La décision est prise de traverser l’Atlas avant le mauvais temps prévu pour les prochains jours mais Il est déjà presque 16:00 quand nous reprenons la route. Plutôt que d’emprunter, la nationale 9 plus rapide nous choisissons de repasser par la vallée de l’Asif Ounila beaucoup plus pittoresque en bas duquel nous étions ce matin.
Passé Aït Ben Haddou, la route rétrécit et monte beaucoup. La chaussée très dégradée ne laisse place qu’à un seul véhicule et les bas-côtés pierreux présentent parfois un dénivelé inquiétant.
Ceci dit on se demande comment la route est encore là: entre le tremblement de terre, les glissements de terrains et les rares mais très violentes précipitations, les traces sont visibles, non seulement sur la route mais sur les villages que l’on traverse dont certains sont blottis tout au fond des gorges
En plus la règle habituelle de la priorité au véhicule montant semble ici inversée. Il faut dire que la journée est déjà bien avancée et que les touristes qui ont commencé l’ascension de l’autre versant ce matin sont déjà là parce qu’on ne croise que des touristes. Un convoi d’une vingtaine de campings cars Néerlandais, une équipe de 50 cyclistes, deux douzaine de grosses motos tout terrain et plusieurs groupes de gros 4X4. Pas question que ces derniers salissent leurs gros pneus c’est à nous de nous arrêter sur le bas côté.
A la sortie du village de Timsal on atteint un plateau montagneux, les gorges deviennent moins profondes la route plus large et en meilleur état. Coup d’œil rapide au passage à la Kasbah de Telouet qui était parait il très belle mais qui semble assez délabrée, tremblement de terre ou manque d’entretient?
Nous reprenons la N9 quelques kilomètres avant le col du Tichka. C’est une passe à 2260 m construite par la légion étrangère en 1927 (le Maroc était protectorat Français). La température n’est plus que de 7°C
Puis nous descendons vers la plaine. On est bien content d’avoir prix la petite route de montagne pour la première partie bien sûr parce que c’était très beau mais aussi parce que sur la nationale il y a beaucoup de circulation avec de gros camions et des taxi locaux qui roulent comme des malades.
Avant que nous le quittions, l’Atlas nous gratifie d’un beau coucher de soleil. Nous nous arrêtons pour la nuit à Aït Ourir, la première ville après la montagne précisément au Dar Tadout une maison d’hôte sympa perdue dans les oliveraies.
On commence cette journée par la Ksar que l’on voyait de notre terrasse: la Kasbah Glaoui de Tamdakhte. Les bâtiments on été bien endommagés par le tremblement de terre et le manque d’entretien. Nous étions venus juste pour quelques photos mais Adbul Rahman, insiste gentiment pour tout nous montrer en nous expliquant le fonctionnement de l’oasis irriguée depuis la rivière par des falajs, le travail de la terre et la récolte des olives, la vie à l’intérieur de ces vieux murs , la mosquée et le fonctionnement du puits pour les ablutions.
(Diaporama 21 photos)
Des français ont racheté des bâtiments adjacents pour les restaurer et en faire des hôtels mais le style un peu forcé ne fait pas très authentique…
De là nous redescendons sur Aït Ben Addou, où le flot de touriste n’est pas encore arrivé, hier en fin de journée il y avait je ne sais combien de bus garés sur le parking.
On y accède par un gué à travers l’oued dont l’eau claire coule entre les galets.
Le Ksar Aït Ben Haddou a été fondé au XIe siècle par la tribu berbère éponyme, Il était situé sur la route des caravanes, qui reliait Marrakech au sud du Sahara et qui permettait le commerce de l’or, du sel, des épices et des esclaves. Sa position stratégique au début de la vallée montant vers les cols de l’Atlas explique sa prospérité.
(Diaporama 31 photos)
Il a été touché par le tremblement de terre de Septembre 2023 mais son importance économique liée au tourisme fait qu’il a été restauré beaucoup plus rapidement que d’autres villages.
Puis nous poussons jusqu’à Ouarzazate. La ville elle même, moderne et propre ne semble pas présenter de grand intérêt. L’attraction c’est le Ksar Taourit dont l’hitoire est à peu près la même que celle Daït Be Haddou. Lui aussi à souffert du tremblement de terre et le palais de la kasbah avec ses magnifiques appartements ne se visite plus. Les autres bâtiments ont été bien restaurés.
Nous déjeunons à la terrasse d’un café avec une vue imprenable sur la kasbah. On en profite pour consulter les prévision météo. Du mauvais temps est annoncé à partir de demain et pour les prochains jours avec des précipitations importantes y compris de la neige et des températures proche de zéro au niveau de la route et du col que nous devons emprunter pour passer de l’autre côté des montagnes. on avait pourtant bien envie de continuer plus loin vers l’est en direction de la vallée des roses et de Skoura ou vers le sud en direction de Zagora et du désert proprement dit et ne partir vers Marrakech que demain après-midi. Mais compte tenu des prévisions, la prudence nous recommande de traverser l’Atlas aujourd’hui. C’est donc encore un peu sur notre faim de ksars et de paysages sahariens que nous mettons le cap sur ces montagnes de légende.
Nous laissons Rêve à Deux à la marina pour quelques jours. Au programme, les médinas et autres kasbahs de Taroudant, de la région de Ouarzazate, de la traversée de l’Atlas, de Marrakech et d’Essaouira.
Le loueur de voiture se fait attendre et il est 18:30 lorsque nous récupérons le véhicule loué pour 17:30. Nous prenons tout de suite la route et arrivons vers 20:00 à Teroudant.
Le Riad que nous avons réservé est en plein cœur de la Médina mais grâce à la grande maîtrise d’Anne sur Google Map nous y arrivons sans encombre et sans détours inutiles. Je laisse donc Anne et nos deux sacs au riad et je pars garer la voiture au parking recommandé. Malheureusement je manque la première bifurcation qui y conduit. J’essaie donc de trouver un itinéraire bis à travers les ruelles. La particularité de la médina de Taroudant est que toutes les ruelles sont à sens unique, une partie des ruelles est ouverte aux voitures et une partie aux piétons seulement la transition entre les 2 n’étant pas nettement matérialisée et en plus beaucoup sont sans issue. Bref au bout de quelques minutes je me retrouve coincé entre un étal de boucher à gauche et celui d’un marchand de fruits et légumes à droite. Hilarité générale dans le quartier. Le gens du coin viennent spontanément m’aider à faire le parcours inverse en marche arrière, ce qui, avec les seuils et les étals empiétant sur la chaussée, et les virages à angle droit, n’est pas une mince affaire. Mais ces deux là ne parlent qu’Arabe et je ne comprend pas toujours leurs conseils. Au bout d’un moment l’un d’entre eux prend le volant et me sort du labyrinthe. Il me guide ensuite jusqu’au parking. Des gens vraiment gentils! 3/4 d’heure après avoir déposé Anne je suis de retour à l’hôtel (le parking était à 100m). Tout le monde commençait à être inquiet, un employé était même partis à ma recherche. De la gérante au cuisinier tout le monde a bien rit de ma mésaventure.
Riad Tafilag est une maison d’hôte/hôtel typique, décoré avec goût, chambre confortable avec grande terrasse privée donnant sur le patio où trône un immense Chorisia ou Ceiba Speciosa., excellente tagine de poulet bio confit à l’orange.
La médina de Taroudant grouille de vie et de commerces de tous genres mais ne présente pas grand intérêt en soi. Par contre la Kasbah et le mur d’enceinte valent le détour.
De Teroudant on met le cap à l’est en empruntant la rive sud de l’Asif Tifnout (nom de la rivière qui traverse toute la région en devenant l’oued Souss en arrivant sur agadir) ou il y a moins de circulation que sur la nationale au nord. L’eau qui y coule est vive et claire
La vallée verdoyante contraste avec les montagnes arides qui la borde.
Plus on avance plus ce contraste devient important et plus le pays se dessèche. On traverse plusieurs oueds à sec où il ne subsiste plus que quelques mares boueuses.
Région désertique donc mais on est loin de l’image des dunes de sable du Sahara. Ici sortis des oasis ou sont bâtis des villages de terre rouge, tout n’est que rocs et pierrailles si bien que par endroits on aurait l’impression d’être sur Mars.
Mais dans cette région desséchée il y a parfois des cultures en dehors des oasis, ici on ramasse des citrouilles (certaines espèce de courges sont bien adaptées au climats désertiques) là c’est un agriculteur qui retourne les cailloux de son champ.
il y a aussi des marchands qui vendent des fossiles , des pierres (galène, malachite) et même des géodes (quartz, améthyste)
Nous arrivons dans les contreforts de l’Atlas, le relief se creuse, les vallées sont plus profondes, les collines plus accidentées. Au moindre filet d’eau la végétation se développe.
Nous avons réservé pour la nuit au Tigmi Hamid à 2 km d’Aït Ben Haddou. C’est un gite construit en torchis de paille et de terre rouge sur le model des maisons traditionnelles de la région. La chambre est grande et confortable. Depuis la terrasse on a une vue imprenable sur la vallée de l’Asif Ounila et la vieille Kasbah du Glaoui de Tamdakhte.
Nous sommes seuls ce soir là dans l’établissement, le propriétaire et son personnel sont aux petits soins. (hier ils avaient un groupe de 18 personnes!) Après le repas ils nous offrent un petit concert de musique traditionnelle berbère. En conversant avec notre hôte il nous parle du tremblement de terre qui a dévasté le centre du pays en Septembre 2023 faisant 2900 morts, de nombreux blessés et des dégâts considérables. Lui-même a été blessé aux jambes et sa maison a souffert de plusieurs fissures importantes mais a tenu bon contrairement à beaucoup d’autres.
Nous avions oublié cette catastrophe mais maintenant partout où l’on passe on en voit les traces, villages effondrés ici bâtiment fissuré là, bidonville de bâches ailleurs et un peu partout les palettes de parpaings qui ont été livrées par le gouvernement pour réparer les dommages.
Après une bonne nuit de sommeil dans ce havre de paix et de fraîcheur (le vent souffle ce matin et il ne fait guère plus de 12°C) nous sommes prêts pour la journée des Kasbahs!
19/10/2024, un excellent créneaux se présente pour descendre jusqu’à Agadir. Le dédouanement se passe assez rapidement une fois que les officiels sont revenus de leur pose café : même si nous allons vers un autre port marocain, comme nous quittons le ponton, pour eux c’est une sortie du territoire donc tamponnage des passeports et dédouanement du bateau.Nous avions prévu une heure et l’heure y est passée.
A 10:20 nous sommes partis. La marée est parfaite pour sortir rapidement de la dernière partie du détroit. Nous franchissons les fameuses colonnes d’Hercules en tirant des bords dans 8 à 10 nds de vent bien aidés par le courant sortant.
Sitôt passé le cap Espartel le vent s’établit au NNO et ne nous quittera plus jusqu’à l’arrivée, montant très progressivement de 10 à 18nds en 48 heures avec un courant favorable et une houle ne dépassant pas 1,50m. C’est l’avantage de l’Atlantique : cette longue houle de 1,50m (période 15s) est beaucoup moins gênante que 0,70m avec une période de 4s en Méditerranée. Nous avons choisi de passer très au large de la côte, entre 12 et 25 milles, pour éviter les pêcheurs et leurs filets invisibles la nuit et rester hors des eaux territoriales pour éviter les contrôles puisqu’on a dédouané. Les premières 24 heures nous croisons de très nombreux cargos mais une fois passé la latitude Casablanca le trafic diminue beaucoup. A cette distance de la côte il y a aussi quelques gros chalutiers mais eux ont l’AIS et veillent à la VHF.
Le 21 en début de soirée nous sommes par le travers d’Essaouira les gribs prévoyaient un vent de 20 à 22 nds avec des rafales à 30 ou plus pour la nuit. Le vent étant monté à 18 – 20 nds, nous prenons un ris, roulons le foc et déroulons la trinquette pour être parés quand ça viendra. Mais finalement nous passons une nuit très tranquille en avançant pépère sous voilure réduite : les rafales prévues ne sont jamais venues.
En seconde partie de nuit on croise de nombreux bateaux de pèche sans AIS et avec des feux de route très difficile à identifier on passe donc au radar pour assurer les trajectoires.
Au large du cap Ghir (prononcez Rhir) le vent faiblit et nous renvoyons de la toile. Au lever du jour, il tombe complètement et c’est au moteur que nous faisons les derniers milles en compagnie de dizaines de bateaux de pêche qui rentrent au port de pêche d’Agadir.
Il est 09:45 quand nous franchissons les digues de la marina. Le capitaine de port et le marin sont là pour nous accueillir. Avant de partir nous avions réservé une place par Whats App et nous les avions averti de notre heure d’arrivée par le même moyen hier (ils ne répondent pas aux email ni à la VHF)mais ils sont présents pour nous recevoir. On essaie une première place côté mur ou j’ai du mal à rentrer et qui ne me plaît pas trop entre deux bateaux ressemblant à des épaves abandonnées. Le capitaine nous en propose une autre au milieu du port et ils nous aident à nous amarrer.
Aussitôt Rêve à Deux amarré, les douaniers montent à bord. Les formalités ne durent que quelques minutes.
La marina est plutôt délabrée et entourées de bâtiments en travaux mais le personnel est très sympathique et l’abri est très sûr et facile d’entrée quelque soit le temps au large. Voilà un bonne base pour de nouvelles aventures terrestres !
Sortis de l’agglomération de Rabat, le train roule dans une plaine agricole ou alternent vergers (olives et agrumes) maraîchages et grandes parcelles labourées. Le train est bondé et pas climatisé,(la climatisation se fait les portes des rames ouvertes …) nous n’étions pas monté dans la bonne voiture, il faut attendre plusieurs arrêts pour que des passagers descendent pour pouvoir nous déplacer dans les couloirs et trouver nos places réservées (ici quand on achète un billet il comporte systématiquement un n° de voiture et de place quelque soit le train.)
En approchant de Meknès le paysage devient beaucoup plus vallonné alternant les collines pelées et les valons verdoyants. Par ci par là on voit des ravinements provoqués sans doute par les fortes pluies de la semaine dernière. Meknès a aussi des sites remarquable à visiter mais on ne peut pas tout voir, on a choisi Fès, Meknès sera pour une prochaine fois (inch’Allah).
En fin d’après-midi nous sommes à Fès. La gare est située dans la ville nouvelle. Nous sautons sur nos trottinettes direction le palais royal traversons une première Médina (Fès El Jdid, moins ancienne que l’autre), longeons le jardin Jnan Sbil, la préfecture et le musée Batha pour entrer dans l’immense (se serait la plus grande au monde) et célèbre Médina de Fés El Bali par la rue de la Poste.
Nous trouvons facilement le Riad (maison d’hôte) que nous avons réservé pour la nuit. Une petite porte dans un mur sans autre ouverture au détour d’une ruelle sombre. Pas très engageant vu de l’extérieur mais dès la porte ouverte, on se retrouve projetés dans une ambiance digne des milles et une nuits (on vous l’avais promis). Le riad vient d’être rénové avec goût et soucis des détails authentiques du patio carrelé aux chambres qui y donnent. On pique une tête dans la piscine sur le toit et on dîne d’une délicieuse tagine sur la même terrasse avec vue sur toute la ville.
La taille de cette vieille cité est vraiment impressionnant, on est bien content d’avoir les trotinettes avec nous pour l’explorer. Fondée au IXe siècle, Fès a connu sa période faste aux XIIIe et XIVe siècles, sous la dynastie mérinide, quand elle supplanta Marrakech comme capitale du royaume. Le tissu urbain et les monuments essentiels de la médina remontent à cette période : médersa, fondouks, palais et demeures, mosquées, fontaines, etc. En dépit du transfert du siège de la capitale à Rabat, en 1912, elle garde son statut de capitale culturelle et spirituelle du pays.(source : UNESCO)
Si l’histoire de cette ville unique, classée au patrimoine mondial par l’UNESCO vous interesse, je vous suggère de lire la page que cette organisation lui consacre :
Après une bonne nuit de sommeil on commence la visite par la Médersa (école coranique) Bou Inania célèbre pour son architecture et son horloge à eau.
On traverse ensuite toute la ville en faisant maints détours pour en voir le maximum jusqu’au tanneries de Chouara.
Tous ces tours et détours nous on appris quelque chose : les plaques des noms de rues de forme hexagonale indiquent une impasse les rectangulaires une rue avec issue c’est très utile car Google map à beaucoup de mal dans ce dédale et se trompe souvent.
Les tanneries sont au bord de l’oued (rivière) Boukhrareb. Nous avons de la chance aujourd’hui il fait frais et il a plu cette nuit l’odeur est donc tout à fait supportable. Les ouvriers tanneurs travaillent dans des conditions terribles, risquant à tout moment de glisser dans les cuves ou au bas des constructions. Ils sont aussi exposés aux produits utilisés qui même s’ils sont, parait-il, tous naturels n’en sont pas moins dangereux tels que la chaux vive où la fiente de pigeons concentrée (riche en ammoniac).
Nous jetons un coup d’œil dans les petits ateliers spécialisés au bord de la rivière qui continue la transformation du cuir après tannage.
Puis nous remontons par la place Seffarine passons devant l’université Karaouiyne.
Nous visitons le Fondouk Barka, un hôtel/entrepôt restauré et qui abrite le Musée de la menuiserie et du bois.
Passage par le premier hôpital psychiatrique du monde (construit au XIIIème siècle) le Maristan Sidi Fredj. Heureusement, il était fermé, des vieux avec des trottinettes, ils aurait été fichus de nous garder !
Déjeuner dans le patio d’un ancien palais (vous ne devinerez jamais ce qu’on a mangé).
Dans les souks, la foule est plus dense que ce matin heureusement que nous sommes hors saison et comme çà monte raide on est de toute façon obligés de marcher à côté de nos trottinettes. Passage par le souks des bouchers et on ressort par la fameuse porte Bab Bou Jeloud.
De là on se dirige vers le Mellah, le quartier Juif. Au Maroc, il existe des communautés juives depuis très longtemps. Leur présence dans les villes et leur intégrations dans la société c’est particulièrement renforcée quand qu’ils ont été chassés d’Espagne à la même époque que les Arabes. On a essayé d’aller visiter la vieille synagogue datant du XVème siècle mais elle était fermée et gardée par des policiers en arme. Ils nous ont très poliment demandé de quitter la ruelle mais il n’ont pas voulu nous dire si c’était à cause des événements de Palestine.
Le train que nous avions prévu de prendre partait à 18:00 mais bien que direct il ne devait pas arriver à Tanger avant 22:30. Il n’est que 16:20 nous avons peut-être encore le temps d’attraper un tortillard et la correspondance avec le dernier TGV à Kénitra (bien qu’il n’apparaisse plus sur le site de ONCF) et rentrer pour 20:00. On traverse la ville nouvelle à toute allure et c’est un peu essoufflés qu’on se présente au guichet. Victoire ! Le train de 16:40 est encore là et on a des places pour le TGV.
On aura certes pas tout vu à Fès : il faudrait des semaines ! Mais on a fait des kilomètres et on en a pris plein les mirettes. La ville mérite définitivement sa réputation, on est ravis !
Nous avions pensé faire une escale à Rabat. Il y a une marina moderne à Salè juste de l’autre côté de la rivière: la Marina Bouregreg. Mais les conditions météo en ont décidé autrement: il y avait bien une quarantaine d’heures de répit entre un coup de vent de Sud Ouest remontant le long de la côte et un autre descendant du Nord, mais les coefficients de marée étant assez forts et la rivière où se trouve la marina pouvant être en crue en raison des fortes pluies qui ont arrosé l’intérieur du pays ces derniers jours, il fallait être sûr de pouvoir ce présenter pile poil à la bonne heure pour pouvoir franchir la barre, sans avoir le droit à une deuxième chance. C’est donc en TGV depuis Tanger que nous avons rejoint la capitale du royaume.
Si nous sommes assez doués pour nous faufiler entre les avatars du climat on l’est manifestement beaucoup moins pour les dates de visites des musées. Nous sommes le 15 octobre, un mardi et lorsqu’on sort de la gare pour se présenter au musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain juste à côté, on s’aperçoit que c’est le jour de fermeture hebdomadaire. Grosse déception bien sûr car les collections exposées sont parait il exceptionnelles. Mais finalement ce n’est pas du tout un soucis car il y a d’autres musées et comme les Marocains sont au boulot et touristes semblent plus intéressés par les plages et les boutiques de souvenirs que part l’art nous auront à chaque fois le droit à une visite privée et gratuite.
On commence par la Villa des Art siège de la fondation Amal.
L’exposition temporaire et consacrée au monde fantastique de Malak Iraki, une collection d’oeuvres à la fois poignantes et joyeuses d’une toute jeune artiste atteinte de trisomie 21. La fondation soutient des associations qui s’occupent de ces enfants et organise des ateliers leur permettant de s’exprimer à travers la peinture.
(Diaporama 25 photos)
Une salle était dédiée à des œuvres Orientalistes
Une partie seulement de l’exposition permanente était ouverte au public ce jour là. Elle regroupait de très belles œuvres modernes ou contemporaines utilisant des techniques classiques et des méthodes inspirées de l’artisanat traditionnel. Malheureusement la photographie était interdite.
C’est une villa moderne de style arabe typique (2006) entourée de jardins luxuriants parfaitement entretenus ou l’eau est omni présente.
Puis nous nous dirigeons vers Bab Rouah. C’est l’une des portes qui s’ouvrait dans la muraille entourant la ville et qui abrite aujourd’hui la galerie d’art municipale.
L’exposition qui s’y tient en ce moment est consacré au peintre Marocain Hamid Douieb en mettant l’accent sur l’évolution de ses œuvres et de son style à travers le 50 dernières années
(Diaporama 40 photos)
De là nous longeons les remparts en direction de la Médina (les trotinettes c’est quand même bien pratique) où nous rentrons par la porte El Had
Visite du marché aux poissons et des ruelles avoisinantes, on avale une part de pizza à la terrasse d’un café. Oui je sais ce n’est pas très marocain mais on a un train à prendre et on a plus le temps d’attendre qu’une gentille cuisinière nous prépare une bonne tajine.
La gare centrale de Rabat est dans un état de délabrement avancée (contrairement au reste de la ville qui est très propre et bien tenu). Les escaliers mécaniques ne fonctionnent plus, pas de banc, les plafonds semblent prêts à s’effondrer. Mais bon on a pas longtemps à attendre notre train arrive en gare. Ce n’est pas non plus un TGV mais un vieux tortillard bondé. On arrive tout de même à monter à bord et à trouver notre place et c’est parti direction Fès…
Nous avons beaucoup apprécié notre séjour à Tanger. La marina est moderne est très sûre et son tarif abordable (moins de 25 Euros par jours pour nous). Elle est aussi bien située. Il y a un super marché Carrefour et de nombreux commerces de toute sorte à proximité. Il y a aussi des loueurs de voitures pas loin et la gare est à moins de 2 km. Pour nous, c’est donc une base idéale pour se réapprovisionner et explorer l’arrière pays. Nous n’y sommes pas resté assez longtemps pour la visiter comme elle le mérite et découvrir ses musées et autres attractions culturelles mais nous avons tout de même pris le temps de parcourir les ruelles de la Médina.
Troisième ville du Maroc par sa population (1,5 million d’habitants) est une grande ville moderne avec son front de mer et ses grandes avenues grouillantes de circulation mais s’est aussi un centre historique important. Sa position dans le détroit de Gibraltar, en fait depuis l’époque des Phéniciens un point stratégique entre l ‘Afrique et l’Europe. Bâtie à flanc de coteau sur la colline dominant le port la médina aux bâtiments blanchis à la chaux témoignent de ce passé.
Contrairement à beaucoup de médinas historiques, Tanger n’est pas un vaste souk aménagé pour les touristes mais un quartier de la ville où les gens vivent comme ils l’ont toujours fait.
C’est promis, la prochaine fois que nous passons dans le coin nous ferons une nouvelle escale à Tanger et nous irons visiter ses musées!
Dimanche 6 octobre vers 07:30 du matin nous quittons La Linea. Les conditions sont bonnes pour franchir le redouté détroit de Gibraltar. Nous sommes récompensés de l’effort de nous lever tôt par un superbe lever de soleil sur le Rocher.
Les courants du détroit sont un peu perturbés par les aléas climatiques. le niveau de la méditerranée serait légèrement plus bas que d’habitude en raison de sa température très élevée favorisant l’évaporation et de la sècheresse frappant les pays qui la bordent en diminuant l’appoint en eau douce provenant des fleuves et de rivières. Ce manque est compensé par un flux d’eau plus fraîche venant de l’Océan. De plus, le vent à soufflé de l’Ouest tous ces derniers jours accentuant encore le phénomène. Il ne faut donc pas espérer que la marée basse n’ inverse franchement le courant comme elle devrait le faire mais tout au plus qu’elle en réduise la force. Et puis il y a les orques. Les autorités espagnoles (ministère de la transition écologique) aidées par de nombreux scientifiques des pays impliqués ont répertorié toutes les interactions entre des voiliers et cet animal protégé . Ces résultats sont disponibles sous forme d’une carte. L’idée est bien sûr d’éviter la zone où se sont produites les attaques les plus fréquents.
Une fois sortis de la rade d’Algesiras nous longeons la côte Andalouse de très près en tirant de petits bords dans un vent d’ouest assez soutenu pour rester dans le contre courant. Puis avant d’arriver à Tarifa nous piquons plein sud en direction du grand port commercial de Tanger Med en laissant la zone rouge à tribord. En arrivant sur la côte Marocain le vent tombe et un courant favorable nous propulse gentiment jusqu’au au port de plaisance de Tanger (Tanja Marina). Nous sommes en début d’après midi, les douaniers sont peut-être à la sieste car il nous faut les attendre un bon moment mais dès qu’ils sont à bord les formalités se déroulent très rapidement et en douceur.
Du temps venté est pluvieux est prévu pour la deuxième partie de la semaine. Si on veut jouer les touristes profiter des environs de Tanger c’est maintenant qu’il faut le faire. Nous louons donc une voiture et dés le lendemain de notre arrivée, nous revoilà sur la route direction Chefchaouen, la ville bleue, située dans les montagnes du Rif une centaine de km au sud est.
Pour y accéder nous traversons une campagne verdoyante et de collines escarpées avec quelques grands lacs de retenue.
On trouve un bon parking gardé tout près de l’entrée de la médina (le vieux centre ville historique) et tout de suite on est plongé dans l’ambiance créé par ce savant mélange de façades peintes en bleu percées de portes basses, de ruelles abruptes et sinueuses et d’échoppes aux articles multicolores.
Le nom de Chefchaouen est dérivé du terme berbère, achaouen qui signifie les cornes en raison des sommets montagneux qui l’entourent. La ville a été fondée en 1471 par le chérif moulay Ali ibn Rachid al-Alami, (rien à voir avec les westerns: chérif est le nom donné à certains membres de l’une des lignées de descendants du prophète Mahomet, moulay signifie sultan) chassé d’Andalousie. La ville se composait alors d’une petite forteresse, qui constitue aujourd’hui la Kasbah de Chefchaouen qui abrite un musée très intéressant. Elle a été érigée pour aider à défendre la région contre d’éventuelles attaques étrangères, essentiellement celles des Portugais et des Espagnols.
Mais c’est sa fille, la princesse Sayyida al-Hurra qui est un exemple unique dans tout l’Islam. Elle fut gouverneur de toute la province de Tétouan de 1512 à 1542 et mena la guerre contre les attaques des Espagnols et des Portugais allant selon la légende jusqu’à s’allier avec le pirate Barberousse pour défendre sa terre.
La ville possédait un quartier juif (ils avaient été chassé d’Espagne à la même époque que les musulmans) mais les chrétiens y étaient strictement interdit sous peine de mort. Le premier à visiter la ville et en ressortir vivant fut sans doute Charles de Foucaud en 1883.
Après ces débuts mouvementés Chefchaouen connu une existence plutôt paisible jusqu’en 1920 quand les Espagnols s’en emparèrent. Elle fût ensuite bombardée par les troupes de Franco avant d’être finalement réunifiée au Maroc à la fin du protectorat en 1956.
La saison estivale est terminée et les vacances d’automne (Toussaint) ne sont pas encore commencées. Il y a donc peu de touristes. Après une tajine rapide dans l’un des nombreux restos de la ville nous continuons nos déambulations dans ce dédale azuréen en admirant les richesses de l’artisanat local: tissage, colorants naturels, tableaux, calligraphie, fabrication de lampes ou de sacs, il y en a pour tous les goûts.
Nous rentrons par Tétouan en suivant le bord de mer: jolies stations balnéaires pas trop bétonnées et belles plages de sable.
Mais à Fnideq commence l’enclave Espagnole de Ceuta entourée de son triple réseau de clôtures barbelées, il faut donc franchir la montagne et redescendre sur Tanger Med cet immense port de container construit de toute pièce à 40 km de la ville de Tanger pour dynamiser l’économie marocaine.
Il fait nuit depuis un bon moment quand nous arrivons au bateau.
Ne connaissant pas le Maroc nous étions partis un peu sur la réserve mais la gentillesse des habitants, la beauté des paysages et de ces vielles Medinas nous à convaincu: le tourisme terrestre dans ce pays ça vaut le coup!
Attendez vous donc à de nouveaux récits de visites dignes des milles et une nuits dans les prochains articles.
Depuis les Salinas de Iptuci la route traverse un paysage assez plat sans grand intérêt jusqu’au détour d’une zone industrielle, au bord du lac d’Arcos on bifurque pour traverser le rio Guadalete et on découvre cette ville magnifique perchée tout en haut de sa falaise abrupte, îlot d’architecture arabo médiévale planté entre deux vallées semblant des gorges à une seule paroi.
Nous suivons le rio pour pénétrer dans la vieille ville par son entrée Est. Au bout d’un moment les ruelles deviennent si étroites pentues et tortueuses qu’il faut descendre de voiture pour guider le conducteur. On trouve une place de stationnement à 2 pas du centre historique. Tout de suite on est pris par l’atmosphère et le cachet des bâtiments qu’ils soient palaces ou modestes demeures. Les dépliants et les sites touristiques vantent Arcos comme LE plus beau village d’Espagne. Je ne sais pas s’il est le plus beau mais en tout cas il a beaucoup de charmes.
Le site de l’office de tourisme d’Andalousie nous apprend que: la ville fut l’ancienne Colonia Arcensis des Romains. Les musulmans l’appelèrent Medina Ar-kosch. Elle fut la forteresse d’un royaume de taifa (emirat) et au 13e siècle enclave stratégique sur la ligne frontalière entre musulmans et chrétiens. En 1250 elle fut reconquise par Fernando III, qui lui donna son nom actuel, Arcos. Les habitants musulmans y restèrent jusqu’à l’expulsion définitive décrétée par Alphonse X (1264) lors de la rébellion contre le pouvoir chrétien.En 1408 la ville fut cédée à titre de domaine à Ruy López de Ávalos; entre 1440 et la fin du 18e siècle elle appartint à la maison des Ponce de León.
Nous sommes mardi jour de fermeture des musées et monuments. En plus il est midi si bien que ceux qui pourraient être tout de même ouvert ferment sous notre nez mais çà ne fait rien la beauté des ruelles pittoresques se suffit à elle-même
Il y en a tout de même un qui est ouvert c’est le Palacio Mayorazgo. Construit au 17éme siècle par la famille Núñez de Prado qui abrite la galerie d’art municipale (gratuit)
Nous poursuivons notre voyage vers le Sud Est. La route traverse des grandes surfaces consacrées à l’agriculture intensive. Nous apercevons l’installation d’une centrale thermosolaire très innovante: plusieurs hectares de fours solaire chauffent de l’eau et la convertissent en vapeur qui est utilisée pour faire tourner les turbines d’une centrale électrique.
Détour par une petite route de campagne qui se transforma rapidement en piste défoncée pour aller voir un monastère malheureusement lui aussi fermè. Mais ça ne fait rien le paysage des collines brulées par le soleil valait le détour.
Nous arrivons à Médina Sidonia.
Les Phéniciens l’appelaient Bulla Assido, et les Romains Asido Caesarina. Sous les wisigoths elle fut le siège de l’évêché. Sous les musulmans Medina Sidonia devint la capitale de la Cora de Saduna, vaste territoire qui eu un rôle important en Al-Andalus jusqu’à sa destruction par les Normands vers la moitié du 9e siècle. La ville fut conquise par les troupes chrétiennes d’Alphonse X en 1264. À partir du 15e siècle et jusqu’à la réunion des Cortes de Cádiz en 1812, Medina Sidonia appartint au domaine des Guzmans. (Source Office de Tourisme d’Andalousie)
Nous pénétrons par la fameuse porte de la Pastora (bergère) parcourons les ruelles pavées et visitons la cathedrale Santa Maria Mayor
Il aurait fallu consacrer plus de temps à cette ville riche d’histoire mais je crois que nous avons été un peu trop ambitieux dans le choix de notre itinéraire car la route est encore longue.
Mais avant de rentrer on fait un courte pose détente avec baignade sur la plage de la Barbate: çà faisait longtemps que nous n’avions pas trempé dans l’eau de l’océan Atlantique. Dans le lointain on distingue le cap Trafalgar à l’ouest et la côte Africaine au sud.
On longe la côte par Tarifa traversons Algesiras et arrivons à La Linea avant la nuit.
Demain sera consacré au dernières courses pour être parés a quitter le continent Européen Dimanche 6 octobre 2024.
Rêve à Deux bien à l’abri à la marina de la Linea, on peut à nouveau se déguiser en touristes ordinaires et aller explorer un peu l’intérieur de cette Andalousie chargée d’histoire. La première idée était de pousser jusqu’à Grenade mais d’une part c’était un peu loin pour le kilométrage de la voiture de location et surtout nous n’étions pas sûrs de pouvoir rentrer dans Alhambra, le site internet officiel affichant complet jusqu’à la mi-novembre. Nous sommes donc partis pour la route dite des villages blancs qui serpente dans les montagnes au dessus de Gibraltar , et nous n’avons pas été déçu .
Première étape: Setenil de las Bodegas, situé environ150 km au nord de Cadix, ce sera la plus septentrionale de notre virée. Ce village troglodyte, au façades peintes en blanc, blotti sous de vertigineuses falaises en surplomb, tout au fond des gorges impressionnantes creusées par le río Guadalporcún. Le village est surmonté des ruines du château de Setenil une forteresse imprenable sous la domination musulmane, qui ne tomba qu’après 7 tentatives au main du duc de Cadix Rodrigo Ponce de León , le 21 septembre 1484. Nous parcourons les ruelles tortueuses et déjeunons paisiblement dans la fraîcheur relative d’une terrasse de taverne à l’ombre des falaises.
Les paysages desséchés d’Andalousie avec pour seule note de verdure ses champs d’oliviers à été décrits par maints poètes célèbres. Mais cet été a été ici encore plus chaud que d’habitude avec des températures jamais atteintes auparavant. Heureusement nous sommes tard dans la saison et il fait bon.
Deuxième étape: Zahara de la Sierra, village blanc et forteresse perchés au sommet d’un piton rocheux au centre du Parque Naturel de la Sierra de Grazalema au pied de la Sierra du Jaral.
Ici aussi les effets de la canicule sont bien visibles: on voit clairement que le niveau du lac de retenue en contre-bas de la ville est de plusieurs mètres en dessous de son niveau habituel.
La ville était à l’origine un avant-poste mauresque stratégiquement positionné entre Ronda et Séville. La forteresse est encore debout et nous bravons la pente pour l’escalader jusqu’au sommet de son donjon.
Le soir nous trouvons un petit hôtel sympa dans la rue principale du village. Dîner pour qu’une dizaine d’euros au resto d’en face (le tourisme hors saison à du bon). Nous nous autorisons une entorse flexitarienne pour goûter une spécialité de la région le Lagarto Iberico (littéralement lézard ibérique) mais après l’avoir dégustée, nous provoquons l’hilarité de la serveuse quand nous lui demandons si c’est vraiment la viande du reptile ou plus prosaïquement le nom d’un pièce particulière de cochon grillée au demeurant délicieuse.
Au matin nous reprenons la route en faisant une courte pose à Prado del Rey mais cette ville construite au 18ème siècle suivant un plan rectangulaire ne présente grand intérêt. Note positive pour les agriculteur du coin: il a plu ce matin. Nous poursuivons notre route et au détour d’une route principale pas loin de el Bosque nous tombons sur les Salinas de Iptuci (les salins d’Ipuci) accessibles par une courte piste peu visible. C’est un peu étrange de tomber sur un marais salant à plus de 100km de la mer mais la visite (gratuite) du site nous fera comprendre son fonctionnement.
Le site a été créé par les Phéniciens puis développé par les Romains. Les fouilles ont permis de comprendre qu’il y avait tout un village autour de ce site commercialement très important à l’époque. Le sel provient de dépôts géologiques très ancien profondément enfouis dans le sous-sol de la région. Les eaux d’infiltration se chargent en sel au contact de ces dépôts et remontent à la surface sous forme de sources chaudes. C’est l’une de ces sources qui alimente le marais salant d’Iptuci toujours en activités depuis plus de 30 siècles! Nous faisons provision de ce délicieux sel au comptoir.
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