Kadavu(Kadavou): on ne veut pas de vous !

Après cette courte traversée de rêve, il fallait bien payer pour cette chance.

L’île est magnifique verte et bien arrosée, il n’est pas tard et nous avons le temps pour une courte incursion à terre histoire de se dégourdir les jambes après cette traversée. Le temps que l’on gonfle l’annexe, le soleil va bientôt se coucher et pour couronner le tout, Domi est pieds nus (tête en l’air comme d’ab), pas confortable pour marcher sur la route empierrée !. Les habitants de Vunasea nous accueillent jovialement : Bula!Bula ! (Salut en Fidjien). Par respect des consignes, on porte le masque comme la plupart d’entre eux. On achète quelques légumes chez une marchande et on rentre à bord. On ira plus loin demain!

La chance s’arrête ici

Le mardi le vent souffle sur la baie et il pleut des cordes toute la journée. On ne va pas se laisser aller au découragement et on en profite de toute cette eau tombée du ciel pour faire la lessive et refaire le niveau des réservoirs.(quant je vous dis que l’île est verte, je comprends mieux maintenant) On profite aussi de la bonne connexion (c’est mieux que la Polynésie pour la connexion internet) pour regarder les nouvelles de France et du monde et mettre ce blog à jour (nous le verrons plus tard, contrairement à la Polynésie ou en dehors de Tahiti le réseau est inexistant, ici ils ont fait des gros efforts pour assurer une bonne couverture 4G sur toutes les îles et souvent même en pleine mer entre les îles).

Mercredi, les éclaircies entre les grains deviennent de plus en plus longues,et entre deux, équipés de nos cirés nous pouvons retourner à terre: quelques courses aux deux supermarchés du village puis promenade sur la route qui longe le bord de mer. Passé l’aérodrome où aucun avion ne s’est posé depuis notre arrivée, nous atteignons une autre partie du village. Les maisons sont très modestes voire carrément délabrée, les enfants jouent sur le chemin. On échange quelques mots avec les habitants, il y a en a même un qui parle un peu français. Ils ont l’air content de nous voir. Jusqu’à ce qu’une femme sorte d’une maison et nous demande gentiment sans agressivité mais fermement de partir : ils ne veulent pas être contaminés par le virus. Pas de soucis on fait demi-tour.

A peine repartis dans l’autre sens, une voiture s’arrête à notre hauteur, un policier en uniforme en descend. Savez vous que vous violez la loi Fidjienne nous dit-il. Vous n’avez pas le droit de débarquer, vous devez rester à bord. Il exécute le protocole, tout se bouscule dans sa tête et les questions fuses d’où venez vous avant les Fidji ? où avez vous été ensuite ? , dans quel magasin vous avez serré la main ou touché quelqu’un ? On lui explique que nous sommes titulaires d’un passe « Blue Line » qui nous autorise à aller dans toutes les îles sauf Viti Levu, qu’on a fait une quarantaine, qu’on a été testé 2 fois et qu’en plus on est vacciné. Il est désorienté et nous montre le texte de la loi sur son smart phone : les passagers et membres d’équipage des navires marchands ou de plaisance ne sont autorisés à débarquer nulle part d’où qu’ils viennent. Il nous raccompagne jusqu’à notre annexe et attend sur la plage qu’on revienne lui montrer tous nos documents que bien-sûr nous avions laissés à bord. De retour sur la plage Il examine notre permis et la lettre en fidjien expliquant le principe de la «Blue Line » aux responsables insulaires. Souriez vous êtes sur la photo en nous demandant de rester à 2 mètres l’un de l’autre protocole sanitaire oblige… Fin de la ballade .

Sitôt rentré j’appelle notre agent pour lui demander à quoi sert le cruising permit et l’autorisation Blue Line si on ne peut pas aller à terre. C’est un mal entendu nous dit elle, ce bureau de police n’est pas au courant des dernières réglementations je vais les appeler pour arranger çà. Une demi-heure plus tard, des cris sur le bout de la jetée, c’est le policier . On doit revenir à la plage… Cette fois-ci il est venu avec son chef et le super intendant responsable de tout le district. Ils sont bien sûr masqué et gantés. De nouveau retour case départ, les mêmes questions et vérification des mêmes papiers. La question cruciale pour eux n’est pas de définir si oui ou non nous pouvons aller à terre (c’est tout simplement hors de question) mais de décider quel protocole ils vont devoir appliquer aux magasins où nous sommes passés(il y en a que deux dans le village et on les a fait tous les deux…) A cours d’idée je leur rappelle que nous sommes vaccinés. Ils semblent voir là une ouverture possible. On leur montrent nos carnets de vaccination (le modèle jaune de l’OMS). Ils les épluchent dans tous les sens (ils contiennent toutes nos vaccinations : BCG, diphtérie , tétanos, typhoïde, fièvre jaune , choléra, variole etc et les deux doses du Pfizer) se font préciser les dates et lieus d’injection, les prennent en photo. Ils confèrent un moment avec leur grand chef et reviennent nous dire que tout est clair. Ouf !!! Nous n’avons pas fait de faute parce qu’on avait pas été prévenu de l’interdiction d’aller à terre et au vu de notre dossier il semble peu probable que nous ayons pu contaminer quelqu’un sur l’île. Nous sommes donc libre… de retourner à bord. Nous pouvons aussi ancrer ailleurs sur l’île si nous le souhaitons et même nager autour du bateau mais sans débarquer et sans aucun contact avec qui que ce soit. En cas ou nous aurions un besoin urgent de quelque chose nous devons leur téléphoner, ils essayerons de nous aider toujours sans contact…Nous comprenons leur attitude. Ils sont au début de la vaccination dans le pays et leur système de santé a des moyens très limités mais surtout leurs manuels d’histoire leur rappelle l’épidémie de rougeole de 1875 qui tua un quart de la population simplement parce qu’un chef qui, étant allé en Australie négocier l’indépendance du pays (alors colonie britannique), était revenu sans faire de quarantaine. Pour relancer l’économie du tout jeune pays après cette hécatombe les dirigeants avait alors du faire venir massivement de la main d’œuvre indienne initiant sans le savoir les tensions ethniques qui éclatèrent dans les années 2000.

Voilà qui nous refroidi un peu sur le bien fondé d’une croisière dans cet archipel de rêve. Que sommes nous venu faire dans cette galère? Serions nous plus heureux en France avec un passe sanitaire ? Pas sûr ! Mais de toute façon, partir d’ici, pour aller où ? peut-être vers l’Indonésie à 3500 milles mais rien d’autre n’est ouvert?. Heureusement il nous reste le paysage de rêve, et les baignades dans l’eau chaude des lagons, nos 10 000 bouquins et BD sur nos tablettes et internet plein pot…

Le mauvais temps n’est pas fini, les gribs et les cartes météo nous prévoie le passage d’un front froid avec beaucoup de vent de secteur Ouest et encore de la pluie sur le Sud et le Sud Ouest pour ce week-end. C’est le moment ou jamais de repartir un peu vers l’Est du pays pour essayer de voir ces joyaux que sont les îles du groupe Lau et particulièrement Vanua Balevu tout au nord de ce petit archipel. L’idéal serait de partir juste devant le front, pour bénéficier de la bascule du vent (qui souffle d’est pour le moment) tout en évitant le gros de la perturbation.

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