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A propos Rêve à Deux

Un grand voyage à la voile autour du monde

De Zadar à Vis en passant par Hvar

Comme toujours, nous avons la bougeotte et dès le lendemain de cette super journée à Zadar, nous profitons de ce temps magnifique pour continuer. Pourquoi tant de hâte alors qu’il y a tant à découvrir dans cet archipel sublime? Avant tout parce que pour passer en mer Egée dans de bonnes conditions météo nous aimerions être à pied d’œuvre pour contourner le Péloponnèse avant la fin Octobre en comptant quelques jours de sécurité supplémentaires pour rester à l’abri en cas de vents trop forts, çà ne nous laisse pas beaucoup de temps pour flâner en route. Ceci dit, on a déjà bien avancé et on peu tout de même se permettre quelques belles escales comme la baie de Smetjna sur l’ile de Zmajan ou la calanque de Stradinska sur Solta. Nous en profitons aussi aussi pour visiter ces vieilles villes vénitiennes de Hvar et de Korkula que nous n’avions qu’aperçues de loin à l’aller sans pouvoir nous y arrêter.

Côté cambuse, je continue mes expériences culinaires en commençant par un tempeh aux haricots mongos qui s’est révélé absolument délicieux! Aussitôt mangé il a été remplacé dans notre glacière/étuve par un tempeh de pois chiches (pour lancer le procédé de fermentation, le tempeh doit séjourner à une trentaine de degrés pendant au moins deux jours, nous nous servons d’une petite glacière de camping dans laquelle je place une bouteille d’eau chaude que je change pour maintenir une température entre 30 et 40°). Dans trois quatre jour celui-ci sera prêt à être dégusté .

Dans le port de Hvar il y a un quai et quelques corps morts qui peuvent être utilisés par les plaisanciers de passage mais qui d’une part sont en général toujours occupés et surtout très chers (150 EUR/nuit pour 12m) donc pas pour nous. Par contre on peut ancrer gratuitement devant la pointe fermant le port à l’Ouest, juste avant la balise marquant l’entrée. C’est profond, assez mal abrité de la plupart des vents et très inconfortable en raison du passage incessant des bateaux à moteurs et autres vedettes, mais çà permet d’aller facilement en ville en annexes pour quelques heures car la vieille ville de Hvar vaut vraiment la peine d’être vue.

Elle n’est pas très grande mais d’une beauté surprenante il n’y a pas à dire à l’époque ils savaient construire de superbes bâtiments qu’il soit palais, église ou simple demeure. Une grande partie à été restauré et la ville rayonne comme dans ces plus beaux jours surplombée par sa citadelle que nous n’avons pas prévu de visiter, ne voulant pas trop nous éloigner de Rêve à Deux à son ancrage mal protégé.


Et nous avons bien fait car deux heures plus tard le vent a tourné envoyant les bateaux au mouillage en plein dans le chenal et levant un petit clapot désagréable . Il était temps pour nous de retourner à bord et trouver un abri plus sûr pour la nuit. Quelques bords à tirer pour sortir du canal Pakleni nous abattons, le cap sur Vis à 8 et 9 noeuds. La baie principale ou se trouve la ville et le port de Vis (aussi le nom de l’île) est bien abritée du vent de Nord Ouest qui soufflait. Malheureusement ici aussi qu’on aille à la marina, qu’on s’amarre au quai de la ville , qu’on prenne un corps mort ou qu’on s’ancre à proximité le prix est le même et toujours très en dehors de notre budget.

Mais pas de problème pour nous ce soir car nous allons dans la crique de Stonca sur la rive Ouest de la baie elle aussi bien abritée et où, que pour peu qu’on reste assez loin des corps morts de sa rive sud et du petit chantier sur la rive nord on peut ancrer gratuitement. Après une nuit très paisible, nous prenons le temps de faire le tour de la baie pour admirer la vieille ville avant de mettre le cap sur l’île de Korkula.

De la baie de Vestar à Zadar

Nous devons encore passer une nuit dans la baie de Vestar (juste au sud de Rovinj) pour attendre que le coup de vent qui sévit sur Pula et le canal Kvaerner se calme. le lendemain, Mercredi 27 septembre 2023, les prévision sont bien meilleures sur le Sud de l’Istrie et c’est par un temps magnifique et un vent de NE d’une vingtaine de nœuds que nos traversons très rapidement le fameux canal tant redouté des marins locaux pour ancrer dans la jolie baie d’Arturi sur l’île de Losinj. Balade à terre pour faire quelques courses à l’épicerie du village ou nous somme reçus très (mal)aimablement accueillis (Bonjour Madame, vous avez des bananes? NAN!) et nuit paisible à bord.


A partir d’ici côte Dalmate et l’archipel qui la borde nous offrent mille possibilités de mouillages pittoresques et de routes différentes. Nous choisissons bien sûr un itinéraire différent de l’aller. Ne serait-ce le climat méditerranéen et la densité de bateaux et de villages, l’endroit rappelle un peu la Patagonie avec son labyrinthe de canaux se faufilant entre des dizaines d’îles toutes en longueur avec sur le continent les hautes montagnes en arrière plan (même si ici elle sont moins hautes et bien sûr il n’y a pas de glaciers). La côte est certes assez peuplée mais il y a suffisamment d’îles pour ne pas se disputer la place et n’oublions pas que nous sommes fin septembre et que le tourisme s’essouffle en cette période de l’année . Les campings sont encore bien remplis de sexagénaires qui profitent de leur retraite ainsi que des rares personnes plus jeunes qui peuvent se permettre de prendre leurs vacances en septembre.

A cette époque de l’année la température de la mer qui a bien chauffée tout l’été est très agréable (26°) et nous profitons pleinement en allant nous baigner dés le bateau arrêté. D’ailleurs, nous sommes pleins de bonnes résolutions et tous les matins chacun de notre côté nous faisons nos exerces d’assouplissements et autres figures de yoga pour bien démarrer la journée . Un voilier çà n’est pas toujours très adapté à ces pratiques et nous devons souvent adapter les exercices en fonction de la place disponible et des mouvements du bateau, mais cela nous donne bonne conscience et agit en positif sur notre moral et nos articulations.


A bord j’aime aussi faire la cuisine et j’ai ramené avec moi des graines de légumineuses achetées chez le producteur bio de mon village. Je peux donc me lancer dans la fabrication de tofu de tempeh et de cookies à l’okara d’amande et de gougère à l’okara de soja … j’ai pleins d’idées et comme il y a peu de vagues entre ces îles, j’ai tout mon temps pour expérimenter de nouvelles recettes, parfois inspirées de recettes existantes souvent directement sortie de mon imagination. Domi est un très bon gouteur et adore tellement mes créations qu’il en re-demande. J’en mettrai quelques unes bientôt dans la rubrique cuisine de ce site que vous puissiez vous aussi vous amuser.


L’étape de choix de cette descente c’est Zadar 2éme plus grande ville de Dalmatie (après Split), port actif et vieille ville chargée d’histoire. Domi a repéré un petit port bien abrité au sud de la ville dans le quartier d’Armansi ou l’on peut ancrer gratuitement. Non loin d’une zone industrielle et partageant la même entrée que le port commercial l’endroit n’était à priori pas très attractif mais quand l’alternative est de payer 150 Euros dans une marina faut bien faire quelques concessions. Finalement l’endroit était étonnamment agréable, nous sommes tout seul, entouré d’un parc où les gens viennent se baigner et faire leur gym ou leur footing, très sympa.

Le bus passe tout près du petit super marcher , il est possible même d’y faire le plein de gasoil sur un quai en face dans la baie. Le 29/09/2023, matin nous prenons le bus pour la vieille ville. En 10’ le bus nous dépose au pied des remparts. C’est une ville qui vit pas juste une ville musée/resto comme Dubrovnik. Les bâtiments historiques et le demeures ancienne sont parsemés de constructions plus récentes dont certaines datent visiblement de la période communiste.

Beaucoup les vieilles églises et clochers restaurés ou en cour de restauration, le forum et ses restes de colonnes, nous rappellent l’histoire de la ville de puis l’empire romain jusqu’à nos jours en passant par la période paléochrétienne et l’apogée du comptoir vénitien.


Devant le front de mer des panneaux solaires ont été intégré dans le sol du quai et le soir venu, l’énergie produite est libéré sous forme d’un spectacle lumineux parait-il féérique (et zéro carbone) baptisé la salutation au soleil (rein à voir avec le yoga). Un peu plus loin un immense orgue qui à été noyé dans les marches du quai. Chaque vague venant frapper le quai compresse l’air dans ses tuyaux et produit des sons harmonieux au gré de l’état de la mer et du sillage des bateaux de passage.


Il y aurait encore beaucoup à raconter sur cette très belle ville et son histoire mais pour nous, le clou de cette magnifique journée est sans aucun doute la visite du musée d’art moderne de la ville.

Diaporama Musée moderne de Zadar

Il est consacré aux artistes Croates du début du 20ème siècle à nos jours. Pour nous des illustres inconnus mais leurs œuvres magnifiques, peintures ou sculptures valent vraiment le détour. En plus dans ce palais du recteur, bâtiment historique datant de l’époque vénitienne elles sont superbement mise en valeur avec de bons éclairages. Et pour couronner le tout , la cerise sur le gâteau, le musée héberge une expo temporaire sur Banksy et son street art: génial!

Diaporama expo de Banksy

Nous finissons cette visite par une pose dans les jardins de la ville au dessus des remparts et du vieux port et rentrons tranquillement à pied par le joli chemin qui borde la mer.

Zadar: tu nous en auras vraiment mis plein les yeux!

Retour à bord!

Et oui! Nous sommes déjà le 18 septembre et nous voilà repartis vers de nouvelles aventures sur Rêve à Deux.

visite de Triestre sous la pluie

Départ de notre maison en Touraine du Sud non sans avoir embrassé tout nos amis et familles, fermé la maison et confié la clé à Michel notre voisin et meilleur copain.

Comme on vous l’a déjà expliqué, on a le temps et on soigne notre bilan carbone donc pas question de prendre l’avion. Par contre, les éboulements intervenus dans la vallée de la Maurienne cet été ont entrainés la fermeture du tunnel de Fréjus et de la liaison ferroviaire France -Italie qui y passait. Notre parcours retour est « du coup » beaucoup plus compliqué que notre voyage aller via Turin et Lyon. Il faut pour quelques temps encore passer soit par l’Allemagne, la Suisse ou Nice et Vintimille. C’est cette dernière option que nous avons choisis et malheureusement toutes nous oblige à passer par Paris.

Pierre nous dépose au bus qui va jusqu’à la gare de Tours. Notre long périple par voie terrestre commence par une panne (les portes du bus ne veulent plus fermer) pas de panique, on assure nous avons encore quatre heure avant le départ de notre TGV pour Paris. Arrivés à la capitale nous préférons prendre le bus pour faire le trajet Montparnasse – Austerlitz, plutôt que de prendre le métro où il y a un changement et qui nous aurait fait prendre des escaliers en plus c’est tout de même plus plaisant de voir les rue de Paris plutôt que les tunnels nauséabonds du métro et c’est le même prix, par contre 18 heures n’est pas forcément l’heure idéale pour circuler à Paris mais le couloir de bus est bien dégagé et nous arrivons rapidement. Nous avons le temps de prendre une salade composée achetée sur place (agrémentée de fromage de chèvre et de tomates, de figues de mon jardin ramassées au dernier moment ). Paris Nice, c’est le train de nuit historique Paris Vintimille remis au goût du jour récemment, cela va nous rappeler notre enfance quand nous partions en vacances. En seconde classe, les compartiments sont aménagés pour 6 personnes, il n’y a donc que 2 possibilités: rester allongé sur sa couchette ou debout dans le couloir extérieur en plus, c’est étroit et il est préférable de s’installer chacun son tour dans sa couchette. Le wagon où nous étions est très propre, tout repeint à neuf toilettes compris , chaque couchette est équipée d’un sac de couchage, d’un oreillers, d’un nécessaire de voyage (bouchon d’oreille et lingettes désinfectantes) et une bouteille d’eau. Nous voilà allongés pour une bonne nuit de 12 heure jusqu’à Nice, et on a vraiment super bien dormi, le pied!

La suite du voyage aurait était parfaite sans un retard de 30 minutes à l’arrivée du à un animal percuté lors du parcours (rassurez vous on ne s’est rendus compte de rien ). Notre correspondance, le TER pour Vintimille est encore à quai, on saute du train et on fonce pour se faire littéralement fermer les portes au nez et le voir démarrer sous nos yeux et pourtant nous étions les tous premiers passagers du Paris Nice à l’atteindre merci la SNCF! et pour couronner le tout, pour la SNCF le retard n’était que de 25 minutes donc aucune indemnisation. Bien sûr il y a un TER pour Vintimille toutes les heures, mais le temps d’y arriver notre train pour Milan était déjà parti nous obligeant à réorganiser toute la suite du voyage et acheter de nouveaux billets. Changement à Savone, à Milan puis à Venise Mestre , 2 changements supplémentaires par rapport au trajet initial, le petit retard de 30’ à Nice c’est amplifié à chaque fois jusqu’à Monfalcone où au lieu d’arriver à 19h , nous sommes arrivés à 22h30 juste avant la fermeture du bureau de Hertz où nous avons pu récupérer notre voiture de location (ouf! elle était pré payée et on en a besoin demain pour faire les courses). Mais l’aventure n’est pas finie, à cette heure, la Marina est fermée il fallait encore récupérer les clés d’accès cachées à notre attention par le responsable à l’arrière d’un pickup en stationnement (comme dans les films d’espionnage). Une fois les clés récupérés nous pouvons enfin retrouver notre Rêve à Deux qui avait été mis à l’eau la veille.

Moralité si vous voyagez en train à travers l’Europe avec des compagnies différentes soit vous prévoyez une marge de plusieurs heures pour chaque correspondance soit vous prenez vos billets sur place à chaque étape: sur internet c’est rapide et facile et c’est toujours moins cher que d’acheter un nouveau billet.

piscines aménagées le long de la mer

Le Bolla vin blanc pétillant vieilli dans des grottes sous la mer


La météo n’est pas très bonne ici le ciel est remplis de gros nuages et orage gronde , nous avons trois jours pour remettre le bateau en état de naviguer, de tout ranger et nettoyer à bord , faire les courses et visiter Trieste (heureusement sinon on aurait pas eu de photos pour illustrer cet article, n’ayant pas songé à en faire pendant le voyage en train) avant de prendre la mer. Tout çà à négocier entre les averses de pluie diluviennes, un vrai parcours du combattant! Finalement Samedi soir nous sommes prêts et Rêve à Deux en plus malgré la tempête qui fait rage la météo prévois des conditions favorables pour demain matin Dimanche 23/09/2023. Le mauvais temps s’est calmé dans la nuit et à 8 heures nous larguons les amarres et quittons le ponton. A 08:32 (heure de la pleine mer) nous sommes dans la partie la plus délicate du chenal: le virage en S devant Villaggio del Pescatore (la sortie de la rivière de Monfalcone) on serre un peu les fesses, toutes les alarmes de profondeur sonnent et le sondeur n’indique que 2,10m (soit notre tirant d’eau à pleine charge – heureusement c’est la profondeur sous la sonde ce qui nous donne un pied de pilote d’une trentaine de cm) tout se passe donc bien mais pas question d’essayer de sortir de Monfalcone à mi marée où à fortiori à basse mer ni même à marée haute par mer agitée… .


Le ciel est encore encombré de gros nuages noirs mais çà devrait s’arranger dans la journée et surtout le calme qui nous a permis de sortir du chenal en douceur est vite remplacé par un bon vent de Nord Est idéal pour sortir rapidement de ce cul de sac qu’est la baie de Trieste et longer la côte Croate.
Même si le bateau est très lourd avec le plein d’eau, de gaz oil et de nourriture il est propre comme un sous neuf et avance comme un bolide à 9 noeuds vers des latitudes, espérons le, plus clémentes.

Le beau temps est de retour nous sommes arrivés en Croatie

Par les routes départementales…

Mi-Juillet 2023, Rêve à Deux se repose bien sagement à Monfalcone et nous à la maison en Touraine. Mais depuis 5 ans il n’a jamais été aussi près de la maison et ne le sera pas d’ici un bon moment vu qu’après le break estival l’idée est de retourner en mer Egée. C’est donc le moment de faire un aller et retour en voiture pour enfin décharger toutes ces choses avec lesquelles nous sommes partis ou que nous avons accumulées en cours de route et dont nous nous sommes pratiquement jamais servi. On en profitera pour faire du tourisme avec pour challenge de ne pas prendre une seule route, autoroute ou tunnel à péage…

Nous partons le samedi 15 juillet dans la matinée, pas d’étape prédéfinie, la fin de l’après midi nous attrape à Chambéry. On y est souvent passé mais jamais arrêtés, c’est l’occasion. Vu de la voie expresse, c’est moche mais le vieux centre ville autour du château est très joli.

Après un bon repas (même si les spécialités savoyardes sont un peu grasse à notre goût) et une nuit paisible nous sommes partis pour la traversée des Alpes par la vallèe de la Maurienne et le col du Mont Cenis.

Le tour de France n’est prévu ici que dans 2 jours mais week-end oblige il y a énormément de monde : motards, cyclistes et touristes ordinaires. Pique-nique du côté Italien à l’ombre de l’église de Giaglione.

Nous évitons Turin en passant par la « tangentiale » (gratuite). Puis nous contournons Milan par le sud avec un arrêt photos au coeur de la Lombardie dans le joli village de Robecco Sul Naviglio au canal bordé de demeures historiques .

Ce soir nous dormons à Brescia en plein centre-ville dans un bâtiment historique : le palais Paul VI.

J’entends d’ici votre question : avez vous préparé votre voyage et fait vos réservations longtemps à l’avance ? Parce que trouver des chambres libres en pleine saison touristique ce ne doit pas être facile ! La réponse est non : aucune préparation ni réservation avant le départ. Le parcours général à été défini sur la base des itinéraires « sans péage » proposé par Google Map et Via Michelin agrémentés de nos préférences touristiques, vers 17:00 tous les jours on commençait à choisir la ville étape du jour et rechercher (essentiellement sur booking.com) une chambre pour la nuit et on à toujours réussi à se loger à un prix raisonnable.

Nous passons la plus grande partie du lundi à explorer les rives du lac de garde, baignade à la plage pique nique sur la berge ombragée par contre impossible de visiter les lieux les plus touristiques comme la célèbre cité médiévale de Sirmione complètement envahie par les touristes : pas une place de parking disponible à moins de 6 km.

L’Italie du nord est une région d’agriculture intensive et si les villes sont intéressantes du fait de leur centre historique les campagnes sont ennuyeuses au possible. Et c’est justement dans une auberge perdue au fin fond de cette campagne quelque part du côté de Noventa de Piave que nous passons la nuit suivante mais l’endroit est calme et confortable et surtout la nourriture et le petit vin local sont excellents le tout pour un prix vraiment raisonnable.

Nous arrivons enfin à Monfalcone et commençons le rangement et l’emballage des affaires que nous voulons amener. Les travaux ne sont pas autorisés à la marina mais nous avons obtenu la permission exceptionnelle de changer nos anodes et de polir l’hélice. Nous arrangeons aussi un rendez-vous avec le gréeur pour nous mettre d’accord sur les pièces à changer pour la réparation de l’enrouleur. Monfalcone n’est guère plus qu’une banlieue éloignée de Trieste, enclavée entre les eaux peu profondes de la baie et les hauteurs de la Slovénie toute proche. Elle vit principalement de la construction navale (les chantiers Fincianteri) mais comme la plupart des ville Italiennes elle à aussi un centre ville ancien et pas désagréable.

En deux jours et demi nous avons accomplis toutes les tâches de notre liste, il est temps de repartir mais cette fois l’idée est rentrer chez nous en passant par le nord (Autriche, Allemagne). Grand détour ? non en fait la distance est pratiquement la même que le chemin que nous avons suivi à l’aller. Par contre côté montagne on va être servi : pas beaucoup de plaines à traverser avant d’arriver en France. Nous avions un temps contemplé l’idée d’une visite à Venise (où nous sommes déjà allés plusieurs fois) mais la chaleur éprouvante qui sévit sur la côte et la foule qu’il faudrait y affronter nous ont fait y renoncer bien vite : à nous l’air frais des montagnes !

Nous mettons donc cap au Nord, la plaine agricole fait petit à petit la place à des vallées entourées de collines. Nous pique-niquons à l’ombre du château d’Artegna.

Puis la vallée se resserre et les montagnes se font de plus en plus escarpées, la route devient étroite et sinueuse, nous pénétrons dans le massif des Dolomites.

Le paysage est grandiose et magnifique. Après de nombreux arrêts photos nous passons la nuit dans la très belle ville de Brunico/Bruneck au Sud Tyrol qui est un province d’Italie où tout le monde parle Allemand. Super gite, super resto, commerçants sympas on y serait bien resté plus longtemps.

Le lendemain nous franchissons le col du Brenner et pénétrons en Autriche. Arrêt de quelques heures à Innsbruck pour visiter la vieille ville.

Nous reprenons la route et passons la frontière Allemande dans le sud de la Bavière à Fussen ou nous dormons dans une pension au bord du lac non sans avoir dégusté un excellent sandre de ce même lac.

Samedi 21/07/2023 nous mettons cap plein Est et quittons la Bavière pour le Bade Wurtemberg à Isny im Allgäu une adorable petite ville entourée de rempart et batie autours de son abbaye dont la construction date de 1270. Nous y passons toute la matinée en commençant par un excellent petit déjeuner à la boulangerie.

Puis c’est le lac de Constance (appelé ici Bodensee). Après un bain de foule à Frederickshaffen nous trouvons un endroit calme pour casser la croute sur un banc au bord du lac juste devant l’hôtel de ville de Hagnau am Bodensee.

Etape suivante: la forêt noire et le lac de Titisee que nous avions adoré lors de notre dernier passage dans le coin en 1976. Mais là c’est la grosse déception. Le lac est bien toujours là mais il y a tellement de monde que nous ne trouvons même pas un endroit pour nous arrêter et prendre une photo !

Tant pis on continue sur Fribourg (Freiburg im Breisgau) que nous avions aussi visité à la même période. Ici pas de mauvaise surprise. La vieille ville et ses rue piétonnes bordée de caniveaux où coule une eau limpide est toujours aussi belle, sans doute même plus belle : plus d’édifices anciens ont été restaurés depuis. Nous y passons un bon moment, par contre, pas moyen de trouver un hôtel à un prix décent. Il nous faut traverser le Rhin et rouler jusqu’à Burnhaupt-le-Haut pour trouver un établissement rentrant dans notre budget.

Dimanche matin nous continuons notre route avec un arrêt à Belfort pour voir la forteresse et son lion. Nous avons de la chance hier tout était bouclé à cause du Tour de France (deux jour avant eux au Mont Cenis, un jour après eux à Belfort on a pas pris trop de retard!)

De là on poursuit sur la Bourgogne avec escale à Autun pour (re) visiter sa cathédrale qui donne tant envie de relire Henry Vincenot.

Puis c’est le Berry et nous atteignons enfin notre chère Touraine du Sud juste avant la tombée de la nuit.

Bilan de cette escapade terrestre : 250 kg de matériel inutile ramené, environ 3000 km parcourus, 149 litres de super utilisés, 2 euros de péage (on s’est trompé une fois de sortie dans le contournement de Padoue) et surtout des images de paysages grandioses et de villes magnifiques plein la tête.

Turin Ville d’Art

Turin, ville d’art

Une fois n’est pas coutume, nous ne sommes pas sur l’eau , ni dans les air, nous sommes dans le train pour rentrer à la maison.

Changement à Venise Mestre puis à Milan Centrale, 1er arrêt à Turin où nous arrivons vers 19:00h. Les abords de la gare et leurs architectures fin 19ème sont assez austères mais notre hôtel est très agréable et nous trouvons un resto sympa dans une ruelle adjacente.

Nous avons décidé de consacrer notre journée du lendemain, Mardi 6 juin, à l’art: depuis que nous avons commencé notre tour du monde nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de visiter de bons musées, alors comme ici il y a l’air d’avoir ce qu’il faut on va s’éclater.

Première étape: Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea di Torino (GAM) . Ce musée est situé dans un grand bâtiment moderne en périphérie du centre ville proprement dit. Les collections sont un régal pour les amateurs d’art moderne que nous sommes. Incluant peintures et de sculptures, elles couvrent la période de la fin du 19ème siècle à nos jours en mettant bien sûr l’accent sur les artistes locaux (Piémont) et Italiens en général tout en incluant ici et là des noms plus connus de notre côté des Alpes tels que Max Ernst, Paul Klee ou encore Pierre Soulage. Il y a peu de visiteurs et nous pouvons en profiter tout à notre aise. La visite nous occupe toute la matinée

Après un repas léger, nous continuons vers le centre ville proprement dit et la Galeria d’Italia sur la place San Carlo. Ici, l’architechture baroque du XVIème XVII siècle rayonne pleinement. Son développement date de 1562 quand le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, transféra sa capitale de Chambéry à Turin. La plus part des édifices de la place ont été détruits pendant les bombardements en 1943 et ont été reconstruits à l’identique après la guerre (du moins les façades). La Galeria D’Italia est la fondation de la banque Intesa San Paolo.

Elle abrite une collection d’art baroque très mal mise en valeur par contre elle hébergerait depuis le début du printemps une exposition du photographe américain JR (pour les plus anciens : non il n’est pas de Dallas) sur les déplacés. JR va dans les camps de déplacés partout dans le monde pour redonner de l’espoir aux enfants et alerter le monde sur leur situation en les faisant déployer tous ensemble (parfois même de communautés rivales) le portrait de l’un d’entre eux réalisé sur une toile de plusieurs dizaine de mètres : cela donne lieu à des séquences très émouvantes. (voir plus en suivant ce lien : https://www.jr-art.net/fr/project-list/deplace.e.s)

©JR

La galerie héberge aussi les archives photographiques du principal journal du Piémont, consultable sur grand écran. Elles retracent notamment le parcours très difficile de la ville dans l’immédiat après guerre, l’industrialisation (métalurgie, automobile), les luttes syndicales et les années de plomb.

Nous concluons cette journée culturelle par la visite d’Egyzio, le musée d’égyptologie de Turin qui serait la plus grande collection d’antiquité égyptienne après le musée du Caire. Le musée compte tellement de salles remplies d’objets et de momies que par moment on a carrément l’impression de ce retrouver dans un entrepôt de pilleurs de tombes (ce qui fût peut-être le cas).

Par contre, une exposition temporaire passionnante expliquent pas à pas le déchiffrage et décryptage des hiéroglyphes depuis les grecs jusqu’à nos jours en passant bien sûr par notre fameux Champolion national. Il s’agit en fait d’un système d’écriture très évolué mélangeant des lettres phonétiques (phonogrammes) et des idéogrammes (un peu équivalent de ce que sont aujourd’hui les smiley). Pas grande différence donc entre ces textes anciens et les messages et autre textos, (aussi illisibles que des hiéroglyphes pour la plupart des boomers que nous sommes) que peuvent échanger les ados d’aujourd’hui sur Whatsapp ou messenger…

Autre partie très intéressante de ce musée c’est la Galeria dei Re avec son impressionnant alignement de statues de la terrible Déesse Sekhmet, de sphinx et autres divinités, très bien mis en valeur par des jeux de mirroirs et un éclairage très sophistiqué.

Soirée tranquille et le lendemain matin de bonne heure et de bonne humeur nous prenons la flèche rouge ( Frecciarossa : le TGV Italien), changement à Lyon (sur le même quai) pour Tours ou nous sautons dans le bus juste devant la gare et nous sommes à la maison avant la fin de l’après midi). Toute la journée à admirer le paysage, pas de stress aux aéroports (contrôles, attente des bagages, etc), pas de liaison compliquées et harassantes entre Roissy et les gares parisiennes : vive le train! à bas l’avion! et en plus c’est bon pour notre Karma Carbone !

Croatie (7), Slovénie, Italie

C’est avec beaucoup de retard que nous publions notre article sur la fin de notre remontée de l’Adriatique…

Nous avons trouvé un bon chantier à un prix raisonnable (c’est à dire moins cher que le marinas Croates hors de prix) pour « éténer » (comme hiverner mais en été:))) Rêve à Deux à terre : la Marina de Lépanto à Monfalcone (Italie), le grutage est prévu lundi 5 Juin. Nous sommes le Dimanche 28 mai et de Pula que nous quittons ce matin la distance est de moins de 70 milles, nous avons donc tout le temps de remonter à petites étapes.

Soleil radieux et mer parfaitement calme avec juste ce qu’il faut de vent pour avancer tranquillement. Nous atteignons Vrsar (comme ça se prononce…) en milieu d’après midi. Le port de plaisance au pied de la vieille ville est très joli mais très cher et de toute façon déjà plein comme un œuf, nous préférons ancrer dans la baie au nord de la ville. Nous sommes le dimanche 28/05/2023 et il y a beaucoup monde sur les plages dont beaucoup de touristes allemands et quelques locaux. Nous attendons le lundi matin pour aller nous promener à terre : c’est beaucoup plus calme. La péninsule qui nous sépare du port est un joli parc boisé avec une piste cyclable et tous les aménagements pour se baigner et descendre des rochers en toute sécurité. Le vieille ville perchée sur sa colline est très agréable.

En fin de matinée nous reprenons la mer pour une courte étape jusqu’à l’anse de Busuja, l’endroit semblait est assez sympa et bien protégé sur la carte mais les commentaires étaient assez mauvais sur Navily. Et nous comprenons rapidement pourquoi : il y a peu de fond dans toute la baie et surtout ce fond est constitué de roches plates recouvertes par endroit d’une couche trompeuse de quelques millimètres de sable : pas moyen pour l’ancre d’accrocher. Après le déjeuner et une bonne baignade, nous nous rabattons sur la baie toute proche de St Martin ou le fond de vase nous permet de dormir en toute quiétude.

Encore une courte étape surtout qu’il y a un peu plus de vent aujourd’hui. Nous jetons l’ancre devant l’abbaye dans la baie de Dajla. Depuis quelques jours nous rencontrons des problèmes de pilote : il cessait de fonctionner brutalement par intermittence et depuis hier, tout à fait. Dans la soirée j’avais donc envoyé des messages aux services techniques de B and G (fabriquant du pilote) et de Lecomble et Schmitt (fabriquant du vérin) et ce dernier m’a déjà répondu ce matin : le problème doit venir des charbons de la pompe hydraulique du vérin après plus de 50 000 parcourus à 99 % sous pilote il est grand temps de les changer. Heureusement, j’en ai un jeux de rechange à bord. En une heure la pompe est sortie de son emplacement, les charbons changés et le tout remonté à sa place et testé : çà marche ! Merci LS.

Dajla sera notre dernière étape Croate pour cette saison, le mouillage et bon mais la côte ne semble pas présenter grand intérêt, nous ne descendrons pas à terre. Nous quittons la Croatie le mardi 31 mai par une jolie brise de Nord de 15 à 20 nœuds. Nous mouillons entre Piran et Portoroz à l’abri de la pointe Bernardin juste devant leu Université Maritime. La Slovénie ne possède que quelque km de côtes mais prend les sports nautiques très au sérieux. Leurs sélectionnés olympiques sont à l’entraînement en 470 et en Kite Surf : impressionnant ! Nous descendons tout de suite à terre et prenons le bus pour la vielle ville de Piran.

L’endroit est manifestement très touristique mais très agréable et surtout plein de charme avec son port, ses rues piétonnes, ses monuments et ses remparts. Nous rentrons à pied par le front de mer. Sur un mur des affiches vantent les spécialités culinaires traditionnelles, un H-tag permet même de télécharger la recette.

Jeudi après midi nous ancrons dans la baie de Lazzaretto, pile à la frontière Italo-Slovène. Promenade côté slovène par le sentier qui borde la mer et serpente entre les vignobles et les falaises boisée jusqu’à la pointe Debeli, une formation géologique très particulière appelée flysch.

Nous quittons ce beau mouillage à l’aube pour traverser la rade de Trieste sans un souffle d’air et arriver à l’entrée du chenal Est de Monfalcone avant l’étale de marée haute (09:40 aujourd’hui) : dans cette partie de l’Adriatique les marée sont loin d’être négligeable et le marnage peut atteindre plus d’un mètre en vives eaux.

L’arrivée est assez impressionnante. Il faut raser la côte sous le château de Duino accroché sur le bord de sa falaise de 60m. Dans la partie la plus étroite du chenal nous n’aurons plus que quelques centimètres sous la quille.

A cette heure encore matinale pour beaucoup, nous sommes les seuls à rentrer, par contre dans l’autre sens, il y a du monde ! Puis les balises rouges et vertes fond tout à coup place à des rives boisées et tapissées de roseaux masquant des sites industriels à l’arrière plan. Pour un peu on se croirait transporté en Hollande (il ne manque que les moulins à vent…). L’eau du canal est propre et claire. Nous nous amarrons en bout de ponton. C’est une marina tout confort avec piscine, bar et resto. Mais nous ne sommes pas là pour le farniente. Il ne nous reste que les 2 jours du week-end pour préparer le bateau à passer 3 ou 4 mois au sec sans nous. Dégréer les voiles, nettoyage complet et rangement, il faut aussi prendre toutes les dimensions pour refaire le taud de grand voile qui en a bien besoin, on ne va pas chômer, surtout que de fortes pluies sont annoncées pour dimanche.

Le foc refuse de descendre, les vis des éclisses joignant les morceaux du profil de l’enrouleur réparées à Ismaelia se sont encore dévissées et l’émerillon (la pièce attachée à la drisse et qui coulisse sur le profil pour hisser ou affaler la voile) est bloqué au premier joint tout en haut. Domi doit grimper pour libérer la voile. Si la marina peut nous trouver un bon gréeur on va en profiter pour le faire démonter et remettre à neuf pendant l’immobilisation estivale.

Lundi matin tout est enfin prêt mais le temps est carrément pourri : orages avec des pluies diluviennes accompagnée de fortes rafales. En fin de matinée, une accalmie se présente et nous pouvons effectuer la manœuvre. À 12:30 Rêve à Deux est sur le terre-plein devant le chantier, bien calé sur son ber, prêt à affronter quelques mois tout seul. A 13:00 nous sommes à la gare attendant notre train pour rentrer à la maison. Parce que, oui, nous sommes en Europe continentale à seulement 1300 km de notre Touraine du Sud alors pourquoi s’embêter à prendre l’avion surtout que le train pollue quand même beaucoup moins ! Arrêt prévu à Turin ce soir pour passer la nuit et y faire un peu de tourisme demain…

Remontée de la côte Croate (6)

Pourquoi remonter si vite ?  La date buttoir pour arriver au bout n’est que le 2 Juin. Certes mais le passage le plus délicat du parcours est la traversée du canal Kvarner. Ce bras de mer qui baigne la côte sur de l’Istrie et donne accès au port Rijeka a assez mauvaise réputation (sans toutefois être aussi dangereux que le canal Velebitski) et peu générer des vents forts. Et c’est justement ce qui est prévu pour ce week-end et le début de la semaine. On préfère donc le passer aussi vite que possible tant que le temps est maniable.

Et ce fut en effet un passage éclair, mer plate, vent d’est 15 à 18 nœuds, c’est à 8 nœuds que nous traversons le canal Kvarner. Nous avons levé l’ancre de Sunfarni à 07:10, à 12:10 nous  la mouillons dans l’anse de Paltana (Banjole) en Istrie (quelques km au Sud de Pula. Cette baie aurait pu être très jolie si elle n’avait pas été défigurée par un hôtel en béton aux couleurs criardes d’un côté et d’un lotissement de luxe mais pas plus joli de l’autre. Mais l’abri est bon sauf du plein Ouest et le fond de très bonne tenue.

Vendredi matin nous nous déplaçons de quelques milles pour aller ancrer dans la baie de Stoja entourée de plages et de camping et qui a l’énorme avantage d’être à quelques minutes du centre ville de Pula par le bus qui part du font de la baie toutes les 20 minutes.

Sitôt arrivés nous débarquons et sautons dans le premier bus pour le centre ville de Pula.

Pula aurait été fondée il y a plus de 3000 ans par les Illyriens mis elle a connu son heure de gloire après la conquête par les Romains  en 177 avant J.-C..

Ceux-ci firent de la ville la plaque tournante pour l’approvisionnement de l’empire en vin et en huile, développant du même coup l’agriculture de la région ainsi que l’industrialisation (déjà à cette époque) de la production d’huile et la fabrication des amphores. Ce sont eux qui construisirent les fameuses arènes et le temple d’Auguste au début de notre ère. La seconde phase de prospérité commença en 1150 quand Pula fit allégeance à la République de Venise. C’est aux Vénitiens que l’on doit la citadelle et l’architecture de la vieille ville qu’elle surplombe.

Autre atout important de cet endroit : du côté Nord Est de la baie derrière la plage les pins et les villas du bord de mer il y a un shopping mall de bonne taille (je pense qu’on dit centre commercial en français) avec bien sûr beaucoup de boutique de fringues de marques, électroménager, parfumerie, bijouteries et tout le tintouin mais surtout un assez grand supermarché bien achalandé et un magasin bio. Idéal pour réapprovisionner la cambuse tout en restant dans un mouillage gratuit et agréable.

Remontée de la côte Croate (5)

Le côté du large de cette partie de l’archipel est en grande partie occupé par le Parc National de Kornati et le Parc Naturel de Telascica. Mais entre ces sites et le continent il reste encore suffisamment d’îles et de canaux pour occuper plusieurs semaines de croisières sans avoir à se préoccuper du prix de ces parcs. Pour nous ce sera des petites criques tranquille ou nous serons presque toujours seuls.

Vrtiluka  au sud de Murter, Prtljug au Nord Est d’Ugljan et Sunfarni à l’ouest de Losinj. Nous avons eu peu devant mais toujours assez pour faire la plus grande partie sans avoir recours au moteur. Entre Murter et Ugljan nous avons même fait un grand bord de spi.

À Prtljug, quand nous nous sommes réveillés le matin il y avait un brouillard à couper au couteau, du cockpit on ne voyait même pas l’avant du bateau…

fort heureusement la brume s’est éclaircie un peu vers 9 heures,  on y voyait encore qu’à quelques dizaine de mètres mais avec le radar et l’AIS on pouvait commencer à avancer en toute sécurité. Puis nous sommes sortis du brouillard et la vision de cette ouate blanche enveloppant les îles derrière nous était surréaliste.

Remontée de la côte Croate (4)

Dimanche nous repartons de très bonne heure, avant que le vent ne se lève pour éviter tout risque si on devait pousser le bateau du voisin pour récupérer l’ancre et peut être aussi pour emmerder un peu ceux-ci qui mouillés beaucoup trop près n’ont pas voulu se déplacer hier soir et on préféré boire des bières jusqu’à fort tard. (grrr…)

Le vent se lève quand nous atteignons le canal Drveniki : en Croatie, tous les bras de mer entre les îles et le continent sont appelés canaux ce qui n’est pas sans rappeler la Patagonie dont la géographie présente aussi quelques ressemblances mais pas le climat…

Nous arrivons en tout début d’après midi dans la baie de Ragoznica. Mous ancrons à devant la plage à l’Est de la presqu’île ou se trouve la vieille ville.

La presqu’île est couverte de pins et de cyprès avec de-ci de là quelques villas coquettes et un chemin piétonnier qui en fait le tour. Sur la rive Ouest se situe la vieille ville. Avec, le long du quai, ses jolies maisons anciennes en pierres de taille joliment restaurées et encore couvertes pour certaines de toitures en pierres plates (comme le lauzes du Massif Central). Cela fait plusieurs jours que nous n’avions pas marché, le tour de la presqu’île nous fait le plus grand bien. Cet endroit n’a rien d’extraordinaire, pas de château ou de cité historique mais c’est l’un des plus agréables ou nous soyons passé depuis notre arrivée en Croatie.

Et cerise sur le gâteau,  c’est l’endroit parfait pour faire les provisions : on peut se rendre directement en annexe juste devant le supermarché et le marché aux légumes et aux poissons : pas de lourds cabas à porter sur une grande distance :  il n’y a que la rue à traverser. À 9:00 nous sommes de retour au bateau avec des provisions pour la semaine (c’est qu’on se tape la cloche sur Rêve à Deux) et c’est reparti cap au Nord.

Remontée de la côte Croate (3)

Samedi nous décollons de bonne heure. Le vent d’Est s’effondre bien vite pour être remplacé par de l’Ouest 10 à 12 nds. Nous voilà repartis à trier des bords mais ici entre les îles, c’est super, la mer reste plate. Nous progressons le long de la côte sud de la longue île de Hvar et nous nous faufilons entre cette île et le chapelet d’îlots qui la déborde à son Sud Est.

Dés qu’on arrive au phare sur un îlot qui marque l’entrée du passage on découvre l’impressionnante citadelle qui surplombe l’endroit et un peu plus tard la vielle ville Vénitienne de Hvar. Un endroit de plus à ajouter à notre liste d’endroits à visiter au retour à condition toutefois de trouver un bon mouillage pas trop cher pas trop loin

Le temps qui était jusque là très beau se couvre quand nous doublons la Pointe Pelegrin (extrémité Ouest de Hvar) et mettons le cap au portant sur le détroit de Splitska entre les îles de Brac et Solta. Du détroit on aperçoit au loin la ville de Split (très belle parait-il mais nous n’y ferrons sans doute pas escale cette fois-ci ni la prochaine : voir paragraphe précédent). Le vent tombe complètement dans ce passage étroit et c’est au moteur que nous arrivons dans la baie de Necujam (Solta)

Petite parenthèse sur le choix des mouillages en Croatie. Nous avons l’ « Adriatique Pilot Imray » (version électronique) qui nous permet de nous donner tous les renseignements nautiques et nous permet de nous faire une idée sur les endroits où passer et trouver un abri. Mais il faut savoir qu’en Croatie, les marinas sont hors de prix (genre 150 euros la nuit : pas du tout dans notre budget). Les quais des ports publics ne sont pas beaucoup moins chers. De nombreuses baies et autres criques sont occupés par des corps morts (bouées) louées pour 35 à 50 euros la nuit (réservation obligatoire en saison), le même tarif est souvent appliqué si on s’ancre dans la même baie. Dans beaucoup d’endroit l’ancrage est carrément interdit. Alors comment fait-on ? Heureusement il y a Navily, c’est un site web et une appli pour tablettes et smart phone qui répertorie les mouillages à peu près partout dans le monde (surtout en Méditerranée pour l’instant) et qui publie les commentaires des usagers sur chaque endroit (application que l’on consulte gratuitement sur ordinateur mais payant sur smartphone et tablette). Bien sûr tous les commentaires ne sont pas toujours précis ou tout à fait fiables d’un point de vue maritime. Mais au moins on peu se faire une idée de la qualité de l’abri, de la tenue des fonds et surtout du tarif ou, pour ce qui nous intéresse, de la gratuité de l’ancrage !

Nous mouillons dans le fond de la baie dont les rives boisées sont assez jolies mais pas la première partie de la baie devant le village de Necujam est  horrible. En fait de village, c’est une sorte de collection de lotissement de vacances et autres locations saisonnières construit sans style ni goût. Nous faisons un tour à terre mais il n’y a strictement rien à voir en cette saison même le supermarché est fermé. Quand nous sommes arrivés en tout début d’après midi nous étions seuls dans cette partie de la baie. Mais dans la soirée les bateaux de location ont commencé à arriver. Nous sommes Samedi jours de début des contrats et Necujam est le premier abri sûr une fois sorti des marinas de Split. Certains découvraient manifestement leurs bateaux mais apparemment aussi le b-aba du mouillage. Il a fallu longuement parlementer avec plusieurs d’entre eux pour essayer de les convaincre que dans 15 m de fond, 60 m de chaîne est une longueur raisonnable et qu’avec un tel rayon d’évitage (le cercle que fait le bateau en tournant sur son ancre) il ne faut pas se mouiller à  5 m les uns des autres…