Tolitoli

Il est 15:00 quand nous ancrons à Tolitoli. La pluie diluvienne qui nous a accompagnée sur les derniers milles c’est fort heureusement calmée quand nous sommes entrés dans la baie. La zone où on peut ancrer est encombrée de grands bateaux de pêche au carrelet (il ne s’agit pas du poisson plats mais d’une technique de pêche utilisant un filet horizontal immergé et levé sous les immenses bras latéraux) nous réussissons tout de même à trouver une place à l’abri des vents dominants dans une profondeur raisonnable (11m) et hors du rayon d’évitage de ces libellules des mers. A peine sommes nous installés que la vedette de la capitainerie du port vient nous voir ils sont 7 et veulent tous monter à bord finalement 2 resterons sur leur embarcation. L’officier de quarantaine est présent et nous prend la température et vérifie le document de libre pratique délivré par son collègue de Sorong il y a 4 mois, le capitaine de port (Harbour Master) nous pose quelques questions sur notre voyage. Une fois ces formalités accomplies, Fitria la gentille fonctionnaire de la capitainerie qui agissait en tant qu’interprète nous dit que si on le souhaite elle a des amis qui peuvent nous aider pour aller faire nos courses et même découvrir la région. Elle nous laisse son numéro de téléphone.

Le matin alors que nous sommes encore dans le zodiac occupés à chercher un endroit ou nous pourrions débarquer, deux jeunes hommes nous hèlent en nous indiquant le point de débarquement (un petit ponton adossé à une sorte de petite plateforme en bois qui a du voir des jours meilleurs et avec un espace béant de presque 2 mètres entre le ponton et la dite plateforme. Ils nous aident à nous amarrer et à grimper sur la plateforme en nous disant qu’ils sont Sayfull et Jul, les amis de Fitria, qu’ils sont en scooter et qu’ils peuvent nous emmener où l’on veut, alors pourquoi pas.Ils étaient là depuis 7 heure mais n’ayant pas notre numéro de télèphone ils nous ont attendu. On va commencer par aller faire le marché parce qu’à part les bananes d’Oluhuta il ne nous reste plus rien.

Le marché est un peu plus loin sur le bord de mer, il est vraiment super bien achalandé, plus propre que la plupart de ceux que nous avons vu dans ce pays et les produits sont très beaux et très variés. On repart, les scooters croulants sous le poids des sacs à provisions bien garnis et on retourne mettre tout çà au frais au bateau. Puis on s’occupe du gasoil. On a beau utiliser nos voiles autant que possible, on a tout de même consommé 80 litres depuis Manado et comme on ne sait pas si on va avoir beaucoup de vent les jours prochains il vaut mieux refaire le plein.

Nous retournons à terre avec nos bidons. Sayfull n’arrive pas à trouver de voiture pour aller à la station service avec les bidons qui est un peu à l’extérieur de la ville. Après quelques hésitations Dominique part avec Sayfull et Jul sur leur scooter pour remplir les 4 jerrycans à la station pendant que je fais quelques courses dans la petite épicerie d’en face. Le retour de la station est assez épique les scooter surchargés par les bidons et le deuxième passager peinent dans les rafales qui soufflent sur la route mais finalement tout se passe bien.

On laisse nos bidons en garde à l’épicerie et on part tous les quatre manger dans un restaurant sur piloti face à la mer. Nous profitons du repas de poisson grillé pour mieux faire connaissance avec nos deux nouveaux amis. Sayfull est professeur d’anglais sur une petite île de l’autre côté de la baie et Jul prépare un master d’Indonésien à l’université de Jakarta.

Le repas terminé nous leur demandons de nous faire découvrir un peu des alentours. Ils nous amènent à travers les rizières puis sur une route très escarpée serpentant à flanc de montagne pour voir les plantations de clous de girofle tout en haut de la montagne qui surplombe Tolitoli. Les girofliers sont de grands arbres élancés qui poussent à flanc de montagne sur des pentes parfois vertigineuses. Le fameux clou est en fait le bouton floral du giroflier. Il faut les cueillir quand ils sont encore bien verts avant qu’il commence à s’ouvrir. La cueillette se fait à la main au moyens de grandes échelles en bambou: il ne faut pas avoir le vertige!

Nous découvrons aussi le Kapok, cet arbre dont la bourre cotonneuse qui rempli ses fruits sert à rembourrer fauteuils et coussins.

Des crêtes la vue sur les vallée et la baie est superbe, dommage que le soleil ne soit pas tout à fait au rendez-vous.

Pour finir ils nous font faire le tour de Tolitoli .

C’est trop court, on aurait aimé rester plus longtemps avec Sayfull et Jul et explorer plus avant cet endroit attachant mais demain nous devons profiter d’une bonne météo et d’un courant favorable pour continuer notre parcours au tour de Sulawaisi jusqu’à Polewali que nous aimerions atteindre d’ici une semaine, avant que le courant ne s’inverse dans le détroit de Makassar…

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