Nous nous dirigeons vers Folegandros une bonne quinzaine de milles à l’Ouest d’Ios et séparée de cette dernière par Sikinos pour gagner encore dans l’Ouest avant le saut pour la Crète. C’est une petite île très escarpée. Son port, Karvostasis n’offre qu’une protection très relative et dérisoire en cas de Sirocco ou pire de Meltem qui fait parait-il tomber de véritables williwaws des sommets de l’île. Mais aujourd’hui pas de risque le temps est calme. On mouille, le « cul » amarré à la jetée et comme çà devient une Habitude, nous sommes seuls.
Un ferry rapide arrive. Le capitaine de port qui joue aussi le rôle de lamaneur vient nous voir pour percevoir la taxe de 10 Euros. On lui demande s’il y a un bus pour monter à la Chora. Pas de soucis nous dit-il si vous attendez que j’en ai fini avec le ferry je vous conduis là haut ! La route (3 kilomètres) serpentant dans une vallée aride ne présente aucun intérêt. Par contre la Chora (village principal de l’île perché tout en haut) est tout simplement magnifique. D’abord la vue du haut des falaises sur le chemin qui monte au monastère, Puis le centre du village proprement dit avec ses chapelles et ses maisons blanches entourant la petite place bien ombragée par une sorte de bignone gigantesque (feuillage similaire à la notre mais fleurs mauves et plus petites).
Nous hésitons à nous arrêter prendre un verre avant de redescendre mais décidons finalement qu’une bouteille d’eau serait plus raisonnable et grand bien nous en a pris : à peine sorti du village nous passons devant l’arrêt du bus et le chauffeur nous dit qu’il redescend au port dans 2 minutes ! (il n’y a en cette saison que 3 bus par jours et celui-ci est le dernier).
Nuit paisible et au levé du jour nous partons cap Sud-Sud-Ouest direction la Crète
Mardi 26 mars 2014 , du mauvais temps de Sud Est (le fameux Sirocco) est annoncé pour les jours suivants, il nous faut donc trouver un bon abri et après une semaine au chantier, la perspective de rester encore à Partheni ne nous enchante pas. Lipsos ou Lipsoi est une petite île à quelques milles au nord de Leros et Lipsi, le port de l’île semble bien protégé des vents de ce secteur, c’est donc vers là que nous nous dirigeons à peine mis à l’eau.
Nous sommes seuls amarrés le long du quai, en fin de journée un voilier finlandais vient aussi se mettre à l’abri et ce sera tout. On voit que la saison n’a pas encore commencé, si l’on en juge par les photos du guide, en été c’est plutôt vingtaine de bateaux qui s’entassent au même endroit.
Lipsi est un joli village dont l’activité semble plus locale et authentique que sur d’autres îles où en l’absence de touristes tout semble mort. Il y a bien sûr quelques locations saisonnières et un ou deux restaurants fermés mais tout le reste est ouvert et les commerces sont bien achalandés dont plusieurs boulangers, un supermarché, un boucher et un quincaillier. Le square aménagé pour les enfants, les ruelles bordées de maisons traditionnelles blanches et bleues, tout respire la communauté ou il fait bon vivre. Les ressources sont pourtant très limitées, une belle exploitation viticole, quelques vergers d’olives et d’oranges, de la petite pêche artisanale et bien sûr les chèvres et les moutons dont les cloches résonnent sur les flancs des collines escarpées.
Comme nous sommes là pour plusieurs jours nous prenons le temps de nous promener sur les routes très peu fréquentées de l’île et admirer les superbes paysages étonnamment verts et fleuris en ce début du printemps . Autre particularité de l’île : ses chapelles. Dans toutes les îles grecques il y a beaucoup de chapelles mais ici leur nombre est particulièrement élevé et toutes sont surmontées du même dôme peint en bleu. Depuis le coteau surplombant le village nous en avons compté 16 seulement dans la vallée Nord et probablement autant de l’autre côté. Recette assurée pour perdre quelqu’un demandant son chemin, il suffit de lui dire : tourne à droite juste après la chapelle avec un dôme bleu…
Coup de cœur : si on devait choisir une île pour vivre une bonne partie de l’année sans doute Lipsos serait-elle tout en haut de la liste.
Mais nous sommes déjà Vendredi et le coup de Sirocco est passé laissant un peu partout sur le bateau sa poussière jaunâtre. Depuis hier soir le vent est tombé, la mer a eu le temps de se calmer pendant la nuit, il est temps de partir vers l’ouest.
Première étape Levitha. Nous y étions l’année dernière le 7 avril soit 9 jours plus tard. Il y avait cinq voiliers aux corps morts dans la crique. Cette année nous somme seuls et à l’ancre, les corps morts n’ayant pas encore été remis en place.
Après une bonne nuit sans vent (heureusement, vu que les blocs des corps morts et leurs chaînes traînaient sur le fond on aurait pas voulu coincer notre ancre) nous continuons moitié à la voile moitié au moteur sur Amorgos dont le port de Katapola est tout aussi désert. Le producteur bio dont nous avions tant apprécié le vin et les fruits lors de notre premier passage n’a pas encore ouvert la boutique de son exploitation, nous sommes donc un peu déçus. Surtout que la plupart des épiceries sont ouverts mais aucune ne propose de produit locaux : le plus ressemblant étant du fromage de Naxos île distante d’une vingtaine de milles. En rentrant à bord nous assistons à une cérémonie surprenante pour nous qui ne sommes pas habitués aux rites Orthodoxes. Un enterrement avait lieu, et le convoi funéraire passait sur le quai. En tête marchaient 2 prêtres en grande tenue mais semblant bavarder entre eux comme à la promenade. Suivait un pickup un peu déglingué sur le plateau duquel reposait le cercueil ouvert avec le visage du défunt bien visible parmi les gerbes de fleurs. Les proches, la famille et les autres participants marchaient derrière.
Au matin nous repartons pour Ios (île des Cyclades à ne pas confondre avec le système d’exploitation des smart phones de la marque à la pomme). Là aussi nous sommes seuls quand nous arrivons et nous nous amarrons devant la terrasse du café bondée de locaux : nous sommes dimanche. Nous assistons à un phénomène étrange. Un banc de brouillard pénètre dans la baie donnant tout d’un coup au paysage un aspect un peu surréaliste. Avant que le soleil ne se couche, un autre voilier nous rejoint mais il va finalement s’amarrer sur le quai extérieur.
Lundi 1 avril, paiement de la taxe portuaire (la première que nous payons depuis que nous avons quitté Leros) à l’agence de voyage Actéon, courses rapides au super marché du port moderne et bien achalandé par contre pour le pain il aurait fallu monter à la Chora. Mais on préfère se réserver pour la chora de Folegendros notre étape du jour, qui lui vaut, parait il, vraiment le déplacement.
Après une nuit paisible dans notre cabine de luxe nous arrivons à Leros Mardi 19 mars vers huit heurs du Matin. Le loueur de voiture nous attend sur le quai, enfin, il aurait dû, parce qu’en fait malgré un échange de mail très clair à ce sujet, il est à l’aéroport : non mais ! c’est quoi ces touristes qui débarquent en ferry ? Peuvent pas prendre l’avion comme tout le monde ? Heureusement l’île n’est pas grande et en 10’ l’erreur est réparée.
Le temps de faire les courses (c’est surtout pour çà qu’on a pris une voiture) et nous retrouvons notre Rêve à Deux au chantier.
Nous avons programmé la mise à l’eau pour le mardi suivant (26/03) nous avons donc un semaine pour effectuer les quelques travaux prévus : nettoyage et rangement de l’intérieur) Copper Coat sur la quille et le lest (lors du dernier carénage en Indonésie je n’avais pas laissé le primer époxy suffisamment de temps pour sécher complètement avant de le recouvrir et le copper coat c’est écaillé à plusieurs endroits.)
On a beaucoup de chance, toute la semaine le temps est sec malgré plusieurs passages très ventés et un peu frais donc les travaux avancent bien et on a le temps, une fois les couches passées de jouer encore un peu les touristes sur cette île verdoyante.
Mardi arrive, le temps est absolument parfait pour la mise à l’eau : pas de vent, température agréable. Les techniciens du chantier sont des super pros de la manutention des bateaux à voile. Il faut dire que comme leur direction fait tout pour remplir le terrain, pour mettre un bateau à l’eau il faut en déplacer plusieurs !
Lundi 18 mars, les rues du centre ville sont calmes (certains soufreraient-ils d’une petite gueule de bois après 10 jours de carnaval?) sans doute mais surtout c’est le premier jour du carême orthodoxe et c’est un jour férié.
De nombreux musées et monuments sont fermés en ce jour, notamment le musée d’art moderne où nous pensions aller. Bon, heureusement, il y l’incontournable musée national d’archéologie que nous n’avons encore pas vu .
Le musée est immense et nous occupe une bonne partie de la journée. A travers la visite on se rend compte de l’avancée technique, artistique et sociale des civilisations qui se sont succédées dans l’archipel, civilisations qui ont su bâtir sur l’acquis des précédentes et intégrer les influences de leurs voisins. Les pièces exposées sont magnifiques et l’histoire qu’elles retrace est bien entendu très intéressantes mais la présentation de certaines salles date un peu et elles demanderaient à être remise au goût du jour. Petit détail qui à son importance (on aime bien manger dans les musées) la cafétéria est loin de valoir celle du musée de l’Acropole…
On fini la journée par le palais présidentiel toujours gardé par les fameux Evzones aux costumes et à la façon de marcher si particulière. Un peu de relaxation au jardin botanique juste à côté et de flâneries dans les ruelles de cette ville un peu défraîchie (on sent qu’ici la crise économique de 2010 et loin d’être finie pour tout le monde) et il est temps de rejoindre notre hôtel et aller récupérer nos bagages, prendre le métro pour le port du Pirée et attraper notre ferry pour Leros.
Çà y est ! Après une bonne pause hivernale nous revoilà en route pour retrouver notre Rêve à Deux!
Les étapes de ce nouveau voyage multimodal ce sont enchaînées comme sur des roulettes :
Tours Lyon en TER. Le temps de manger une bonne salade maison à Perrache et nous sautons dans le Flix Bus de nuit jusqu’à Bologne. Ptit’dej au snack de la gare routière et c’est encore Flixbus jusqu’à Ancone ou nous arrivons à 14:00 pour embarquer sur notre Ferry départ 16:30. Nous n’avons donc pas pris le temps d’explorer Ancône cette fois-ci mais çà doit valoir le coup.
Dîner agréable suivit d’une nuit paisible et reposante sur le ferry, première escale matinale à Igoumenitsa puis croisière tranquille à travers les îles Ioniènes jusqu’à Patras ou nous arrivons vers 16 heures.
A peine débarqués, taxi jusqu’à la gare routière (8 Euros) ou nous attrapons le bus pour Athènes seulement 30’ après avoir touché le quai. Nous sommes dimanche soir mais il y a encore beaucoup de monde dans les rues des 2 villes : malgré les averses de l’après-midi l’ambiance a dû être festive pour ce dernier jour du carnaval orthodoxe traditionnel ( »Apokries »). Nous avons réservé une chambre à Monastiraki, on à même le temps d’un bon resto avant d’aller nous coucher.
L’idée est d’aller déposer nos bagages à l’hôtel avant de partir explorer la ville. Notre hôtel est en ville mais tout près d’ici, la réception m’a envoyé un plan qui s’ouvre tout seul dans Google map. 6’ super on y va ! Nous enfilons ruelles après ruelles, franchissons des ponts et traversons des campos en vérifiant à chaque fois l’itinéraire sur le téléphone. 20’ plus tard glouglou indique encore 17’? là y a un bug. Anne prend le téléphone. Oups … glouglou c’est recalé tout seul (??? ou mon doigt à glissé là ou il ne fallait pas ?) on se retrouve au Campo de Cassiano proche du Rialto : on a traversé la moitié de la ville pour rien maudit glouglou! Retour en arrière ! Heureusement l’atmosphère de ces rues fait partie des charmes de Venise…
On dépose les bagages, retournons vers là gare Santa Lucia (qui est bien à 6’ de l’hôtel) et prenons le Vaporetto sur tout le Grand Canal jusqu’à L’Accademia.
Déjeuner rapide mais agréable dans un resto de la place Santo Stefano juste à côté du palais Franchetti puis on retraverse le Ponte del Accademia pour aller visiter la collection Peggy Guggenheim.
(diaporama 42 vue de tableaux de peintres)
Le musée offre toujours une émotion aussi intense aux amateurs d’art modernes que nous sommes (ce n’est pas notre première visite:)), être accueilli entre un Picasso et un Kandinsky dés qu’on pousse la porte d’entrée c’est tout de même quelque chose. Nous découvrons aussi des artistes que nous ne connaissions pas comme Pegeen Vail. Mais certaines des pièces les plus fameuses de grands artistes du début de XXéme siècle ont été remplacée par des œuvres à nos yeux un peu moins interessantes.
L’exposition temporaire Marcel Duchamp, en essayant de trop expliquer la démarche du peintre à travers de long textes passe un peu à côté de la beauté de ses œuvres. Nous avions contemplé la possibilité de continuer par la collection Pinault un peu plus loin sur l’île à la pointe de la Douane mais il semblerait qu’elle soit temporairement fermée. On attrape donc le Vaporetto pour aller flâner un peu sur la place Saint Marc et vers le pont des Soupirs.
De là on reprend un autre Vaporetto pour faire le tour de la ville. Avec les aventures de ce matin on en a un peu plein les pattes et vu qu’on a pris des tickets à la journée on aurait tors de s’en priver.
On passe entre Giudecca et Venise proprement dite, puis la zone portuaire, la gare et retour sur le Grand Canal puis les extérieurs du côté de l’hôpital et de l’arsenal on arrive au Lido ou on change de bateau pour un nouveau passage place St Marc avant de rentrer. Stop au supermarché pour acheter des provisions pour demain çà va être chargé, on aura pas le temps de s’arrêter pour manger.
La journée se termine par un excellent repas dans un petit resto au bord d’un canal, nous sommes samedi soir et malgré la saison les restos sont très fréquentés.
Notre chambre est dans un ancien palais entourée d’un jardin au bord du canal, typique, calme et confortable heureusement qu’on a eu le tarif « black friday + la réduction Genius chez Booking. sinon c’était carrément hors budget…
Ah oui ! On allait oublier, on nous avait mis en garde contre les pickpockets à notre arrivée à Venise. Et bien ce n’est pas du bidon, ils sont bien là : j’ai eu affaire à deux d’entre eux. J’ai (j’avais) la mauvaise habitude de ranger dans la poche cargo de mon pantalon fermée par un bouton. Chaque fois les circonstances étaient les même je montais les marches d’un pont en m’appuyant sur le parapet quand je sens quelque chose se passer au niveau de la poche. Mais Papy à encore de bons réflexes : la première fois le voleur à pris un coup sur la main avec mon bâton de marche (ah les vieux!) l’autre fois je lui ai saisi le poignet. Dans les deux cas le portefeuille était encore dans la poche mais le bouton avait déjà été défait. A chaque fois il s’agissait d’homme de type européen entre 30 et 40 ans qui se sont évanouis dans la foule en bafouillant des excuses (sorry sir ! Sorry!). Désormais je mes mon portefeuille ailleurs mais je vous dirait pas où.
Dimanche 6/11/2023 08:30 après une ascension du ponte degli Scalzi avec les bagages et un peu d’attente en gare (vu l’expérience de la veille on avait pris une bonne marge en cas de nouveau « bug orientationnaire », nous sommes dans notre Frecciarossa (la Flèche Rouge le TGV Italien) directe pour Turin. Légère inquiétude quand le train ralenti presque au pas pendant un long moment et que le système de bord nous informe que suite à des travaux sur la voix le train emprunte une déviation mais le contrôleur nous rassure : ce retard apparent est planifié et prévu lors de l’achat du billet : le train arrivera bien à l’heure et c’est effectivement le cas : bravo Trenitalia, la SNCF ferait bien d’en prendre de la graine.
A Turin nous avons une bonne heure pour attraper notre blabla bus. Bus ? Pourquoi ne pas continuer en train ? Parce que depuis les éboulements de cet été dans la Maurienne les réparations sur les voies ne sont pas encore terminées donc pas de liaison ferroviaire France Italie mais par la route çà passe. Et puis on est multimodaux ou on ne l’est pas ! Nous traversons des Alpes dont seuls les plus hauts sommets sont enneigés et vers 19:30 nous sommes à Lyon Perrache. Tramway puis métro jusqu’à la Part Dieu, dîner copieux dans un resto Japonais et une bonne nuit de sommeil à l’Ibis du coin et nous sommes près pour la dernière phase de ce « retour à la base » un peu spécial : Intercité jusqu’à St Pierre des corps qui s’enchaîne tip-top avec la navette jusqu’à Tours. Attente un bonne heure à ce qui ne s’appelle plus le Buffet de la Gare et on prend notre bus pour Ligueil ou notre Ami Michel nous attend avec sa voiture pour nous conduire sur les derniers 10 km qui nous séparent de la maison.
Voilà, cette saison est terminée. En attendant de repartir à la fin de l’hiver, on va essayer de publier quelques articles techniques (météo?) ou culinaires. Stay tuned !
A 16:00 nous arrivons à la gare routière de Patras (en fait un vague parking) qui est juste en face du quai des ferries pour Zakynthos. Par contre le terminal des ferries pour l’Italie est complètement à l’autre bout de la ville 4 km plus au sud. Notre Ferry étant prévu pour 23:50 on a tout le temps du monde pour y aller tranquillement avec une pause culturelle à la métropole (cathédrale orthodoxe) construite juste à côté de la chapelle abritant le tombeau de l’apôtre André qui fut crucifié là en l’an 60.
On poursuit par un arrêt logistique au super marché histoire d’avoir de quoi faire un pique-nique et quelques fruits pour le petit déjeuner on ne sait jamais ce qu’on va trouver à bord. Encore un km et la longue attente sur les sièges en fer de la petite gare maritime commence…Il n’y a pas grand-chose dans ce bâtiment : un tout petit café-supérette, le comptoir de la compagnie de ferry, un coiffeur et le guichet de la douane. Heureusement qu’on avait fait les courses avant ! Notre ferry arrive finalement avec une bonne heure de retard. Nous ne sommes qu’une dizaine de passager à pied. Contrôle des passeports et des billets et le préposé nous ouvre la porte du terminal à nous de nous débrouiller pour traverser l’immense quai avec des tas de camions qui foncent dans tous les sens. Par chance on avait noté le nom de notre navire Asterion II, parce qu’il en avait un autre de la même compagnie à quai faisant hésiter plusieurs passagers. Encore un peu d’attente sur le quai au pied de la passerelle au milieu du dangereux ballet des camions qui chargent et déchargent les remorques sur les chapeaux de roues et nous sommes finalement autorisés à embarquer.
L’Asterion II a été lancé en 1991 mais apparemment il est bien entretenu et a dû être rénové récemment. Notre cabine est cette fois-ci aussi tout à l’avant et presque tout en haut. De nos vrais lits, nous percevons à peine la vibration des machines qui est par contre très forte au niveau du bar et de la cafétéria. On dormir d’ailleurs sur nos deux oreilles pendant les deux nuits de la traversée, c’est à peine si nous nous rendrons compte de l’escale à Igoumenista. Côté nourriture, heureusement qu’on avait amené quelques fruits parce que le p’titdej de la cafet’ il et vraiment pas top et plutôt cher. Pour les autres repas c’est pas donné non plus mais c’est plutôt bon et assez copieux. Paradoxalement il n’y a presque pas de différence entre les prix du self et ceux du resto à la carte.
Traversée assez calme à part un peu de houle au large de l’Albanie et surtout au passage du canal Kvarner.
Samedi 25/11/2023 en début de matinée nous rentrons dans la lagune de Venise. Le chenal et vraiment étroit et aussitôt le pilote monté à bord, nous sommes encadrés par 2 remorqueurs.
En fait de Venise, les ferries arrivent maintenant à Porto Fusina une extension récente du port industriel de Porto Marghera sur le continent. Il faut parcourir 17km par la route pour arriver à la Piazza de Roma, l’entrée de la ville de Venise proprement dite. Mais d’abord, il faut sortir du port. Le quai ou nous débarquons est à plus d’1 km du terminal. Heureusement qu’il ne pleut pas et ici au moins il y a un couloir sécurisé pour les piétons et des agents à chaque passage. Une fois passé les contrôles de police et de douane (avec chien renifleur)c’est la mauvaise surprise : aucun service de bus. Il faut aller un peu plus loin sur la route nous dit-on. Il y a bien un arrêt de Vaporetto pas loin d’où nous avons accosté mais il faut faire 3 km à pied pour y aller. On marche jusqu’au premier arrêt de bus indiqué mais pour constater que les bus ne passent par là que 2 fois par jour. On essaie le stop et finalement une bonne âme s’arrête et nous conduit jusqu’à l’arrêt du bus de Malcontenta (non prédestiné?). Un bus se présente mais bien sûr on a pas de ticket. Ici ils n’en vendent pas à bord il faut les acheter avant. Le chauffeur râle un peu mais il nous dit de monter. Un passager nous explique qu’il n’a pas de risque, les contrôleurs sont déjà passés. En 20’ nous sommes à la Piazza di Roma.
Leros, port de Lakki mardi 21/11/2012 21:00 on dépose notre voiture de location comme prévu à l’endroit indiqué avec les clés sur le contact (vu le nombre de policier ce soir sur le port, peu de chance qu’elle disparaisse). Le Ferry « Blue Star II » arrive vers 22:30. Débarquement et embarquement de quelques remorques et nous sommes une trentaine de passagers à monter à bord à pied dont une bonne vingtaine d’émigrés en transit. Un steward nous conduit à notre cabine tout à l’avant du bateau. Whaou ! C’est le luxe, il y a même des fruits frais et des boissons !
Après une excellente nuit nous arrivons au Pirée. Bus navette gratuite au pied du ferry jusqu’à la station de métro (heureusement : le port est immense) 20’ plus tard nous sommes place Monastiraki en plein centre d’Athènes.
Les devantures et les cafés sont déjà décorés pour Noël, certains sont même allés très loin dans le style « too much ». On dépose nos bagages à l’hôtel dans une ruelle à 2 minutes de la place et c’est parti pour une journée culturelle et archéologique.
Le ciel est très menaçant avec beaucoup de vent et des gros nuages noirs chargés de pluie, il va falloir jouer serré pour passer entre les gouttes ! On va commencer par grimper à l’Acropole voir tous ces monuments qui depuis 2,5 millénaires ont fait la gloire d’Athènes et qui à travers les siècles ont su résister tant bien que mal au dégradations des envahisseurs, des religieux trop zélés (chrétiens et musulmans) et des pilleurs de tous bords parmi lesquels les Anglais se sont montrés les plus gourmands après les Français.
Accueilli par le Temple d’Athéna Niké (pas de jeux de mot graveleux pour les pseudo arabophones, en grec ancien niké = victorieuse), veillant sur la ville pour gravir l’escalier de marbre qui pénètre entre les colonnes majestueuses du Propylé pour déboucher sur le Parthénon en cours de restauration à l’identique avec du vrai marbre et des vrais tailleurs de pierre (et non du béton comme cela se faisait encore au siècle dernier). L’ensemble est féerique et la vue sur toute la ville époustouflante.
Tout là haut, nous sommes surpris par un orage violent. Heureusement la réceptionniste de l’hôtel nous avait prêté un parapluie car ici il n’y a aucun abri ! Les pluies doivent être rares dans le coin. Le grain passe et nous reprenons la visite par l’Érechthéion et ses célèbres caryatides puis nous descendons par le versant Sud en passant par le théâtre antique et celui de Dionysos pour nous diriger vers le musée de l’Acropole.
Mais il est déjà 12:30 et avant de de commencer à arpenter les salles de cet immense musée on s’octroie une bonne pause déjeuner au restaurant du musée qui est excellent, je vous le conseille.
La visite commence au 3ème étage qui est consacré aux frises et aux frontons qui ornaient le Parthénon au temps de sa gloire. Beaucoup sont des moulages en plâtre car la plupart des originaux reposent au British Museum de Londres qui refuse systématiquement de les rendre prétextant dans les années soixante que les musées grecs n’étaient pas en mesure de les conserver correctement et ses dernières années sans plus aucune raison créant un froid diplomatique entre les deux pays (voir cet article de l’AFP daté du 28/11/2023).
Le deuxième étage est consacrè aux pièces provenant de l’Érechthéion, du temple d’Athéna et de l’acropole en général.
Le premier étage est peut être le plus intéressant avec ces statues de l’époque archaïque et surtout toutes ces Koré (statues de jeunes filles) qui étaient à l’époque peintes de couleur chatoyantes. Elles ont toutes été jetée à terre et cassée par les Perses lors de leur court passage dans la ville mais heureusement les Athéniens qui les vénéraient, ont enterré tout les morceaux ce qui a permis de les conserver jusqu’à nos jours.
Le rez-de-chaussée expose des objets divers collectés autour de l’Acropole et enfin en dessous du musée, on peut voir les ruines de quelques habitations, riches villas ou maisons plus modeste.
Là on est complètement sur les rotules et on se traîne à travers les ruelles des boutiques à touristes du cartier de Plaka pour rentrer à notre hôtel ou l’on s’effondre après un dîner rapide au resto du coin.
On passe tout notre jeudi matin à l’Agora à quelques minutes de marche de notre hôtel. Ces magnifiques jardins boisés rempli de très belle ruines sont aussi le berceau de la démocratie. Le mot « Agora » dont la signification a évolué pour simplement vouloir dire « place » signifiait à l’origine assemblée des citoyens.
C’est là que tous les Athéniens se reunissaient pour discuter et prendre les décisions importantes pour la cité, certains d’entre eux étaient aussi tirés au sort comme jurés dans les procès. La plupart de ces discussions prenaient place dans la Stoa, sorte de grande galerie qui a été entièrement restaurée à l’identique par des archéologues américains. Elle abrite aussi un musée ou sont exposé des objets de la vie de tous les jours et aussi des objets liés à la démocratie comme ses jetons qui étaient utilisés par les citoyens pour ostraciser (démettre et exiler) un dirigeant trop autoritaire.
Sur une hauteur du côté Ouest ce dresse le temple d’Esculape. C’est le temple le mieux conserver de Grèce mais il est déjà midi et il est temps d’aller récupérer nos bagages pour aller prendre notre bus.
Depuis Monastiraki 10 minutes de marche jusqu’au Théâtre National puis bus 51 jusqu’à la gare routière. Avec Ktel (la compagnie de bus qui relie les villes) on se méfie, leur site web étant une total confusion donc on avait prévu très large mais il y a un bus pour Patras tout de suite. Le temps de prendre les billets et c’est parti.
Dimanche, programme technique léger, on se contente d’hiverner le circuit de refroidissement en remplaçant l’eau de mer par du liquide de refroidissement limitant ainsi le risque d’oxydation et on prend la voiture pour aller à la forteresse mais elle n’ouvre qu’à 15 heures. Petit arrêt au centre d’Agia Marina (patisserie…) retour au bateau et petit bricolage jusqu’à 15 heures ou nous pouvons enfin visiter la forteresse et ça valait la peine, pour la forteresse elle-même (sans doute d’origine vénitienne) mais surtout pour le point de vue sur toute l’île.
L’entrée est gratuite en cette saison et visiblement le site ouvre principalement pour permettre aux habitants de venir faire leurs dévotions dominicales à la très jolie église cise en son milieu.
Lundi le bricolage continue : élimination des points de rouilles sur la quille (le traitement époxy réalisé en Indonésie n’avait pas bien pris par endroit) et passage d’une première couche de primer.
En fin d’après midi une sortie rapide jusqu’à la chapelle de St Isidore pour bien sûr admirer le coucher de soleil mais surtout tailler la barbe et couper les cheveux de Domi pour le rendre présentable avant notre retour temporaire à la vie terrestre. Il adore le faire dans un lieu pittoresque avec vue!
Mardi on boucle les sacs, deuxième couche de primer, remontage de l’hélice, dernier rangement et nettoyage final. Rêve à Deux est prêt pour passer l’hiver presque au chaud et en tout cas au sec en attendant notre retour pour de nouvelles aventures. A 21 heures, nous sommes au port de Laki attendant sagement notre Ferry mais çà c’est une autre histoire.
Mercredi 15/11/2023, nous passons la journée au corps mort à continuer le nettoyage et la préparation de l’hivernage avec juste une petite pose baignade (peut-être la dernière de la saison) en fin de matinée. La température ambiante a bien baissé (21°C) mais la mer est toujours à 26°C et l’eau est toujours aussi claire.
Jeudi 08:00 nous sommes dans les starting blocks près à faire mouvement dès que le grutier nous fera signe. La raison de cet angoisse est que si les prévisions météo sont bonnes pour les premières heures de la matinée, à partir de 09:30 où 10:00 selon les modèles, le vent jusque là faible et de terre doit tourner au nord en se renforçant à 20 nds rafales à 25 ce qui rendrait l’entrée dans la forme de levage très délicate. En plus nous sommes 2 bateaux à sortir de l’eau ce matin. A 08:30 toujours aucun signe du travelift. Le voisin appelle le chantier à la VHF et nous apprenons que nous serons les premiers à sortir de l’eau (grand ouf! de notre part et grande engouasse pour le voisin qui devra attendre son tour).
Finalement il est 9:30 quand nous entrons en marche arrière dans la forme. Le vent est encore faible et n’a pas tourné. Les deux opérateurs sont vraiment super-pros (il faut dire que vu le nombre de bateaux qu’ils bougent dans l’année, ils peuvent avoir accumulé une sacré expérience) et notre sortie de l’eau est probablement la plus parfaite que nous ayons eu . Par contre et en dépit des exigences européennes le chantier n’a pas d’aire de carénage protégée et dans l’après-midi ils nettoient la carène du voisin au karcher sur place à quelques centimètres de nous. Toute la moitié tribord de Rêve à Deux se retrouve couverte de dégoulinures bleu foncé y compris le pont. Le sol en dessous du bateau n’est plus qu’une grande pataugeoire bleue ! Bravo la pollution !
Pour explorer l’île nous louons une voiture. 25 Euros par jours kilométrage illimité (vu la taille de l’île ils ne prennent pas trop de risques!) le véhicule est livré en 10’ au chantier et il suffira de la déposer sur le parking du port en laissant les clefs sur le contact quand nous prendrons le ferry.
Première sortie le port de Laki et la chapelle de la Vierge Kavouradaina tout au sud de l’île. Il y a un camp d’hébergement de réfugiés à côté de Laki et on en voit beaucoup sur les bords de la route qui vont en ville faire leurs courses. La petite chapelle, nichée dans un creux de rocher sur la côte Est de la baie est vraiment adorable. La vue sur les sommets de Rethymno et les îlots parsèment le passage entre les deux îles est de toute beauté. Dans la lumière rasante de cette fin de journée la vue ferait plus penser au Lofoten qu’au Dodécanèse. Retour par Agia Marina et sa forteresse (malheureusement fermée nous y reviendrons dimanche) en rentrant nous empruntons ce qui semblait sur google maps un bon raccourci mais qui était en fait un sens interdit et sans doute la rue la plus étroite de l’île heureusement les habitants nous cèdent le passage et nous aident à nous en sortir. Les grecs sont vraiment des gens adorables dans une telle situation en France on se serait sans doute fait traiter de noms d’oiseaux.
Vendredi on continue notre programme d’entretien sur le bateau vidange moteur pour Domi, nettoyage, rangement et ponçage de l’hélice pour moi . Dans l’après midi on part pour un nouveau raid d’exploration de l’île. Notre objectif : le coucher du soleil à la pointe Lakki en faisant le tour de la péninsule par le nord. On commence par rendre visite à Saint Isidore (Agios Isidorus) dont la petite chapelle à été consstruite sur un rocher relié au rivage par une petite digue d’un mètre de large et surplombant le niveau de la mer de seulement quelques cm. Puis on fait le tour de la baie et c’est là que le mot raid commence à prendre tout son sens: à peine passé le hameau de Drymon la route sinueuse et très étroite mais goudronnée, fait place à une piste de graviers qui devient de plus en plus difficile avec des ornières profondes et des pentes très raides. Mais difficile de faire demi-tour, surtout que le paysage est vraiment superbe. Notre petite citadine Coréenne se défend vaillamment et surmonte tous les obstacle sans faillir même si les derniers mètres avant de rejoindre l’asphalte sont un peu tirés par les cheveux. (et c’est là qu’on a lu les commentaires de Google maps : piste à n’emprunter qu’à pied ou avec un très bon 4X4. Malheureusement on a eu un problème de réglage d’exposition sur l’appareil et on a pu récupérer seulement quelques photos…
Samedi, le mauvais temps annoncé est là et bien là. Une pluie diluvienne, 30 nœuds de vent avec des rafales à 40 et bien sûr, ce vent se lève du Sud pour atteindre toute sa force à l’Ouest et tourner au Nord Ouest. On est bien content d’être en sécurité encadré de toute part (plusieurs bateaux ont été placés devant nous).
On profite d’être bloqués à l’intérieur pour organiser notre retour au pays. Vous l’avez sans doute déjà compris on a absolument pas l’intention de prendre l’avion. D’abord ce ne serait pas bon du tout pour notre karma carbone et en plus on ne pourrait pas flâner en route. On compare les itinéraires et l’opération va se révéler rapidement aussi compliquée qu’un routage océanique ! L’idée est de prendre le ferry mardi pour le Pirée, passer une journée à Athène de là prendre un bus pour Patras puis le ferry pour l’Italie. Et là les choses se compliquents : quel Port en Italie ? Bari, le trajet en ferry est court mais le train est très compliqué avec nuits à l’hôtel en sus, Ancone, connexions ferroviaires difficiles. Finalement Venise semble la solution la plus simple. Le ferry arriverait samedi matin à Venise. La difficulté suivante est de passer les Alpes. La liaison ferroviaire Turin Lyon est toujours interrompue depuis les éboulements du Fréjus cet été. Passer par Nice que ce soit de Bari, d’Ancône ou de Venise demande un minimum de 5 changements. La solution, Venise Turin direct puis bus Turin Lyon (Flix Bus ou Blablacar bus) et train intercité Lyon Tours (on veut éviter Paris…) Sauf que l’intercité ne circule pas le dimanche. Pas de soucis on va en profiter pour jouer les touristes à Venise pour 24 heures. Comme on ne l’avait finalement pas fait cet été, çà tombe bien ! Voilà, l’itinéraire est établi, il n’y a plus qu’à commencer les réservations et faire nos sacs…
En fin de journée le temps se calme un peu et on peu sortir pour s’aérer un peu en allant revoir la baie de Plakouti juste à l’Est de Partheni et dénicher temple d’Artemis de l’autre côté de la piste d’atterrissage (quelques pierres empilées et une toute petite chapelle)
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