Bonjour les Molluques du nord

Dimanche 30 Janvier 2022, en début de matinée nous arrivons à Woto , une toute petite île des Molluques du Nord située dans une grande baie sur la côte Est d’Halmahera Le mouillage est très joli, l’eau transparente et la plage superbe mais il y a pas mal de courant, à tel point que je dois m’assurer pour plonger voir l’ancre. On est sur du sable mais il y a quelques pâtés de corail. Finalement après le repas de midi, la marée est haute et le courant s’est inversé faisant rentrer un légère houle. Nous décidons d’aller chercher un mouillage peut-être mieux abrité plus à l’intérieur de la baie.

C’est l’île de Wor. Il y a moins de courant mais il faut mouiller dans 25 m d’eau. En face se trouve le village de Bicoli où le mouillage est parait-il bien abrité par vent de secteur Sud, çà tombe mal, nous sommes à la saison de la mousson de Nord Est. Wor fera donc l’affaire pour la nuit. La baie est entourée de montagnes et derrière l’île de Paka dont on ne voit que le vaste chantier de la mine de nickel à ciel ouvert, se cache la ville de Buti qui est sans interrêt.

Le lendemain nous continuons notre route toujours plus au nord et après avoir hésité à nous arrêter dans la baie de Wayamli pour la nuit, nous décidons de profiter de la petite dépression prévue pour cette nuit et qui devrait amener du vent (malheureusement de Nord). On pourra avancer rapidement à la voile (et faire le moins de moteur possible) et atteindre directement Tobélo à 100 milles de là, demain avant la nuit. 100 milles en 24 heures c’est une vitesse d’escargot pour Rêve à Deux mais il faut compter avec les bords à tirer et un courant de plus de 2 noeuds descendant le long de la côte. Pendant la nuit on essuie quelques beaux grains qui nous font réduire plusieurs fois à 1 ris et trinquette mais on gère bien les bascules de vent et la progression est bonne. Au matin, en abattant après la pointe de Leilai nous apercevons un autre voilier à quelques milles devant nous. C’est Alphane Gipsy un ketch anglais. Toute la journée nous les suivons, eux au moteur, nous à la voile.

Nous mouillons tous les deux devant la ville juste avant l’appel de la prière du soir, comme il y a pas mal de mosquées tout au tour du port c’est un vrai concert qui nous accueille. Juste derrière la ville on distingue le volcan qui crache de temps en temps son nuage de fumée. Mais on a de la chance et le vent est dans la bonne direction parce que souvent c’est aussi de la cendre.

Mardi premier février, comme nous sommes dans une ville de bonne taille (35 000 habitants), il faut en profiter pour refaire le plein de gasoil. En Indonésie c’est toujours un peu compliqué, il n’y a bien sûr jamais aucune pompe sur les quais des ports. Il faut donc aller avec ses bidons dans une station service mais pas n’importe laquelle: les locaux, quand ils ont un moteur diesel, fonctionnent au Solar un gasoil subventionné de très mauvaise qualité auquel nous n’avons de toute façon pas le droit. Pour nous c’est le DEX un gasoil haut de gamme à faible teneur en souffre (environ 0,60 EUR/litre) mais il n’y en a pas partout. L’autre problème c’est de débarquer à terre. Entre estacade branlante bardée de clous rouillé et quai sur pilotis de 5 m de haut rien n’est prévu pour nos petites annexes gonflables. En longeant le bord on tombe sur un petit escalier taillé a même les rochers. Les habitants de la maison juste au dessus viennent spontanément nous aider à débarquer. On explique au monsieur qu’on voudrait remplir nos bidons. Il pense que nous voulons de l’eau et nous amène chez le marchand d’eau (en Indonésie dans la plupart des villes il n’y a pas d’adduction d’eau ou elle n’est pas potable on trouve donc des commerces équipés de purificateurs assez sophistiqués qui remplissent les bombonnes. On arrive finalement à se faire comprendre et Sammy le vendeur d’eau propose de conduire Domi à la station service, située à l’extérieur de la ville, dans son petit camion. Je reste discuter avec la dame et sa fille. 30′ plus tard Domi était de retour et Sammy a pu amener son camion jusqu’au bord de l’eau et on à fait la chaine pour charger les bidons dans l’annexe. On a eu une chance extraordinaire de tomber sur ces gens: d’après les blogs que nous avons pu lire c’est souvent beaucoup plus compliqué. Retour au bateau il est temps de manger par contre l’après midi quand on repart pour la ville nous avons juste le temps de taper une petite bavette avec notre voisin de mouillage et de rentrer précipitamment nous abriter au bateau en attendant que l’orage passe pour aller en ville. L’averse se prolonge et on se contente d’un raide rapide en Becak (scooter pousse-pousse) jusqu’au marché moderne (pasar modern) pour acheter du poisson et des légumes pour le soir. On y retournera demain pour faire les courses plus sérieusement, il va bientôt faire nuit.

La première impression de Tobelo est un peu négative. Le port et les ruelles étroites qui mènent à la jetée des bateaux taxi ou nous avons amarré l’annexe sont d’une saleté repoussante avec comme d’habitude, des monceaux de déchets plastiques jusqu’au marché où des rats aussi gros que des chiens passent entre les jambes des chalands et se crapahutent dans les caniveaux qui servent aussi d’égouts.

Deuxième impression le lendemain, ou nous allons vraiment découvrir cette ville, est nettement meilleure. Des rues bordées de petites maisons et de commerces. Ah non ils ne sont pas très riches! et l’on trouve de temps en temps des cabanes en tôles rafistolées, mais la plupart ont des murs en dur avec un sol carrelé.

La ville grouille de vie et les gens ont l’air heureux , partout des rires et des sourires et la musique et la religion font partie de leur vie de tous les jours. Bien que l’on voit surtout des mosquées et beaucoup de femmes voilées, la ville serait en majorité chrétienne et depuis les affrontements meurtriers de 1999-2000, les deux communautés semblent vivre en bonne intelligence. Passé le bord de mer et sa misère, les quartiers sont plus propres et mieux entretenus.

Quand je fais mes courses, j’essaie toujours d’avoir ma glacière , des grands sacs cabas réutilisables, une boîte à œufs et un récipient étanche pour les aliments délicats comme le poisson ou le tofu pour ne pas avoir à utiliser leurs multiples sacs plastique. Lorsqu’on les refuse, nous prennent-ils pour des martiens ou commencent -ils à prendre conscience qu’il faut sauver la planète?

Nous ne voulons pas nous éterniser ici plus longtemps et une fois toutes les provisions embarquées nous larguons les amarres pour aller mouiller dans le lagon de Kokara à 6 milles sur notre route.

C’est une piscine entourée de corail et la passe n’est pas très profonde. L’orage ce soir nous tourne autour sans nous atteindre il restera sur Tobelo et ses montagnes. Le matin avant que nous partions deux jeunes garçons en pirogue viennent nous vendre des mangues fraichement cueillies. Ils repartent avec un peu d’argent et une sucrerie en prime, ils sont ravis!

Nous laissons la place libre pour Alphane Gipsy que nous voyons arriver quand nous franchissons la passe et nous hissons les voiles pour Morotai 20 milles plus au nord.

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