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A propos Rêve à Deux

Un grand voyage à la voile autour du monde

Départ pour Tobago

29 Janvier 2026, on a un bon créneau pour partir, les coefficients de marée sont encore faibles et les prévisions nous annoncent des vents suffisamment modérés accompagnés d’une mer peu agitée.

On profite d’avoir encore la voiture pour passer à la Police Militaire au port de commerce pour faire la clearance de sortie et de pousser jusqu’en ville pour faire les courses aux halles pour le frais et chez Choi’s pour le reste (genre de Super U local avec beaucoup de produits Européens). On rend la voiture, payons la marina et faisons nos adieux à Erik son dévoué propriétaire.

Le mouillage sur corps morts de Domburg (pompeusement baptisé Marina Suriname) s’est avéré confortable est sûr, son ponton pour les annexes est pratique, équipé d’un robinet d’eau potable et protégé de l’extérieur par une grille fermant à clef. A terre il y a tout ce qu’il faut pour passer une escale relaxante. Bien sûr il y a les douches et les sanitaires, une piscine (en cours d’entretien lors de notre séjour) et le River Breeze, le bar restaurant de la marina aussi géré par Erik où on peut manger ou simplement prendre un verre avec les autres plaisanciers (nous étions les seuls français parmi une demi douzaine d’équipages néerlandais fort sympathiques). Mais surtout il y a tous les commerces à quelques pas: un assez grand super marché chinois et 3 autres alimentations (aussi tenues par des chinois), une boulangerie, une station service et, c’est important, un ATM (DAB) acceptant les cartes étrangères.

Une fois tout réglé, il nous reste encore quelques dollars Suriname qui sont rapidement dépensés en denrées essentielles au super marché chinois du coin. On fait attention a ne pas garder ce type de devises inchangeables dans un autre pays.

Il est 15:30 quand nous larguons la bouée. Le courant n’est pas encore inversé mais on voudrait être sûr d’arriver avant la nuit pour ancrer entre les parcs à crevettes un peu en amont de Braamspunt pour passer la barre de jour avec la marée de demain matin.

Nous descendons le fleuve Suriname avec ses villas de luxe, ses pêcheries et ses chantiers navals, passons sous le pont et jetons un dernier coup d’œil à la vieille ville.

Juste avant le confluent avec la rivière Commewijne, dans ce qui ressemble à un petit port de pêche nous voyons un voilier démâté amarré à la berge. Ce voilier, nous le connaissons c’est Dolphino le voilier de José le galicien que nous avions aperçu à el Hierro l’année dernière et à Dégrad des Cannes il y a 15 jours. Que lui est-il arrivé ?

Nous passons une nuit tranquille à l’ancre un peu à l’écart du chenal et repartons pour la pleine mer dès le levé du jour.

Peu après la sortie du chenal nous voyons Dolphino se matérialiser sur l’AIS quelques milles derrière nous. Tout de suite on l’appelle à la VHF. Il nous explique qu’il a démâté dans la houle en partant de Guyane, qu’il est arrivé au Suriname au moteur où il a bricolé un gréement de fortune avec lequel il compte atteindre la Martinique pour monter un nouveau mât avec peut-être un court arrêt à Tobago. On lui propose bien sûr de l’aide mais il nous dit que tout va bien. Le lendemain il nous envoie une petite vidéo de son bateau progressant sous son gréement de fortune. Il arrivera à Tobago seulement 36 heures après nous et rejoindra la Martinique 3 jours plus tard. Chapeau !

Screenshot

Pour nous la traversée se passera sans anicroche sur le fameux tapis roulant du courant équatorial avec un vent portant variant de 16 à 20 nœuds qui nous permet de garder la grand voile à un ris et d’alterner entre le foc et la trinquette. Pour optimiser on ne suivra pas la route directe mais une ligne courbe pour maximiser l’effet du courant et garder un angle de 140° à 150° du vent. Pas mal de pêcheurs la nuit mais pas de navire marchand. A 17:30 dimanche 01/02 nous prenons une bouée dans la magnifique baie des Pirates à Charlotteville tout au nord de l’île de Tobago.

Découverte du Centre-Ville de Paramaribo


Si la périphérie de Paramaribo parsemée de zones industrielles et commerciales est avant tout une mosaïque de quartiers résidentiels correspondants aux différentes ethnies fondatrices du pays où les mosquées avoisinent les temples hindous, le centre ville est lui d’un style bien particulier.

On reconnaît immédiatement son origine. Le style fait tout de suite penser à celui des bâtiments du centre des vieilles villes des Pays-bas interprété à la sauce coloniale. Ici pas de briques ni de pierres, tout est construit en bois et bien-sûr les balcons qui agrémentent les façades rappellent qu’on est loin de la grisaille et des températures hivernales de la Hollande.

Ici le travail de restauration est assez remarquable car sous ce climat, entre les moisissures et les termites les constructions en bois se dégradent très vite si elle ne sont pas entretenues avec soin. Cette restauration est d’autant plus remarquable que si le pays est devenu indépendant en 1975 il a connu une période dictatoriale suivie d’une révolution sanglante jusqu’en 1992 ou la démocratie a enfin été rétablie.

Dans ce centre ville sur les bords du fleuve il y a de grandes halles ou le marché se tient tous les jours. Nous y ferons nos courses le dernier jour. Le multiculturalisme a ici a un gros avantage: on trouve à peu prés de tout: fruits et légumes en tout genre bien sûr mais aussi des spécialités liée à un groupe comme par exemple les plantes aromatiques chez les bushnengues (descendants des esclaves) ou du tempeh à l’étal d’un vendeur javanais (non donné aux travailleurs venus d’Indonésie au siècle dernier).

Une des plaies (ou des passions suivant de quel point de vue on se place) des locaux c’est les paris sportifs et les jeux de hasard. Le centre ville a ses casinos et ses salles de jeux qui ne désemplissent jamais mais le moindre quartier, le plus petit hameau a aussi sa boutique où les pauvres gens qui ont économisé quelques dollars peuvent venir les perdre en pariant sur le résultat d’un match de football en Angleterre, de baseball aux USA ou d’une course hippique aux Pays Bas .

Nous rentrons a Domburg par la petite route qui longe le fleuve. Construite en surplomb des terres humides qui l’entoure, l’érosion combinée au passage de camions beaucoup trop lourds, l’ont complètement déformée avec par endroit des ornières de près d’un mètre de profondeur. Pour atteindre Domburg il faut passer sur un pont (fort heureusement interdit au poids lourds) avec pour toute chaussée 2 planches parallèles, pas question de dévier d’1 mm si vous voulez arriver de l’autre côté!.

Le bateau échoué sur la berge s’appelait « Always Forward » (toujours en avant) sans doute a-t-il suivi cette devise une fois de trop…

Suriname sous le soleil

Aujourd’hui il fait beau. Nous prenons la route cap à l’Ouest pour aller voir à quoi ressemble la plaine côtière. Ici encore l’impact des anciens colonisateurs sur la paysage est bien visible, témoin cette grande écluse, restée en l’état depuis leur départ en 1975 mais si on en croit l’affiche il y aurait depuis quelques années un plan de réhabilitation des canaux et des infrastructures.

Bref arrêt à Hamburg puis Groningen charmante petite bourgade au bord de la riviére dont le plan sur Google Maps est archi faux mais çà n’empêche pas les pêcheurs de remonter de superbes poissons chats.

Nous roulons sur une route assez droite traversant des villages au nom évocateur comme Calcutta. Dans cette partie du pays, même si les épiciers sont toujours chinois, il y a une forte majorité d’origine indienne venue dans les plantations comme travailleurs libres après l’abolition de l’esclavage. De chaque côtè des exploitations agricoles ou forestières. La carte indique une réserve naturelle (la réserve de Coppename) mais nous ne trouvons aucune route, chemin ou sentier qui puisse y mener. Nous poussons jusqu’à la riviére Saramacca que nous traversons avant de faire demi-tour car toujours aucun sentier. Nous faisons halte pour quelques minutes a Boskamp d’où partait le bac qui traversait le fleuve avant la construction du pont.

Bon, c’est bien ce qu’on nous avant dit : au Suriname le seul moyen de faire du tourisme orienté nature est de réserver dans une lodge située dans un parc naturel et de se faire véhiculer jusque là par le tour opérator en 4/4 et en bateau moteur. On comprend la situation du pays qui préfère développer son industrie (malheureusement souvent au dépend de la nature et aux mains d’intérêts étrangers) qu’un tourisme écoresponsable qui compte tenu du climat resterait sans doute limité mais c’est dommage, il y a sûrement de belles choses à voir.

Suriname sous la pluie le 26/01 2026

Nous avons loué une voiture pour 5 jours (25 EUR/jour km illimité) histoire d’explorer un peu le pays mais la météo n’est pas formidable le premier jour elle tourne même au déluge.

Le Suriname a beaucoup moins de parc naturels que la Guyane et 1 seul semble être accessible par la route et présenter quelques sentiers balisés c’est le parc naturel de Brownsweg au bord du grand lac de Brokopondostuwmeer formé par le fleuve Suriname. Il n’est qu’à 95 km de Domburg, c’est donc vers là que nous nous dirigeons. Mais la piste de 15 km qui y va depuis le village est absolument impraticable même avec le SUV que nous a prêté le loueur en attendant que la petit citadine louée soit prête. Les trous plein d’eau sont énormes et trop profonds. Mais bon on ne regrette pas trop parce qu’avec les intempéries que nous subissons ce n’était de toute façon pas prudent de nous promener en forêt, on va donc rester sur la route principale pour voir ou elle nous mène.

Dans cette partie du pays, la grande mixité ethnique constatée tout au tour de Paramaribo n’existe pas. Ici on voit seulement des « marrons » (appelés aussi bushinengues) descendants des esclaves affranchis au siècle dernier et victimes de massacres par l’armée pendant la révolution de 1985 à 1992. Leur installation dans la région a chassé les populations autochtones (amérindiens) plus au sud dans la forêt ou ils sont aujourd’hui menacés par l’orpaillage et les projet miniers. La plupart des bushinengues vivent dans une situation d’extrême dénuement dans des petits hameaux de huttes minuscules et survivent en vendant quelques fruits ou légumes de leur jardin ou en travaillant dans les exploitations forestières.


Aprés une courte pause piquenique à un endroit où il semblait il y avoir un sentier s’enfonçant dans la forêt mais en fait il menait à un site d’orpaillage…. Nous décidons de poursuivre la route jusqu’à Atjoni. C’est à dire jusqu’au bout de la route car elle de va pas plus loin. Si vous jetez un coup d’œil à une carte vous verrez qu’à part les grands axes le long de la côte il y a très peu de routes goudronnées et nous sommes au point le plus sud de tout le Surinam accessible par une route carrossable . Aprés c’est la forêt jusqu’au Brésil.

Atjoni (Pokigron) est en fait le point de départ indispensable pour les pirogues et les bateaux qui remontent le fleuve plus au sud, le seul moyen de transport pour atteindre et ravitailler les villages et les quelques resorts établis sur ses berges jusqu’à plus de 100 km en amont.

La faune et la flore sont très présentes même si on aurait aimé trouver des sentiers pour aller les voir de plus près et les sentir mieux protégés des dangers de l’exploitation des métaux précieux et de l’industrie forestière.

Ici pas d’affleurements sableux, la latérite rouge est partout et colore l’eau de cette couleur rouge foncé. Manifestement, l’eau gagne sur la forêt à certains endroits en raison vraisemblablement de restriction crées par des chantiers d’orpaillage sur ce petit afluent.

Mais ne vous inquiétez pas, tout va changer pour le mieux: les entreprises chinoises sont en train de prendre les choses en main!

LE SURINAME

Arrivés un dimanche soir, nous pensions pouvoir accomplir les formalités dès le lundi matin. Mais le bureau de la marina est fermé le lundi et mardi le responsable doit préparer et envoyer toutes les déclarations relatives à notre arrivée à l’administration. Il faudra donc attendre mercredi pour aller à Paramaribo faire la Clearance.

En attendant on profite qu’il ne pleut pas pour visiter les environs.

On aurait pu penser que le Suriname ressemblerait beaucoup à la Guyane sa voisine. Peut-être est-ce le cas au fin fond de la fôret mais pas du tout pour la règion côtiére. Les zones qui ne sont pas urbaines ou industrielles sont souvent consacrées à l’agriculture ou au maraichage.

Les traces de la colonisation Néerlandaise sont omniprésentes avec de nombreux canaux d’irrigation et leurs écluses.

Autour de Domburg ou nous sommes amarrés, les maisons sont en général plutôt cossues (mais pas toujours).

Bien sûr nous sommes dans une région tropicale humide on trouve donc beaucoup de coco, arbre à pain, papaye, taro, manioc et autre.

Les formalités se sont avérées parmi les plus rapides de notre tour du monde: 20′ de taxi jusqu’au bureau de la police militaire à l’entrée du port de commerce de Paramaribo. Le fonctionnaire vérifie qu’on a bien le QR code des formulaires que nous avions remplis en ligne avant de quitter la Guyane pour les 3 administrations (Douane, immigration et marine) et payé (en ligne aussi) la taxe d’entrée mais aucune mention des formulaires de la marina. 2 coups de tampon plus tard nous sommes ressortis un peu furieux du tarif négocié avec le chauffeur de taxi (40 EUR, on croyait devoir visiter 4 administrations différentes à plusieurs endroits de la ville…).

De Cayenne à Paramaribo

Nous quittons Cayenne un petit pincement au cœur, mais quand faut y aller…

On serait bien restés encore une semaine ou deux mais d’une part les marées de vives eaux combinées à un vent de NE plus fort risquent de rendre le mouillage inconfortable dans les prochains jours et d’autre part Dégrad des Cannes n’est pas desservi par les transports en commun donc pour faire les courses ou aller en ville il faut prendre un taxi ou re-louer une voiture comme nous l’avons fait la semaine dernière. Le mouillage de Roura plus haut dans la rivière serait mieux protégé mais la logistique est encore pire.

Les documents nautiques indiquent une profondeur mini de 4 mètres (basse mer de vive eaux) mais à l’aller nous avons enregistré 3 m sur la barre à mi-marée. donc prudence. Nous préférons aussi partir avec la marée montante pour éviter les vagues que peut provoquer le courant de marée descendante rencontrant le vent et les vagues du large.

Nous partons donc vers 11:30 à l’étale de marée basse. Tout se passe très bien même si le dernier mille, avant d’atteindre la pleine mer et de pouvoir hisser les voiles, est un peu pénible à cause du fort courant latéral (le courant Nord Equatorial rase vraiment la côte).

Nous atteignons les îles du Salut (juste devant Kourou) au coucher du soleil. Ce sont de très belles îles si on évite de penser au bagne et à ce qu’il s’y passait. Le mouillage est bon avec très peu de roulis pour peu qu’on se positionne au sud ouest de l’île Royale au niveau de la point du Marin. On y passe une excellente nuit même si on doit se lever tôt le lendemain matin pour être sûr de se présenter à temps à l’embouchure du Suriname.

On est pas tout seul. Un couple de sternes vient se reposer à l’arrière. La présence de l’une d’entre elle sur l’antenne satellite mais ne semble pas perturber la réception (ni la sieste du volatile).

Les 220 milles ont été avalés par une gentille brise le premier jour, une nuit à 22 nds pendant laquelle nous avons réduit au maximum pour ne pas arriver avant l’heure et une matinée de tout petit temps idéale pour nous présenter à l’entrée du chenal pile à l’heure pour le début de la marée montante (11:00 le 18/01/2026)

Il est essentiel de se présenter à l’heure car depuis le large, la route est longue: 8 milles du début du chenal à l’entrée de la rivière puis 15 milles jusqu’à Paramaribo. Il faut alors contourner l’épave rouillée d’un navire de guerre allemand de la seconde guerre mondiale sabordé là par son équipage en 1945 puis passer sous le grand pont routier.

De là il reste encore 8 milles de plus jusqu’à Domburg où nous avons prévu de prendre un corps mort. Heureusement pour nous au fur et à mesure que nous remontons la rivière l’heure de la renverse se décale et nous arrivons au mouillage avec encore un bon courant portant. Heureusement les bouées sont facile à prendre.

Les gros nuages qui s’amoncellent au dessus de la mer nous confirment que nous avons bien fait de ne pas traîner pour arriver jusqu’ici.

Dernier jour sur Cayenne

On vous avait promis de refaire une visite de la ville en flânant un peu plus que le premier jour. Si la ville c’est maintenant étendue sur une grande surface ou ont fleuri de grandes zones résidentielles et industrielles le vieux centre historique a su garder son charme d’antan.

on commence par le port de pêche, autrefois sur la rive du fleuve, il n’est maintenant accessible que par d’étroits canaux se faufilant à travers la mangrove.

Nous avons d’ailleurs retrouvé sur Google des photos du port prises en 2018 pour les 2 premières et 2024 pour la 3ème. Quand on les compare aux 3 suivantes que nous venons de prendre au même endroit, c’est ahurissant de constater la croissance fulgurante de la mangrove.

Puis nous grimpons au mont Cépérou accompagné d’un adorable reptile quadrupède. Cette colline domine la cité et l’embouchure. Elle est couronnée par un fort dont le rôle était de défendre la ville contre quelques attaques étrangères mais surtout contre la vindicte des population locales (amérindiennes) qui luttaient pour leur terre et leur indépendance. Elles n’ont d’ailleurs jamais été vaincues mais leur résistance s’est affaiblie quant ils ont été décimés par les maladies importées par les occidentaux. Des panneaux judicieusement disposés autours de la cour du fort rappelle leur histoire et réhabilite leur culture.

En redescendant on traîne autour de la préfecture jusqu’à l’ancienne poudrière, puis dans les rues de la ville et leurs demeures à l’architecture si particulière.

Nous finissons cette journée par la visite du Musée Alexandre-Franconie. Les salles du réez de chaussée sont consacrées à la faune locale. Si la partie sur les vertébrés ne nous emballe pas (animaux empaillés) la section d’entomologie s’avère beaucoup plus intéressante surtout pour notre co-skippeuse qui c’est récemment découvert une passion pour les insectes (mais ça, vous l’aviez sans doute remarqué) d’ailleurs nous en profitons pour ouvrir une nouvelle rubrique.

Le premier étage est lui dédié à l’histoire et à l’art avec notamment des poteries et autres artefacts d’origine indigènes mais aussi des peintures réalisés par des bagnards.

Voilà, il est temps de rentrer à bord. Au cours de ces quelques jours passés en Guyane nous aurons découvert tellement de choses. Et il y en tellement plus à explorer. Non en Guyanne il n’y a pas que le bagne et les fusées Ariane. Il y a une histoire méconnue (même si elle n’est pas forcément très glorieuse) et surtout il y a une nature fantastique dotée d’une faune et d’une flore d’une richesse insoupçonnée. A voir et à revoir!

Réserve naturelle du Mont Grand Matoury

Située sur la commune de Matoury à 8 km au sud de Cayenne ce serait la plus grande réserve naturelle péri-urbaine de France. Sa situation sur le sommet le plus élevé de la région (234 m) s’élevant telle une île au milieu de la zone humide qui l’entoure a favorisé l’émergence et le maintien d’une grande variété d’espèces végétales et animales, dont certaines sont endémiques.

La pluie qui tombe depuis ce matin s’arrête juste quand nous arrivons ce qui permet à quelques bestioles de montrer le bout de leur nez comme cette petite grenouille ou ces 100 pattes. La chemin d’accès empierré n’est pas praticable en voiture rallongeant d’autant la distance à parcourir à pied. Les sentiers sont balisés et bien entretenus.

Les torrents charrient des petites particules dorées qui scintillent dans la faible lumière. Des pépites d’or? Non juste de paillettes de mica détachées de la roche. L’orpaillage clandestin est le plus grand fléau menaçant la nature et l’ordre public en Guyanne.

Cette superbe réserve au  » pas de la ville est pour nous une nouvelle preuve de la richesse de la nature sauvage en Guyane. Il y a tant de merveilles naturelles à explorer dans le département il faudrait y rester des années pour tout voir.

CENTRE SPATIAL DE KOUROU

Bon, on est en Guyane il faut quand même aller voir à quoi ressemble, en vrai, notre fameux Centre Spatial Européen

Pour visiter le site lui-même (en bus) il faut réserver au mois 48 heures à l’avance. Nous nous contenterons donc du musée. Beaucoup des animations et des présentations sont destinées aux enfants des écoles primaires et même pour cette tranche d’âge elles gagneraient à être remises au goûts du jour pour être plus interactives et plus immersives.

Non ce n’est pas un astronaute, aucun vol habité n’a été lancé depuis Kourou et aucun n’est d’ailleurs prévu, c’est la tenue de travail des mécanos fusées.

Evidemment le site n’a pas toujours été une base spatiale. Le projet débute en 1964 quelques années après que nous ayons été virés du Sahara algérien. Les habitants de l’époque ont été expropriés et beaucoup n’ont pas été indemnisés correctement. Le CNES s’en excuse sur certains des textes affichés. La base est officiellement terminée en 1969 et le premier tir est effectué le 10/03/1970.

Le plus intéressant de l’expo est sans doute la partie historique et archéologique. Beaucoup semble avoir été fait pour préserver ce qui pouvait l’être.

Construit dans une zone de savane il n’y a pas eu d’abattage massif de forêt. De plus les surfaces utilisées par « les pas de tir », les halls de montage et les divers bâtiments représentent une faible proportion des 750 km2 occupé par le centre. D’un point de vue écologique son impact aurait pu être très faible voir même aider à la conservation, ce dont se vente d’ailleurs le CNES.

Mais c’est sans compter sur les lancements. Les booster des fusées, ces gros réacteurs latéraux qui leur permettent de s’arracher du sol, avant de se détacher et de retomber sur terre après quelques minutes, fonctionnent au propergol solide. C’est un produit chimique hautement toxique à base notamment de perchlorate d’ammonium et d’aluminium qui en brulant dégage entre autre de l’acide chlorhydrique. Ariane 6 est équipée de 2 boosters contenant chacun environ 142 tonnes de propergol. Avec 9 lancements en 2025 on imagine les retombées et leurs effets sur la faune et la flore même si le centre guyanais prétend effectuer de nombreuses mesures sans noter d’impact significatif. Les animaux présentés sur les diaporamas semblent effectivement se porter à merveille. Green-washing ou réalité?

Le Zoo de Guyane

Un zoo? Aller voir des animaux enfermés c’est pas trop dans nos idées. Mais celui-ci est différent. Une partie des animaux présents ont été récupérés chez des particuliers qui les détenaient illégalement et sont en cours de réhabilitation. Une autre partie sont des animaux sauvages blessés qui ont été recueillis pour être soignés dans le but de les réinsérer dans leur milieu naturel si leur état le permet un jour. En plus, on a très envie de voir à quoi ressemble en réalité toutes ses bêtes dont nous avons entendu, aperçu la silhouette, vu les traces ou senti l’odeur.

Les félins , Puma, Jaguar, Ocelot

La loutre

Pas de crocodiles, ni alligators en Amérique du sud, des Caïments c’est presque pareil ! celui-ci est le caïman noir

Une ballade dans la forêt est proposée avec quelques notations sur la flore et la faune.

On passe au dessus de terrains humides .

Où des tortues géantes viennent respirer à la surface de l’eau.

On aborde maintenant le royaume des convalescents qui sont en enclos et des singes en liberté qui se chamaillent ensembles.

on passe voir les Agoutis , les ibis roses et pour finir les iguanes qui sont très nombreux en Guyane

Ce zoo vaut vraiment la peine d’être vu.