Entrer en Nouvelle Zélande en bateau ce qu’il faut savoir

Ponton d’entrée à Opua qui n’est pas relié à la terre

La Nouvelle Zélande est sans aucun doute le paradis de la voile c’est aussi un pays très accueillant pour les navigateurs de passage. C’est aussi une étape pratique permettant de passer la saison des cyclones du Pacifique sud à l’abri tout en ayant tout ce qu’il faut sous la main pour refaire une jeunesse aux bateaux fatigués par les milliers de milles parcourus depuis votre départ d’Europe où des Etats Unis tout en faisant du tourisme dans des paysages magnifiques.

Ce qu’il faut savoir avant de mettre le cap sur le splendide pays des Kiwis :

  1. Opua, au fond de la Baie de Iles sur l’île du Nord est le seul port d’entrée pour nos bateaux. Depuis cette année (2019), on ne peut plus faire les formalités ailleurs sauf si votre modeste navire mesure plus de 20 m, il est alors classé comme super yacht et vous pouvez aller directement à Auckland mais dans ce cas, vous n’avez sans doute pas eu besoin de cet article pour savoir quoi faire : votre agent s’est déjà occupé de tout J
  2. Vous devez pouvoir prouver que votre bateau a été carèné il y a moins de 30 jours ou à défaut avoir une photo sous marine de la coque datant de quelques jours et montrant qu’elle est propre. Attention la liste des types d’antifoulings autorisés est encore plus restreinte qu’en Europe.
  3. 48 heures au plus tard avant votre arrivée vous devez envoyer votre « Advance Notice of Arrival » disponible sur le site de la douane (voir liens utiles plus bas dans l’article) par email à yachts@customs.govt.nz
  4. A votre arrivée toute nourriture fraîche encore dans vos frigos ou paniers à légumes sera confisquée ainsi d’ailleurs que toute graines susceptibles de germer pensez y avant de partir çà évitera le gaspillage.

Toutes ces restrictions peuvent paraître comme les caprices agaçants d’une administration tatillonne (comme c’est clairement le cas dans certaines îles du Pacifique que je ne nommerais pas) mais elles servent en fait à protéger ce coin de paradis à l’écosystème unique mais très fragile (voir les documents du MPI dans les liens ci-dessous). Les points 1 et 3 permettent quant à eux à l’administration de gérer aux mieux leurs ressources : le personnel et le matériel sont concentrés à un seul endroit et grâce à votre email il savent quand vous arrivez.

Voici comment çà c’est passé pour nous : La procédure peut varier légèrement en fonction du nombre de bateaux arrivant en même temps et des fonctionnaires de service à ce moment là. Nous étions en tout début de saison et il n’y avait que 3 ou 4 bateaux à arriver ce jour là.

La vedette des douanes nous a repérés grâce à notre AIS alors que nous étions encore à une dizaine de milles de l’entrée de la baie. Heureusement nous avions déjà envoyé tous nos pavillons : national (notre drapeau bleu blanc rouge), courtoisie (le drapeau Neo Zélandais) et Q(jaune). Ils nous ont contacté par VHF fort aimablement pour confirmer les informations qu’ils avaient reçues sur notre « Advance Notice of Arrival » (çà fait plaisir de voir qu’on avait pas envoyé le document pour rien) ce sont enquis de notre heure d’arrivée prévue au ponton de quarantaine de la marina et nous on souhaité la bienvenue en Nouvelle Zélande.

Le ponton de quarantaine de la marina d’Opua est en fait une partie de la digue flottante brise clapot qui protège les pontons. Il n’est pas relié à la terre et la partie réservée à la quarantaine est clairement identifiée et séparée du reste de la digue par un grillage. Il y a 1 WC mais pas d’autre commodité.  Nous sommes arrivés vers 17 heures, mais leur bureau ferme à 16:30, il nous à donc fallu attendre le lendemain matin 8 heures que les fonctionnaires reprennent leur service. Si vous arrivez  le week-end, il n’est en principe pas possible de faire les formalités, il faudra attendre le lundi matin sans quitter le ponton : prévoyez un bon bouquin et suffisamment de nourriture (c’est le moment de finir ces dernières boites de corned beef achetées au Tuamotu par ce qu’il n’y avait rien d’autre et que vous n’avez pas encore eu le courage d’ouvrir et de faire une soupe à l’oignon si par hasard il vous en reste aussi), personne ne viendra vous embêter si non le voisin qui lui aussi est coincé à son bord. Les formulaires à remplir, sont mis à disposition dans une grande caisse plastique au bout du ponton à côté des toilettes flottante cela permet de gagner pas mal de temps le lendemain matin, il y a au moins quatre pages à remplir du formulaire de la douane, 2 pages pour MPI/quarantaine et une fiche de police/immigration par personne à bord. Si vous avez une imprimante à bord vous pouvez aussi les télécharger (liens ci-dessous) les remplir sur l’ordi et les imprimer.

Le lendemain 8 heures le zodiac de l’administration arrive sur le ponton de quarantaine. Ils sont toujours au moins deux. L’un pour représenter le service de la Douane et de l’immigration (une seule et même administration comme dans de nombreux pays Anglo Saxons, c’est quand même plus simple) l’autre dépendant du ministère des industries de base (Ministry of Primary Industries : MPI) en charge de la biosécurité. Si vous êtes nombreux à arriver ce jour là, plusieurs fonctionnaires de chaque administration seront présents pour limiter votre temps d’attente.  Leur approche est très professionnelle tout en restant décontractée. Ils sont toujours très polis, presque joviaux vu de notre point de vue français. Le déroulement exact de l’inspection du bateau dépend beaucoup de la personne qui vient à bord et des informations qu’ils ont sur le bateau.

La partie douane/immigration a été pour nous très simple, j’avais rempli les formulaires, la fonctionnaire nous à posé quelques questions pour confirmer certains détails, à tamponné nos passeport en nous expliquant qu’on pouvait rester dans le pays 90 jours. On lui a demandé si c’était possible d’avoir tout de suite un visa jusqu’au mois de mai. Elle nous a répondu qu’il suffisait de se présenter dans n’importe quel bureau de douane avant l’expiration des 90 jours pour renouveler pour une nouvelle période. Elle nous a ensuite remis le document magique  d’importation temporaire (TIE C4G) qui nous permet d’acheter tout ce qu’on veut pour le bateau sans payer la TVA (ici GST). L’importation temporaire est valable 2 ans, après quoi le bateau devra sortir du pays ou être importé et payer la taxe sur la base de sa valeur déclarée (et éventuellement expertisée). Mais chaque fois qu’on sort du pays la période de 2 ans est reconduite sans limitation.

La partie biosécurité était un peu plus compliquée. Normalement tous les aliments frais sont confisqués : fruits, légumes, oignons, ail, viande poisson etc. – il ne nous restait que 3 pauvres gousses d’ail et 3 oignons, mais aussi tous se qui est graines, haricots, lentilles, pois chiches…il nous restait quelques œufs, qu’il nous proposé de les cuire pour pouvoir nous prendre les coquilles. Il a inspecté le contenu de nos placards et coffres mais sans vraiment aller dans le détail. Il nous a pris toutes nos poubelles sauf les bouteilles et les boîtes de conserves vides et autres emballages. Par contre nous n’avions pas de preuve officielle de carénage récent ni de photo sous marine de la coque. Il est donc retourné à terre chercher une caméra sous marine assez sophistiquée avec la quelle il est revenu inspecter notre coque. Il l’a trouvée très propre et nous en a félicité à la suite de quoi, il nous a autorisé à affaler le pavillon jaune et à quitter le ponton de quarantaine.

En regard de ce qui indiqué sur les textes officiel cette inspection peut paraître assez légère mais tout est basé sur la déclaration officielle signé par le chef de bord/skipper (Master Declaration) s’il advenait qu’un produit alimentaire non déclaré soit trouvé à bord cela représenterai un parjure qui est ici un délit majeur. De plus nous les avons vu plusieurs fois par la suite venir avec un chien sur le ponton de quarantaine .

Entre temps la fille de la marina était venue nous faire l’article et nous proposer une place de ponton. Le prix est en fonction de la taille de la place attribuée : par exemple, Rêve à Deux mesure 12,80m mais avec le bout dehors et l’arceau arrière sa longueur hors tout est en fait 13,80. Il nous faut donc un ponton de 14 m minimum. Malheureusement il n’y en a pas toujours de disponible, un ponton de 16 ou 18 vous sera donc affecté et vous devrez payer pour 16 ou 18 mètres. Le prix reste toute fois assez raisonnable par rapport à l’Europe : 26 NZ$/jours = 16 euros /jours dans notre cas (aussi hors taxe pour nous). Il y a des douches chaudes grand luxe un grand sallon avec wifi mais aussi machines à laver, chariot très commode pour emmener le matériel ou les bagages du parking au bateau , vélos et voitures à louer, les spécialistes des bateaux sont là et attendent le clients. Par contre la marina est très loin de tout centre urbain. Il y a bien un commerce qui fait épicerie/supérette/boulangerie au bout du port. Le pain y est bon et le choix de produit alimentaire est raisonnable (surtout pour qui arrive de Polynésie J) mais il y en a peu (on peut acheter 3 oranges mais 1 kg videra le stock) et les prix sont très chers. Comme à l’arrivée les garde-mangers et autres frigos sont vides de chez vide, il faut rapidement prévoir de pousser au moins jusqu’à Pahia à 7 km ou il y a plusieurs supermarchés un peu plus grands que la supérette du port mais c’est une station balnéaire et les prix sont encore assez chers. En plus il n’y a aucun transport en commun, le taxi est à 20 NZ$ par trajet et faire les 7 km du retour en portant les courses… (Nous n’avons pas encore essayé le stop. Le mieux est de prendre une voiture (en s’arrangeant éventuellement à plusieurs) et d’aller jusqu’à  KériKéri à 20 kilomètres ou il y a plusieurs hypermarchés et de nombreux commerces.

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