Rajah Ampat çà continue!

Mercredi nous avons levé l’ancre pour aller mouiller dans une anse profonde sur la façade Nord Est de Kawe à une dizaine de mille pratiquement sur l’équateur. Toute la région de Rajah Ampat est truffée d’îles et d’îlots mais il n’est pas pour autant facile de mouiller, à moins de 100 mètres de la côte on trouve souvent des fonds de plus de 30 mètres et plus près, les coraux empêchent d’approcher. Domi passe beaucoup de temps tous les jours sur ses deux ordinateurs à la recherche de mouillages sympas et abrité de ces vents imprévisibles à l’aide de photos satellites téléchargées et des blogs et guides compilés par voileux qui nous ont précédés dans ces eaux peu connues et mal cartographiées.


Si les îles sont splendides les fonds sous-marins valent aussi la peine , et dés que le bateau est amarré nous enfilons notre tenu de bain, nos palmes et masques et nous passons le reste de la journée sous l’eau à nous émerveiller devant cet aquarium gigantesque.


Jeudi nous franchissons le détroit de Bougainville pour pénétrer dans le dédale de la baie d’Entrecasteau (qui portent aussi des noms locaux mais pour une fois qu’il y a des noms français sur la carte on va pas se priver: cocorico!).

On trouve une anse bien protégée entourée de mangrove pour la nuit. Vendredi on ressort par le bras ouest le paysage est grandiose entouré de rives abruptes avec une allure de fjord ou de ria. La baie est encombrée par une très grande ferme perlière mais un large chenal est aménagé au milieu.

A la sortie, juste avant le village de Selpele on aperçois une baleine qui effleure la surface avant de regagner la profondeur. Nous passerons l’après-midi et la nuit dans une baie de rêve sur le nord de la côte ouest de Batang Pele, profonde d’une quinzaine de mètres et parfaitement protégée de tous les vent. On nage avec les poissons sur le récif de la sortie et avant la nuit, des jeunes en pirogue viennent nous vendre des noix de coco qu’ils viennent de cueillir: juste à l’heure pour l’apéro.

Etape suivante passage entre Yagafo et Gam, nous y sommes déjà passé plusieurs fois mais cette fois nous nous y arrêtons. La passe est réputée pour ses eaux claires et ses fonds magnifiques. Mais la crique est étroite et profonde. On ancre au milieu dans 28 mètres avec la totalité de nos 70 m de chaîne et deux haussières à terre dans la mangrove l’une au nord et l’autre au nord ouest (çà nos rappelle nos mouillages Patagons) . Avec çà on devrait être prêt à tout surtout que la météo ne prévoit qu’un vent de nord très faible.

L’après midi plongée snorkeling dans la passe on l’on croise les plongeurs d’un « live aboard » de passage. Les fonds sont magnifiques et l’eau d’une clartés surprenantes. Nous nageons pendant plusieurs minutes avec une tortue qui nous remarque à peine. La nuit est calme et étoilée par contre le matin le ciel est gris, chargé de pluie. Nous partons quand même pour une autre plongée. Au retour surprise et inquiétude: nos amarres arrières sont complètement distendues. Le vent à tourné au sud est, la seule direction ou la forêt est à plus de 50 mètres et même s’il ne dépasse pas les 10 ou 15 noeuds, l’ancre semble avoir dérapée . Nous décidons de partir tout de suite , détachons et enroulons nos haussières et remontons l’ancre. Le guideau peine à remonter les derniers mètres (normalement les moins difficiles) mais l’ancre apparait enfin. J’embraye la marche avant et me dirige vers la sortie mais au bout de quelques mètres, silence complet, le moteur a calé et la manette est bloquée. Et là, derrière le bateau on voit apparaître une immense bâche… Pas de panique, l’annexe est encore à l’eau, on re-déroule rapidement une haussière à terre de chaque côté de l’anse pour sécuriser le bateau (pratique les 200m de dyneema sur enrouleur!). Domi enfile ses palmes et son masque et plonge. Le verdict tombe : l’ancre a remonté du fond de l’eau une bâche en maille (du type utilisé pour recouvrir les toits en chaume – il y a justement 3 gites en construction on fond de la baie) ce qui explique aussi qu’on est dérapé, l’ancre étant prise dans la bâche et non dans le sable du fond. Celle-ci a été ensuite happée par l’hélice et au bout de quelques tours a bloqué l’inverseur et calé le moteur. Un bon couteau à pain pour la retirer et un quart d’heure plus tard le moteur redémarrait et rien ne semblait avoir souffert. Plus de peur que de mal! De là nous allons de nouveau mouiller à Besir, sans surprise on connait bien!

Lundi 10 janvier, celà fait déjà 12 jours que nous sommes partis et les vivres frais sont épuisés surtout que la température ne nous aide pas pour conserver les fruits et légumes et du côté protéines comme nous n’avons pas de congélateur il ne nous reste plus que quelques oeufs et des boîtes de conserve. Nous allons nous ravitailler à Waisai.

Même par vent de nord le mouillage n’est pas des plus confortable notamment à cause des barques qui la sillonnent en permanence mais le marché est tout proche, juste à l’entrée de la rivière sur la rive gauche. Par contre, si vous avez peur d’attraper des maladies autres que le COVID évitez de vous y aventurer.

La face arrière du marché qui donne sur la rivière est définitivement d’une saleté immonde. Nous arrivons tant bien que mal à accéder au quai et à débarquer. Une fois dans le marché c’est comme partout: des petits commerçants vous vendent pour quelques dizaines de milliers de roupies bananes, haricots, tomates papaye, poissons, toffu (prélevé à la main par la marchande dans un seau de 20 litres à même la rue…

heureusement qu’on l’aime bien cuit) bref, tout ce dont nous avions besoin en un temps record. Sur le quai c’est un embouteillage de longues barques et la mer a baissée, notre annexe est complètement à l’extérieur et il n’y a presque plus d’eau. On a pas trop envie de patauger dans cette vase dégoutante. Un jeune homme nous aide à atteindre notre annexe. Nous n’avons pas été plus loin dans cette ville qui au dires des navigateurs qui y sont passés ne serait pas désagréable.


Peu avant le couché du soleil, Domi était sur l’ordi travaillant sur les prochaines destinations quand il aperçoit l’ombre d’une bête genre grosse araignée qui se faufilait vers la cuisine? Panique à bord , dans mes recherches sur les animaux de la région j’avais vu qu’il pouvait y avoir des tarentules et je ne me voyais pas vraiment, moi qui a horreur de ces bêtes là, lui courant après à quatre pattes sous la cuisine. Au matin Domi trouve enfin le coupable c’était un tout petit crabe arrivé là, on ne sait comment, qui se déplaçait sur le bord de la descente, le soleil bas sur l’horizon à ce moment là avait projeté son ombre très agrandie sur le plancher de la cuisine. Ouf! Comme quoi il n’y a pas que les gamins qui ont peur des ombres chinoises.

Mardi, on repart cap pour aller voir la pointe Est de l’ile de Waigo et l’on fini par deux mouillages un peu rouleur sur la pointe est. Mais il est déjà temps de rentrer à Sorong pour renouveler à nouveau nos visas. Nous disons adieux au parc de Rajah Ampat, c’est un endroit extraordinaire mais il le serait encore plus si le pays se donnait les moyens d’éliminer ses déchets plastiques et se dotait d’une vrai politique environnementale. En retraversant le détroit de Dampier au moteur nous sommes poursuivi par un très gros orage. Nous arrivons tout juste à la marina de Tampa Garam avant que le vent ne se déchaine, heureusement que le marin du gros cata Américain était là pour prendre nos haussières avec son zodiac! Merci à lui!

On aura passé quinze jours vraiment fantastiques dans ces paysages extraordinaires!

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