L’anse de « Pirates Bay »

La baie devant Charlotteville s’appelle Man-of-war bay (baie du vaisseau de guerre) et sa partie nord-ouest, où nous sommes mouillés, Pirates bay sans doute une réminiscence des combats navals du 18ème siècle. La nature entourant la baie est magnifique et plusieurs sentiers permettent de l’explorer et d’en découvrir les merveilles.

Pas de Baie des Pirates sans un beau 4 mâts

Mais avant d’aller nous perdre dans la forêt quelques mots sur le mouillage et les ressources disponibles sur place.

La baie est bien abritée des vents et de la houle dominante (secteur Est). Le mouillage sur ancre est en principe interdit et une vingtaine de corps morts ont été mise en place. On peut les réserver et payer sur https://www.tobago-moorings.com/bookings ce que nous avons fait pour les 2 premières nuits mais le site n’est pas à jour et les bouées sensées être libres sont en fait déjà occupées ou ne sont plus à la place indiquées et contrairement à ce qu’on peu lire sur le plan il n’y a aucun numéro sur les bouées. En fait un préposé (ou se prétendant tel) passe la matin pour se faire payer tout en proposant des arrangements suivant la durée du séjour. Les lignes de mouillage textile sont d’un diamètre suffisant pour de grosses unités (diamètre <30mm) par contre certaines ont été dé-toronnées pour passer dans le flotteur leur enlevant de ce fait une grande partie de leur résistance. Une solution est d’attacher une aussière supplémentaire avec un nœud de prusik à la partie saine de la ligne sous le flotteur.

L’eau est claire (après la Guyane et le Suriname çà fait du bien !) et on peut facilement nager jusqu’au récif de corail qui borde la côte. Mettre la tête dans l’eau claire nous a aussi apporté une très agréable surprise : la carène, le safran et l’hélice sont parfaitement nickel, au moins aussi propre que quand on a mis à l’eau fin septembre et pourtant en partant du Brésil elle était très sale même si je lui avait donné un rapide coup de brosse avant de partir et c’était il y a un mois et demi . L’eau douce acide des fleuves de l’Amazonie est manifestement un nettoyant de carénage très puissant !

Au petit super marché devant la jetée on trouve la plupart des produits de base et sur la place, plusieurs marchands vendent des fruits et légumes tandis qu’un peu plus loin le long de la plage on peut acheter du poisson à la coopérative des pêcheurs. Juste à l’extérieur de la porte du super marché il y a un robinet d’eau (supposée potable) où on peut remplir ses bidons. Il y en avait un autre sur la jetée mais il a été cassé.

Voilà pour le côté pratique maintenant on peut commencer la ballade. Depuis la jetée, un chemin part le long de la côte vers la plage de Pirates-bay. Passé l’escalier qui y descend, le sentier continue en passant devant deux jolies maisons construites à flanc de coteau jusqu’à une troisième surplombant la baie. Ces villas ne sont accessibles qu’à pied, pour ramener les provisions les propriétaires ont intérêt à être en bonne forme physique ! Là le sentier bifurque pour contourner la propriété et franchir un vallon mais il y a eu des éboulements et nous n’avons pas pu aller plus loin.

Ce qui frappe le plus ici à part la beauté du paysage, c’est la diversité des espèces végétales et leur excellente santé apparente. Il faut dire qu’on est sur la côte sous le vent d’une île bénéficiant d’un climat tropical sans être soumise aux cyclones. Tout semble pousser tant dans les jardins : taro, manioc banane papayes, coco, ananas, cacao, arbre à pain etc que dans la forêt (je n’essaierai même pas de vous citer les essences). On note aussi une forte présence de bambous, si certains sont natifs (Arthrostylidium) la plupart sont des espèce importées invasives (bambou commun et bambou géant) .
Et bien sûr nos chers arthropodes et tout particulièrement ceux de l’ordre des lépidoptères sont au rendez-vous avec de superbes specimens de papillons paon ecarlate (Anartia amathea) et un autre plus discret, sans doute un maestra hersilia!

Coté oiseaux forte présence aussi de nombreuses espèces dont bien sûr des cocricos (Ortalide à ventre roux) l’oiseau national de Tobago, une sorte de gallinacé qu’on entend partout pousser son cri caractéristique mais qu’on arrivera pas à photographier ,

mais on retiendra surtout le joli Jacamar à queue rousse (Galbula ruficauda, premiére photo de cet article).


Le lendemain on a fait une autre ballade pour aller jusqu’au fort de l’autre côté de Man of War bay. Ce n’est pas un sentier, il faut marcher sur le bord de la route heureusement très peu fréquentée mais la vue est superbe. Mais pour cette fois il faudra nous contenter de s’en souvenir dans notre tête, une longue houle de nord ouest s’était levée ce jour là rendant l’atterrissage sur la plage près de le jetée très sportif et nous n’avions pas osé emmener d’appareil photo.