Coucou,
Nous sommes depuis ce matin dans une magnifique petite crique, bien à labri du vent. Pour ceux que çà intéresse, voici précisément ou nous sommes:
http://map.iridium.com/m?lat=-36.182253&lon=175.335663 (cliquez ou recopier le lien)
Nous profitons dune eau cristalline et chaude (Domi dirait pas trop froide: 24 -25°) pour se baigner et jen profite pour fignoler le carénage en grattant les dernières marques de coquillages et les derniers dépôts de salissure sous la coque. Cest fou la saleté quon a pu récolter en un mois dans cette rivière, la prochaine fois quon rentre on stocke le bateau à sec.
Jusquà 15 heures nous étions quasiment seul dans ce mouillage de rêve. Il y avait bien un petit bateau à lautre bout de la crique , mais on ne sapercevait à peine de sa présence. Mais depuis 17 heures ça narrête pas , ils se sont tous donnés le mot et arrivent de tous côté, il faut dire que par le vent qui est prvu pour cette nuit cest lun des mouillages les mieux abrités du coin. Une dizaine de bateaux sagglutine autour de nous, heureusement les Néo Zélandais ne sont pas trop bruyant et se couchent comme les poules .
Demain nous allons essayer de partir tôt pour continuer vers le sud, les gribs nous prévoient un vent idéal pour une navigation sympa . Nous quitterons lîle Barrier en se promettant dy revenir, çà lair tellement beau, il doit y avoir des ballades super à faire à terre… pour linstant il faut profiter de la belle saison pour aller sur lîle du sud mais après on aura tout le temps pour musarder dans le coin. A demain donc
Bisous à tous
Anne et Domi

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Enfin en mer
Depuis ce matin 9 heure, nous avons repris la mer et pour cette première retrouvaille avec locéan Pacifique, nous avons un temps splendide , pas une ride sur leau . Cest au moteur que nous passons au large de la poule et du poulet (Chicken and Hen Islands). Au bout de
deux heures, juste au moment de préparer le déjeuner, une petite brise se lève. 6 noeuds de vent à 130° de la route, cest juste assez pour faire porter le spi et nous déhaler tranquillement à 5 noeuds vers lîle Barrier qui se dessine à lhorizon. Çà fait vraiment du bien de retrouver la mer et de faire de la voile surtout dans des conditions aussi agréables. Si tout se passe comme prévu, nous jetterons lancre vers 19 heures dans lune des criques de Port Fitzroy. Fitzroy était le capitaine du Beagle, le bateau sur lequel Darwin a fait son tour du monde, il a du passer dans le coin …
Jai entamé un livre ( un vieux: Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough)et pour la première fois depuis que nous sommes arrivés je peux vraiment buller. Domi récupère lui aussi et fait extraordinaire soctroie même une petite sieste après le repas: nous avons repris notre rythme de croisière.

Créatures extra terrestres
Aujourdhui nous ne naviguons encore pas! çà nous démange mais nous sommes bien dans ce mouillage et de toute façon il faut que nous finissions notre carénage à flot (cest bien joli davoir un grand bateau mais çà fait une sacré surface immergée à nettoyer). A chaque fois que nous ressortons dune plongée, nous sommes couvert de krills, au début nous étions affolés de découvrir ces bêtes minuscules qui sagrippaient à nos vêtements de bain en se tortillants comme des asticots, on sest demandé ce que ça pouvait être , en les prenant en photo et en lagrandissant au maximum on à pu mieux voir les bêtes en question , certaines ressembles de vrais aliens dautres à de simple crevettes: cest bien du krill… Ce nest pas étonnant quil y est tant de baleines dans le coin.
Demain si le temps le permet, et comme notre coque est maintenant à peu près propre, on va pouvoir naviguer et si le vent le permet essayer datteindre lîle Barrier (peut- être un lointain ancêtre… en fait non çà se prononce barrière et çà veut dire la même chose peut être parce quelle barre lapproche du golfe dAuraki), en tous cas cest paraît-il encore un coin à ne pas manquer. PS: la créature ne mesure que 5 mm de long, impressionant

Carénage à Huquharts Bay
Nous sommes partis ce matin à 8h30, une heure avant la marée haute de Whangarey , avons passé le pont ouvrant et descendu toute la rivière jusquà lembouchure. Nous avons ancré au même mouillage quà laller, devant le parc à Urquharts bay, lendroit est super joli pour peu quon ne regarde pas la raffinerie juste en face. Quatre heures pour arriver à destination, Il était temps de prendre une collation, depuis que nous sommes rentrée dEurope nos estomacs réclament souvent avant lheure, sans doute à cause du décalage horaire. Domi nous avait préparé des petites crevettes au citron avec beaucoup de coriandre , un vrais délice. Si le temps était couvert ce matin maintenant le ciel est bien dégagé et nous en avons profité pour prendre un bon bain et caréner le bateau ( il est conseillé de le faire en sortant de la rivière car elle est infestée de spirographes et pour aller vers le sud il faut justifier dune carène propre on est bien au pays des règlements). Mais cette fois-ci ce nest pas du luxe. Nous navions jamais eu une carène aussi sale et pourtant quand nous avions laissé Rêve à deux avant noël elle était parfaitement propre. Nous pensons que les eaux chaudes et limoneuses de lestuaire sont propices à la croissance rapide des algues et des coquillages. Nous passons laprès-midi à gratter sous leau, Domi est même obligé dutiliser la bouteille (de plongée pas de pinard) pour faire la quille.
Nous sommes en été et il y a beaucoup de bateaux au mouillage. Ils se mettent un peu nimporte où, même un peu trop près à notre goût. La nuit devrait être calme , il ny a pas de mauvais temps dannoncé mais avec le courant et le vent qui narrête pas de tourner on préfère aller remouiller un peu à lécart.

Gaz, butane, propane et autres combustibles
Coucou,
Après une bonne nuit réparatrice nous nous réveillons avec un soleil radieux , la journée va être chaude …Nous devons ce matin nous occuper de remplir les bouteilles de gaz (camping gaz quon avait eu aucun soucis à remplir au Chili) , comme un fait exprès ce nest pas les mêmes normes , Domi avait acheté en France des embouts pour pouvoir remplir ces bouteilles mais rien ni fait , les pas sont à lenvers où ne se visse pas dessus, en plus ils nont pas de butane ici cest du LPG (mélange butane/propane en proportions variables) et ne veulent de toute façon même pas toucher une bouteille étrangère, cest le casse tête et nous avons jusquà une heure pour trouver la solution, tout ferme après . Jusquà la dernière minute il court avec la trottinette à travers la ville pour trouver son bonheur. Finalement nous nous résolvons à brancher une bouteille locale 9kg sur notre circuit de gaz. Elle est juste attachée à lextérieur à même le plancher du cockpit. Cà fera laffaire pour la durée de notre séjour en Nouvelle Zélande ensuite on verra ce que allons trouver. La modification nous prend quand-même du milieu de laprès-midi jusquau soir. On fini juste à temps pour préparer le repas du soir: la cuisson au LPG cest pareil quau butane camping gaz…
Retour chez nous(à bord)
Ça Y est nous y sommes enfin après 32 heures de voyage plus 4 heures de bus . Nous avons eu quelques problèmes au départ de laéroport où un hôtesse dAir France nous demandait un visa pour la Nouvelle Zélande (il paraît que cest obligatoire depuis octobre, jamais entendu parlé) . Après discutions nous partons sans,les 90 jours de notre première entrée nétant pas expiré… une heure pour expliquer tout cela.Arrivée en Chine même topos sauf que là ,ils insistent et nous donnent leur internet pour faire un virement direct et pour prendre ce fameux visa . Nous avons attendu une heure , les douaniers étaient sympa et Domi trop fatigué était cool . Ils ont finalement eu lautorisation pour nous faire partir et nous sommes arrivés en nouvelle Zélande avec notre visa approuvé, sauf que là il ne nous rien demandé . Comment ça vous ne voulait pas de notre visa ? réponse: jamais entendu parlé… Ensuite tout cest passé comme sur des roulettes y compris le contrôle de la semelle des chaussure de rando et le chien renifleur (on a même eut le droit de garder le thé acheté en chine). Nous avons eu un bus à la sortie de laéroport sans attendre jusquau centre dAukland , un autre bus ensuite avec un petit quart dheure dattente ,et nous sommes arrivés à 11 heure 45 . Il était temps pour une collation un traditionnel fish and ships au centre ville avec une bonne pale ale . Re bus jusquau mouillage mais là plus dannexe , notre vielle annexe pourrie ( acheté 20 euros doccas aux Marquises ) avait disparue . Quà cela ne tienne , le club nautique nous a prêté une prame et nous avons pu regagner Rêve A Deux . Nous avons pu préparer le bateau pour partir le lendemain pour Whangarey ville où il était temps de faire des mégas courses, le garde mangé étant vide de chez vide. Jai oublié le gros dodo 10 heures daffilé comateux. Je pense que ce soir cela va être de même aussi je vous laisse.
PS: il fait un temps superbe dans les 25° çà fait une différence…
Escale à Canton
Sur la route de retour vers la Nouvelle Zélande nous faisions escale à Canton (Guangzhou). On a 8 heures d’attente qu’on aurait aimer utiliser pour faire un saut en ville. Mais on a préféré rester en transit dans l’aeroport rapport à nos visa Neo Zelandais (ou plutôt leur absence et oui désormais il faut des visas) et l’épidémie de coronavirus qui prend de l’ampleur: ici pratiquement tout le monde porte un masque. On va profiter une dernière fois du salon et faire une sieste.

Les bonnes résolutions pour 2020
Bonne année à tous!
Beaucoup d’entre vous se sont plaints qu’il se passait trop de temps entre nos articles et que des informations plus régulières seraient les bienvenues. Le problème est en grande partie lié à notre mode de vie itinérant. Pour mettre les articles en ligne il nous faut une bonne connexion internet donc être dans un port avec du WIFI ou une bonne couverture 4G ce qui est en fait assez rare car nous passons plus de temps en pleine mer ou dans des mouillages isolés… On pensait donc être limité par la technologie, jusqu’à ce que l’on découvre qu’il serait possible de « poster » des articles sur le blog tout simplement par email et ce, peut-être même via l’Iridium.
Nous allons donc essayer de poster des articles courts mais plus fréquents par ce moyen quitte à mettre en ligne des récits plus détaillés et illustrés de nombreuses photos de temps en temps quand nous serons au port.
Ceci est le premier essai, affaire à suivre de près…
Anne et Dominique
Northland: la terre sauvage la plus civilisée (ou la terre civilisée la plus sauvage ?) (2)

Ce week-end les Néo Zélandais fêtaient l’anniversaire du traité entre les premiers colons Anglais et les Maoris qui est en quelques sortes leur fête nationale.
Diverse animations sont proposées et plusieurs grands voiliers sont à quai dont une réplique à l’identique de l’Endeavour le bateau du fameux explorateur James Cook. Nous allons les visiter avec Carole et Daniel.

Le traité ayant été signé dans la baie d’à côté, le dimanche, une navette de bus gratuite était organisée pour l’occasion. Nous sommes descendus au premier arrêt : la petite station balnéaire de Pahia et de là nous avons pris le bateau bus pour Russel de l’autre côté de cette baie. Le village de Russel n’est pas très grand mais très typique avec de vieilles maisons coloniales en bois peint, c’était un centre important pour les Maoris mais aussi pour les chasseurs de baleines qui venait s’abriter là pendant l’hiver austral et qui avait un peu transformé l’endroit en un lieu de perdition. Elle fut pendant quelques années la première capitale de la Nouvelle Zélande. Nous avons visité le petit musée qui retrace sont histoire. Au retour nous avons fait les courses au super marché de Pahia (ici tous les super marché sont ouvert tous les jour même le dimanche et en général jusqu’à 21h) avant de reprendre la navette pour la marina.

Le samedi suivant nous avons repris une petite voiture pas chère (mais toujours aussi pourrie – on vous donne même pas la marque de toute façon c’est inconnu en Europe) pou aller voir Whangarei qui est le centre urbain le plus grand du Northland mais aussi un estuaire abrité avec plusieurs ports de plaisance et de nombreux chantiers. En effet à part le besoin de faire des grosses courses, nous voulons aussi trouver un endroit sûr où laisser le bateau pendant que nous serons en France.

La ville est très décevante, en fait c’est une espèce de zone commercialo-industrielle. Seule exception, le bassin du centre ville entouré de jolis petits bâtiments de style colonial en bois peint où on trouve petits restaurants et cafés dans une zone piétonnière. C’est aussi là que se trouve la marina principale. Un musée Hundertwasser est en construction, ce qui va améliorer grandement ce centre tristounet. La baie nous a beaucoup moins plu que la baie des îles. La rive sud est assez plate avec des mangroves et beaucoup de chantiers nautiques. Mais nous avons fini par trouver notre bonheur et bon abri pour laisser Rêve à deux pour le mois ou nous rentrons en France. C’est une petite marina dans le bras de la rivière pas très loin de l’aéroport. Il n’y a pas de ponton, les bateaux sont amarrés entre 4 poteaux et le tarif est vraiment intéressant : 165 NZ$/mois ( 95 €). Nous avons poussé notre balade jusqu’au petit port de Marsden Cove juste à l’entrée de l’estuaire et avons juste jeté un coup d’œil sur la passe et grande plage de Bream Bay (malheureusement gâchée par la présence d’une raffinerie) avant de repartir et de revenir au bateau.


Toute la semaine nous travaillerons sur la barre à roue et le compartiment arrière afin de tout remettre à neuf. Dominique est grand et plutôt raide passer ses journées plié en quatre la tête en bas au fond d’un coffre lu a permis de râler encore plus que d’habitude

Le weekend on décide de se faire un break, la barre à roue est en place et la liste de réparation bien entamée. Re-location voiture pas chère cette fois-ci on est bien servi elle est plus grosse, plus confortable et beaucoup moins pourrie que les précédentes (mais elle à tout de même 250 000 km au compteur) Nous avons commencé par faire les courses habituelles pour la semaine au centre de Kérikéri et de là nous avons été voir la Rainbow Fall, une chutes d’eau magnifique avec une immense grotte en dessous , le sentier longe la rivière dans la forêt sur plusieurs kilomètres jusqu’à la baie des îles, ne pas oublier de se mettre de la crème anti nonos sinon gare…Pique-nique au bord de la rivière. L’après midi nous avons continuer notre exploration en longeant la mer au nord de Kérikéri. Nous sommes montés tout en haut de la pointe à l’est de Mautori bay pour voir le monument à la mémoire du Rainbow warrior (coulé par les services secret français dans les années 80). Nous avons profité d’une belle plage pour aller nous baigner (l’eau est encore un peu fraîche mais c’est bon). Nous sommes allé jusqu’à Whangaroa et son superbe fjord puis retour par l’intérieur des terres. Partout sur les sentiers nous avons vu des pictogrammes représentant le fameux oiseau sans ailes et indiquant que les chiens sont interdit mais c’est sur le bord de la route que nous verrons nos deux premier spécimens de kiwi, pas les humains locaux ou le fruit du même nom mais bien un couple de ces oiseaux mythiques. Nous les pensions de la taille d’une grosse poule mais ceux la étaient plutôt du gabarit d’une petite perdrix. Ils se sont malheureusement enfuît avant qu’on puisse les photographier.

Le lendemain départ aux aurores avec le pique-nique, nous avons 205 km à faire pour atteindre l’extrémité Nord de l’île du nord et le cap Reinga et les routes ici ne sont pas exactement des voies expresses.

En passant par la montagne, nous nous sommes arrêtés au bord d’un torrent et piquer une tête dans de l’eau fraîche, Dominique se dégonfle prétextant un début de rhume …

C’est quant même assez loin et nous arrivons enfin à 13 heures, il est interdit de manger sur le site !!! Mais protection de la nature et respect des croyances locales : pour les Maoris, c’est ici que les esprits des morts viennent pour aller vers l’autre monde. Bon on se fait le pique nique à l’arrière de la voiture. Des jeunes Maoris nous tournent autour et nous demande si on peut les aider, ils ont laissé leur clé à l’intérieur du coffre de la voiture ! Après avoir tout essayé, il casse la petite vitre de la portière arrière avec notre cric (pas facile si cela vous arrive protégez vous le bras mais aussi les yeux).

Le petit phare est en contre bas, la pointe est d’une splendeur à couper le souffle pas d’autres mots. A chaque coude du chemin des explications sur l’écologie du lieu où une légende maori. Un courant très fort fait des remous devant cette pointe ou deux mers se rencontrent et pas des moindres l’océan Pacifique à l’est et la mer de Tasman à l’ouest. Un bateau de pêche s’y engage, il est poussé par le courant et le vent et rencontre la barre où de l’autre côté le courant est contraire, et là il peine à passer.

Il nous faut maintenant songer à rentrer, mais avant nous voulons profiter au maximum de l’endroit et descendons jusqu’à la plage côté Pacifique escarpé mais facile. Ensuite nous voulons voir la plage côté mer de Tasman mais il n’y a qu’une piste impraticable sauf en 4X4. Nous montons sur la plus haute dune (pas la dune du Pilat, plutôt les dunes de Liwa à Abu Dhabi par leur forme mais pas la couleur) enfin nous voyons la mer. Nous finissons notre escapade de l’autre côté au bout de Paua road où l’on peut admirer les dunes de silice pure qui protègent l’entrée de la baie de Porengarenga.

Tout en bas de la péninsule nous repassons côté Tasman une dernière fois afin d’observer l’une des plus grandes plages du monde la Ninety Miles Beach ( la plage de 90 milles mais en fait elle ne fait « que » 90 km) que les Kiwis adorent parcourir en 4X4 non sans risque car s’ils ne calculent pas bien le temps où ont une panne en cours de route des imprudents se font parfois prendre par la marée montante et il ne serait pas rare que des véhicules soit emportés par les vagues…

A partir de Awanui nous quittons la route 1 et rentrons par la 10 qui longe la côte en serpentant entre de petites collines verdoyantes. La route traverse dans un grand golf où paissent quelques bétails, je comprends que les colons Anglais se soient installés ici, ce n’est finalement pas si différent de l’Angleterre!

Il fait déjà bien nuit quand nous rentrons au bateau il est temps de se mettre au lit. 680 km au compteur (plus quelques uns à pied) dans le weekend nous sommes épuisés. Belle ballade, on en a pris plein les yeux.
Le jeudi 28 octobre, c’est le grand jour c’est aujourd’hui qu’on mâte (pas les belles filles, le bateau). Il n’y a pas de vent, et on est pratiquement à l’étale c’est parfait pour re-mâter. Le grutier Kim, Rob le gréeur et son assistant sont à l’heure, 8h sur le quai et tout se passe comme sur des roulettes. A 10 heure nous sommes de retour au ponton, il ne reste plus que les réglages de la tension des haubans et le remontage des enrouleurs à faire et bien sûr, il faut aussi remettre les voiles, les bouts et tout l’accastillage en place, rebrancher les feux les girouettes et autres antennes. Nous avons le temps et nous mettons la journée. Il manque les bastaques que Rob nous apportera mardi avec la poulie de pataras qui vient d’arriver à Auckland ; çà tombe bien car c’est aussi mardi que Josh le voilier doit nous apporter notre nouvelle grand-voile, notre nouveau foc et notre ancienne trinquette réparée. Le soir même tout est rangé nettoyé. Nous pourrons prendre la mer demain pour un week-end prolongé et bien mérité histoire d’essayer ce nouveau gréement et de peaufiner les réglages du mât.

La Baie des Iles (Bay of Islands, c’est le nom que lui donna James Cook en y arrivant en 1769) est un endroit magnifique, un véritable paradis pour les amoureux du bateau et de la voile. La baie est entourée collines verdoyantes alternant des pentes boisées et des prairies qui semblent aussi bien tondues que des terrains de golfe. La côte est très découpée et les îles plutôt escarpées et couvertes d’une végétation très dense particulièrement sur la côte abritée des vents dominants. Les criques sont nombreuses, il suffit de choisir en fonction de la direction du vent, on trouvera toujours un mouillage parfaitement abrité. Inutile d’ajouter que plages y sont nombreuses et paradisiaques. L’eau est limpide et bleue en contraste avec les eaux brunes de l’estuaire ou est installé la marina. C’est aussi le paradis des plongeurs car les fonds sont très poissonneux il y aurait même des coquilles St Jacques et des langoustes.

Sur les rochers des milliers d’huitres que l’on n’a pas manqué d’aller cueillir. Les deux douzaines nous ont fait un excellent apéro avec un petit Chardonay du coin ma foi fort gouleyant.
Northland: la terre sauvage la plus civilisée (ou la terre civilisée la plus sauvage ?)

Le premier novembre nous sommes donc confortablement installé sur un ponton de la Marina d’Opua (Baie des Iles, Région du Nord on Northland). On est vraiment dans une marina de luxe avec toutes les commodités. A peine le pied à terre, nous prenons les machines à laver et internet d’assaut. Les douches suivent de peu. Des douches modernes propre et fonctionnelle décorée avec gout ou on peut se déshabiller et suspendre ses vêtements sans risquer de tout mouiller, pourquoi ne font-ils pas les mêmes dans les ports français ? Et summum du raffinement (surtout pour Domi) de l’eau chaude (bon, il faut mettre une pièce de 2NZ$ = 1,2€). Mais ne perdons pas trop de temps pour le confort de l’équipage, on aura tout le temps plus tard. LA priorité c’est d’abord le bateau.

Si Rêve à Deux c’est très bien comporté depuis notre départ et n’a connu aucun ennui majeur pendant de ce demi tour du monde (25 000 milles = 50 000km depuis les Sables d’Olonne) le matériel a quand même beaucoup souffert. Sur notre liste de travaux : réparation des barres de flèches qui bougent, remplacement de tout le gréement dormant (« gendarmes » sur les D1 et D2) sauf les étais qui ont été changés juste avant le départ, une nouvelle grand-voile (celle-ci tient par les réparations au tissu adhésif) et un nouveau foc, une annexe neuve car la notre fuit de partout, réparation de la barre à roue dont les roulements sont morts. La Nouvelle Zélande est l’escale idéale pour cela : c’est le pays du monde qui compte le plus de bateaux de plaisance par habitant, leurs régatiers figurent toujours parmi les premiers mondiaux dans toutes les courses. Inutile de vous dire que pour les voiles, le gréement ou l’accastillage, ils savent y faire, les bons professionnels sont légion. Rien qu’ici à Opua, un trou perdu il ya encore quelques années, il y a tout ce qu’il faut : 3 maitre voiliers, 1 gréeur réputé, 2 magasins d’accastillage de la taille d’un bon super marché et on ne compte pas les mécaniciens, diésélistes, soudeurs et autres électroniciens. Et, cerise sur le gâteau, tout ce que nous achèterons où ferons faire pour le bateau sera détaxé (pas de TVA) car notre bateau est en importation temporaire. Comme depuis l’Europe on ne trouve rien, nous sommes vraiment content que tout est tenu jusqu’ici même si pour le gréement et les voiles c’était un peu juste : il était vraiment temps d’arriver J. Les deux premiers jours sont donc bien occupés par le gréeur et le voilier qui viennent à bord prendre les mesures.

Dans la baie, des centaines de corps-morts occupés par des bateaux à voile où à moteur de toutes les tailles. Les clubs de voiles sont très actifs et le soir après le travail ils organisent des régates.
Le weekend arrive vite et nous donne le temps de souffler un peu et de partir à la découverte de ce pays surprenant. Nous louons une petite voiture (pas chère mais à bout de souffle)
Les villes en général sont assez décevantes, on a l’impression de se balader dans des zones industrielles et il faut faire des kilomètres pour trouver se que l’on veux, il est préférable de se renseigner avant.

Première étape, le marché de Kérikéri qui à lieu tous les samedis matins .On y trouve un boulanger qui fait un pain dont les meilleurs artisans français n’auraient pas à rougir et aussi un éleveur local qui produit des fromages au gout des Français. La boutique est tenue par deux jeunes brestois en stage pour un an dans la ferme. Il y a aussi des marchands de fruits et légumes et des artisans ainsi que des échoppes où on peut déguster des produits locaux et prendre un café où boire une bière et même déguster un verre de vin. Des musiciens animent le marché, c’est sympathique et très populaire.

J’avais entendu parler du grand architecte et artiste autrichien Hundertwasser dont de nombreux bâtiments d’un style tout à fait particulier portent la signature à travers le monde. Il est venu finir sa vie ici dans le Northland et l’une de ses dernières réalisations sont les toilettes publiques (oui vous avez bien lu J) du petit bourg de Kawakawa. Le style est très sympa et se marie très bien avec l’art Maoris. C’est très coloré, basé essentiellement sur de la mosaïque et des carreaux de couleur vives, matériaux classiques, mais utilisés ici de façon vraiment surprenante. .



Le dimanche nous avons décidé de partir de bonne heure et de rouler vers la côte ouest. Le paysage est superbe, très vallonné alternant bois et prairies. Nous sommes au printemps, il y a des fleurs partout et notamment des mimosas tous jaunes.


En chemin, nous avons fait une courte halte au sources d’eau chaudes de Ngawha Springs mais l’eau était glauque, très chaude (45°C) et dégageait une odeur pestilentielle (source sulfureuse) nous n’avons pas osé aller nous y baigner. Nous avons fait un grand tour par Kaikohe, Waima, poussé jusqu’à la pointe de Omapere où nous avons pique-niquer face à l’embouchure d’Hokianga, face à la mer de Tasman et surplombée de dunes immenses, auprès desquelles notre dune du Pilat semblerait ridicule. La passe de sortie est étroite et, vue d’en haut, très impressionnante avec une barre certainement très difficile à franchir, d’ailleurs on voit très très peu de bateau dans tout l’estuaire alors qu’il y en a tant sur la côte est. Pour le retour nous avons pris le bac à Rawene histoire de faire une boucle au lieu de revenir sur nos pas. Rawene est un très petit mais joli village (si çà existe ici mais c’est rare) et la route du retour était belle. Le soir, bien fatigués mais heureux de notre balade nous avons rejoint Rêve à deux pour nous écrouler sur notre couchette.


Nous avons fait la connaissance de Carole et Daniel. Ce fut une rencontre pas banale. En nous promenant sur le port, nos regards sont attirés par le drapeau français et le design surprenant de leur bateau (Folligou est un Intégral 43, un excellent bateau de voyage bourré d’idées intéressante et innovantes, pour plus de détail et suivre leur voyage vous pouvez aller sur leur excellent site : https://www.folligou.fr/) nous échangeons quelques mots et l’adresse de ce blog. Le lendemain on se revoit et « ce n’est pas possible !» nous disent-ils « on s’est connu au même endroit que vous et à la même époque ! » En effet dans les années 80 Daniel passait ses vacances à Kerveltrec (une petite plage enter le Cap Coz et Beg Meil) et les parents de Carole louaient une maison sur la pointe du Cap Coz et c’est entre les deux qu’ils se sont connu et faisait du dériveur ensemble (à la même époque nous étions à l’école à voile du Cap Coz). Inutile de vous dire qu’après de telles révélations la glace a tout à fait été brisée et nous avons passé de très bons moments ensemble. Qui a dit que le monde était petit ?

Mardi, ayant commandé tout ce dont nous avons besoin pour nos réparations et n’ayant plus qu’à attendre que les pièces arrivent, nous pensions avoir le droit à quelques jours de répit pour naviguer entre les îles de la baie. Et nous voilà partis, une nuit paisible au mouillage dans la baie Parekura puis sur l’île Moturua pour le déjeuner et là email du gréeur : on démâte vendredi, la grue est commandée pour 08:00. Nous sommes mercredi, toute la journée de jeudi ne sera pas de trop pour enlever les voiles et préparer tout pour que le démâtage se passe le plus rapidement possible (l’heure de grue c’est pas donné). Fini la ballade on rentre au port !



Vendredi à l’heure dite tout est en place et le démâtage se passe comme sur des roulettes Rob et son assistant sont de grands pros. Retour au ponton sans mât : çà fait un peu bizarre. Après démontage du mât, les dégâts s’avèrent un peu plus important que prévu. En plus des torons cassés sur les bas haubans (D1 et D2) et des embases de barre de flèche usée, plusieurs coquilles (petites pièces inox qui permettent d’ancrer les haubans sur le mât) sont fêlées. On a eu de la chance d’arriver avec le mât entier jusqu’ici. Entre temps nous recevons les roulement de la barre à roue : le démontage peut commencer – étant bloqué là jusqu’à ce que le mat soit regrée on en a de toute façon pas besoin.


à suivre…

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