Northland: la terre sauvage la plus civilisée (ou la terre civilisée la plus sauvage ?) (2)

Ce week-end les Néo Zélandais fêtaient l’anniversaire du traité entre les premiers colons Anglais et les Maoris qui est en quelques sortes leur fête nationale.
Diverse animations sont proposées et plusieurs grands voiliers sont à quai dont une réplique à l’identique de l’Endeavour le bateau du fameux explorateur James Cook. Nous allons les visiter avec Carole et Daniel.

Le traité ayant été signé dans la baie d’à côté, le dimanche, une navette de bus gratuite était organisée pour l’occasion. Nous sommes descendus au premier arrêt : la petite station balnéaire de Pahia et de là nous avons pris le bateau bus pour Russel de l’autre côté de cette baie. Le village de Russel n’est pas très grand mais très typique avec de vieilles maisons coloniales en bois peint, c’était un centre important pour les Maoris mais aussi pour les chasseurs de baleines qui venait s’abriter là pendant l’hiver austral et qui avait un peu transformé l’endroit en un lieu de perdition. Elle fut pendant quelques années la première capitale de la Nouvelle Zélande. Nous avons visité le petit musée qui retrace sont histoire.  Au retour nous avons fait les courses au super marché de Pahia (ici tous les super marché sont ouvert tous les jour même le dimanche et en général jusqu’à 21h) avant de reprendre la navette pour la marina.

Le samedi suivant nous avons repris une petite voiture pas chère (mais toujours aussi pourrie – on vous donne même pas la marque de toute façon c’est inconnu en Europe) pou aller voir Whangarei qui est le centre urbain le plus grand du Northland mais aussi un estuaire abrité avec plusieurs ports de plaisance et de nombreux chantiers. En effet à part le besoin de faire des grosses courses, nous voulons aussi trouver un endroit sûr où laisser le bateau pendant que nous serons en France.

La ville est très décevante, en fait c’est une espèce de zone commercialo-industrielle. Seule exception, le bassin du centre ville entouré de jolis petits bâtiments de style colonial en bois peint où on trouve petits restaurants et cafés dans une zone piétonnière. C’est aussi là que se trouve la marina principale. Un musée Hundertwasser est en construction, ce qui va améliorer grandement ce centre tristounet. La baie nous a beaucoup moins plu que la baie des îles. La rive sud est assez plate avec des mangroves et beaucoup de chantiers nautiques. Mais nous avons fini par trouver notre bonheur et bon abri pour laisser Rêve à deux pour le mois ou nous rentrons en France. C’est une petite marina dans le bras de la rivière pas très loin de l’aéroport. Il n’y a pas de ponton, les bateaux sont amarrés entre 4 poteaux et le tarif est vraiment intéressant : 165 NZ$/mois ( 95 €). Nous avons poussé notre balade jusqu’au petit port de Marsden Cove juste à l’entrée de l’estuaire et avons juste jeté un coup d’œil sur la passe et grande plage de Bream Bay (malheureusement gâchée par la présence d’une raffinerie) avant de repartir et de revenir au bateau.

Toute la semaine nous travaillerons sur la barre à roue et le compartiment arrière afin de tout remettre à neuf. Dominique est grand et plutôt raide passer ses journées plié en quatre la tête en bas au fond d’un coffre lu a permis de râler encore plus que d’habitude

Le weekend on décide de se faire un break, la barre à roue est en place et la liste de réparation bien entamée. Re-location voiture pas chère cette fois-ci on est bien servi elle est plus grosse, plus confortable et beaucoup moins pourrie que les précédentes (mais elle à tout de même 250 000 km au compteur) Nous avons commencé par faire les courses habituelles pour la semaine au centre de Kérikéri et de là nous avons été voir la Rainbow Fall, une chutes d’eau magnifique avec une immense grotte en dessous , le sentier longe la rivière dans la forêt sur plusieurs kilomètres jusqu’à la baie des îles, ne pas oublier de se mettre de la crème anti nonos sinon gare…Pique-nique au bord de la rivière. L’après midi  nous avons continuer notre exploration  en longeant la mer au nord de Kérikéri. Nous sommes montés tout en haut de la pointe à l’est de Mautori bay pour voir le monument à la mémoire du Rainbow warrior (coulé par les services secret français dans les années 80). Nous avons profité d’une belle plage pour aller nous baigner (l’eau est encore un peu fraîche mais c’est bon). Nous sommes allé jusqu’à Whangaroa et son superbe fjord puis retour par l’intérieur des terres. Partout sur les sentiers nous avons vu des pictogrammes représentant le fameux oiseau sans ailes et indiquant que les chiens sont interdit mais c’est sur le bord de la route que nous verrons nos deux premier spécimens de kiwi, pas les humains locaux ou le fruit du même nom mais bien un couple de ces oiseaux mythiques. Nous les pensions de la taille d’une grosse poule mais ceux la étaient plutôt du gabarit d’une petite perdrix. Ils se sont malheureusement enfuît avant qu’on puisse les photographier.

Le lendemain départ aux aurores avec le pique-nique, nous avons 205 km à faire pour atteindre l’extrémité Nord de l’île du nord et le cap Reinga et les routes ici ne sont pas exactement des voies expresses.

En passant par la montagne, nous nous sommes arrêtés au bord d’un torrent et piquer une tête dans  de l’eau fraîche, Dominique se dégonfle prétextant un début de rhume …

C’est quant même assez loin et nous arrivons enfin à 13 heures, il est interdit de manger sur le site !!! Mais protection de la nature et respect des croyances locales : pour les Maoris, c’est ici que les esprits des morts viennent pour aller vers l’autre monde. Bon on se fait le pique nique à l’arrière de la voiture. Des jeunes Maoris nous tournent autour et nous demande si on peut les aider, ils ont laissé leur clé à l’intérieur du coffre de la voiture ! Après avoir tout essayé, il casse la petite vitre de la portière arrière avec notre cric (pas facile si cela vous arrive protégez vous le bras mais aussi les yeux).

 Le petit phare est en contre bas, la pointe est d’une splendeur à couper le souffle pas d’autres mots. A chaque coude du chemin des explications sur l’écologie du lieu où une légende maori. Un courant très fort fait des remous devant cette pointe ou deux mers se rencontrent et pas des moindres l’océan Pacifique à l’est et la mer de Tasman à l’ouest. Un bateau de pêche s’y engage, il est poussé par le courant et le vent et rencontre la barre où de l’autre côté le courant est contraire, et là il peine à passer.

Il nous faut maintenant songer à rentrer, mais avant nous voulons profiter au maximum de l’endroit et descendons jusqu’à la plage côté Pacifique escarpé mais facile. Ensuite nous voulons voir la plage côté mer de Tasman mais il n’y a qu’une piste impraticable sauf en 4X4. Nous montons sur la plus haute dune (pas la dune du Pilat, plutôt les dunes de Liwa à Abu Dhabi par leur forme mais pas la couleur) enfin  nous voyons la mer. Nous finissons notre escapade de l’autre côté au bout de Paua road où l’on peut admirer les dunes de silice pure qui protègent l’entrée de la baie de Porengarenga.

Tout en bas de la péninsule nous repassons côté Tasman une dernière fois afin d’observer l’une des plus grandes plages du monde la Ninety Miles Beach ( la plage de 90 milles mais en fait elle ne fait « que » 90 km) que les Kiwis adorent parcourir en 4X4 non sans risque car s’ils ne calculent pas bien le temps où ont une panne  en cours de route des imprudents se font parfois prendre par la marée montante et il ne serait pas rare que des véhicules soit emportés par les vagues…

A partir de Awanui nous quittons la route 1 et rentrons par la 10 qui longe la côte en serpentant entre de petites collines verdoyantes. La route traverse dans un grand golf où paissent quelques bétails, je comprends que les colons Anglais se soient installés ici, ce n’est finalement pas si différent de l’Angleterre!

Il fait déjà bien nuit quand nous rentrons au bateau il est temps de se mettre au lit. 680 km au compteur (plus quelques uns à pied) dans le weekend nous sommes épuisés. Belle ballade, on en a pris plein les yeux.

Le jeudi 28 octobre, c’est le grand jour c’est aujourd’hui qu’on mâte (pas les belles filles, le bateau). Il n’y a pas de vent, et on est pratiquement à l’étale c’est parfait pour re-mâter. Le grutier Kim, Rob le gréeur et son assistant sont à l’heure, 8h sur le quai et tout se passe comme sur des roulettes. A 10 heure nous sommes de retour au ponton, il ne reste plus que les réglages de la tension des haubans et le remontage des enrouleurs à faire et bien sûr, il faut aussi remettre les voiles, les bouts et tout l’accastillage en place, rebrancher les feux les girouettes et autres antennes. Nous avons le temps et nous mettons la journée. Il manque les bastaques que Rob nous apportera mardi avec la poulie de pataras qui vient d’arriver à Auckland ; çà tombe bien car c’est aussi mardi que Josh le voilier doit nous apporter notre nouvelle grand-voile, notre nouveau foc et notre ancienne trinquette réparée. Le soir même tout est rangé nettoyé. Nous pourrons prendre la mer demain pour un week-end prolongé et bien mérité histoire d’essayer ce nouveau gréement et de peaufiner les réglages du mât. 

La Baie des Iles (Bay of Islands, c’est le nom que lui donna James Cook en y arrivant en 1769) est un endroit magnifique, un véritable paradis pour les amoureux du bateau et de la voile. La baie est entourée collines verdoyantes alternant des pentes boisées et des prairies qui semblent aussi bien tondues que des terrains de golfe. La côte est très découpée et les îles plutôt escarpées et couvertes d’une végétation très dense particulièrement sur la côte abritée des vents dominants. Les criques sont nombreuses, il suffit de choisir en fonction de la direction du vent, on trouvera toujours un mouillage parfaitement abrité. Inutile d’ajouter que plages y sont nombreuses et paradisiaques. L’eau est limpide et bleue en contraste avec les eaux brunes de l’estuaire ou est installé la marina. C’est aussi le paradis des plongeurs car les fonds sont très poissonneux il y aurait même des coquilles St Jacques et des langoustes.

Sur les rochers des milliers d’huitres que l’on n’a pas manqué d’aller cueillir. Les deux douzaines nous ont fait un excellent apéro avec un petit Chardonay du coin ma foi fort gouleyant.

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