Petit lexique pour mieux comprendre les termes utilisés lors de nos navigations Patagones.

( à lire impérativement avant de lire les textes suivants )

Armada : la marine nationale chilienne, ils ont en charge la surveillance et la défense de leur très longue et très découpée façade maritime mais aussi de l’entretient et de l’opération des phares et balises. Ils sont de plus responsables du secours en mer et pour le faire de façon efficace leur centre de coordination des secours (MRCC) demande à tous les bateaux naviguant dans leur zone de communiquer leur position et destination plusieurs fois par jour par radio ou par E mail. Ils sont en général très sympa et près à aider les plaisanciers.IMG_1168.JPGArmada de Puerto Aguirre.

Caleta : petite crique souvent une simple anfractuosité dans la côte rocheuse parfois un joli bassin bien abrité. Elles n’ont souvent pas de nom sur les cartes officielles. Les noms utilisés ont été donnés par les pêcheurs qui les fréquentent ou les navigateurs qui les ont découvertes.IMG_9454Caleta Letier (abri de tous les vents).

Canal : rien à voir avec le canal St martin ou le canal de Nantes à Brest, ici pas question d’aller promener médor sur un chemin de halage. Ce sont tout simplement des bras de mer en général relativement étroits et très profonds qui serpentent entre les îles ou entre les îles et le continent.

IMG_0562Canal Trés Cerros (sortie de la Caleta Colibri)

Canard vapeur : non ce n’est pas une variante diététique du fameux canard laqué. C’est une race de canard (Tachyeres pteneres) dont les ailes atrophiées ne leur permettent pas de voler. Par contre, il s’en servent très bien pour « pagayer » et avec l’aide de leur pattes musclées munies de nageoires très puissantes il peuvent nager très vite a la surface de l’eau (plus de 20 km/h) et le mouvement très rapide de leur petits ailes battant l’eau les fait ressembler aux roues à aube des vieux bateaux à vapeur, d’où leur nom. Ils nagent aussi très bien sous l’eau. Se sont des animaux adorable et drôles qui vivent en couple et se nourrissent apparemment d’algues, de mollusques et de petit crustacés. Nous n’avons jamais vu plus d’un couple dans une même caleta.IMG_0016Déguisement obligé pour le soir du nouvel an.

Cascade : chute d’eau (oui comme chez nous) c’est juste qu’ici il y en a qui sortent de partout. Dans certains endroits comme par example le canal Grapler les montagnes environantes sont littéralement dégoulinante de cascades. Il faut dire que la pluviométrie annuelle s’établit à plus de 5000 mm (5 fois plus qu’en Touraine) et certaines années atteignent 7500 mm. Il faut bien que toute cette eau sorte de quelque part J. Comme il n’y a pas d’animaux (ni d’humains) l’eau de ces cascades est potable mais elle est souvent colorée à cause de la tourbe et des résidus végétaux. On s’en servait principalement pour la lessive, la toilette (si, si on c’est même lavé de temps en temps) et la vaisselle.IMG_0600le Paso del Indio (il a tellement plu que la montagne est couverte de cascades)

Charter : Voilier le plus souvent français (mais pas seulement) offrant des croisières à des passager payants pour découvrir la région. Beaucoup sont basé à Puerto Williams (Chili) et opèrent à partir d’Ushuaïa (Argentine). Ils proposent des circuits autour de l’île Hoste (bras sud et nord du canal de Beagle : la tournée des glaciers) et du Cap Horn pour les plus petits (de moins en moins) et jusqu’en Antarctique pour les plus gros et les clients les plus aventureux (la grande majorité). C’est une très bonne façon de découvrir la région par la mer avec un skipper expérimenté et un bateau bien adapté sans avoir à les faire 6000 milles de la descente depuis la France. Il n’y a plus à notre connaissance de voilier charter proposant la remontée complète des canaux (trop long et trop compliqué administrativement) mais il y a des bateau Chiliens au départ de Puerto Montt qui proposent des croisières sur Chiloé, l’archipel de Chonos et jusqu’à la Laguna St Rafael

 

 

Estero : sorte d’estuaire, les plus petits sont l’équivalent de nos abers les plus grands sont de vrais fjörds qui n’ont rien à envier à leur équivalent norvégiens. Certains ont d’ailleurs été rebaptisés « fjordo »IMG_1461.JPGEstéro Huilard (un havre de paix une fois à l’intérieur)

 

Forêt : rien à voir avec la forêt de Chinon, de Fontainebleau ni même de Brocéliande. Ici il s’agit de la forêt primaire telles qu’elle se présentait il y a des milliers d’années. En Terre de Feu et sur les îles la débordant sur son sud-ouest il y a trop de vent et les températures sont trop basses, elle à donc du mal à se développer en dehors de quelques versants abrités et comme sur certaines de ces îles (par ex. Navarino) il y a un peu de bétail et quelques guanacos (sorte de lama sauvage) certains endroits sont donc pénétrables. Passé cette zône et plus on remonte au nord, il n’y a plus aucun mammifère herbivore terrestre, il fait encore plus humide et la forêt devient totalement impénétrable. Quand on essaie de trouver un bel arbre pour s’y amarrer au dessus des rochers, on se trouve le plus souvent face à une sorte de haie très dense faite de buissons, de mousse et des branches les plus basses des arbres., le tout tellement entrelacé que même à la machette on ne peut y rentrer. Les arbres ont des formes torturées, souvent des troncs apparemment robustes sont en fait complètement pourris et ne tiennent que par la mousse ou les plantes parasites qui les entourent. Les troncs et les branches tombées servent de germoirs aux suivant qui poussent à travers.

IMG_0177Forêt impénétrable

IMG_1296Forêt aménagée, 20 ans pour aménager l’ île Jéchica

Humidité : ici elle n’est pas relative mais absolue, permanente et persistante. Elle est beaucoup plus difficile à supporter que le froid (nous n’avons pas eu de températures inférieures à 5°C). Elle pénètre partout et fait moisir tout ce qu’elle imprègne très rapidement. Avec notre pont en sandwich de mousse de 30 mm et notre coque en bois de 27 mm nous étions mieux isolés que beaucoup et le chauffage une fois réparé est une aide précieuse, mais tous les endroits ou l’air ne circule pas (derrière les coussins, dans le fond des placards etc), deviennent des points froids ou la condensation se forme aussitôt. Une seule solution aérer chaque fois que c’est possible et surtout contrôler et essuyer tous les jours (voire plusieurs fois par jour) tous les endroit ou elle se forme.

 

Humains : espèce animale très répandue sur notre planète mais totalement absente de la quasi totalité de la Patagonie.

 

Kelp : sorte d’algues pouvant ressembler aux grandes laminaires que l’on trouve en Bretagne mais elles sont beaucoup plus longues (jusqu’à une vingtaine de mètres). Pour le navigateur le kelp est à la fois une bénédiction car il permet de voir bien à l’avance ou se trouvent les haut fonds rocheux (très utile à l’entrée des caletas ou dans les passages étroits) et une plaie car il empêche les ancres d’accrocher au fond et se prend dans les appendices (quille, safran, hélice). Il nous est arrivé d’accrocher une masse de kelp dérivante si grosse que le bateau c’est presque arrêté est devenu non manœuvrant. Une seule solution faire un tour complet sur soi-même pour essayer de se dégager…

IMG_8540Tout petit kelp en général 10 fois plus grand

Mouillage : en Bretagne, on choisi un endroit ou il y a encore de la place, on jette l’ancre on s’assure qu’elle à bien accroché et on descend prendre l’apéro. En Patagonie on cherche une caleta protégée de tout les vents et dont l’entrée est praticable par le vent qui souffle, on identifie le côté où de bons vieux arbres semblent les plus gros et les plus droits : le côté le mieux protégé des rafales dont la direction est souvent très différente de la direction du vent à l’extérieur. On mouille l’ancre de telle façon à ce qu’elle puisse aider à ressortir le lendemain, on saute dans l’annexe et on commence à tirer les aussières à terre, on les amarre aux plus gros arbres possibles ou, à défaut d’arbre suffisamment robuste, aux rochers disponibles. En général on utilise 3 aussières, une à l’avant et deux à l’arrière (quand la configuration de la caleta le permet) parfois plus quand la météo s’annonçait mauvaise (donc autant d’aller et retours). Nous avons à bord en plus des bouts et câblots habituels deux bout de 100 et 200 mètres en dyneema (10mm et 8mm, solide, très léger et flottant donc très facile à remorquer à la pagaie et en plus on les a eu à un très bon prix, merci Delphine) sur enrouleur à l’arrière (à la scandinave) et une aussière polyéthylène 19 mm de 110 mètres lovée dans un bac dans la baille à mouillage à l’avant. Le but est que le bateau tire le moins possible sur son ancre et ne puisse plus bouger (éviter) dans les rafales. Le tout dure souvent plus d’une heure. Dans le sud, quand il faisait bien froid, je faisait la manœuvre en combinaison de survie étanche pour plus de sécurité, les bords de la plupart des caletas étant en général abrupts et glissants. Après tout çà un bon repas chaud suivi d’une bonne nuit de sommeil sont plus appropriés que l’apéro.IMG_9741Caléta Julia mouillage bien abrité de tous les vents

 Pluie : presque tous les jours mais il y a parfois des éclaircies. Elle est froide te pénétrante. Jusqu’à 7500 mm/an dans les bonnes années. Oubliez les vestes de mer hightech, le gore tex et autres tissus respirant, le seul vêtement qui permette vraiment de rester au sec c’est le bon vieux ciré jaune de préférence Cotten.

IMG_0585(non on ne fait pas de pub dans ce site)

Puerto : dans de très rares cas il s’agit d’un vrai port (Puerto Williams, Puerto Aguirre) dans la plupart des cas c’est simplement une anse un peu plus grande qu’une caleta, il peut d’ailleurs il y avoir une ou plusieurs caletas dans un puerto. Il ne faut pas non plus s’attendre à trouver des constructions ou des habitations : sur les milliers de km de la côte Patagone il y a des dizaines de puertos mais ils sont tous sauvages et inhabités.

IMG_0941.JPGPuerto Sergio (clin d’œil à notre ami Sergio).

Seno : bras de mer large et profond entre deux montagnes, fjord. Beaucoup mènent à un glacier.

IMG_0069Seno Chico (il donne dans le canal Magdaléna)

Vent : en général fort, toujours dans le sens de canaux la plupart du temps de nord donc opposé à notre route. Comme nous ne pouvons compter sur notre moteur pour avancer on choisissait de naviguer quand le vent soufflait à moins de 30 nœuds dans les rafales (force 7). Nous n’avons eu que quelques jour ou il soufflait plus fort nous forçant à rester au mouillage et plusieurs fois quelques heures de calme plat ou nous avons du utiliser le moteur à faible régime pour avancer. Par contre le vent se calme en général en soirée (après 18 heures) et forcit le matin (à partir de 8 – 9 heures) pour ne pas trop galérer dans les manœuvres d’arrivée et de départ nous nous arrangeons donc pour partir tôt et arriver tard. La moyenne du vent sur notre parcours entre Puerto Williams et le Canal Darwin.était aux alentours de 15 à 25 nœuds (force 5 à 6) soit un ou 2 ris dans la grand voile et trinquette. La grand voile haute et le génois n’ont été utilisés que très rarement.

IMG_0389Canal Sarmiento sous la pluie et bien venté.

Voilier : embarcation à voile, yacht, bateau de plaisance, très commun à Puerto Williams (un bonne quinzaine était amarrés au Micalvi lors de notre passage dont plus de la moitié était des charters) et paraît-il à Ushuaïa, nous n’avons pas été vérifier, totalement invisible en suite. Sur plus de 1000 milles (2000 km) parcouru entre Puerto Williams et Chiloé nous en n’aurons vu que 8…

 

IMG_0662.JPGJour d’affluance à Perto Eden. Clary à Pia et Ulf et Rêve à Deux

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