Archives mensuelles : janvier 2026

Rio Negro Jour 1

Après quatre heures et demie de vol (c’est grand le Brésil) nous nous posons à Manaus. Il est 01:30. Uber jusqu’à l’hôtel, il nous reste quelques heures à dormir.

A 09:00 comme convenu Sylvia notre guide vient nous chercher. Nous avons cassé la tirelire et réservé un bateau traditionnel pour 6 jours rien que pour nous pour explorer le Rio Negro au nord-est de Manaus.
On commence par faire le marché, très pittoresque avec bien sûr les fruits locaux. Et si nous identifions facilement bananes mangues et autres papayes d’autres nous sont totalement inconnus. Silvia s’empresse bien sûr de combler nos lacunes. Beaucoup de ces fruits sont surtout utilisés pour faire des jus nous aurons l’occasion d’en déguster à bord.

La partie du marché la plus impressionnante est sans aucun doute celle du poisson: issus exclusivement du (des) fleuve(s) ils sont d’une variété étonnante. On retiendra: le plus gros de tous l’arapaima ou pirarucu, le plus connus le piranha, le tambaqui très gros lui aussi et il mange principalement des fruits, et le poisson chat blindé et son armure digne d’un film de science fiction mais il y en a des dizaines d’autres dont nous n’avons pas retenu les noms.

Un peu plus loin sur le bord du fleuve il y a le marché municipal Adolpho Lisboa. C’est un très beau bâtiment de style art déco dont la conception serait due à Gustave Eifel lui même (mais ce n’est pas prouvé). Une partie abrite des boutiques d’artisanat local tandis que l’autre est consacrée aux plantes médicinales de la forêt amazonienne et à leurs essences qui peuvent soigner toutes les maladies existantes comme donner naissance aux parfums les plus célèbres de grands couturiers.


Les courses achevées on peut enfin embarquer. Première étape nous fait longer toute la zone portuaire et industrielle pour aller voir le confluent où les eaux claires mais noires et acide du Rio Negro rencontrent les eaux boueuses chargées d’argile de l’Amazone sans vraiment se mélanger. Intéressant certes mais cette vue certes unique justifie-t-elle 2 heures aller et 2 heures retour à travers un paysage industriel.


Nous revenons en face de Manaus au fond d’un petit bras du Rio.

Ballade sur une passerelle à travers la forêt du « Parque Nacional Do Janauari » pour admirer des singes hurleurs et quelques oiseaux jusqu’à un étang ou flottent des nénuphars aux feuilles de près d’1 mètre de diamètre, normalement il y a des crocos qui si promènent mais pas aujourd’hui.


Pour la nuit nous continuons la remontée du fleuve en passant sous le pont. Juste avant la tombée de la nuit nous sommes cueillis par deux gros orages accompagnés de fortes pluie. Mais le mauvais temps s’éloigne rapidement et nous nous amarrons à la rive bien à l’abri dans une petite crique de la rive sud d’Amazon Island.

Nous y passerons une très bonne nuit après un excellent repas de poisson local préparé par notre cuisinière Francesca.

Jacaré et João Pessoa

En tout début de matinée le marinho vient nous voir à l’ancre et nous demande très gentiment de venir nous amarrer au bout du ponton pour être près à rejoindre notre place définitive quant la marée sera étale. A l’heure dite il nous demande de préparer 2 longues aussières à l’avant et de le laisser faire. Il détache nos amarres et, tout tranquillement se sert du peu de courant pour le faire pivoter autour du ponton et rentrer tout doucement à sa place ou on l’amarre par l’arrière puis il saute dans son zodiac pour aller attacher nos aussières au bout qui remonte de la chaîne mère et voilà, le tout est joué! On n’avait jamais vu de manœuvre de port aussi fluide et le tout moteur éteint. Nous sommes dimanche et ce lundi est férié ici Il va falloir attendre mardi pour faire les formalités d’entée au Brésil. Mais çà ne nous empêche pas d’aller faire les courses. Les supermarchés sont côté océan de la péninsule mais la Marina met à disposition des vélos exprès pour ça. Le soir apéro avec l’équipage d’Hippocampe un Sun Magic 44 d’Arzal qui boucle sont tour du monde (ils arrivent tout droit d’Afrique du Sud)

Mardi on fait les formalités au port de Cabedelo d’abord: Policia Fédéral pour les passeports et Receita Fédéral (la douane) puis en ville à João Pessoa pour la marine (Capitania do Porto) tout ce passe comme sur des roulettes et à 11 heures nous sommes de retour au bateau.

Mercredi on va se balader en ville. João Pessoa a été fondée sous le nom de Filipéia de Nossa Senhora das Neves en 1585 elle est devenue Frederikstadt pendant l’occupation hollandaise entre 1634 et 1654 et plus tard Parahyba do Norte et Cidade imperial à l’époque impériale. Le 4 septembre 1930, elle a reçu le nom de João Pessoa en hommage à l’homme politique João Pessoa assassiné à Recife la même année.

C’est un mélange intéressant d’architecture portugaise baroque et nèo classique, de quartiers populaires modestes et de gratte-ciels modernes. Visiblement de nombreux bâtiments anciens ont été restaurés ou sont en cours de réhabilitation mais il en reste encore beaucoup qui exhibent leurs façades rongées par la moisissure et leurs fenêtres ouvertes, ouvertes sur un néant sans toit ni plafond.

Il y a 3 façons pour se rendre en ville depuis la marina. le taxi environ 100 r$ la course (réserver à l’avance par l’intermédiaire de Nicolas), le train (15′ de marche de la marina) toutes les demi-heures ou toutes les heures suivant le jour et l’heure quelques r$ le ticket et enfin Uber 40 à 50 r$ paiement par carte dans l’appli temps d’attente max 7′.

Mais le plus clair de notre temps passé à Jacaré est consacré à la préparation de notre « sortie de fin d’année ». Pour célébrer notre passage en septième décennie nous avons décidés de nous offrir un voyage en Amazonie. On avait envisagé la possibilité de remonter avec Rêve à Deux jusqu’ à Belém et aviser à partir de là. Mais nous sommes déjà au début de la saison des pluies, la remontée de l’estuaire peut-être compliquée et il y a très peu d’endroits sûrs où laisser le bateau en sécurité pendant notre escapade. Alors qu’ici a Jacaré la marina est parfaite et il n’y a aucun risque.

Je vous passe les détails de toutes les difficultés pour trouver un voyage qui nous convienne: beaucoup d’opérateurs ne fonctionne pas pendant les fêtes ou ne peuvent rien nous proposer car le délai est trop court. Mais c’est une fois le choix fait et la réservation commencée que vrais difficultés commencent: règler avec une carte de crédit étrangère sur un site brésilien est un vrai cauchemar: paiement refusé ou accepté puis annulé et remboursé parce qu’on a pas de numéro fiscal brésilien etc.

Finalement on y arrive et le 13/12/2025 nous prenons le taxi pour Recife d’où part notre vol pour Manaus. Il nous faut arriver au mois 4 heures avant le départ pour régler les problémes de paiement du vol c’est pas gagné…