique que pour préserver la pureté de l’eau du lagon, ils font fait de gros efforts pour l’assainissement et le traitement des eaux usées.

22 septembre 2019 :

Repos ce matin et natation autour du bateau à admirer le lagon avec ses poissons multicolores. Cette après midi, nous nous déplaçons pour le village, et allons voir l’intérieur de Bora Bora. Ma fois très décevant pour le village, la route longe la mer et pour marcher nous devons suivre le bord de la route, par contre côté courses c’est super : deux grands super-marchés bien achalandés, nous trouvons de tout et complétons nos approvisionnements pour la suite de notre voyage avec ces produits introuvables ailleurs : camemberts, yaourts nature, pain grillé etc…

23 septembre 2019 :

Nous profitons du beau  temps pour faire le tour du lagon et aller mouiller derrière un motu bien abrité de l’autre côté de l’île. Cette année l’alizé est très perturbé par El Nino et reste assez fort et imprévisible en cette saison.

Le lagon est truffé de récifs coralliens. Les passes sont étroites et le courant est assez fort par endroit. Je suis à la barre et Domi, à l’avant du bateau, m’indique où passer en faisant des grands mouvements de bras de tribord à bâbord. Parfois il s’énerve quant le bateau ne répond pas assez vite à ses ordres et que les pâtés de corail semblent remonter à la surface, l’eau est tellement claire, mais je reste de marbre et je surveille moi aussi la carte ainsi que mes deux sondeurs. En début d’après midi nous arrivons au mouillage et prenons une des dernières bouées disponibles. Il y a pas mal de monde surtout des catas de location. Le vent monte et le motu étant assez loin, nous restons nager autour du bateau. Puis repos avec un bon bouquin.

24 septembre 2019 :

Nous retournons au mouillage du village dans la matinée , il nous reste encore quelques courses avant de repartir le lendemain vers Niue. Un gros paquebot et un petit trois mats sont amarrés et attendent leur touriste pour repartir le soir même. Cela fait de l’activité dans le port et nous agitons les bras pour leur dire au revoir.

25 septembre 2019 :

11 heures , tout est amarré, sanglé , prêt pour prendre la mer. Nous quittons la splendide île de Bora Bora .