4)Ténérife: la pointe Ouest de l’île

Aujourd’hui nous allons explorer ensemble la partie Sud-Ouest de l’île de Tenerife. Cette région est délimitée par un périmètre passant, à l’Est par le pied des falaises de Los Gigantes, au Nord par Santiago del Teide, à l’ouest par la Montaña Negra (entre Garachico et Buenavista) et au Sud par le phare de la pointe de Teno. C’est une région très intéressante géologiquement car elle est à la fois beaucoup plus ancienne que le Teide et plus récente car remodelée par les dernières irruptions qui ont eu lieu sur l’île, ce qui lui donne une combinaison de paysages uniques et époustouflants.

Il y a quelques 12 millions d’années le point chaud des Canaries a fait sortir de l’océan un premier volcan situé où se trouve maintenant la partie sud de l’île et dont l’activité à cessé 3 millions d’années plus tard. Entre 6 et 7 millions d’années un deuxième volcan est apparu en mer une vingtaine de milles au Nord Ouest : le Teno puis un troisième plus à l’Est : Anaga (nous en reparlerons dans un prochain article). Vers 3,5 millions d’années, le premier volcan à repris son activité joignant entre eux les 3 volcans et formant une première ébauche de l’île de Tenerife.

Nous commençons l’exploration au départ de Garachico. Une fois passé la Montaña Negra, traversé Buan Vista Del Norte et quitté les bananeraies de la plaine cotiêre la route très étroite s’accroche à la falaise en empruntant un tunnel à sens unique. Nos photos datent de 2016, nous avons essayé de refaire la ballade fin décembre 2024 mais ce n’est plus possible. La route est interdite aux voitures particulières. On peut toujours aller voir le phare de Teno mais seulement en bus ou en taxi sans doute pour minimiser l’impact sur ce site naturel protégé et les risques d’éboulements le long de la route.

La pointe est beaucoup moins escarpée que les falaises vertigineuses, que nous longeons pour y arriver, pourrait le laisser supposer. Du phare, à cause de la brume on distingue à peine La Gomera pourtant distante de seulement 15 milles. Plage de galets, petit embarcadère et tout au tour, la nature aride et vierge.

On revient sur Buena Vista et on prend la route TF436 qui serpente dans la vallée. Pause déjeuner dans un excellent restaurant un peu après El Palmar (Meson del Norte).

C’est à El Palmar qu’il y a ce drôle de cône volcanique ressemblant à un gâteau au chocolat auquel il manquerait une part ou deux : la montaña Zahora à qui la vallée doit ses terres fertiles.

C’est aussi à El Palmar que commence la route sinueuse qui monte à Teno Alto. Tout là haut autour du petit village de Teno s’étend une sorte de plateau fertile coupé de quelques gorges.

C’est le dépaysement total, certains aspects du paysage feraient plus penser à quelque chose comme la côte ouest de l’Irlande qu’à un endroit situé à quelques degrés seulement du tropique. Ici, encore plus qu’ailleurs, la sécheresse qu’à subit l’île ces derniers mois se fait cruellement sentir, les pâturages verdoyants de nos passages précédents ont fait la place à des zones beaucoup plus arides où le moindre brin d’herbe semble avoir désormais du mal à pousser. En toile de fond on aperçoit le sommet du Teide enneigé.

Nous redescendons sur El Palmar pour continuer la montée de la TF436 vers le col de Altos de Baracán d’où l’on a une vue superbe sur les deux côtés de la montagne. La route continue jusqu’à Masca qui est un endroit magnifique. Quelques maisons, gîtes et restaurants avec une vue imprenable sur la montagne et le barranco qui descend jusqu’à la mer.

On y vient en voiture depuis les stations touristiques de la côte Sud en passant par Santiago del Teide ou en bateau depuis Los Gigantes et à pied par le sentier qui suit le barranco mais ce dernier est désormais payant (30 Euros pour un aller simple, le double pour l’aller et retour – prix du bateau en sus). C’est un site très fréquenté : pendant la période des fêtes de fin d’année 2024, il y avait tellement de monde que nous n’avons même pas réussi à garer la voiture heureusement que nous avions bien profité de cet endroit grandiose lors de nos visites précédentes.

Cette fréquentation élevée rend la remontée de la TF436 vers Santiago assez délicate. La route n’est pas toujours assez large pour se croiser et les touristes s’appropriant toute la chaussée dans les virages en épingle à cheveux comme s’ils étaient dans les spéciales sur routes fermées du rallye de Monte Carlo, rendent la montée parfois dangereuse. Mais, bon, en faisant très attention et en klaxonnant bien avant chaque virage sans visibilité on s’en sort ! Une fois on a même vu une bande de jeunes descendants en skate mais c’était un peu hors période d’affluence, et route bloquée en bas pendant leur descente. Et la vue depuis cette route tortueuse accrochée à flanc de falaise vaut bien de serrer un peu les fesses.

Passé Santiago, on redescend sur Los Gigantes juste pour voir d’en bas à quoi ressemble ses falaises géantes.

4)Ténérife : Le Téide

Attraction incontournable de l’île de Ténérife, Le Téide culmine à 3718 mètres. C’est le plus haut sommet d’Espagne et la troisième plus haute structure volcanique du monde mesurée depuis le fond de l’océan (les deux premières étant le Mauna Loa et le Mauna Kea tous deux à Hawaï). C’est un volcan actif mais sa dernière éruption date de 1909.

Nous n’avons jamais étudié la géologie mais d’après ce que nous avons compris il s’agit d’un strato volcan entouré d’une caldeira (sorte de cirque volcanique) née il y a environ 200 000 ans de l’effondrement du volcan précédent qui était parait-il encore plus haut. Son activité est liée au point chaud de la plaque Africaine situé sous l’archipel et qui semble se déplacer vers l’Ouest les éruptions les plus récentes ayant eu lieu à côté de El Hierro (2012) et sur La Palma (2021). Mais une activité sismique accrue a été détectée en 2004 et le Téide est sous surveillance permanente car les éruptions de ce type de volcan sont en général, explosives et peuvent faire d’énormes dégâts surtout sur une île dont la population résidente se monte à 960 000 habitants auxquels il faut ajouter 6,6 millions de touristes par an…

Parque Nationale del Teide

La base du volcan est accessible par la route depuis 3 directions différentes :

  • depuis la côte Sud via Arona (TF51-TF21)ou Granadilla et Vilaflor (TF21)
  • depuis La Laguna au nord (TF24-TF21) ou La Orotava (TF21)
  • depuis la côte Sud-Ouest via TF1 et TF38. Cette dernière est de loin la plus facile et la plus sûre par tous les temps.

depuis la côte Sud via Arona (TF51-TF21)ou Granadilla et Vilaflor (TF21)

depuis La Laguna au nord (TF24-TF21) ou La Orotava (TF21)

depuis la côte Sud-Ouest via TF1 et TF38.

La route traverse d’abord les paysages arides qui surplombe la côte puis la Corona Forestal cette forêt de pins des Canaries (espèce endémique) qui s’étend de 800 à 1600 m d’altitude et qui cède progressivement la place au désert de lave, de scories et de pouzzolanes de la caldeira de Las Cañadas qui entoure le cône du Téide.

Il y a de nombreux sentiers de randonnées balisés (nous en avons parcourus quelques uns) tant dans la forêt que dans la caldeira et il est même possible de monter à pied depuis la côte et de prendre un bus pour redescendre (ou inversement). Pour les sentiers: cliquez sur ce lien Pour les bus, c’est ici. Par contre pour emprunter les sentiers qui montent depuis la caldeira jusqu’au sommet proprement dit, il faut une autorisation préalable et que bien sûr le temps le permette.

« La corona forestal« 

Sur les sentiers de la « corona forestal » vous rencontrerez peut-être un de ces grands chiens tout maigres. C’est une espèce endémique de l’île (Podenco canario) ou du moins ils étaient déjà présent dans la forêt avant l’arrivée des premiers colons. De nos jours, ils passent la plus grande partie de l’année en liberté et sont utilisés en saison pour la chasse au cousin du lièvre (désolé le nom de cet animal ne peut pas être prononcé à bord d’un bateau) très apprécié dans la gastronomie locale.

Caserio de los Partidos

Pour les moins courageux (dont nous sommes) il y a le téléphérique (41 Euros aller et retour pour les non-résidents) ce n’est pas donné mais ce n’est pas tous les jours qu’on monte aussi haut et la vue vaut vraiment le coût.

Cette année les 21 et 22/12 il est tombé énormément de neige et le téléphérique ne fonctionnait pas, les accès nord étaient coupés et les parkings fermés (ce qui à occasionné des bouchons!)

mais c’était l’occasion de quelques photos intéressantes : de la neige abondante à 2000 mètres en zone subtropicale ce n’est pas si courant.

Comme vous vous en doutez, ce n’est pas la première fois que nous venons à Ténérife. les photos du sommet datent de Décembre 2017. Certaines photos de la caldeira et de la forêt datent de Noël 2017, 2016 et 2015, septembre 2014.

Les Canaries 4)Ténérife

Après deux nuits sous les falaises de Los Cristianos nous obtenons une place au petit port de Las Galletas de l’autre côté de la pointe. Çà tombe à pic pour deux très bonnes raisons la première est que le vent tourne au Sud avec une houle d’Ouest en fin de journée (on aurait donc dû déménager de toute façon) mais surtout qu’on va pouvoir aller rendre visite à nos amis Hélène et Philippe qui habitent là-bas une bonne partie de l’année avant qu’il ne rentre en Belgique pour les fêtes.

Las Galletas est une micro marina (3 courts pontons) essentiellement occupés par une ou deux sociétés de charter et des bateaux de plongée. L’amarrage se fait sur pendille arrière au ponton ce qui, compte tenu du marnage de plus de 1,50m, est assez limite surtout que même sans houle un fort ressac entre dans le port faisant souffrir les amarres et les taquets. Mais que ne ferait-on pas pour aller voir des amis très chers. Baignades, apéros et restos, on rattrape le temps perdu (on ne c’était pas vu depuis 2017). Après 3 jours passé ensemble, il est à nouveau temps de se séparer, ils prennent l’avion demain et nous ne pouvons rester plus longtemps notre place est prise.

Quand nous passons devant la Costa del Silencio, nos amis sont là pour nous saluer, Philippe depuis son balcon et Hélène depuis la pointe devant chez eux.

Nous continuons quelques milles vers le Nord pour aller ancrer à l’abri des jetées du port désaffecté de Granadilla. C’est le seul mouillage de toute l’île qui soit bien protégé du vent et de la houle du Sud-Ouest à L’Est en passant par le Nord avec cerise sur le gâteau, un fond de sable de très bonne tenue d’une dizaine de mètres. Bon, le paysage n’est pas des plus romantique avec les nombreuses éoliennes et les cheminées de la centrale thermique mais si on se contente de regarder vers le sud, la côte est assez jolie.

Nous y passons 2 jours bien tranquilles malgré la houle que l’on voit passer au large de la grande jetée extérieure. on en profite pour faire de longues baignades dans l’eau claire autour du bateau.

Le 15/12/2024 au matin, nous partons pour San Miguel (la marina bordée d’un golf) où nous avons réservé une place depuis la fin Septembre pour toute la période des fêtes car, fait extraordinaire dans ce voyage, nous allons avoir la visite de membres de notre famille et comme on va être un peu trop nombreux pour vivre confortablement à bord nous avons pris une location sur l’île et deux voitures afin de pouvoir profiter au maximum de cette île magnifique.

Ceci est un blog public, nous n’allons donc pas le peupler de photos de famille ou de repas de Noël par contre, on se propose à travers cet article et les quelques suivants de vous faire mieux connaître quelques uns des plus beaux endroit de cette île magnifique.

Quand on parle de Ténérife la grande majorité pense d’abord aux stations balnéaires du sud de l’île où tout est fait pour sublimer le sur-tourisme en profitant au maximum des consommateurs avides de soleil et de tous les vices qui vont avec. Mais Ténérife c’est tout à fait autre chose : c’est une nature grandiose avec une diversité infinie de paysage : découvrons les ensemble à travers les prochains articles.

Les Canaries 3) Gran Canaria

Nous sommes rapidement réveillés par l’activité touristique de ce début de matinée (jetskis, parascentionel, vedette de promenade et j’en passe. Pourtant par ce temps le mouillage n’était pas mauvais du tout : bien protégé du vent, à peine un léger roulis et un fond sableux de bonne accroche. Mais çà tombe bien, nous avons réservé une place juste à côté à la marina de Puerto Rico (rien avoir avec Porto Rico, non nous n’avons pas traversé l’Atlantique en catimini pendant la nuit)
C’est une petite marina tranquille malgré son environnement hyper touristique.


La côte autour est loin d’être sauvage. Ce sont ce qu’ils appellent ici une urbanización traduisez « entassez le maximum de constructions pour en faire des hôtels ou des locations de vacances », même le flanc verticaux de falaises des barrancos (canyon locaux) donnant sur la mer sont utilisés. Aucune vie locale, ici tout est uniquement conçu pour le touriste avide de soleil et de farniente. Mais il y a des supermarchés relativement bien achalandés même si c’est beaucoup de produits industriels prêt à manger et autres snacks (la malbouffe serait-elle encore plus lucrative au soleil?) mais l’intérêt principal de l’endroit est qu’il est très bien desservi par des bus rapides et confortables.
Nous en profitons donc pour aller passer une bonne journée à Las Palmas, la capitale de l’île. Ce fût aussi pendant plusieurs siècles la ville principale et la capitale de tout l’archipel avant d’être détrônée par Santa Cruz de Ténérife. Si la route qui longe la côte Est de l’île depuis Las Palomas ne traverse que des zones industrielles ou commerciales très moches le paysage s’améliore en arrivant sur la ville.

Le centre historique de style XVIIème siècle espagnol et ses nombreuses rues piétonnes sont très agréables. Ceux d’entre vous qui nous suivent connaissent notre goût pour l’art moderne et c’est donc vers le Centro Atlántico de Arte Moderno situé dans ce quartier que nous dirigeons nos pas ou plutôt nos trottinettes et là on se fait carrément jetter pas question de les laisser aux vestiaires ou dans ce débarras vide derrière l’accueil ni même dans la rue devant l’entrée, non ! pas question ! même si on explique qu’elles sont à propulsion 100% humaine sans aucun moteur ni batterie. Tant pis pour l’art moderne, on se rabat sur l’histoire, en l’occurrence le Musée Colomb.

Là le gardien nous laisse les stocker dans un recoin derrière la porte d’entrée. C’est une exposition très intéressante dans un magnifique palais apparemment du XVIIIème siècle (en fait l’assemblage réalisé dans les années 1950 de plusieurs demeures dont l’une était la maison du gouverneur et la plus vieille datait de cette époque). Elle retrace le rôle de l’archipel et tout particulièrement de Las Palmas sur la route des Amériques, étape nécessaire lors de trois des quatre voyages de Christophe Colomb, lors du 4ème, il ne s’arrêta qu’à La Gomera. Plusieurs salles sont aussi consacrées aux navires utilisés et à la cartographie de l’époque. Pour sa première traversée (La Gomera – San Salvador dans le Sud des Bahamas) il aura parcouru les 3200 milles de la route directe en 36 jours soit une moyenne de 3,7 nds dans des conditions difficiles vu qu’il était resté très au nord de ce qu’on appelle aujourd’hui la route des alizés.


Nous déjeunons d’un curry de légumes pas du tout typique de l’île (au moins nous on est sur la vrai route des Indes:)) mais vraiment délicieux dans un café sympathique.

Nous visitons ensuite la cathédrale et son musée. Ici aussi un empilement de styles témoins des différentes époques de sa construction depuis le XVIème siècle.


Puis nous passons au Muséo Canaria, le musée ethnographique de l’île qui raconte l’histoire des premiers habitants de l’archipel jusqu’à la colonisation espagnole.

Il s’agissait de peuplades d’origine Berbère, les Guanches, venu de la côte africaine bien avant l’islamisation de cette partie du continent et vivant de façon assez primitive un peu partout sur les îles dans de grandes huttes en pierre ou des habitats troglodytes. A l’arrivée des colons une grande partie de ces aborigènes furent massacrés. Les survivants furent réduit en esclavage pour, après plusieurs siècles, être finalement intégrés dans la population. En fin d’après-midi nous reprenons le bus pour Puerto Rico la tête chargée d’histoire.


Le vendredi 6/12/2024 est consacré au courses. Pas facile de trouver les produits frais et les lègumes qu’on aime dans cette jungle du tout préparé pour touristes mais entre le grand Hyper Dyno et le Spar de la sortie de l’urbanización on arrive à trouver tout ce qu’il nous faut. Chez HyperDyno (et pas seulement à Puerto Rico) il faut faire très attention au prix au kilo affichés qui semble souvent très attractifs mais ne correspondent pas du tout au prix réel facturé : par exemple pour un poisson affiché à 12 EUR/Kg , un individu de 600g se retrouve étiqueté à 19 EUR le poisson dans votre panier …


Le lendemain à 06:00 (il fait encore bien nuit) nous quittons la marina, cap sur la pointe la plus sud de Tenerife à une soixantaine de milles de là. Nous sommes obligés de progresser au moteur pour quitter le dévent de l’île mais une fois hors de la zone, c’est une brise bien soutenue qui nous permet de traverser rapidement. Il est 16:00 quand nous jetons l’ancre au pied des grandes falaises juste à l’est de l’entrée du port de Los Christianos.

Les Canaries 2) Fuerte Ventura

Nous décollons dès le levé du jour de notre mouillage de Papagayo pour profiter du vent encore favorable dans le bras de mer qui sépare Lanzarote de Fuerte Ventura. Dans cet archipel formé d’îles volcaniques aux reliefs abrupts assez élevés il faut toujours faire très attention aux extrémités des îles et aux passages entre elles où l’effet venturi peut accélérer très fortement le vent. Mais aujourd’hui c’est dans une légère brise d’Est d’une dizaine de nœuds que nous atteignons la côte est de Fuerte Ventura en passant au large de la Isla de Lobos.

En fin de matinée le vent nous abandonne pour une heure avant de se relever plein sud et c’est en tirant des bords le long de la côte que nous rejoindrons, juste avant le coucher du soleil, le port de Gran Tarajal à peu près au milieu de cette île toute en longueur. C’est un port géré par Puerto Canarios et nous avons envoyé un mail mais pas reçu de réponse. (nous apprendrons plus tard que les ports n’ont pas le droit de lire les mails et que la réservation sur le site officiel de cette administration est obligatoire) Mais pas de problème, ce soir le bureau du port est déjà fermé et c’est le gardien de nuit qui nous répond à la VHF, nous indique une place et vient prendre nos amarres.

Gran Tarajal est une petite ville côtière plutôt agréable avec une très belle plage mais encore authentique et sans atteinte visible du sur-tourisme qui sévit dans bien des endroits dans ces îles. Le centre ville est facilement accessible du port à pied au pour nous en trottinettes (c’est plat!), dispose de tous les commerces et de deux supermarchés très bien achalandés : on y trouve même du camenbert Irlandais !!!

Il y a aussi une gare routière avec un réseau de bus desservant toute l’île grâce auquel nous pourrons aller explorer un peu l’intérieur. Fuerte Ventura est sans doute l’île la plus aride de l’archipel le qualificatif semi-désertique est sans doute le plus représentatif. Les quelques cultures que nous apercevons semblent cruellement manquer d’eau.

Nous aurions aimer visiter Betancuria, l’ancienne capitale mais pour ce faire il aurait fallu changer plusieurs fois de bus ce qui rendait la visite difficile à faire en une seule journée ou grimper 4 ou 5 heures à flanc de montagne ce qui nous semblait un peu trop dur pour nos vieilles jambes. Nous nous sommes donc contenté du village d’Antigua lui aussi du XVIème siècle et qui au cours de son histoire a un temps concurrencé Betancuria comme capitale de l’île.

Très jolie église d’époque avec sa charpente ouvragée. Mais l’endroit est surtout célèbre pour ses moulins à vent la région desséchée que nous avons sous les yeux était au XVIIème siècle le grenier à blé peut-être pas de tout l’archipel mais au moins de l’île. Il faut dire qu’à l’époque la population était beaucoup moins nombreuse et le climat plus frais et plus humide.

Retour à Gran Tarajal. La superbe plage est pratiquement déserte il faut dire qu’en cette fin novembre il n’y a pas de vacances scolaires nulle part en Europe. Il y a quelques bateaux au mouillage roulent bord sur bord dans la petite houle de Sud Est qui d’ailleurs se fait sentir aussi pour nous au ponton (nous sommes au premier ponton pas assez loin de l’entrée). L’eau du port est très claire, nous en profitons pour brosser un peu la carène que la végétation sous-marine d’Agadir à adoré, nous pouvons nous permettre ce geste car grace au Copper Coat (resine epoxy avec 50 % de cuivre métallique) en frottant nous ne libérons pas de particules toxiques dans l’eau, nous rendons juste à la mer ce qu’elle a cru bon de nous prêter (vu la distance entre le Maroc et les Canaries il y a ici peu de risque d’introduire des espèces exogènes).

Nous verrons aussi un soir, le bateau des sauveteur revenir avec un canot pneumatique vide en remorque, sans aucun doute un bateau de migrants à la dérive, espérons que ses passagers ont été secouru à temps. Depuis que nous sommes dans les eaux Canariennes, dès que nous ouvrons la VHF sur le canal 16 nous entendons des messages d’alerte (MAYDAY RELAY,ou SECURITE) en provenance de Radio Canaria (MRCC + control Traffic pour tout l’archipel), indiquant la présence d’embarcations pneumatiques ou de barques à la dérive ou en difficulté et demandant aux navires se trouvant à proximité de se dérouter et de porter secours. Près de 47 000 migrants ont rejoint l’archipel en 2024 mais personne ne sait combien ont pu y laisser la vie tant cette traversée le plus souvent depuis le Sénégal sur des embarcations de fortune en plein océan peut être périlleuse.

Lundi 2 décembre après 5 jours forts agréables passés à Gran Tarajal, nous reprenons la mer cap sur le Sud de Gran Canaria.

C’est en longeant la côte de Fuerte Ventura à quelques distances qu’on se rend compte combien l’île est aride et seiche on voit même de grandes dunes de sable juste avant la région de Moro Jable ou est concentré la plus grande partie des installation touristiques sur l’île.

Pour saluer le coucher du soleil le vent tombe complètement pour revenir à peine l’astre disparu derrière l’horizon. Notre route passe a plusieurs milles de l’extrémité sud de la zone de séparation de trafic, ce couloir de circulation réglementée tracé entre les deux îles, se sont donc les cargos qui se dévient pour nous éviter. En approchant de Gran Canaria le vent monte rapidement comme prévu nous prenons un ris puis passons à la trinquette et ce n’est qu’une fois passé la Punta de Maspalomas à l’extrême Sud Est de l’île que le vent se calme. Il est 3 heures du Matin quand nous mouillons devant la plage de Los Caideros.

Arrivée aux Canaries 1) Lanzarote

Nous revoilà revenu aux Canaries pour y passer un bon moment . Arrivés à Puerto Calero sur l’île de Lanzarote. La dernière fois que nous étions venus dans cet archipel c’était à Tazacorté sur l’île de La Palma et çà remonte à Juillet 2018.

Puerto Calero est une petite station balnéaire apparemment très prisée des touristes Anglo Saxons. Le front de mer (ou plutôt de port) n’est qu’une suite de pubs et de restaurants bien ciblés pour cette clientèle y compris plusieurs restos indiens mais pas de boîte de nuit l’ensemble reste donc plutôt calme. Les installations récentes sont commodes et en bon état. Il y a certes un petit super marché mais ce n’est pas le lieu pour se réapprovisionner. Il est parait-il très facile de se rendre à Arecife en bus mais nous n’avons pas essayé préférant profiter une fois n’est pas coutume de l’ambiance estivale pour nous relaxer pendant les deux jours où nous y sommes restés.

Il y a sur la côte sud de l’île de Graciosa juste au nord de Lanzarote un mouillage réputé comme étant un des meilleurs mouillages des Canaries protégé de tous les vents mais pas toujours de la houle de sud c’est la baie de Playa Francesca. La meilleur place pour jeter l’ancre est à l’ouest du mouillage les fonds sont de sable et sur le côté à marrée basse la houle vient se briser sur la plage donnant l’occasion à quelques surfeurs de venir s’amuser.

Le temps n’est pas stable est nous ne voulons pas risquer d’être bloqué là. Le passage entre la terre et l’île accélère le vent et après une bonne nuit et une matinée passé dans cette jolie baie (y compris une bonne baignade) nous préférons repartir avant le mauvais temps d’ENE qui peut rendre ce passage impraticable .

Nous redescendons en longeant la côte est de Lanzarote. D’autres bateaux sont partis en passant par la côte ouest mais la forte houle combinées avec l’alternance de calmes et rafales dans le dévent de l’île nous en a dissuadé.

C’est juste avant le coucher du soleil que nous doublons la pointe la plus sud de l’île et jetons l’ancre devant la plage de Papagayo un endroit idyllique bien protégé du clapot levé par le vent d’est et pas trop affecté par la houle de nord ouest venant de l’autre côté de l’île et doté d’un fond de sable en pente douce.

Traversée Agadir Lanzarote

Après un mois passé dans le bassin de la Marina d’Agadir, il est temps pour REVE A DEUX de se dégourdir les jambes. Destination Lanzarote où nous avons trouvé une place à la Marina de Puerto Calero. Arecife était plein à craquer ne prenait même plus de liste d’attente.

Pourquoi vouloir arriver dans un port ? Il y a certes quelques mouillages praticables sur l’île mais venant d’un pays ne faisant pas partie de l’Union Européenne on est sensés faire les formalités d’entrée avant de pouvoir circuler dans l’archipel.

Avant de partir je finalise l’installation de l’alimentation 12V du système Starlink (ça marche bien le débit est très bon et le prix raisonable mais l’arnaque c’est qu’on peut s’en servir seulement 60 jours hors du pays où il a été acheté après ce délai. Soirée apéro et resto avec Jaques et Nadine nos amis Sablais avec qui nous avons passé de bons moments ici.

Jeudi 21/11/2024, nous avons prévu de partir en début d’après-midi pour arriver en milieu de journée le surlendemain, la traversée de 240 milles devant se faire essentiellement au portant dans des vent légers. Nous avons prévenu Soufiane (le capitaine de port) que nous partions à 14:00. A 13:45 les douaniers et la police sont à bord. 10 minutes pus tard nous larguons les amarres. Je pense qu’on a eu beaucoup de chance (ou que nous sommes très bien vus) 2 autres bateaux qui voulait partir ce matin n’ont été dédouanés qu’à 13 heures.

Jaques et Nadine sont là sur le ponton pour nous aider avec les amarres et nous dire au revoir.

Une heure plus tard comme la côte s’estompe dans la brume nous sommes vent de travers dans une brise mollassonne de 7 à 10 nds. Elle monte un peu à la tombée de la nuit. A l’AIS on voit toujours les bateaux qui sont partis un peu avant nous particulièrement un français plus au nord et un kiwi au sud. (on se suivra pendant tout le traversée). Il y a beaucoup de bateau de pêche très mal éclairés et surtout pendant une bonne heure nous longeons une suite interminable de petites lumières vertes clignotantes nous obligeant à faire un assez grand détour. Filet dérivant ou autre dispositif de pèche nous ne le saurons jamais mais nous n’avons pas osé couper à travers… Nous comprenons pourquoi le néo était partis cap au Sud un peu plus tôt tandis que le français n’a pas eu a infléchir sa route.

Au lever du jour nous hissons le spi pour continuer à avancer dans ce vent de NNE ne dépassant pas les 10 nds. Malgré un rapide brossage en apnée la veille du départ, notre carène est toujours recouverte d’une couche d’algues vertes très bien accrochées rançon de notre arrêt prolongé au port, ça ne nous aide pas à avancer. On arrive tout de même à se traîner jusqu’en début d’après-midi non sans avoir effectué plusieurs empannages. Mais à 13 heures, le vent tombe complètement, on profite d’être encalminés pour nous baigner en plein océan ça faisait si longtemps çà fait vraiment du bien (bien sûr chacun son tour au cas où…).

C’est à ce moment là qu’on a la visite d’une énorme sauterelle – elle doit faire 10 à 12 centimètres – que fait elle là en pleine mer à plus de 100 milles de la terre la plus proche ? Mystère au bout d’1/2 heure elle repart comme elle était venue. Le vent revient un peu plus tard et la journée se termine sous spi.

A la tombée de la nuit le vent tombe à nouveau, on passe au moteur ça tombe bien car nous arrivons sur la route des cargos. Un peu plus tard dans la nuit le vent revient à 13 nds se qui nous permet de finir la nuit sous GV et foc en ciseau. En milieu de matinée, alors que nous voyons grossir devant nous les sommets arides de Lanzarote le vent tombe tout à fait. On voit toujours les AIS des 2 autres bateaux. Ils se dirigent eux vers Arecife mais très vite nous voyons leurs cibles ressortir pour se diriger comme nous vers Puerto Calero. (quand on vous dit qu’il n’y avait pas de place…)

C’est en milieu de journée, par calme plat que nous entrons à Puerto Calero . La Marina est bien protégée et après un bref arrêt au ponton de la station service, les marineros nous dirigent vers notre place dans un coin bien tranquille tout au fond, et sont là pour prendre nos amarres.

Agadir

Destination bien connue des touristes en mal de plages ensoleillées presque toute l’année sans avoir à voyager trop loin mais sans doute beaucoup moins des plaisanciers au long cours.

Pour les navigateurs, son principal intérêt tient en quelques points essentiels :

1 – Seul port de plaisance la côte atlantique marocaine vraiment accessible par tout temps :

  • Rabat/Salé il y a la barre qui n’est praticable qu’à certaines heures de la marée et avec une houle de moins de 2m
  • Mohammedia : cher (60 Euros) et au milieu du port industriel
  • Casablanca : interdit à la plaisance
  • Essaouira : 1 ou 2 bateaux peuvent être autorisés à se mettre à couple de la vedette des gardes-côtes à l’entrée du port de pêche ou ancrer dans la baie très mal protégée de la houle du large il faut payer 30 euros dans les 2 cas. Impraticable par mauvais temps d’ouest

2 – Base sûre pour laisser le bateau et aller explorer l’intérieur du pays (Ouarzazate etc.) ou simplement pour attendre que l’alizé s’établisse et que les ports des Canaries se libèrent un peu de leur (transateux). La baie d’Agadir n’est pas touchée par les tempêtes qui viennent du large, descendent ou remontent le long de la côte Africaine, quoique pour ces dernières un peu de houle puisse se frayer un passage jusquà la marina.

3 – Tout ce qu’il faut en ville pour se réapprovisionner avec un très grand choix de produits frais à des prix très très inférieurs aux prix européens

4 – Port de plaisance Africain le plus proche des Canaries (Lanzarote). Il y a bien sûr des ports plus aux sud comme Tarfaya mais ils ne sont pas en principe ouverts et en tous cas pas équipés pour nos bateaux

Ceci dit la première impression visuelle n’est pas des plus positive : pontons et sanitaire délabrés, immeubles en démolition (ou reconstruction?) restos et boutiques à touristes devant le port, heureusement Soufiane, le capitaine de port et ses collègues sont super sympas.

Par contre quand on s’attarde un peu et qu’on explore la ville au-delà du quartier touristique c’est assez intéressant et plutôt agréable à vivre.

La ville est moderne, entièrement reconstruite après le tremblement de terre meurtrier de 1960. Quelques bâtiments ont aussi été endommagés par celui de 2023 mais il n’a pas fait trop de dégâts ici. Beaucoup d’édifices publiques (stades, théatre etc) sont en construction ou en rénovation mais c’est parce que la ville va bientôt accueillir la coupe d’Afrique des Nations puis celle du Monde de foot.

L’ensemble est loin d’avoir le charme d’une ville historique mais c’est propre et semble agréable à vivre, avec des transports en commun bien organisés même si les bus sont souvent en très mauvais état, une circulation automobile modérée et même des pistes cyclables.

Nous avons commencé par la musée d’art moderne qui expose une collection très intéressante d’artistes Marocains et quelques orientalistes.

Juste à côté il y avait un salon de l’artisanat local

Ensuite nous avons été aux souks.

D’abord Souk El Had immense et reconstruit dans le style marocain typique. On y trouve bien sûr de tout, depuis les bijoux à touristes, les tapis, les fringues mais c’est son espace fruits et légumes qui est particulièrement intéressant avec un très grand choix de produits de bonne qualité.

Plus loin c’est le souk d’Inezgane, tout aussi immense mais plus traditionnel avec un choix peut-être plus limité au niveau des fruits et légumes mais avec des vendeurs d’électroménager (essentiellement des cuisinières et des réchauds à gaz) des producteurs d’huile d’argan et produits dérivés et bien sûr les marchands d’olives

Pour le reste de l’alimentation il y a les super marchés (Carrefour Market et Marjane) et les boulangers de quartiers (leur pain d’orge est délicieux) A noter que le Carrefour Market du quartier Talborjt dispose en sous sol d’un très grand rayon vins et spiritueux.

Interessant aussi, ici comme pratiquement partout où nous avons été au Maroc, la très grande majorité des inscriptions sur les bâtiments officiels et les panneaux de signalisation apparaît en 3 écritures différentes.

Il y a bien sûr l’Arabe facilement reconnaissable puis une écriture étrange dont certains caractères ressemblent un peu à du grec (mais en fait pas du tout) c’est le Tamazight c’est l’alphabet des Berbères qui préfère s’appeler eux-même les « Imazighen », pluriel d’«Amazigh » et enfin le Français.

Les deux premières sont les langues officielles du royaume.

Le tamazight à été promu à ce rang en 2011 en reconnaissance de l’importance de l’ethnie Amazigh et de sa culture dans le pays (plus de 40 % de la population) et de la présence ancestrale de cette population sur le sol Marocain : les Arabes ne sont arrivés qu’à partir du VIIème siècle.

Le Français n’est plus langue officielle mais reste la langue étrangère la plus enseignée et la plus parlée. On note cependant chez les milleniums et les plus jeunes une nette préférence pour l’anglais quand ils s’adressent à des visiteurs étrangers qu’ils soient Français ou d’une autre nationalité tandis que les plus de 40 ans parlent presque tous Français.

Voilà, nous sommes le 20 novembre 2024, ça va faire un mois que nous sommes ici, et de l’autre côté, aux Canaries des places de port commencent à se libérer. Il est temps de reprendre la mer !

Essaouira et la côte

Il se fait tard nous n’arriverons pas à Essouira avant la nuit, on choisit donc de s’arrêter à Ounara, une trentaine de km avant. Booking.com nous suggère un établissement très bien noté, L’écrin de Mogador, nous ne serons pas déçus: villa de rêve nichée dans la campagne, accueil chaleureux de Véronique, l’hôtesse, baignade relaxante dans la piscine de 15m, dîner gastronomique suivit d’une excellente nuit dans une chambre spacieuse décorée avec goût. On se sentirait presque en vacances!

Après un bon petit déjeuner nous reprenons la route vers Essaouira (en voiture, pas à dos de chameau). Essaouira est aujourd’hui un port de pêche très actif comme en témoigne le nombre de barques amarrées dans le port. Leur forme d’étrave très particulière laisse facilement imaginer la grosse houle qui doit sévir à l’extérieur du port. Bien que ce port ne soit pas du tout adapté, quelques plaisanciers y font parfois escale en général ils mouillent à l’extérieur, devant la plage ou à côté de l’îlot qui protège un peu la baie. Aujourd’hui il n’y a qu’une goélette d’une trentaine de mètres à l’ancre et elle roule bord sur bord: on est bien content d’être venus par la terre.

La forteresse et les remparts on été construits au XVIème siècle par les portugais et portent encore quelques marques de leur style caractéristique. La ville portait alors le nom de Mogador. C’est au XVIIIème siècles, qu’elle connu sont apogée sous la houlette du sultan Mohammed Ben Abdellah. Il fit appel à l’architecte français Théodore Cornu pour construire la médina actuelle et en fit la plaque tournante du commerce entre l’Afrique sub-saharienne (on lui donna même le surnom de port de Tombouctou) et l’Europe. C’est l’une des rares villes Marocaines où, à l’époque, Arabes, Berbères, Juifs et Chrétiens pouvaient y vivre en bonne intelligence, négoce oblige. La richesse de ces marchands venait de l’exportation de denrées de base comme le sel ou le sucre, de métaux comme l’or mais aussi malheureusement d’esclaves. Elle fut longtemps le seul port du Maroc ouvert au commerce pour les Européens et fut à ce titre très convoitée par les grands empires coloniaux.

La médina est assez différente de toutes celles que nous avons vu jusqu’ici. On reconnait l’influence européenne et peut-être la patte de Théodore Cornut dans le style des édifices mais surtout dans l’agencement des ruelles, plus larges, plus droites: ici pas de risque de se perdre.

Nous continuons vers Agadir en longeant la côte autant que faire ce peut. Les quelques plages qui peuvent être accessibles par une route sont un paradis pour les surfeurs.

La route s’éloigne de la côte pour franchir une zone montagneuse plantée d’arbres que de loin on pourrait prendre pour des oliviers (et il y en a aussi bien sûr) mais la plupart sont des arganiers. Ces arbres produisent des fruit ressemblant, au début de leur croissance, un peu à des olives. Une fois mûrs (couleur brune), ils sont récoltés puis mis à sécher au soleil pour dégager la noix de l’enveloppe charnue (coque dure un peu comme une amande) quand les noix sont bien sèche, on les casse pour en retirer les noyaux. C’est ces noyaux qui sont ensuite broyés pour en extraire la fameuse huile d’argan (forte odeur de noisette, utilisée aussi bien en cosmétique qu’en alimentaire).

On retrouve l’océan dans la grande descente juste au Sud du cap Insoumane puis on traverse la grande bananeraie de Tamri et la côte sauvage du cap Ghir. Passé le cap, les grande plage et les hostel pour surfers font un peu penser à la Californie.

On arrive à Agadir juste à temps pour rendre la voiture! nous sommes mardi 29/10/2024, depuis que nous avons quitté Rêve à Deux vendredi dernier on en a vraiment pris plein la vue!

Marrakech Express*

*inspiration du titre: chanson de Crosby Still & Nash de 1969 que les moins jeunes aurons reconnu, nous n’avons certes pas pris le train mais on ne c’est pas attardés non plus.

Après une excellente nuit nous retraversons Aït Ourir avant de prendre la nationale en direction de Marrakesh. Aït Ourir est une ville agricole (principalement olives) de 52 000 habitants sans doute parmi les plus pauvres du royaume. Ici il n’y a pas de touristes. Les principales attractions sont le marché et les taxis hippomobiles.

Nous contournons Marrakech par l’Est pour trouver un parking aussi proche que possible d’une entrée de la Médina et nous commençons la visite par les souks qui sont ici très orientés touristes. Bien sûr conformément à notre habitude nous arrivons le jour hebdomadaire de fermeture des musées qui est ici le lundi. Mais heureusement certains ouvrent 7 jour sur 7 .

Notre première visite sera pour la Merdesa (école coranique) Ben Youssef, une merveille d’architecture islamique. Construite au 14ème siècle par le sultan marinide Abu Inan Faris. Elle fut agrandie vers 1565 et disposait de 132 chambres/cellules pour les étudiants. Elle déclina ensuite avant d’être finalement restaurée à partir de la fin du 19ème siècle, sous l’égide du sultan alaouite Moulay Hassan I pour être aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO avec d’autres monuments de la ville.

De là nous repartons à travers les ruelles tortueuses de la médina pour un musée d’art moderne qui était en fait une maison d’hôte et n’était donc pas visitable quand il y avait des clients. Le souk dans cette zone à un aspect plus authentique, avec de vrais artisans et des commerces de subsistance.

Nous retraversons à nouveau toute la médina (mais dans une autre direction) pour nous rendre au musée de la musique. Installé au cœur du quartier de Mouassine dans une villa du 16ème siècle qui appartenait à la famille du peintre Abdelleh Mellakh depuis plusieurs siècles, le musée explique les traditions musicales du pays Berbère et expose de nombreux instruments venant de toute l’Afrique dans un cadre magnifique. C’est Patrick Manac’h, un français originaire d’Ouessant, avec qui nous bavardons en déjeunant sur la terrasse du musée qui l’a fondé.

Mais la journée avance et il nous faut regagner la voiture. Au fait: où l’avons nous garée? Ni l’un ni l’autre n’avons noté le nom du parking, l’historique de Googlemaps ne nous est d’aucune utilité. Il y a plein de parking dans la partie de la ville où nous pensons l’avoir laissée. On refait donc une traversée de la médina dans la direction estimée…

… et on y trouve bien un parking mais ce n’est pas le notre. Pour des navigateurs çà la fiche plutôt mal, bon c’est vrai qu’avec un absence totale de ligne droite et une multitude de ruelles si tortueuses et si étroites que même le signal GPS ne passe plus, la médina est un sacré labyrinthe. Une seule solution: revenir à la Medersa Ben Youssef (la première visite de la journée) et essayer de refaire le chemin de ce matin sens inverse. Et pour une fois on avait pas pris nos fidèles trottinettes, on commence donc à en avoir plein les jambes mais ça marche, on retrouve enfin notre titine!