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Siné Saloum 1: Djiffer

Nous levons l’ancre qui remonte avec seulement un peu de sable et de coquillages, bien plus propre que ne le laissait présager la puanteur de l’eau. Nous avons décidé de couper la route en deux pour arriver de jour dans le chenal d’entrée du Siné Saloum. Navigation paisible sous spi, quelques barques de pêche mais pour l’instant rien d’extraordinaire. Contrôle inopiné de la Guardia Civil espagnole juste avant d’arriver à Saly notre étape pour la nuit sans doute un entraînement de routine pour leurs partenaires locaux car ils nous ont juste demandé où on allait. 10’ plus tard nous démarrons le moteur pour aller ancrer devant la ville mais, mauvaise surprise, un nuage de vapeur sort très vite de l’échappement : plus de refroidissement. Ou coupe, Domi plonge aussitôt pour vérifier la prise d’eau. Elle n’est pas obstruée c’est donc la pompe à eau de mer. Heureusement on a 2 kits de remplacement de la roue à aube et des joints à bord. En moins de 30’ c’est réparé et le moteur tourne à nouveau comme une horloge. Nuit tranquille mais un peu roulante, la large baie n’offre aucune protection contre la houle.

Au matin on repart vers Djiffer et on est bien content de s’être arrêtés pour la nuit. La mer est constellée de flotteurs de filets entre lesquels on doit se faufiler. Certains ont des drapeaux bien visibles d’autres une simple bouteille d’eau : une attention de tous les instants est requise et ce jusqu’à plus de 15 milles au large (>20m de profondeur).

L’entrée est bien plus facile que nous pensions en regardant les cartes. Le chenal est large, bien balisé et profond de plus de 7 m d’un bout à l’autre. Sur toute la zone les cartes sont d’ailleurs archi-fausses, les relevés datent sans doute de l’époque coloniale et le fleuve à largement modifié son lit depuis. A l’époque cette passe n’existait même pas, il fallait contourner la pointe Sangomar plus au sud, cet itinéraire est aujourd’hui beaucoup plus difficile. Nous avions téléchargé les traces de bateaux qui nous avaient précéder, ça aide bien !

On ancre un peu au nord du village dans le Siné devant l’estacade délabrée. C’est là qu’habite Etienne, un français très sympathique qui a créé l’association Région Nature pour aider à la protection des aires marines protégées en notamment éduquant les enfants et créant des emplois pour les locaux. Il a aussi créé une halte nautique pour accueillir les plaisanciers de passage. Il nous invite à partager son dîner.

Djiffer est un village de pêcheur très (très) actif avec des centaines de pirogues échouées sur la plage du port. On y trouve quelques commerces de base dont une boulangerie et de nombreuses épiceries.

La spécialité du village c’est la production de poisson séché et fumé qui occupe une très grande partie de la place disponible devant le village.

Babacar nous guide très gentiment dans la découverte de cette activité. Par contre une catastrophe écologique est en cours : seul point positif, les habitants trient leur déchets plastiques mais c’est seulement pour les entasser sur le bord de la plage afin que les vagues les emportent au large ou dans la rivière : un désastre et de fait, partout ou nous irons sur la rivière et dans les bolongs (bras latéraux) nous trouverons des monceaux de plastique. La situation est aussi critique que l’Indonésie.

Dakar 3) une semaine bien chargée

Nous sommes lundi, les administrations sont ouvertes, nous allons donc pouvoir régulariser notre situation et faire enfin notre entrée officielle au Sénégal. C’est de bonne heure et de bonne humeur que nous allons à terre. Deux autres équipages sont là pour la même raison. On parle de partager un taxi mais de toute façon il en faudrait au mois 2 et chacun à un programme différent. On prend donc le notre et on lui dit qu’on va à la police pour tamponner nos passeports. Du coup il nous dépose devant le ministère des affaires étrangères, on lui dit qu’on pense que ce n’est pas là mais il nous répond qu’il ne connaît pas d’autre endroit pour les passeports. On se présente donc à la porte. L’agent nous dit de faire la queue comme tout le monde sans accepter nous dire si nous sommes au bon endroit. Au bout d’une trentaine de minutes c’est notre tour, il n’a aucune idée si c’est bien là mais nous fait entrer. Nous interrogeons plusieurs personnes qui ne sont sûres que d’une chose : nous ne sommes pas au bon endroit mais où faut-il aller, mystère ! Nous ressortons donc et c’est finalement un policier faisant la circulation qui nous renseigne : c’est à la police du port que nous devons nous rendre et nous pouvons y aller à pied car c’est seulement à quatre rue d’ici. Quand nous arrivons les autres équipages sont bien entendus là, attendant sagement leur tour. Midi approchant l’efficacité des fonctionnaires accélère rapidement et en 20 minutes nous sommes dehors nos passeports dûment tamponnés, empreintes et reconnaissance faciale vérifiées. Il est encore temps pour faire un saut au marché Kermel pour ramener quelques fruits et légumes.

C’est un bâtiment circulaire de style art déco. On mange un thiéboudienne (çà devient une habitude) à l’une des mamas qui officie à l’entrée du marché. On rentre au CVD déposer nos courses et on a encore le temps d’aller à la douane (10’ de marche du CVD) pour obtenir le passavant (document d’importation temporaire et permis de circulation).

Mardi matin mauvaise surprise : l’ordi de Domi sur lequel il fait tout ses routages, cartes satellites, dossiers administratifs et autres correspondances à rendu l’âme. Quoiqu’on fasse il refuse obstinément de démarrer victime sans doute de la très forte chaleur (il fait jusqu’à 33 à l’intérieur) et d’une utilisation intensive sur toutes les mers du globe pendant plus de 7 ans. Pas de doute il faut le remplacer mais ici on ne peut pas juste passer la commande sur le site du fabriquant et attendre qu’il arrive, il va falloir se débrouiller autrement. Les gars du CVD suggèrent d’aller au marché Alizé. On prend donc un taxi mais les petites boutiques du marché Alizé sont pour la plupart axées sur les téléphones portables et leurs accessoires. Pour se renseigner tout en se posant 5’ au frais on rentre un peu au hasard dans le magasin tout neuf d’un opérateur télécom local. On leur explique qu’on cherche un ordi portable 14’ neuf avec processeur Intel et Windows 11 Professional de préférence et qu’on ne sait pas trop où s’adresser car les boutiques du coin ne semblent pas avoir de matériel pro. Pas de problème on va vous trouver çà nous disent-ils. Les filles nous font la conversation et nous offre un verre d’eau. Au bout d’1/2 heure, le gars revient avec une première machine. Le prix est intéressant mais ce n’est pas ce que je cherche. Il repart et au bout d’une heure il revient avec exactement celle que je cherchais. Elle est toute neuve, c’est le haut de gamme des Thinkpad L6 avec toutes les options possibles seul inconvénient, elle a un clavier Suisse mais vu le prix proposé ( celui du modèle de base sur le site du fabriquant) on va pas chipoter. Maintenant il faut payer et devinez quoi : le prix d’un ordi neuf on l’a pas en petite monnaie au fond de la poche alors on voudrait bien payer par carte mais il n’y a pas de TPE dans cette agence. Qu’à cela ne tienne, le gars va en chercher un dans une autre agence et revient 1 heure plus tard avec le terminal mais pas moyen de connecter. Finalement une des filles nous accompagnent à la banque du coin où on retire la somme en liquide en utilisant tout le plafond de nos cartes. Imaginez la même aventure dans une grande ville française en s’adressant à la boutique Orange du quartier : les Sénégalais sont géniaux !

Le soir nous avons convenu de passer la soirèe avec Nouzla (c’est la compagne de David le fils de Jean-Michel et Bernadette (notre amie potière),( et qui habitent juste sur l’autre versant de la petite vallée où nous vivons quand nous ne sommes pas en mer– décidément Dakar semble une destination très prisée par les conjoints des habitants de la vallée -voir article précédent) Nouzla est à Dakar pour l’organisation des prochains jeux olympiques de la jeunesse dont elle dirige une partie du projet. Nous nous retrouvons dans un resto de la plage de Ngor ou nous passons un super moment.

Les deux jours suivant sont bien occupés par la configuration du nouvel ordi (récupération de la sauvegarde, téléchargement et installation des applis, cartes etc.)

On a tout de même un peu de temps pour descendre plusieurs fois à terre boire un verre au CVD, papoter avec les autres voileux, négocier avec Mama Nougat pour son beurre de cacahuètes, prendre des mesures chez Mama Chiffon pour un ensemble chemisier pantalon 3/4 de style local. L’ambiance est relax et bon enfant et tous les intervenants du CVD sont tellement gentils. On citera notamment Doumia le passeur si serviable et disponible et Abdul toujours près à aider et à apprendre et tous les autres qui sont aussi adorables.

Journée courses

On passe aussi du temps à faire les courses. Côtè super marché, il y en a partout et de toutes les tailles mais pour des grosses courses le meilleur choix est sans aucun doute l’hypermarché Auchan Mermoz (quartier chic de la ville) qui présente un choix assez similaire à ce qu’on peut trouver chez nous.

Pour les fruits et légumes la palme va au marché HLM qui s’étend sur tout un quartier, les stands bien achalandés d’une multitude de marchands occupent rues et places, protégés des ardeurs du soleil par des bâches sommaires.

Enfin Jeudi soir nous sommes prêts. Il est temps que l’on quitte cet endroit. La ville de Dakar est un vrai cauchemar urbain : voirie défoncée, déchets s’amoncelant partout, camion, minibus et voiture hors d’age bricolés maintes fois pour continuer à rouler envers et contre tout recrachant autant de fumée qu’un millier de vieille locomotive à charbon, poussière dense omniprésente partout dans l’air, égouts à ciel ouvert se déversant directement dans la mer comme celui qui donne à notre mouillage cette odeur pestilentielle (mais des travaux sont en cours pour y remédier) heureusement que l’extrème gentillesse des habitants fait oublier une partie de ces nuisances.

Demain dernier jour d’octobre, (qui marque la fin de la saison des pluies) nous partons pour le Siné Saloum.

Dakar 2: dimanche touristique

Comme se promener en ville sans visa d’entrée ne semble pas poser de problème nous allons continuer à jouer les touristes clandestins. En plus aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec Stéphane un très bon ami (le compagnon de la fille de notre voisin le plus proche au fin fond de la Touraine où nous vivions quand nous ne sommes pas sur l’eau si vous voulez tout savoir.) C’est un amoureux de l’Afrique de l’ouest où il a vécu de nombreuses années et il parle le wolof ce qui est souvent bien pratique dans le coin.

On s’est donné rendez-vous au musée Théodore Monod d’art Africain.

La salle principale du musée est plutôt décevante même si elle expose quelques artefacts intéressants. Par contre la salle des expositions temporaires vaut largement le détour avec en ce moment les œuvres de 3 peintres locaux rassemblés sous le titre « Lien Commun ». Tous trois peignent en effet des scènes urbaines et nous montrent la ville dans toute sa vérité et sa crudité. Tempidaro nous offre ces visions de la vie à Saint Louis dans un style qui semble tout droit sorti d’une BD déjantée. Sadio utise une technique bien particulière qui fait penser par certains côtés aux dessins des arborigènes d’Australie . Mais c’est Ibou Diagn qui emporte tous nos suffrages . Cet artiste très talentueux utilise un style qui pourrait s’apparenter à de l’impressionnisme mais complètement revisité pour mettre en lumière l’atmosphère locale: de près on ne voit qu’une multitude de tâches de couleurs sans aucun trait ni motif apparent mais en s’éloignant de quelques pas on découvre une foule en pleine activité sur un marché ou ailleurs.

Mais il est temps de songer au repas de midi. Le plateau et particulièrement le quartier Ponty est désert et la plupart des restos sont fermés : pas le bon endroit pour casser la croûte un dimanche. On prend un taxi pour la pointe des Almadies tout à l’autre bout de la ville.

« Mosaïque sur mes murs de l’ambassade Américaine« 

Resto en terrasse tout au bord de la mer où on se mange un excellent ceebu jën (thiéboudienne) LE plat traditionnel de riz et de poisson. Petit altercation avec le restaurateur : en débarrassant la table, il jette par dessus le balcon nos sachets d’eau minérale vides. Anne lui fait tout de suite la remarque. Il essaie de dire que c’est pas grave mais elle insiste. Heureusement sous le balcon il y avait une corniche, les sachets ne sont donc pas tombés directement à la mer et il a pu facilement les récupérer. Le Sénégal est sans doute le pays du monde où les gens sont les plus accueillants et les plus gentils mais le pays croule sous les déchets plastiques et absolument rien est fait pour y remédier.

De là nous mettons le cap sur Ngor tout à côté. C’est sans doute le joyaux de Dakar, particulièrement le quartier entourant la grande mosquée d’Ngor avec ses ruelles étroites bordées de maison traditionnelles aux murs peints de fresques évoquant principalement la mer et des scènes traditionnelles.

La grande maison sur la pointe appartenait parait-il à la chanteuse France Gall.

La petite baie est protégée de la grosse houle du large par l’île touristique de Ngor. La partie ouest de la plage est remplie de barques de pêche artistiquement décorées (comme partout au Sénégal) parmi lesquelles se promènent de nombreuses chèvres, tandis que la partie Est est dédiée à la baignade et aux loisirs. L’eau est ici suffisamment claire pour avoir envie de s’y tremper. C’est à la terrasse d’un des cafés de la plage que nous finirons cette belle journée de détente.

Dakar (1: Arrivée)

On apperçoit au loin le phare des Almadies. Un vol de petites punaise vertes nous accueillent, elles sont des dizaines sur le pont. Le temps est calme, on a tout le temps de découvrir la côte plutôt escarpée de péninsule où est bâtie la ville.

Puis on contourne l’île de Gorée et ses fortifications. Gorée, désormais classée au patrimoine de l’UNESCO, fût jusqu’au milieu du XIXème siècle, la capitale économique et administrative de la région (avant l’avènement de la ville de Dakar proprement dite). Elle dû, en grande partie, sa prospérité au sinistre commerce de la traite des esclaves vers l’Amérique.

On zigzague entre les chalutiers chinois rouillés, les sacs plastiques et autre déchets dérivants pour arriver à l’anse de Hann. L’eau est très polluée et dégage une odeur pestilentielle. Depuis plusieurs années la principale station d’épuration de la ville est en panne. Des travaux sont en cours pour y remédier mais ne sont visiblement pas encore terminés. C’est sur cette plage qu’est situé le CVD (Cercle de Voile de Dakar) institution incontournable de la plaisance en Afrique de l’Ouest. C’est une escale pratique, l’accueil du personnel et des voileux déjà sur place est chaleureux et de bon conseil. Et cerise sur le gâteau : le bateau taxi/navette qui vient nous chercher à bord et nous ramener toute la journée (de 08:00 à 22:00), vu la propreté de l’eau ne pas avoir à utiliser notre annexe est vraiment un plus.

Nous sommes samedi les administrations sont fermées. Il faudra donc attendre lundi matin pour aller faire les formalités d’entrée, mais on peut quand aller en ville! On prend un taxi pour l’après midi ce qui est une erreur il vaut mieux les prendre pour une simple course en négociant le prix où télécharger l’appli Yango (Uber local). Mais bon on voulait trouver une banque ouverte pour retirer des francs CFA, aller acheter une carte SIM locale et s’offrir une visite de musée.

Pour cette première après-midi à Dakar, notre choix s’est porté sur le Village des Artistes. Lieux incontournable de l’art contemporain au Sénégal il est situé sur la route de l’ancien aéroport. A première vue le site ne paye pas de mine, de l’extérieur ça ressemble plus aux baraquements d’une caserne désaffectée qu’à un musée. Mais c’est de l’intérieur que l’endroit prend tout son intérêt. D’abord la salle Léopold Sédar Senghor où se tient l’exposition principale, souvent remise à jour pour présenter les œuvres les plus en vue des artistes hébergés par le village. De là on passe aux ateliers des artistes : ils sont nombreux mais nous n’en retiendrons que quelques-uns. La palme va sans aucun doute à leur très sympathique ainé, Tita (Amadou Mbaye de son vrai nom), ancien professeur d’art plastique à l’université il a un longue carrière d’artiste. Ses peintures et ses sculptures ont la particularité d’utiliser des matériaux naturels et locaux comme par exemple la sève de baobab.

Ou encore ce potier (dont nous avons malheureusement pas noté le nom) qui réalise des vases au formes extraordinaires sans les tourner et en y intégrant des morceaux de cuir.

Le préféré de Domi est M.Baba Ly (https://www.threads.com/@m.babaly) sa peinture exprime le regret d’une tradition ancestrale qui s’efface sous la pression de la technologie.

A suivre

De Lagos à Dakar

Samedi 25 Octobre 2025, fin de matinée ensoleillée, 31°C à l’ombre, Rêve à Deux vient de s’ancrer dans l’anse de Hann juste devant le Cercle de Voile de Dakar dans une ambiance d’aventure qui recommence.

Mais que c’est-il passé depuis le dernier épisode. Nous avions laissé Rêve à Deux à sec le 27 mars au chantier Sopromar de Lagos. C’est un super endroit pour un hivernage/ ‘étéage’. Le chantier est très bien équipé, ses ouvriers très sérieux et les prix sont raisonnables. On en a profité pour faire faire quelques travaux sur le moteur (changement du coude d’échappement et des joints de l’embase de saildrive). Mais on est aussi revenu en voiture mi-juillet pour une semaine de bricolage à bord . Au menu, pose d’un nouveau guindeau, l’ancien commençant à donner des signes de faiblesse, d’une nouvelle cuisinière (le bricolage réalisé à Agadir a bien tenu jusqu’ici mais n’était pas trop sécurisant côté risque de fuite de gaz), remplacement des bagues de safran et surtout mise en place d’un nouveau jeux de voile. Rêve à Deux est à nouveau comme neuf !

Nous avons repris la mer dimanche 5 octobre 2025 cap sur Porto Santo dans l’archipel de Madère. On avait dans l’idée de rallier directement les Canaries mais le vent fort et la houle prévus sur zone cette semaine risquaient de rendre l’atterrissage inconfortable. Nous avons donc décidés de faire une détour par Porto Santo où nous avons passé deux nuits très relaxantes. Ce qui nous à permis de rejoindre Tenerife et de nous amarrer à la marina de San Miguel dans des conditions idéales.

Vieilles Photos prise au musée de porto Santo

Une semaine complète à la marina partagée entre ballades aux plus beaux endroits de l’île et baignades avec notre amie Hélène,

bricolages sur le bateau pour corriger quelques petits soucis de sondes et de capteurs (Tenerife est sans doute le dernier endroit sur notre route où on peut vraiment tout trouver.) Sans oublier bien sûr les courses pour avoir à bord un bon stock de nourriture particulièrement tous ces produits qu’on ne trouvera pas forcément dans les prochains ports.

On en profite du passage à Santa cruz pour visiter l’office du tourisme

L’idée originale était de passer ces quelques jours sur Tenerife avec nos amis Hélène et Philippe puis de rejoindre El Hierro (notre coup cœur de l’archipel, voir notre article du début de l’année) pour ne relaxer une dizaine de jours dans ce petit paradis avant de poursuivre vers le Sénégal. Seulement voilà, un super créneau météo se présente pour aller directement sur Dakar alors que les conditions sur les Canaries pour les 15 prochains jours semblent vouloir ce dégrader. L’occasion est trop belle le choix est vite fait ! Dimanche 19/10/2025 09:00 nous sommes partis !

Traversée de rêve, pratiquement entièrement sur le même bord, voiles en ciseaux la plupart du temps, vent 15 nœuds avec quelques rafales dépassant rarement 20 et seulement 2 heures de moteur pour franchir la zone de transition entre le régime de Nord-Nord-Est qui nous a propulsé jusqu’à l’approche des côtes Sénégalaise et le petit vent d’ouest qui nous fera gentiment pénétrer dans la grande baie de Dakar.

A nous maintenant de découvrir cette immense métropole grouillante de vie !

Madère – Lagos via Porto Santo

En ce 2ème jour du printemps (Vendredi 21 Mars 2025) le temps est beau et le vent s’est calmé, on peut enfin quitter Funchal. Par contre la mer au large est encore très formée et du vent encore assez fort devrait revenir dans les prochaines 24 heures. On va donc gentiment profiter de cette belle journée pour aller à Porto Santo et revoir un peu cette île qu’on avait adorée lors de notre précédent passage en 2018.

En cette saison il n’y a bien évidemment plus de place au ponton par contre, en cette fin d’après midi, il n’y a que 2 bateaux au mouillage à l’intérieur des jetées du port. On ancre donc . Ce port est de loin le mieux protégé de tout l’archipel (Madère + Porto Santo).

Le lendemain ballade à terre. Depuis notre court passage en juillet 2018 beaucoup de choses semblent avoir changés. Restos et bâtiments administratifs sur le port, nouvelles constructions et villas autour du village, grand supermarché Pingo Doce et plus positif, tous les vieux bâtiments du centre de Vila Baleira ont été restauré et bien mis en valeur.

Retour au port par la grande plage de sable blanc, un joyau unique dans toute la Macaronésie (Madère, Canaries, Açores) dont l’origine volcanique n’a engendré que des plages de sable noir.

La météo se confirme, il faut qu’on parte dimanche matin. La mer sera toujours un peu forte au début, mais si on attend il faudra tirer des bords et en plus du mauvais temps venant de gibraltar risque de rendre l’entrèe du port de Lagos difficile.

Les deux premiers jours de la traversée sont assez remuants avec plus de 25 nds de vent et des creux de 4 m, heureusement, sous notre véranda, les quarts se passent bien au sec y compris les prises de ris. Le 3ème jour, les conditions s’améliorent grandement. Dans l’après-midi le vent refuse franchement au N.E. et nous contraint à tirer un petit contre bord de recentrage. Mais très vite le vent rebascule au Nord et nous pouvons faire route vers l’extrémité Sud Est de la ZST(zone de trafic des cargos) du cap St Vincent. Le lendemain matin, nous en sommes encore à une vingtaine de milles quand il adonne encore franchement au ONO nous permettant de couper la route des cargos à 90°. Il est 23:00 le 26/03/2025 quand nous jetons l’ancre bien à l’abri devant la plage de Lagos.

A 09:00 on téléphone au chantier et excellente surprise, ils peuvent nous mettre à sec aujourd’hui à 14:00. C’est super, la marée est haute à la même heure, idéal donc pour rentrer dans le chenal et faire les manœuvres. Surtout que la mer est parfaitement calme et le vent d’Ouest très faible.

L’opération est rondement menée par l’équipe du chantier. Avant de nous déposer sur le ber Ils nous laissent le temps de démonter le safran (on doit changer les bagues des paliers) et nous aident pour le sortir et le poser à terre.

Voilà Rêve à Deux est prêt pour un nouvel « éténage » » (hivernage d’été) en principe jusqu’à fin Septembre ou début Octobre. Mais pour être prêts pour cette nouvelle saison qui, si tout se passe bien, devrait nous amener de l’autre côté de l’Atlantique il y a bien sûr quelques travaux d’entretien à effectuer.

Le chantier Sopromar est à peine à 5′ de marche du centre ville de Lagos on en profite tous les soirs après notre journée de travail pour aller nous mêler aux touristes déjà assez nombreux. La ville est agréable et l’ambiance reste tranquille.

Le 4 avril nous sommes prêts à rentrer à la maison, en bus comme c’est devenu notre habitude.

Madère ballade en Bus

Les transport en commun à Madère permettent de se rendre très facilement à peu près partout sur l’île pour quelques euros. Par contre comprendre les lignes et les horaires n’est pas du tout évident le réseau étant historiquement géré par différents opérateurs que le gouvernement essaie de regrouper dans un service unique. Ajouter a ça que l’office de tourisme préfère faire la promotion des taxis et autres transports individuels ou touristiques. Mais avec les deux liens ci-dessous on s’en tire très bien.

http://www.horariosdofunchal.pt/guia-en/mobile/

https://siga.madeira.gov.pt/horarios/

Première escapade routiére: un demi tour de l’île pour aller jusqu’à Porto Moniz à l’extrème pointe Nord Ouest. On est tout de suite surpris par l’urbanisation, même s’il n’y a pas, en dehors de Funchal de très grosses agglomérations, il y a énormément de constructions, maisons individuelles ou villages. Il y a aussi beaucoup de cultures notamment de bananes. Les seules endroits encore vierge semble être les pentes trop abruptes pour construire ou cultiver. La route passe par un nombre impressionnant de tunnels.

Au lieu touristique, Porto Moniz est célèbre pour ses piscines naturelles aménagées autour de la pointe. Nombreux cafés, hôtels et restaurants ainsi qu’un aquarium consacré à la faune marine locale dans l’ancien fort. Pour les piscines ce n’est vraiment pas le jour, il fait plutôt froid et surtout le vent de Nord Ouest qui souffle à levé une forte houle rendant l’accès tout à fait impossible. Si vous voulez piquer une tête, venez un jour sans vent d’Ouest, Nord Ouest.

Le retour se fait par un itinéraire différent mais toujours en longeant les côtes Ouest et Sud.

Notre deuxième excursion nous amène à Curral das Frairas.

Après une vingtaine de km dans les hauts du Funchal puis sur une petite route de montagne sinueuse, le bus nous dépose au belvédère d’Eira do Serrado.

De la haut la vue est magnifique.

La profonde vallée aux parois vertigineuses forme une sorte de cirque avec en son centre une sorte de plateau ou se situe le village de Curral das Freiras (littéralement le corral des religieuses). Ne serait-ce la densité de population, vu d’en haut, l’endroit nous fait un peu penser à Mafate à l’autre bout du monde tant son relief est similaire.

Et on entame la descente à pied par le sentier accroché à la falaise. A notre rythme lent avec de fréquents arrêts photos, il nous faut presque deux heures pour arriver au village mais on a croisé plusieurs couples qui on fait l’aller et retour en bien moins longtemps.

Le temps de déjeuner dans l’un des restaurants (plutôt cher et pas excellent – vive le tourisme de masse), puis de faire rapidement le tour du village et nous reprenons le bus pour Funchal.

Troisième excursion en transport en commun le Jardin botanique de Funchal.

C’est de loin le moyen le plus pratique et le moins cher pour y aller.

Ce jardin mérite vraiment une visite

On a de la chance, aujourd’hui il fait beau et la pluie d’hier n’a pas trop abimé les belles fleurs.

On aurait aimé se déplacer plus sur l’île et visiter d’autres endroits mais le temps ne s’y prêtait vraiment pas. Même s’il ne pleuvait pas tout le temps à Funchal, les hauteurs étaient souvent dans les nuages et sous la pluie. Nous aurions aimé aller voir la Levada des 25 fontaines (canaux d’irrigations en pleine forêt à flanc de montagne) mais en plus de la météo difficile, aucun bus ne passe par là-bas il faudrait louer une voiture ou prendre un taxi.

Cette saison se termine. Après avoir exploré de nombreuses possibilités pour mettre notre Rêve à Deux à sec jusqu’à la saison prochaine (pour nous Octobre 2025) nous avons jeté notre dévolu sur le chantier Sopromar à Lagos. Une fois la tempête Martinho et sa suite passées un créneau météo acceptable semble vouloir se dessiner nous allons donc nous préparer à reprendre la mer, enfin!

Madère (le Carnaval de Funchal)

Pendant 10 jours la ville la ville est en fête, concerts, défilés, vente de produits locaux avec deux points d’orgues.

Le premier c’est le Grand Défilé qui se déroule le soir du premier mars et met en scène des artistes locaux amateurs ou parfois même semi-professionnels représentant des associations locales et qui s’entraînent toute l’année pour cette occasion.

Une grande partie du spectacle était peut-être un peu trop orienté sur la mise en valeur du corps féminin mais pas que avec notamment un groupe de personnes à mobilité réduite en fauteuil dont la prestation n’avait rien à envier aux autres groupes.

Le second a lieu le mardi 4 mars dans l’après-midi c’est le Cortège dit « Maladroit » (trapalhão en portugais). Amateurs de tous bords, vieux ou jeunes (voire très jeunes) défilent en moquant tel ou tel trait de la société locale ou de l’actualité mationale ou internationale ou encore tout simplement pour se montrer déguisé et profiter d’un moment de défoulement total.

c’est un concours et que le meilleur gagne!

Madère, la ville de Funchal

La traversée commence par tout petit temps et mer plate puis le vent dENE monte très vite et la mer se forme dès qu’on quitte le dévent de La Palma. Mais les conditions restent toutefois maniables et surtout très favorables puisqu’on fera toute la traversée sur un seul bord et la plupart du temps bien débridé. Mais bon pas de quoi carburer comme des V2 non plus puisqu’on mettra 2 jours à faire les 250 milles. Nous avons choisi de faire escale à Funchal.

Nous avions réservé une place au port avant de partir, on aurait du demander le tarif avant parce que ce n’est pas donné, mais bon ce sera la mauvaise surprise au moment du départ. On est bien accueilli par le marinero et il nous place tout de suite sur un ponton avec catway et pendille. Notre séjour sera un peu plus long que prévu puisque nous y resterons presqu’un mois. La faute à des tempêtes successives dont la dernière la tempête « Martinho » fera des dégâts mineurs sur l’île mais très importants sur le continent.

Situé en plein cœur de la ville, le port de Funchal est bien protégé de ces vents et de la houle associés par la ville et par la grande jetée du port commercial mais il est tout de même sujet à un ressac assez désagréable: ne pas oublier de doubler les amarres et de mettre les amortisseurs.

Le port commercial est principalement dédié aux paquebots de croisières (nous en verrons jusqu’à quatre ensembles) qui déversent leurs milliers de passagers touristes dans la ville. Parfois il y a des visiteurs plus authentiques comme ce phoque habitué des pontons ou ce trois mat à voile de la marine danoise. Le port abrite aussi un labo océanographique équipé d’un drone de surface pour étudier l’évolution de l’eau de l’océan autour de l’île. Mais que serait Funchal sans son héros national le fameux CR7 (je vous laisse deviner de qui il s’agit) né dans la cité du fenouil*?

*Funchal tire son nom du mot funcho qui signifie fenouil en portugais, une plante très abondante sur l’île.

La ville de Funchal est jolie et agréable avec ses rues piétonnes bordées de façades typiques, ses jardins publics luxuriants et ses vieux bâtiments historiques: profitons des accalmies pour découvrir tout ça ensemble.

Même si la ville à été fondée entre la fin du 15ème début du16ème siècle, la majorité des façades datent de la fin du 18ème et arborent leur style néoclassique.

Nous prenons le téléphérique pour monter aux jardins tropicaux mais le temps froid et humide ne s’y prête pas vraiment nous nous consolons en admirant le paysage puis en dégustant une succulente bacalhau.

Retour par le fort de Santiago et la rua Santa Maria et ses intéressantes portes peintes par des artistes locaux d’œuvres parfois humoristiques ou provocatrices, voire revendicatives ou tout simplement typiques.

La Palma, en voiture

Lors de notre premier passage sur cette île, en juillet 2018, nous avions visiter la Caldera de Taburiente et nous avions été très impressionnés. Cette fois-ci nous allons essayer d’en faire le tour et d’aller voir les coulées de l’éruption de 2021.

Il n’y avait aucune voiture disponible même en réservant plusieurs jours à l’avance à la gare maritime toute proche de la Marina par contre chez les même loueurs il y avait tout ce qui fallait à l’aéroport à 15′ de bus. Nous quittons Santa Cruz et montons par la LP4 qui serpente à flanc de montagne à travers une foret assez dense mêlant feuillus et résineux.

Au bout d’une trentaine de km de montée (et de nombreux arrêts photos) on arrive à plus de 2000m d’altitude. La végétation devient de plus en plus clairsemée pour faire place à un paysage volcanique lunaire. La route passe à peine une cinquantaine de mètres du Pico de La Cruz (2351m) d’où on a une vue époustouflante sur la caldera de Taburiente d’un côté et le nord de l’île de l’autre. Dans les zones ombragées au bord de la route il y a encore de la neige.

Juste à côté, sur les pentes du Roque de los Muchachos, s’étendent les coupoles, les antennes et les miroirs de l’observatoire de l’institut d’astrophysique des Canaries. C’est l’un des observatoires les mieux équipés du monde avec un très grand nombre d’instruments dont notamment le plus grand télescope optique infrarouge existant.

La route qui traverse l’observatoire grimpe jusqu’au sommet du Roque de los Muchachos (2426m), le plus haut sommet de l’île, où un terre-plein est aménagé, mais oubliez! C’est le terminus du chemin de rando qui fait le tour de la caldera et il y tellement de voitures et autres minibus qui viennent déposer ou récupérer les randonneurs que ça provoque des bouchons.

De là nous redescendons pour rattraper la LP1 à Hoya Grande (très bon resto/pizzeria végétarienne) et descendre sur El Pinar. Oui il y a des vignobles et des producteurs de vin mais ça veut toujours dire la pinède. Ici les vignes sont souvent parsemées d’amandiers et en ce moment ils sont en fleur. La montagne est découpée de profondes vallées qui descendent sur la mer. Sur la côte encore escarpée les bananeraies remplacent les pinèdes. Juste après le village de La Punta, la montagne s’arrête sur une falaise vertigineuse surplombant la plaine côtière de Los Llanos sur laquelle on aperçoit au fond le cône volcanique de Cumbre Vieja et la coulée de lave de la dernière éruption (2021)

C’est tout en bas de cette falaise qu’est nichée la petite station balnéaire de Tazacorte et son port de plaisance. L’endroit n’a pas changé depuis notre passage en 2018 mais les pontons sont effectivement archi pleins (on avait essayer de réserver sans succès plusieurs fois cette année pour y revenir).

De là il n’y a que quelques km pour rejoindre le pied de la Cumbre Vierja et ses coulées de lave. L’éruption a duré du 19 septembre au 25 décembre 2021 faisant des dégâts très important (plus de 400 bâtiments ainsi que des exploitations agricoles détruits) mais fort heureusement aucune victime grâce notamment à la réactivité des autorités locale et l’efficacité des secours. Il n’y avait pas eu activité volcanique sur l’île depuis 1971. Un peu plus de 3 ans plus tard le spectacle est impressionnant.

On pensait faire tout le tour de l’île mais c’était un peu optimiste sur le continent avec une bonne route, 50 km c’est l’affaire d’une grosse heure. Ici c’est souvent plusieurs heures sans même compter les arrêts photos ou les ballades à pied. On rentre donc directement depuis El Paso par le tunnel de la LP3 qui rejoint directement Sant Cruz.

Un bon créneau météo se dessine pour rejoindre Madère sans tirer des bords et avec une mer raisonnable. Note technique: le modèle météo le plus fiable, et de loin, sur tout l’archipel est Arpège de Météo France, ECMWF est très pessimiste, ICON très optimiste et GFS rend très mal les effets d’îles.

Samedi 22 février nous quittons Santa Cruz salués par le Queen Mary qui vient d’arriver à quai: un vrai paquebot celui là pas comme ces gigantesques hôtels flottants hideux qu’on voit maintenant partout.

Bye bye les Canaries! Au fait savez vous pourquoi ces îles s’appellent comme çà? Rien à voir avec le petit oiseau jaune! C’est en fait parce, à la fin de l’antiquité les premiers explorateurs y ont trouvé de nombreux chiens sauvages (chien en latin = canis). Au moins on quitte l’archipel moins bête…