Martinique: l’intérieur et Saint Pierre

Aujourd’hui notre objectif c’est l’intérieur de l’île et la côte-Ouest. Nous partons de bonne heure pour pouvoir visiter le fameux jardin de Balata un jardin botanique très réputé en pleine forêt tropicale.

Nous arrivons à neuf heure passé de quelques minutes mais nous sommes déjà trop tard, le parking est complètement plein, des dizaines de voitures se garent tant bien que mal sur le bord de la national rendant le passage des autres véhicules dangereux. Une foule de touristes débarquent des voitures et des bus. Même si par le plus grand des hasards on arrivait à trouver une place, une telle affluence ne nous fait pas envie du tout. Un peu plus haut la route traverse un parc naturel, c’est bien le diable si on ne trouve pas un sentier de rando un peu moins fréquenté.

A peine un kilomètre plus haut on se gare sur l’aire aménagée pompeusement baptisée l’arboretum, en fait une aire de pique-nique et une zone de cinquantaine de mètres tout autour convenablement entretenue avec quelques pancartes indiquant le nom des arbres. De là un sentier monte à travers la forêt mais il est devenu complètement impraticable faute d’entretien.

Le troisième essai sera le bon: un peu plus bas de l’autre côté de la route il y a un chemin forestier apparemment interdit au véhicules mais pas aux piétons.

Le chemin s’enfonce dans une forêt profonde avec de très grands arbres. La similitude avec la forêt amazonienne ou celle de la Guyane où nous étions il n’y a que quelques mois est frappante. On passe un ruisseau on marche une bonne heure jusqu’à une autre rivière ou on en profite pour se rafraîchir. La faune et la flore sont au rendez-vous et surtout, on est tout seul dans ce magnifique environnement.

La faim commence à se faire sentir aussi faisons nous demi-tour et c’est à deux cent mètres de la route que nous faisons notre plus belle rencontre : une énorme araignée au corps à peu près aussi grosse que mon poing c’est une aviculaire antillaise (Matoutou falaise en créole) une espèce de mygale endémique de l’île.

Nous reprenons notre véhicule et quittons rapidement la N3 pour la D1 qui serpente dans une vallée très encaissée. Pause déjeuner au restaurant Chez Chantalou à Fond Saint Denis. Tenu par une grand-mère très sympathique, la cuisine traditionnelle est simple mais très savoureuse et la vue magnifique.

Nous continuons la descente de la Vallée jusqu’à Saint Pierre.

Ancienne capitale et port principal de l’île la ville de Saint Pierre a été complètement détruite par l’éruption de 1913 (30 000 morts des dizaines de navires coulés). Aujourd’hui la catastrophe est encore omniprésente dans le moindre recoin.

On parle d’une cataclysme qui s’est déroulé il y a seulement un peu plus d’un siècle et pourtant les ruines paraissent presque aussi anciennes que celles de Pompei ensevelies sous les cendres du Vésuve il y a presque 20 siècles.

L’un des très rare survivant est un prisonnier enfermé là pour un délit mineur. Sa cellule était située au pied de la falaise et n’avait presque pas d’ouvertures ce qui lui à permis de survivre à la nuée ardente et aux gaz brulants et toxiques générés par l’explosion du volcan.

Voilà cette belle journée se termine il est temps de rentrer à l’étang Zabricot en longeant la côte côté mer Caraïbe. En chemin baignade rapide sur la plage du Carbet et pause paysage au point de vue de l’anse Marigot.

Le Lendemain, nous rendons la voiture dans l’après-midi mais tant qu’à être dans une grande ville française on en profite jusqu’à la dernière minute pour refaire les approvisionnements, en dehors de quelques fruits et légumes ici ou là nous n’avons pas fait de vrais courses depuis notre départ du Surinam. Donc visite à La Vie Claire pour le bio, Carrefour Dillon pour le reste sans oublier un passage au marché de Dillon pour les fruits et un magasin de plongée pour nos masques qui commencent à montrer des signes de fatigue. On remplit aussi les jerrycans de gasoil (la dernière fois c’était au Brésil et on évite au maximum les pompes des ports).

La voiture rendue, on saute dans le tram qui nous dépose au centre ville et après plus de 30’ d’attente on ne voit toujours pas notre bus correspondance arriver (normalement toutes les 10’). C’est là qu’on apprend que les chauffeurs sont en grève depuis le début de la semaine… et c’est donc en taxi que nous rejoignons la marina.

Le vendredi 20 mars nous quittons la marina pour aller mouiller de nouveau à Petit îlet à côté de la mangrove. L’idée est de faire un bon check-up de la quille à la tête de mât à notre Rêve à Deux et de réfléchir à la suite du voyage. Nous examinons plusieurs options la plus logique serait d’aller vers la Guadeloupe avec une bonne escale aux Saintes et à Marie Galante voire même à la Dominique mais une autre possibilité a commencé à germer dans nos tête depuis quelque temps…