Rio Négro « jour 5 »

Ce matin nous partons pour une grande ballade en foret. Elle commence dans le jardin du propriétaire mais trés vite nous retrouvons la forêt primaire. Chaque végétal, chaque animal a un rôle dans la vie de l’écosystème.

Les amérindiens ont utilisés la sève des arbres et des plantes depuis la nuit des temps à des fins médicinale. Beaucoup sont aujourd’hui encore utilisés comme base par l’industrie pharmaceutique comme par exemple la quinine ou sous forme d’huiles essentielles par les médecines douces. Les grands parfumeurs ne sont pas en reste et des parfums célèbres ont été créés à partir d’arbre de la forêt comme le Chanel n°5 que nous avons eu le plaisir de sentir.

Dans cette forêt, l’animal roi c’est l’insecte. Il y en aurait 2,5 million d’espèces d’insectes en Amazonie. ils sont partout mais pour les identifier c’est une autre paire de manche: amusez vous bien!

Après cette matinée bien remplie nous entamons la redescente du fleuve hé oui! Demain c’est le sixième jour de cette aventure et le bateau doit être rentré à Manaus dans l’après midi. Juste avant la nuit nous plantons l’étrave sur la plage de la petite langue de sable juste en face du village (ou plutôt la communauté comme on dit ici) d’Arara.

Rio Négro « Jour 3 et 4 »

Reveil en face d’une jolie plage à l’eau miroitante. On remonte à nouveau la rivière ou nous étions hier.

L’activité du jour c’est une baignade avec les dauphins roses. Espèce endémique du bassin de l’Amazonie vivant exclusivement en eau douce. Ce sont des dauphins sauvages vivant ici en liberté. C’est assez drôle de jouer avec eux pendant que le montreur les attire avec des poissons mais ce n’est pas écologique car il deviennent dépendant de l’homme pour une part non négligeable de leur nourriture.

Après un bon moment dans l’eau chaude et claire (vu sa couleur on se croirait dans une grande tasse de thé) on continue la remontée du fleuve. Pose déjeuner dans une petite crique, juste avant Santa Maria. On en profite pour laisser passer un gros orage avec des pluies diluviennes. nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies et le niveau du fleuve est encore bas. L’orage passé on continue la remontée du fleuve et on se niche tout au fond d’un adorable petit bras latéral juste à la tombée de la nuit.

Le matin suivant, Bachir le marin nous amène sur l’embarcation du bateau explorer la rivière est ses bras aux alentours. Il y a quelque chose de différent à découvrir au détour de chaque méandre, végétal ou animal. Les oiseaux sont particulièrement présents. on passera un petit moment à observer les Cassiques huppés ces oiseaux noirs au bec et à la queue jaune qui construisent leur nids suspendus aux branches d’un même arbre rassemblant toute une colonie. Des légendes circulent à leur sujet. il y aurait eu un pacte entre une déesse, des humains et ces oiseaux et qui expliquerait leur comportement.

En fin de matinée nous rentrons au bateau pour continuer la remontée du fleuve jusqu’à la rivière Cuieiras.

Déjeuner en route. Arrivés à destination le propriétaire des lieux un constructeur de bateau et éleveur de canards nous prête un canoé pour remonter la petite rivière mais le niveau de l’eau est encore trop bas et c’est à pied que nous finissons le trajet jusqu’au chutes. Baignade dans un eau limpide et fraiche. nous finissons la journée en explorant l’aval de la riviére à la pagaie.

Pour le dîner notre hôte fait griller un très gros poisson plat fraichement pêché.

Rio Négro « Jour2 »


Départ après un petit déjeuner bien copieux on discute le programme des prochains jours.

Il y a beaucoup trop de visite de villages de différentes ethnies au programme ce qui ne nous plait pas trop : Nous sommes venu voir la nature et nous comprenons parfaitement qu’il faut leur permission pour marcher sur leurs terres. Nous avons un peu de mal à la convaincre, mais finalement elle accepte de modifier son programme pour inclure plus de ballades en forêt ou en pirogue à la place des visites de village et de folklore Amazonien.

Dans la matinée visite d’une petite ferme bio au fond de l’igarapé Acajituba ou la propriétaire Gisèle, qui est aussi une guérisseuse locale réputée, cultive des plantes aromatiques et médicinales ainsi que du manioc. On a le droit à une belle démonstration de préparation de farine et de tapioca à l’ancienne : saviez vous que le manioc est très toxique sans préparation adéquate. La toxine du manioc, la linamarine, ce transforme en acide cyanhydrique ( aussi appelé cyanure : un poison violent) lorsqu’il entre en contact avec la linamarase, une enzyme qui est libérée quand les cellules des racines de manioc se rompent.

Les gens du village nous disent qu’ils ont aperçu un paresseux. Nous allons le voir dans l’après-midi (çà ne se déplace pas très vite) .

Puis nous partons pour une grande virée avec la pirogue en alu du bord. Cette terre ou se trouve la ferme de Gisèle et d’autres villages est en fait une très grande île délimitée par un labyrinthe de canaux, rivières et autres plans d’eau. Là pendant plus de 3 heures et plusieurs dizaines de km on découvre la faune et la flore de cette zone humide et de la forêt qui l’entoure.

La nuit tombe mais nous y sommes encore : c’est le moment le plus propice pour voir des crocodiles.

On ressort dans une grande baie toute proche du Rio Negro, Heureusement pendant ce temps le capitaine avait repositionné le bateau bien à l’abri de la pointe appelée Praia da Ponta. Ouf ! on aura pas toute la rivière à remonter surtout qu’il fait bien nuit et qu’il commence à pleuvoir…

Rio Negro Jour 1

Après quatre heures et demie de vol (c’est grand le Brésil) nous nous posons à Manaus. Il est 01:30. Uber jusqu’à l’hôtel, il nous reste quelques heures à dormir.

A 09:00 comme convenu Sylvia notre guide vient nous chercher. Nous avons cassé la tirelire et réservé un bateau traditionnel pour 6 jours rien que pour nous pour explorer le Rio Negro au nord-est de Manaus.
On commence par faire le marché, très pittoresque avec bien sûr les fruits locaux. Et si nous identifions facilement bananes mangues et autres papayes d’autres nous sont totalement inconnus. Silvia s’empresse bien sûr de combler nos lacunes. Beaucoup de ces fruits sont surtout utilisés pour faire des jus nous aurons l’occasion d’en déguster à bord.

La partie du marché la plus impressionnante est sans aucun doute celle du poisson: issus exclusivement du (des) fleuve(s) ils sont d’une variété étonnante. On retiendra: le plus gros de tous l’arapaima ou pirarucu, le plus connus le piranha, le tambaqui très gros lui aussi et il mange principalement des fruits, et le poisson chat blindé et son armure digne d’un film de science fiction mais il y en a des dizaines d’autres dont nous n’avons pas retenu les noms.

Un peu plus loin sur le bord du fleuve il y a le marché municipal Adolpho Lisboa. C’est un très beau bâtiment de style art déco dont la conception serait due à Gustave Eifel lui même (mais ce n’est pas prouvé). Une partie abrite des boutiques d’artisanat local tandis que l’autre est consacrée aux plantes médicinales de la forêt amazonienne et à leurs essences qui peuvent soigner toutes les maladies existantes comme donner naissance aux parfums les plus célèbres de grands couturiers.


Les courses achevées on peut enfin embarquer. Première étape nous fait longer toute la zone portuaire et industrielle pour aller voir le confluent où les eaux claires mais noires et acide du Rio Negro rencontrent les eaux boueuses chargées d’argile de l’Amazone sans vraiment se mélanger. Intéressant certes mais cette vue certes unique justifie-t-elle 2 heures aller et 2 heures retour à travers un paysage industriel.


Nous revenons en face de Manaus au fond d’un petit bras du Rio.

Ballade sur une passerelle à travers la forêt du « Parque Nacional Do Janauari » pour admirer des singes hurleurs et quelques oiseaux jusqu’à un étang ou flottent des nénuphars aux feuilles de près d’1 mètre de diamètre, normalement il y a des crocos qui si promènent mais pas aujourd’hui.


Pour la nuit nous continuons la remontée du fleuve en passant sous le pont. Juste avant la tombée de la nuit nous sommes cueillis par deux gros orages accompagnés de fortes pluie. Mais le mauvais temps s’éloigne rapidement et nous nous amarrons à la rive bien à l’abri dans une petite crique de la rive sud d’Amazon Island.

Nous y passerons une très bonne nuit après un excellent repas de poisson local préparé par notre cuisinière Francesca.

Jacaré et João Pessoa

En tout début de matinée le marinho vient nous voir à l’ancre et nous demande très gentiment de venir nous amarrer au bout du ponton pour être près à rejoindre notre place définitive quant la marée sera étale. A l’heure dite il nous demande de préparer 2 longues aussières à l’avant et de le laisser faire. Il détache nos amarres et, tout tranquillement se sert du peu de courant pour le faire pivoter autour du ponton et rentrer tout doucement à sa place ou on l’amarre par l’arrière puis il saute dans son zodiac pour aller attacher nos aussières au bout qui remonte de la chaîne mère et voilà, le tout est joué! On n’avait jamais vu de manœuvre de port aussi fluide et le tout moteur éteint. Nous sommes dimanche et ce lundi est férié ici Il va falloir attendre mardi pour faire les formalités d’entée au Brésil. Mais çà ne nous empêche pas d’aller faire les courses. Les supermarchés sont côté océan de la péninsule mais la Marina met à disposition des vélos exprès pour ça. Le soir apéro avec l’équipage d’Hippocampe un Sun Magic 44 d’Arzal qui boucle sont tour du monde (ils arrivent tout droit d’Afrique du Sud)

Mardi on fait les formalités au port de Cabedelo d’abord: Policia Fédéral pour les passeports et Receita Fédéral (la douane) puis en ville à João Pessoa pour la marine (Capitania do Porto) tout ce passe comme sur des roulettes et à 11 heures nous sommes de retour au bateau.

Mercredi on va se balader en ville. João Pessoa a été fondée sous le nom de Filipéia de Nossa Senhora das Neves en 1585 elle est devenue Frederikstadt pendant l’occupation hollandaise entre 1634 et 1654 et plus tard Parahyba do Norte et Cidade imperial à l’époque impériale. Le 4 septembre 1930, elle a reçu le nom de João Pessoa en hommage à l’homme politique João Pessoa assassiné à Recife la même année.

C’est un mélange intéressant d’architecture portugaise baroque et nèo classique, de quartiers populaires modestes et de gratte-ciels modernes. Visiblement de nombreux bâtiments anciens ont été restaurés ou sont en cours de réhabilitation mais il en reste encore beaucoup qui exhibent leurs façades rongées par la moisissure et leurs fenêtres ouvertes, ouvertes sur un néant sans toit ni plafond.

Il y a 3 façons pour se rendre en ville depuis la marina. le taxi environ 100 r$ la course (réserver à l’avance par l’intermédiaire de Nicolas), le train (15′ de marche de la marina) toutes les demi-heures ou toutes les heures suivant le jour et l’heure quelques r$ le ticket et enfin Uber 40 à 50 r$ paiement par carte dans l’appli temps d’attente max 7′.

Mais le plus clair de notre temps passé à Jacaré est consacré à la préparation de notre « sortie de fin d’année ». Pour célébrer notre passage en septième décennie nous avons décidés de nous offrir un voyage en Amazonie. On avait envisagé la possibilité de remonter avec Rêve à Deux jusqu’ à Belém et aviser à partir de là. Mais nous sommes déjà au début de la saison des pluies, la remontée de l’estuaire peut-être compliquée et il y a très peu d’endroits sûrs où laisser le bateau en sécurité pendant notre escapade. Alors qu’ici a Jacaré la marina est parfaite et il n’y a aucun risque.

Je vous passe les détails de toutes les difficultés pour trouver un voyage qui nous convienne: beaucoup d’opérateurs ne fonctionne pas pendant les fêtes ou ne peuvent rien nous proposer car le délai est trop court. Mais c’est une fois le choix fait et la réservation commencée que vrais difficultés commencent: règler avec une carte de crédit étrangère sur un site brésilien est un vrai cauchemar: paiement refusé ou accepté puis annulé et remboursé parce qu’on a pas de numéro fiscal brésilien etc.

Finalement on y arrive et le 13/12/2025 nous prenons le taxi pour Recife d’où part notre vol pour Manaus. Il nous faut arriver au mois 4 heures avant le départ pour régler les problémes de paiement du vol c’est pas gagné…

Traversèe vers le Brèsil

Mardi 25 novembre 2024 On a rempli tous les jerricans à la station service de la marina on ne sait jamais il est fréquent de rencontrer des calmes entre ici et l’équateur. Et pour la suite du voyage ce ne sera pas forcément évident de refaire le plein que ce soit au Brésil, en Guyane ou même aux Caraïbes.
Juste avant midi on décolle du ponton. Mais une rafale nous pousse et on se prend la ligne d’une pendille dans le safran. Par acquis de conscience on ancre dans la zone de mouillage et je plonge pour vérifier qu’il n’y a rien de coincé ou d’abîmer: tout va bien. On profite d’être à l’ancre pour casser la croûte et c’est parti pour le grand saut.


Une grosse dizaine de bateaux ont quittè Mindelo à peu près au même moment. Tous mettent rapidement cap au sud ouest pour parer la pointe sud de Sao Atao et infléchissent leur course plus à l’ouest. Un seul arrondi la pointe sud de Sao Vicente et met cap au sud-est: c’est Rêve à Deux!
Nous allons chercher le point où l’alizé de nord-est passe la main à celui de sud-est sur la plus petite distance possible. Depuis plusieurs jours nos routages situent ce point au même endroit. Tous les modèles indiquent aussi que cette route évite le gros des orages. (Pour les routages des traversées océaniques, nous utilisons le modèle GFS avec une maille de 23 km que nous comparons avec ICON, on vérifie ensuite les données des autres modèles (ECWF, Météo Blue) avec Windy. GFS s’avère le plus fiable sur ces grandes distances alors qu’en navigation côtière il l’est beaucoup moins car sa grille est trop large et il tient très peu compte du relief et des phénomènes locaux).
Ça fait un assez grand détour par rapport à la route directe mais on devrait bénéficier de bonnes conditions et surtout on se positionne suffisamment à l’est pour éviter d’avoir à louvoyer dans l’alizé du sud-est.
Et tout se déroule comme prévu. Nous alignons les journées de 150 à 170 milles. Le vent oscille entre 12 et 22 nds, un peu de pluie quelques éclairs au loin sur l’horizon mais sur nous, rien. La transition entre les deux alizés est bien à l’endroit prévu et le vent tourne progressivement du NE au SE sur une trentaine de milles en faiblissant mais sans vraiment s’éteindre complètement. Nous appuyons au moteur pendant ces quelques heures car la mer reste assez formée. Les images satellites fournies par Windy nous montre sortant du pot au noir un petit trou de souris bien dégagé mais entouré de masses nuageuses.

Au passage de l’équateur nous enregistrons 4 jours d’avance par rapport à notre passage de 2018.
Le 05/12/2025 vers 01:30 nous arrivons dans la baie de Fernando de Noronha. Il y a de houle là c’est supportable. Par contre le mouillage est couvert de vedettes « promènent touristes ». C’est la pleine lune nous avons donc une bonne visibilité pour voir les bateaux mais pas suffisante pour repérer les bouées inoccupées à moitié immergées et prolongées par de longue aussières flottantes. Nous ancrons donc dans 25 m d’eau dans la partie extérieure de la zone de corps morts. On verra demain matin quand il fera jour s’il y a de la place plus près .


Au matin on vérifie la météo et une houle de Nord de 2,60m est prévue pour la soirée. Il n’y a que deux voiliers à l’ancre devant les brisants. Vaton, un autre voilier qui était là jusqu’à hier et que nous avons contacté par Navily nous annonce que les pêcheurs lui ont annoncé la houle et qu’il a préféré repartir. Par contre les conditions sont idéales pour continuer sur Jacaré. On hésite un moment et finalement on décide de se contenter de cette vue magnifique de cette île sublime et de continuer jusqu’au continent. Si on ne traine pas en route on devrait même pouvoir arriver juste avant l’étale de marée haute.


Et c’est exactement ce qu’on fait. Et une trentaine d’heures plus tard vers 16:30 nous ambouquons le chenal extérieur. A 17:15 le 6 décembre nous remontons la rivière et nous arrivons à Jacaré juste avant la tombée de la nuit. Trop tard pour aller directement au ponton, nous ancrons un peu à l’écart les bouées de corps morts étant trop difficile à attraper.
Et là on est immédiatement immergés dans l’ambiance Brésilienne. Samba à fond sur tous les bateaux qui passent que se soit des vedettes privées ou des barges-resto. Çà tombe bien c’est l’anniversaire de ma co-skippeuse unique et préfèrèe.

Cap vert: Mindelo (Sao Vicente)

Les gribs nous donnent un créneau très favorable pour franchir le pot au noir en partant Mardi Il est donc temps de rejoindre Mindelo pour faire les courses et les pleins d’eau et de gasoil en vue de traversée vers le Brésil. Et çà tombé bien le rallye ARC est parti avant hier il doit y avoir de la place à la marina.


Une fois passé le dévent de Sao Nicolau le vent de Nord nous pousse rapidement vers Sao Vicente. La vue des îles est superbe notamment celle de Santa Lucia, inhabitée et classée parc naturel.


Quand nous arrivons dans la rade de Mindelo c’est un peu la surprise. Nous y avions fait escale début août 2018 ce qui est bien sûr au plus bas de la saison: nous n’étions que 3 bateaux de passage alors que maintenant il y en a des dizaines à l’ancre et plus d’une certaine au pontons. (Les participants de l’ARC on vite été remplacés. Mais en fait tout à changé: hôtels et bâtiments administratifs sur le front de mer, nouvelle gare maritime, 2 jetées supplémentaires au port etc. Les pontons de la marina ont été triplés ou quadruplés, etc.etc.
Par contre dans la baie les vieilles épaves à moitié coulées sont toujours là.
Le centre historique n’a lui guère changé si ce n’est que presque tous les bâtiments ont été restaurés.
Lundi nous faisons les courses.


La marina nous a dit que l’eau des pontons n’était pas potable (peut-être à cause des graves inondations dues au cyclone Erin fin aout) nous avons donc acheté 8 bonbonnes de 10l au supermarché pour remplir 1 des réservoirs. Le supermarché n’est pas loin mais çà fait tout de même quelques allers et retours.
La fenêtre météo se confirme on fait donc aussi les formalités de sortie pour partir demain (entrée et sortie pour la police maritime ici, ils sont fermés le dimanche)Et l’ après midi on à même le temps de flâner en ville:

Cap vert  » Sao Nicolau »

Sao Nicolau est une île au relief beaucoup plus élevé que Sal. Le meilleur mouillage de l’île est à Tarrafal du moins tant que le vent se maintient au secteur Nord à Est et reste modéré. Par vent fort de violentes rafales tombent paraît-il des falaises.
Sur la plage du port, un rasta sympa et parlant bien français garde les annexes pour 10 ou 20 escudos suivant la durée et la taille.
Le village de Tarrafal n’est pas très grand mais il dispose de plusieurs supérettes d’une quincaillerie et de deux banques. Il y a aussi une usine de conserves de thon, sans doute le plus gros employeur de l’île.
Paradoxalement le bureau de police n’est pas à proximité du port mais sur une colline à l’autre bout de la ville vers le sud-est (ouvert 24/7)
L’attraction de l’île est sans aucun doute ses hauteurs verdoyantes et la ville de Ribera Brava.


Dés le lendemain matin nous prenons un aluguer (mini-bus taxi collectif). Pas d’horaire fixe bien sûr, il part quand il est plein (9 à 10 passagers) le prix de la course dépend de la distance pour Ribera Brava c’est 100 escudos (10 euros)
La montagne est très belle et très verdoyante sur sa face nord. La papaye devrait être le symbole de l’île, il y en a dans tous les jardins et sur la moindre parcelle de terre cultivée! Pas mal de canne à sucre et aussi quelques bananes mais aucune culture intensive, le paysage reste intacte. On aurait aimé aller marcher un peu sur les sentiers dans la montagne. Une prochaine fois peut être.

Ribeira Brava la capitale culturelle et administrative de l’île se situe tout au bout de cette route. Construite au début du 18ème siècle, peu de temps après le début de la colonisation portugaise dans une dans une vallée encaissée au nord ouest de l’île mais suffisamment élevée et assez éloignée de la côte pour la prémunir contre les attaques des pirates très fréquentes à cette époque (une autre Ribeira, Grande celle-là, sur l’île de Praia fut pillée et rasée par le corsaire français Jacques Cassart en 1712. La plupart des bâtiments actuels datent du XIXème période ou la ville vécue son apogée avec notamment la construction d’un grand monastère.

Ce fut une belle journée. Le lendemain on ce contente de profiter de la baie et de travailler un peu sur la suite du voyage avec la traversée vers le Brésil dont la date semble se confirmer pour le 25 novembre.

Cap vert « Sal »

Traversée en une cinquantaine d’heures et sans histoire sur un long bord de travers dans un vent de secteur Nord Est d’une quinzaine de noeuds et une longue houle d’à peine deux mètres. Le 15 novembre au lever du jour nous sommes en vue de l’île de Sal et de sa voisine Boa Vista. Nous avons choisis d’arriver par le sud et de remonter le long de la côte sous le vent dont le paysage n’est pas sans rappeler certains endroits des Canaries.


Le port de Palmeira est déjà bien plein. Il faut dire que l’ARC (Rallye transatlantique) ayant bloqué le port de Mindelo avec plus de 100 voiliers, les candidats à une traversée de l’Atlantique sont bien obligés d’aller ailleurs. En plus c’est un mélange de bateaux sur corps-morts et à l’ancre avec, donc, un rayon d’évitement très différent. On se trouve une place juste devant l’extrémité de la première jetée en limite du chenal d’accès. La houle rentre mais elle est suffisamment longue pour ne pas être gênante, le bateau restant bien orienté grâce au vent assez fort.
Nous sommes samedi et nous pensons devoir attendre lundi pour faire les formalités. Mais quand en fin d’après midi nous allons à terre et passons devant le bureau le policier qui en sort nous dit en français: « là on ferme pour aujourd’hui mais revenez demain matin on s’occupera de vous »
Et effectivement le dimanche matin on a pu faire toutes les formalités même si les tampons d’entrée dans nos passeports à demandé un peu de temps, l’appareil de reconnaissance faciale n’acceptant pas nos trombines. Bonne nouvelle, les formalités sont désormais entièrement gratuites.
Il n’y a pas de distributeur d’argent à Palmeira mais les euros sont acceptés partout et Djidna une sympathique Guinéenne qui vend des boubous et des bijoux africains au marché nous échange un peu de nos Francs CFA que son mari encore là-bas sera ravi d’utiliser.

Palmeira est un village propre et coloré. Quelques épiceries dont un chinois assez bien achalandé, des bistrots comme dans tous les ports mais surtout un marchand d’eau potable super bien filtrée où on peut faire remplir ses bidons.

Nous restons 4 jours à Sal pour laisser passer du vent assez fort avec de la houle.
Le samedi 29/11/2025 vers 17:00 nous levons l’ancre et mettons le cap sur Sao Nicolau non sans être passés à la police maritime ce matin pour faire notre sortie de l’île de Sal.

Au Cap Vert les formalités sont les suivantes:

A l’entrée en venant d’un autre pays et à la sortie en quittant le Cap Vert

  1. police maritime: documents du bateau (acte de francisation), assurance, liste d’équipage et passeports
  2. police des frontières: documents de la police maritime, passeports et contrôle biométrique
    Il n’y a pas de douanes, ce rôle est tenu par la police maritime.

En partant d’une île de l’archipel et en arrivant sur une autre

police maritime: documents du bateau (acte de francisation), liste d’équipage et passeports
(Ne pas oublier de faire cette formalités les amendes sont paraît-il très cher)


Avant de se rendre sur les îles classées parc naturel il faut en plus une autorisation à demander à l’IMP
Toutes ces démarches sont gratuites. Les fonctionnaires sont très gentils et ont manifestement reçus des consignes de bien accueillir les plaisanciers.

Retour à Dakar: entre les lignes

Nous avions envisagé la possibilité de pousser notre exploration des côtes africaines plus au sud vers la Casamance.

Mais bien que la saison des pluies soit terminée, les conditions prévues pour les 15 prochains jours sont loin d’être idéales avec de violents orages. Ajouter à ça le stress de se faufiler dans les bolongs de faible profondeur avec des cartes peu précises: depuis 2016 quand nous avons acquis Rêve à Deux jusqu’à aujourd’hui nous avons eu la chance de ne pas encore nous être échoués. On croise les doigts pour que ça continue. Et si c’est pour rester dans le bras principal du fleuve ça ne présente pas grand intérêt. 

Donc après avoir étudié les fichiers météo et tous ce qu’on pu écrire les voileux sur ces endroits, la décision est prise, nous n’irons pas en Casamance ni en Guinée Bissau pour les mêmes raisons et pas en Gambie non plus car il faudrait revenir à Dakar ou aller à Elinkin en Casamance pour faire la sortie du Sénégal. En plus la météo des 7 prochains jours s’annonce idéale sur la route Dakar – Cap Vert 

Vers 13:00 à l’étale de marée haute nous prenons le chenal de sortie puis remontons la côte vers Dakar. Il n’y a pas beaucoup de vent mais juste assez pour zigzaguer entre les très nombreuses bouées de filets. Heureusement il fait jour et ce sont des filets de fond, peu de risques de s’y accrocher. La nuit ne devrait pas tomber avant que nous n’atteignons la hauteur de Saly. Nous avions vu à l’aller que de là à Dakar les pécheurs utilisaient des filets de surface tirés entre 2 bateaux donc a priori une pêche de jour.

Erreur ! Un fois la nuit tombée la mer se recouvre de centaines de barques peu ou pas du tout éclairées sur plusieurs rangées de 5 à 30 milles de la côte. Chaque barque tire un filet de plusieurs centaines de mètres a l’extrémité duquel se trouve une bouée, le plus souvent un simple bidon vide plus rarement une vraie bouée avec un feu clignotant de couleur. Les plus attentifs nous font signe avec une torche s’il pense qu’on risque de passer sur leur filet mais la plupart ne font aucun cas de notre présence. Et ce qui devait arriver arriva. On se prend un premier filet qui fort heureusement se dégage tout seul mais une demi heure plus tard c’est le freinage brutal. Cette fois-ci on est bien accrochés. On enroule le foc et affalons la grand voile.

Il faut couper. La quille se dégage assez facilement mais un morceau semble rester accroché au safran. De nuit avec tous ces filet et le bateau qui dérive Domi n’a pas trop envie de plonger pour aller vérifier. On coupe tout ce qui dépasse à l’arrière. Le safran fonctionne par mesure de sécurité on utilisera pas le moteur avant d’ avoir dégagé le dernier bout. On est en train de finir quand on voit une barque déployer son filet à 3 mètres devant nous , on dérive droit dedans pourtant on est super éclairés (feu de route et feux de pont avant et arrière). On hèle le pêcheur en lui expliquant que l’on dérive sans voiles et sans moteur et qu’on ne peut rien faire pour les éviter mais il ne parle que wolof. Finalement un des marins comprend la situation et ils tirent leur filet quelques mètres plus loin. Pas un signe du pêcheur dont nous avons massacré le filet?

On déroule le foc et on reprend notre route au ralenti en essayant d’être le plus visible possible tout en redoublant d’attention et en faisant un grand détour à chaque fois qu’une torche bouge.

Finalement nous arrivons à Dakar en fin de nuit sans autre incident mais c’était très chaud.

Comme nous l’avons dit plus haut les routages sont excellents pour une traversée rapide et confortable vers Sal au Cap Vert. On va donc faire les formalités de départ (en fait juste tamponner les passeports à la police du port) et les courses à Auchan le plus rapidement possible pour pouvoir partir dès demain matin.

Quelques précisions sur les déplacements dans la ville de Dakar. Il y bien sûr les taxi jaunes en général des vieilles voitures des années 90 ou parfois même 80 complètement délabrés et mainte fois fois bricolés. il faut impérativement négocier le prix avant de monter. A titre indicatif une course du CVD au centre ville coûte 200 CFA.  Jusqu’à Ngor ce sera 400CFA. Inutile de prendre un taxi pour la journée si vous avez des choses à faire à plusieurs endroits ça coûtera beaucoup trop cher. On trouve très facilement des taxis partout.

Si vous restez plus longtemps çà vaut le coup de télécharger l’appli Yango, l’équivalent de Uber ici. Les courses sont à peine 50% plus chère mais il n’y a pas à négocier, les véhicules sont très récents, en excellent état et climatisés.

Le xx/12/2025 nous levons l’ancre une fois contourné l’île de Gorée, la côte Sénégalaise s’estompe rapidement.

Nous garderons du Sénégal un souvenir partagé entre le peuple sans doute le plus gentil et le plus accueillant que nous ayons vu, de très beaux paysages et d’un autre côté une très mauvaise gestion de la part gouvernement (infrastructures délabrées ou inexistantes rues défoncées enseignement manquant de tout etc mais palais présidentiel et statue monumentale) et surtout une pollution galopante.