Raid sur le Cap Foulwind

Jeudi 10/09/2020. Temps pluvieux et venteux prévu sur Nelson aujourd’hui. Par contre çà devrait s’éclaircir vers midi sur la côte ouest. Du coup on part vraiment de très bonne heure: il est à peine 09:00! Il faut dire qu’on a de la route/ Westport est à 230 km.

Le temps en route n’est pas merveilleux, on profite des éclaircies pour s’arrêter quelques minutes de temps en temps et admirer la rivière Buller qui coule dans une alternance de larges vallées où paissent des troupeaux et de gorges étroites aux pentes boisées. Charles Buller était le directeur de la New Zealand company dans les années 1800 c’était la société qui gérait la colonisation du pays pour la Grande Bretagne.

Vers midi nous arrivons sur la plaine cotière, prairies, marais et dunes.

On décide de pousser jusqu’au Cap Foulwind (littéralement le cap du gros temps et de fait çà souffle fort et mer est bien agitée) pour essayer de trouver un endroit agréable pour pique-niquer. Et juste quand on arrive le temps se dégage comme prévu et les gros nuages gris font place au ciel bleu. La pointe est entourée de falaise pas très élevées scultées par le vent. Juste avant d’arriver au parking il y a un petit vallon abrité qui a été aménagé par les habitants du coins pour permettre à tous locaux et touristes de pique-niquer confortablement en admirant la mer se fracassant sur les falaises.

Après s’être bien restaurer nous faisons le tour du phare à pied. La côte est vraiment inhospitalière et parsemée de dangers.

Nous continuons jusqu’à Tauranga bay (rien à voir avec la ville de l’île du nord). La houle du large vient se briser en rouleaux continuels pas très hauts mais très rapprochés en raison des faibles profondeurs qui s’étendent assez loin au large.

Une colonie de phoques à élu domicile depuis de nombreuses années sur les rochers de la pointe qui ferment la plage au nord. Un belvédère a été aménagé juste au dessus pour pouvoir les regarder sans les déranger. Pour l’instant, leur occupation principale semble être se prélasser au soleil.

On fait demi tour pour aller voir Westport. La ville (si on peut parler de ville) est assez sommaire avec une seule rue commerçante. La ville a été créé lors de la ruée vers l’or en 1861. Elle a connu sont heure de gloire grâce au charbon jusque dans les années 2000. Nous ne sommes pas sûr de ce qui la fait survivre aujourd’hui (bois, pêche, élevage, tourisme?) Le port a un petit côté sinistre et son entrée étroite entre 2 longues jetées ne doit pas être possible tous les jours. La plage est comme toujours sur la côte ouest, jonchée de troncs d’arbres.

Mais on habite pas là (heureusement d’ailleurs il doit falloir être né ici pour supporter), une longue route nous attend. A la sortie de la ville il y un auto stoppeur sac au dos. Allez on le prend. Çà tombe bien il va à Nelson. C’est Andy un randonneur, il vient de faire le Paparoa great walk, 4 jours de marche seul dans la montagne et il a raté le bus pour rentrer à Nelson. En fait il s’appelle Andreas et il et né à Bern en suisse mais il a émigré en Nouvelle Zélande il y a une vingtaine d’année et obtenu la nationalité Kiwi depuis. Il est boulanger pâtissier de métier mais il n’aime pas la façon dont il font le pain ici: plutôt de le faire lever naturellement il préfèrent utiliser des agents gonflants chimiques. Du coup il travaille dans un chantier de construction nautique. Il est 20:30 et il fait nuit noir quand on le dépose chez lui à 2 pas de la marina.

Çà marche à Abel Tasman

Mercredi 9/9/2020. Hier et avant hier nous avons passés beaucoup de temps en voiture. Aujourd’hui on va essayer de rouler moins et de marcher plus.

Départ à nouveau dés potron minet (sur le coup de 9:30 comme d’hab :)) cette-fois ci en direction de l’autre côté de la baie. Hésitation: s’arrête t’on à Rabbit Island? Non on verra si on a le temps au retour, pour l’heure on pousse jusqu’à Marahau pour pénétrer dans le fameux parc naturel Abel Tasman du nom du marin et explorateur néerlandais qui fut le premier Européen à repérer la côte nord ouest de de l’île du Sud en 1642 sans toutefois s’y arrêter. Pour la petite histoire il pensait à l’époque que cette terre était peut-être reliée à l’île des États (extrême sud de l’Argentine) découverte par son concitoyen Jacob Le Maire 26 ans plus tôt

Il fait aujourd’hui encore un temps superbe, on est vraiment gâtés. Marahau est situé dans une très jolie baie peu profonde découvrant à marée basse très justement nommée Sandy Bay. La piste qui pénètre dans le parc commence par une longue passerelle en planche qui permet de passer en toute tranquillité à travers les marais du fond de la baie tout en observant la faune comme ce héron à face blanche. Le sentier qui longe la côte est un vrai rêve pour les marcheur de tous les ages. D’abord la vue est superbe (non on est pas encore blasés par les vues superbes et le paysages grandioses, loin de là) et le chemin est parfaitement entretenu sans passage difficile ni montée ou descente trop raide. Il y a beaucoup d’oiseau dont les inévitables wekas et pukekos mais aussi des cailles de Californie avec leur drôle de plume sur la tête. Il y a un bateau à l’ancre près de l’île Adèle. L’endroit à l’air sympa, il faudra qu’on y passe avant d’aller explorer les sounds.

Mais il est déjà 14:00 et nous sommes à peine à mi-chemin d’Anchorage Bay. On avait hésité à prendre le casse-croûte dans le sac à dos. Il est déjà plus de 14:00 on ne sera pas à la voiture avant 16:00 il est temps de faire demi-tour et nos estomacs crient famine. Picnic au bord du marais : c’est plutôt l’heure du goûter mais çà fait du bien. On repart par Kaiteriteri. Petit détour par le producteur de fruits à Riwaka pour acheter des kiwis et de pommes délicieuses.

Il est déjà 17:15 quand on arrive à Rabbit Island. Là un panneau indique que le parc ferme à 18:00… On ne regrette pas trop. Certes, la plage immense est absolument magnifique mais l’île elle-même est une exploitation forestière un peu sinistre avec ses étendues de conifères plantés au cordeau.

Excursion chez la reine Charlotte

Queen Charlotte Sound le plus à l’est des Marlborough Sounds a été nommé ainsi par James Cook en l’honneur de l’épouse du Roi d’Angleterre Georges III. Sound est le terme anglais pour désigner les rias. Se sont des vallées profondes creusées par des cours d’eau qui ont ensuite été envahies par la mer. Leur origine géologique est donc la même que celle de nos abers. C’est donc une origine très différente des fjords qui ont eux été creusé par des glaciers.

Départ matinal (pour nous c’est 9:30 vive la retraite:) à nouveau par la SH6 jusqu’à Havelock. Malgré ses prétentions historiques, Havelock ne présente pas grand intérêt. C’est la capitale de la moule verte. Il y un grand port de plaisance mais l’accès n’est pas des plus simple en raison des faibles profondeurs de la baie. De là on quitte la route nationale (SH = State Highway) pour s’engager sur la Queen Charlotte road qui suit la rive escarpée du sound éponyme. Ici aussi on en prend plein les yeux. Question panoramas grandioses on va devenir très difficile, à ce niveau là c’est même plutôt pourris gâtés :)). Picnic sur la jetée à Groves Arm.

Anne en profite pour soutirer un maximum d’info au pêcheur de snapper (sorte de daurade grise) du coin. Son secret : ses leurres sentent l’ail, il les fait macérer toute la nuit dans de l’huile avec de l’ail écrasée il paraît que çà attire le poisson. Tout au long de la route arrêts fréquents pour admirer ici encore une autre crique, là encore une autre vue du sound. On arrive à Picton.

C’est l’entrée obligée de l’île du sud pour tout le trafic routier (et ferroviaire) en provenance de l’île du nord. Du coup la partie nord du sound est très fréquentée par les ferrys. Petite pose chez le shipchandler de l’immense marina de Waikawa pour fouiner un peu et voir ce qu’il propose (c’est toujours plus intéressant que les immenses magasin Burnsco qui proposent partout la même chose et finalement pas grand choix). On continue par Port Underwood road.

C’est une toute petite route qui traverse la péninsule qui délimite le sound à l’est par le col de Rahotia et se transforme en piste de terre en suivant la côte escarpée le long l’océan Pacifique jusqu’à Rarangi en passant par la baie de Robin de Bois. À part 2 4X4 de forestiers on ne verra personne sur cette piste. A Rarangi, c’est le début de la plaine de Marlborough célèbre pour ses vins. Et de fait à perte de vue ce ne sont que vignes. Les cépages principaux ici sont le Pinot Noir et le sauvignon blanc (même si le Cabernet le Merlot et le Chardonnay sont aussi bien représentés). Nous reconnaissons au passage les noms de quelques producteurs. Mais pas de tournée de dégustation pour nous aujourd’hui. Vu l’heure ils sont certainement tous fermés et de toute façon nous avons encore 130km à faire pour rentrer au bateau avec plusieurs passage difficiles…

French Pass: reconnaissance terrestre


Lundi 7/9/2020, le temps s’annonce très beau pour la semaine, idéal pour une nouvelle escapade. La société de location nous fait une offre irrésistible du coup, nous prenons la voiture pour quatre jours. But de la première randonnée aller voir la fameuse French Pass qui permet d’entrer dans le Pelorus Sound sans contourner l’île D’Urville (du nom du marin Français qui à découvert la région) ni emprunter le détroit de Cook.

Pour y accéder, après une trentaine de km sur la SH6 qui relie Nelson à Blenheim, nous empruntons sur une petite route sinueuse et escarpée qui se faufile sur les crêtes entre la baie de Tasman et les criques profondes du Pelorus Sound jusqu’au passage étroit qui sépare cette péninsule de l’île d’Urville. Le courant dans la passe est très fort et soulève des remous assez impressionnants, celle-ci il faudra bien la négocier si on veut y passer avec Rêve à Deux: ce sera à l’étale et par beau temps 🙂 .

Toute la péninsule est un parc national et le paysage est grandiose . D’un côté la forêt primaire recouvre une partie de la montagne et de l’autre ce sont d’immenses prairies où paissent des milliers de moutons .

Picnic le midi sur la plage de Elmslie Bay., c’est de là que part le bac pour d’Urville (pour 4×4 et quad seulement…).

La ballade sur la pointe et jusqu’au pied de la passe nous permet d’observer un couple de Weka (oiseau endémique assez répandu qui ne vole pas) et ses poussins tout noirs. Nous sommes au tout début du printemps dans l’île du Sud, il y a un décalage de trois semaines avec l’île du Nord dû certainement à la température moins élevé. La végétation se réveille et il y a déjà beaucoup de fleurs et surtout, comme nous sommes au début de l’agnelage: il y a de tout petits agneaux qui gambadent partout, ils sont trop mignons. Avant de rentrer dormir au bateau, petit détour par une crique protégée ou l’on trouvera des moules magnifiques qui feront notre régal au souper.

Golden Bay

Dimanche matin (30/08/2020) il fait un temps splendide, ciel bleu magnifique sans un nuage, air sec mais assez frais. Le but de l’excursion d’aujourd’hui est de remonter jusqu’à Golden Bay. Nous partons vers 9:30 bien équipés pour le froid et la marche et avec un bon picnic dans la glacière.

Première étape : Motorua, petite station balnéaire et embarcadère pour Rabbit Island. Beaucoup de monde aux terrasses pour profiter de ce temps superbe. Il y a quelques bateaux sur corps morts dans le chenal où règne un fort courant.

Deuxième étape Motueka petit port de pêche et de plaisance à l’intérieur de la lagune. C’est un port d’échouage qui n’est pas sans rappeler certains endroits du bassin d’Arcachon.

Le prochain arrêt est à la sortie de Riwaka pour acheter des pommes et de kiwis chez le producteur.

De là on attaque Abel Tasman (pas l’homme, la route qui traverse le parc qui porte son nom;)). Çà grimpe dure, la route ayant été partiellement détruite par des glissements de terrain est en travaux. Arrivé sur les hauts, la route surplombe le Parc proprement dit et la baie du même nom. De l’autre côté on voit les sommets enneigés du Parc de Kahurangi. Ces 2 parcs constituent un domaine immense avec des possibilités de rando pour des semaines. On se contentera d’un petit tour jusqu’à un point de vue d’où on surplombe toute la région, grandiose !

La route descend ensuite en lacets serrés vers les verts pâturages de la vallée de Takaka. On atteint Golden Bay juste après Collingwood. Golden Bay : la baie dorée, on ne voyait pas çà du tout comme çà. Il y a bien des plages mais la mer est basse et découvre le sable et la vase sur de très grandes étendues parsemées de marres, c’est très beau. Par contre la côte semble bordée de fermes de coquillages ou de poissons difficile à dire à cette distance. Tout le fond de la baie semble très peu profond. On voit qu’au large il doit y avoir du vent mais ici à l’abri de la côte il fait bon et calme.

On arrive au bout de la route, à droite c’est le Farewell Spit, cette très longue langue de sable qui ferme la baie sur une quinzaine de milles. C’est aussi un parc naturel. Tout droit, la piste gravillonnée conduit au cap Farewell. La piste serpente entre des collines verdoyantes très vallonnées ou paissent de nombreux moutons. Rien dans ce paysage paisible ne nous prépare à ce que nous allons découvrir à part peut-être les quelques arbres qui il faut bien le dire ont des formes très tourmentées. On gare la voiture et on se rend compte qu’il y a pas mal de vent et qu’il est froid mais on a ce qu’il faut pour s’habiller. On monte à pied jusqu’au belvédère. Et là, c’est à couper le souffle au propre comme au figuré. Le vent de sud ouest souffle à plus de 40 nœuds nous remplis les poumons et nous découvrons la vue vertigineuse sur le cap Farewell et sa fameuse arche. On marche quelques centaines de mètre le long de la falaise (pas trop près tout de même, avec ce vent soyons prudents) pour apercevoir la fin des falaises et le début du cordon de dunes où viennent se briser les longs rouleaux formés par la houle du large. Le retour face au vent est plus difficile mais le terrain et facile, parfaitement tondu par tous ces moutons(une vrais moquette). Il y a de nombreux agneaux qui ne doivent pas avoir plus de quelques jours, ils sont trop mignons.

On revient à la voiture enthousiasmés par le spectacle dantesque que nous venons de voir. L’après midi est déjà très avancée et on a 3 heures de route pour rentrer mais au moment de tourner pour reprendre la piste on voit une pancarte : Wharaki beach 1km. Allons-y on a encore le temps.

Au parking les panneaux indique la plage à 30’ à pied par le sentier qui serpente (encore:)) entre les collines à moutons. On tombe d’abord sur une sorte de lagune ou de petit estuaire fermée par de hautes dunes. On traverse les dunes et le vent chargé de sable nous assaille. Il est très fort sans doute près de 50 nds. Il s’accélère entre les îlots et les falaises qui bordent la plage. Heureusement il n’y a pas beaucoup de sable sec et il ne vole donc pas trop haut et ne gâche pas la vue grandiose. Il la rehausse même en créant des arabesques au niveau du sol. L’endroit est vraiment sauvage et beau. A l’entrèe d’une grotte, un phoque apparemment blessé se réchauffe au soleil tandis que devant l’îlot tout un groupe joue dans une marre on aperçoit même deux grands mâles qui se battent. La mer du large vient briser sur la plage en vagues gigantesques et écumantes, on comprend pourquoi la pancarte disait plage dangereuse baignade interdite. Surtout qu’au vu de la végétation torturée des collines avoisinantes il est clair que le vent que nous avons aujourd’hui n’est pas du tout exceptionnel. Du coup le soir tombe déjà quand nous reprenons la route mais ce n’est pas grave, on a des images inoubliables plein la tête.

Les lacs du conté de Nelson

Samedi 29/08/2020. Raz le bol d’attendre qu’on vienne enlever la survie pour sa révision. Pratiquement tous les petits travaux d’entretien courant du bateau sont faits: assurer les axes des chariots guindant de grand voiles, raccourcir la chaussette du spi lourd, démonter le câble anti-torsion et remettre le spi en chaussette (voir l’article Le Cap Reinga by night). Il nous faut un break! C’est décidé on va aller jouer les touristes dans la région et pour çà il nous faut une voiture. Ils en ont de dispo mais il faut aller à l’aéroport. 7 km en trottinette c’est rien pour nous. En plus la route la plus courte longe le bord de mer c’est plutôt agréable, on s’offre même un détour par la piste cyclable qui longe la lagune de Tāhunanui, la mer est basse mais c’est très joli.

Il est déjà presque onze heures quand on prend la voiture. On décide d’aller sur St Arnaud pour aller voir les lacs. La route emprunte une vallée ou alternent forêt de sapin plantés au cordeau et pentes ravinées à cause des coupes claires pratiquée par les exploitants. Le bois est une ressource essentielle pour la Nouvelle Zélande et les exploitations forestières replantent systématiquement après chaque coupe mais je ne suis pas sûr que les dommages causés au sol par le ravinement après les coupes claires et la destruction des espèces d’arbres indigène par les résineux importés soit un bien pour le pays. Mais on entre bientôt dans le parc national ou la forêt primaire est protégée et le paysage devient d’un seul coup beaucoup plus harmonieux et agréable à regarder.

Mais çà fait plus d’une heure qu’on roule et la faim commence à poindre au fond de nos estomacs. Tiens un hôtel historique sur la gauche (historique ici veut simplement dire qu’il existait déjà au vingtième siècle). En fait c’est une petite maison à flanc de colline qui loue quelques chambres et fait restaurant et elle est vraiment historique puisqu’elle a été construite en 1870:). Sébastien, le chef Polonais, nous explique son menu pendant que le propriétaire des lieux (un vrai Kiwi lui!) nous allume un bon feu dans la cheminée – on apprécie, il ne fait que 10°C et c’est la seule chose qu’on ne peut pas avoir à bord. On se régale et on repart pour St Arnaud (oui on est bien en Nouvelle Zélande) pour voir le lac Rotoiti.

La vue sur le lac entourée de sommets enneigés est magnifique. Sous un petit appontement il y a des anguilles énormes, les plus grosses font parait-il dans les 20 kg est ont 95 ans… Autour, il y a des mouettes d’une espèce particulière assez rare, elles ont le bec noir. Après le Rotoiti on reprend la route pour le lac Rotoroa. En cette fin d’après-midi hivernale, le soleil qui perce entre les nuages sombres rend la vue encore pus grandiose. Il y a des ballades fantastiques tout au tour de ces lacs mais il commence à se faire tard et nous n’avions pas prévu de vêtements assez chaud pour une rando en montagne par cette température hivernale (9°C plus le vent). Il fait bien nuit quand nous rentrons au bateau la tête pleine de paysages sublimes. On remet çà demain mais dans une autre direction…

Patience et Survie

Les radeaux de survie à gonflage automatique, éléments essentiels de sécurité pour nos bateaux, doivent subir des révisions obligatoires périodiques. En France c’est assez simple, vous confiez votre radeau au shipchandler du coin qui s’occupe de le faire parvenir à l’atelier d’entretient agréé par le fabriquant et vous le récupérez une quinzaine de jour plus tard. En nouvelle Zélande la réglementation est différente et le radeau n’est pas obligatoire pour la grande majorité des bateau de plaisance. Les magasins d’accastillage ne proposent donc pas ce genre de service. Pour le notre, cette révision devait être faite ce mois-ci et étant à Nelson ou il y a la succursale d’une société spécialisée nous nous étions persuadés que çà allait être facile. Sauf que… Securitec, la société en question a fermé son agence de Nelson il y a quelques semaines. Leur propre site web n’est pas encore à jour, et les gens du coin ne sont pas encore au courant. Securitec à centralisé tous ses services pour l’île du sud à Christchurch. On les contacte le 20/08, le commercial qui s’occupe de la plaisance va vous rappeler pour arranger la révision. Lundi 24/8 Domi réussi à obtenir le n° du commercial et le rappelle. Il demande de lui envoyer une photo de l’étiquette avec toutes les références du radeau. Pas de problème, nous dit-il, des la réception de la photo, oui, nous sommes agréés pour réviser votre radeau, voici notre adresse, envoyez nous le radeau on vous le retourne révisé d’ici 2 ou 3 semaines. On contacte donc un transporteur qui nous répond que les radeaux de survie sont classés marchandise dangereuse à cause de la bouteille de gaz carbonique comprimé qui sert au gonflage. Il faut donc avoir les étiquettes de danger et les fiches de sécurités adéquates. On rappelle Securitec qui nous envoie les fameuses étiquettes et fiches et arrange le transport. Les étiquettes arrivent mercredi soir par la poste. Le transporteur doit faire l’enlèvement jeudi mais les mauvais documents lui ont été envoyés, comme on a finalement reçu les bons documents par email, il confirme qu’il passera le lendemain vendredi. Vendredi, après avoir attendu toute la journée et plusieurs appels, on s’entend finalement dire que le chauffeur n’a pas pu inclure le port dans sa tournée de la journée et que l’enlèvement est reporté à lundi…

Lundi matin toujours rien. Le transporteur ne peut pas nous dire quand le chauffeur passera, on attend…finalement à 11:45 coup de fil du chauffeur et à 11:50 le colis est embarqué. Quand le reverra-t-on ? Çà c’est une autre histoire.

A suivre…

Mardi après midi coup de téléphone, c’est le responsable technique de Survitec qui nous annonce qu’il a bien reçu notre radeau mais qu’il ne pourra pas le réviser, personne en Nouvelle Zélande n’est homologué pour les radeaux de cette marque et les pièces nécessaires ne sont pas disponibles dans le pays.Le commercial doit nous rapeler demain pour nous proposer une solution…

Encore à suivre…

Mercredi matin, Domi rapelle le commercial. Il n’y a pas de solution technique pour réviser le radeau en Nouvelle Zélande, sur la photo de l’étiquette il avait confondu avec une autre marque. Il va nous renvoyer notre radeau et de mander à son bureau d’Auckland de nous faire une proposition pour un nouveau.

Toujours à suivre…

Le radeau, le retour…

Jeudi 03/09/2020 le radeau non révisé est revenu cet après-midi on a aussi reçu une proposition pour un neuf (ISO9650 >24H) le prix est bien placé et les dimensions collent à peu près mais il n’est pas du tout clair qu’il puisse être révisé partout. Ou plutôt il est clair qu’il ne peut pas être révisé dans beaucoup de pays… donc on hésite. A celà s’ajoute l’incertitude sur notre programme de navigation dans les prochains mois: rester ici jusqu’à la prochaine saison (mai 2021), continuer sur l’Australie en Décembre si elle s’ouvre comme prévu ou rentrer en Europe via le Chili à partir de fin octobre… Pas facile de prendre une décision.

Découverte de Nelson

Depuis une semaine que nous sommes à Nelson nous parcourons la ville en trottinette et elle s’y prête bien .La marina se trouve à 10 minutes du centre ville et un chemin d’accès pour les piétons et les vélos a été aménagé avec un magnifique parc et un chemin qui longe la rivière bordée de magnolias croulants sous leurs fleurs roses: c’est bientôt le printemps. Le chemin longe la rivière Maitai jusqu’au parc de Branford et continue même plus loin dans la vallée.

De là, trottinettes sur l’épaule nous montons jusqu’au « centre de la Nouvelle Zélande » (c’est un petit monument très populaire au sommet d’une des collines qui entoure la ville). De là nous sommes gratifiés d’une fantastique vue plongeante et panoramique sur la ville de Nelson et toute la baie de Tasman. Nous longeons le coteaux sur quelque km et redescendons à travers la forêt d’eucalyptus pour rejoindre la route côtière qui vient de Picton et Blenheim.

Nous finissons cette magnifique journée par la visite du Founders’ Heritage Park qui reconstitue le village de Nelson tel qu’il était entre l’arrivée des premiers colons (1850) et la deuxième guerre mondiale.

Une autre journée est consacrée à une grande promenade le long de mer au sud du port qui nous permet de voir à quoi ressemble l’entrée du chenal que l’on avait franchi de nuit lorsque nous sommes arrivés avec Rêve à deux. Évidemment nous ne pouvons pas éviter d’aller voir la cathédrale et son parc fleuri surplombant la ville et sa rue bordée de petites maisons typiques en contre bas .

Mardi matin, Marion, Dave et leur fille Karen (une famille de Nelson avec qui ma soeur Sophie s’était liée d’amitié lors de son passage ici en 2004) viennent prendre le café à bord de Rêve à Deux et nous passons la matinée à raconter notre voyage .

Mont Taranaki et Baie de Tasman.

On vous à laissés dimanche après-midi (16/08/2020) en pleine mer de Tasman. On vous rassure : depuis nous sommes bien arrivés à bon port dans la nuit de lundi à mardi.

Le cône du Taranaki se découpe sur l’horizon

La première partie de la traversée depuis Whangaroa c’était très bien passé comme vous avez pu le lire. Mais cette deuxième partie est à classer dans la catégorie des navigations de rêve. Nous avons passé une grande partie de la journée de dimanche au moteur dans des vent d’ENE très faibles (5 à 6 nds) mais étant à 100° du vent réel nous avons pu garder les voiles et la mer étant plate bien avancer en ne dépassant pas les 1200 tours au moteur. Nous avons déviés un peu de notre route vers l’ouest pour contourner une zone de calme et aller chercher le vent qui devrait se lever en fin de journée. A 18 heures le vent et bien là pas très régulier au début mais suffisant pour couper le moteur. Vers 21:00 il est tout à fait établi à 12 nds vent de travers ce qui nous permet de glisser sans effort sur cette mer toujours plate à 7-8 nœuds. La nuit est parfaitement claire et nos quarts se succèdent sous la voûte étoilée… en fait on la voie juste de temps en temps, quand on sort le bout du nez de notre véranda douillette pour peaufiner le réglage de l’écoute de foc et faire avancer le bateau au maximum, parce que cette nuit sèche et claire est plutôt fraîche.

Vers 6:00 le jour commence à poindre, le soleil rougi l’horizon à l’est. Quelque chose se découpe en ombre chinoise dans la bande lumineuse entre la mer et les nuages. Pas de doute, c’est une montagne. Relèvement pris c’est bien le mont Taranaki, c’est un stratovolcan actif. Il appartient à la même famille de volcan que le mont Fuji et l’Etna bien qu’il soit moins haut (2518 m contre 3776 et 3350 m respectivement), il n’en n’est pas moins impressionnant vu d’ici. Au fur et à mesure que le soleil se lève le ciel à l’arrière plan passe progressivement de ce rouge orange foncé au jaune puis au bleu pale et la vision s’estompe dans la brume du petit matin. Mais comme la matinée s’avance et le ciel devient un bleu parfaitement limpide sur toute la voute à 360°, le Taranaki ré-aparait seul sur l’horizon et on peut distinguer son sommet enneigé.

Le vent à molli un peu (10 nds) mais comme la mer reste plate on continue à plus de 6 nds sur la route. Le Taranaki n’a pas encore disparu derrière nous que nous commençons à distinguer les sommets de la pointe nord ouest de l’île du sud (probablement le Mont Owen et les sommets du parc national de Kahurangi). Plus tard dans l’après midi on aperçoit à l’est l’île D’Urville du nom de l’explorateur français Dumont D’Urville qui fut le premier européen à découvrir et cartographier cette partie de la nouvelle Zélande en 1826 sur son navire l’Astrolabe (n’en déplaise à Messieurs Cook et Tasman cocorico!). Les conditions sont toujours estivales et nous continuons de glisser sur une mer parfaitement plate. Vers 18:30 heures, juste avant la tombée de la nuit nous sommes à 5 miles par le travers de la pointe de Bush End qui marque la fin de Farewell Spit le grand banc de sable fermant la Golden Bay et l’entrée dans la baie de Tasman proprement dite. On croise 2 chalutiers en pêche sur la pointe. Le temps est parfaitement clair, la lumière encore bonne et la mer comme un lac mais on ne vois rien ! Le banc de sable qui s’étant sur plus de 15 milles est parfaitement invisible. Pourtant on voit parfaitement les hauteurs de la côte au nord de Collingwood. Il est sans doute plus facile à identifier quand la mer est plus forte et déferle dessus. Nous n’arriverons même pas à identifier la balise qui marque la fin du banc avant que la nuit tombe tout à fait. C’est quand même bien le GPS:). On a l’impression d’être arrivé et poutant il reste encore pratiquement 40 milles, elle est immense cette baie de Tasman.

Vers 22:00h le vent qui avait déjà bien faibli nous lâche complètement, moteur  pour terminer! on commence à voir les lumières de Nelson. La nuit est très claire mais il fait froid (9 – 10°C) La marèe basse est à 02:55 ce matin (18/08/2020). A 03:30 que nous embouquons le chenal d’entrée de la lagune qui abrite le port de Nelson, juste au début de la marée montante et le courant favorable mais encore faible : encore une fois un timing parfait dit Domi  (il va finir par avoir les chevilles qui enflent!).

Il n’y a pas de vent ni de courant dans le bassin la marina. A 04:30 nous sommes amarrés au ponton de la marina tout est calme. On prend tout de même le temps d’appeler ma sœur Sophie sur Whatsapp. Elle est avec Mamie à la maison de retraite. Çà tombe bien, comme on avait raté le rendez-vous Skype du lundi matin on peut la rassurer et aller nous coucher avant que le jour se lève. Pas de bruit d’autoroute, ni d’avion, ni de train, pas de bruit non plus du côté du port commercial (pas de containers qui tombent ni de machine qui tourne), ici tout est calme et silencieux.

Dans la matinée nous passons au bureau de la marina. Aucune formalités puisque nous avions envoyé le formulaire et la copie de l’assurance par mail juste avant de partir de Whangaroa. Le responsable prend le temps de nous montrer les installations et de nous expliquer le fonctionnement. Dans la journée, nous allons faire un tour en ville pour dégourdir les roues des trottinettes. C’est à à peine 10’ par la piste cyclable le long de la rivière. La ville semble très agréable avec un vrai centre ville et des rues commerçantes animées et la nature tout au tour. Cerise sur le gâteau il y a un grand super marché Count Down à 500 m de la marina. Çà va nous changer des expéditions courses de Tauranga…

Le Cap Reinga by night

(ré-édité avec photos)

IMG_3662Le cap Reinga de nuit??? Quelle idée, c’est ci-beau de jour. D’accord mais là on est pas la pour jouer les touristes et visiter le phare. On contourne la pointe nord de l’île du nord pour passer en mer de Tasman et essayer de descendre jusqu’à Nelson au nord de l’île du sud. Çà fait déjà un moment que çà nous titillait mais le problème en hiver c’est que les fronts passent si vite et si souvent. qu’il est difficile de trouver un créneau assez long pour se glisser entre deux. Mais ce matin (vendredi 14/08/2020) en regardant les gribs on a cru apercevoir une telle possibilité. On a donc dit au revoir à nos amis de Folligou qui trouvent le créneau un peu trop risqué (il y a une grosse perturbation en formation sur les côtes Australiennes et qui devrait toucher la côte Kiwi mardi) et préfèrent profiter encore quelques jours des magnifiques mouillages de la baie de Whangaroa. Au revoir les amis on a passé de bons moments ensembles!
Le temps de vérifier les routages, de reserver une place à la marina de Nelson et de dégonfler l’annexe il est déjà treize heures quand nous sortons de la baie. Il n’y a pratiquement pas de vent et c’est au moteur que nous faisons les premiers milles. Le vent se lève vers 15:30, nous essayons d’établir le spi asymétrique que nous avions remonté sur l’emmagasineur il y a quelques jours mais toujours le même problème: le milieu de la voile est trop large, prend dans le vent et se deroule en nous fait un beau coquetier. On arrive tout de même à l’affaler mais il était temps, entre temps le vent était monté à plus de 20 nds et nous propulse à bonne allure vers la pointe. Nous prenons un ris puis deux. Nous aurons le droit à un superbe coucher de soleil sur la baie de la Great Exhibition avec les falaises d’Urville se détachant sur l’horizon. (on mettra les photos dés qu’on aura du réseau ) Nous allons empanner très au large de la côte pour éviter le plus fort du courant et les remous associés. Il est 23:50 quand nous arrivons devant le cap Reinga. Il pleut mais il fait doux, surtout sous la véranda. C’est tout juste l’heure de la renverse ce qui nous permet de le passer avec le courant sans rouleaux ni remous.

Çà y est nous sommes en mer se Tasman. Pour l’instant nous déboulons toujours à 7 – 8 noeuds au reaching. En fin de nuit, le ciel se dégage et la lune apparait, croissant brillant sur l’horizon. Au matin nous sommes récompensés par un ciel bleu limpide. Le vent molli un peu et nous larguons les ris. A midi, nous croisons un voilier qui remonte vers le nord. Nous avons parcouru 156 milles depuis Whangaroa, pas énorme mais c’est toujours çà de pris. Les gribs nous prévoient beaucoup moins de vent pour demain. Toute la journée on continue à glisser vent de travers. Il fait tellement beau qu’on en profite pour prendre la douche dans le cockpit. Nous sommes tout les deux tellement heureux d’être en pleine mer loin des côtes, c’est difficile à expliquer mais on s’y sent vraiment bien. Toute la journée nous admirons les grands albatros et les petrels qui tourne autour du bateau. Avant la nuit, nous sommes dépassés par une grande bande de dauphins fonçants vers le sud. Chasse ou migration on ne sait pas mais ils avait l’air très pressés. Quelques individus prendrons tout de même le temps de nous gratifier de quelques cabrioles.

Comme prévu le vent tombe dans la nuit et nous devons faire appel au moteur pour continuer à avancer. En effet les dernières prévisions confirment bien que le front se rapproche. Il faut vraiment arriver au plus tard mardi soir pour éviter le mauvais temps. Au matin (dimanche 16/08) on s’écarte un peu de la route directe que nous suivions jusqu’ici pour aller un peu plus à l’ouest dans l’espoir de trouver un peu de vent ce soir comme nous l’indique tous les routages. On à fait un peu plus de la moitié du chemin mais il nous reste encore 226 milles à parcourir jusqu’à l’entrée du chenal de Nelson A suivre…
Rêve à deux S37º28,7´E172º38,7´