Lîle du sud en campervan 3: la foret primaire du Fjorland

Après une bonne nuit presque seuls à l’immense camping DOC de Cascades Creek, nous allons voir les chutes qui descendent du lac Marian

Ici l’appellation anglaise « rain forest » (mot à mot forêt pluviale on dit forêt vierge ou forêt primaire). Nous sommes dans la région ou il pleut le plus au monde: plus de 200 jours et une moyenne de 7 m d’eau par an (on a une chance inouïe: il fait beau). Les arbres poussent les uns sur les autres et pourrissent en même temps se recouvrant de mousses, fougères et tout un écosystème de plantes parasites.

Le torrent descend directement du lac Marian, c’est un lac de glacier. Inutile de vous dire que l’eau est fraîche et limpide.

Puis nous poussons sur la route de la vallée d’Hollyford qui desservait les plus belles pistes de randonnée du parc. L’année dernière à la même époque, elle a été complètement détruite (ainsi que plusieurs tronçons de la route principale) par les glissements de terrain provoqués par des pluies diluviennes: 1,60 m en 24 heures = prés de 2 fois la quantité qu’il tombe en une année complète chez nous en Touraine… La route principale a été rouverte depuis peu (mais même là les travaux ne sont pas finis). La route d’Hollyford quant à elle n’a pour encore été dégagée que sur un dizaine de km et le camping D’hollyford, traversé par une coulée ne rouvrira peut-être jamais.

L’étape Milfordienne de notre périple s’achève par un plongeon dans les eaux cristallines du lac Gunn

Pour ceux d’entre vous qui nous lise depuis la France ou l’Europe, 45° sud, finalement, c’est juste en dessous de vos pieds:

L’île du Sud en campervan 2: sur la route de Milford Sound

Passé Te Anau (un peu trop vite: attention au radar) nous entrons dans cette grande vallée qui mène au Milford Sound. Nuit dans un camping pour nous tout seul au bord de la rivière

Passé le « Divide », le paysage devient plus sauvage et plus « haute montagne »

Milford Sound: le nom donné par Cook et les premiers explorateurs est resté mais ce n’est pas du tout un sound (ria ou aber en français) = vallée creusée par une rivière et inondée par la mer, mais bien un fjord = vallée creusée par un glacier et remplie par la mer.

Le site déborde habituellement de touristes étrangers mais cette année, les frontières du pays étant fermées, la fréquentation a été divisé par 30 ce qui est une opportunité pour nous et nous permet d’embarquer sans réservation pour une ballade en bateau dans le fjord.

Pour monter à bord du bateau nous avons besoin d’un masque , depuis hier nous sommes en niveau 2 , en Nouvelle Zélande ils ont trouvé un cas de covid 19 . Finalement nous restons à l’extérieur ce qui nous permet de ne pas garder le masque

Le parking habituellement couvert de bus touristiques est désert. Il y a 2 bateaux de plaisance sur corps mort au fond du « Deep Water Basin » mais c’est le seul mouillage praticable que nous ayons vu dans tout le fjord. D’après ce qu’on nous à dit, Doubtfull, le fjord suivant disposerait de plus de possibilités.

Amélie Poulain serait-elle passée par là?

Lîle du sud en campervan1: Top of the Lake saison 2

Samedi 13 février 2021. Le grib de ce matin nous prévoit des conditions tout à fait exceptionnelles sur le sud de l’île du Sud pour les 10 prochains jours: peu ou pas de nuage et zéro précipitation y compris sur la côte ouest! C’est le moment ou jamais pour aller camper. Cette fois-ci ce sera en campervan (camping car en kiwi). Coup de téléphone pour en réserver un pour le soir même. Vu le peu de clients, pas de soucis de disponibilité et les tarifs sont imbattables (à peine plus cher qu’une petite voiture). Nous aurons toute la soirée pour faire les courses pour la semaine et charger nos affaires.

Départ aux aurores. On commence par le même trajet que l’année dernière (voir ici) mais cette fois-ci directement sur Queenston. Nous passons la première nuit au Lac Moke avant de mettre le cap sur le Fjorland.

Jusqu’ici nous sommes déjà passé . Pour la traduction du panneau (attention aux vieux…)

Mais ce parc là c’est la découverte totale et la vue sur la vallée est une splendeur

Sumner en été

Brigitte, une française établie depuis longtemps à Christchurch et son mari Duncan, Kiwi et ingénieur en construction navale nous ont invité pour déjeuner. Ils habitent dans une superbe maison immense sur les haut de Sumner juste de l’autre côté de la montagne. Vue imprenable sur l’océan et sur la barre d’entrée de la rivière de Christchurch (que connaissent bien nos amis Richard et Barbara) ou nous allons nous promener après le repas.

Le weekend de Waitangi !

Samedi 6 Février c’est le Waitangi Day: le jour anniversaire du traité signé entre les représentants de la Reine Victoria et les chefs des tribus Maori. Ce traité est considéré comme le document fondateur du pays et le 6 février est en quelque sorte devenu la fête nationale pour les Kiwis. Pour célébrer l’occasion, les plaisanciers de la marina ont organisé une parade avec grand pavois. Nous la ferons à bord d’Uncle Arthur avec Laurie et Benji. comme ils n’avait pas beaucoup de drapeaux nous leurs en prêtons quelques uns dont notre cher pavillons tricolore et un voisin nous fournit un gigantesque drapeau Néo Zélandais pour que l’honneur soit sauf. En croisant le bateau le mieux pavoisé de la flotte, nous avons droit à la Marseillaise!

Sur « Uncle Arthur » Nous participons à la parade en chantant la marseillaise

Nous profitons de ce long weekend pour explorer Lyttelton.

En tombant précisément à 13:00 tous les jours, la chute de « boule du temps » au sommet de la tour permettait aux navigateurs de mettre leur chronomètres à l’heure ce qui était indispensable pour pouvoir faire des observations astronomiques précises au sextant et donc connaitre leur position . Le tremblement de terre n’a pas épargné le monument mais elle a été reconstruite à l’identique.

Le jardin partagé est plein de légumes mais Il aurait bien besoin d’eau , il n’a pas plu depuis longtemps .

Ce Lundi est férié pour tout le monde. Les quelques commerces qui voudraient rester ouvert doivent payer une pénalité. Comme il fait un temps splendide les petites plages du fond de la baie sont noires de monde. Un sentier côtier suit toute la baie.

Les bus fonctionnent nous poussons donc jusqu’au centre ville de Christchurch

Il y a déjà 10 ans le tremblement de terre détruisait le centre de Christchurch presque entièrement. Voici de la cathédrale avant la catastrophe et maintenant, les travaux de reconstruction prendront encore des années.

Les patineurs !

Laurie est une patineuse de très haut niveau (championnat du monde) et Benji était son entraineur. S’ils ont un peu mis la compétition en veilleuse depuis qu’ils sont établis ici, ils n’ont pas pour autant arrêter de patiner et tous les vendredis, ils vont enseigner bénévolement le patin aux jeunes et aux moins jeunes et jouer un peu au hockey.

Ils ont la gentillesse de nous emmener jusqu’au parc ou ils se réunissent pour y faire quelques photos .

Benji chausse ses patins en ligne

groupe des patineurs qui font de la vitesse

Les petits à l’action

Le hockey , on peut y jouer à tout âge .

Kahurangi, Mr Purple , ou Bronsson George, comme on l’appelle parfois est un célèbre comédien de rue et patineur émérite Maori. Ce soir il assure la section danse .

Nos deux amis se retrouvent

Merci!

L’acceuil de Matt, le patron de la marina Te Ana est comme d’habitude très chaleureux. Tout de suite il nous indique les bateaux étrangers qui sont au ponton et tout particulièrement ceux de nos compatriotes: une vrai invasion. Il y a Laurie et Benjamin sur Oncle Arthur qui vivent à bord et travaille sur Christchurch, il y a Coquelicot un RM 10.50 que nous avions aperçu à Opua mais qui repart demain et il y a l’hôte de marque, Sébastien Destremau et son IMOCA Merci, qui est arrivé la semaine dernière après s’être retiré du Vendée Globe.

L’après-midi même, Laurie et Benji passent nous voir avec du pain frais (elle est boulangère et prof de boulangerie) et des légumes (Benji a un ami maraîcher) et nous préviennent que Sébastien donne un conférence ce soir au Yacht Club

A peine arrivés, nous voici donc à la conférence. L’évènement est organisé par Viki Moore qui fait tant pour les plaisanciers étrangers et leurs problèmes de visa et que nous rencontrons enfin.

Sébastien est un excellent acteur et le partage son expérience sur 2 Vendée Globe captive toute l’assistance. Très loin de l’échec qu’aurait pu laisser entrevoir son classement dans ces deux éditions, il nous explique ce qu’il a poussé à le faire (la dame en noir…) et en tire une expérience positive très forte tout en émaillant son récit d’anecdotes amusantes (calender boy)

3 révisions

C’est aussi l’occasion de rencontrer quelques Français qui vivent à Chrischurch dont le Consul Honoraire de l’Ambassade de France M Olivier Lacoua (email:agenceconsulaire.christchurch@gmail.com)

et bien sûr d’autres voyageurs au long cours comme Geert et Cindy de Zensation, partis de Belgique en 2015 et entrés en Nlle Zélande à peu près en même temps que nous ou Phil et Liz de Fine Tolerance qui on beaucoup navigué au Japon.

On se retrouve dés le lendemain à bord de Fine Tolérance pour un café ou il y a aussi Leo un américain de San Francisco qui s’apprête à repartir aux États-Unis via Guam. Geert et Cindy remontent le lendemain vers l’île du nord mais Liz et Phil viennent à bord pour l’apéro. Ils sont très intéressés par notre expérience de la Patagonie car il voudrait bien y aller aussi. Mais notre expérience est peu de chose par rapport à la leur: ils ont construit leur robuste bateau en acier dans leur jardin en Australie, sont allés plusieurs fois au Japon (qu’ils ont trouvé à chaque fois plus intéressant) en Alaska et surtout effectué un Passage du Nord Ouest (pour ce qui ne le savent pas c’est un passage qui s’ouvre pendant très peu de temps chaque été entre le grand nord Canadien et la banquise du pôle nord et permet de relier l’océan Pacifique à l’atlantique) Passage d’anthologie pour eux car cette année là le dégel était de très courte durée, pris dans les glaces, Fine Tolérance c’est retrouvé couché sur la banquise. Phil et Liz sont donc descendu sur la glace pour remonter à bord presque aussitôt suivi de trop près par des ours polaires. C’est un brise-glace Canadien qui les a dégagé en tirant le bateau sur la banquise sans autre dégât qu’une coque bien cabossée (c’est solide l’acier…) Mais la saison avançant, et le détroit de Bellot se refermant, ils ont finalement été obligé d’hiverner à Cambridge Bay et y attendre l’été suivant pour finir le passage… Si tant est que nous aurions pu songer à rentrer par là, leur récit nous en a définitivement dissuadé. Dommage qu’ils n’aient pas publié leurs récits chez les Inuits mais qu’elle soirée inoubliable!

Adieux Marlborough, re-bonjour Canterburry!

Petite pose de quelques jours à Picton pour faire les courses et laisser passer un bon coup de vent, (encore un)…

Resto Thai avec Richard et Barbara le premier soir. Barbara nous amène en voiture à Blenheim le Mardi pour faire les grosses courses au Pack’n Save. On en prend pour au moins un mois: la différence de prix par rapport au Fresh choice de Picton justifie largement le déplacement,(correspond à Liddle en France mais en beaucoup plus grand et beaucoup mieux achalandé) Merci Barbara!

Mais le mauvais temps dure un peu plus longtemps que prévu et ce n’est que Vendredi matin que nous pouvons partir non sans avoir faits nos adieux à Mark le responsable de la marina qui s’est à chaque fois mis en quatre pour nous trouver une place.

L’idée est de passer encore quelques jours dans le Sound en attendant des vents favorables pour partir plus au sud ou pourquoi pas plus au nord…

C’est avec plaisir que nous retrouvons nos corps morts favoris, on commence par quelques jours à Flipper Cove où nous nous régalons de ballade en kayak jusque dans les baies avoisinantes qui nous permettent de découvrir toute colonie de bébés cormorans.

Nous sommes à couple d’une grosse vedette avec deux enfants, l’ambiance vacances est toujours là. On passe ensuite à Kumutoto et on enchaîne sur Double Cove West ou on commence par bien nettoyer la carène.

Mais là une nouvelle inquiétante tombe sous la forme d’un message de l’immigration nous rappelant que nous avons passé déjà plus d’un an ici et que de ce fait notre nouvelle demande de visa n’aboutirait peut-être pas et que nous pourrions être obligés de partir à l’expiration de notre visa le 25 février??? Domi bien-sûr stress tellement qu’il n’en dort pas de la nuit. Partir à cette date ne serait pas chose facile : on est en pleine saison des cyclones… On passe donc pas mal de temps, lui à écrire une belle lettre et moi à rassembler tous les justificatifs possibles et imaginables pour essayer de les convaincre de nous garder jusqu’en juin. On échafaude tous les scenarios possibles et toutes les destinations : Australie fermée, Nlle Calédonie aussi est fermé mais de toute façon c’est pas la saison, Fidji pareil, Chili on est un peu tard déjà et de toute façon, c’est fermé. Une possibilité c’est peut être la Polynésie ou plus exactement les Gambiers via Rapa : suffisamment sud et est pour pouvoir éviter les cyclones et pouvoir espérer autre chose que du près. Seul problème, la Polynésie est officiellement fermée, on demande donc une autorisation aux affaires maritimes… En attendant il va falloir trouver un bon créneau météo pour sortir d’ici et peut-être remonter vers le nord (Tauranga ou Whangarei) pour se préparer à un éventuel départ hors saison.

Dimanche 31 janvier, le temps et superbe avec juste ce qu’il faut de vent dans le Sound, on tire des bords pour se changer les idées, on fait le tour de Blumine Island par le sud avant de bifurquer vers School House bay. Baignade et grimpette jusqu’au col séparant la Resolution Bay de Endeavour Inlet avec une vue imprenable sur tout le Sound. Le soir à table on échaffaude encore des scénarios de départ mais on tourne toujours en rond.

Lundi premier Février. Le temps est encore magnifique. Comme tout les matins on télécharge les gribs ainsi que les cartes et bulletins envoyé par Michel pour les analyser. Si un trajet vers le nord risquerait d’être inconfortable en raison de la mer très forte générée par le cyclone Lucas dans sa descente vers le Sud Est, les conditions semblent idéales pour aller sur Lyttelton au sud. Un routage rapide pour vérifier et Banco ! On ne va pas rater l’occasion, le détroit de Cook est tellement capricieux et puis de toute façon Lyttelton est « port of entry » on peut donc, le cas échéant, y effectuer les formalités de départ. Le temps de dégonfler l’annexe et de le larguer les amarres et c’est parti. Au revoir Marlbourough on aura passé 3 mois fantastiques dans les Sounds,c’est vraiment une région superbe !

La sortie et le passage du détroit de Cook, réputé comme l’un des plus difficiles du monde, se passe dans des conditions tout à fait idéales. On est juste à l’heure pour profiter du courant, la mer est plate, et il y a très peu de vent. Petite anecdote: par le travers de la sortie du Torry Chanel, nous croisons des ferries et entendons leurs conversations en VHF avec le « Harbour Master » de Picton: alors qu’ici au milieu du détroit c’est calme plat, là-bas sur le quai au fond du Sound ils ont 25 nœuds établis avec des rafales à plus de 30… comme quoi la météo du coin c’est vraiment spécial. Ce calme nous oblige d’ailleurs à recourir au moteur pour essayer d’arriver au cap Cambell avant la prochaine renverse. On y parvient presque mais le vent se lève à 15 nds de face et c’est en tirant quelques bords contre le vent et le courant que nous le franchissons. Passé le cap la nuit tombe et le vent adonne si bien que nous pouvons choquer les voiles. Au matin nous sommes plein vent arrière au large de Kaikoura. Les falaises blanches ressemblent à cette distance à des sommets enneigés jusqu’au moment ou on aperçoit les vrais sommets (notamment le Mont Tapuae-o-Uenuku) par dessus les nuages.

Regardez bien: les sommets au dessus des nuages culminent à 2800 mètres

On hésite à envoyer le spi mais les gribs nous annoncent du vent plus fort en cours de journée, on se contente donc de tangonner le foc. Et grand bien nous en a pris. Le vent monte effectivement et nous accélérons progressivement, 6, 7, 8, 9 nœuds puis de longues glissades à 11 et des pointes à 13 c’est grisant mais il faut savoir raison garder. Un ris est pris.

A 21:30 nous rentrons dans la baie de Lyttelton. Les rafales sont encore fortes dans le port intérieur et comme on y voit pas grand-chose on hésite à se faufiler pour aller à la place que nous a attribuée Matt le responsable de la Marina. On s’amarre donc provisoirement au bout du ponton juste à côté d’un grand bateau blanc avec un gigantesque mat carbone appelé MERCI…Nous sommes sur la place d’un pêcheur et il est possible qu’il pointe son étrave avant la de la fin nuit aussi nous nous couchons tout habillés et, vers 5:30 mercredi matin, comme le vent c’est totalement calmé, on rejoint la place qui nous est assignée avant que le pêcheur ne rentre et nous déloge.

Il y a un peu plus d’un an que nous étions ici et on a presque l’impression de rentrer chez nous. Cette fois-ci notre séjour sera riche en rencontres mais çà c’est une autre histoire…

Mouillages de rêve et apéros

Lundi 4 janvier 2021, pas besoin de se lever de bonne heure on ne va pas loin. Juste de lʼautre côté de la pointe il y a Ship Cove, un autre mouillage superbe. C’est là que Cook avait ancré lors de son passage dans le coin. Sur la plage il y a d’ailleurs un monument qui explique toute l’histoire. C’est aussi là que se trouve le débarcadère qui permet aux randonneurs de rejoindre le début de la Queen Charlotte track, ce chemin où nous avions pu marcher lʼavant veille. Aujourd’hui encore nous avons de la chance : Ship Cove est un mouillage très populaire mais qui ne dispose que de deux bouées et l’une d’entre elle se libère juste au moment où nous arrivons. Nous sommes bien abrités du vent mais assez loin de la plage aussi nous profitons dans lʼaprès-midi pour faire du kayak en prélude à la ballade à pied.

Surprise : au pied du monument, nous tombons sur Hélèna, Wendy, John et Johnatan que nous avions quitté la veille à Schoolhouse Bay. Ils sont venus jusqu’ici par le sentier et ils s’apprêtent à repartir. Nous les accompagnons jusquʼau sommet du col. Et comme là, par miracle, on capte un peu de réseau 4G (à cause du relief, la couverture est très mauvaise dans les Sounds et on en était privé depuis quelques jours) télécharger nos mails avant de rentrer.

Depuis déjà plusieurs jours nous bénéficions d’un temps superbe avec un vent de secteur nord modéré. C’est une période stable anormalement longue pour ici, ou le vent change souvent de direction plusieurs fois dans la même journée : c’est bon signe pour ce début 2021. Il ne faut donc pas être surpris que dès demain il va commencer à tourner vers l’ouest en se renforçant… Il nous faut donc revenir gentiment vers l’extrémité sud ouest du Sound pour nous abriter le temps de laisser passer ce petit coup de vent. En effet , plus on va vers le fond du Sound moins le vent est fort car on est plus à l’intérieur des terres et le relief des rives est moins abrupt. Mais bien sûr tout le monde le sait et nous n’allons pas être les seuls à faire mouvement dans cette direction et les corps morts les plus abrités risquent d’être très demandés.

Après une pause déjeuner à Cockle Cove nous mouillons pour la nuit à à Kaipakirikiri. Nous arrivons juste à temps pour cueillir une bonne cuisine de moules délicieuses pour le diner sur les rochers tout proches. Mercredi 6, le coup de vent annoncé se précise et nous ne sommes pas encore suffisamment protégés ici, nous poussons donc jusqu’à notre petit mouillage favori de Flipper Bay, idéal dans ces conditions. Mais il y avait déjà deux bateaux à couple dont un gros 50 pieds et on nous fait comprendre qu’avec Rêve à Deux en plus on risquerait de dépasser la limite des 35 tonnes autorisées sur la bouée. Pas de problème nous renvoyons les voiles et reprenons notre quête d’un coffre ou d’un ancrage abrité. Nous n’avons pas loin à aller : Double Cove ouest qui n’était pas libre quand nous sommes passés devant tout à l’heure vient de se libérer. Nous sommes ravis, cʼest le premier corps mort que nous avons utilisé ici et nous savons quʼil est très bien protégé. Cette fois-ci le bach (résidence secondaire) qui surplombe le mouillage est habité par son propriétaire avec toute sa famille, enfants et petits enfants. Ils viennent nous voir en canot pour nous souhaiter la bien venue . La bouée leur appartient mais comme ils ne lʼutilisent pas il lʼon prêtée au club qui lʼentretient en compensation. On sʼamuse de voir les petits enfants qui sont à lʼeau accrochés à l’arrière du canot et qui essaie d’empêcher leur Grand-père, qui rame aussi fort qu’il le peut pour essayer de rejoindre l’appontement, d’avancer pour le faire enrager. Tout le monde rit de bon cœur.

Nouvelle surprise, le lendemain en fin de journée, Richard et Barbara (les amis avec qui nous avions sympatisé les derniers jours de 2020 à Baker’s Bay) arrivent dans la baie, ils sont avec leur copain Edouard. On ne peut pas les prendre à couple (ce corps mort étant limité à un seul bateau) mais ce n’est pas un problème, ils ont des amis qui ont un mouillage inoccupé dans le fond de la crique. Çà nous fait grand plaisir de les retrouver et le soir ils viennent à bord avec une bonne bouteille pour une autre soirée mémorable.

Richard construit une annexe genre prame en contreplaqué munie d’une voile à livarde style Optimist et le lendemain matin il vient à bord avec Edouard et les plans du petit bateau pour nous demander conseil pour son gréement. On discute de la possibilité de dénicher une voile d’Optimist d’occasion au club, mais les dimensions ne correspondent pas, il faut une voile plus grande. Par contre jʼavais gardé quelques morceaux de notre ancienne grand voile (on ne sait jamais cela peut servir). On en sort un morceau qui une fois mesuré semble largement assez grand. Il n’y aura qu’à découper la forme exacte et ajouter des sangles où des œillets au quatre points et sur le guindant. Ce sera sans doute la seul prame avec une voile en membrane carbone kevlar : s’il va à Auckland c’est la sensation assurée parmi les bateaux de la coupe lʼAmérica… Il repart donc avec le bout de tissus en nous promettant de nous envoyer les photos. Ils prévoient de rentrer à la marina de Waikawa après le weekend pour faire des travaux sur le bateau et avancer la construction de la prame. On se reverra sans doute à Picton où nous devons refaire le plein de vivre la semaine prochaine.

Bon, c’est pas le tout, on a passé trois nuits ici, c’est la limite réglementaire. Il faut changer de mouillage , la fille du propriétaire à sa fenêtre nous dit au revoir. A peine le temps d’établir les voiles et nous sommes à Kumutoto, une alcôve dans la montagne ou se mêlent arbres immenses et fougères arborescentes. Les deux corps morts sont pris, nous nous mettons à couple dʼun vieux bateau à voile. Un monsieur agé, seul à bord, nous accueille très gentiment. Comme tous les Kiwis, cʼest un pêcheur invétéré et à peine sommes nous amarrés qu’il reprend sa canne et continue à sortir des poissons autour du bateau. Ce sont des Spotties (une sorte de rouget bleu vert avec une grosse tâche sur le corps d’où son nom) entre 15 et 20 cm de long. Il nous en offre une demi douzaine que nous faisons frire à la poêle pour le dîner. Il est surpris de nous voir manger ses poissons entiers : en Nouvelle Zélande tous les pêcheurs prélèvent les filets de leur poissons avant de les manger, ils ont horreur d’avoir des arrêtes dans leur assiette. Notre méthode barbare le fait beaucoup rire. Nous prenons un verre ensemble pour le remercier de sa gentillesse.

Entre temps le temps splendide avec peu de vent, à part un peu de brise thermique dans l’après-midi, est revenu pour encore quelques jours. On continue donc notre exploration du Sound en commençant par un détour dans le Torry Channel. Nous passons 2 nuits au fond d’Opua bay qui avec ses pentes abruptes, planté de conifères se donne un peu des allures d’Alaska d’abord au mouillage de Tawa Bay où nous rencontrons James et son équipage qui rentrent sur Wellington puis de Missionary Bay nous nous observerons des grand bancs de krill rouge, de tout petits crustacés ressemblant à des galathées d’environ 1 à 2 cm.

De là nous revenons vers la rive nord du Queen Charlotte à Ruakaka, ou nous serons seuls pour une fois. Un tour de la baie en kayak nous permet d’observer de jeunes cormorans (royal shags) sur leur falaise et un bébé sterne et sa mère.

Après 2 nuits paisibles nous levons le camp pour tirer quelques bords vers l’extérieur du Sound dans des conditions toujours exceptionnelles. Nous contournons Blumine Island par le nord pour arriver à Pickersgill Island où nous venons nous amarrer à couple de Am Meer le Bavaria 38 de Geoff et Katie, des régatiers et navigateurs solitaires chevronnés de Wellington. Le soir apéro sympathique à leur bord avec leurs amis des deux bateaux amarrés au corps mort voisins. (côté beau temps et apéros 2021 commence vraiment bien !).

Ils rentrent sur Wellington dès le lendemain matin car pour eux, comme pour la grande majorité des Kiwis, les vacances d’été se terminent.

Nous restons à Pickersgill encore une nuit, seuls cette fois-ci dans cette endroit de rêve et nous serons récompensés par un coucher de soleil inoubliable. Mais pour nous aussi tout à une fin, particulièrement les vivres : nos dernières courses datent du 23 décembre. Nous sommes passés aux conserves depuis déjà quelques jours et nous avons entamé la dernière bouteille de vin. Il va falloir rentrer à Picton surtout qu’une grosse tempête se profile pour la fin du week-end. Mais ce matin, Samedi 16 janvier, c’est dans des conditions encore idylliques : ciel limpide, 23°C, vent portant 8 à 10 nœuds, que nous glissons entre les îles vers le port…

Vive les vacances !

Je sais, vous allez me dire que vu que nous sommes en retraite on est tout le temps en vacances donc pas de quoi en faire un article. Sauf qu’ici et maintenant, pour la première fois de puis bien longtemps on se sent vraiment en vacances. D’abord c’est l’été, le beau temps et la chaleur sont bien là, nous faisons nos sauts de puces d’une crique à l’autre, nous nous baignons tous les jours mais surtout, nous sommes en pleine période estivale et les Kiwis autour de nous sont aussi en vacances. Le Sound grouille littéralement de bateaux à voile et à moteur. Seul rappel de la civilisation industrielle et du monde du travail: les ferrys qui relient Wellington à Picton la seule liaison entre les deux îles pour le trafic routier, trafic cependant ralenti le pays n’ayant plus de touristes étrangers depuis le début de la pandémie. Les ferrys traversent le détroit de Cook ce passage large de 25 miles entre les deux îles et pénètrent dans le Queen Charlotte Sound par le Torry Chanel pour débarquer leur passagers et véhicules à Picton.


Aujourd’hui, le temps le permettant et aussi pour être plus tranquille nous avons opté pour l’un des mouillages de la partie dite « extérieure » du Queen Charlotte ,(à l’Est du Torry Chanel et donc pas utilisé par les ferrys). Il faut dire que, quelques soit leurs directions, les vents sont toujours nettement plus fort dans cette partie du Sound, plus proche du d’étroit de Cook. En plus ils sont en général renforcés en milieu de journée par des brises thermiques créés par le relief élevé. Le vent est modéré de sud pour les prochaines 24 heures nous seront donc parfaitement à l’abri à Burney’s Beach.
Nous nous sommes à couple d’un petit bateau sur la bouée du club. C’est une famille fort sympathique arrivée de de Wellinton la veille avec deux enfants adorables. Ça nous a rappelé Santez-Marie, notre vieux Cornu (un voilier en bois de 9,50 m) quand nous naviguions l’été en compagnie de nos deux filles, Olivia et Assina au même âge. Et en plus, le bateau s’appelle Cabochon un nom qui sonne bien Français et qui est, je vous le donne en mille, le nom du quartier de la périphérie de Blois où je vivais avec mes parents quant j’étais petite (drôle de coïncidence).


Le lendemain Il nous faut déménager car le vent est passé au nord (24 heures dans la même direction c’est ici une longue période très stable… ). Nous traversons donc le sound pour trouver un corps mort disponible à Schoolhouse bay, juste en face. Cabochon nous suit et nous lui laissons la bouée la plus proche de la plage pour leur permettre de débarquer facilement avec les enfants .


Peu de temps après, un autre voilier vient se mettre à couple c’est High Voltage, le bateau de Victoria, Une amie de Viki Moore dont nous suivons le blog depuis que nous sommes en Nouvelle Zélande. Viki est une navigatrice de Christchurch qui a fait énormément pour les « yachties » étrangers bloqués comme nous dans le pays à travers des informations régulières et des démarches auprès du gouvernement pour que notre situation particulière soit prise en compte par les autorités.


Nous faisons vite connaissance avec Victoria et sa famille et elle nous invite à venir prendre un verre le soir à bord. Mais finalement la troisième bouée se libère au même moment que deux autres bateaux amis arrivent (un Océanis 40 et un joli petit bateau de 6,50m qui nous rappelle les Mousquetaires de notre jeunesse). High Voltage se déplace donc pour se mettre avec eux. Nous irons les retrouver le soir et passerons à bord du bateau de leurs amis une super soirée bien arrosée. Nous parlons évidement de pêche et de notre difficulté à prendre un poisson aussi le propriétaire du bateau nous offre des appâts (des calmars conservés dans le sel )et nous dit qu’il y a des Blue Cod dans la baie et qu’ils en ont pêché un aujourd’hui .


A peine rentré à bord (vers 20:30 ce qui est une heure tardive pour finir l’apéro chez les Kiwi) un autre bateau vient se mettre à couple. C’est un jeune couple Luc et Emmy qui viennent de faire l’acquisition de leur voilier un très joli bateau d’une dizaine de mètres en acier impeccablement entretenu. Luc nous demande si nous mangeons du poisson et nous offre deux filets de Kawahi qu’il vient de cuire sur le barbecue. Nous les invitons à bord le lendemain (2 apéros dans la soirée c’est plus de notre âge) , Emmy est ingénieur en sécurité chez Giesen l’un des plus gros producteur de vin de Blenheim et nous apporte une bouteille d’un remarquable Sauvignon Blanc très haut de gamme que nous dégustons ensemble.


Nous resterons trois nuits sur cette bouée (le maximum autorisé par les règle du club). C’est un très bon mouillage abrité des vents dominant et surtout il a un accès direct à la fameuse Queen Charlotte track ce sentier qui traverse tout le parc national aménagé sur la péninsules séparant le Pélorus du Queen Charlotte. La piste qui se termine près d’Havelock fait plus de 80 km. Les bateaux taxis en provenance débarquent les marcheurs ici ou à Ship Cove (la baie suivante). Les marcheurs font en général des étapes d’une vingtaine de km par jour, des campings sont aménagés sur le parcours avec eau courante et toilettes (propre avec papier). Il ya a aussi des chalets et des lodges/hotels. Les marcheurs les plus fortunés peuvent prendre un package qui leur permettra de faire le parcours sans autres surcharge qu’une gourde et uns casse-croûte, les bagages étant apportés par bateau taxi à chaque étape. Nous nous contenterons de faire quelques km sur la piste de chaque côté de la baie. Le sentier, large et très bien entretenu, serpente dans la forêt primaire ou se mêlent de très grands arbres, des fougères arborescentes (emblème du pays et de bush (arbustes de différente essence dont le fameux manuka). Par endroits, la végétation luxuriante s’éclaircit un peu et on découvre une vue incroyable sur le dédale des baies et des îlots qui forme le Sound. Lors de notre deuxième rando, nous rencontrons des gens qui habitent une maison tout au fond de Résolution Bay. Ils nous proposent de les suivre par le chemin privé qui suit la côte en passant d’une maison à une autre pour rejoindre la piste après une bonne grimpette juste derrière chez eux et faire ainsi une bonne boucle et voir une plus grande diversité de paysage et de végétation. Le chemin côtier moins pratiqué que la piste du parc est un véritable tunnel de verdure. Ici en Nlle Zélande, les maison de vacances çà s’appelle des bachs et la leur vaut vraiment le coup! Maisonnette en bois toute simple mais avec une vue imprenable, une plage et une petite jetée: un petit coin de paradis…


Le gros avantage des bouées de club, mis à part que c’est plus sûr et plus reposant qu’une ancre, est qu’on doive les partager avec les autres membres des 3 clubs associés, la seule limite étant de ne pas dépasser un poids total combiné de 35 tonnes sur une même bouée. Certain s’en plaindrait préférant être tranquille seul sur leur ancre. Mais en fait, c’est ce qui donne au mouillage un côté très convivial et contribue énormément à ce côté vacances dont je parlais plus haut.


Luc et Emmy à peine partis, sont remplacés le long de Rêve à Deux par un joli bateau à moteur de type vedette classique. Ils sont quatre à bord . A peine les amarres passées on échange nos prénoms John, Jonathan pour les hommes et Héléna et Wendi pour les femmes . Quatre bons amis qui passent une partie de leurs vacances ensembles, pour aller pêcher et visiter les Sounds. Ils viennent à bord avec une bouteille de pétillant (tiens çà fait longtemps qu’on avait pas pris l’apéro) et nous échangeons nos histoires respectives. Ils ont fait un concours de pêche entre eux dans la journée et on bien sûr remonté un peu trop de poisson pour leur consommation aussi ils nous offrent plusieurs superbes filets de blue cod (les kiwis ne gardent jamais leur poissons entiers: à peine sortis de l’eau ils sont transformés en filets. C’est le poisson roi du coin, il est tout frais deux morceau sont mangés le soir même et le reste préparé en carpaccio (cru) le lendemain midi . Comment voulez-vous que j’apprenne à pêcher dans ces conditions ….
Par contre côté vacances l’ambiance est bien là!