De Morotai à Sulawaisi on continue à progresser vers l’ouest

Nous avons prévu de rester un minimum de temps à Morotai pour arriver le plutôt possible jusqu’à Bitung. L’idée est d’essayer de renouveler nos visas (qui n’expirent que le 21 février et nous sommes seulement le 5) en avance pour gagner le plus de temps possible jusqu’au prochain renouvellement qu’on ne pourra pas faire avant Polewali ou Makassar sur la partie sud de la côte ouest de Sulawaisi et la route pour y parvenir est longue et risque d’être difficile surtout que nous n’avons pratiquement aucune information sur les ports et les possibilités d’ancrages. L’immigration accepte en principe de renouveler jusqu’à 10 jours avant la date d’expiration, espérons qu’il s’agit de jours ouvrables!.

Morotai , en voilà encore une île qui a fait parler d’elle ! C’est une île très escarpée (à part une petite plaine côtière au sud et surtout couverte d’une jungle impénétrable à tel point qu’un soldat Japonais de la dernière guerre y est resté retranché pendant près de 30 ans et se n’est qu’en 1974 que l’aviation indonésienne l’a finalement retrouvé, tous ses compagnons étaient morts depuis longtemps mais il pensait que le conflit n’était toujours pas terminé.

Nous n’avons pas du très beau temps ce qui nous empêche d’aller profiter des îlots de la baie où la plongée et le snorkeling sont parait-il exceptionnels. Faute d’abri plus exotique nous sommes mouillés devant Daruba un peu à l’écart du port dans un endroit de verdure tout de même assez agréable. Fautes d’aller admirer les poissons nous en profitons pour mettre à jour le blog et étudier en détail les fichiers météo pour identifier le bon moment pour traverser le bras de la mer des Molluques qui séparent Halmahera et la grande île de Sulawasi soit environ 200 milles. Les courants peuvent varier du Nord-Est au Sud-Ouest et atteindre 2,5 nœuds quand les vents peuvent eux varier de l’Est à L’Ouest et de rien du tout à 25 nœuds ou plus. Autant dire que çà vaut le coup de s’y pencher. Lundi semble le jour favorable avec un vent de Nord-Est soutenu à 12 15 nds et le courant dans le bon sens. Les routages nous donnent une traversée de moins de 36 heures

Lundi 07/02/2022 , 7 heures du matin, nous levons l’ancre. Si nous rencontrons les conditions prévue on devrait être à bon port demain soir. Nous quittons la mer d’Halmahera par calme plat mais avec un courant favorable et sitôt passé la pointe Jere, le vent est au rendez-vous. Nous contournons l’île de Doi par le nord pour aller chercher le vent et le courant. Ce sera notre latitude la plus élevée dans l’hémisphère nord pour cette partie du voyage et sans doute avant bien longtemps.

Sur cette mer il faut faire doublement attention , non seulement il y a les troncs d’arbres et amas de déchets plastiques comme partout dans le pays mais surtout il y a ces drôles de radeaux avec une petites cabanes. Ils sont mouillés je ne sais pas comment par plusieurs centaines de mètres de fond. Ils sont considérés comme FAD (Fish aggregation devices ou dispositifs de concentration de poissons) mais en réalité il sont en général occupés en permanence par un pêcheur ermite. Wick nous a raconté qu’un de ces radeaux-cabanes avait rompu ses amarres et dérivé avec son occupant pendant plusieurs semaines, jusqu’à Palau, plus de 600 milles au nord. Le malheureux n’avait survecu que grâce à sa pêche et à la pluie tombée du ciel. Les habitants de Palau (pays indépendant de la Micronésie) l’avait recueilli mais comme il n’avait rien il avait du attendre plusieurs années avant qu’il puisse rentrer chez lui grâce au passage du bateau d’une association caritative. Ayu lui avait fait faire des papiers, qu’il n’avait sans doute jamais eu en sa possession, et accompli pour lui toute les démarches d’entrée en Indonésie alors qu’il était bien Indonésien .

Parfois ces FAD ne sont que de simple flotteurs comme celui-ci. Evidement radeaux ou flotteurs, rien n’est indiqué sur les cartes et de nuit ils n’ont aucun feux sauf si les pêcheurs sont là et sont en train de relever les poissons. Dans ce cas les radeaux sont illuminés avec plusieurs dizaines de mètres derrière eux une bouée ou une barque éclairée elle aussi. Au début de la nuit nous avons cru que c’était des bateaux de pêche. Nous en avons croisé des dizaines parfois à plus de 50 milles de la côte. Et pour chaque radeau que nous avons vu, il y en avait sûrement au moins un autre sans éclairage. Quand le jour s’est levé tous avaient disparu sans laisser de trace. Par définition un radeau c’est au raz de l’eau donc pas visible au radar et bien sûr ils n’ont pas non plus d’AIS. Autant vous dire que la veille à bord de rêve A Deux est des plus sérieuse: pas question de somnoler pendant sont quart ni même de s’absorber dans une lecture trop prenante.

Conformément au routage nous arrivons à Bitung juste avant la tombée de la nuit après une traversée plutôt agréable. Le vent était un peu plus faible que prévu et nous à lâché 50 milles avant l’arrivée nous obligeant à avoir recours au moteur pour avancer dans une mer devenue chaotique. Bitung est nichée sur la côte de Sulawaisi dans l’étroit bras de mer qui sépare cette dernière de l’île de Lembeh. Bitung est en fait pour le fret le port de Manado capitale de la région Nord de Sulawaisi. Nous arrivons par le nord et évitons ainsi l’entrée sud du détroit encombrée de bateaux de commerce et de de pêches ainsi que les inévitables trimarans/parcs à poisson. Nous n’avons pas beaucoup de temps avant que la nuit tombe et nous mouillons par 20 mètres entre les deux voiliers déjà ancrés devant Solitude Resort.

L’un d’entre aux n’est autre que Soggy Paws de Dave et Sherry dont les fameux « Compendiums » nous ont fournis des tonnes de renseignements utiles tant en Polynésie qu’ici en Indonésie. Ils passerons nous voir le soir même en rentrant du restaurant. Nous aurions bien aimé passer plus de temps pour discuter avec eux mais ils repartent le lendemain de très bonne heure vers Sorong.

Mercredi matin nous rangeons le bateau et je fais la lessive. Vers midi nous allons à terre en profitant de la jetée du resort. On y est bien accueillis et du coup on se paye le luxe d’un excellent plat de thon à l’indonésienne à la terrasse de leur restaurant avec vue imprenable sur Rêve à Deux et le détroit de Lambeh. (çà ne fait pas de mal de se faire chouchouter de temps en temps). Pour l’après-midi nous louons les services du chauffeur de l’hôtel pour aller à l’immigration. Nous y arrivons à 15:30. Pourquoi voulons nous renouveler si tôt alors qu’il nous reste encore presque 2 semaines? Le fonctionnaire très sympathique accepte volontiers nos explications nautiques. Mais il n’ont pas encore reçu la lettre de notre sponsor qu’à celà ne tienne il le contact par téléphone et lui demande de l’envoyer par mail. En attendant que le document arrive on papote un peu (il à fait un voyage en Europe en 2019 et a passé quelques jours inoubliables à Paris. On remplit les formulaires il scanne le tout et nous remet l’habituel bordereau de paiement. Mais il est déjà 16:00 et les banques ferment! Qu’à celà ne tienne on se précipite à la poste qui est à 2 pas et 3 coups de tampon plus tard nous voilà de retour devant notre fonctionnaire francophile un peu étonné de notre célérité. Encore dix minutes et nous ressortons avec nos nouveaux visas dûment tamponnés dans nos passeports. Nous en restons babas, on s’attendait à devoir revenir les chercher en début de semaine prochaine après le délai règlementaire des 3 jours ouvrables. Quelle aubaine, nous avons gagné 6 jours de bonus pour notre tour de Sulawaisi

Nous n’allons pas laisser passer cette chance.Certes nous n’avons rien vu de la ville de Bitung et de ces environs les grands parcs où vivent les tarsier mais nous préférons ne pas laisser passer notre chance et de profiter de ces jours supplémentaires pour continuer notre route. Jeudi matin après une deuxième nuits d’un bon sommeil réparateur nous reprenons la mer pour affronter la côte nord de Sulawaisi

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