250 km par la route nationale 1 à travers la savane et la forêt.








Quand nous arrivons à Saint Laurent c’est le marché hebdomadaire.





Si les bâtiments officiels semblent avoir été à peu près restaurés (à part l’hopital…!) le reste de la ville est un peu à l’abandon. L’ambiance qui s’en dégage ne nous a pas paru très positive. Il faut dire que la ville à été fondée en 1948 en tant que pénitencier et fut le plus grand bagne de France jusqu’à sa fermeture en 1944.





























Le plus grand complexe du bagne, le camp de la transportation abrite aujourd’hui un musée consacré pour une partie à ce qui s’y passait. On a presque la nausée quand on pense aux traitements inhumains et aux conditions de détention effroyables des condamnés dont certains étaient, certes, des criminels endurcis hommes et femmes mais beaucoup n’étaient condamnés que pour des délits mineurs ou pire étaient en fait des prisonniers politiques comme Dreyfus ou de nombreux activistes et anarchistes. Trés peu en ont survécu.

















L’autre partie du musée est consacrée aux personnages issus d’origines très diverses qui ont contribué à la culture locale telle qu’elle nous apparait aujourd’hui .








A commencer par les nombreuses communautés amérindiennes qui vivaient le long du fleuve, avant l’arrivée des colons européens. Mais aussi les « marrons » descendant des esclaves échappés des plantations puis affranchis ou libérés lors de l’abolition. Ou encore les hmongs et autres immigrés venus d’Asie.

















Juste en dessous du camp de la Transportation, là où les navires débarquaient les bagnards venus de France, se trouve maintenant le port de plaisance avec une bonne douzaine de corps morts et un ponton pour les annexes. Les épaves rouillées et envahies par la végétation qui entourent le plan d’eau seraient celles des derniers navires de l’administration pénitencière. C’est le seul endroit de toute la Guyane prévu pour accueillir les plaisanciers de passage autrement que sur ancre.








Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à Mana. C’est un village très intéressant avec son église et ses maisons typiques. Il a été fondé en 1828 par le gouvernement français pour tenter de développer une alternative à l’utilisation des esclaves dans les plantations, mais la terre y offre des rendements beaucoup trop faible et les volontaires rentrent rapidement en métropole.







Une religieuse de l’ordre de Cluny, Anne-Marie Javouhey en fait alors son domaine et achète des esclaves pour y travailler gratuitement tout en les convertissant , leur donnant une éducation très stricte et une promesse de libération au bout de 7 ans. Elle pense ainsi qu’il vont vouloir rester en tant que serviteurs libres. Elle emploie de la même façon les esclaves récupérés par les autorités sur les navires continuant la traite désormais interdite.









Dernier arrêt à Sinnamary petite ville au bord de la rivière du même nom à l’ouest de la base de lancement de Kourou. Il y a un voilier au joli ponton de la ville mais quand on regarde la carte de la barre à l’entrée de la rivière on se demande comment il a pu arriver là ?…





Retour à Dégrad des Cannes sous une pluie battante avec des phares éclairant à peine et des essuies glaces tout à fait inefficaces.
