Archives mensuelles : février 2021

L’île du Sud en campervan 2: sur la route de Milford Sound

Passé Te Anau (un peu trop vite: attention au radar) nous entrons dans cette grande vallée qui mène au Milford Sound. Nuit dans un camping pour nous tout seul au bord de la rivière

Passé le « Divide », le paysage devient plus sauvage et plus « haute montagne »

Milford Sound: le nom donné par Cook et les premiers explorateurs est resté mais ce n’est pas du tout un sound (ria ou aber en français) = vallée creusée par une rivière et inondée par la mer, mais bien un fjord = vallée creusée par un glacier et remplie par la mer.

Le site déborde habituellement de touristes étrangers mais cette année, les frontières du pays étant fermées, la fréquentation a été divisé par 30 ce qui est une opportunité pour nous et nous permet d’embarquer sans réservation pour une ballade en bateau dans le fjord.

Pour monter à bord du bateau nous avons besoin d’un masque , depuis hier nous sommes en niveau 2 , en Nouvelle Zélande ils ont trouvé un cas de covid 19 . Finalement nous restons à l’extérieur ce qui nous permet de ne pas garder le masque

Le parking habituellement couvert de bus touristiques est désert. Il y a 2 bateaux de plaisance sur corps mort au fond du « Deep Water Basin » mais c’est le seul mouillage praticable que nous ayons vu dans tout le fjord. D’après ce qu’on nous à dit, Doubtfull, le fjord suivant disposerait de plus de possibilités.

Amélie Poulain serait-elle passée par là?

Lîle du sud en campervan1: Top of the Lake saison 2

Samedi 13 février 2021. Le grib de ce matin nous prévoit des conditions tout à fait exceptionnelles sur le sud de l’île du Sud pour les 10 prochains jours: peu ou pas de nuage et zéro précipitation y compris sur la côte ouest! C’est le moment ou jamais pour aller camper. Cette fois-ci ce sera en campervan (camping car en kiwi). Coup de téléphone pour en réserver un pour le soir même. Vu le peu de clients, pas de soucis de disponibilité et les tarifs sont imbattables (à peine plus cher qu’une petite voiture). Nous aurons toute la soirée pour faire les courses pour la semaine et charger nos affaires.

Départ aux aurores. On commence par le même trajet que l’année dernière (voir ici) mais cette fois-ci directement sur Queenston. Nous passons la première nuit au Lac Moke avant de mettre le cap sur le Fjorland.

Jusqu’ici nous sommes déjà passé . Pour la traduction du panneau (attention aux vieux…)

Mais ce parc là c’est la découverte totale et la vue sur la vallée est une splendeur

Sumner en été

Brigitte, une française établie depuis longtemps à Christchurch et son mari Duncan, Kiwi et ingénieur en construction navale nous ont invité pour déjeuner. Ils habitent dans une superbe maison immense sur les haut de Sumner juste de l’autre côté de la montagne. Vue imprenable sur l’océan et sur la barre d’entrée de la rivière de Christchurch (que connaissent bien nos amis Richard et Barbara) ou nous allons nous promener après le repas.

Le weekend de Waitangi !

Samedi 6 Février c’est le Waitangi Day: le jour anniversaire du traité signé entre les représentants de la Reine Victoria et les chefs des tribus Maori. Ce traité est considéré comme le document fondateur du pays et le 6 février est en quelque sorte devenu la fête nationale pour les Kiwis. Pour célébrer l’occasion, les plaisanciers de la marina ont organisé une parade avec grand pavois. Nous la ferons à bord d’Uncle Arthur avec Laurie et Benji. comme ils n’avait pas beaucoup de drapeaux nous leurs en prêtons quelques uns dont notre cher pavillons tricolore et un voisin nous fournit un gigantesque drapeau Néo Zélandais pour que l’honneur soit sauf. En croisant le bateau le mieux pavoisé de la flotte, nous avons droit à la Marseillaise!

Sur « Uncle Arthur » Nous participons à la parade en chantant la marseillaise

Nous profitons de ce long weekend pour explorer Lyttelton.

En tombant précisément à 13:00 tous les jours, la chute de « boule du temps » au sommet de la tour permettait aux navigateurs de mettre leur chronomètres à l’heure ce qui était indispensable pour pouvoir faire des observations astronomiques précises au sextant et donc connaitre leur position . Le tremblement de terre n’a pas épargné le monument mais elle a été reconstruite à l’identique.

Le jardin partagé est plein de légumes mais Il aurait bien besoin d’eau , il n’a pas plu depuis longtemps .

Ce Lundi est férié pour tout le monde. Les quelques commerces qui voudraient rester ouvert doivent payer une pénalité. Comme il fait un temps splendide les petites plages du fond de la baie sont noires de monde. Un sentier côtier suit toute la baie.

Les bus fonctionnent nous poussons donc jusqu’au centre ville de Christchurch

Il y a déjà 10 ans le tremblement de terre détruisait le centre de Christchurch presque entièrement. Voici de la cathédrale avant la catastrophe et maintenant, les travaux de reconstruction prendront encore des années.

Les patineurs !

Laurie est une patineuse de très haut niveau (championnat du monde) et Benji était son entraineur. S’ils ont un peu mis la compétition en veilleuse depuis qu’ils sont établis ici, ils n’ont pas pour autant arrêter de patiner et tous les vendredis, ils vont enseigner bénévolement le patin aux jeunes et aux moins jeunes et jouer un peu au hockey.

Ils ont la gentillesse de nous emmener jusqu’au parc ou ils se réunissent pour y faire quelques photos .

Benji chausse ses patins en ligne

groupe des patineurs qui font de la vitesse

Les petits à l’action

Le hockey , on peut y jouer à tout âge .

Kahurangi, Mr Purple , ou Bronsson George, comme on l’appelle parfois est un célèbre comédien de rue et patineur émérite Maori. Ce soir il assure la section danse .

Nos deux amis se retrouvent

Merci!

L’acceuil de Matt, le patron de la marina Te Ana est comme d’habitude très chaleureux. Tout de suite il nous indique les bateaux étrangers qui sont au ponton et tout particulièrement ceux de nos compatriotes: une vrai invasion. Il y a Laurie et Benjamin sur Oncle Arthur qui vivent à bord et travaille sur Christchurch, il y a Coquelicot un RM 10.50 que nous avions aperçu à Opua mais qui repart demain et il y a l’hôte de marque, Sébastien Destremau et son IMOCA Merci, qui est arrivé la semaine dernière après s’être retiré du Vendée Globe.

L’après-midi même, Laurie et Benji passent nous voir avec du pain frais (elle est boulangère et prof de boulangerie) et des légumes (Benji a un ami maraîcher) et nous préviennent que Sébastien donne un conférence ce soir au Yacht Club

A peine arrivés, nous voici donc à la conférence. L’évènement est organisé par Viki Moore qui fait tant pour les plaisanciers étrangers et leurs problèmes de visa et que nous rencontrons enfin.

Sébastien est un excellent acteur et le partage son expérience sur 2 Vendée Globe captive toute l’assistance. Très loin de l’échec qu’aurait pu laisser entrevoir son classement dans ces deux éditions, il nous explique ce qu’il a poussé à le faire (la dame en noir…) et en tire une expérience positive très forte tout en émaillant son récit d’anecdotes amusantes (calender boy)

3 révisions

C’est aussi l’occasion de rencontrer quelques Français qui vivent à Chrischurch dont le Consul Honoraire de l’Ambassade de France M Olivier Lacoua (email:agenceconsulaire.christchurch@gmail.com)

et bien sûr d’autres voyageurs au long cours comme Geert et Cindy de Zensation, partis de Belgique en 2015 et entrés en Nlle Zélande à peu près en même temps que nous ou Phil et Liz de Fine Tolerance qui on beaucoup navigué au Japon.

On se retrouve dés le lendemain à bord de Fine Tolérance pour un café ou il y a aussi Leo un américain de San Francisco qui s’apprête à repartir aux États-Unis via Guam. Geert et Cindy remontent le lendemain vers l’île du nord mais Liz et Phil viennent à bord pour l’apéro. Ils sont très intéressés par notre expérience de la Patagonie car il voudrait bien y aller aussi. Mais notre expérience est peu de chose par rapport à la leur: ils ont construit leur robuste bateau en acier dans leur jardin en Australie, sont allés plusieurs fois au Japon (qu’ils ont trouvé à chaque fois plus intéressant) en Alaska et surtout effectué un Passage du Nord Ouest (pour ce qui ne le savent pas c’est un passage qui s’ouvre pendant très peu de temps chaque été entre le grand nord Canadien et la banquise du pôle nord et permet de relier l’océan Pacifique à l’atlantique) Passage d’anthologie pour eux car cette année là le dégel était de très courte durée, pris dans les glaces, Fine Tolérance c’est retrouvé couché sur la banquise. Phil et Liz sont donc descendu sur la glace pour remonter à bord presque aussitôt suivi de trop près par des ours polaires. C’est un brise-glace Canadien qui les a dégagé en tirant le bateau sur la banquise sans autre dégât qu’une coque bien cabossée (c’est solide l’acier…) Mais la saison avançant, et le détroit de Bellot se refermant, ils ont finalement été obligé d’hiverner à Cambridge Bay et y attendre l’été suivant pour finir le passage… Si tant est que nous aurions pu songer à rentrer par là, leur récit nous en a définitivement dissuadé. Dommage qu’ils n’aient pas publié leurs récits chez les Inuits mais qu’elle soirée inoubliable!

Adieux Marlborough, re-bonjour Canterburry!

Petite pose de quelques jours à Picton pour faire les courses et laisser passer un bon coup de vent, (encore un)…

Resto Thai avec Richard et Barbara le premier soir. Barbara nous amène en voiture à Blenheim le Mardi pour faire les grosses courses au Pack’n Save. On en prend pour au moins un mois: la différence de prix par rapport au Fresh choice de Picton justifie largement le déplacement,(correspond à Liddle en France mais en beaucoup plus grand et beaucoup mieux achalandé) Merci Barbara!

Mais le mauvais temps dure un peu plus longtemps que prévu et ce n’est que Vendredi matin que nous pouvons partir non sans avoir faits nos adieux à Mark le responsable de la marina qui s’est à chaque fois mis en quatre pour nous trouver une place.

L’idée est de passer encore quelques jours dans le Sound en attendant des vents favorables pour partir plus au sud ou pourquoi pas plus au nord…

C’est avec plaisir que nous retrouvons nos corps morts favoris, on commence par quelques jours à Flipper Cove où nous nous régalons de ballade en kayak jusque dans les baies avoisinantes qui nous permettent de découvrir toute colonie de bébés cormorans.

Nous sommes à couple d’une grosse vedette avec deux enfants, l’ambiance vacances est toujours là. On passe ensuite à Kumutoto et on enchaîne sur Double Cove West ou on commence par bien nettoyer la carène.

Mais là une nouvelle inquiétante tombe sous la forme d’un message de l’immigration nous rappelant que nous avons passé déjà plus d’un an ici et que de ce fait notre nouvelle demande de visa n’aboutirait peut-être pas et que nous pourrions être obligés de partir à l’expiration de notre visa le 25 février??? Domi bien-sûr stress tellement qu’il n’en dort pas de la nuit. Partir à cette date ne serait pas chose facile : on est en pleine saison des cyclones… On passe donc pas mal de temps, lui à écrire une belle lettre et moi à rassembler tous les justificatifs possibles et imaginables pour essayer de les convaincre de nous garder jusqu’en juin. On échafaude tous les scenarios possibles et toutes les destinations : Australie fermée, Nlle Calédonie aussi est fermé mais de toute façon c’est pas la saison, Fidji pareil, Chili on est un peu tard déjà et de toute façon, c’est fermé. Une possibilité c’est peut être la Polynésie ou plus exactement les Gambiers via Rapa : suffisamment sud et est pour pouvoir éviter les cyclones et pouvoir espérer autre chose que du près. Seul problème, la Polynésie est officiellement fermée, on demande donc une autorisation aux affaires maritimes… En attendant il va falloir trouver un bon créneau météo pour sortir d’ici et peut-être remonter vers le nord (Tauranga ou Whangarei) pour se préparer à un éventuel départ hors saison.

Dimanche 31 janvier, le temps et superbe avec juste ce qu’il faut de vent dans le Sound, on tire des bords pour se changer les idées, on fait le tour de Blumine Island par le sud avant de bifurquer vers School House bay. Baignade et grimpette jusqu’au col séparant la Resolution Bay de Endeavour Inlet avec une vue imprenable sur tout le Sound. Le soir à table on échaffaude encore des scénarios de départ mais on tourne toujours en rond.

Lundi premier Février. Le temps est encore magnifique. Comme tout les matins on télécharge les gribs ainsi que les cartes et bulletins envoyé par Michel pour les analyser. Si un trajet vers le nord risquerait d’être inconfortable en raison de la mer très forte générée par le cyclone Lucas dans sa descente vers le Sud Est, les conditions semblent idéales pour aller sur Lyttelton au sud. Un routage rapide pour vérifier et Banco ! On ne va pas rater l’occasion, le détroit de Cook est tellement capricieux et puis de toute façon Lyttelton est « port of entry » on peut donc, le cas échéant, y effectuer les formalités de départ. Le temps de dégonfler l’annexe et de le larguer les amarres et c’est parti. Au revoir Marlbourough on aura passé 3 mois fantastiques dans les Sounds,c’est vraiment une région superbe !

La sortie et le passage du détroit de Cook, réputé comme l’un des plus difficiles du monde, se passe dans des conditions tout à fait idéales. On est juste à l’heure pour profiter du courant, la mer est plate, et il y a très peu de vent. Petite anecdote: par le travers de la sortie du Torry Chanel, nous croisons des ferries et entendons leurs conversations en VHF avec le « Harbour Master » de Picton: alors qu’ici au milieu du détroit c’est calme plat, là-bas sur le quai au fond du Sound ils ont 25 nœuds établis avec des rafales à plus de 30… comme quoi la météo du coin c’est vraiment spécial. Ce calme nous oblige d’ailleurs à recourir au moteur pour essayer d’arriver au cap Cambell avant la prochaine renverse. On y parvient presque mais le vent se lève à 15 nds de face et c’est en tirant quelques bords contre le vent et le courant que nous le franchissons. Passé le cap la nuit tombe et le vent adonne si bien que nous pouvons choquer les voiles. Au matin nous sommes plein vent arrière au large de Kaikoura. Les falaises blanches ressemblent à cette distance à des sommets enneigés jusqu’au moment ou on aperçoit les vrais sommets (notamment le Mont Tapuae-o-Uenuku) par dessus les nuages.

Regardez bien: les sommets au dessus des nuages culminent à 2800 mètres

On hésite à envoyer le spi mais les gribs nous annoncent du vent plus fort en cours de journée, on se contente donc de tangonner le foc. Et grand bien nous en a pris. Le vent monte effectivement et nous accélérons progressivement, 6, 7, 8, 9 nœuds puis de longues glissades à 11 et des pointes à 13 c’est grisant mais il faut savoir raison garder. Un ris est pris.

A 21:30 nous rentrons dans la baie de Lyttelton. Les rafales sont encore fortes dans le port intérieur et comme on y voit pas grand-chose on hésite à se faufiler pour aller à la place que nous a attribuée Matt le responsable de la Marina. On s’amarre donc provisoirement au bout du ponton juste à côté d’un grand bateau blanc avec un gigantesque mat carbone appelé MERCI…Nous sommes sur la place d’un pêcheur et il est possible qu’il pointe son étrave avant la de la fin nuit aussi nous nous couchons tout habillés et, vers 5:30 mercredi matin, comme le vent c’est totalement calmé, on rejoint la place qui nous est assignée avant que le pêcheur ne rentre et nous déloge.

Il y a un peu plus d’un an que nous étions ici et on a presque l’impression de rentrer chez nous. Cette fois-ci notre séjour sera riche en rencontres mais çà c’est une autre histoire…