Mouillage à Taravaï

Taravaï située au Sud ouest de Mangareva est par sa taille la deuxième île de l’archipel de Gambier. Nous commençons par en faire le tour complet pour voir si l’un des mouillages côté barrière extérieure serait praticable mais la grosse houle de sud ouest qui sévit au large parvient à rentrer nous nous rabattons donc sur le mouillage devant l’église ou sont déjà plusieurs bateaux sans doute venus pour le traditionnel barbecue dominical organisé par Hervé.

Nous profitons d’une bonne pluie pour remplir les réserves d’eau et faire de la lessive en attendant le retour du soleil.

Le Père Laval à aussi sévit sur ce petit bout de terre . Il y fera construire une grande église que beaucoup d’habitants payeront de leur sang et de leur vie. Le monument est en cours de restauration par des volontaires. Il n’y a aujourd’hui plus qu’une seule famille (Hévé, son épouse et 2 de leurs enfants) et quelques célibataires qui vivent sur lîle. Le paysage est magnifique et le village est ses abords sont impeccablement entretenus mais les promenades terrestres restent limitées, la forêt est en majeure partie impénétrable et il n’existe pas de sentier permettant par exemple d’atteindre les crêtes.

Lundi matin, nous allons rendre visite à Hervé et sa femme qui nous vendent des fruits et des légumes dont une partie est troquée contre 5 m de cordage et du savon. En fin fin d’après-midi tous les équipages présent au mouillage se retrouvent chez lui pour faire une pétanque. Une fois les boules rangées on discute autour d’un verre et faisons la connaissance de Rolf le skipper suisse allemand du catamaran Yellow. Lui et son épouse Daniela en sont à leur deuxième boucle autour du globe et ont entre autre, passé 18 mois au Japon. Son enthousiasme quand il en parle et les souvenirs émerveillés qu’il en garde nous font rêver. Décidément, ce n’est pas une destination qui laisse indifférent…

Le mardi nous profitons du vent de nord de 8 à 10 noeuds et du temps superbe pour explorer le lagon en allant jusqu’à Kamka puis en contournant Akamaru par le sud est pour enfin revenir vers Mangareva en passant tout près d’Aukena.

Ballade sur le Mont Mokoto

Le Mokoto est avec le mont Duff, l’un des deux sommets de l’île. Il culmine à 423 mètres. Un chemin de randonnée balisé y a été amménagé.

Ce sentier commence juste de l’autre côte du col qui surplombe Rikitea. Par chance un pick-up s’arrête dès la sortie du village nous emmène directement à l’entrée du sentier: tant mieux la montée par la route n’est pas la partie la plus agréable. Le sentier qui démarre au bord de la route sur les contrefort de la face sud du mont passe devant les ruines d’un Marae , à travers d’anciens vergers en friches puis une forêt de sapin qui fait place à des roseaux de montagne quand on approche du sommet. La face nord consiste quand à elle en une falaise basaltique verticale. Cette falaise est séparée de sa jumelle du mont Duff par une vallée luxuriante. C’est par là que nous redescendrons.

Cette partie de la rando a été emménagé en sentier botanique avec des panneaux expliquant les différentes plantes présentes sur ce versant. Vous pouvez passer ces espaces en revue grâce au diaporama ci-dessous.

Nous rentrons par le cimetière du Roi où nous cueillons des petits citrons verts et du café que nous décortiquons le lendemain matin il faudra ensuite le faire sécher et finalement enlever la coque avant de pouvoir le griller le moudre et le boire. Quel boulot, mais c’est autre chose que le Nescafè!

Evasan et ukulélé

Evacué par avion (vol régulier rassurez vous) pour des examens et une possible opération au Centre Hospitalier de Polynésie à Papeete, je m’en tire finalement avec une bonne dose d’antibiotiques prescrite par le taoté (docteur en polynésien) des urgences du CHP .

Toute l’équipe du centre médical de Rikitéa à été absolument adorable et tellement professionnelle et celle du CHP accueillante et efficace.

Mais, venir se faire soigner d’un archipel éloigné (nous sommes à 1600 km de Tahiti soit à peu près la même chose que Paris – Göteborg) tient tout de même un peu de l’aventure: lever 6:00 pour être au centre médical à 7:00 pour un dernier examen et injections pour supporter le voyage. 9:00 départ en vedette pour l’aéroport de Totégégie à l’autre bout du lagon 12:55 décollage, 15:55 atterrissage à Papeete et transport en minibus ambulance. 17:00 admission au urgences du CHP. 17:00 – 23:00 première auscultation, analyses, examens, échographie, scanner, diagnostic, prescription et libération. Mais il est 23:00 soit une heure après le couvre feu donc pas de taxi et la plupart des hôtels sont complets ou fermés. La secrétaire des urgences nous en trouve finalement un et la famille d’un patient qui rentre chez elle accepte très gentiment de nous y conduire après bien sûr que la responsable de l’accueil des urgences nous ait établi un laisser-passé en bonne et due forme. Ouf!

Bon après un passage à la pharmacie on devrait pouvoir rentrer à Mangareva. Seulement voilà, en principe il n’y a qu’un seul vol par semaine le mardi… (celui que nous avons pris hier) Heureusement , depuis peu un deuxième vol a été mis en place le samedi. Et il reste de la place. Nous n’aurons donc que 4 nuits à passer a Papeete. On profite de ce temps mort pour se reposer et se balader un peu ville.

Un immense merci à Guy, l’extraordinaire taoté , Juliet et Julien les supers infirmiers si prévenants et dévoués et tout le personnel du centre médical de Rikitéa je ne me suis jamais senti dans de meilleures mains.

Découvrez Mangaréva en images

On vous a parlé du débit d’internet (ou de l’absence de) au Gambier. On profite d’un court aller et retour à Papeete pour mettre en ligne les photos prises depuis notre arrivée dans l’archipel le plus à l’est de la Polynésie. Comme les articles vous racontant nos découvertes sont déjà parus, on vous laisse admirer les images (cliquez, sur une image pour lancer le diaporama) avec juste quelques explications.

En voici la première partie, d’autres suivrons dans les prochains jours.

On commence par la mairie, la gendarmerie et le monument de l’île: la cathédrale et le bâtiments attenants (construits dans la 2ème moitié du 19 siècle sous l’égide du sinistre Pére Laval au prix de très nombreux morts dans la population locale)

Au village de Rikitéa tout est propre et ratissé tous les jours

La perliculture est l’activité principale de l’île ainsi que sa ressource quasi-unique (pas ou peu de poisson, pas de coprah, plus de cafè ni de bois, fruits et légumes dans les jardins privés seulement). Les Gambier fournissent la plus importante quantité de perles en Polynésie. Geneviève nous fait découvrir l’une des artistes qui les mettent en valeur. Avec Brigitte et Daniel nous sommes émerveillés.

Ballade au cimetière et la chapelle ou trône le tombeau du dernier roi de l’archipel jusqu’à l’ancien couvent, en passant par la station de mesure de météo France

Pour passer de l’autre côté de l’île ,on prend le chemin qui grimpe à travers la forêt. Il a plu ce matin et les escargots sont de sortie. Ceci sont énormes et toxiques et surtout un fléaux redoutable pour les jardins et les cultures. Une fois sur les crêtes, on est récompensé par une vue superbe sur le mouillage.

De l’autre côté la vue est toute aussi belle . Ici aussi les fermes perlières sont protégées par le lagon . Les maisons sont plus cossues (c’est là que sont les « pensions » fréquentées par les touristes les plus fortunés) et les terrains beaucoup plus grands . Ici on cultive les cactus et la vanille . Si vous n’aimez pas le chant du coq ce n’est pas une bonne idée de venir ici: le volatile y est roi comme dans toute la Polynésie .

En revenant vers le village de Rikitéa par la route principale nous faisons connaissance de Tétu (Prononcer Tétou ) et de Murielle qui nous font découvrir leur jardin d’Eden , Le dimanche suivant c’est au bateau qu’ils viendront passer la journée en notre compagnie. Comme nous vous le disions, ils s’intéressent de près au greffage des nacres perlières et rêvent de développer un procédé plus fiable en trouvant un moyen de coller le nucleus au greffon… Si vous voulez en apprendre un peu plus sur la perliculture je vous conseille cet excellent article.

Mangaréviens au grand coeur

Je vous entend d’ici chers lecteurs: « pas un seul article depuis prés de 15 jours, pas une seule photo pourtant se doit être beau là ou vous êtes, et quand on regarde le tracking vous n’avez pas bougé depuis votre arrivée. Vous nous aviez habitué à mieux, Que se passe-t-il? »
Bon, je vous l’accorde, nous avons été pris d’une certaine langueur tropicale, çà ne fait aucun doute. Fatigue accumulée pendant la traversée, lente adaptation à la température les raisons sont nombreuses. En plus, côté publication nous redécouvrons les limitations du monde pré-4G/WIFI haut débit. Ici internet est quasi inexistant est quand il est là, carrément anémique. Le seul moyen de publier reste l’Iridium, pour les photos il faudra donc attendre le futur plus ou moins lointain ou nous nous téléporterons dans un monde connecté.
Ceci dit, nous avons, en fait, été très occupés. Une fois la première dose de vaccin reçue et les petits travaux et réparations terminés nous aurions pu partir explorer les autres îlots de l’atoll. Mais comme on avait commandé par l’intermédiaire de Daniel, qui avait regroupé les commandes de plusieurs plaisanciers, un fut de gasoil qui devait arriver le 20 avril par la goélette (nom local du cargo Taporo VIII qui dessert l’île une fois par mois – ici il n’y a pas de station service le carburant doit être commandé par fût de 200 litres directement à Papeete) on a préféré attendre et d’ailleurs on avait encore rien vu de Mangaréva. Alors, on s’y est mis et croyez-moi çà vaut le coup.

Mangaréva est une île magnifique, sommets escarpés et plaines côtières fertiles ou poussent toute sortes de fruits le tout protégé des furies de l’océan par une barrière de corail. Il y a de quoi explorer pendant des semaines et, c’est promis, dés que possible on vous racontera et on vous montrera les plus belles photos comme celles de la rando au sommet du Mokoto.
Mais plus que ces paysages magnifiques, Mangaréva c’est avant tout la gentillesse infinie de ses habitants. Tous les gens que nous croisons dans la rue ou sur les chemins sont souriants et disent bonjour spontanément, la côte est un peu dure et nous avons sans doute l’air de peiner un peu, un automobiliste s’arrête et nous fait monter à l’arrière de son pickup, ailleurs c’est Léon qui nous donne des fruits des ses arbres à pain et des nonis en nous expliquant comment les préparer ou encore Tonicourou qui envoie son fils nous cueillir d’énormes avocats. Et puis, il y a cette famille qui habite en face des ruines du couvent de Rorou à qui nous avions demandé ou on pouvait trouver des fruits à vendre: non seulement ils nous on spontanément donné des bananes et des mangues délicieuses mais en plus un succulent gâteau à la banane qui sortait du four et comme nous avions l’air assoiffés un grand verre de jus de pamplemousse tout frais pressé.
Enfin il y a Tetou et Murielle. Ils habitent une jolie maison à mi-côte juste au-dessus du village. A l’entrée une pancarte: Laboratoire Géodésique de Polynésie: Tetou, assure la surveillance et l’entretien des appareils qui enregistrent l’activité sismique dans ce coin du Pacifique (du Chili à la NouvelleZélande). Mais ce n’est pas sa seule activité, il est aussi responsable de l’église protestante Maori pour l’archipel, tâche dont il s’acquitte jovialement avec un esprit d’ouverture et de bon sens qui manque tant à la plupart des cultes. Tous les deux ont aussi travaillé au greffage des perles (on avait oublié de vous dire que la perle est l’activité principale de l’île). Mais leur occupation principale à tous les deux c’est leur jardin, immense et magnifique, patiemment défriché et planté de tout ce qui peut pousser ici. Cocotiers, pamplemoussiers, citronniers, bananiers, arbres à pain, manguiers, lichees, corossols, piments, papayés. Les fruitiers côtoient les plantes ornementales et les plate-bandes de légumes le tout parfaitement entretenu sans désherbant ni produit chimique d’aucune sorte. Ils nous ont bien sûr offert papayes, bananes, aubergines, et même un corosol et un ananas. Tetou nous a préparé sa fameuse lotion à base de piments oiseaux efficace contre toute douleur musculaire ou articulaire. Ils sont venus à bord dimanche et nous avons passé l’après-midi à échanger sur des sujets aussi variés que l’apiculture (Tetou et Murielle viennent de s’y mettre), le greffage des nacres perlière, les graines germées ou les légendes Polynésiennes. Des gens adorables, ouverts sur tout et tellement interessants!

Une nouvelle preuve, s’il en fallait, que voyager c’est avant tout faire des rencontres. A suivre…

Première injection

Déjà 10 jours que nous sommes ici… On continue a sadapter doucement à la vie des îles. Quand la lessive, le nettoyage et les milles et un petits travaux listés pendant la traversée nous en laisse le temps, on commence à marcher un peu à terre mais on a encore beaucoup de mal avec la température alors que les plaisanciers arrivant de Panama la trouvent plutôt fraîche. Ah oui parce quils arrivent presque tous les jours, un nouveau bateau, en provenance de Panama directement ou via les Galapagos. Certains arrivent sans autorisation et se voient infliger une amende de 120 euros, dautres arrivent avec un visa en bonne et due forme et sont accueillis à bras ouvert sans limitation de la durée du séjour ou pour 4 jours seulement comme Yara ce voilier Français arrivé avant-hier avec une voile déchirée: cest a ny rien comprendre.
Côté vaccination pour nous cest parti! Juliette, linfirmière nous avait appelé en fin de semaine dernière pour le rendez vous et nous avons reçu la première injection hier après-midi: même pas mal . En plus cest le vaccin Pfizer donc le moins controversé pour linstant: nous avons de la chance. Ils avaient organisé une session spéciale pour les « voileux » (terme légèrement péjoratif pour désigner les plaisanciers en Polynésie). Il y avait là 3 couples américains, 2 anglais et nous étions les seuls français. En discutant avec les Français sur lîle et sur les bateaux, ils sont plutôt retissants pour se faire vacciner. Nous aurons la deuxième injection le 5 mai. Daprès le docteur qui nous a ausculté avant la vaccination, après çà on sera 90 % a labri pour 6 mois mais à plus long terme on ne sait pas encore.
Les photos seront à suivre plus tard ( pas moyen de les télécharger internet trop faible).

Bienvenue au paradis

Si vous avez suivi ce blog vous savez que nous sommes bien arrivés sur l’île de Mangareva Samedi 3 avril au matin.
Première surprise quand nous sommes arrivés devant le mouillage de Rikitea : pas moins de 23 bateaux sont ancrés là. Une majorité de Français mais aussi des Anglais, Américains, Kiwis, Canadiens et même 1 Australien, 1 suisse et 1 Allemand. Sur la base des blogs que nous avions lus avant de venir, on s’attendait plutôt à 3 ou 4 voiliers : les temps changent et la pandémie a bloqué pas mal de navigateurs dans l’archipel…
L’accueil a été absolument fantastique. D’abord Geneviève et Jean Charles qui à peine notre ancre avait touché le fond sont venus nous voir avec une corbeille de fruits pour nous souhaiter la bienvenue, ensuite, de nombreux autres skippers de bateaux à l’ancre dans le lagon sont passés nous saluer et enfin les gendarmes eux-même qui ravis que nous ayons obtenu toutes les autorisations nécessaires avant de partir et accomplis les formalités requises à l’arrivée (15 mois en Nouvelle Zélande çà vous forme à la discipline administrative) nous ont offert une dizaine de pamplemousses de leur arbre. Nous avons passé le reste de la journée à bord de « Tout est là » le magnifique Dynamique 44 de Geneviève à déguster des rororis (pieds de nacres perlières) qu’elle avait délicieusement préparés crus et cuits. Inutile de vous dire que la nuit tombée on s’est effondrés dans notre couchette pour une nuit de plus de 10 heures ! Jean Charles a, lui, un superbe trimaran bleu clair avec une très jolie décoration : Manuia. Ils naviguent ensemble, chacun seul sur son bateau ou ensemble sur l’un des deux.
C’est le week-end Pascal donc pas grand-chose à faire, de plus nous sommes en semi-quarantaine le temps que le bureau de veille sanitaire de Papeete confirme que nous ne sommes pas une menace pour la santé de la population (ce qu’ils ont déjà fait à note départ de Lyttelton). La semi quarantaine consiste à limiter nos déplacements à terre au minimum nécessaire en restant dans le village mais de toute façon, tout est fermé pour le week-end prolongé. En attendant de pouvoir découvrir l’île on récupère petit à petit de la traversée en faisant la lessive, le nettoyage et les milles et un petits travaux listés pendant le voyage.
Lundi on essaie de trouver de l’eau pour faire la lessive. Pour le point d’eau à jeton et la citerne d’eau de pluie de la municipalité il faudra attendre mardi que la mairie ouvre. On trouve finalement de l’eau chez Fritz, un ancien de la légion qui s’est établi ici depuis longtemps et qui aide les plaisanciers. Le midi nous sommes invités à bord du bateau de Daniel et Brigitte, un plan Mauric en alu de 44 pieds. Eux sont arrivés de Panama quelques jours avant nous mais sans autorisation préalable, l’accueil à la gendarmerie a été nettement moins jovial. Au menu rorori cru et cuit et un délicieux flanc au coco comme dessert.
Mardi, la vie reprend dans le village. Raid sur la poste pour acheter une carte SIM et des Francs Pacifique (CFP), passage au dispensaire pour s’inscrire pour la vaccination COVID : ils vaccinent tout les habitants et, dans la mesure des doses disponibles, les plaisanciers de plus de 60 ans. On devrait recevoir la première injection d’ici 3 semaines.
L’argent liquide est un problème sur l’île : pas de distributeur ni de banque. La poste accepte de rendre la monnaie en CFP si on achète des recharges téléphone ou des timbres en payant en Dollars US ou exceptionnellement en Euros. Certains commerçants acceptent aussi de rendre quelques CFP si on paye par carte. Et il y a Titouan qui habite à côté de la Gendarmerie et qui rend quelques services au plaisanciers dont l’achat de CFP contre virement en EUR sur son compte et une modeste commission. On s’adapte…
On est super content d’être ici et aussi très satisfait de notre traversée. Même si elle n’a pas été de tout repos, en passant beaucoup de temps sur l’analyse des gribs et de la météo, on aura réussi à se frayer un chemin entre les dépressions australes et les perturbations tropicales sans rencontrer de vrai mauvais temps ni faire de grands détours et on est arrivé à l’heure pour la marée et la lumière du jour en évitant les grains.
On aurait aimer vous faire profiter des photos de la traversée et de l’arrivée mais voilà, ici pas ou peu d’internet. Il y a bien du WIFI gratuit chez Jojo mais soit le débit est ridiculement faible soit il n’y a pas de connexion du tout. Donc en attendant mieux il va falloir nous contenter de la liaison Iridium et donc d’une seule et toute petite photo par article… On se rattrapera plus tard!

Mangareva nous voilà

Il est 03:03, le jour se lève sur Mangareva à l’instant même ou nous embouquons le chenal de la passe Nord-Ouest. Depuis Lyttelton, nous aurons parcourus 3138 milles en 24 jours et 17 heures. Il nous reste encore 7 milles jusqu’au mouillage de Rikitea.

Jamais contents!

Dans notre post du 31 mars nous montions vers le Nord Est chercher un vent qui devait basculer de l’Est au Nord au passage de la fameuse dépression qui, nous l’avons vu, passera finalement le 2 avril à l’Est des Gambiers pour aller sévir sur Pitcairn. Donc pas de flux de Nord mais du Sud Est virant à l’Est le 4 Avril. Qu’à cela ne tienne notre remontée vers le nord nous a permis de bénéficier d’assez bonnes conditions sur cette journée et d’attaquer ce nouveau système avec un angle favorable sinon confortable (70° du vent). Le seul problème c’est que, depuis jeudi après-midi, les sympathiques cumulonimbus typiques de cette « fabrique à nuage » qu’est l’océan ont été remplacé par d’horribles cumulus à fort développement vertical et à la base noire sombre de menaces. De jeudi soir à vendredi mi- journée nous avons livré bataille à ces monstres dans une ambiance très « pot au noir » mais fort heureusement sans orage ni rafale supérieure à 28 noeuds. Par contre on a pas chômé: quand on passe de 8 a 25 noeuds puis à 4 en moins d’une heure il y a de la manoeuvre! Ah aussi: il y a du avoir un bug dans la distribution des nouveaux gribs à tous les cumulus: si le vent qu’ils généraient, tournaient bien toujours dans le sens des aiguilles d’une montre (hémisphère Sud oblige)mais sous certains il venait déjà du Sud Est quand sous d’autres il était carrément au nord ce qui nous a permis plusieurs fois de faire le même cap sous les deux amures à quelques milles de distance. Une fois cette zone de transition négociée, les conditions se sont stabilisées et on a pu faire route vent de travers à plus de 7 noeuds jusqu’au soir moyennant quelques ajustements de voilure qui nous on vu finir la journée avec la trinquette et 1 ris dans la grand voile toujours à la même vitesse.
Mais voilà il y a vite, trop vite et pas assez vite. Si les conditions restent optimum jusqu’au bout on pourrait arriver à l’entré de la passe extérieure ( qui est encore à 7 milles de la passe intérieure qui mène au mouillage) Samedi 3 Avril vers 16 heures (soit Vendredi 2/4 18 heures heures locale: les horloges du bord sont toujours à l’heure kiwi) soit juste à la tombée de la nuit et rappelez vous qu’ici sous les tropiques quand la nuit tombe elle tombe: en 3/4 d’heure on passe du plein jour au noir le plus total surtout que le ciel est couvert et que la lune ne se lèvera qu’en fin de nuit, le dernier quartier. La passe d’accès au mouillage de Rikitéa n’est, certes, pas très difficile mais elle serpente entre les récifs et nous avons peu de détails sur le mouillage proprement dit. La prudence recommande donc d’arriver de jour.
Gagner 2 ou 3 heures sur l’ETA calculée supposerait de marcher 10% plus vite sur tout le reste du parcours ce qui semble très improbable vu qu’on est déjà à 100% presque tout le temps et qu’on va immanquablement rencontrer des « molles ». Il faut donc se résoudre à ralentir et éventuellement attendre en tirant des bords ou en se mettant à la cape au large de l’archipel si on est encore trop tôt. Le jour se lève vers 04:00 kiwi (06:00 locale), il n’y aura donc pas trop à attendre et la marée sera favorable pour franchir les passes.
Malgré tout (ralentir n’est pas dans nos habitudes) l’équipage garde bon moral. On essaie de se reposer au maximum pour être en forme pour la dernière nuit et l’atterrissage. La fatigue accumulée sur ces dernières semaines commence à se faire sérieusement sentir, on pense à ce que doivent ressentir les marins du Vendée Globe en course sur des bateaux beaucoup plus durs et pendant 3 mois contre 24 jours et seulement la moitié du Pacifique pour nous!
Quand on passe un peu de temps ensemble, sous la véranda, entre les quarts et les siestes,l’ambiance est plutôt nostalgique. On évoque souvent ces 14 mois inoubliables passés en Nouvelle Zélande, tous les amis qu’on y a laissé et les paysages magnifiques dont on a encore plein les yeux. Mais aussi la France et le vieux continent, la famille et les amis très chers qu’on a pas vu depuis si longtemps. Et puis il y a les souvenirs plus lointain, l’enfance et tout ce qu’on a vécu depuis…Vous voulez que je vous dise: il est grand temps qu’on arrive!