Une composante nord ouest de la houle rend le mouillage de l’île ronde très inconfortable elle devrait tourner carrément à l’ouest d’ici ce soir. Bon on va essayer le lagon entre Petit Saint Vincent et Petite Martinique.


On contourne donc Cariacou par la côte sous le vent dont tous les abris vont être assez inconfortables. On aperçoit devant nous les hauteurs de l’île Union. On rentre dans le grand lagon qui entoure les deux îles et mouillons dans une large zone de sable blanc et plat devant Petit St Vincent. L’île est privée aussi n’essayons nous pas de descendre à terre. Ce n’est que le lendemain soir quand nous achetons un petit thon à un pêcheur venu de Mayreau/Tobago Cays. En papotant avec lui on réalise que nous ne sommes plus dans les eaux de Grenade mais de Saint Vincent. Flûte ! on l’avait loupé celle-là. En fait si Petit Saint Vincent fait bien partie du pays « St Vincent et les Grenadines » la frontière entièrement maritime entre les deux pays n’est pas encore définie et ne figure sur aucune carte. Mais pour être sûr de ne commettre aucune infraction, le lendemain matin de bonne heure et de bonne humeur, nous parcourons les 800m qui nous en sépare pour ancrer juste derrière les très nombreux bateaux de pêche au corps mort devant Petite Martinique.






Le mouillage est convenable mais le vent d’est accélère en passant entre les deux îles de plus, la composant nord ouest de la houle même si elle ne se fait pas trop sentir au mouillage rend le débarquement sur la plage très sportif. Nous faisons tout de même une bonne promenade à terre.









Et tout de suite c’est le choc : C’est précisément ici que le cyclone Béryl a frappé en premier et a détruit totalement ce village de 900 habitants et la totalité des bateaux de pêche avant de s’acharner sur Cariacou. Par miracle personne n’a été tué sur cette petite île. C’était le 01/07/2024. Depuis, 17 mois ont passés, la flotte de pêche a été reconstituée, l’école et quelques résidences (visiblement celles des plus riches) ont été reconstruites où restaurées à neuf. Mais beaucoup sont encore des ruines parfois vaguement rafistolées, parfois carrément abandonnées.






La végétation a aussi beaucoup souffert plus un seul arbre, l’herbe jaunie peine a pousser.


Pour ce qui de la faune, les coraux du recif ont été gravement endommagés, les oiseaux ont beaucoup souffert. Les reptiles sont sans doute l’espèce qui a la mieux résisté comme cet iguane que nous avons croisé sur le bord du chemin.

En dépit de toutes ces traces de la catastrophe, les habitants, toujours aimables et accueillants, semblent avoir pris les choses en main et travaillent d’arrache pieds pour reconstruire leur île . Ils ont retrouvé le moral comme nous avons pu le constater en faisant quelques courses dans les deux supermarchés.





Depuis la pointe on a une bonne vue sur Petit St Vincent et on peut voir que le complexe hôtelier à lui aussi été bien touché et est loin d’être remis en état.





le 01/03/2026
Après 2 nuits à ce mouillage, l’alizé est encore monté d’un cran (25 nds) et le couloir entre les îles renforce les rafales qui montent à 30 nds et lèvent un clapot inconfortable. Nous levons l’ancre pour aller nous abriter sous le vent de Cariacou dont la houle d’ouest c’est enfin calmée.
