Wayag 2, le retour

Mardi 28 décembre, fin de matinée, après deux heures d’attente aux bureaux de l’immigration, nous avons enfin nos visas. On est de nouveau en règle jusqu’au 23 janvier. Pour arroser ça nous avons repéré dans le quartier un restaurant dont la devanture ne paye pas de mine mais dont l’intérieur est un patio avec fontaine tout à fait à notre goût au menu, poisson grillé et nouilles sautées c’est délicieux et pas cher du tout.

Delà on repasse par notre quartier favori pour aller au marché frais compléter nos approvisionnements pour les 15 prochains jours. En plus des fruits et légumes habituels, on trouve du tolu et des dattes fraîches.


Mercredi nous attendons la marée avec impatience pour sortir du bassin de Tampa Garam. Il est 13:30 quand la hauteur est suffisante, nous avons juste le temps d’aller jusqu’à Batanta pour y passer la nuit. Là nous y retrouvons le calme et la vie en pleine nature. De là, nous allons jusqu’à Pef où nous passerons notre soirée de réveillon, cette année encore, seuls devant une magnifique plage déserte. Pas de folie au menu car on veut repartir de bonne heure demain matin et malheureusement il n’y a aucune couverture internet donc pas de possibilité de contacter la famille ou les amis aux 12ème coup de minuit. On est donc au lit de bonne heure mais nous en somme tiré vers minuit par le bruit des pétards tirés du village à l’autre bout de la plage et nous avons droit au feu artifice papou qui part de tous les côtés.


Notre but est bien sûr Wayag, la perle de Rajah Ampat juste de l’autre côté de l’équateur.

Quand nous y étions passés en Novembre, nous avions dû rentrer précipitamment après seulement une nuit mais le peu que nous en avions vu nous avait laissé sur notre faim. Cette fois-ci, nous avons bien l’intention d’y rester plusieurs jours et de l’explorer comme il se doit ce paysage magnifique et si dépaysant. Cette fois-ci , quand nous arrivons, nous ne sommes pas seul. Il y a une grosse goélette charter et un yacht à l’entrée mais tous deux semblent se préparer à partir. On aperçoit aussi une ou deux petites vedettes de touristes qui circulent et il y a quatre voiliers ancrés dans la grande baie du fond. Par contre notre petit crique devant la plage est libre et au bout de deux jours le dernier voilier est parti et nous nous sommes retrouvés seuls. Etaient-ils venus la seulement pour réveillonner ou ont-ils été découragés par le temps pluvieux… On savait qu’il pleuvait beaucoup dans la région mais en ce jour de l’an, c’est vraiment le déluge. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, nos réservoirs sont pleins et on a assez d’eau dans nos seaux, bassines et jerrycans pour prendre des douches trois fois par jour et faire plusieurs grandes lessives. Pas besoins de Karcher, le pont est astiqué et rincé à grande eau. Domi prétend se rappeler d’un vieux proverbe (à moins qu’il ne l’ai inventé…) qui dirait « Nouvel an pluvieux: 100 ans de bonheur pour les vieux » si c’est vrai alors là on devrait être vraiment gâtés!


Après la pluie le beau temps et dès dimanche, nous pouvons gonfler le kayak pour aller explorer les méandres de ce plan d’eau étonnant en nous faufilant entre ses milles et un pains de sucre.

On a vraiment l’impression d’être sur une autre planète complètement hors du temps, impression renforcée par le fait que nous sommes les seuls humains présents. Les formes si particulières de ces îlots vient de leur nature karstique qui aurait ici été amplifiée par ses immersions au fond de l’océan et remontées successives au gré de la tectonique des plaques (s’il y a des géologues parmi vous n’hésitez pas à nous envoyer vos théories, moi j’ai pas tout compris). La pêche étant strictement interdite, les eaux sont très poissonneuses surtout au tour des massifs de corail partout très nombreux. Elles sont aussi très claires mais un peu verdâtre du fait de la végétation abondante.


Notre ami Anglais Peter était monté au sommet de l’îlot le plus proche de l’entrée et nous avait dit que la vue de là haut valait vraiment la peine. Aussi, mardi après midi, comme il faisait beau, on est partis pour faire la grimpette à notre tour. Mais il avait oublié de nous dire que certaine parties de la montée sont tellement raides et ravinées qu’elles nécessitent des qualités d’alpinistes (peut-être le sentier avait-il aussi été détérioré par les pluies diluviennes depuis son passage). A peine au pied de la paroi, j’ai renoncé à monter et j’ai laissé Domi partir avec l’appareil photo et le téléphone (on avait déjà photographié la plage en long et en large).

Tant pis pour la vue mais ce n’est pas grave, j’adore flâner sur la plage pour dénicher de jolis coquillages et aussi faire un peu de ménage car même au coeur de cet espace protégé, les déchets plastiques rejetés par la mer sont omniprésents. J’étais dos à la mer et je regardais la forêt lorsque soudain, à trois mètres de moi, un gros, mais très gros lézard était en arrêt et me regardait. Je me maudit aussitôt de n’avoir pas gardé au moins le téléphone j’aurai pu vous montrer une photo de ce monstre que nous identifierons plus tard comme étant un magnifique varan de Gould.

Photo d’un varan de Gould, identique à celui que j’ai croisé, empruntée sur Wikipedia. Merci à son auteur!

Sur le moment je n’ai pas eu peur et même je me suis approchée tout en respectant une bonne distance entre lui et moi mais si j’avais lu ce que l’on en disait de cette bête sur internet j’aurai sans doute pris mes jambes à mon cou. Ceci dit je préfère encore me trouver en compagnie de cette charmante bestiole à la langue fourchue plutôt que d’un de ces reptiles encore beaucoup plus gros à la mâchoire puissante et aux dents acérées qui parait-il fréquentent les eaux du parc.

Après s’être regardé dans les yeux un moment, chacun a finalement repris ses occupations lui s’est enfoncé dans la forêt et moi je suis retournée à mes coquillages non sans garder un œil dans sa direction. Domi aurait bien aimé lui aussi faire sa connaissance surtout qu’il n’a pas pu aller jusqu’en haut, la fin du parcours était trop abrupte et glissante pour lui.

Notre exploration de Rajah Ampat continue dans l’article suivant..

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