Archives mensuelles : juin 2026

Canouan: baie de Charlestown

Pour notre entrée à St Vincent et les Grenadines nous décidons de pousser jusqu’à Canouan plutôt que de la faire à Union, la baie de Clifton étant très mal protégée dans le fort vent d’ouest qui souffle ces jours-ci. Du coup on zappe aussi Mayreau et les Tobago Cays qu’on avait beaucoup aimé lors de notre premier passage en 1994 en partie pour la même raison mais surtout à cause de ce que nous avons lu à propos de la fréquentation intensive des catas de charter.

Sous le vent des îles la mer n’est pas formée et sous trinquette et un ris les 30 milles sont rapidement avalés même si il a fallu tirer quelques bords. Le mouillage de Charlestown est grand mais bien abrité et chose étrange il n’y a que quelques bateaux. Le responsable du port nous propose un corps mort mais nous dit qu’on peut aussi ancrer. Les bouées semblant un peu trop proche de la plage à notre goût nous ancrons.

En début d’après-midi nous descendons à terre pour les formalités d’entrèe. La douane est dans le grand bâtiment administratif tout près du port. Rêve à Deux est dédouané en quelques minutes. Par contre pour l’immigration il faut se rendre à l’aéroport

C’est une excellente occasion pour découvrir un peu cette île moins touristique que ses voisines de l’archipel aussi plutôt que de prendre un taxi nous y allons à pieds.

Sur le bord de la route nous croisons de nombreuses tortues terrestre de toutes les tailles assez surprenantes avec leur tâches oranges sur le dos.

Cette île semble avoir beaucoup moins souffert du cyclone que ses voisines plus au Sud. La végétation semble en meilleur état et on ne voit pas de bâtiment endommagé.

Tyrell Bay: le cimetière de bateaux de Cariacou

Passè Cistern Point et le Mont St Louis c’est un nouveau spectacle de désolation qui s’offre à nous.

D’abord, ce sont quelques épaves de navire de pêche ou de commerce échouées sur les rochers. De loin on distingue de nombreux bateau de plaisance au mouillage, tout semble à peu près normal mais quand on s’approche on se rend compte que beaucoup d’entre eux n’ont plus de mât?.

En discutant avec des navigateurs on comprend ce qui c’est passé. En juillet 2024 quand Béryl à été annoncé, la saison de navigation était déjà finie et de nombreux plaisanciers avaient déjà préparé leurs bateaux pour la saison des cyclones, bien amarrés dans la mangrove du « Careenage » sur la rive nord de Tyrell Bay. Les quelques places encore disponible dans cet abri, réputé comme un excellent trou à cyclone, ont tout de suite été prises par ceux qui naviguait encore. Bref c’était plein à craquer: 100 bateaux, 200 bateaux, les témoignages varient. Et c’est juste là sur cet endroit précis que Béryl a atteint son paroxysme.

Sous l’assaut des éléments déchaînés les bateaux ont été jetés les uns contre les autres certains ont coulés d’autres ont été gravement endommagés, les mâts et les gréments se sont enchevêtrés, beaucoup ont démâté. Quelques mois après la catastrophe, les autorités de Grenade on décidé de nettoyer la mangrove (classée espace naturel protégé). Un navire spécialisé muni d’une grue est venu sur place et les bateaux ont été sortis de là un par un (du moins ceux qui flottaient encore – de nombreuse épaves restent encore à évacuer de la mangrove et des alentours) et amarrés sur les corps morts de la baie. Quelques uns sont en réparation dans l’un des deux chantiers de la baie mais beaucoup des bateaux sauvés n’étaient malheureusement pas convenablement assurés. Certains propriétaires n’ayant pas les moyen d’effectuer les travaux nécessaire, un grand nombre de ces bateaux endommagés risquent de rester là encore un moment…

Les formalités de sortie se passent comme sur des roulettes dans le tout petit bureau dans la cour du resto à côté du chantier et le 4 mars au matin nous quittons cette île dépendant de La Grenade pour le Pays suivant de l’arc Antillais.

Hillsborough: la capitale fantôme de Carriacou ( L’île la plus touchée par le cyclone Beryl )

Hillsborough Bay

Dimanche premier mars 2026, l’alizé soufflait fort quand nous avons quitté Petite Martinique mais passé Gun Point (la pointe nord de Cariacou) nous sommes sous le vent de l’île et à part quelques rafales qui descendent des collines toute la côte est bien protégée du vent et de la houle. Nous mouillons devant la jetée de Hillsborough sur un fond de sable de bonne accroche.

Avant le passage du cyclone Beryl, Hillsborough était la principale ville de l’île avec de nombreux commerces, de belles demeures et deux églises. Nous sommes dimanche. Ceci pourrait peut-être expliquer le calme qui y règne mais en fait il semblerait que non seulement les touristes mais aussi la plupart des habitants aient déserté la ville.


Aujourd’hui Hillsborough est carrément une ville fantôme dont presque tous les bâtiments sont encore en ruines y compris les deux édifices religieux.

Le cyclone a aussi grandement endommagé la végétation. Bien sûr de nombreux arbres ont été arrachés mais même ceux qui sont restés debout on souffert. Nous ne sommes qu’en tout début de la saison sèche, tout devrait encore être bien vert comme c’était le cas à Tobago ou à Grenade. Or en beaucoup d’endroits le paysage semble desséché et jauni.

Nous quittons Hillsborough pour aller faire nos formalités de sorties à Tyrell’s bay juste de l’autre côté de la pointe.

Bonne surprise au passage: il reste encore des cocotiers debout sur Sandy Island!