(4)Golf de Penas à Puerto Montt

Samedi 10 février2019 :

IMG_1425Melinka

Nous profitons du courant favorable de la marée descendante pour traverser le petit bras de l’océan Pacifique qui nous sépare de la grande île de Chiloé. Le temps est magnifique et la météo est parfaite pour cette traversée . La mer à cet endroit là peut-être très mauvaise mais aujourd’hui elle nous offre une fois encore une mer calme plate avec un peu de vent portant. C’est arrivée de l’autre côté que cela se corse . Le vent monte et la houle du large poussée par le vent de sud ouest se heurte au courant de la marée formant un clapot court et abrupte qui déferle en arrivant sur les fonds plus faibles des abords de l’île. Nous pensions mouiller dans une des caletas du canal San Pedro mais avec ses déferlantes, et l’approche ne nous plait pas du tout et paraît même un peu risquée.

IMG_1442Petit manoir au dessus de l’estéro

Mais se n’est pas grave nous avons traversé vite et il est encore tôt nous allons plus loin chercher notre bonheur. Le guide n’indiquant pas grand chose de bien pour Quellon c’est finalement sur l’estero Huilad que se porte notre choix. Nous y arrivons juste avant la tombée de la nuit. Plutôt impressionnante cette entrée, étroite un falaise et une plage bordée de grands arbre d’un côté, une dune de sable et de galets avec un petit phare de l’autre, le courant de la marée descendante contre nous (encore une fois heureusement nous sommes en mortes eaux) , mais une fois à l’intérieur c’est un havre de paix de toute beauté . Nous mouillons dans 15 mètres d’eau au milieu des grèbes.

IMG_1461Estero Huilad S43°04’30-W 73°30’65

IMG_1451Petites grèves préférés de l’équipage.

IMG_1479cygnes blancs à cou noirs.

Dimanche 11 février 2019:

IMG_1548Nous ne voulons pas mettre la grand-voile pour cette petite navigation au portant, 10 miles seulement . Sous foc seul nous empruntons le canal Queiten pour atteindre l’estéro Pailad : sans doute le plus beau mouillage de l’île de Chiloé .. C’est une entrée étroite qui au bout d’environ un mile, nous transporte en pleine campagne suisse, vaches et verts pâturages compris.

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Quel contraste avec les paysages sauvages et désolés auquel nous étions habitués. Nous mouillons juste devant l’église. Etrange village : juste une église, un cimetière et une école, je ne sais pas ou habite les paroissiens mais il n’y a pas de maison, par contre à l’entrée de l’estero nous avons aperçu de très belles maisons.

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Estero Pailad S 42°51’80-W 73°35’40

Il est midi , nous déjeunons rapidement et descendons à terre pour explorer le coin et notamment de grimper la route « monte au ciel » pour découvrir le panorama de cet aber . Juste sur le côté de l’église il y a un robinet pas d’eau bénite mais presque et nous pouvons remplir nos jerricans les cuves du bateau etant à sec. Dans cet endroit paisible nous passons une excellente nuit sans aucun bruit . Même l’éolienne n’a pas enregistré de brise pouvant la faire tourner.

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Lundi 12 février 2019:

Nous voulons visiter Castro la plus importante ville de Chiloé ( elle est réputée pour avoir conservé ses maisons sur pilotis lors du dernier tsunami . Pour aller à Castro nous avons deux solutions , la première est d’y aller en bateau en remontant tout le canal mais il est un cul de sac il faudra donc revenir avec la perspective de faire l’aller et le retour au moteur La deuxième est de nous arrêter à Quinched ou il y a une petite marina et aller jusqu’à Castro en voiture comme l’avaient fait Robert et Armelle . Nous optons pour cette dernière solution ce qui nous permettra de plus de remplir nos réservoir d’eau, prendre une douche et faire peut-être une lessive.IMG_1740Marina Quinched (centre nautique de Chiloé)S 42°34’69-W 73°45’23

L’endroit est assez joli mais pas du tout protégé des vent de secteur sud qui soulève rapidement un clapot désagréable, çà ne fait rien la météo n’annonce que du vent très faible pour la nuit et la journée du lendemain. Après une bonne douche chaude, nous squattons la machine à laver qui fonctionnera que pour nous : 4 lessives dans la soirée . la brise du soir nous sèche tout cela en un rien de temps .

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mercredi 13 février 2019:

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Branle bas de combat : nous partons pour Castro (15km) . Il est 10 h 30 et nous y allons en taxi (très bon marché ici). Castro est une ville touristique qui mérite d’être vu avec son petit marché artisanal, sa cathédrale , son marché couvert sur les hauteur de la ville. et surtout, ses palafitos (maisons sur pilotis). A l’origine c’était les familles les plus pauvres qui y habitaient, dans la plupart des villes de la régions elles ont été détruites par les dernier tsunamis mais à Castro elles n’ont pas souffert et depuis, elles ont été restaurées et converties en hôtel ou autre. Le midi on s’offrira un déjeuner au resto mais les prix sont à peu près identiques à l’Europe .

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Jeudi 14 février2019:

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Sous une brume de beau temps nous reprenons notre route vers le nord . Nous faisons des sauts de puces. Nous profitons au maximum de ce temps magnifique et de l’avance que nous avons prise pour flâner avant d’aller à Puerto Montt ou il faudra mettre au sec et entreprendre le carénage et la réparation de l’inverseur.

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clin d’œil pour François mais aussi pour Fanny et Alain.

30 miles aujourd’hui pour arriver à Quemchi. Nous en ferons la plus grande parties sous spi léger dans une gentille brise de sud.

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Puerto Quemchi S 42°08’80- W 73°28’50

Toujours le beau temps , pas trop de vent mais ça va pas mal à la voile , sans être trop pressé nous arrivons en début d’après midi . Nous ancrons de l’autre côté de ma baie en face de la ville à côté d’une petite chapelle entre des parcs et la terre.

IMG_1783Nous avons le temps de nous baigner (25°C dehors, eau à 18,5°C) et d’aller à la pêche aux moules et aux coques sur la grève. ( nous les mangerons que demain afin de les faire dégorger ).

IMG_1814On peut manger les coquillages , la marée rouge ne monte pas jusqu’à l’île de Chiloé.

Le soir nous admirons un couché de soleil de toute beauté dont les couleurs changent doucement de l’orange au violet. Avec le couché du soleil, me vent se calme complètement et nous écoutons les bruits de la campagne : les chiens qui se répondent en aboyant , des coqs (le soir, c’est étonnant) , des vaches mais aussi des oiseaux autour qui nous font un concert infernal. C’est le premier endroit ou nous voyons une colonie de canard vapeur de plusieurs dizaines d’individus, dans tous les endroits ou nous sommes passés auparavant il n’y avait qu’un seul couple rarement deux.

IMG_1857refus de priorité à droite! collision de canards vapeur!

Vendredi 15 février 2019:

IMG_1866assiette de saumon gravlax au quinoa

A la sortie , Domi repère notre premier pélican (il l’avait pris pour le ptérodactyle d’Adèle Blanc-sec), c’est aussi le moment que nos amis les canards vapeur choisissent pour faire leur show et nous montrer de quoi ils sont capable à la nage. Sans doute nous font-ils leurs adieux, je ne pense pas que nous en voyons plus au nord.IMG_1882envol de cormorans

Les derniers miles se feront au moteur, Eole aujourd’hui fait grève, heureusement la mer est d’huile et le courant quasi nul .

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Adieu Chiloé , nous traversons le golfe d’Ancud notre destination est l’île Puluqui dernière étape avant Puerto Montt. Pas facile de trouver une petite place pour ancrer parmi tous ses parcs à moules et à saumons. Sur la base de ce que nous avions pu lire dans le guide nous avions choisi l’Estero Chope mais les filières à moules semble barrer complètement le passage et ne pas laisser la moindre place pour mouiller, ou est-ce nous qui n’avons pas osé aller voir jusqu’au bout? Peu importe, après un instant de panique (la nuit tombe dans moins d’une heure) et une délibération houleuse, nous nous rabattons sur l’estero Machilad qui n’est pas mentionné dans aucun de nos guides mais semble bien protégé. De toutes façon il n’y a pas de catastrophe météo annoncée . Bonne nouvelle il semble il y avoir suffisamment de place pour mouiller derrière les parcs a moule qui barrent l’entrée. Heureusement le bac nous montre le chemin et il y a encore assez d’eau sur le côté pour passer contrairement à ce que montrait la carte. Nous mouillons dans 17 mètres d’eau (et nous sommes à marée basse !) mais avec toute la chaîne (75m) et le petit coefficient ça devrait passer.

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Samedi 16 février 2019:

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C’est sur une mer d’huile et sous un ciel un peu maussade que nous rejoignons Puerto Montt. Le timing est parfait. Les pièces commandées chez Volvo en Europe pour la réparation de l’inverseur sont déjà arrivées à Santiago et devrait être livrées ici mercredi. Il nous faut mettre à sec, faire le grand nettoyage de la carène et de l’intérieur , les courses, la lessive et j’en passe, bref, préparer Rêve à Deux pour le Pacifique.

IMG_1931l’accueil à Puerto Montt

Nous avons parcouru 10 000 miles (18 500 km) depuis notre départ des sables en juillet dernier. Après celles du Brésil, de l’Uruguay et des Malouines, la page de la Patagonie se referme, chargée de paysages sauvages et grandioses, d’émotions, d’efforts et de bonheurs, une nouvelle page va s’ouvrir, vierge…

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(3) Golf de Penas à Puerto Montt

jeudi 7 février 2019 :

Le temps est idéal : un magnifique ciel bleu sans nuages, 10 à 12 nœuds de vent de nord. Nous nous régalons de cette journée d’été .

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Nous avons décidés, une fois n’est pas coutume, de prendre du bon temps et de profiter de ces conditions estivales pour aller à l’île de Jechica. Jechica est une île privée sur laquelle un millionnaire chilien à aménagé une petite marina et une réserve naturelle avec des chemins de randonnée. C’est un havre de paix. La marina est blottie tout au fond d’un fjord qui pénètre jusqu’au milieu de l’île. En fait c’est plutôt un hôtel de luxe acceptant les bateaux de passage en leur offrant hospitalité et restauration dans un cadre idyllique. Tout a été pensé et aménagé, pour que ce soit agréable à vivre, plaisant aux yeux et totalement en osmose avec la nature environnante. Pour notre première vrai douche chaude de puis le 23 décembre nous sommes gâtés : Les douches sont de véritable salles de bain en marbre dans un confortable chalet en bois décoré avec gout et sans ostentation. Inutile de vous dire qu’on y passe un bon moment. Le soir nous réservons une table au resto, le serveur vient prendre notre commande au bateau. En fait nous sommes les seuls clients ce soir. Nous sommes servi comme des rois avec un serveur et un chef de cuisine pour nous tout seul Et quel repas !

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ça c’est servi avec l’apéro!

IMG_1288île Jechica Marina y Refugio S44°25’13-W 73°51’58

 

vendredi 8 février 2019:

IMG_1291Ils ont tout prévu même l’escalier pour descendre du bateau.

Nous nous préparons pour une grande ballade dans l’île , nous mettons les bottes , nous savons que dans ces contrées les bottes sont obligatoires même si le soleil nous fait l’honneur d’être des nôtres , le sol y est toujours gorgé d’eau . Pour la première fois nous pourrons pénétrer dans la forêt primaire. Le propriétaire des lieux à mis des années à aménager le sentier. C’est d’abord un tunnel de verdure qui longe la grève sans que nous puissions la voir tellement la végétation est dense , ensuite nous longeons une plage de galets, ou l’on peut voire une petite maison en bois recouverte d’herbes et de feuillages, habitat traditionnel des indiens de Patagonie. Nous continuons vers le lac et traversons l’île toujours par ce petit chemin qui serpente tantôt à découvert quand il traverse les tourbière tantôt taillé à travers la forêt. Pour éviter l’érosion et les détériorations, le sol sous nos pieds à été recouvert de rondins ou de planches grossièrement taillées. La seule ombre au tableau ce sont les mouches plates et les gros bourdons qui nous attaquent en masses bourdonnantes dés que nous sortons de l’abri.

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IMG_1309La mousse colonise le moindre espace.

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Le retour se fait par le même chemin mais c’est quant même très chouette et c’est une expérience fantastique de pouvoir enfin découvrir cette forêt de l’intérieur.

La soirée nous la réservons pour le tinaja le bain chaud traditionnel de Patagonie, c’est une sorte de jacuzzi sans les bulles, c’est en fait un demi tonneau cerclé à l’intérieur duquel un poêle à bois est installé pour chauffer l’eau directement. L’eau de l’île est de couleur brun rouge assez sombre à cause de la tourbe qui compose le sous-sol, c’est assez impressionnant d’y pénétrer. Mais elle si bonne que c’est sans difficulté que nous nous coulons à l’intérieur et savourons une bonne heure de détente et de relaxation bien venue après la marche de la journée (on était plus habitués). Nous sommes face à la baie et pouvons apercevoir trois bateaux charter qui arrivent lentement dans la baie, ce soir nous ne serons pas seul au restaurant. Comme il font les choses bien ils nous installe à l’étage pour prendre l’apéritif ainsi nous pouvons être tranquille et profiter pleinement de l’endroit. Du balcon on a une vue magnifique sur le fjord et au loin on aperçoit le volcan Corcovado dont le sommet enneigé resplendit dans les lueurs du soleil couchant.

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essayé c’est adopté!

Vendredi 9 février 2019:

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Il faut penser à repartir et quitter cet endroit idyllique et nous profitons de la marée descendante pour rejoindre le canal Perrez Norte qui serpente à travers l’archipel des Chonos, terrain de jeu rêvé car les mouillages y sont nombreux, la nature superbe et les conditions plus clémentes que plus au sud. Le temps est parfait, nous adorons glisser sur l’eau, j’ai mis mon chapeau et Domi sa casquette , en short et lunette de soleil et j’admire le paysage assis à l’arrière du bateau rectifiant de temps en temps le pilote . Dans ces chenaux, il faut toujours que l’un de nous soit en veille, surtout que par ici avec les élevages de saumon, il y a un peu de trafic. L’autre par contre peut bricoler à l’intérieur.

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Puerto Melinka est devant nous mais nous ne voulons pas y aller car l’abri n’est pas bon et en plus il faudrait visiter l’armada pour faire le Zarpe (ils sont certes sympathiques mais quand on peut éviter la paperasse) . Nous nous arrêterons donc juste avant à la Caleta Momia juste l’île Clotilde et l’île Frésia. Nous amarrons pour peut-être la dernière fois avant longtemps avec des bouts à terre . Les marées par ici deviennent plus importantes le marnages atteint déjà plus de 2 mètres (contre quelques dizaines de cm dans le sud) et pourtant nous sommes en mortes eaux.

IMG_1420Caleta Momia entre l’île Clotilde et île Frésia

 

 

 

 

(2)Golf de penas à Puerto Montt

 

IMG_1104Port Aguirré

Lundi 4 février 2019 :

Nous prenons le temps ce matin pour mieux nous amarrer le vent ayant un peu tourné ouest et nous pousse un peu trop vers les rochers de la pointe au goût de Domi. L’endroit est très joli et la pointe a été bien aménagé en zone récréative avec parcours nature Ensuite vient le temps d’aller à terre et pour moi c’est une joie je n’étais pas descendu à terre depuis Puerto Eden (Domi avait au moins touché la terre ferme presque tous les jours pour mettre ses aussières).

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Nous prenons l’annexe avec le petit moteur électrique (que finalement nous utilisons peu) pour ne pas avoir à porter nos courses. Nous retrouvons le même style de village que Puerto Eden mais nous avons le soleil et la chaleur en plus. Il fait 30° aujourd’hui et nous n’avons plus l’habitude d’une telle chaleur. Je me suis pourtant mise en short et tee-shirt.IMG_1114Le petit cimetière marin sur l’îlot en face du village

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Après la visite à l’armada pour refaire le Zarpe (autorisation de naviguer) c’est les courses. Nous n’avons plus de produit frais à bord. Nous sommes contents de trouver des légumes et surtout des fruits. Nous trouvons aussi un légume qui est entre ail et l’échalote et qui est produit à Chiloé (très très bon). Nous achetons aussi du pain ce qui me donne une pose dans mes activités boulangères. L’après midi nous repartons en ballade. Nous prenons le petit chemin couvert de coquillage qui longe la côte puis la petite route qui mène au village, nous montons tout en haut de la colline et admirons le panorama grandiose de cet archipel surplombé par le sommet enneigé du volcan Macà (2300m), c’est fascinant d’autant plus qu’il est extrêmement rare d’avoir un temps si clair ici. La journée passe vite et nous sommes content d’avoir pu profiter de ce moment de détente et de cette superbe ballade.

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Mardi 5 février 2019:

Nous reprenons la mer mais pour aller à la caleta Oléa distante de seulement une dizaine de milles. A peine sortis de notre abri une bonne brise nous emmène rapidement à destination. Le vent de nord est dévié au nord est et accéléré dans le cana Ancul nous faisant craindre un moment que cette caleta ne soit pas bien abrité mais une fois à l’intérieur plus rien ne bouge. Le branche nord-est de la caleta, indiquée sur notre guide comme étant l’endroit ou mouiller est barrée par de grande cordes qui ont dû être utilisées pour un élevage de moule. Nous mouillons le long avec trois bout à terre. Le soir un bateau de pêche nous rejoint et mouille de la même façon que nous mais en plein milieu de l’étroit chenal. Après un court échange de civilités en franco-espagnol nous nous rentrons à l’intérieur, La pluie commence à tomber.

IMG_1191Caleta Olea S45°02’29-W 73°27’78

Mercredi 6 février 2019 :

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8 heure, à peine levé le pêcheur (ou plus vraisemblablement des éleveurs de saumon vu la façon dont leur bateau est équipé) est déjà en bras de combat et part de la caleta en nous faisant des signes d’au revoir. C’est une journée de petit temps qui nous attend aussi nous ne sommes pas pressé de partir. Mais c’est finalement très agréable de glisser sur l’eau à la voile sur une mer plate avec une brise juste suffisante pour avancer. Nous arrivons en fin d’après-midi à la caleta Brooks, une jolie baie dans un passage étroit parsemé de rocher entre deux îles. Le mouillage est très bien protégé des vents d’ouest mais il ne faudrait pas que le vent tourne plus au sud. On s’assure sur 4 amarres au cas ou mais les fichiers sont rassurants, le vent devrait rester à l’ouest sans forcir. Courte promenade sur la rive, mais ici encore la forêt est tout à fait impénétrable.

IMG_1209Caleta Brooks

IMG_1211Fausse rhubarbe

IMG_1218Les moules que nous ne pouvons pas consommer à cause de la marée rouge.

 

 

 

 

(1)Golf de Penas à Puerto Montt

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Jeudi 31 Janvier 2019:

Et nous y sommes à ce fameux golfe de Pénas et nous avons le temps idéal et une super météo. Vent de secteur Sud Sud Ouest 20 nœuds avec une houle associée de 3 mètres qui se calme. Le ciel est un peu couvert en début de matinée mais vient progressivement au beau puis au très beau, même la température remonte. Rêve à Deux frétille de plaisir et fonce à 8 – 10 nœuds à 100° du vent sous génois et GV à 1 ris, la houle est bien orientée et il passe sans taper ni mouiller, bien sûr à l’intérieur il faut s’accrocher un peu mais rien qui ne nous permettent pas de nous faire à manger.

Nous passons enfin le cap Rapper qui marque la sortie du golfe. Il est 19H 22. Le vent se calme et adonne progressivement. Nous passons une très bonne nuit, quand notre tour vient de descendre dans la couchette on s’endort aussitôt d’un sommeil profond pour 3 ou 4 heures ce qui est plutôt étonnant pour une première nuit en mer. Le manque de sommeil de la nuit précédante y est sans doute pour quelque chose…

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Vendredi 1 février2019 :

A 7 h 45 le jour est levé depuis presque 2 heures, nous sommes, au large de la Bahia Anna Pink, il faut choisir : y rentrer maintenant , arriver en milieu de journée dans le mouillage et passer le lendemain par le canal Pulluche (qui nous prendra sans doute 2 jours au moteur à cause des courants) où continuer et rentrer par le canal Darwin qui nous fera gagner quelques dizaine de milles mais dont le premier mouillage est encore à 70 milles, il faut être sûr d’arriver avant la nuit. Le choix n’est pas facile, Il y a peu de vent mais la houle est longue et régulière et nous avançons bien. Nous choisissons donc de passer par Darwin. Compte tenu de notre problème d’inverseur qui prend l’eau c’est le choix logique. Du coup on se paie le luxe de hisser le spi pour gagner quelques nœuds.

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Mais ce sera ric-rac, le vent nous lâche au large des îles Puyo, le spi est affalé et c’est au moteur que nous traverserons la baie de Darwin. Mais à 1000 tours on atteint péniblement les 3,5 nœuds, parfois 4 quand nous attrapons un souffle d’air. Il commence à se faire tard nous épluchons les cartes et les guides à la recherche d’un mouillage plus proche que celui que nous avons choisi (la caleta Sergio – un clin d’œil à nos amis du sud de la France Dominique et Sergio qui auraient adoré faire les canaux avec leur bateau).

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mais rien de vraiment moins loin ni suffisamment abrité, nous commençons à être un peu inquiets : allons nous être obligés de remonter le canal Darwin de nuit ou de patienter à en tirant des bords au large en attendant le jour? Mais vers 19 :30, une petite brise de mer se lève et le courant s’inverse juste à temps ! Il y a de nombreuses salmonérias (élevages de saumon) entre les îles et du canal. La région paraît beaucoup moins sauvage que le sud et le soleil radieux dont nous avons tant manqué depuis des semaines, rajoute encore à cette impression. Nous mouillons à 21 :00 au milieu de Puerto Sergio. C’est un tout petit port naturel sur un îlot au centre du Canal Darwin. Domi essaye de tirer des bout à terre mais c’est trop compliqué et il commence à faire sombre, de toute façon , l’abri est total et les prévisions n’annoncent pas de vent on restera donc sur ancre pour cette nuit, il faut de toute façon que l’on commence à se réhabituer à mouiller « normalement ».

IMG_0941Puerto Sergio S 45°27’20-W 74°07’38

Samedi 2 février 2019:

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C’est très Beau mais c’est pollué par une quantité impressionnante de petits alvins morts , il y a aussi la marée rouge qui envahi l’anse et nous pensons qu’elle y est peut être pour quelque chose dans cette mortalité ? Il fait 25° et le ciel est d’un bleu parfait, sans un nuage. C’est notre première journée de vrai beau temps depuis très très longtemps, on avait presque oublié comme c’est bien. On s’accorde une journée sans navigation, et on en profite pour réparer de petites déchirures sur la grand voile (elle a plus de cinq ans et beaucoup de milles, la membrane composite commence à fatiguer).

IMG_0942Couture faite sur place

Dimanche3 février 2019:

Il y a des jours où il faut se lever tôt et celui ci en fait partie. Le canal Darwin ce rétrécit sur une quinzaine de milles tout près d’ici et il faut à tout prix se présenter à l’entrée de de l’étroiture à l’étale de marée basse pour faire tout le passage avec le courant favorable.IMG_0968

Bon, la nature est bonne avec nous, (ou peut-être sommes nous de grand stratèges J) aujourd’hui « tôt » est très raisonnable, la marée se renversant à 8 :45 nous nous levons à 7 :30 (hier il aurait fallu se lever une heure plus tôt.) A 9 h nous sommes déjà dans l’étroit passage.

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Il n’y a pratiquement pas de vent, le ciel est toujours parfaitement bleu, nous avançons avec le courant en glissant sur cette mer d’huile. De droite à gauche nous entendons des phoques grogner mais nous ne les voyons pas. Après ce passage, le canal Darwin se termine et laisse la place au canal Morelada, beaucoup plus large. Nous arrivons dans un courant d’air et le vent se met d’un seul coup à monter à 20 nœuds. On est prêt et on prend un ris de peur que le vent monte plus mais ce n’est qu’une rafale, un courant d’air. Le paysage est magnifique, très différent de ce que nous avons vu jusqu’ici (les jours ou on voyait quelque chose J) le plan d’eau est très large, parsemé d’îles basses à la végétation touffue, dans le lointain, du nord-est au sud-est s’étale la cordillère des Andes dont les sommets enneigés se découpent sur l’horizon.

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Nous voulons nous arrêter à la caleta Estero Graza, elle est à 3 milles, il suffit de passer cette ferme de saumon et on y sera. Le bateau glisse gentillement sur l’eau à 4 nœuds en longeant la ferme à 500 mètre quant tout à coup, frayeur !  une énorme aussière flotte entre deux eaux à quelques mètres devant notre étrave, plus moyen de l’éviter. D’un côté elle doit être reliée à la ferme, de l’autre elle semble aller jusqu’au milieu du canal. On affale tout en catastrophe. Mais, trop tard ! ce n’est pas un mais deux bout qui sont pris dans notre quille (vive les quilles en T). Comment se tirer de cette situation ? Domi s’énerve et peste contre ses éleveurs qui on mis les balises à croix jaunes de signalements au bout des pontons au lieu de s’en servir comme ils le devraient pour délimiter la zone à éviter. On retire l’annexe pour atteindre un des bouts qui c’est pris dans le safran mais le courant nous pousse dans la mauvaise direction, impossible de se dégager. On allait se résoudre à couper les aussières quand une embarcation nous rejoint, ce sont les ouvriers de la ferme qui ont tout de suite compris ce qui se passait et à l’aide de leur 50 cv commence à essayer de nous tirer. Il faut tout de même un moment pour leur expliquer que nous avons un lest torpille 2 mètre plus bas et un safran suspendu à l’arrière. Après quelques essais infructueux ils parviennent enfin à nous tirer dans la bonne direction et nous dégager des cordages. Plus de peur que de mal, nous les remercions en leur conseillant de mettre une signalisation sur leurs bouts flottants.

IMG_1036Merci les gars !

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Du coup on est un peu refroidi pour la caleta et décidons de pousser sur Puerto Aguirré, nous reste encore assez de temps pour arriver avant la nuit. Nous passons entre les îles pour rejoindre le canal Ferronave sous le regard de dizaines de pingouins de Magellan nageant nonchalamment et ne prenant même pas la fuite à notre approche, pourquoi paniquer quand une simple apnée de quelques mètres suffit pour éviter le bateau.

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Nous informons l’armada par VHF de notre arrivée, ils nous autorisent à attendre demain pour faire les formalités. Nous allons directement à la caleta Pozo. Il y a déjà 2 bateaux qui sont ancrés mais l’anse est assez grande pour 3. De toute façon l’un des voiliers (équipage américain, pavillon chilien) nous laisse sa place et s’en va cap au sud. Nous nous amarrons avec deux bouts à l’arrière et l’ancre à l’avant.

IMG_1101Port Aguirré S45°09’87-W 73°31’25

 

 

 

(7) La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

IMG_0692Lundi 22 janvier 2019:

Il est 10 heure et après s’être débarrassé de tout le kelp que l’on pouvait ramasser avec notre ancre et avoir dit au revoir à nos amis Suédois et Américain nous reprenons le canal qui se rétrécit à l’Angostura Inglesa, nous avons promis aux gardes côtes d’arriver à la caleta Sabauda (notre première étape dans le canal messier) avant 18 heures il nous faut donc pas rater la marée.

IMG_0709Caléta Sabauda S 48°54’16-W 74°21’76

Le passage est splendide et le soleil montre le bout de son nez, de plus la nuit dernière il a neigé sur les sommets saupoudrés de neige fraiche. Le courant est nul, l’eau plate comme un miroir, ce passage réputé difficile prend des allure de navigation fluviale.

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Mais les meilleures choses ont une fin, à peine à la sortie du passage que le vent de nord ouest se lève à 20 nœuds. Heureusement nous sommes presque arrivés. Nous ficelons Rêve à Deux par 4 bouts dans l’étroit emplacement indiqué sur le guide. Aussi nous passons une nuit calme même si dehors dans le canal il pleut des cordes et le vent souffle fort.

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Mardi 23 janvier 2019:

Nous restons aujourd’hui sagement au mouillage. Le vent même ici souffle fort et l’annexe qui se trouvait à l’arrière du bateau a été soulevé au cour d’une racha. Domi en profite pour rajouter un bout supplémentaire sur le côté (on est jamais trop prudent) . Des williwaws et rachas se sont succédés toute la journée dans la baie et de temps en temps la mer devenait toute blanche, un vrais temps de cochon ! En fait ils se formaient juste au dessus de nos têtes et tombaient quelques fois juste devant le bateau, heureusement qu’on s’était rentrés au maximum. Par contre Il ne fait pas froid et l’on en profite pour se laver la tête et pour Domi se raser de prés mais c’est à peu près tout ce que nous arrivons à faire. Avec ce barouf que fait le vent nous avons du mal à nous concentrer et nous ne pouvons faire que des travaux simples.

IMG_0762Le soir enfin le vent se calme.

Mercredi 24 janvier 2019 :

Nous nous levons tôt ce matin pour pouvoir partir avant que le williwaws ne se réveillent. En général le phénomène ne se produit qu’assez tard dans la matinée et se calme vers 18 heure (horaire syndical sans doute). Nous avons de la chance tout est calme quant nous remontons les bouts à bord.

IMG_0767Encore une épave de bateau échoué

C’est une journée un peu spéciale qui nous attend. Le vent varie entre 8 et 27 nœuds en quelques secondes. Quelle voilure choisir, c’est un vrai casse tête chinois, pas question de réduire et de renvoyer de la toile toutes les 30 secondes. Finalement nous restons avec un ris et la trinquette se qui nous permet de virer facilement et nous contrôlons avec l’écoute de G-V si le vent monte. Il n’est que 13 heures et nous pourrions continuer encore quelques heures mais çà suffit ! Nous en avons un peu marre de ce vent à claque qui n’arrange pas le matériel et et comme nous sommes juste devant la caleta Yvonne, un excellent abri juste à l’entrée du seno Iceberg (qui mène au glacier continental Campo de Hielo) nous décidons d’y mouiller. IMG_0776Caléta Yvonne S 48°39’81-W 74°19’31

C’est sympa de s’arrêter de bonne heure on a l’impression de vivre deux journée dans une J, çà fait du bien. La crique est très jolie, c’est un petit bassin presque complètement fermé, entouré de beaux arbres, on aperçois le seno par l’entrée.IMG_0775

J’ai le temps d’aller à terre pour faire un peu de lessive et Domi de bricoler sur son bateau, aujourd’hui il change (encore) les bosses de ris qui s’use à une vitesse alarmante, il faut dire qu’elles sont très sollicitées. En fin d’après-midi nous observons un phénomène très impressionnant la mer descend et c’est le courant venant tout droit du glacier qui remplie le lagon d’une eau bleu pale un peu laiteuse et 2°C plus froide que l’eau de mer. Juste avant la nuit un bateau autre bateau arrive et vient mouiller dans la deuxième anse contiguë à la notre. Nous leur parlerons à la VHF le lendemain matin, c’est un bateau Chilien avec un équipage français. Ils viennent de Puerto Montt, ils ont passé le golfe de Penas il y a quelques jours et ils ont eu du mauvais temps, en arrivant ils se sont abrité à la caleta Idéal qu’il nous conseillent vivement : ils y ont essuyé 50 nœuds de vent de nord ouest sans aucun problème. Ils vont au glacier.

Jeudi 25 janvier 2019:

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Il est prévu que nous n’ayons pas de vent aujourd’hui mais la météo a tout faux et est à peine le nez à l’extérieur de la caléta que le ciel ce couvre de gros nuages noir de noir présageant de fortes rafales, mais nous sommes partis. Un gros Cruise Ship (paquebot de croisière) est devant l’entrée du glacier. Nous n’irons pas, cela fait un trop grand détour 25 milles aller et retour dont plus de la moitié forcément au moteur et contre le courant. Tant pis peut-être la prochaine fois avec un moteur tip-top…Finalement le temps s’arrange au fur et à mesure que nous avançons et nous marchons bien dans un vent modéré et pas tout à fait dans l’axe du canal Messier.

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Aussi à la fin de la journée, au lieu de nous arrêter comme initialement prévu à la caleta Point Lay nous préférons pousser jusqu’à la caléta Chaski qui est une caléta très bien protégée de tout les vents et pas sujette au williwaws. Il nous faut en effet un vrai bon abri, les jours et les nuits qui vont suivre seront très ventés. Juste avant d’arriver, nous croisons un catamaran venant du nord. Avec toutes les rachas et williwaws que l’on subit sur les canaux j’aurais un peu peur de naviguer avec ce genre de bateau. Nous essayons d’abord d’entrer dans la caleta Tinja, un petit bras à l’entrée de la caleta Chaski. Sur le plan l’abri semble parfait mais l’entrée est vraiment très très étroite, encombrée de kelp et avec très peu de place pour se faufiler entre les arbre, l’endroit nous rappelle ce petit bras de canal ou nous avions essayé d’entrer en Hollande et ou nous nous étions échoués en essayant d’éviter que la girouette ne s’accroche dans les arbres. Nous nous en étions sortis grâce à un remorqueur à vapeur d’époque qui passait par là. Mais ici il n’y a que les canards vapeur aussi nous continuons jusqu’au fond de la caleta Chaski ou l’abri est parfait une fois amarré aux arbres.

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Vendredi 26 janvier :

Notre prochaine marque de parcours c’est le golfe de Penas qui n’est qu’à une trentaine de milles. Ce golfe est réputé pour être difficile avec une mer forte et courte. Nous passons donc beaucoup de temps à étudier la météo pour avoir le meilleur créneau météo pour passer. Pour l’instant, l’anticyclone est encore trop loin et les dépressions du pacifique sud nous donnent de forts vents de nord à nord ouest avec de la houle de 4 à 5m, pas bon du tout. Par contre, on aura peut être une chance au milieu de la semaine prochaine avec l’anticyclone qui s’affermit et se rapproche en amenant des vent de sud sud-ouest et une mer moins forte (on trouve tout çà sur les gribs, vive le progrès !). En attendant nous sommes toujours à Chaski et c’est un vrais bijou.

IMG_0839On a même l’eau courante !

 Nous nous sommes bien installés tout au fond de la crique à côté de la rivière , on a une vue splendide sur la montagne environnante et les sommets enneigés de l’autre côté du canal Messier que l’on aperçoit par l’entrée de la caleta. La forêt autour est complètement inaccessible, c’est un rideau végétal impénétrable et Domi a eu beaucoup mal à nous amarrer sans pouvoir débarquer. On entend les oiseaux et une loutre vient de temps en temps nous observer intriguée par notre venue. Le calme y est parfait et nous allons nous reposer et préparer notre passage. Ce soir je prépare une morue (achetée à Itajaï ne le dite pas aux douaniers chiliens) que j’avais dessalée la veille et qui attendait sur le coin de la cuisine le moment propice pour être dégustée. Accompagnée de pomme de terre et d’un bon verre de vin blanc elle nous permet de finir cette journée paisible agréablement.

IMG_0857Notre copain cormoran qui nous fait un show!IMG_0863

Et oui il s’est mouillé! Pas toujours facile la vie de cormoran funambule!

IMG_0867et révérence !

 dimanche 27 janvier 2019:

C’est le jour d’une bonne grasse matinée et aussi le jour de lessive , je me suis aperçu que les matelas à l’avant commençaient à être piqué par l’humidité. Donc, on déménage tout on aère les matelas et on lave les housses. Vinaigre, eau de javel et essence de tee tree sont très efficaces pour ôter l’odeur de moisie. Par contre ce n’est pas le bon jour pour faire sécher la lessive car, oui, il pleut encore et toujours. Par contre on récupère suffisamment d’eau douce et pure pour remplir tous nos jerrycans.IMG_0878l’habitat d’une loutre , oups ! elle est plus là !

IMG_0872Et là c’est pas une loutre mais un phoque !

lundi 28 janvier 2019:

Nous restons ici nous y sommes bien et organisons notre attente à faire plein de choses que nous avions envie de faire et que nous n’avions pas le temps de faire. Comme du matelotage monter en haut du mat pour vérifier le gréement faire la vidange moteur , et des choses plus agréable se regarder un film et cuisiner des gâteaux et mettre à jour ces articles car même si ne nous pourrons pas les charger sur le blog avant peut-être un mois, c’est important de ne pas prendre de retard dans la rédaction .

mardi 29 janvier 2019:

Et pourquoi pas un dernier jour de repos dans ce havre de paix surtout que ce matin le soleil fait son apparition . Çà nous donne plein d’entrain pour remuer tout le bateau et le sécher avant les prochaines pluies . Un courant d’air est organisé d’avant à l’arrière , on secoue les puces du bateau et on les met dehors …Domi répare encore une fois les bosses de ris et leurs donnent une dernière chance en les inversant où en réparant les gaines usagées . Le frigo est nettoyé, c’est facile, il commence à ne plus rester grand-chose dedans. L’équipage prend même une douche chaude à l’extérieur, il fait si bon !

IMG_0874Pourquoi partir on est si bien ici ?

mercredi 30 Janvier :

On commençait à prendre racine. IMG_0891

Nous changeons de crèmerie et allons 35 mille plus loin vers la caleta idéal qui est le point d’attente parfait avant le passage du golfe de Penas (littéralement le golfe des peines)un passage largement ouvert sur le pacifique et redouté de tous les marins. La grande houle d’ouest sud ouest générée par les incessants trains de dépressions, se raccourcit en arrivant sur le talus continental tout proche ou les fonds passent en quelques milles de 3000 à moins de 100 mètres. La houle de perd pas de sa hauteur mais devient confuse et hachée, particulièrement si le vent du nord- ouest venant encore ajouter des vagues croisées. Or il nous faut gagner vers l’ouest pour contourner la Peninsula de Taitao, qui se termine par les Cabo Trés Montes et Cabo Raper. Un vrai programme de réjouissances. Mais demain nous devrions avoir des conditions assez favorables pour franchir cette véritable barrière qui sépare la Patagonie au sens propre de l’archipel des Chonos. Pour l’instant bien amarré trois points dans un renfoncement de la côte et nous en profitons pour avancer notre liste de bricolages et d’entretiens du bateau.IMG_0881Caléta Idéal S47°45’50-W 74°53’55

Sur le GRIB de 18 heures les conditions sont bonnes pour demain matin. Par contre le vent va faire un passage par le nord nord est à 25-30 nœuds dans le milieu de la nuit et dans notre petit renfoncement nous ne serons plus protégés, et par le fait un peu trop près des rochers au gout de Domi. Nous allons donc mouiller sur ancre au milieu de la caleta. Cela nous permettra aussi de partir plus rapidement sans avoir à aller chercher les bouts à terre ni dégonfler et ranger l’annexe.

Le vent à bien tourné en montant comme prévu dans la nuit mais les fond ne sont pas très bon dans cette caleta : principalement des pierres et des rocher. Chaque fois que le bateau bougeait dans une rafale la chaine raclait sur les rochers en faisant un bruit infernal nous laissant penser que l’ancre dérapé. Domi est inquiet et me communique son inquiétude. Aussi nous nous relayons pour surveiller et comme la nuit est d’un noir d’ancre nos seule références sont le radar et le GPS sur l’écran de l’ordi agrandi au maximum : c’est comme regarder en boucle le film de la trace du bateau tissant une toile serrée sur l’écran.

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Jeudi 31 janvier 2019:

Après cette nuit sans sommeil, le réveil n’est pas facile et quand retentit la sonnerie nous avons un peu de mal à quitter la couette mais on se fait violence et partons sans regret de cette caleta qui nous avait paru au premier abord si accueillante.

Le vent à bien tourné comme prévu au sud ouest 20 nœuds. Nous filons à plus de 8 nœuds vent de travers. On se signale au passage à la VHF au gardien du phare de San Pedro et c’est sous le regard de deux cachalots que nous nous engageons dans le Pacifique.

La vie est belle J !IMG_0900Pas facile à prendre en photo ces bête là !

(6) La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

Vendredi 19 janvier 2019 :

Si on m’avait dit qu’il pleuvait autant j’aurai peut-être réfléchi à deux fois avant de venir , La condensation s’en donne à cœur joie et je surveille de près tout se qui aurait tendance à moisir . Tous les vêtements sont sous plastiques et nous utilisons les mêmes vêtements depuis que nous sommes partis. Je fais bien quelques petites lessives mais le strict minimum. Nous n’avons plus que des oranges et des pommes et en légumes quelques carottes, pomme de terre et oignons. Heureusement il nous reste beaucoup de légumes et de féculents secs où en conserve, de fruits secs et des graines de toutes sorte. Je fais du pain, des gâteaux, et de la salade de graines germées .IMG_0588

Nous quittons le canal Wide et empruntons le canal Icy le bien nommé. C’est l’accès au glacier Pie XI. Nous n’irons pas jusqu’au glacier mais déjà l’eau est de ce bleu très spécial et le courant n’est plus du tout en rapport avec la marée mais clairement du à la fonte de la glace. Nous mettons le clignotant à gauche sur le canal Grappler, le canal aux milles cascades.

IMG_0598Caleta Lucrécia (donne directement sur le canal Grappler) S 49°30’68-W 74°15’94

Caleta Lucrecia sera notre arrêt de ce soir. Au fond il y a une cabane de pêcheur sur un énorme tas de coquille de très grosses moules (cholgas) ils doivent les décortiquer sur place mais aujourd’hui il n’y a personne.

 

Samedi 20 janvier 2019:

Nuit très calme et dehors il y a pétole, le canal luit tel un mirroir. Dans un souffle d’air nous partons sous voile plus moteur au ralenti. Les paysages par ici sont assez lugubres, les roches sont noires et luisantes et par ce temps maussade elles resortent encore plus sombres. Des cascades se déversent de la moindre infractuosité de la roche des versants pour se jeter dans la mer. Nous sortons du canal Grappler pour aborder le Paso del Indio. Il y a un peu plus de vent, nous coupons le moteur. Nous sommes vent arrière (pour une fois J).

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Au bout de quelques milles nous affalons la grand voile pour être le plus manœuvrant possible dans ces passages plutôt étroits. Tout à coup nous apercevons un bateau derrière nous. Il est manifestement plus petit que nous mais il nous rattrape il est sous voile mais il doit avoir aussi son moteur car il avance plus vite que nous. Il nous dépasse et alors que nous faisons un léger détour pour laisser passer un cargo et arrive juste avant nous à Port Eden ; il nous dira plus tard qu’il forçait un peu l’allure car il n’était pas sûr des horaires de marées et il craignait que le courant s’inverse. D’ailleurs il y a foule, devant Puerto Eden, à peine le cargo passé en envoyant ses messages de sécurité sur les ondes de la radio (afin de s’assurer qu’il aura le passage libre dans les passages étroits) , C’est un chalutier qui à son tour nous dépasse et maintenant c’est le ferry repart emportant ses passagers vers Puerto Montt et la civilisation. On avait plus l’habitude d’un tel trafic ! Les petites maisons en bois colorées du village apparaissent devant nous. Mais c’est tout petit ! A peine une trentaine de maisons. Nous rentrons dans la baie devant le village. Ce n’est pas grand non plus, seulement trois bateaux peuvent y mouiller.IMG_0626

Le bateau qui vient de nous dépasser est déjà ancré, il bat pavillon Suédois. Nous les invitons à venir à boire un verre et manger à bord ce soir. Pia et Ulf sont partis de Stockholm il y a quatre ans déjà dans leur petit bateau (9m, quille longue et arrière norvégien, construit à la fin des année soixante).IMG_0624Puerto Eden S 49°07’63- W 74’24’77

 

Après un détour par le Spizberg (c’est presque sur la route, non ???) et une descente de l’Atlantique ils sont arrivés au Chili. Ils ont quitté Puerto William vers le 20 novembre, juste un mois avant nous. Nous sommes les premiers humains qu’ils aient rencontré depuis cette date et nous n’avons non plus rencontré personne depuis Puerto Williams. Nous passons une super soirée ensemble en vidant quelques bouteilles d’excellent vin chilien et un bons plat de ragouts de mouton au haricots. Entre temps, un bateau Américain est arrivé du nord il ne reste plus beaucoup de place dans la petite baie, juste le bout du quai que personne n’utilise.IMG_0649

Dimanche 21 janvier 2019:

Pendant la nuit l’alarme de mouillage se met à sonner Domi se lève et vérifie son ancrage il reste un petit moment à contrôler si tout tient, au bout d’une heure il vient se recoucher. Le matin c’est moi qui me lève la première et l’alarme se remet à sonner là je pense que l’on dérape. l’ancre semble raccrocher mais nous sommes maintenant un peu trop prés du rocher avec une balise. Nous nous déplaçons, entre temps l’Américain aussi dérape et se retrouve en plein dans le chenal d’entrée presque à l’extérieur, il se remouille devant nous.IMG_0676

A la fin d’une matinée pluvieuse, nous avons enfin un peu de soleil mais en alternance bien sure avec des averses, faut pas rêver ! Nous pouvons descendre à terre et faire quelques courses à l’épicerie du coin tenu par un couple de personne âgés.

On a pas osé les photographier, ils étaient tous les deux vraiment conforme la vision que l’on peut avoir des indiens qui vivaient ici il y a deux siècles. L’épicerie aussi semblait venue tout droit du 19ème siècle avec sont comptoir en bois et ses étagères dégarnies. Au retour au mouillage Domi essaie de réparer les contacteurs du guindeau qui ne fonctionne plus ce qui est très gênant car on est obligé de remonter l’ancre à la main. De la graisse que Domi avait utiliser pour améliorer étanchéité semble s’y être infiltrée et empêche le contact de se faire. En secours, en tirant un câble jusqu’à l’arrière Il installe un interrupteur dans un boitier manœuvrable depuis la barre. De mon côté je range les quelques courses que nous avons ramenées (œufs, patates, oignons, un peu de viande et de vin rouge) et prépare le repas du soir. Ensuite nous profitons que le vent se soit un peu calmé pour remouiller. Le vent à encore tourné et nous sommes maintenant trop près de l’Américain et de plus le vent va tourner et nous risquons de nous retrouver sur la falaise fermant le côté est de la baie.IMG_0665

Ensuite et enfin nous retournons à terre faire une belle ballade autour de ce village quasi-lacustre. Un promenade en planche construite sur pilotis avec une belle rambarde en bois a été aménagée au tour de l’île allant de maison en maison. Beaucoup de ces petites maisons semblent neuves (ou très bien entretenues). Les cheminée qui fument indiquent celles qui sont habitées. Il y a aussi de vieilles constructions défraichies ou un peu délabrées comme l’épicerie. Une cale toute neuve et une petite « gare maritime » ont été construites récemment pour recevoir le ferry qui apportent les provisions et fait le lien avec le reste du monde. Le chemin de planche continue jusqu’au sommet de l’île ou à été aménagé un belvédère donnant une vue imprenable sur les environs. On pensait que le sommet de la colline serait peu être plus sec que le bas, pas du tout : constitué de tourbières, il est encore plus détrempé que le reste de l’île, c’est d’ailleurs là qu’est installé le captage de l’eau potable alimentant les maisons du village.IMG_0666

L’armada est installée sur une autre île en peu à l’écart du village. Leur bâtiment a brûlé l’année dernière, on leur a construit un ensemble tout neuf avec de magnifiques toits bleus surveillant l’entrée de la baie. Après un bref échange à la VHF nous sommes dispensé d’aller leur rendre visite et renouveler le ZARPE (autorisation de naviguer)

Puerto Eden est un endroit vraiment charmant et nous y serions bien restés quelques jours mais les conditions pour demain sont pour tout dire inespérées voire idylliques pour passer l’Agostura Inglesa ce passage étroit aux courants violent qui donne accès au canal Messier : d’abord l’heure de la marée en tout début d’après midi ce qui nous donne le temps de partir tranquillement et d’arriver à temps pour la renverse, ensuite le petit coefficient de la marée nous sommes en mortes eaux, le courant sera faible et génèrera peu de turbulences, et enfin la météo annonçant un peu nuageux et un vent de sud ouest faible à modéré. Tout est parfait pour passer, c’est une occasion à ne pas rater.

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(5)La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

Samedi 13 janvier 2019 :

IMG_0356AU millieu de l’île Otter(S 52°22’4-W 73°40’)

On en peut plus il faut que nous bougions. Domi a trouvé un petit mouillage à 7 mille de là sur le canal, au milieu des îles Otter. Cela fera l’affaire, on pourra voir comment c’est dehors. Tout se passe bien pour partir, on devient des vrais pro. Il nous faut quant même une heure pour tout ranger avant de démarrer. Dehors le temps est maniable entre 15/18 nœuds de vent. Très vite nous envoyons la grand-voile et la trinquette et coupons le moteur. Tout de suite nous passons de 2 nœuds au moteur à 6 sous voile (qui a dit que dans les canaux c’était plus facile au moteur ?). Nous n’aurons qu’un ou deux contrebord à tirer et arrivons dans le mouillage vers 13 heures. C’est un endroit ou nous pouvons éviter sur ancre donc une fois la chaîne tendue en 5 minutes la manœuvre est finie. Après le déjeuner, Domi a un tout de même peu peur que l’ancre dérape sur le kelp aussi il va poser un long bout à terre sur un gros tronc d’arbre, ici les arbres sont énormes et ne souffrent pas du vent qui ne devrait pas changer de direction cette nuit. C’est une crique au milieu du canal et c’est magnifique, il y a une petite plage où nous allons nous promener, j’en ai profité aussi pour faire une petite lessive et le soleil était au rendez-vous pour la sécher.

IMG_0364Que lavie est belle !

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Dimanche 14 janvier 2019 :

Debout le réveil sonne il est 5 heure et nous devons partir à 6 heure aujourd’hui, on a de la route. Le temps n’est pas top mais il ne pleut pas et le vent est au rendez-vous (25 nds). Nous nous amusons à tirer des bords dans cette mer plate où le bateau avance entre 6 à 7 nœuds à 45° du vent sous 2 ris et trinquette. (Pour les non voileux çà veut dire voilures très réduite J). Le canal Smith est plutôt étroit et nous ferons plus de 40 virement de bord dans la journée (on commence à être bien rodés ). Nous passons devant la caleta Victoria et nous apercevons un voilier français (Ovni) y rentrer puis ressortir aussitôt : la place était sans doute déjà prise : c’est jour d’affluence. De toute façon il est encore trop tôt pour s’arrêter, il y a du vent, il faut profiter pour avancer.IMG_0380Caleta Bernard ( S 51°45’12- W73°52’03)

Nous arrivons à la caleta Bernard qui très jolie avec un côté exoplanète de BD de science fiction un peu surréaliste. Après avoir bien attaché le bateau nous pouvons enfin respirer et nous rentrer bien au chaud et au sec car il a recommencé à pleuvoir. Nous sommes épuisés et demandons pas notre reste pour aller dormir. D’ailleurs qui c’est endormi sur la table après le repas ? C’est Domi.

 

 

Lundi 15 janvier 2019:

Ce matin c’était le pompon nous avons reçu des tonnes d’eau sur le nez, mais cela ne nous a pas empêché de naviguer. Quant il se met à pleuvoir ici ça ne sait pas s’arrêter. Mais aujourd’hui était très spécial, alors que nous avions tiré des bords toute la matinée, vers midi le vent à commencer à adonner (tourner dans le bons sens) et à partir de l’endroit ou le canal Sarmiento s’ouvre sur l’océan nous pouvons faire route directe. Alors que nous préparons à rentrer à Puerto Mayne pour y passer la nuit, le vent tourne franchement au sud ouest à 20 nœuds. C’est trop beau, on ne peut pas rater çà , il faut continuer! Et cerise sur le gâteau, il ne pleut plus et c’est sous le soleil en filant à 8 nœuds sous génois et un ris que nous continuons la remontée du canal Sarmiento. Nous arrivons à Puerto Bueno juste à temps avant la nuit. On a bien avancé : plus de 100 milles en deux jours çà rattrape un peu le temps ou nous sommes restés bloqués à Dardé.

Petite parenthèse en directe de la cambuse : quand le bateau navigue à plat, j’en profite pour faire de la cuisine : je fais des platée de riz pour Domi qui a toujours faim , des haricots avec du mouton ,succulent. C’est étonnant ce qu’on peut dévorer sous ces latitudes. La taille des portions habituelles que nous avons utilisés pour faire l’approvisionnement sont largement insuffisantes, heureusement que nous avion prévu très large. Je fais aussi à bord des lentilles et tout sortes de graines germées. Mon kéfir est toujours sur le coin de la cuisine et tous les matins je remplis mes bouteilles. Quelques fois nous prenons un verre de vin après une bonne navigation quand nous savons qu’il n’y a pas à repartir tôt le lendemain..IMG_0430Puerto Bueno (S 50°59’20- W74°13’08)

Mardi 16 janvier 2019:

Grand soleil au réveil que cela fait du bien en plus Puerto Bueno est splendide. Nous allons chercher de l’eau à la rivière avant de repartir. La brise se lève il est temps de relever l’ancre. Jusqu’au début de l’après-midi nous avons louvoyé en remontant le canal Sarmiento qui serpente à travers les montagnes. Nous prenons ensuite l’estero Peel en en prenant plein les yeux au passage : une éclaircie nous à permis d’apercevoir un petit bout du Campo de Hielo (le glacier continental sud Américain que se dispute toujours chiliens et argentins) l’un des plus grand du monde après l’Atactique. Nous pensons souvent à la famille et aux amis qui sont si loin dans ses moments magiques. J’espère qu’ils voyagent avec nous à travers nos yeux et nos récits.

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Nous bifurquons sur le Canal Pitt sous un beau soleil mais toujours au près et nous nous arrêtons à Otter pool en début de soirée. Nous sommes dans la piscine des loutres qui se trouve dans le lagon des canards vapeurs : les auteurs du guide ne ce sont pas donnés beaucoup de peine pour trouver les noms, nous verrons les deux espèces J dans la baie. Il fait bon et nous mangeons sous la véranda. J’ai eu le temps de faire du cake et du pain, on se régale avec des pâtes aux palourdes. A 22h 30 nous nous couchons heureux de notre journée bien remplie.

IMG_0448Poza de Las Nutrias (Otter Pool) (S 50°37’98-74°15’74)

Mercredi 17 janvier 2019:

Nous allons remonter le canal Pitt, le temps est toujours minable mais nous avons la pêche et nous gardons se rythme tant que le vent nous permet d’avancer même si c’est encore du près. C’est je pense le plus beau de tous les canaux à mes yeux. Il n’est pas droit, il serpente une fois à droite une fois à gauche laissant un glacier sur le côté, une entrée de fjord de l’autre .IMG_0468

J’adore voir tous ses montagnes avec un peu de poudreuses sur le sommets et ces énormes rochers arrondis, crevassés et rabotés par les glaciers. Certains ressembles à des têtes de personnage ou d’animaux ou peut-être de trolls. Les paysages sont toujours aussi grandioses mais change doucement au furIMG_0498 et à mesure que nous remontons vers le nord. En plus des grands ormes il y a quelques sapins. Les sommets sont plus hauts, les glaciers plus grands, les montagnes plus rondes et la végétation plus dense encore (si c’est possible) A la fin du canal nous prenons un raccourci, le canal Très Cerros pour rejoindre le canal conception et nous nous arrêtons pour la nuit dans la petite caleta Colibri bien à l’abri de tous les vents.

IMG_0559Caleta Colibri (S 50°12’98-W74°38’63)

Jeudi 18 janvier 2019 :

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Ce matin grand crachin Breton on n’y voit pas. le radar est en action Le canal conception est large et c’est à peine si l’on voit l’autre côté . Il ne fait pas froid 12° pour la région c’est plutôt bien et l’eau et à la même température. L’ambiance fait un peu Chinoise on se croirait dans les gorges du Yang Tsé, où peut-être sur la lune …Une famille de dauphin nous accompagne dans notre remontée et des phoques nous regardent passer avec intérêt. Dommage de dommage se temps pourri c’est tellement beau … Avantage de ce canal : il est plus large que les précédents, d’ailleurs il s’appelle Wide. On fait toujours beaucoup de virements mais les bords sont plus long, on a presque le temps de souffler entre deux.IMG_0547

Nous nous arrêtons le soir à Réfugio, mouillage très facile d’accès juste sur le bord du canal et pas de problème pour s’amarrer : ancre à l’avant deux bouts à terre à l’arrière.

IMG_0573Caléta réfugio S 49°52’53-W 74°24’91