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A propos Rêve à Deux

Un grand voyage à la voile autour du monde

Les Canaries 7) La Palma, Santa-Cruz

15 mars 2025, nous quittons la Gomera pour La Palma qui sera notre dernière escale canarienne pour cette saison. Nous y avions fait une courte escale en juillet 2018 lors de notre descente de l’Atlantique et çà nous avait bien plu. Cette fois-ci on va essayer d’en voir un peu plus.

Pour la courte traversée, fait extraordinaire, nous sommes trois à bord nous avons en effet un passager: Laurent un sympathique back-packer / bateau stoppeur qui voulait se rendre à La Palma pour faire du woofing dans une finca produisant un peu de tout en autonomie. Comme souvent entre ces îles la traversée est un mélange de calme et de fortes rafales due à l’accélération du vent entre les îles. En 2021 nous étions à Tazacorte sur la côte Ouest de l’île. Cette fois-ci nous nous amarrons à la Marina de La Palma (la capitale de l’île). C’est une petite marina de luxe très bien équipée mais à un tarif très raisonnable (20 EUR/jour pour nous) à deux pas du centre historique avec, cerise sur le gâteau, accès gratuit à la piscine du Club Nautique. Son seul inconvénient est que dès que la moindre houle pénètre dans l’avant port, elle est sujette à un fort ressac mais nous n’aurons pas à en souffrir pendant notre séjour.

Dès notre arrivée, la direction de la marina nous prévient que nous sommes les bienvenus pour une bonne semaine mais qu’il faudra que nous soyons impérativement repartis avant le mardi 25/02 toutes les places de la Marina étant étant réservée depuis de long mois pour les festivités du carnaval. Il va donc falloir prioritiser nos visites tout en recherchant le bon créneau pour partir vers Madère avant cette date.

Commençons donc par une visite de la vieille ville de Santa Cruz de La Palma.

La vieille ville (centre historique) est un régal pour l’œil avec ses belles façades, ses balcons typiques et ses cours intérieures.

Si vous aimez l’art et l’histoire le Musée Insular de La Palma est un must! Le cadre du musée, le superbe monastère de San Fransisco, vaut déjà à lui seul le détour. Les salles sur la faune et l’histoire de l’île sont très intéressantes mais les expositions d’artistes contemporains originaires de l’île sont extraordinaires.

On retiendra tout particulièrement celle de Carmen Arozena une artiste et graveuse malheureusement morte prématurément à l’âge de 45 ans dont l’œuvre ne peut laisser indifférent tant pour son style résolument moderne que pour son engagement féministe qui n’étaient pas du tout évident d’exhiber à cette époque ou l’Espagne était encore Franquiste (pour en savoir plus sur l’artiste et son œuvre nous vous recommandons cette page: https://mujerescanarias.com/carmen-arozena-artista-canaria/)

Par contre si on vous suggère de visiter le Museo Naval, passez votre chemin. Il s’agit en fait d’une grossière reproduction en béton d’une caravelle contenant quelques maquettes de bateau. On terminera cette visite de cette belle ville pleine d’histoire par la préparation de la Bajada de la Virgen (ici aussi) qui aura lieu cet été. Les nains coiffés du chapeau de Napolèon en sont une attraction. C’est aussi pour cette Bajada que ces gens s’entrainent à danser sur le parvis de l’église (non se n’est pas du tango ni du rock)

Côté approvisionnements ce n’est pas l’idéal, en ville il n’y a que quelques petites superettes Spar. Mais heureusement pour les fruits et légumes il y a les halles (Mercado Municipal) qui en plus d’être dans un très beau bâtiment sont très bien achalandées. Si vous avez besoin de courses plus conséquentes prenez le Bus 20 ou 300 jusqu’au Lidl/Mercadona juste à la sortie de ville.

Canaries 6) La Goméra

Le 7 février 2025 nous quittons El Hierro pour sa voisine la plus proche: La Gomera.

La météo est idéale et avant que la nuit tombe nous sommes ancrés devant Playa Santiago au Sud Est de l’île.

Le lendemain matin nous faisons notre entrée à la Marina de San Sebastian et là c’est un peu le choc, après un mois passé loin des bruits de la ville et des hordes touristiques, nous sommes un peu pris au dépourvu. Mais passé cette première surprise l’endroit est tout de même assez agréable. Les plages autour du port permettent de se baigner tous les jours. La vieille ville est intéressante particulièrement son église de la Asuncion et les ruelles aux façades typiques qui l’entoure. L’histoire à retenu que Christophe Colomb y a fait sa dernière escale avant chacune de ses 3 traversées de l’Atlantique. Une autre hôte de marque est la chancelière Angela Merkel qui y a établi sa villégiature depuis plusieurs années.

Si la Gomera est la troisième plus jeune île des Canaries (191 millions d’années seulement) c’est aussi celle qui n’a connu aucune éruption depuis le plus longtemps. La dernière remonte en effet à 2 millions d’années. L’ érosion a donc eu tout le temps de remodeler le relief avec d’immenses et profondes vallées et la terre fertile à pu recouvrir les laves. Cette particularité géologique donne à La Gomera à la fois son relief unique et sa richesse agricole. Jusqu’à très récemment l’île était autosuffisante en eau mais l’expansion du tourisme à contraint le gouvernement à installer une première station de dessalement en 2024.

L’île est le paradis des randonneurs avec des dizaines de sentiers balisés, mais attention les dénivelés sont importants.

Le canyon qui descend sur Valle Gran Rey montre bien l’effet combiné du volcanisme et de l’érosion sur le paysage au cours des ères géologiques. Au fond de la vallée, les premiers occupants puis les colons ont utilisé la terre fertile pour créer des terrasses pour y faire des pâturages, planter des fruitiers des céréales ou des cultures vivrières et même de la vigne.

Valle Gran Rey est « LA » station balnéaire de l’île et peu encore être considérée comme un havre de paix si on la compare à ses consœurs de la côte sud de Ténérife. Elle dispose d’un port utilisé essentiellement par la pêche et les vedettes de tourisme, pas adapté à la plaisance mais le mouillage devant le port est l’un des meilleurs de l’île. (du fait de sa géologie, les fonds marins entourant La Gomera descendent en pente plus douce que sur les autres îles et permettent d’ancrer plus facilement à de nombreux endroits mais sans toute fois empêcher le roulis).

Vallehermeroso une petite ville nichée au fond d’une vallée agricole. Au bout de la vallée un complexe avec immense piscine d’eau de mer a été construit pour être apparemment tout de suite abandonné.

Nous n’avons pu monter au belvédère de d’Abrante mais nous avons pris le temps de visiter le joli village d’Agulo fondé au tout début du 17ème siècle. Il a connu son apogée du début du vingtième siècle jusque dans les années soixante grâce à la culture de la banane sur les terrasses qui l’entourent. Les bananes était exporter directement depuis la colline par une sorte de téléphérique jusqu’aux navires qui accostaient une improbable estacade

La Gomera est un port de plaisance très actif avec des visiteurs de toutes les nationalités dont quelques Français. Nous avons bien sympathisé avec Sandrine et Marc d’Acte 2 et aussi Max, Béné et Simon de Manzanillo, de fervents lecteurs de ce blog en route pour le Cap Vert, bon vent à eux trois!

5) El Hierro épisode 3

Suite et fin de notre album photo sur les merveilles d’El Hierro

Entre Monacal et San Andrés c’est une zone de collines boisée et de paturages riche en faune et en flore locale dont le fameux arbre fontaine de Garoé. De là on suit la route H4 puis qui traverse toute la forêt en longeant le flanc sud du haut plateau

La H400 est étroite et sinueuse mais très praticable et surplombe encore une fois les paysages vierges de la côte sud de l’île. Première étape au phare d’Orchilla construit au milieu des coulées de lave. A cet endroit on a vraiment l’impression d’être arrivé au bout du monde: « dit papa c’est loin l’amérique? » Il y a là bas plusieurs tunnels de lave praticables (pensez à prendre une lampe).

Au flanc de la montagne qui surplombe le phare se trouve le sanctuaire de la Virgin de los Reyes. C’est de là que part tous les quatre ans la fameuse Bajada cette immense procession qui traverse toute l’île en chantant et en dansant derrière la statue de la Vierge en commémoration du pèlerinage des bergers de 1740 qui aurait mis fin à une très grande sècheresse.

De là, la HR400 devient HR500 et continue autour de la pointe ouest de l’île jusqu’à El Golfo mais cette partie est beaucoup plus difficile. La route est très étroite avec une pente très forte, des virages en épingle à cheveux et surtout des bas-côtés ouverts sur le vide. Par contre avant d’arriver à cette descente vertigineuse dans un paysage lunaire, elle permet d’admirer les fameux genévriers dont les troncs torturés sans doute multi centenaires sont l’emblème de l’île.

El Golfo c’est bien sûr La Frontera mais à part son église célèbre pour son clocher bâti au sommet du cône volcanique qui la surplombe, ses commerces bien achalandés et son vin réputé pur être le meilleur de tout l’archipel, la ville est trop récente pour présenter un grand intérêt. Contrairement au village voisin de Las Sabinosas (littéralement les forêt de genévriers) construit depuis beaucoup plus longtemps à mi-pente sur le flanc Sud Ouest de la caldera.

Comme nous l’avons dit dans l’épisode précédent, la côte del Golfo est abrupte et rocheuse. Des « charcos » (le terme local pour les piscine naturelles – signifiant « flaques d’eau » en castillan) sont pourtant aménagées pour la baignade. La descente jusqu’au plateformes est déjà assez impressionnante mais l’état de la mer pourtant plutôt calme aujourd’hui nous laisse perplexe quand à la possibilité de réellement nager ici mais manifestement ce n’est pas le cas de tout le monde…

Retour vers La Estaca avec un arrêt par Tamaduste une micro station balnéaire juste au nord de l’aéroport, quelques locations de vacance, un resto et la crique amménagée pour la baignade.

A la fin de la dernière semaine on a même réussi à faire une grande ballade avec nos trottinettes à propulsion pédestre sur les 10 km de la seule route côtière de l’île entre le port de La Estaca et l’hotel Parador. Ici aussi le paysage est grandiose avec une mention toute spéciale pour la pointe de la Bonanza et sa roche percée.

Pour les amateurs de feuilletons policiers nous recommandons l’excellente série Hierro entièrement tournée en décor réels à différents endroits de l’île et disponible sur ARTE

Dans un tout autre domaine, les Canaries font beaucoup pour sauver les migrants qui tentent la périlleuse traversée depuis la côte Africaine. Nous avons parlés dans un article précédent des appels PAN PAN du MRCC sur le canal 16 demandant plusieurs fois tous les jours à tous les navires dans la zone de veiller et très souvent sur embarcations de migrants à la dérive ou en difficulté. EL Hierro semble avoir été choisi comme base avant du dispositif de secours avec l’aménagement du port de la Restinga (complexe d’accueil, vedettes de sauvetage), et le centre de la Croix Rouge de Valverde. Le nombre d’individus sauvés semble impressionnant. Nous avons vu pendant notre séjour, une à deux fois par semaine le ferry rapide embarquer à destination de Ténérife quelques 150 migrants par voyage. Mais contrairement à l’Italie ou à la Grèce, ici pas de grand déploiement de forces de l’ordre, tout semble se dérouler simplement avec l’aide de quelques membres de la Croix Rouge.

Voilà, c’était le dernier épisode de la saison 1, on aurait bien voulu rester plus longtemps tant cet endroit nous plait mais il ne faut pas prendre racine non plus. La saison avance et nous n’avons pas encore vu toutes les îles de l’archipel…

5) El Hierro épisode 2

On continue l’exploration de cette île grandiose et tellement attachante.

Plus haut que le mirador de la Pena (dont l’architecture intégrée au paysage est due au célèbre artiste Canarien Cesar Manrique – voir photos en fin de l’article précédent) et les pâturages verdoyants de San Andres voici le mirador de Jinama. Son architecture et certes beaucoup plus agressive que le précédent mais sa position tout en haut de ces falaises vertigineuses et la vue sur la caldera d’El Golfo ensevelie dans une mer de nuages sont grandioses.

De là oncontinue sur le haut plateau ou se mèlange la forêt de pins canarias et la laura sylve (foret primaire) jusqu’au mirador de La Liania

Par la route accrochée à flanc de falaise on descend sur La Frontera. Le développement de cette petite ville ne date que de la deuxième moitié du siècle dernier et la création de routes et plus récemment du tunnel. Avant cela, les populations autochtones (Binbanches) puis les colons habitaient dans les hauteurs et n’y descendaient qu’en saison pour récolter les fruits ou cultiver la vigne. L’écomusée de Guinea présente l’évolution de leurs habitats aménagé à même les couloirs de lave.

On aurait pu penser que ce terrain relativement plat vue d’en haut se terminerait par des plages mais non en fait ce ne sont que falaises et rochers battus par la houle du large. C’est sur l’un de ces promontoires rocheux qu’est bâti l’hotel Puntagrande. L’endroit est spectaculaire mais ce n’est pas sûr que les clients puissent dormir sur leurs deux oreilles toutes les nuits.

Nous repassons de l’autre côté, traversons El Pinar (oui ils produisent du vin ici aussi mais en fait ça veut dire la pinède) et descendons sur La Restinga le deuxième port de l’île.

Il y a quelques années (avant le réaménagement de La Estaca) c’était l’escale favorite des voiliers mais le ponton visiteurs à été détruit lors d’une tempête et le quai est en cours d’aménagement pour le sauvetage des migrants. La pèche est très active, c’est le seul endroit de l’île ou l’on trouve une pêcherie vendant du poisson. Il y a aussi un chantier avec un gros travlift qui dispose de suffisamment de place pour hiverner une douzaine de bateaux. La Restinga est avant tout une jolie petite station balnéaire (la plus grande de l’île) avec plusieurs hôtels, une plage et des centres de plongée.

Un peu au nord de la Restinga il y a la plage de Tacoron, un endroit magnifique équippé pour la baignade dans un décors lunaire entre deux coulées de lave. Si les pentes de ce côté sont constituées de lave datant des dernières irruptions terrestres de l’île (18ème siècle ?) c’est juste à quelques km au large que c’est produite la très forte irruption sous marine de 2011 -2012

C’est d’ailleurs un peu plus haut que se situe le Centre d’Interprétation Vulcanologique. Cette exposition permet de mieux comprendre les différents types de volcan, la formation de l’archipel et de El Hierro en particulier, de visualiser les types de laves, leur écoulement et la formation de phénomènes comme les tunnels de laves. On espère en être ressortis moins bête…

Canaries 5) El Hierro

Notre grand coup de cœur pour cette partie du voyage, El Hierro est la plus Sud et la plus authentique de îles Canaries. Ses paysages sont magnifiques, ses habitants sympathiques et souriants et pourtant elle est épargnée par le tourisme de masse. Surtout n’en parlez à personne, il ne faudrait pas que ça change! .

Le 4 janvier 2025 après bientôt 3 semaines passées essentiellement à explorer Ténérife de long en large nous quittons la marina de San Miguel. Le vent et la mer venant du Sud nous allons mouiller dans la baie d’Abona histoire de reprendre nos marques et de nous reposer d’un début de grippe. Abona est l’un des rares mouillages abrité des vents de secteur sud, nous y passons 2 nuits le temps qu’ils repassent au nord. Ce qui se produit le 6 à midi pile. Nous avons déjà levé l’ancre et sortons de la baie. Mer parfaitement plate (c’est rare ici), 10 à 12 nœuds de NE, nous faisons un grand détour vers le sud pour contourner le dévent de Tenerife et garder juste ce qu’il faut de vent jusqu’au bout. Au levé du jour nous sommes sous les hautes falaises d’El Hierro. Le temps de tirer un petit bord pour laisser le ferry faire sa manœuvre de sortie et à 8:30 nous sommes amarrés au ponton. Le port parfaitement équipé (pontons sur piles avec des grands catways) est à moitié vide.

L’enregistrement se fait au bureau de la police portuaire dans le hall de la grandiose gare maritime. Le tariff est de 0,372 EUR/m² (pour nous 12,80×4,30=55,04 m² soit un peu plus de 20EUR/jour).

L’endroit est très spécial, entouré de pentes abruptes d’aspect lunaire avec juste quelques maisons accrochées en bas de la falaise. L’infrastructure portuaire est assez bien intégrée dans le décor. Par rapport à tous les ports de l’archipel c’est sans aucun doute l’un des mieux protégés de tous les vents mais c’est surtout et de loin le plus calme : une demie douzaine de bateaux de voyage dont la majorité est là pour passer l’hiver au chaud dans un coin tranquille (c’est un peu notre cas) et les autres faire une dernière étape européenne avant la traversée vers le Cap Vert ou les Antilles (attention si votre destination, votre pavillon ou votre nationalité requiert une sortie officielle de l’UE, vous ne pourrez pas la faire ici). Ces voiliers de grandes croisières sont complétés en milieu de semaine par les quelques rares charters/locations qui osent faire le saut si loin de la vie nocturne trépidante des autres îles. Aucune circulation automobile en dehors de l’arrivée et du départ des 2 ferrys journaliers et cerise sur le gâteau une plage, juste de l’autre côté de la jetée intérieure, très bien aménagée avec des rampes de descente à travers les galets et toujours praticable car à l’abri du grand môle extérieur. Dans le terminal il y a un café assez agréable et une mini-supérette plutôt bien achalandée pour sa taille et avec du pain tous les matins. Pour des plus grosses courses il faut monter à Villa de Valverde la capitale de l’île (Bus ligne 7, cinq départs tous les jours), les commerces d’alimentation sont tout près de la gare de bus (supermarchés , et 5-oceanos pour les surgelés) Bref un endroit idéal pour se reposer et nous remettre de cette grippe qui ne veut pas nous lâcher.

Valverde la capitale d’El Hierro

Mais c’est surtout la base parfaite pour explorer cette île merveilleuse. Elle est parcourue par de très nombreux sentiers de randonnées et il est bien sûr possible de monter à pied depuis la côte et de redescendre en bus ou de monter en bus jusqu’au départ de sentier choisi, traverser une partie de l’île et revenir par un autre bus. Compte tenu de l’usure de nos articulations, les randonnées pédestres de toute une journée sont désormais un peu au dessus de nos capacités. Nous avons donc choisi d’explorer l’île en voiture en faisant de fréquents arrêts et de courtes marches. (Cicar a un bureau dans le terminal mais il n’ouvre que sur demande: réservez sur internet la veille l’employé sera là pour vous remettre les clés – les tarifs sur El Hierro sont les plus bas de tout l’archipel, environ 30 EUR pour la catégorie de base, toutes assurances comprises, zéro caution).

Le Mirador de La Pena, dessiné par l’artiste canarien Cesar Manrique surplombe El Golfo

El Hierro est la plus jeune des îles Canaries, elle est sortie du fond de l’océan il y a seulement un peu plus d’un million d’année soit il y a dix fois moins longtemps que Ténérife. Son sommet, le pic Malpaso culmine à 1501 m mais dépasse à peine du haut plateau qui l’entoure. Les irruptions successives de la dorsale ont provoqués des effondrements, modelant son relief de façon très originale: la partie Ouest s’est effondrée formant une immense caldeira semi circulaire entourée de hautes falaises (El Golfo) , un accident géologique similaire mais de moindre importance s’est aussi produit sur la partie Sud Est (Las Playas). La côte sud est le théâtre des irruptions les plus récentes comme en témoigne les champs de lave. Et au milieu une sorte de haut plateau couvert de prairies au nord, d’une laurasylve (forêt primaire) dans les zones les plus humides principalement à l’Ouest et une forêt de pins canariens à l’est. Ici peu de barrancos et encore moins de vallées profondes ce qui lui donne un aspect à la fois massif et fragile très différent des autres îles de l’archipel. Mais plutôt qu’un long discours voyons tout çà en images.

Les paturages « irlandais » entre Monacal et San Andres

4)Ténérife côté Sud à Est de l’île

Et les côtes Est et Sud ? Ont-elles été massacrées à tout jamais sur l’hôtel du tourisme et de l’industrie ? Non, pas tout à fait, il reste encore quelques îlots d’authenticité disséminés deci delà en bord de mer et sur les hauteurs. Essayons de les découvrir en partant de los Gigantes et en se dirigeant vers Santa Cruz.

Al Cala

Deux ou trois kilomètres au Nord Ouest de Playa San Juan se trouve la petite ville de Al Cala. A peine perturbée par l’immense hôtel cinq étoiles Melia, le front de mer au nord du village à été aménagé pour permettre l’accès aux piscines naturelles. Le centre, avec ses ruelles étroites et sa place ombragée, fait penser à une petite station estivale de Méditerranée du début du siècle dernier. Plus ou moins protégée de la houle par les gros rochers noirs qui bordent la côte, le vieux port n’est en fait qu’une cale de mise à l’eau, les barques des pêcheurs étant stockées au sec. La terrasse de pierre noire qui prolonge le quai à été aménagée pour la baignade. L’eau est claire et très poissonneuse on y a même aperçu une tortue. L’ambiance paisible qui se dégage de cet endroit est très agréable.

La caleta

une petite baie tranquille et une portion de côte sauvage entre deux gigantesques complexes à touristes. Quelques tentes se cachent çà et là, babacools où backpackers arrivés au bout de leur voyage où travailleurs locaux dans l’incapacité de se loger en raison de la flambée des prix de l’immobilier.

Taucho et les parapentes

Juste au-dessus de la « touristopole » de Playas de Las Americas. Un tout petit village et une falaise d’où sautent les adeptes du parapentes. Mais de là partent aussi plusieurs très beaux circuits de randonnées remontant à travers la corona forrestal.

Vilaflor et son église

Un village typique et son église du XVIème siècle sur la route qui monte au Teide

La Montaña Rossa et la plage del Medano

Un cône volcanique juste au bout des piste de l’aéroport et une plage particulièrement prisée des kitesurfers

La baie d’Abona

Guimar et ses pyramides

Thor Eyerdahl l’aventurier et ethnologue rendu célèbre par ses traversée des ocèans sur son radeau de roseau le Kon Tiki a tenté de démontrer que ces pyramides étaient d’origine pré-colombienne et prouvaient qu’il y avait eu à cette époque des échanges entre l’Amérique centrale et l’archipel. Après analyse il s’avéra que ces monuments ne dataient que du 19ème siècle mais quel était leur usage et par qui ont ils été construits reste un mystère même si l’hypothése du délire Franc-Maçonique d’un riche propriétaire terrien a été évoquée. Le jardin botanique qui les entoure et le musée vaut quand même une visite.

Santa Cruz

Capitale de l’île depuis 1837et actuel siège du gouvernement de tout l’archipel (les Canaries sont une province autonome) en alternance tous les quatre ans avec Las Palmas de Gran Canaria. A l’origine un simple fortin construit par le conquistador Alonso Fernández de Lugo pour lutter contre les Guanches, puis un petit port de pêche, sa grande baie protégée eu vite fait d’attirer les convoitises notamment Anglaise. Le grand Amiral Nelson y aurait d’ailleurs perdu un bras en et la flotte anglaise la bataille 1797.

4)Ténérife: la côte historique

De Garachico à la péninsule d’Anaga s’étend la côte le plus verte de l’île c’est aussi la partie de l’île ou la proportion de touristes par rapport aux locaux est de loin la plus faible : c’est la plus fraîche et la moins ensoleillée et parfois même il y pleut rendez-vous compte quand on a acheté son billet soleil garanti : l’horreur ! Mais pour nous c’est la plus agréable de l’île et surtout les villes et villages y sont chargés d’histoire.

Malgré des pentes escarpées mais grâce à cette pluviométrie plus élevée qui fait fuir le touriste et a une température moyenne plus basse et surtout plus constante, c’est sur cette côte que se sont installés les premiers habitants, les Guanches, suivis une douzaine de siècles plus tard par les colons Espagnol. En effet grâce à ces conditions météorologiques favorables sur un sol riche en cendres volcanique il était possible de cultiver la terre. En plus des cultures vivrières des premiers habitants, la culture de la canne à sucre et de la vigne se développa rapidement permettant aux plus riches exploitants d’exporter leur production.

La ville de Garachico fut fondée par le marchand génois Cristóbal de Ponte en 1496, tout de suite après la défaite des tribus Guanches par l’envahisseur Espagnol. Elle devint très vite le port principal de l’île par où passait toutes les exportations. Il est difficile d’envisager aujourd’hui cette petite ville à la côte rocheuse battue par la houle du large comme un grand un port actif. Sa période faste fut d’ailleurs de courte durée. En en 1646 un glissement de terrain fit 200 morts et coula une quarantaine de bateaux et en 1706 une forte irruption volcanique remodela complètement cette partie de l’île, ensevelissant complètement le port sous une coulée de lave. La ville elle-même et une grande partie de la population fût, cette fois-ci, épargnée ce qui nous permet encore aujourd’hui de visiter son joli centre illuminé pour les fêtes avec notamment le couvent de San Francisco. Suite à ce cataclysme, le petit port de La Orotava (aujourd’hui Puerto de la Cruz) se développa et devint LE port de l’île (voir plus bas).

Il faut aussi se baigner dans les piscines naturelles Del Caleton crées dans des tunnels de lave effondrés (Décembre 2024 : l’accès à ces piscines était interdit).

A noter aussi que depuis quelques années, la ville dispose d’un superbe port de plaisance. Mais si l’abri est bon une fois à l’intérieur des jetées, c’est l’entrée qui pose problème dés qu’il y a de la moindre houle.

Tout à côté de Garachico se trouve la ville d’Icod de los Vinos dont comme son nom l’indique la richesse économique fût longtemps basée sur la production de vin.

La ville crée à peu près à la même époque que sa voisine est célèbre pour son centre historique, son église San Marcos et le jardin qui l’entoure mais surtout pour l’arbre le plus vieux de l’île : le dragonnier millénaire (mais il n’aurait en fait que 400 ans.)

L’étroite plaine côtière est couverte de bananeraies. Les premiers bananiers furent sans doute introduits dans l’archipel au XVIème siècle mais la culture de la banane ne devint une activité économique et une source d’exportation importante seulement à la fin du XIXème siècle. c’est aujourd’hui sa deuxième ressource (après le tourisme). Sur cette côte, les conditions climatiques permettent une culture à l’air libre alors que dans les endroits plus sec les parcelles sont recouvertes d’un voile textile, c’est plus agréable à l’œil. La plus plantée est une variante locale de la Cavendish, en raison du climat elle mûrit en 6 mois au lieu de 3 dans les régions inter-tropicales ce qui lui donnerait une saveur plus parfumée et plus sucrée.

En logeant la côte on arrive à Puerto de La Cruz les restes du port stratégique de l’île sont noyés dans les constructions modernes, hôtels et autres immeubles destinés à la location. Il n’est pas facile de s’imaginer les lourds galions et autres vaisseaux marchands faisant escale dans le port exposé aux vents de nord et à la houle et en repartant chargé de vin. Le centre historique ce limite au port lui-même et à quelques constructions qui l’entoure car, nous l’avons dit, il ne s’agissait, à l’époque du port de La Orotava, cette ville magnifique située à 400 mètres d’altitude et à quelques kilomètres seulement de là.

La Orotava fut aussi fondée en 1496 après la défaite du dernier chef Guanches (mencey) Bencomo par le conquistador Alonso Fernández de Lugo. Les terres des aborigènes furent distribuées aux nobles castillans ayant participé à la conquète.

La région était bien irriguée et la terre plus fertile que nulle part ailleurs sur l’île. A l’époque il y avait même assez d’eau pour faire tourner des moulins. (c’était avant le réchauffement global) Devant ces somptueux hôtels particuliers et autres demeure bourgeoises opulentes, on comprend la richesse des exploitations qui ont découlées de ce partage. Elle devint si riche qu’en 1648, un décret royal l’émancipa de l’autorité de la Laguna capitale officielle de l’île. Cette prospérité issue pendant les premières décennies de culture de la canne à sucre puis de la vigne fluctua au cours des siècles au gré des conflits entre les royaumes européens mais se maintint pour être renforcée à la fin du XIXème siècle par l’apparition de celle de la banane.

Tout au long de cette côte il y a de nombreuses criques ou piscines naturelles certaines sont inaccessible car il faut traverser des exploitations bananières beaucoup sont impraticable dès qu’il y a la moindre houle de Nord ou Nord Ouest (80 % de l’année). Notre piscine préférée est à Jóver juste en dessous de Tejina. on y accède par une petite route qui passe entre les bananeraies. Un parking, quelques maisons avec un petit bar resto sur l’arrière. L’endroit est surtout fréquenté par les locaux le dimanche. La piscine naturelle est sans doute la plus agréable de toute l’île. Elle est facilement accessible, d’une bonne profondeur d’un bout à l’autre, très bon ensoleillement (nous sommes sur la côte nord:)) et surtout elle est praticable pratiquement quelque soit l’état de la mer.

Aprés Tacoronte, on peut pousser encore le long des falaises de Bajamar, au pieds desquelles il y a encore plusieurs piscines dont une immense plus artificielle, jusqu’à la Punta del Hidalgo où la route s’arrête et où commence l’un des sentiers qui s’accroche aux pentes abruptes de la vallée pour pénétrer au cœur du parc d’Anaga.

Nous finissons cette promenade par la visite de San Cristobal de La Laguna. Aussi fondée en 1496 elle fut la capitale de l’île jusqu’en 1823 et est encore le siège de l’évêché et de la plus importante université de l’archipel. La vieille ville est un peu enfouie dans le développement urbain et commercial généré par sa proximité avec Santa Cruz et l’aéroport Nord. Mais le centre historique est bien préservé et il est très agréable de déambuler dans ses rues piétonnes. Ce serait la première ville coloniale à avoir été créée sans mur d’enceinte. Elle aurait aussi servi de modèle à de nombreuses villes construites sur le continent américain par les conquistadors.

4)Ténérife nord: Anaga

Anaga est le nom du parc naturel (Parque Rural et réserve de la biosphère de l’UNESCO) occupant la quasi totalité de la peninsule Nord de Ténérife. C’est définitivement notre coup de coeur sur cette île pour tant riche en paysages grandioses.

On y accède depuis La Laguna et Las Mercedes que l’on aperçoit sur les photos ci-dessous avec le Teide en toile de fond. On peut aussi y accéder en longeant la côte Est depuis Santa Cruz et en montant à partir de San Andrès/ Las Teresita mais c’est le chemin que nous prendrons pour repartir.

Comme nous l’avons expliqué dans l’article précédent il s’agit de l’emplacement du troisième volcan à l’origine de l’île.

Ce volcan a eu des éruptions pendant plusieurs millénaires puis a cessé toute activité contrairement aux autres parties de l’île. Son relief original a donc été modifié uniquement par l’érosion et les effondrements mais sur ce type de roches et pendant plusieurs millions d’années çà donne un relief assez surprenant.

Par contre l’absence d’éruption pendant tout ce temps a permis à la végétation de se développer comme nulle part ailleurs, aidée par l’humidité et les pluies générées par l’alizé et les vents de Nord Ouest qui irriguent l’île à cet endroit. C’est ainsi que cette région est aujourd’hui recouverte de la seule forêt primaire de l’île.

Cette forêt primaire occupe tout le terrain y compris les ravines les plus profondes pour ne céder la place qu’à quelques rares terrasses cultivées ou aux pentes abruptes issues des glissements de terrains intervenus pendant les derniers millénaires. Le contraste avec les autres zones de l’île, même les plus boisées est frappant. Ici tout est vert , été comme hiver, le sol est toujours humide, la moindre roche est recouverte de mousse bien verte ou cachée sous de luxuriantes fougères. Les arbres ne sont ni grands ni gros mais ils sont si rapprochés et leur feuillage vert foncé est si dense qu’à certains endroits on n’aperçoit pas le ciel. Les botanistes qualifient cette forêt de laurisylve car elle est composée principalement d’espèces très anciennes de lauracées à feuilles persistantes cousines de notre laurier (mais sans son parfum). Avant la dernière glaciation, une telle forêt couvrait parait-il tout le pourtour méditerranéen avant de disparaître en raison de la sécheresse. Grâce à l’influence bénéfique de l’Atlantique elle survécut ici, à Madère et dans une moindre mesure aux Açores, abritant d’autres espèces végétales uniques et toute une faune endémique.

Plusieurs sentiers de randonnées sont aménagés et permettent de prendre pleinement conscience de la beauté des lieux. Quand on sort de la forêt, c’est pour se retrouver sur la route des crêtes avec de chaque côté un à pic vertigineux et la mer milles mètres plus bas.

L’endroit à ne pas manquer en bas de ces pentes abruptes est sans conteste le village de Taganana On se demande comment les premiers habitants ont pu songer à s’établir dans un environnement aussi vertical.

Là sur quelques kilomètres, les falaises laissent la place à des plages de sable noir très fin (prévoir semelles super isolante en été) bordées de rocher aux formes tourmentées.

L’endroit peut-être fréquenté mais la difficulté de l’itinéraire très « pentu » pour y arriver limite le flux de touristes à un niveau acceptable.

Il y a aussi de bon restos!

Il y a une route qui permet d’aller jusqu’à la pointe de l’île mais elle est très étroite (il faut parfois faire une longue marche arrière pour laisser passer le véhicule venant en face). Mieux vaut se garer là où c’est autorisé et continuer à pied par l’un des sentiers de randonnée en appréciant pleinement ce merveilleux paysage.

On redescend par San Andrès et Las Teresitas. La vallée exposée au Sud Est est beaucoup plus seiche que les hauteurs et que l’autre versant surtout après cette année particulièrement seiche. Las Teresitas c’est la seule plage de sable blanc de l’île. C’est bien sûr une plage artificielle crée de toute pièce pour le plaisir des touristes qui y rôtissent ou s’y baignent mais elle ne présente aucun intérêt par rapport à ce que nous venons de voir.

4)Ténérife: la pointe Ouest de l’île

Aujourd’hui nous allons explorer ensemble la partie Sud-Ouest de l’île de Tenerife. Cette région est délimitée par un périmètre passant, à l’Est par le pied des falaises de Los Gigantes, au Nord par Santiago del Teide, à l’ouest par la Montaña Negra (entre Garachico et Buenavista) et au Sud par le phare de la pointe de Teno. C’est une région très intéressante géologiquement car elle est à la fois beaucoup plus ancienne que le Teide et plus récente car remodelée par les dernières irruptions qui ont eu lieu sur l’île, ce qui lui donne une combinaison de paysages uniques et époustouflants.

Il y a quelques 12 millions d’années le point chaud des Canaries a fait sortir de l’océan un premier volcan situé où se trouve maintenant la partie sud de l’île et dont l’activité à cessé 3 millions d’années plus tard. Entre 6 et 7 millions d’années un deuxième volcan est apparu en mer une vingtaine de milles au Nord Ouest : le Teno puis un troisième plus à l’Est : Anaga (nous en reparlerons dans un prochain article). Vers 3,5 millions d’années, le premier volcan à repris son activité joignant entre eux les 3 volcans et formant une première ébauche de l’île de Tenerife.

Nous commençons l’exploration au départ de Garachico. Une fois passé la Montaña Negra, traversé Buan Vista Del Norte et quitté les bananeraies de la plaine cotiêre la route très étroite s’accroche à la falaise en empruntant un tunnel à sens unique. Nos photos datent de 2016, nous avons essayé de refaire la ballade fin décembre 2024 mais ce n’est plus possible. La route est interdite aux voitures particulières. On peut toujours aller voir le phare de Teno mais seulement en bus ou en taxi sans doute pour minimiser l’impact sur ce site naturel protégé et les risques d’éboulements le long de la route.

La pointe est beaucoup moins escarpée que les falaises vertigineuses, que nous longeons pour y arriver, pourrait le laisser supposer. Du phare, à cause de la brume on distingue à peine La Gomera pourtant distante de seulement 15 milles. Plage de galets, petit embarcadère et tout au tour, la nature aride et vierge.

On revient sur Buena Vista et on prend la route TF436 qui serpente dans la vallée. Pause déjeuner dans un excellent restaurant un peu après El Palmar (Meson del Norte).

C’est à El Palmar qu’il y a ce drôle de cône volcanique ressemblant à un gâteau au chocolat auquel il manquerait une part ou deux : la montaña Zahora à qui la vallée doit ses terres fertiles.

C’est aussi à El Palmar que commence la route sinueuse qui monte à Teno Alto. Tout là haut autour du petit village de Teno s’étend une sorte de plateau fertile coupé de quelques gorges.

C’est le dépaysement total, certains aspects du paysage feraient plus penser à quelque chose comme la côte ouest de l’Irlande qu’à un endroit situé à quelques degrés seulement du tropique. Ici, encore plus qu’ailleurs, la sécheresse qu’à subit l’île ces derniers mois se fait cruellement sentir, les pâturages verdoyants de nos passages précédents ont fait la place à des zones beaucoup plus arides où le moindre brin d’herbe semble avoir désormais du mal à pousser. En toile de fond on aperçoit le sommet du Teide enneigé.

Nous redescendons sur El Palmar pour continuer la montée de la TF436 vers le col de Altos de Baracán d’où l’on a une vue superbe sur les deux côtés de la montagne. La route continue jusqu’à Masca qui est un endroit magnifique. Quelques maisons, gîtes et restaurants avec une vue imprenable sur la montagne et le barranco qui descend jusqu’à la mer.

On y vient en voiture depuis les stations touristiques de la côte Sud en passant par Santiago del Teide ou en bateau depuis Los Gigantes et à pied par le sentier qui suit le barranco mais ce dernier est désormais payant (30 Euros pour un aller simple, le double pour l’aller et retour – prix du bateau en sus). C’est un site très fréquenté : pendant la période des fêtes de fin d’année 2024, il y avait tellement de monde que nous n’avons même pas réussi à garer la voiture heureusement que nous avions bien profité de cet endroit grandiose lors de nos visites précédentes.

Cette fréquentation élevée rend la remontée de la TF436 vers Santiago assez délicate. La route n’est pas toujours assez large pour se croiser et les touristes s’appropriant toute la chaussée dans les virages en épingle à cheveux comme s’ils étaient dans les spéciales sur routes fermées du rallye de Monte Carlo, rendent la montée parfois dangereuse. Mais, bon, en faisant très attention et en klaxonnant bien avant chaque virage sans visibilité on s’en sort ! Une fois on a même vu une bande de jeunes descendants en skate mais c’était un peu hors période d’affluence, et route bloquée en bas pendant leur descente. Et la vue depuis cette route tortueuse accrochée à flanc de falaise vaut bien de serrer un peu les fesses.

Passé Santiago, on redescend sur Los Gigantes juste pour voir d’en bas à quoi ressemble ses falaises géantes.

4)Ténérife : Le Téide

Attraction incontournable de l’île de Ténérife, Le Téide culmine à 3718 mètres. C’est le plus haut sommet d’Espagne et la troisième plus haute structure volcanique du monde mesurée depuis le fond de l’océan (les deux premières étant le Mauna Loa et le Mauna Kea tous deux à Hawaï). C’est un volcan actif mais sa dernière éruption date de 1909.

Nous n’avons jamais étudié la géologie mais d’après ce que nous avons compris il s’agit d’un strato volcan entouré d’une caldeira (sorte de cirque volcanique) née il y a environ 200 000 ans de l’effondrement du volcan précédent qui était parait-il encore plus haut. Son activité est liée au point chaud de la plaque Africaine situé sous l’archipel et qui semble se déplacer vers l’Ouest les éruptions les plus récentes ayant eu lieu à côté de El Hierro (2012) et sur La Palma (2021). Mais une activité sismique accrue a été détectée en 2004 et le Téide est sous surveillance permanente car les éruptions de ce type de volcan sont en général, explosives et peuvent faire d’énormes dégâts surtout sur une île dont la population résidente se monte à 960 000 habitants auxquels il faut ajouter 6,6 millions de touristes par an…

Parque Nationale del Teide

La base du volcan est accessible par la route depuis 3 directions différentes :

  • depuis la côte Sud via Arona (TF51-TF21)ou Granadilla et Vilaflor (TF21)
  • depuis La Laguna au nord (TF24-TF21) ou La Orotava (TF21)
  • depuis la côte Sud-Ouest via TF1 et TF38. Cette dernière est de loin la plus facile et la plus sûre par tous les temps.

depuis la côte Sud via Arona (TF51-TF21)ou Granadilla et Vilaflor (TF21)

depuis La Laguna au nord (TF24-TF21) ou La Orotava (TF21)

depuis la côte Sud-Ouest via TF1 et TF38.

La route traverse d’abord les paysages arides qui surplombe la côte puis la Corona Forestal cette forêt de pins des Canaries (espèce endémique) qui s’étend de 800 à 1600 m d’altitude et qui cède progressivement la place au désert de lave, de scories et de pouzzolanes de la caldeira de Las Cañadas qui entoure le cône du Téide.

Il y a de nombreux sentiers de randonnées balisés (nous en avons parcourus quelques uns) tant dans la forêt que dans la caldeira et il est même possible de monter à pied depuis la côte et de prendre un bus pour redescendre (ou inversement). Pour les sentiers: cliquez sur ce lien Pour les bus, c’est ici. Par contre pour emprunter les sentiers qui montent depuis la caldeira jusqu’au sommet proprement dit, il faut une autorisation préalable et que bien sûr le temps le permette.

« La corona forestal« 

Sur les sentiers de la « corona forestal » vous rencontrerez peut-être un de ces grands chiens tout maigres. C’est une espèce endémique de l’île (Podenco canario) ou du moins ils étaient déjà présent dans la forêt avant l’arrivée des premiers colons. De nos jours, ils passent la plus grande partie de l’année en liberté et sont utilisés en saison pour la chasse au cousin du lièvre (désolé le nom de cet animal ne peut pas être prononcé à bord d’un bateau) très apprécié dans la gastronomie locale.

Caserio de los Partidos

Pour les moins courageux (dont nous sommes) il y a le téléphérique (41 Euros aller et retour pour les non-résidents) ce n’est pas donné mais ce n’est pas tous les jours qu’on monte aussi haut et la vue vaut vraiment le coût.

Cette année les 21 et 22/12 il est tombé énormément de neige et le téléphérique ne fonctionnait pas, les accès nord étaient coupés et les parkings fermés (ce qui à occasionné des bouchons!)

mais c’était l’occasion de quelques photos intéressantes : de la neige abondante à 2000 mètres en zone subtropicale ce n’est pas si courant.

Comme vous vous en doutez, ce n’est pas la première fois que nous venons à Ténérife. les photos du sommet datent de Décembre 2017. Certaines photos de la caldeira et de la forêt datent de Noël 2017, 2016 et 2015, septembre 2014.