Si la périphérie de Paramaribo parsemée de zones industrielles et commerciales est avant tout une mosaïque de quartiers résidentiels correspondants aux différentes ethnies fondatrices du pays où les mosquées avoisinent les temples hindous, le centre ville est lui d’un style bien particulier.


On reconnaît immédiatement son origine. Le style fait tout de suite penser à celui des bâtiments du centre des vieilles villes des Pays-bas interprété à la sauce coloniale. Ici pas de briques ni de pierres, tout est construit en bois et bien-sûr les balcons qui agrémentent les façades rappellent qu’on est loin de la grisaille et des températures hivernales de la Hollande.



















Ici le travail de restauration est assez remarquable car sous ce climat, entre les moisissures et les termites les constructions en bois se dégradent très vite si elle ne sont pas entretenues avec soin. Cette restauration est d’autant plus remarquable que si le pays est devenu indépendant en 1975 il a connu une période dictatoriale suivie d’une révolution sanglante jusqu’en 1992 ou la démocratie a enfin été rétablie.





















Dans ce centre ville sur les bords du fleuve il y a de grandes halles ou le marché se tient tous les jours. Nous y ferons nos courses le dernier jour. Le multiculturalisme a ici a un gros avantage: on trouve à peu prés de tout: fruits et légumes en tout genre bien sûr mais aussi des spécialités liée à un groupe comme par exemple les plantes aromatiques chez les bushnengues (descendants des esclaves) ou du tempeh à l’étal d’un vendeur javanais (non donné aux travailleurs venus d’Indonésie au siècle dernier).















Une des plaies (ou des passions suivant de quel point de vue on se place) des locaux c’est les paris sportifs et les jeux de hasard. Le centre ville a ses casinos et ses salles de jeux qui ne désemplissent jamais mais le moindre quartier, le plus petit hameau a aussi sa boutique où les pauvres gens qui ont économisé quelques dollars peuvent venir les perdre en pariant sur le résultat d’un match de football en Angleterre, de baseball aux USA ou d’une course hippique aux Pays Bas .

Nous rentrons a Domburg par la petite route qui longe le fleuve. Construite en surplomb des terres humides qui l’entoure, l’érosion combinée au passage de camions beaucoup trop lourds, l’ont complètement déformée avec par endroit des ornières de près d’un mètre de profondeur. Pour atteindre Domburg il faut passer sur un pont (fort heureusement interdit au poids lourds) avec pour toute chaussée 2 planches parallèles, pas question de dévier d’1 mm si vous voulez arriver de l’autre côté!.





Le bateau échoué sur la berge s’appelait « Always Forward » (toujours en avant) sans doute a-t-il suivi cette devise une fois de trop…
