Archives de l’auteur : Rêve à Deux

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A propos Rêve à Deux

Un grand voyage à la voile autour du monde

Balade dans la réserve naturelle de Trèsor (montagne de Kaw)

Aujourd’hui il a plus toute la matinée. On a donc pris le temps de déjeuner tranquillement dans un petit resto sympathique sur la route de Roura (il n’y a plus rien d’ouvert à Roura même). En début d’après-midi la pluie se calme enfin et nous pouvons pousser jusqu’à la montagne de Kaw par la petite route sinueuse qui grimpe dans la forêt. L’humidité est telle qu’on a l’impression que les arbres fument.

L’accueil du parc est fermé mais le sentier est bien balisé. Nous ne verrons pas beaucoup de vie animale: par ce temps ils sont tous bien cachés à l’abri des intempéries. Par contre côté végétal on sera servis.

On c’est régalé en cherchant à identifier les plantes et les arbres autour de nous et nous avons était aidé tout le long du parcours par des panneaux identificateurs de plantes mais malgré cela de retour au bateau je me suis penchée sur internet et grâce à inaturalist.org, j’ai pu associer les différentes étapes de la plantes avec les saisons.

Si ce sujet vous intéresse nous avons préparé une page supplémentaire avec des informations sur la fôret Amazonienne et plus particulièrement la végétation de ce magnifique parc naturel

Il fait presque nuit, retour vers la civilisation.

Ballade à St Laurent de Maroni

250 km par la route nationale 1 à travers la savane et la forêt.

Quand nous arrivons à Saint Laurent c’est le marché hebdomadaire.

Si les bâtiments officiels semblent avoir été à peu près restaurés (à part l’hopital…!) le reste de la ville est un peu à l’abandon. L’ambiance qui s’en dégage ne nous a pas paru très positive. Il faut dire que la ville à été fondée en 1948 en tant que pénitencier et fut le plus grand bagne de France jusqu’à sa fermeture en 1944.

Le plus grand complexe du bagne, le camp de la transportation abrite aujourd’hui un musée consacré pour une partie à ce qui s’y passait. On a presque la nausée quand on pense aux traitements inhumains et aux conditions de détention effroyables des condamnés dont certains étaient, certes, des criminels endurcis hommes et femmes mais beaucoup n’étaient condamnés que pour des délits mineurs ou pire étaient en fait des prisonniers politiques comme Dreyfus ou de nombreux activistes et anarchistes. Trés peu en ont survécu.

L’autre partie du musée est consacrée aux personnages issus d’origines très diverses qui ont contribué à la culture locale telle qu’elle nous apparait aujourd’hui .

A commencer par les nombreuses communautés amérindiennes qui vivaient le long du fleuve, avant l’arrivée des colons européens. Mais aussi les « marrons » descendant des esclaves échappés des plantations puis affranchis ou libérés lors de l’abolition. Ou encore les hmongs et autres immigrés venus d’Asie.

Juste en dessous du camp de la Transportation, là où les navires débarquaient les bagnards venus de France, se trouve maintenant le port de plaisance avec une bonne douzaine de corps morts et un ponton pour les annexes. Les épaves rouillées et envahies par la végétation qui entourent le plan d’eau seraient celles des derniers navires de l’administration pénitencière. C’est le seul endroit de toute la Guyane prévu pour accueillir les plaisanciers de passage autrement que sur ancre.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à Mana. C’est un village très intéressant avec son église et ses maisons typiques. Il a été fondé en 1828 par le gouvernement français pour tenter de développer une alternative à l’utilisation des esclaves dans les plantations, mais la terre y offre des rendements beaucoup trop faible et les volontaires rentrent rapidement en métropole.

Une religieuse de l’ordre de Cluny, Anne-Marie Javouhey en fait alors son domaine et achète des esclaves pour y travailler gratuitement tout en les convertissant , leur donnant une éducation très stricte et une promesse de libération au bout de 7 ans. Elle pense ainsi qu’il vont vouloir rester en tant que serviteurs libres. Elle emploie de la même façon les esclaves récupérés par les autorités sur les navires continuant la traite désormais interdite.

Dernier arrêt à Sinnamary petite ville au bord de la rivière du même nom à l’ouest de la base de lancement de Kourou. Il y a un voilier au joli ponton de la ville mais quand on regarde la carte de la barre à l’entrée de la rivière on se demande comment il a pu arriver là ?…

Retour à Dégrad des Cannes sous une pluie battante avec des phares éclairant à peine et des essuies glaces tout à fait inefficaces.

Aurevoir Jacaré bonjour Cayenne

Le 26/12/2025 nous retrouvons REVE A DEUX au ponton de Jacaré. Comme nous avons bien profité du Brésil nous avons décidé d’aller directement en Guyane. Et il y a un autre argument important, c’est le fort courant qui longe la côte nord du Brésil. Imaginez un flux constant de près de 3 noeuds sur la route directe entre 30 et 100 milles de la côte. Un tel bonus ça ne se laisse pas passer!

Le temps de faire les formalités de départ (nombreux jours fériés pour les fonctionnaires), les courses pour une dizaine de jours, un petit nettoyage de la carène en apnée (c’est incroyable comme les algues et les coquillages ont poussés en 15 jours, on ne voit même plus l’hélice) et nous sommes déjà le 31. Ce n’est pas encore cette fois-ci qu’on réveillonnera! Notre dernière image de la côte brésilienne sera les entrepôts du port de Cabedelo.

Une fois doublé la pointe Nord Est du Brésil la traversée s’avère l’une des plus cool que nous ayons fait. Parfois un ris en début de nuit relâché le matin. Pleine lune d’un bout à l’autre. Les oiseaux font leurs habituelles pose nocturne sur le balcon arrière. Nous voguons suffisamment loin de la côte pour ne pas rencontrer de pécheurs ni de filets. Le tout à une vitesse moyenne de 7,5 nds sur 1300 milles sans pratiquement jamais dépasser les 6 nœuds en surface, un vrai tapis roulant. Bon, d’un autre côté on a sûrement raté des choses intéressantes sur la côte brésilienne mais ce sont des endroits pas forcément facile d’accès avec notre tirant d’eau et des marées importantes.

Noddi brun (Anous stolidus) une espèce classée « vulnérable »

Bref, 7 jours plus tard nous arrivons à temps pour franchir la barre et remontons la rivière Mahuri pour ancrer juste aprés le port de Dégrad des Cannes.

Il n’y a plus de port de plaisance à Dégrad des Cannes. Les pontons sont toujours là mais ils sont utilisés par des pêcheurs brésiliens. On peut y amarrer les annexes et remplir des bidons d’eau. Par contre il n’y a rien à proximité. Les restos les plus proches (chinois, ouvert le midi seulement) sont dans la zone industrielle portuaire à 30′ de là et pour les commerces c’est Carrefour Market à 5 km de là. Donc pour ne pas être coincés on loue une voiture tout de suite et tant qu’à avoir une voiture on va en profiter pour explorer le département.

On commence par un bon pho au resto vietnamien des halles de Cayenne. Puis on va sur l’ancien port complètement envahi par la mangrove. Le quai et les bites d’amarrage semblent se retrouver en pleine forêt. Un vrai film de science fiction.

De nombreux bâtiments de la vielle ville sont restaurés mais beaucoup restent encore à faire. Nous y viendrons pour une visite plus approfondie avant de repartir.

Comme aujourd’hui il ne pleut pas on préfère aller voir les parcs naturels de l’île. Oui, je sais que ce n’est pas évident mais Cayenne est une île même si ce qui la sépare du continent ne sont maintenant que des zone humides.

On commence par la plage de Montabo, la plus proche du centre ville et du Lycée polyvalent Melkior-Garré. Elle est protégée car c’est un lieu de reproduction pour les tortues mais la saison de la ponte ne commence qu’en février.

On enchaîne par la plage de Bourda, protégée pour la même raison. Dans ces deux endroits la baignade est interdite est-ce en raison du fort courant côtier qui longe le rivage ou parce que c’est un espace protégé?, nous ne le sauront pas.

Le sable de la plage retient une lagune qui se transforme en une zone humide un peu plus au sud. C’est la saline de Montjoly, lieu de protection de la faune et de la flore avec un beau sentier aménagé. le ciel menace il est temps de faire demi tour , dommage !

Après 7 jours en mer ça fait le plus grand bien de nous dégourdir les jambes. Notre première impression de la Guyane est très positive. On a adoré ce que nous avons vu, La nature si près de la ville est présente partout et aussi bien protégée, les gens sont gentils. On a hâte d’en voir plus.

Noël à Bélem


Il est 19:30, les rues sont déjà désertes. Nous avons réservé une chambre à l’Atrium Hôtel Quinta De Pedras un très beau bâtiment colonial, au grand patio, proche du centre historique. Mais nous n’avons rien prévu pour le réveillon. Le resto est bien entendu fermé comme beaucoup d’autres ce soir et ceux encore ouverts n’ont plus de tables libres. Heureusement, le réceptionniste parvient à nous réserver une table dans un autre établissement de la chaîne à 10’ de là.

Le repas est très bon pour un prix abordable et l’ambiance est familiale. A 23:30 nous sommes de retour à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil (pas besoin de l’attendre le père Noël cette nuit: pour nous est déjà passé « quel beau voyage! » ).

Nous l’avons déjà noté dans un article précédent mais pour tous les déplacements urbains au Brésil UBER est vraiment la bonne solution. Commander votre véhicule en quelques clics à toute heure du jour ou de la nuit (y compris celle de Noël) le prix est fixé et payé sur l’application, les véhicules sont en très bon état et les chauffeurs très courtois.

Au matin nous sommes frais et dispo pour partir explorer les environs. Nous sommes le 25 décembre la ville est complétement déserte.

Ce calme ambiant nous arrange bien car nous n’avons malheureusement que la matinée pour visiter cette ville pleine d’histoire. En fait nous avons finalement réussi à refaire notre réservation pour le vol sur Joao Pessoa hier soir (saturé pour les autres jours du mois de décembre) et nous partons donc cet après midi.

Les bâtiments historiques sont nombreux, Nous dirigeons nos pas vers la place Caetano Brandão. C’est là que se trouve la cathédrale où les seuls qui n’ont pas fait la fête toute la nuit semblent rassemblés. De l’autre côté de la place c’est Le fort de Precepio construit en 1616. Autour, des bâtiments du XVIIIème siècle:

Puis nous descendons vers les quais par la place du Relogio complètement déserte à l’exception de quelques sans abris (nous avons vu en allant au resto hier soir plusieurs distributions caritatives organisées pour eux). Le port de pêche n’est pas plus animé à part les vautours qui se disputent les dernières carcasses de poissons oubliées là.

Quand au marché quelques échoppes sont ouverte malgré tout.

Nous arrivons sur les docks. Poumon économique de la région, ils ont été construit au XIXème siècle puis modernisés au XXème pour répondre principalement au développement des exportations de caoutchouc. Depuis le début des années 2000 ils ont été transformés en zone de loisir avec de nombreux bars et restaurants ainsi que des espaces dédiés pour les évènements culturels.

Voilà, nous n’aurons fait qu’entrevoir cette ville mais il est déjà midi, temps pour nous d’aller à l’aéroport. Pas d’huitres ou de dinde au marrons pour nous cette année on se contentera d’une pizza dans un bar du terminal.

Descente de l’Amazone 2: jusqu’à Belém

Escales le premier soir à Itacoataria

puis dans la nuit à Paritis et à Juriti au matin.

A la mi-journée nous passons de l’état d’Amazonia à celui de Para et on a le droit à un grand contrôle de police avec chiens et fusils d’assaut.

Bilan de l’opération, ils n’ont rien trouvé mais on a perdu 2 heures sur l’horaire prévu et nous n’arrivons à Santarem que vers 18:30.

Nuit à quai, au matin nous descendons à terre nous dégourdir les jambes mais les environs du port ne présentent aucun intérêt et la ville proprement dite est assez loin. L’escale se prolonge en raison d’un chargement de marchandises plus compliqué que prévu et ce n’est qu’à midi que nous pouvons repartir. On espère qu’avec tout ça on arrivera quand même à Belém avant le père Noël.

A 17 heures nous sommes à Monte Allegre puis en début de nuit à Prainha et Almerim.

Au matin nous sommes à Gurupa ou nous arrêtons pour 2 heures. A partir de là commence une partie très intéressante du parcours.

Si vous regardez une carte il vous faudra zoomer à fond pour trouver un passage entre l’Amazone et le fleuve Para où se trouve Belém sans faire un immense détour par Macapa. Çà promet d’être intéressant et nous ne seront pas déçus.

On commence par une distribution de cadeaux de Noël aux enfants des bords du fleuve. C’est assez surprenant : Les passagers jettent des jouets emballés ou des paquets de bonbons par dessus bord et les enfants (les plus petits avec un adulte) viennent les récupérer dérivants sur l’eau en pirogue sans que le ferry ne ralentisse. La distribution dure toute la matinée.

Nous sommes toujours sur l’Amazone mais entre toutes ces îles et ces bras pas facile de s’y retrouver. C’est une zone de forêt très dense, sans aucune transition entre le fleuve et elle. Mais c’est pourtant une zone assez peuplée. Les petits villages abritant des communautés indigènes et les maisons isolées se succèdent. Tout est évidemment bâti sur pilotis. Nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies, je ne préfère pas imaginer à quoi cela peut ressembler après 3 ou 4 mois de pluies diluviennes.

Chaque communauté à son église (le plus souvent adventiste) et son chantier de construction pour les pirogues et les bateaux de transport. Toutes ces embarcations indispensables à cette vie si dépendante du fleuve sont bien sûr construites en bois fourni par la forêt omniprésente.

Vers 16:00 à Gurupa nouveau contrôle de police. Encore plus de 2 heures de perdues.

La nuit est bien tombée quand nous repartons. Peu de temps après, à Itamarati, nous quittons le fleuve Amazone pour un tout petit canal descendant vers le sud. Le passage et si étroit que ferry est obligé de ralentir et d’utiliser ses projecteurs. Chaque fois que nous croisons une embarcation les branches des arbres raclent les superstructures.

Courte escale à Breves en sortant des canaux.

Nous sommes maintenant de nouveau dans un fleuve très large, c’est le Rio Para. Dernier détour autour d’une petite île pour un court arrêt devant l’église de Jararaca.

Puis c’est une livraison assez particulière de pirogues en aluminium chargées à Manaus. La méthode est la même que pour les cadeaux aux enfants sauf que là chacune doit peser entre 50 et 100 kg. Devant Ponta Negra en plein fleuve, à environ 500 m du rivage, le ferry ralenti à peine et les marins commencent à balancer les pirogues à la mer (ou plutôt au fleuve). Les destinataires sur leur propre pirogue les attrapent au fur et à mesure et les amarrent. Pour la signature du bon de livraison, je ne sais pas comment ça se passe mais pour ce que j’ai pu en voir aucune pirogue n’a coulé pendant l’opération, DHL n’a qu’à bien se tenir.

Les derniers milles semblent se passer en pleine mer tellement le fleuve est large.

Avec tout ça il se fait tard et la nuit est dèjà tombée quand nous arrivons à Belém sous la pluie battante…

C’était une traversée inoubliable.

Descente de l’Amazone 1

Samedi 20 décembre 2025, 11:00, nous quittons le quai. Bye bye Manaus et le Rio Negro, bonjour l’Amazone. La rencontre des eaux noires et claires de l’un avec celles ocres et boueuses de l’autre est toujours un spectacle intéressant dont même les locaux ne semblent pas blasés. Des passagers retardataires arrivent même à rattraper le ferry dans une pirogue rapide juste avant que nous changions de fleuve, une pratique courante que nous verrons très souvent sur le parcours.

L’activité principale depuis que les passagers ont commencer à monter à bord ce matin (à part pour les rares privilégiés qui comme nous ont pu bénéficier d’une suite de luxe – voir article précédent) est le montage des hamacs dans l’entrepont. Bien sûr les hamacs ne sont pas fournis chaque passager doit amener le sien, ce qui contribue grandement à l’esthétique multicolore, et aussi, vu la foule c’est plus facile pour retrouver sa place. Très rapidement, du plafond au planché tout l’espace libre est occupé, les bagages sont stockés en dessous. Impressionnant !

Côté restauration, il y a deux options. La cantine qui sert tous les jours les même 2 plats midi et soir : poulet grillé haricots riz ou ragoût de bœuf haricot riz. Le bar : nouille chinoise instantanées viande ou poulet. On comprend pourquoi on a vu tant de passager embarquer avec une glacière et nous sommes bien content d’avoir acheter des fruits, du fromage et des biscottes avant le départ. Mais bon pour une fois on fera une entorse a notre régime sans viande et on mangera plusieurs fois le poulet de la cantine qui n’était finalement pas mauvais et dont les portions ètaient trés copieuses le tout pour 25 rials (4 euros). A chaque étapes depuis le quai et parfois même pendant la navigation depuis leur pirogue des marchands ambulants viennent proposer des fruit (nous achèterons une pastèque), des boissons et même des repas, livrés au bout d’une longue perche pour atteindre le bastingage où les passagers sont accoudés.

L’ambiance à bord est excellente. Calme et bon enfant, pas de bruit ni de musique la nuit. Ce sont des gens qui rentrent chez eux pour Noël ou des familles qui vont passer les fêtes. Malgré la barrière de la langue (nous ne parlons pas portugais) on arrive à échanger quelques mots. A part un groupe de 5 back-packers autrichiens nous sommes les seuls étrangers à bord. Même l’équipage d’un premier abord un peu bourru s’est avéré serviable et très sympathique.

Les rives tantôt boisées tantôt recouvertes de pâturages (mais la forêt n’est jamais loin) défilent de chaque côté du navire. Le fleuve charrie de nombreux troncs d’arbres dont le ferry évite les plus gros. Il y a aussi un peu de trafic maritime ce sont soit des convois de 6 ou 9 barges amarrées ensemble à leur pousseurs avec des cargaisons allant des hydrocarbures au sable ou au bois, soit des navires de haute mer style cargo ou porte container.

Les jours passent rapidement à musarder sur le pont en admirant le paysage (quand il fait beau) ou en lisant un bon bouquin allongé sur la couchette (quand il pleut, c’est la saison). Croisière super relax, çà fait du bien !

Manaus, le dèpart

Nous sommes donc à l’aèroport de Manaus. Tous les agents de voyage nous confirme aucune place disponible avant le 27 décembre quelque soit la destination. Nous ne sommes que le 18/12 il va falloir trouver une autre solution pour rentrer à bord. L’option ferry pour Belém et bus pour Joao Pessoa semble la seule encore possible. Au moins si on ne rentre pas tour de suite on pourra voir du pays ! Mais le prochain ferry ne part que le 20. On se trouve rapidement une chambre d’hôtel et on rentre en ville en Uber. Le réceptionniste nous explique très gentiment comment prendre un billet de ferry (agent officiel à l’entrée du marché municipal Adolpho Lisboa). On dîne fort agréablement à une terrasse sur la place du Teatro Amazonas illuminée où se tient le marché de Noël.

Le marché municipal est à 10’ de marche de l’hôtel, Nous y sommes à 08:00. L’agent nous trouve tout de suite une cabine, le prix est à peu près le même qu’annoncé hier par un autre intermédiaire mais cerise sur le gâteau, le bateau étant déjà à quai, dès que l’équipage aura fini le ménage on pourra déposer nos affaires et y dormir ce soir (le ferry ne part qu’à midi demain) ce qui nous fait l’économie d’une nuit d’hôtel. Le voyage dure 4 jours nous arriverons le 24 dans l’après-midi.

En attendant nous revisitons les marchés. Nous achetons quelques fruits pour le voyage.

Puis pendant que nous prenons un deuxième p’tit dej’ avec l’agent j’en profite pour regarder les vols au départ de Belém. On interroge un de ses amis qui travaille pour la compagnie Latam mais toujours rien. Finalement c’est sur le site d’Azul que je trouve 2 places sur un vol Belém -Joao Pessoa (via Sao Paulo) dans l’après-midi du 25/12. Je réserve tout de suite en ligne et dans l’après-midi nous faisons (rebelote) un saut au bureau d’Azul à l’aéroport pour vérifier que cette fois-ci il n’y a aucun soucis avec la réservation (voir cet article) . L’employée nous confirme que le billet est bien confirmé et que tout est en ordre. « A bord du ferry, deux jours plus tard nous recevront un message que le billet à été annulé et remboursé (comme la dernière fois). Personne n’a su nous expliquer la raison exacte de ces annulations mais nous sommes apparemment très nombreux à rencontrer ce type de problème sur les vols domestiques. Il semblerait que ce soit dû au fait que nous sommes étrangers, sans numéro fiscal brésilien et/ou sans billet de retour pour notre pays d’origine. Une parade serait d’utiliser un site de réservations international style Opodo ou autre mais la fiabilité ne semble pas toujours au rendez-vous. La solution est de réserver dans les 24 heures précédent le vol pour avoir le temps d’embarquer avant l’annulation ».

Nous sommes bien content que l’agent nous accompagne à bord car la gare maritime est un joyeux bazar entre son quai où les navires sont amarrés dans tous les sens, où les camions arrivant se faufilent entre ceux déjà garés pour venir au plus près du quai décharger leurs marchandises à dos d’homme. La gare maritime, moderne et fonctionnelle, n’est en fait qu’un immense bar à bière.

Nous passons le reste de la journée à visiter le vieux centre ville de Manaus. Une partie des édifices datant de l’époque coloniale ont été restaurés mais beaucoup ont été tout simplement abandonnés et se délabrent rapidement en raison de la chaleur et de l’humidité. Les rues piétonnes sont bondées, il faut se faufiler entre les étalages des marchands.

Avant la tombée de la nuit nous rentrons à bord. La cabine est assez grande avec un grand lit double et un cabinet de toilette avec douche (ce qui lui vaut la qualification de suite…) mais çà n’a rien à voir avec le standing et le confort des cabines proposées pour un prix similaire par les compagnies méditerranéennes. Ici c’est parois rouillées sans décoration, fuyant quand il pleut ou condensant quand le voisin met la clim, salle de bain carrément glauque… mais bon, le matelas est bon, pour 4 nuits çà devrait le faire !

Rio Négro « dernier jour »

Dès le p’tit déj avalé nous décollons de notre petite plage paradisiaque pour descendre le fleuve moins d’une kilomètre jusqu’à la Casa Cabocla Heliconia. Le propriétaire à aménagé un sentier de randonnée dans sa forêt. Il faut se rappeler que cette forêt primaire est absolument impénétrable sans un sentier entretenu sauf à être un local armé d’une bonne machette de beaucoup de courage et de temps à revendre.

Nous sommes à une vingtaine de kilomètres seulement de la forêt où nous étions hier matin. Et pourtant elle est à la fois la même est très différente. Et au niveau bestioles on est carrément gâtés. En plus des petites araignées colorées dans leur toile on a le plaisir de faire la connaissance d’un superbe phasme et surtout d’une mygale énorme.

Notre guide et le propriétaire des lieux marchent devant, Anne marche au milieu en s’arrêtant souvent pour faire des photos je ferme la marche en flânant. Soudain, juste où j’allais poser mon pied, j’aperçois un individu rayé se tortillant sur le sol. « Sylvia! vous avez vu il y a un joli serpent là, c’est quoi? » « un serpent c’est pas possible on vient de passer là . On fait super attention mais on a rien vu, il a du traverser entre Anne et toi, surtout ne bouge pas! » disent-ils en cœur. Notre reptile reste là juste le temps qu’on le prenne en photo puis poursuit sa route sinueuse sans même nous regarder. Ce serait un Fer de Lance, serpent assez commun dans tout le bassin amazonien et l’un des plus venimeux.

On termine la ballade sous une pluie diluvienne et on rentre au bateau trempés comme des soupes. Pour notre dernier repas à bord Francesca nous a préparer un super dessert. La dernière bouchée avalée, il est temps de mettre le cap sur Manaus.

Il y avait un arrêt prévu au musée du caoutchouc sur la rivière Teruna Mirim juste avant la ville. Mais il est trop tard, on a préféré passer plus de temps dans la forêt.

Tout le monde barre pour les derniers milles. Nous arrivons à Manaus vers 16 heures: fin de l’aventure. Absolument pas! En fait elle commence juste.

Nous n’avons pas de billet pour rentrer à Jacaré. On aimerait bien descendre jusqu’à Belém en ferry. Avec l’aide de Sylvia on interroge une agence sur le port mais il n’y a pas de départ avant 2 jours et le prix d’une cabine, s’il en reste, nous semble exorbitant quant à la perspective de dormir 4 nuits en hamac dans un entrepont surpeuplé ça ne nous enchante guère. On profite du chauffeur de l’agence pour aller directement à l’aéroport mais avec Noël dans quelques jours tous les vols au départ de Manaus sont complets jusqu’au 28.

Que va-t-on faire? Vous le saurez en lisant le prochain article…

Rio Négro « jour 5 »

Ce matin nous partons pour une grande ballade en foret. Elle commence dans le jardin du propriétaire mais trés vite nous retrouvons la forêt primaire. Chaque végétal, chaque animal a un rôle dans la vie de l’écosystème.

Les amérindiens ont utilisés la sève des arbres et des plantes depuis la nuit des temps à des fins médicinale. Beaucoup sont aujourd’hui encore utilisés comme base par l’industrie pharmaceutique comme par exemple la quinine ou sous forme d’huiles essentielles par les médecines douces. Les grands parfumeurs ne sont pas en reste et des parfums célèbres ont été créés à partir d’arbre de la forêt comme le Chanel n°5 que nous avons eu le plaisir de sentir.

Dans cette forêt, l’animal roi c’est l’insecte. Il y en aurait 2,5 million d’espèces d’insectes en Amazonie. ils sont partout mais pour les identifier c’est une autre paire de manche: amusez vous bien!

Après cette matinée bien remplie nous entamons la redescente du fleuve hé oui! Demain c’est le sixième jour de cette aventure et le bateau doit être rentré à Manaus dans l’après midi. Juste avant la nuit nous plantons l’étrave sur la plage de la petite langue de sable juste en face du village (ou plutôt la communauté comme on dit ici) d’Arara.

Rio Négro « Jour 3 et 4 »

Reveil en face d’une jolie plage à l’eau miroitante. On remonte à nouveau la rivière ou nous étions hier.

L’activité du jour c’est une baignade avec les dauphins roses. Espèce endémique du bassin de l’Amazonie vivant exclusivement en eau douce. Ce sont des dauphins sauvages vivant ici en liberté. C’est assez drôle de jouer avec eux pendant que le montreur les attire avec des poissons mais ce n’est pas écologique car il deviennent dépendant de l’homme pour une part non négligeable de leur nourriture.

Après un bon moment dans l’eau chaude et claire (vu sa couleur on se croirait dans une grande tasse de thé) on continue la remontée du fleuve. Pose déjeuner dans une petite crique, juste avant Santa Maria. On en profite pour laisser passer un gros orage avec des pluies diluviennes. nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies et le niveau du fleuve est encore bas. L’orage passé on continue la remontée du fleuve et on se niche tout au fond d’un adorable petit bras latéral juste à la tombée de la nuit.

Le matin suivant, Bachir le marin nous amène sur l’embarcation du bateau explorer la rivière est ses bras aux alentours. Il y a quelque chose de différent à découvrir au détour de chaque méandre, végétal ou animal. Les oiseaux sont particulièrement présents. on passera un petit moment à observer les Cassiques huppés ces oiseaux noirs au bec et à la queue jaune qui construisent leur nids suspendus aux branches d’un même arbre rassemblant toute une colonie. Des légendes circulent à leur sujet. il y aurait eu un pacte entre une déesse, des humains et ces oiseaux et qui expliquerait leur comportement.

En fin de matinée nous rentrons au bateau pour continuer la remontée du fleuve jusqu’à la rivière Cuieiras.

Déjeuner en route. Arrivés à destination le propriétaire des lieux un constructeur de bateau et éleveur de canards nous prête un canoé pour remonter la petite rivière mais le niveau de l’eau est encore trop bas et c’est à pied que nous finissons le trajet jusqu’au chutes. Baignade dans un eau limpide et fraiche. nous finissons la journée en explorant l’aval de la riviére à la pagaie.

Pour le dîner notre hôte fait griller un très gros poisson plat fraichement pêché.