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Madère ballade en Bus

Les transport en commun à Madère permettent de se rendre très facilement à peu près partout sur l’île pour quelques euros. Par contre comprendre les lignes et les horaires n’est pas du tout évident le réseau étant historiquement géré par différents opérateurs que le gouvernement essaie de regrouper dans un service unique. Ajouter a ça que l’office de tourisme préfère faire la promotion des taxis et autres transports individuels ou touristiques. Mais avec les deux liens ci-dessous on s’en tire très bien.

http://www.horariosdofunchal.pt/guia-en/mobile/

https://siga.madeira.gov.pt/horarios/

Première escapade routiére: un demi tour de l’île pour aller jusqu’à Porto Moniz à l’extrème pointe Nord Ouest. On est tout de suite surpris par l’urbanisation, même s’il n’y a pas, en dehors de Funchal de très grosses agglomérations, il y a énormément de constructions, maisons individuelles ou villages. Il y a aussi beaucoup de cultures notamment de bananes. Les seules endroits encore vierge semble être les pentes trop abruptes pour construire ou cultiver. La route passe par un nombre impressionnant de tunnels.

Au lieu touristique, Porto Moniz est célèbre pour ses piscines naturelles aménagées autour de la pointe. Nombreux cafés, hôtels et restaurants ainsi qu’un aquarium consacré à la faune marine locale dans l’ancien fort. Pour les piscines ce n’est vraiment pas le jour, il fait plutôt froid et surtout le vent de Nord Ouest qui souffle à levé une forte houle rendant l’accès tout à fait impossible. Si vous voulez piquer une tête, venez un jour sans vent d’Ouest, Nord Ouest.

Le retour se fait par un itinéraire différent mais toujours en longeant les côtes Ouest et Sud.

Notre deuxième excursion nous amène à Curral das Frairas.

Après une vingtaine de km dans les hauts du Funchal puis sur une petite route de montagne sinueuse, le bus nous dépose au belvédère d’Eira do Serrado.

De la haut la vue est magnifique.

La profonde vallée aux parois vertigineuses forme une sorte de cirque avec en son centre une sorte de plateau ou se situe le village de Curral das Freiras (littéralement le corral des religieuses). Ne serait-ce la densité de population, vu d’en haut, l’endroit nous fait un peu penser à Mafate à l’autre bout du monde tant son relief est similaire.

Et on entame la descente à pied par le sentier accroché à la falaise. A notre rythme lent avec de fréquents arrêts photos, il nous faut presque deux heures pour arriver au village mais on a croisé plusieurs couples qui on fait l’aller et retour en bien moins longtemps.

Le temps de déjeuner dans l’un des restaurants (plutôt cher et pas excellent – vive le tourisme de masse), puis de faire rapidement le tour du village et nous reprenons le bus pour Funchal.

Troisième excursion en transport en commun le Jardin botanique de Funchal.

C’est de loin le moyen le plus pratique et le moins cher pour y aller.

Ce jardin mérite vraiment une visite

On a de la chance, aujourd’hui il fait beau et la pluie d’hier n’a pas trop abimé les belles fleurs.

On aurait aimé se déplacer plus sur l’île et visiter d’autres endroits mais le temps ne s’y prêtait vraiment pas. Même s’il ne pleuvait pas tout le temps à Funchal, les hauteurs étaient souvent dans les nuages et sous la pluie. Nous aurions aimé aller voir la Levada des 25 fontaines (canaux d’irrigations en pleine forêt à flanc de montagne) mais en plus de la météo difficile, aucun bus ne passe par là-bas il faudrait louer une voiture ou prendre un taxi.

Cette saison se termine. Après avoir exploré de nombreuses possibilités pour mettre notre Rêve à Deux à sec jusqu’à la saison prochaine (pour nous Octobre 2025) nous avons jeté notre dévolu sur le chantier Sopromar à Lagos. Une fois la tempête Martinho et sa suite passées un créneau météo acceptable semble vouloir se dessiner nous allons donc nous préparer à reprendre la mer, enfin!

Madère (le Carnaval de Funchal)

Pendant 10 jours la ville la ville est en fête, concerts, défilés, vente de produits locaux avec deux points d’orgues.

Le premier c’est le Grand Défilé qui se déroule le soir du premier mars et met en scène des artistes locaux amateurs ou parfois même semi-professionnels représentant des associations locales et qui s’entraînent toute l’année pour cette occasion.

Une grande partie du spectacle était peut-être un peu trop orienté sur la mise en valeur du corps féminin mais pas que avec notamment un groupe de personnes à mobilité réduite en fauteuil dont la prestation n’avait rien à envier aux autres groupes.

Le second a lieu le mardi 4 mars dans l’après-midi c’est le Cortège dit « Maladroit » (trapalhão en portugais). Amateurs de tous bords, vieux ou jeunes (voire très jeunes) défilent en moquant tel ou tel trait de la société locale ou de l’actualité mationale ou internationale ou encore tout simplement pour se montrer déguisé et profiter d’un moment de défoulement total.

c’est un concours et que le meilleur gagne!

Madère, la ville de Funchal

La traversée commence par tout petit temps et mer plate puis le vent dENE monte très vite et la mer se forme dès qu’on quitte le dévent de La Palma. Mais les conditions restent toutefois maniables et surtout très favorables puisqu’on fera toute la traversée sur un seul bord et la plupart du temps bien débridé. Mais bon pas de quoi carburer comme des V2 non plus puisqu’on mettra 2 jours à faire les 250 milles. Nous avons choisi de faire escale à Funchal.

Nous avions réservé une place au port avant de partir, on aurait du demander le tarif avant parce que ce n’est pas donné, mais bon ce sera la mauvaise surprise au moment du départ. On est bien accueilli par le marinero et il nous place tout de suite sur un ponton avec catway et pendille. Notre séjour sera un peu plus long que prévu puisque nous y resterons presqu’un mois. La faute à des tempêtes successives dont la dernière la tempête « Martinho » fera des dégâts mineurs sur l’île mais très importants sur le continent.

Situé en plein cœur de la ville, le port de Funchal est bien protégé de ces vents et de la houle associés par la ville et par la grande jetée du port commercial mais il est tout de même sujet à un ressac assez désagréable: ne pas oublier de doubler les amarres et de mettre les amortisseurs.

Le port commercial est principalement dédié aux paquebots de croisières (nous en verrons jusqu’à quatre ensembles) qui déversent leurs milliers de passagers touristes dans la ville. Parfois il y a des visiteurs plus authentiques comme ce phoque habitué des pontons ou ce trois mat à voile de la marine danoise. Le port abrite aussi un labo océanographique équipé d’un drone de surface pour étudier l’évolution de l’eau de l’océan autour de l’île. Mais que serait Funchal sans son héros national le fameux CR7 (je vous laisse deviner de qui il s’agit) né dans la cité du fenouil*?

*Funchal tire son nom du mot funcho qui signifie fenouil en portugais, une plante très abondante sur l’île.

La ville de Funchal est jolie et agréable avec ses rues piétonnes bordées de façades typiques, ses jardins publics luxuriants et ses vieux bâtiments historiques: profitons des accalmies pour découvrir tout ça ensemble.

Même si la ville à été fondée entre la fin du 15ème début du16ème siècle, la majorité des façades datent de la fin du 18ème et arborent leur style néoclassique.

Nous prenons le téléphérique pour monter aux jardins tropicaux mais le temps froid et humide ne s’y prête pas vraiment nous nous consolons en admirant le paysage puis en dégustant une succulente bacalhau.

Retour par le fort de Santiago et la rua Santa Maria et ses intéressantes portes peintes par des artistes locaux d’œuvres parfois humoristiques ou provocatrices, voire revendicatives ou tout simplement typiques.

La Palma, en voiture

Lors de notre premier passage sur cette île, en juillet 2018, nous avions visiter la Caldera de Taburiente et nous avions été très impressionnés. Cette fois-ci nous allons essayer d’en faire le tour et d’aller voir les coulées de l’éruption de 2021.

Il n’y avait aucune voiture disponible même en réservant plusieurs jours à l’avance à la gare maritime toute proche de la Marina par contre chez les même loueurs il y avait tout ce qui fallait à l’aéroport à 15′ de bus. Nous quittons Santa Cruz et montons par la LP4 qui serpente à flanc de montagne à travers une foret assez dense mêlant feuillus et résineux.

Au bout d’une trentaine de km de montée (et de nombreux arrêts photos) on arrive à plus de 2000m d’altitude. La végétation devient de plus en plus clairsemée pour faire place à un paysage volcanique lunaire. La route passe à peine une cinquantaine de mètres du Pico de La Cruz (2351m) d’où on a une vue époustouflante sur la caldera de Taburiente d’un côté et le nord de l’île de l’autre. Dans les zones ombragées au bord de la route il y a encore de la neige.

Juste à côté, sur les pentes du Roque de los Muchachos, s’étendent les coupoles, les antennes et les miroirs de l’observatoire de l’institut d’astrophysique des Canaries. C’est l’un des observatoires les mieux équipés du monde avec un très grand nombre d’instruments dont notamment le plus grand télescope optique infrarouge existant.

La route qui traverse l’observatoire grimpe jusqu’au sommet du Roque de los Muchachos (2426m), le plus haut sommet de l’île, où un terre-plein est aménagé, mais oubliez! C’est le terminus du chemin de rando qui fait le tour de la caldera et il y tellement de voitures et autres minibus qui viennent déposer ou récupérer les randonneurs que ça provoque des bouchons.

De là nous redescendons pour rattraper la LP1 à Hoya Grande (très bon resto/pizzeria végétarienne) et descendre sur El Pinar. Oui il y a des vignobles et des producteurs de vin mais ça veut toujours dire la pinède. Ici les vignes sont souvent parsemées d’amandiers et en ce moment ils sont en fleur. La montagne est découpée de profondes vallées qui descendent sur la mer. Sur la côte encore escarpée les bananeraies remplacent les pinèdes. Juste après le village de La Punta, la montagne s’arrête sur une falaise vertigineuse surplombant la plaine côtière de Los Llanos sur laquelle on aperçoit au fond le cône volcanique de Cumbre Vieja et la coulée de lave de la dernière éruption (2021)

C’est tout en bas de cette falaise qu’est nichée la petite station balnéaire de Tazacorte et son port de plaisance. L’endroit n’a pas changé depuis notre passage en 2018 mais les pontons sont effectivement archi pleins (on avait essayer de réserver sans succès plusieurs fois cette année pour y revenir).

De là il n’y a que quelques km pour rejoindre le pied de la Cumbre Vierja et ses coulées de lave. L’éruption a duré du 19 septembre au 25 décembre 2021 faisant des dégâts très important (plus de 400 bâtiments ainsi que des exploitations agricoles détruits) mais fort heureusement aucune victime grâce notamment à la réactivité des autorités locale et l’efficacité des secours. Il n’y avait pas eu activité volcanique sur l’île depuis 1971. Un peu plus de 3 ans plus tard le spectacle est impressionnant.

On pensait faire tout le tour de l’île mais c’était un peu optimiste sur le continent avec une bonne route, 50 km c’est l’affaire d’une grosse heure. Ici c’est souvent plusieurs heures sans même compter les arrêts photos ou les ballades à pied. On rentre donc directement depuis El Paso par le tunnel de la LP3 qui rejoint directement Sant Cruz.

Un bon créneau météo se dessine pour rejoindre Madère sans tirer des bords et avec une mer raisonnable. Note technique: le modèle météo le plus fiable, et de loin, sur tout l’archipel est Arpège de Météo France, ECMWF est très pessimiste, ICON très optimiste et GFS rend très mal les effets d’îles.

Samedi 22 février nous quittons Santa Cruz salués par le Queen Mary qui vient d’arriver à quai: un vrai paquebot celui là pas comme ces gigantesques hôtels flottants hideux qu’on voit maintenant partout.

Bye bye les Canaries! Au fait savez vous pourquoi ces îles s’appellent comme çà? Rien à voir avec le petit oiseau jaune! C’est en fait parce, à la fin de l’antiquité les premiers explorateurs y ont trouvé de nombreux chiens sauvages (chien en latin = canis). Au moins on quitte l’archipel moins bête…

Les Canaries 7) La Palma, Santa-Cruz

15 mars 2025, nous quittons la Gomera pour La Palma qui sera notre dernière escale canarienne pour cette saison. Nous y avions fait une courte escale en juillet 2018 lors de notre descente de l’Atlantique et çà nous avait bien plu. Cette fois-ci on va essayer d’en voir un peu plus.

Pour la courte traversée, fait extraordinaire, nous sommes trois à bord nous avons en effet un passager: Laurent un sympathique back-packer / bateau stoppeur qui voulait se rendre à La Palma pour faire du woofing dans une finca produisant un peu de tout en autonomie. Comme souvent entre ces îles la traversée est un mélange de calme et de fortes rafales due à l’accélération du vent entre les îles. En 2021 nous étions à Tazacorte sur la côte Ouest de l’île. Cette fois-ci nous nous amarrons à la Marina de La Palma (la capitale de l’île). C’est une petite marina de luxe très bien équipée mais à un tarif très raisonnable (20 EUR/jour pour nous) à deux pas du centre historique avec, cerise sur le gâteau, accès gratuit à la piscine du Club Nautique. Son seul inconvénient est que dès que la moindre houle pénètre dans l’avant port, elle est sujette à un fort ressac mais nous n’aurons pas à en souffrir pendant notre séjour.

Dès notre arrivée, la direction de la marina nous prévient que nous sommes les bienvenus pour une bonne semaine mais qu’il faudra que nous soyons impérativement repartis avant le mardi 25/02 toutes les places de la Marina étant étant réservée depuis de long mois pour les festivités du carnaval. Il va donc falloir prioritiser nos visites tout en recherchant le bon créneau pour partir vers Madère avant cette date.

Commençons donc par une visite de la vieille ville de Santa Cruz de La Palma.

La vieille ville (centre historique) est un régal pour l’œil avec ses belles façades, ses balcons typiques et ses cours intérieures.

Si vous aimez l’art et l’histoire le Musée Insular de La Palma est un must! Le cadre du musée, le superbe monastère de San Fransisco, vaut déjà à lui seul le détour. Les salles sur la faune et l’histoire de l’île sont très intéressantes mais les expositions d’artistes contemporains originaires de l’île sont extraordinaires.

On retiendra tout particulièrement celle de Carmen Arozena une artiste et graveuse malheureusement morte prématurément à l’âge de 45 ans dont l’œuvre ne peut laisser indifférent tant pour son style résolument moderne que pour son engagement féministe qui n’étaient pas du tout évident d’exhiber à cette époque ou l’Espagne était encore Franquiste (pour en savoir plus sur l’artiste et son œuvre nous vous recommandons cette page: https://mujerescanarias.com/carmen-arozena-artista-canaria/)

Par contre si on vous suggère de visiter le Museo Naval, passez votre chemin. Il s’agit en fait d’une grossière reproduction en béton d’une caravelle contenant quelques maquettes de bateau. On terminera cette visite de cette belle ville pleine d’histoire par la préparation de la Bajada de la Virgen (ici aussi) qui aura lieu cet été. Les nains coiffés du chapeau de Napolèon en sont une attraction. C’est aussi pour cette Bajada que ces gens s’entrainent à danser sur le parvis de l’église (non se n’est pas du tango ni du rock)

Côté approvisionnements ce n’est pas l’idéal, en ville il n’y a que quelques petites superettes Spar. Mais heureusement pour les fruits et légumes il y a les halles (Mercado Municipal) qui en plus d’être dans un très beau bâtiment sont très bien achalandées. Si vous avez besoin de courses plus conséquentes prenez le Bus 20 ou 300 jusqu’au Lidl/Mercadona juste à la sortie de ville.

Canaries 6) La Goméra

Le 7 février 2025 nous quittons El Hierro pour sa voisine la plus proche: La Gomera.

La météo est idéale et avant que la nuit tombe nous sommes ancrés devant Playa Santiago au Sud Est de l’île.

Le lendemain matin nous faisons notre entrée à la Marina de San Sebastian et là c’est un peu le choc, après un mois passé loin des bruits de la ville et des hordes touristiques, nous sommes un peu pris au dépourvu. Mais passé cette première surprise l’endroit est tout de même assez agréable. Les plages autour du port permettent de se baigner tous les jours. La vieille ville est intéressante particulièrement son église de la Asuncion et les ruelles aux façades typiques qui l’entoure. L’histoire à retenu que Christophe Colomb y a fait sa dernière escale avant chacune de ses 3 traversées de l’Atlantique. Une autre hôte de marque est la chancelière Angela Merkel qui y a établi sa villégiature depuis plusieurs années.

Si la Gomera est la troisième plus jeune île des Canaries (191 millions d’années seulement) c’est aussi celle qui n’a connu aucune éruption depuis le plus longtemps. La dernière remonte en effet à 2 millions d’années. L’ érosion a donc eu tout le temps de remodeler le relief avec d’immenses et profondes vallées et la terre fertile à pu recouvrir les laves. Cette particularité géologique donne à La Gomera à la fois son relief unique et sa richesse agricole. Jusqu’à très récemment l’île était autosuffisante en eau mais l’expansion du tourisme à contraint le gouvernement à installer une première station de dessalement en 2024.

L’île est le paradis des randonneurs avec des dizaines de sentiers balisés, mais attention les dénivelés sont importants.

Le canyon qui descend sur Valle Gran Rey montre bien l’effet combiné du volcanisme et de l’érosion sur le paysage au cours des ères géologiques. Au fond de la vallée, les premiers occupants puis les colons ont utilisé la terre fertile pour créer des terrasses pour y faire des pâturages, planter des fruitiers des céréales ou des cultures vivrières et même de la vigne.

Valle Gran Rey est « LA » station balnéaire de l’île et peu encore être considérée comme un havre de paix si on la compare à ses consœurs de la côte sud de Ténérife. Elle dispose d’un port utilisé essentiellement par la pêche et les vedettes de tourisme, pas adapté à la plaisance mais le mouillage devant le port est l’un des meilleurs de l’île. (du fait de sa géologie, les fonds marins entourant La Gomera descendent en pente plus douce que sur les autres îles et permettent d’ancrer plus facilement à de nombreux endroits mais sans toute fois empêcher le roulis).

Vallehermeroso une petite ville nichée au fond d’une vallée agricole. Au bout de la vallée un complexe avec immense piscine d’eau de mer a été construit pour être apparemment tout de suite abandonné.

Nous n’avons pu monter au belvédère de d’Abrante mais nous avons pris le temps de visiter le joli village d’Agulo fondé au tout début du 17ème siècle. Il a connu son apogée du début du vingtième siècle jusque dans les années soixante grâce à la culture de la banane sur les terrasses qui l’entourent. Les bananes était exporter directement depuis la colline par une sorte de téléphérique jusqu’aux navires qui accostaient une improbable estacade

La Gomera est un port de plaisance très actif avec des visiteurs de toutes les nationalités dont quelques Français. Nous avons bien sympathisé avec Sandrine et Marc d’Acte 2 et aussi Max, Béné et Simon de Manzanillo, de fervents lecteurs de ce blog en route pour le Cap Vert, bon vent à eux trois!

5) El Hierro épisode 3

Suite et fin de notre album photo sur les merveilles d’El Hierro

Entre Monacal et San Andrés c’est une zone de collines boisée et de paturages riche en faune et en flore locale dont le fameux arbre fontaine de Garoé. De là on suit la route H4 puis qui traverse toute la forêt en longeant le flanc sud du haut plateau

La H400 est étroite et sinueuse mais très praticable et surplombe encore une fois les paysages vierges de la côte sud de l’île. Première étape au phare d’Orchilla construit au milieu des coulées de lave. A cet endroit on a vraiment l’impression d’être arrivé au bout du monde: « dit papa c’est loin l’amérique? » Il y a là bas plusieurs tunnels de lave praticables (pensez à prendre une lampe).

Au flanc de la montagne qui surplombe le phare se trouve le sanctuaire de la Virgin de los Reyes. C’est de là que part tous les quatre ans la fameuse Bajada cette immense procession qui traverse toute l’île en chantant et en dansant derrière la statue de la Vierge en commémoration du pèlerinage des bergers de 1740 qui aurait mis fin à une très grande sècheresse.

De là, la HR400 devient HR500 et continue autour de la pointe ouest de l’île jusqu’à El Golfo mais cette partie est beaucoup plus difficile. La route est très étroite avec une pente très forte, des virages en épingle à cheveux et surtout des bas-côtés ouverts sur le vide. Par contre avant d’arriver à cette descente vertigineuse dans un paysage lunaire, elle permet d’admirer les fameux genévriers dont les troncs torturés sans doute multi centenaires sont l’emblème de l’île.

El Golfo c’est bien sûr La Frontera mais à part son église célèbre pour son clocher bâti au sommet du cône volcanique qui la surplombe, ses commerces bien achalandés et son vin réputé pur être le meilleur de tout l’archipel, la ville est trop récente pour présenter un grand intérêt. Contrairement au village voisin de Las Sabinosas (littéralement les forêt de genévriers) construit depuis beaucoup plus longtemps à mi-pente sur le flanc Sud Ouest de la caldera.

Comme nous l’avons dit dans l’épisode précédent, la côte del Golfo est abrupte et rocheuse. Des « charcos » (le terme local pour les piscine naturelles – signifiant « flaques d’eau » en castillan) sont pourtant aménagées pour la baignade. La descente jusqu’au plateformes est déjà assez impressionnante mais l’état de la mer pourtant plutôt calme aujourd’hui nous laisse perplexe quand à la possibilité de réellement nager ici mais manifestement ce n’est pas le cas de tout le monde…

Retour vers La Estaca avec un arrêt par Tamaduste une micro station balnéaire juste au nord de l’aéroport, quelques locations de vacance, un resto et la crique amménagée pour la baignade.

A la fin de la dernière semaine on a même réussi à faire une grande ballade avec nos trottinettes à propulsion pédestre sur les 10 km de la seule route côtière de l’île entre le port de La Estaca et l’hotel Parador. Ici aussi le paysage est grandiose avec une mention toute spéciale pour la pointe de la Bonanza et sa roche percée.

Pour les amateurs de feuilletons policiers nous recommandons l’excellente série Hierro entièrement tournée en décor réels à différents endroits de l’île et disponible sur ARTE

Dans un tout autre domaine, les Canaries font beaucoup pour sauver les migrants qui tentent la périlleuse traversée depuis la côte Africaine. Nous avons parlés dans un article précédent des appels PAN PAN du MRCC sur le canal 16 demandant plusieurs fois tous les jours à tous les navires dans la zone de veiller et très souvent sur embarcations de migrants à la dérive ou en difficulté. EL Hierro semble avoir été choisi comme base avant du dispositif de secours avec l’aménagement du port de la Restinga (complexe d’accueil, vedettes de sauvetage), et le centre de la Croix Rouge de Valverde. Le nombre d’individus sauvés semble impressionnant. Nous avons vu pendant notre séjour, une à deux fois par semaine le ferry rapide embarquer à destination de Ténérife quelques 150 migrants par voyage. Mais contrairement à l’Italie ou à la Grèce, ici pas de grand déploiement de forces de l’ordre, tout semble se dérouler simplement avec l’aide de quelques membres de la Croix Rouge.

Voilà, c’était le dernier épisode de la saison 1, on aurait bien voulu rester plus longtemps tant cet endroit nous plait mais il ne faut pas prendre racine non plus. La saison avance et nous n’avons pas encore vu toutes les îles de l’archipel…

5) El Hierro épisode 2

On continue l’exploration de cette île grandiose et tellement attachante.

Plus haut que le mirador de la Pena (dont l’architecture intégrée au paysage est due au célèbre artiste Canarien Cesar Manrique – voir photos en fin de l’article précédent) et les pâturages verdoyants de San Andres voici le mirador de Jinama. Son architecture et certes beaucoup plus agressive que le précédent mais sa position tout en haut de ces falaises vertigineuses et la vue sur la caldera d’El Golfo ensevelie dans une mer de nuages sont grandioses.

De là oncontinue sur le haut plateau ou se mèlange la forêt de pins canarias et la laura sylve (foret primaire) jusqu’au mirador de La Liania

Par la route accrochée à flanc de falaise on descend sur La Frontera. Le développement de cette petite ville ne date que de la deuxième moitié du siècle dernier et la création de routes et plus récemment du tunnel. Avant cela, les populations autochtones (Binbanches) puis les colons habitaient dans les hauteurs et n’y descendaient qu’en saison pour récolter les fruits ou cultiver la vigne. L’écomusée de Guinea présente l’évolution de leurs habitats aménagé à même les couloirs de lave.

On aurait pu penser que ce terrain relativement plat vue d’en haut se terminerait par des plages mais non en fait ce ne sont que falaises et rochers battus par la houle du large. C’est sur l’un de ces promontoires rocheux qu’est bâti l’hotel Puntagrande. L’endroit est spectaculaire mais ce n’est pas sûr que les clients puissent dormir sur leurs deux oreilles toutes les nuits.

Nous repassons de l’autre côté, traversons El Pinar (oui ils produisent du vin ici aussi mais en fait ça veut dire la pinède) et descendons sur La Restinga le deuxième port de l’île.

Il y a quelques années (avant le réaménagement de La Estaca) c’était l’escale favorite des voiliers mais le ponton visiteurs à été détruit lors d’une tempête et le quai est en cours d’aménagement pour le sauvetage des migrants. La pèche est très active, c’est le seul endroit de l’île ou l’on trouve une pêcherie vendant du poisson. Il y a aussi un chantier avec un gros travlift qui dispose de suffisamment de place pour hiverner une douzaine de bateaux. La Restinga est avant tout une jolie petite station balnéaire (la plus grande de l’île) avec plusieurs hôtels, une plage et des centres de plongée.

Un peu au nord de la Restinga il y a la plage de Tacoron, un endroit magnifique équippé pour la baignade dans un décors lunaire entre deux coulées de lave. Si les pentes de ce côté sont constituées de lave datant des dernières irruptions terrestres de l’île (18ème siècle ?) c’est juste à quelques km au large que c’est produite la très forte irruption sous marine de 2011 -2012

C’est d’ailleurs un peu plus haut que se situe le Centre d’Interprétation Vulcanologique. Cette exposition permet de mieux comprendre les différents types de volcan, la formation de l’archipel et de El Hierro en particulier, de visualiser les types de laves, leur écoulement et la formation de phénomènes comme les tunnels de laves. On espère en être ressortis moins bête…

Canaries 5) El Hierro

Notre grand coup de cœur pour cette partie du voyage, El Hierro est la plus Sud et la plus authentique de îles Canaries. Ses paysages sont magnifiques, ses habitants sympathiques et souriants et pourtant elle est épargnée par le tourisme de masse. Surtout n’en parlez à personne, il ne faudrait pas que ça change! .

Le 4 janvier 2025 après bientôt 3 semaines passées essentiellement à explorer Ténérife de long en large nous quittons la marina de San Miguel. Le vent et la mer venant du Sud nous allons mouiller dans la baie d’Abona histoire de reprendre nos marques et de nous reposer d’un début de grippe. Abona est l’un des rares mouillages abrité des vents de secteur sud, nous y passons 2 nuits le temps qu’ils repassent au nord. Ce qui se produit le 6 à midi pile. Nous avons déjà levé l’ancre et sortons de la baie. Mer parfaitement plate (c’est rare ici), 10 à 12 nœuds de NE, nous faisons un grand détour vers le sud pour contourner le dévent de Tenerife et garder juste ce qu’il faut de vent jusqu’au bout. Au levé du jour nous sommes sous les hautes falaises d’El Hierro. Le temps de tirer un petit bord pour laisser le ferry faire sa manœuvre de sortie et à 8:30 nous sommes amarrés au ponton. Le port parfaitement équipé (pontons sur piles avec des grands catways) est à moitié vide.

L’enregistrement se fait au bureau de la police portuaire dans le hall de la grandiose gare maritime. Le tariff est de 0,372 EUR/m² (pour nous 12,80×4,30=55,04 m² soit un peu plus de 20EUR/jour).

L’endroit est très spécial, entouré de pentes abruptes d’aspect lunaire avec juste quelques maisons accrochées en bas de la falaise. L’infrastructure portuaire est assez bien intégrée dans le décor. Par rapport à tous les ports de l’archipel c’est sans aucun doute l’un des mieux protégés de tous les vents mais c’est surtout et de loin le plus calme : une demie douzaine de bateaux de voyage dont la majorité est là pour passer l’hiver au chaud dans un coin tranquille (c’est un peu notre cas) et les autres faire une dernière étape européenne avant la traversée vers le Cap Vert ou les Antilles (attention si votre destination, votre pavillon ou votre nationalité requiert une sortie officielle de l’UE, vous ne pourrez pas la faire ici). Ces voiliers de grandes croisières sont complétés en milieu de semaine par les quelques rares charters/locations qui osent faire le saut si loin de la vie nocturne trépidante des autres îles. Aucune circulation automobile en dehors de l’arrivée et du départ des 2 ferrys journaliers et cerise sur le gâteau une plage, juste de l’autre côté de la jetée intérieure, très bien aménagée avec des rampes de descente à travers les galets et toujours praticable car à l’abri du grand môle extérieur. Dans le terminal il y a un café assez agréable et une mini-supérette plutôt bien achalandée pour sa taille et avec du pain tous les matins. Pour des plus grosses courses il faut monter à Villa de Valverde la capitale de l’île (Bus ligne 7, cinq départs tous les jours), les commerces d’alimentation sont tout près de la gare de bus (supermarchés , et 5-oceanos pour les surgelés) Bref un endroit idéal pour se reposer et nous remettre de cette grippe qui ne veut pas nous lâcher.

Valverde la capitale d’El Hierro

Mais c’est surtout la base parfaite pour explorer cette île merveilleuse. Elle est parcourue par de très nombreux sentiers de randonnées et il est bien sûr possible de monter à pied depuis la côte et de redescendre en bus ou de monter en bus jusqu’au départ de sentier choisi, traverser une partie de l’île et revenir par un autre bus. Compte tenu de l’usure de nos articulations, les randonnées pédestres de toute une journée sont désormais un peu au dessus de nos capacités. Nous avons donc choisi d’explorer l’île en voiture en faisant de fréquents arrêts et de courtes marches. (Cicar a un bureau dans le terminal mais il n’ouvre que sur demande: réservez sur internet la veille l’employé sera là pour vous remettre les clés – les tarifs sur El Hierro sont les plus bas de tout l’archipel, environ 30 EUR pour la catégorie de base, toutes assurances comprises, zéro caution).

Le Mirador de La Pena, dessiné par l’artiste canarien Cesar Manrique surplombe El Golfo

El Hierro est la plus jeune des îles Canaries, elle est sortie du fond de l’océan il y a seulement un peu plus d’un million d’année soit il y a dix fois moins longtemps que Ténérife. Son sommet, le pic Malpaso culmine à 1501 m mais dépasse à peine du haut plateau qui l’entoure. Les irruptions successives de la dorsale ont provoqués des effondrements, modelant son relief de façon très originale: la partie Ouest s’est effondrée formant une immense caldeira semi circulaire entourée de hautes falaises (El Golfo) , un accident géologique similaire mais de moindre importance s’est aussi produit sur la partie Sud Est (Las Playas). La côte sud est le théâtre des irruptions les plus récentes comme en témoigne les champs de lave. Et au milieu une sorte de haut plateau couvert de prairies au nord, d’une laurasylve (forêt primaire) dans les zones les plus humides principalement à l’Ouest et une forêt de pins canariens à l’est. Ici peu de barrancos et encore moins de vallées profondes ce qui lui donne un aspect à la fois massif et fragile très différent des autres îles de l’archipel. Mais plutôt qu’un long discours voyons tout çà en images.

Les paturages « irlandais » entre Monacal et San Andres

4)Ténérife côté Sud à Est de l’île

Et les côtes Est et Sud ? Ont-elles été massacrées à tout jamais sur l’hôtel du tourisme et de l’industrie ? Non, pas tout à fait, il reste encore quelques îlots d’authenticité disséminés deci delà en bord de mer et sur les hauteurs. Essayons de les découvrir en partant de los Gigantes et en se dirigeant vers Santa Cruz.

Al Cala

Deux ou trois kilomètres au Nord Ouest de Playa San Juan se trouve la petite ville de Al Cala. A peine perturbée par l’immense hôtel cinq étoiles Melia, le front de mer au nord du village à été aménagé pour permettre l’accès aux piscines naturelles. Le centre, avec ses ruelles étroites et sa place ombragée, fait penser à une petite station estivale de Méditerranée du début du siècle dernier. Plus ou moins protégée de la houle par les gros rochers noirs qui bordent la côte, le vieux port n’est en fait qu’une cale de mise à l’eau, les barques des pêcheurs étant stockées au sec. La terrasse de pierre noire qui prolonge le quai à été aménagée pour la baignade. L’eau est claire et très poissonneuse on y a même aperçu une tortue. L’ambiance paisible qui se dégage de cet endroit est très agréable.

La caleta

une petite baie tranquille et une portion de côte sauvage entre deux gigantesques complexes à touristes. Quelques tentes se cachent çà et là, babacools où backpackers arrivés au bout de leur voyage où travailleurs locaux dans l’incapacité de se loger en raison de la flambée des prix de l’immobilier.

Taucho et les parapentes

Juste au-dessus de la « touristopole » de Playas de Las Americas. Un tout petit village et une falaise d’où sautent les adeptes du parapentes. Mais de là partent aussi plusieurs très beaux circuits de randonnées remontant à travers la corona forrestal.

Vilaflor et son église

Un village typique et son église du XVIème siècle sur la route qui monte au Teide

La Montaña Rossa et la plage del Medano

Un cône volcanique juste au bout des piste de l’aéroport et une plage particulièrement prisée des kitesurfers

La baie d’Abona

Guimar et ses pyramides

Thor Eyerdahl l’aventurier et ethnologue rendu célèbre par ses traversée des ocèans sur son radeau de roseau le Kon Tiki a tenté de démontrer que ces pyramides étaient d’origine pré-colombienne et prouvaient qu’il y avait eu à cette époque des échanges entre l’Amérique centrale et l’archipel. Après analyse il s’avéra que ces monuments ne dataient que du 19ème siècle mais quel était leur usage et par qui ont ils été construits reste un mystère même si l’hypothése du délire Franc-Maçonique d’un riche propriétaire terrien a été évoquée. Le jardin botanique qui les entoure et le musée vaut quand même une visite.

Santa Cruz

Capitale de l’île depuis 1837et actuel siège du gouvernement de tout l’archipel (les Canaries sont une province autonome) en alternance tous les quatre ans avec Las Palmas de Gran Canaria. A l’origine un simple fortin construit par le conquistador Alonso Fernández de Lugo pour lutter contre les Guanches, puis un petit port de pêche, sa grande baie protégée eu vite fait d’attirer les convoitises notamment Anglaise. Le grand Amiral Nelson y aurait d’ailleurs perdu un bras en et la flotte anglaise la bataille 1797.