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A propos Rêve à Deux

Un grand voyage à la voile autour du monde

De Port Saint Louis à Carthagéne

Mercredi 18/09/2024 vers 9:30 , une semaine après notre retour à bord, Rêve à Deux est sous la grue et une demi heure plus tard nous sommes non seulement à l’eau mais déjà en route, cap au large. Il faut vous expliquer que très tard hier soir nous avons eu une chance extraordinaire. Le vent c’est apaisé complètement. Il n’y avait plus un souffle sur chantier et l’air était très sec, des conditions idéales pour hisser tranquillement les voiles d’avant et les enrouler prêtes à servir et comme tout le reste était paré pour la navigation, aucune raison de rester traîner le long d’un quai.

Les conditions sont bonnes, le mistral des jours précédents n’est plus qu’un mauvais souvenir (pas si mauvais que çà en fait, il nous a permis de ne pas être dévoré par les moustiques et autres nonos qui nous avaient bien pourri la vie et qui se sont bien régalé à nos dépend lors de notre passage en juin).

Une fois sortis du golfe de Fos plusieurs options s’offrent à nous : courte navigation jusqu’à un des ports du Golfe du Lion, escale aux Baléares ou grand saut direct vers le sud de l’Espagne. C’est cette dernière qui nous semble la plus raisonnable. On a déjà perdu plusieurs jours à cause du Mistral, qui menace, d’ailleurs, de revenir d’ici quelques jours avec sa copine la Tramontane, donc il est temps de quitter la région, quant aux Baléares une période d’orages assez violents est prévue pour cette fin de semaine mais on devrait pouvoir passer avant quitte à appuyer un peu au moteur car peu de vent est prévu donc cap au sud…

Le lendemain vers 11:00, alors que nous sommes en vue du fameux cap Creu, pour la première fois dans ce voyage, nous recoupons notre route : un tour du monde est bouclé ! Nous étions passés à cet endroit précis le 9 juillet 2016, partis de Gruissan, où nous avions acheté Rêve à Deux, nous faisions route vers Majorque, première escale de notre convoyage vers les Sables d’Olonne. Huit ans, deux mois, neuf jours, 23 heures et 44 300 milles plus tard, Rêve à Deux et son équipage frétillent de plaisir en se remémorant tous ces moments de pur bonheur.

Samedi matin au lever du jour, nous sommes au milieu du Canal d’Ibiza, à mi-chemin entre formentera et le continent. Les orages sont déjà bien visible tant au large que sur la terre. On passe rapidement en essuyant juste un grain de pluie et quelques éclairs.

Dimanche 22/09/2024 en fin de matinée nous arrivons à Catagène. Nous avons choisi d’accoster au Club Real Regata de Cartagena bien plus accueillant et meilleur marché que la marina voisine. Contactés par téléphone en arrivant dans la baie, ils nous confirment qu’ils ont bien une place pour nous. L’entrée est pittoresque, la ville semble en fête avec une foule de nageurs prêts à plonger dans les eaux du port. Le marinero est là sur le ponton pour nous indiquer notre place et prendre nos amarres : Vive l’Espagne! Le personnel est accueillant et les commodités bien dans l’esprit club de voile sympathique. Il y a une piscine d’eau de mer très agréable (pas de plage à proximité) d’où on regarde avec nostalgie les gamins du club ranger leur matériel à la fin de la régate d’Optimist. Seul bémol, nous sommes sans doute au gabarit maximum pour les pontons (amarrage à l’arrière, 2 pendilles à l’avant) çà rentre un peu au chausse pied, d’ailleurs le lendemain le bateau voisin sorti pour la journée nous laissera une belle égratignure en rentrant sans doute un peu vite.

En fin de journée nous allons nous détendre en ville et manger un morceau dans les rues piétonnes. C’est la fête en ville, il y a des légionnaires romains et des soldats puniques un peu partout. Super ambiance et température estivale. C’est très dépaysant (non c’est pas des paysans, c’est des soldats !)

De retour au bateau (Arles et la Camargue)

Mardi 10 septembre 2024, c’est la date qu’on s’est fixé pour retrouver notre Rêve à Deux et le remettre à l’eau après notre pause estivale.

Nous étions rapidement passés en voiture fin Juin pour débarrasser du matériel et des effets dont nous n’avons plus besoin à bord, faire quelques travaux d’entretient courant, remplacer les profils de l’enrouleur de trinquette et échanger les batteries plomb/gel pour des lithium-fer-phosphate : bénéfice 150 kg de poids en moins et 100 A/H effectivement disponible en plus.

Mais malgré cela il reste encore pas mal de petites choses à faire avant de reprendre la mer dont notamment, changer les roulements de la barre à roue, monter le système Starlink (même si l’idée d’enrichir Elon Musk et d’utiliser sa myriade de satellites polluant le ciel nous révulse mais quand on compare avec l’Iridium Go que nous utilisions jusqu’à présent il n’y a pas photo : investissement matériel et abonnement mensuel plus de 3 fois moins cher et bande passante de 90Mb/s contre moins de 10kb/s (soit presque cent mille fois plus rapide)

Mais surtout il faut faire expertiser Rêve à Deux afin de mettre à jour sa valeur assurée. Pas la peine, en effet, de payer une une prime d’assurance très chère pour le bateau si sa valeur vénale n’est plus reconnue par l’assureur et ce genre d’expertise est très difficile à réaliser quand on est hors de France. Bonne nouvelle : les conclusions de l’expert nous donnent une valeur supérieure de plus de 10 % celle expertisée lors de l’achat en 2016 malgré plus de 50 000 milles parcourus depuis. Une bonne reconnaissance de tous les investissements et modifications ainsi que de l’entretien préventif que nous avons réalisés.

On ne pourra donc pas mettre à l’eau tout de suite et çà tombe bien car le mistral souffle très fort au moins jusqu’au milieu de la semaine prochaine. On a donc le temps de faire tout çà tout en gardant quelques demi-journées libres pour faire un peu de tourisme. Le port à sec est sans doute l’un des endroits les meilleurs marchés de France pour hiverner (ou dans notre cas éténer) par contre c’est très loin de tout et donc quasiment invivable sans un véhicule. Nous avions donc pris une voiture de location à la gare lors de notre arrivée à Arles.

Au programme ballades dans les rizières suivi dimanche d’une petite incursion de l’autre côté du Rhône (en prenant le bac) pour aller voir le parc naturel de la Camargue, ses étangs et leurs célèbres flamands roses et ses canaux aux milliers d’oiseaux ; on essaie pousser jusqu’à la mer et le phare de Gacholle mais l’état du chemin ne permet pas d’y accéder avec une voiture normale et le fort mistral qui souffle rend le trajet à pied assez pénible. Mais on profite tout de même de la vue et au retour, détour par l’étang de Vacarés puis les Salins du Midi à Salin Giraud dont les marais salants s’étendent sur des centaines d’hectares .

Journée courses à Istres le lendemain. Entre temps la météo confirme un bon (mais court) créneau pour partir mercredi 18 on réserve donc le travlift pour nous mettre à l’eau en tout début de matinée.

Mardi il nous reste encore assez de temps pour visiter la vieille ville d’Arles, ses arènes romaines et ses ruelles typiques avant de rendre la voiture et de rentrer au bateau en bus et en trottinette. Demain c’est le départ !

Marseille

Lundi 20 mai, du vent fort de secteur Ouest est prévu pour les prochain jours. Notre idée était d’aller au vieux port de Marseille dont nous avions gardé un souvenir inoubliable depuis notre participation à la SNIM 1977. Mais un appel à la capitainerie nous informe malheureusement qu’il n’y a aucune place disponible et nous conseille la marina du Frioul qui s’avérera une très bonne idée.

Pour l’instant il n’y a pas de vent et le port est presque vide. Heureusement parce que l’amarrage n’est pas des plus facile. Les bouées sont très loin du quai et mouillées très courtes (orin à pic sur le corps mort). Mais une fois les amarres en place, c’est un très bon port, bien protégé de tous les vents et de la houle du large et à 30’ du centre ville de Marseille grâce à la navette qui part toutes les 45’ de 07:00 à 21:00 (tarif : 11,10 Euros aller et retour). Là, nous y passerons 3 nuits. Le reste de la journée est utilisé à commencer la préparation du bateau pour la mise à sec à la fin de la semaine et grimper au mat pour inspecter le gréement suivi d’une belle promenade sur les sentiers de l’île Ratonneau.

Mardi nous allons en ville. Ballade sur le Vieux Port, c’est malheureusement le jour de fermeture hebdomadaire du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée

mais le Mémorial des Déportations de la Ville de Marseille est ouvert. Découvrir l’histoire atroce de cette période noire permet de mieux comprendre le Marseille actuel.


Déjeuner dans un resto sympa du quartier du Panier avant de prendre le bus pour monter à la Bonne Mère. La vue de là haut est toujours aussi magique. On redescend à pied en flânant par les ruelles du quartier St Victor et visitons une galerie de peinture dans un vieil immeuble Cours d’Estienne-d’Orves. On passe faire quelques courses dans une supérette du quartier (au Frioul il n’y a rien…) et nous rentrons au Vieux Port par la Canebière.

Il est déjà temps de reprendre la navette pour rentrer. Le vent souffle et la mer est forte, la vedette est obligé de beaucoup ralentir pour ne pas tremper les passagers.

Mercredi nous continuons le rangement (nettoyer l’intérieur, dégréer les écoutes de spi, retenue de bôme et tout ce qui ne va pas servir demain pour tirer des bords vers Port St Louis (vent d’Est léger prévu) et finissons la journée par une belle promenade sur les sentiers de l’île Pommègue .

Jeudi matin, le temps est superbe, un douzaine de nœuds d’Ouest et la mer c’est bien calmée, en début d’après midi nous pénétrons dans le golfe de Fos entre 2 pétroliers. Il faut bien respecter le balisage pour contourner le banc de sable du They de la Gracieuse qui s’est visiblement beaucoup étendu vers le Nord Est depuis la dernière mise à jour de que notre cartographie (2021) et l’épave d’un voilier dont la coque est déjà à moitié enfouie dans le sable est là pour en témoigner. Nous pénétrons dans le canal Saint Louis et venant nous amarrer devant le chantier Port Navy Service à couple d’un joli Trimaran. Il nous reste juste à dégréer les voiles pour être prêts pour la mise à sec demain matin.

Samedi on est sous le travlift vers 14:00 et en milieu d’après midi nous sommes bien calés sur un ber au milieu du parc ouest de cet immense port à sec. Nous allons laisser Rêve à Deux ici jusqu’à la mi-Septembre mais nous prévoyons de revenir en voiture avant la fin Juin pour évacuer les objets et vêtement qui se sont accumulés à bord depuis notre départ, ramener du matériel de remplacement et effectuer quelques réparations. En attendant il nous faut trouver un moyen de transport pour rentrer à la maison. Il y a bien des vols « low cost » de Marignane à Tours pour 30 euros, mais le bilan carbone de l’avion est trop mauvais pour notre karma, par le train c’est difficile de faire le parcours dans la journée à moins de vouloir payer un billet à 200 euros avec changement de gare à Paris, alors on essaie le co-voiturage Bla-bla Car et çà se passe super bien. Partis vers 07:00 de port St Louis, nous sommes de retour chez nous dans notre Touraine profonde vers 19:00 .

Cap sur les calanques et l’île de Riou

On a prévu de mettre à sec pour la saison estivale à Port Saint Louis du Rhône le 24. Il nous reste donc une semaine de navigation. Mais le début de la semaine prochaine risque d’être très ventée surtout sur l’Est de la zone. Si nous voulons continuer à ne pas nous presser, il nous faut continuer à gagner dans l’ouest.

Le premier saut de puce nous amène à Bandol, pas forcément le mouillage de rêve mais pas désagréable non plus et en tous cas, suffisamment protégé de la petite houle qui c’est levée après la traversée de la rade de Toulon.

Dimanche matin nous décollons de bonne heure et mettons le cap sur les fameuses calanques qui font la réputation de cette portion de côte entre Cassis et Marseille. On en profite pour faire une petite parenthèse sur la réglementation du parc marin. C’est un écosystème unique dans un cadre magnifique qu’il faut bien évidemment protéger et sauvegarder pour les générations futures et pour ce faire mettre en place une réglementation stricte. Mais quand le document sensé expliquer au grand public les règles de mouillage dans cette zone commence par « 49 mesures concrètes » on se pose la question bien française : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Peu de corps morts ont pour l’instant été mis en place et les zones où l’ancrage est encore utilisé sont saturées où complètement impraticable car la grande profondeur et la place disponible pour éviter ne sont pas compatibles. On fait le tour de Morgiou et Sormiou en rasant la côte pour admirer les falaises puis on met le cap sur l’île de Riou.

On jette l’ancre à l’intérieur de la limite autorisée sur une belle plaque de sable blanc sans posidonie, mais le vent venant de l’île, quand la chaîne se tend, on se retrouve hors limite de quelques mètres. Bon ! Pour une bonne baignade et un déjeuner rapide çà devrait le faire. Mais à peine fini la dernière bouchée, on aperçoit la vedette des gendarmes qui contrôle les bateaux un peu plus loin. On ne va pas tenter le diable, on s’éclipse discrètement et on se fait un tour de cette merveilleuse île en passant à quelques mètres de ses roches au formes tourmentées.

Où va t’on passer la nuit ? Vu le nombre de bateaux qui rentre, le lundi de Pentecôte ne doit pas être férié pour tout le monde. Le passage de l’île Maire à des allures d’autoroute à l’heure de pointe… On essaie les anses de Mongenet et de la Maronaise où il n’y a personne mais on comprend vite pourquoi : la petite brise de Sud Est d’à peine 10 nds qui souffle au large se transforme en rafales à plus de 25 nds de ce côté du cap Croisette. On poursuit jusqu’au Frioul où il y à encore beaucoup de monde mais les mouillages de la côte Est commencent à se vider. On trouve finalement suffisamment de place pour ancrer dans l’anse de Port de Banc.

Retour sur la côte française continentale

Traversée paisible dans un vent d’Est plutôt faible nous obligeant à appuyer au moteur pendant une heure ou deux mais qui se renforce un peu quand nous approchons du continent et nous permet enfin de bien avancer. Jusqu’au moment où nous entendons un hélico nous tourner autour :

« Rêve à Deux, Rêve à Deux, ici l’hélicoptère de la Marine Nationale me recevez vous » « Hélico , Hélico, ici Rêve à Deux,» « Rêve à Deux, vous entrez dans une zone de tir, vous n’avez pas vu les derniers AVURNAV (avis urgent aux navigateurs) » «  non, désolé ! » «Bon ! Il y a une opération de tir en cours, vous ne pouvez pas continuer sur ce cap, vous devez faire du plein Ouest pendant 10 milles avant de reprendre votre route » « OK Helico, bien reçu nous changeons de cap au 270, terminé, reprenons la veille sur canal 16 »

Bien sûr, avec 10 nds de vent de travers le bateau avançait super bien mais une fois au cap demandé on se retrouve dans un vent arrière bâtard mais bon c’est toujours mieux que de se faire couler par un missile. Une heure et demie plus tard, nous sommes près à reprendre notre route quand l’hélico revient : « Rêve à Deux , Rêve à Deux, continuez encore 6 milles avant de changer de cap et mettez le moteur pour sortir plus rapidement de la zone dangereuse »

Entre temps le vent est monté et quand nous reprenons notre route, nous sommes au près avec un ris et la trinquette, merci la Marine ! Il est midi quand nous doublons le fameux cap des Mèdes et ses rochers si caractéristiques.

Quelques minutes plus tard nous jetons l’ancre dans la partie Sud-Ouest de la baie d’Alicastre. La dernière fois que nous avons ancré là, c’était en 1977… On reconnaît bien le paysage mais il nous semble plus vert, plus boisé (depuis le temps, les arbres ont sans doute eu le temps de grandir). Nous y resterons deux jours en attendant qu’un peu de mauvais temps de Nord Est passe.

Vendredi 16/05, le vent à tourné à l’Ouest et il fait un temps splendide. Mais le frigo est vide il faut faire les courses (la dernière fois c’était à Olbia…). On jette notre dévolu sur le Lavandou distant d’une dizaine de milles. Il y a 7 ou 8 voiliers à l’ancre. On embarque dans l’annexe et on se dirige vers la plage par un large chenal balisé de bouées jaunes. On pensait que c’était le chenal d’accès mais non, un maître nageur se précipite vers nous en nous disant que c’est le chenal réservé au secours et qu’il est bien sûr strictement interdit à toute embarcation mais que, comme la zone de baignade estivale n’est pas encore en place, on peu aborder un peu plus loin sur la plage à condition de démonter notre moteur et de le mettre au fond de l’annexe… Bon, je resterai sur la plage, pendant qu’Anne fait un saut au marché des producteurs locaux juste à côté. Elle revient avec quelques fruits une forte appétissante copa artisanale qui quand nous déchiffrerons les petits caractères de l’étiquette trahira sa provenance soit-disant locale pour avoir été produite en Charente Maritime…). On pose tout ça au bateau et on repart en laissant cette fois-ci l’annexe entre deux barques au fond du port. Centre ville plutôt agréable avec ses terrasses de café, courses rapides au Carrefour Market du coin.

On va mouillé pour l’après-midi et la nuit à l’anse de Gau à la sortie de la baie. Nous sommes seuls dans cette jolie baie entourée de résidences privées. Nous mouillons dans 8 m d’eau sur un fond de sable bien clair. Baignade et farniente. L’application Donia fait référence à un arrêté municipal réglementant le mouillage autorisé dans cette zone mais sans aucun détail, sur Navily, quelques commentaires indiquent une longueur maxi autorisée de 12 m : espérons que le brigade du littoral ne se promènera pas dans le coin avec un décamètre dans la poche (longueur officielle sans le bout dehors 12,80 m.

Vendredi 17/05/2024, ce matin le temps est idéal pour aller à Port Cros. Les bouée du parc devant le port sont gratuites pour la journée (payante pour la nuit – une quarantaine d’euros pour nous). On se fait une grande promenade dans la forêt et sur les falaises de la côte Sud. Le parc naturel rempli vraiment son rôle : la nature est superbe et visiblement préservée et en plus, en ce vendredi matin il n’y a encore presque personne. On rentre à bord en début d’après-midi, fourbus et affamés mais ravis de notre petite rando. Après un casse-croûte bien réconfortant (salade, feta, tomates, pois chiches) nous hissons les voiles et repartons sur un petit bord de vent de travers dans une gentille brise. Bord qui nous ramène rapidement et en douceur à Porquerolles où nous passons la nuit.

Corse Express

Ce matin, après une nuit paisible dans le décor de rêve de ces merveilleuses îles de l’archipel Madalena, nous traversons les bouches de Bonifacio.

Temps idéal, brise légère mer plate. On contourne Budelli par le Sud et l’Ouest en explorant la fameuse Cala Marina avant de quitter les eaux Italiennes. C’est au moteur et sans un souffle que nous arrivons aux îles Lavezzi. Première étape (de la journée…)

Nous jetons l’ancre au fond de la Cala Ghiucu sur fond de sable blanc de 3 à 4 m c’est très joli, mais c’est tout petit et nous sommes Samedi (11 Mai) : de nombreux zodiacs et autres petits bateaux à moteur arrivent de Bonifacio. Dans peu de temps la Cala sera bondée et si le vent s’en mêle, çà va devenir rapidement intenable.

On lève l’ancre et on continue notre route vers l’Ouest. Le vent se lève du Nord Est et c’est sous spi que nous longeons les falaises de Bonifacio avec sa vieille ville et sa citadelle perchée au sommet.

Conditions idéales, on se paie même le luxe de réparer une petite déchirure dans le bas du spi sans l’affaler. Avec ce vent de Nord Est on se dit qu’on sera très bien dans l’anse de Stagnolu de l’autre côté du cap Feno. Mais à peine passé ce promontoire rocheux, le vent tourne à l’Ouest accompagné d’une petite houle rendant cette crique très inconfortable. On se réoriente vers la baie de Chevaneau un peu plus haut sur la côte. Là l’abri n’est pas mauvais mais les fonds ne sont pas très plats. Anne se baigne et s’aperçoit que si pour l’instant on est bien mouillé, dès que le vent tournera, la chaîne risque de s’enrouler autour des gros rochers qui parsèment le fond. Il est presque dix huit heures mais le soleil se couche tard en cette saison, on a encore le temps d’aller à la baie suivante. On est au près mais à part un petit contre bord on peut y aller en route directe. Il est 20:00 quand nous doublons la pointe de Roccapina et un quart d’heure plus tard on ancre bien à l’abri dans la partie nord de la plage de Erbaju. Il n’y a qu’un autre bateau dans cette grande baie. Il y a aussi une fête au resto de la plage qui est illuminé de centaines de bougies mais la musique est très bonne et ne nous empêche nullement de nous endormir.

Au matin nous découvrons la plage de rêve que nous nous empressons d’aller explorer. A part le resto dont tous le mobilier est fait de bois flotté artistiquement mis en œuvre nous sommes seuls (l’autre voilier a décollé de bonne heure). Derrière la dune il y a une vallée luxuriante. Cet endroit est sans doute l’une des plus belles plages que nous ayons vu (et nous en avons vu pas mal) et le temps était idéal cette nuit car on imagine facilement qu’avec un tout petit peu de Sud dans l’Ouest le mouillage deviendra rapidement intenable malgré un excellent fond de sable sans posidonie. Du temps instable est justement prévu pour les prochains jours : il faut avancer.

Petite parenthèse : si vous voulez naviguer sur les côte française de la méditerranée (y compris en corse) téléchargez l’application Domia sur votre téléphone ou votre tablette. C’est une application cartographique qui répertorie les mouillages autorisés (si si, il en reste encore…) tout en indiquant les restrictions (zones délimitées par des bouées jaunes) la nature des fonds et les herbiers de posidonies.

Pour l’instant le temps est encore très agréable et nous tirons des bords le long de la côte de la province de Sartène dans une gentille brise de N.O. Puis nous traversons le golfe de Valingo au fond duquel se trouve le port de Propriano mais nous préférons aller ancrer dans la jolie baie de Cupabia au Nord Ouest. Il y a déjà 4 bateaux. La baie est belle avec des rives boisées plutôt escarpées avec quelques tours Génoises et au fond une grande plage avec une payotte/guinguette pas encore en activité. La nuit sera paisible.

Lundi 13 mai, les gribs du matin confirment ce que l’on entrevoyait depuis quelques jours : 24 heures de temps convenable suivis dans les prochaines jours d’orages assez violents sur toute la côte Ouest de l’île et accompagnés d’une houle d’Ouest pas énorme mais suffisante pour rendre beaucoup de mouillages de cette partie de l’île de Beauté plutôt inconfortables. Nous décidons donc d’entreprendre la traversée vers le continent tout de suite. Et c’est sur la vision des sommets enneigés du Monte Cinto et du Capitello que nous quittons la Corse et mettons le cap sur Porquerole.

C’était une visite vraiment très courte mais nous connaissons bien la Corse pour l’avoir explorée en long et en large même si ça remonte à la 2ème moitié des années soixante dix!

Sardaigne 3: la costa Smeralda et les îles Maddalena

La Costa Smeralda (côte d’émeraude) est une portion de la côte sarde qui s’étend du Cap Figari (que nous avons passer hier) au sud jusqu’au port Palau (à ne pas confondre avec l’archipel de Micronésie qui porte le même nom) au nord. Avec en son centre la célèbre station balnéaire/port de luxe de Porto Cervo. Cette région à l’origine très pauvre mais gâtée par la nature de paysages marins d’une beauté exceptionnelle a été développé dans les années 1960 en un lieu de villégiature exclusive pour les plus riches et le plus célèbres de ce monde par le Prince Karim Agha Khan IV. Si l’on peut contester les bienfaits d’un tel développement sur la nature, il aurait été très bénéfique pour la population local, et il faut reconnaître que de très gros efforts ont été accomplis pour intégrer les constructions dans le paysage.

Mais le luxe de Porto Cervo n’est absolument pas pour nous : notre but, ce sont les îles Maddalena qui s’étendent dans toute la partie Sud des bouches de Bonifacio (le détroit séparant la Corse de la Sicile). Un grand beau temps avec du vent très modéré de Nord Est est annoncé pour les jours suivant. C’est idéal et il faut en profiter car ici la topographie du détroit en fait un cône de venturi presque parfait et dès que le vent souffle un peu fort de l’Ouest ou de l’Est il est brutalement accéléré rendant au mieux les mouillages inconfortables voire impraticables.

Tout l’archipel de Maddalena et les îlots voisins ont été déclaré parc naturel depuis de nombreuses années afin de limiter l’impact du tourisme et de la pêche sur la faune et la flore tant marine que terrestre. Des règles strictes mais assez simples ont été mises en place (voir carte ci-dessous) et un permis d’entrée payant imposé pour financer une partie du coût de cette protection. On peut le souscrire directement en ligne (et voir les tarifs) à cette adresse : https://autorizzazioni.lamaddalenapark.it/index.php?ssez=Home&lang=fr_FR

En saison les gardes font des contrôles fréquents, ils vendent aussi des permis mais c’est 50 % plus cher.

En tous cas ça vaut vraiment le coup : ces îles sont de pures merveilles.

Nous commençons ce séjour par 2 jours dans la baie de Porto Palma sur la côte sud de Caprera. Encore tranquille en cette saison nous avons toute la place pour choisir un beau patch de sable sans posidonie pour y déposer notre ancre. La baie est le terrain de jeu d’une école de voile très active (ça nous rappelle des souvenirs de jeunesse) et toute la journée dériveurs et petits habitables de régate s’ébattent dans un ballet incessant d’empannages, virements de bords et autres manœuvres.

L’avantage de cette baie est qu’on peut descendre à terre (je rappelle que nous sommes dans un parc naturel) et se balader sur les sentiers qui traversent le maquis et montent aux sommet de collines surplombant la baie . L’île à été pendant 20 ans la propriété du patriote Italien Giuseppe Garibali qui est mort est mort en 1867. Elle fût ensuite une base militaire dont on voit encore les vestiges un peu partout, la nature reprenant lentement ses droits.

Le 10 Mai nous quittons Caprera et tirons des bords dans une brise évanescente pour nous faufiler entre les îles : San Stefano, La Maddalena, Spargi pour venir ancrer à Budelli juste à l’entrée sud du « lagon » formé par les îles Budeli, Santa Maria et Razzoli.

Nous ne sommes que vendredi mais l’endroit est déjà assez fréquenté et entre l’espace disponible, les zones de posidonies et les rochers tapissant le fond et le changement rapide de profondeur il n’est pas très facile d’ancrer. D’ailleurs, dans la soirée, quand une petite brise d’Ouest se lève nous dérapons, mais à cet heure là nous ne sommes plus que 3 bateau à l’ancre et il est beaucoup plus facile de mouiller correctement.

Petite parenthèse sur l’usage du sondeur pour trouver le bon endroit pour ancrer : nous n’avons pas d’écho sondeur sophistiqué avec représentation 3D des fonds en couleur et tout le tintouin, juste une bête sonde mixte vitesse/profondeur relié au système, par contre l’afficheur du même système nous permet de visualiser soit le chiffre de profondeur soit un graphique représentant la profondeur détectée sur une échelle de temps ce qui c’est avéré suffisant pour repérer les endroits les plus plats : les rochers sont facilement visibles et les algues apparaissent comme une ligne très irrégulière.

Budelli est très jolie mais on ne peut guère s’y promener. Même la super plage côté « lagon » est interdite (messieurs les gardes du parc excusez nous : nous n’avons vu la pancarte qu’en revenant de notre promenade sur la plage déserte…) mais c’est vrai que l’endroit sans touriste est absolument magique.

Sardaigne 2: Mouillages idylliques et vents changeants

Le plein de vivre frais dans le garde manger et un peu plus de culture dans la tête, nous quittons Olbia dans le calme du petit matin. Le but explorer un peu les criques du sud de ce grand golfe avant de continuer notre progression vers le Nord.

Mais ce qui devait nous prendre 2 ou 3 jours relax s’avéra finalement un peu plus intense.

Nous profitons de la légère brise de Sud qui se lève à la sortie du chenal pour parer le cap Ceraso et tirer quelques bords entre entre l’île Tavolara et la terre. Vers 10:00 nous ancrons dans l’adorable crique de Girgolu bien protégée des vents de secteur Sud Est.

L’endroit est magique, eau transparente bien sûr, quelques villas autour et surtout la plage de sable blanc soulignée par les roseaux de la lagune juste derrière. Ballade à terre, mais à par la route il n’y a pas grand-chose tout le reste est privé… Nous rentrons à bord alors qu’un vent d’Ouest Nord Ouest se lève, il n’est pas encore très fort mais on est plus abrités et s’il forcit un peu….

Nouvelle vérification de la météo, nous sommes juste sur une zone de transition entre un système de SE et un autre de NO et chaque modèle la situe un peu plus sud ou un peu plus nord et çà change à chaque mise à jour… Bon ce n’est pas grave il fait beau, on va naviguer un peu. La côte Est du golfe D’Aranci devrait offrir de bonne possibilité d’ancrage pour du Nord Ouest. A 14:00 nous jetons l’ancre à nouveau dans l’anse de Terrata. Il n’y a pas beaucoup de place entre les rochers de chaque côté mais nous sommes seuls et l’abri semble bon pour du NO sur tout qu’il ne souffle vraiment pas fort pour l’instant. Mais voilà, vers 16:00 Rêve à Deux commence à tourner sont tableau arrière vers la plage, tiens tiens voudrait-il repartir. Bah ! C’est juste un courant d’air ! Mais non 10’ plus tard il y a une bonne douzaine de nœuds d’ENE et le clapot qui va avec, notre petite étendue de sable devient rapidement inconfortable. Bon ! C’est encore cette zone de transition qui bouge, si on veut un vent stable il faudrait monter encore un peu plus haut et quitter le golfe d’Aranci pour être suffisamment loin au-dessus pour arrêter de subir ces bascules incessantes. Chose dite chose faite et à peine en vue du cap Figari, le vent retourne au NO et c’est en tirant des bords dans 20 à 25 nœuds de vent sous grand voile à 1 ris et trinquette que nous arrivons finalement dans le fond de la baie de Marinella. bien à l’abri, c’est un peu comme rentrer à la maison (on y a passé 4 jours la semaine dernière).

Trois mouillages dans la même journée, on n’avait pas encore fait çà, mais c’est juste une illustration de la volatilité des conditions météo en Méditerranée. En cette saison, vu le peu de bateaux, tant que le changement de vent se passe de jour çà ne pose aucun problème, il suffit d’aller un peu plus loin dans une baie mieux abritée. En plein été, quand tous les mouillages sont bondés çà doit être beaucoup compliqué.

Sardaigne 1: la règion d’Olbia

On a tout de suite flashés sur cette région : le relief de collines tourmentées en arrière plan, la côte découpées de baie aux eaux tellement limpides et plages de sables blancs, rochers arrondis par l’usure du temps et falaises vertigineuses. En plus cette côte de rêve présente un énorme avantage c’est qu’elle regorge d’excellents mouillages avec des fonds de sable de très bonne tenue et en cherchant un peu ou trouve facilement un ancrage sûr quelque soit la direction du vent surtout que la saison estivale n’étant pas encore commencée il y a de la place partout. Si on en croit les comptes rendu en plein mois d’août c’est bondé !

Et heureusement qu’il y a toutes ces golfes, baies, criques, calas et autres anses parce que dans les jours qui viennent les vents vont parcourir pratiquement tous les quadrants de la rose.

Bon pour commencer c’est du Sud Est On va donc aller s’abriter sur la côte nord de la péninsule formant le Golfe d’Aranci plus précisément la Cala Sabina une petite crique entourée de maquis d’où débordent de gros rochers et terminée par une petite plage de sable blanc donnant à l’eau cette couleur émeraude si caractéristique. À peine 21° l’eau est loin d’être chaude mais elle est tellement cristalline que c’est un plaisir de s’y plonger même si après quelques brasserons en ressort très vite. Après la baignade ballade dans le maquis.

Mais pour les jours suivant du vent plus fort de Sud Ouest tournant à l’Ouest puis au Nord Ouest est annoncé. Bien que nous soyons le seul bateau, l’abri nous paraît trop précaire pour les conditions prévues (rafales Ouest Nord Ouest à 40 nœuds).

Nous nous déplaçons donc juste à côté, tout au fond du Golfe de Marinella. La veille avant de jeter l’ancre à Cala Sabina nous avions été reconnaître l’endroit. Nous savons donc exactement où mouiller pour être bien abrité sur un font de sable bien plat, exempt de roches et d’anciens blocs de corps morts, juste devant l’entrée d’un adorable petit port privé entouré de jolies villas.

Il y a un cata plus près de la plage et en soirée, deux autres voiliers nous rejoindrons dans la soirée, c’est loin d’être la foule : vue la taille de la baie il y aurait de la place pour une vingtaine de bateaux en plus !

Le vent ne mollissant pas nous serons contraints de rester là jusqu’au week-end (3 jours). Au plus fort, de jolies rafales tombent de la falaise forment des mini williwaws sur la surface de la baie qui demeure néanmoins tout à fait plate.

Samedi 4 mai 2024 le vent c’est bien calmé, nous repartons vers Olbia

Nous passons la nuit dans la baie de Porto Istana, juste en face de l’île majestueuse de Tavolara. Très jolie plage mais le fond est parsemé de grandes roches plus ou moins paltes, il faut bien choisir ou poser son ancre.

Le lendemain nous mettons le cap de bonne heure sur Olbia même. La ville a conservé deux quais (le Molo Brin et le Molo Vecchio accessible (presque) gratuitement aux voiliers de passage. Il suffit d’appeler les gardes côtes à l’arrivée pour obtenir l’autorisation et de s’acquitter d’un timbre fiscal de 16,80 Euros. L’amarrage est autorisé pour 48 heures. Apparemment de nombreux plaisanciers ne s’embarrassent pas de ces formalités et restent plus longtemps mais on préfère être en règle et on joue le jeu.

Olbia est une bonne surprise. Nous sommes accueillis en musique, c’est le marathon annuel.

La ville est propre agréable avec ses rues piétonnes et ses immeubles pimpants. Ce matin on se contente de flanner et de passer à la boulangerie. On verra plus tard pour les courses.

L’après midi nous visitons le musée archéologique à deux pas du quai. Nouvelle bonne surprise : l’entrée est gratuite y compris l’audio-guide. Le musée est très intéressant même si plusieurs salles sont en travaux. Il retrace l’histoire de la ville depuis le paléolithique jusqu’à nos jours dont voici un très bref résumé : les premiers habitants de la région était les Nuraghi, la ville elle même et son port ont été fondés par le Phéniciens vers le Xème siècle av. JC puis les Grecs qui lui ont donné son nom, supplantés à leur tours par les Carthaginois, avec qui elle connu son apogée en temps que plaque tournante commerciale, puis les Romains pour être dévastés par les Vandales au Vème siècle de notre ère (se sont eux qui ont coulé la magnifique épave exposée) et végété quelques temps sous domination Bizantine. Elle tomba ensuite pratiquement dans l’oubli au grès des périodes d’indépendances et de colonisations de l’île (Pise, Aragon) pour ne renaître qu’au XXème siècle. La colline où est bâtie la ville est en fait un mille feuille constitué des restes de toute ces civilisations.

(N.B. ne pas confondre cette Olbia (Sassari, Sardaigne) avec le site archéologique d’Olbia à côté d’Hyères dans le Var sur la côte française…)

La découverte se prolonge lundi avec la visite de la basilique de San Simplicio construite au 5ème siècle sur les reste d’un temple dont elle garde l’orientation et la base des colonnes et sous laquelle se situe une grande nécropole datant de 200 av. JC, parfaite illustration de cet effet mille feuilles,

elle a été découverte très récemment en creusant un parking souterrain.

Quelques courses pour remplir le frigo, une nuit paisible à quai et nous sommes repartis pour notre exploration de la côte.

Arrivederci la Campanie, Ciao la Sardaigne

Jeudi 25 Avril, une fenêtre météo se profile qui devrait nous permettre de traverser enfin sans souci cette mer Thyrrénienne vers le nord de la Sardaigne.

Mais le temps de comparer les modèles, discuter des destinations possibles et faire tourner les routages il est déjà 11:00. Et en jetant un coup d’œil dehors on trouve qu’il y beaucoup de monde à la marina aujourd’hui. Et m…. ! on avait oublié, aujourd’hui c’est l’anniversaire de la chute du fascisme et de la fin de la guerre et c’est donc un jour férié en Italie. On se précipite donc en ville avant que les magasins ne ferment (la plupart restent ouvert jusqu’à 13:00. Il nous faut donc faire les provisions, le Carrefour Express tout proche et le 365 près de la gare y pourvoiront. Mais surtout il nous faut trouver à tout prix un broyeur pour qu’Anne puisse continuer à faire notre lait d’amande et surtout ses fameux cookies à l’okara dont la recette est pour l’instant tenue strictement secrète mais que je ne désespère pas de voire paraître un jour dans la rubrique cuisine de ce blog -stay tuned ! Sans ces délicieux biscuits la vie serait bien terne. Bon, il à fallu faire vite, mais on a tout trouvé, ouf !

Le lendemain matin sous un ciel très maussade nous larguons les amarres. Il n’y a plus de vent mais la mer est encore agitée. Contrairement aux grands océans ou une houle de 3 ou 4 m peut passer quasiment inaperçue, ici, 1 m c’est déjà très gênant tant la période (le temps entre 2 crêtes) est courte (ici 4 ou 5 secondes). Nous longeons la côte Almafitaine rendue célèbre par sa beauté et par les nombreux films tournés à Amalfi ou dans les environs. Mais aujourd’hui, elle a perdu tout son charme tant le temps est bouché. Le temps s’éclaircit quand nous passons à côté de Capri que nous avions adoré lors de notre visite il y a quelques années. En regardant à l’Est on distingue le Vésuve qui ne semble pas en irruption aujourd’hui. Au milieu de la baie de Naples nous croisons un voilier magnifique : le fameux Class J Topaz : 43m, 180 tonnes, 950m2 de voilure au près. Ce serait la réplique, lancée en 2014, d’un concurrent de la Coupe de l’América 1935.

La houle résiduelle d’Ouest et le vent qui va tourner du Sud-Ouest à L’Est au cours de la nuit, ne nous laisse pas beaucoup de choix pour le mouillage. Nous optons pour la côte ouest de Procida, aujourd’hui bien protégée, mais nettement moins jolie que la côte Est ou se trouve notamment le fameux village éponyme avec ces maisons aux murs de toutes les couleurs. Au matin l’eau de la baie est trouble et dégage une odeur pestilentielle : les égouts de la ville se déverseraient-ils ici ?

Le créneau mer plate vent adéquat se confirme pour Dimanche. Nous avons le temps pour un halte à Ponza. Il reste encore un peu de houle mais le vent est suffisant pour stabiliser le Rêve à Deux, propulsé par son grand spi. Nous passons au large de la petite île de Ventotene. Sur l’horizon, Poza apparaît comme un croissant de falaise. Cette fois encore, la côte Est ou se situe le port et la ville principale est ouverte à la houle nous allons donc sur l’ Ouest. Mais là, pas de déception, au contraire, le paysage de hautes falaises est tout simplement grandiose. Nous mouillons dans la Cala Feola, juste entre le bout de la jetée et les piscines naturelles creusées dans la roche au pied de la falaise. Mais avant d’aller voir ces bassins il nous faut nous baigner ici au bateau : l’eau est tellement claire qu’on ne peut y résister. Nous avons vu notre lot d’eaux transparentes et cristallines aux quatre coins du monde mais là, c’est le top du top, on a tout simplement l’impression d’être suspendu dans le vide au dessus d’un sable turquoise c’est magique. En plus elle avoisine les 20° donc on peut nager un peu.

Les grottes et les arches qui mènent aux piscines sont superbes mais malheureusement le fond du bassin naturel est souillé de déchets d’emballages…

Le lendemain, départ matinal encore sous spi mais cette fois-ci sur une mer sans houle ni vagues. On passe à proximité de l’île Palmarola et de ses falaises vertigineuses. En début d’après-midi, juste à l’heure prévue par le routage, le vent se calme et le spi ne porte plus, on met donc le moteur pour aller chercher le vent de Nord qui doit s’établir une vingtaine de milles plus loin.

On traverse d’immense bancs de Vellele. Ce ne sont pas des méduses mais des hydrozoaires, constitués chacun d’une colonie de polypes, portés par un disque cartilagineux, surmonté d’une voile rigide. Il parait qu’on en trouve un peu partout dans le monde et particulièrement en Méditerranée en cette saison mais nous n’en encore jamais rencontré. Pour en savoir plus cliquez le liens ci-dessous:

https://doris.ffessm.fr/Especes/Velella-velella-Velelle-228

Nuit paisible dans une dizaine de nœuds de vent de travers. Grande première depuis Mayotte, nous captons notre premier message en français sur la VHF : c’est une alerte météo émanant du CROSS Med Ajaccio histoire de nous rappeler qu’on est plus très loin des côtes françaises.

Au matin on voit les côtes Sardes se détacher sur l’horizon.

Plus nous approchons plus leur beauté se révèle à nos yeux. C’est un savant mélange de hautes falaises, d’îlot rocheux usés par la mer, de collines couvertes de maquis et de plages de sable blanc aux eau turquoise ou peut-être plutôt émeraude, en effet , cette portion de côte entre Olbia, où nous atterrissons, et les Bouches de Bonifacio s’apelle la Costa Smeralda… çà donne envie d’y passer quelque temps.

A 14:00, nous embouquons le chenal du port d’Olbia, petit arrêt à la station service de la marina pour remplir quelques jerrycans de gasoil (la dernière fois c’était à Leros et les stations semblent rares sur cette côte). Au passage un grand merci au pompiste l’accostage vent de travers dans les rafales qui s’étaient subitement mises à souffler était un peu olé-olé.

On repart aussitôt pour aller mouiller au calme devant la plage de la Saline juste à la sortie de la baie. On va pouvoir réfléchir au programme des jours suivant qui risque d’être un peu compliqué en raison d’un bon coup de Mistral prévu pour le milieu de la semaine: affaire à suivre…