Northland: la terre sauvage la plus civilisée (ou la terre civilisée la plus sauvage ?)

Le premier novembre nous sommes donc confortablement installé sur un ponton de la Marina d’Opua (Baie des Iles, Région du Nord on Northland). On est vraiment dans une marina de luxe avec toutes les commodités. A peine le pied à terre, nous prenons les machines à laver et internet d’assaut. Les douches suivent de peu. Des douches modernes propre et fonctionnelle décorée avec gout ou on peut se déshabiller et suspendre ses vêtements sans risquer de tout mouiller, pourquoi ne font-ils pas les mêmes dans les ports français ? Et summum du raffinement (surtout pour Domi) de l’eau chaude (bon, il faut mettre une pièce de 2NZ$ = 1,2€). Mais ne perdons pas trop de temps pour le confort de l’équipage, on aura tout le temps plus tard. LA priorité c’est d’abord le bateau.

 Si Rêve à Deux c’est très bien comporté depuis notre départ et n’a connu aucun ennui majeur pendant de ce demi tour du monde (25 000 milles = 50 000km depuis les Sables d’Olonne) le matériel a quand même beaucoup souffert. Sur notre liste de travaux : réparation des barres de flèches qui bougent, remplacement de tout le gréement dormant (« gendarmes » sur les D1 et D2) sauf les étais qui ont été changés juste avant le départ, une nouvelle grand-voile (celle-ci tient par les réparations au tissu adhésif) et un nouveau foc, une annexe neuve car la notre fuit de partout, réparation de la barre à roue dont les roulements sont morts. La Nouvelle Zélande est l’escale idéale pour cela : c’est le pays du monde qui compte le plus de bateaux de plaisance par habitant, leurs régatiers figurent toujours parmi les premiers mondiaux dans toutes les courses. Inutile de vous dire que pour les voiles, le gréement ou l’accastillage, ils savent y faire, les bons professionnels sont légion. Rien qu’ici à Opua, un trou perdu il ya encore quelques années, il y a tout ce qu’il faut : 3 maitre voiliers, 1 gréeur réputé, 2 magasins d’accastillage de la taille d’un bon super marché et on ne compte pas les mécaniciens, diésélistes, soudeurs et  autres électroniciens. Et, cerise sur le gâteau, tout ce que nous achèterons où ferons faire pour le bateau sera détaxé (pas de TVA) car notre bateau est en importation temporaire. Comme depuis l’Europe on ne trouve rien, nous sommes vraiment content que tout est tenu jusqu’ici même si pour le gréement et les voiles c’était un peu juste : il était vraiment temps d’arriver J. Les deux premiers jours sont donc bien occupés par le gréeur et le voilier qui viennent à bord prendre les mesures.

 Dans la baie, des centaines de corps-morts occupés par des bateaux à voile où à moteur de toutes les tailles. Les clubs de voiles sont très actifs et le soir après le travail ils organisent des régates.

Le weekend arrive vite et nous donne le temps de souffler un peu et de partir à la découverte de ce pays surprenant. Nous louons une petite voiture (pas chère mais à bout de souffle)


Les villes en général sont assez décevantes, on a l’impression de se balader dans des zones industrielles et il faut faire des kilomètres pour trouver se que l’on veux, il est préférable de se renseigner avant.

Première étape, le marché de Kérikéri qui à lieu tous les samedis matins .On y trouve un boulanger qui fait un pain dont les meilleurs artisans français n’auraient pas à rougir et aussi un éleveur local qui produit des fromages au gout des Français. La boutique est tenue par deux jeunes brestois en stage pour un an dans la ferme. Il y a aussi des  marchands de fruits et légumes et des artisans ainsi que des échoppes où  on peut déguster des produits locaux et prendre un café où boire une bière et même déguster un verre de vin. Des musiciens animent le marché, c’est sympathique et très populaire.

J’avais entendu parler du grand architecte et artiste autrichien Hundertwasser dont de nombreux bâtiments d’un style tout à fait particulier portent la signature à travers le monde. Il est venu finir sa vie ici dans le Northland et l’une de ses dernières réalisations sont les  toilettes publiques (oui vous avez bien lu J)  du petit bourg de Kawakawa. Le style est très sympa et se marie très bien avec l’art Maoris. C’est très coloré, basé essentiellement sur de la mosaïque et des carreaux de couleur vives, matériaux classiques, mais utilisés ici de façon vraiment surprenante.  .

Le dimanche nous avons décidé de partir de bonne heure et de rouler vers la côte ouest. Le paysage est superbe, très vallonné alternant bois et prairies. Nous sommes au printemps, il y a des fleurs partout et notamment des mimosas tous jaunes.

En chemin, nous avons fait une courte halte au sources d’eau chaudes de Ngawha Springs mais l’eau était glauque, très chaude (45°C) et dégageait une odeur pestilentielle (source sulfureuse) nous n’avons pas osé aller nous y baigner. Nous avons fait un grand tour par Kaikohe, Waima, poussé jusqu’à la pointe de Omapere où nous avons pique-niquer face à l’embouchure d’Hokianga, face à la mer de Tasman  et surplombée de dunes  immenses, auprès desquelles notre dune du Pilat semblerait ridicule. La passe de sortie est étroite et, vue d’en haut, très impressionnante avec une barre certainement très difficile à franchir, d’ailleurs on voit très très peu de bateau dans tout l’estuaire alors qu’il y en a tant sur la côte est. Pour le retour nous avons pris le bac à Rawene histoire de faire une boucle au lieu de revenir sur nos pas. Rawene est un très petit mais joli village (si çà existe ici mais c’est rare) et la route du retour était belle. Le soir, bien fatigués mais heureux de notre balade nous avons rejoint Rêve à deux pour nous écrouler sur notre couchette.

Deux voyageuses Française rencontré à Omapere
Folligou

Nous avons fait la connaissance de Carole et Daniel. Ce fut une rencontre pas banale. En nous promenant sur le port, nos regards sont attirés par le drapeau français et le design surprenant de leur bateau (Folligou est un Intégral 43, un excellent bateau de voyage bourré d’idées intéressante et innovantes, pour plus de détail et suivre leur voyage vous pouvez aller sur leur excellent site : https://www.folligou.fr/) nous échangeons quelques mots et l’adresse de ce blog. Le lendemain on se revoit et « ce n’est pas possible !» nous disent-ils « on s’est connu au même endroit que vous et à la même époque ! »  En effet dans les années 80 Daniel passait ses vacances à Kerveltrec (une petite plage enter le Cap Coz et Beg Meil) et les parents de Carole louaient une maison sur la pointe du Cap Coz et c’est entre les deux qu’ils se sont connu et faisait du dériveur ensemble (à la même époque nous étions à l’école à voile du Cap Coz). Inutile de vous dire qu’après de telles révélations la glace a tout à fait été brisée et nous avons passé de très bons moments ensemble. Qui a dit que le monde était petit ?

Carole et Daniel

Mardi, ayant commandé tout ce dont nous avons besoin pour nos réparations et n’ayant plus qu’à attendre que les pièces arrivent, nous pensions avoir le droit à quelques jours de répit pour naviguer entre les îles de la baie. Et nous voilà partis, une nuit paisible au mouillage dans la baie Parekura puis sur l’île Moturua pour le déjeuner et là email du gréeur : on démâte vendredi, la grue est commandée pour 08:00. Nous sommes mercredi, toute la journée de jeudi ne sera pas de trop pour enlever les voiles et préparer tout pour que le démâtage se passe le plus rapidement possible (l’heure de grue c’est pas donné). Fini la ballade on rentre au port !

Retour au port

Vendredi à l’heure dite tout est en place et le démâtage se passe comme sur des roulettes Rob et son assistant sont de grands pros. Retour au ponton sans mât : çà fait un peu bizarre. Après démontage du mât, les dégâts s’avèrent un peu plus important que prévu. En plus des torons cassés sur les bas haubans (D1 et D2) et des embases de barre de flèche usée, plusieurs coquilles (petites pièces inox qui permettent d’ancrer les haubans sur le mât) sont fêlées. On a eu de la chance d’arriver avec le mât entier jusqu’ici. Entre temps nous recevons les roulement de la barre à roue : le démontage peut commencer – étant bloqué là jusqu’à ce que le mat soit regrée  on en a de toute façon pas besoin.

à suivre…

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