Nous quittons Cayenne un petit pincement au cœur, mais quand faut y aller…
On serait bien restés encore une semaine ou deux mais d’une part les marées de vives eaux combinées à un vent de NE plus fort risquent de rendre le mouillage inconfortable dans les prochains jours et d’autre part Dégrad des Cannes n’est pas desservi par les transports en commun donc pour faire les courses ou aller en ville il faut prendre un taxi ou re-louer une voiture comme nous l’avons fait la semaine dernière. Le mouillage de Roura plus haut dans la rivière serait mieux protégé mais la logistique est encore pire.











Les documents nautiques indiquent une profondeur mini de 4 mètres (basse mer de vive eaux) mais à l’aller nous avons enregistré 3 m sur la barre à mi-marée. donc prudence. Nous préférons aussi partir avec la marée montante pour éviter les vagues que peut provoquer le courant de marée descendante rencontrant le vent et les vagues du large.
Nous partons donc vers 11:30 à l’étale de marée basse. Tout se passe très bien même si le dernier mille, avant d’atteindre la pleine mer et de pouvoir hisser les voiles, est un peu pénible à cause du fort courant latéral (le courant Nord Equatorial rase vraiment la côte).
Nous atteignons les îles du Salut (juste devant Kourou) au coucher du soleil. Ce sont de très belles îles si on évite de penser au bagne et à ce qu’il s’y passait. Le mouillage est bon avec très peu de roulis pour peu qu’on se positionne au sud ouest de l’île Royale au niveau de la point du Marin. On y passe une excellente nuit même si on doit se lever tôt le lendemain matin pour être sûr de se présenter à temps à l’embouchure du Suriname.










On est pas tout seul. Un couple de sternes vient se reposer à l’arrière. La présence de l’une d’entre elle sur l’antenne satellite mais ne semble pas perturber la réception (ni la sieste du volatile).




Les 220 milles ont été avalés par une gentille brise le premier jour, une nuit à 22 nds pendant laquelle nous avons réduit au maximum pour ne pas arriver avant l’heure et une matinée de tout petit temps idéale pour nous présenter à l’entrée du chenal pile à l’heure pour le début de la marée montante (11:00 le 18/01/2026)











Il est essentiel de se présenter à l’heure car depuis le large, la route est longue: 8 milles du début du chenal à l’entrée de la rivière puis 15 milles jusqu’à Paramaribo. Il faut alors contourner l’épave rouillée d’un navire de guerre allemand de la seconde guerre mondiale sabordé là par son équipage en 1945 puis passer sous le grand pont routier.
De là il reste encore 8 milles de plus jusqu’à Domburg où nous avons prévu de prendre un corps mort. Heureusement pour nous au fur et à mesure que nous remontons la rivière l’heure de la renverse se décale et nous arrivons au mouillage avec encore un bon courant portant. Heureusement les bouées sont facile à prendre.


















Les gros nuages qui s’amoncellent au dessus de la mer nous confirment que nous avons bien fait de ne pas traîner pour arriver jusqu’ici.

