Archives pour la catégorie Uncategorized

Grands pêcheurs (devant l’Eternel)

Depuis que nous avons commencé ce voyage nous avons narré dans ces pages nos exploits de pêche. Mais en fait ils ont été très rare et ont toujours concerné des poissons pélagiques (thons, dorade coryphène, king fish etc) pêchés à la traîne. Car il faut bien le dire, nous ne sommes pas pêcheur dans l’âme, nous traînons une ligne avec une petite poulpe en plastique qui sert de leurre derrière le bateaux quand le temps s’y prête mais sans y croire vraiment. Nous sommes à chaque fois surpris quand un poisson, probablement suicidaire, fini par mordre à l’hameçon…. Nous sommes bien sûr toujours émerveillés et ravis de l’aubaine de quelques bons repas en perspective. Par contre dès le premier poisson sorti de l’eau nous nous dépêchons de remonter la ligne de peur qu’un autre ne vienne s’y prendre et nous attendons pour recommencer que tout est été mangé et digéré soit en général plusieurs jours plus tard.
En Nouvelle Zélande tout Kiwi qui se respecte va à la pêche. On ne peut pas dire que ce soit le sport national (sauf si le but de la compétition est d’exhiber le plus grand nombre possible de cannes à bord) c’est avant tout une façon de vivre en profitant (peut-être un peu trop) de ce que nous offre la nature. Tout et bon pour aller pêcher: bateaux à voile de toute taille (ici on les appelle des yachts), vedettes à moteur ultramodernes ou classiques (ici des launches), pneumatiques ou semi rigides, barques à rame, jet skis, kayaks, radeaux où n’importe quoi qui puisse flotter et tenir une canne à pêche.
A bord de Rêve à Deux, j’ai une canne achetée avant le départ des Sables. Mais jamais encore je ne m’en suis vraiment servi. Soit l’hameçon n’était pas adapté, soit je n’avais pas l’appât ou le leurre qui va bien. Mais pour vous dire toute la vérité c’était plutôt que je n’avais tout simplement pas la patience de rester à attendre en tripotant le moulinet qu’un poisson veuille bien mordre. Pourtant ici le poisson est vraiment abondant et n’ayant plus grand chose à faire en attendant que le voyage redevienne possible, nous devrions avoir du temps pour la pêche.
J’ai donc décidé de m’y mettre. La première tentative fut fatale pour le matériel: en m’exerçant au lancé la moitié du moulinet, sans doute mal serré, est partie à l’eau. J’ai dû plongé pour récupérer les pièces mais malheureusement il manquait l’écrou qui maintient tout l’assemblage.

Il y a quelques semaines, en nous promenant sur une plage nous avons trouvé un vielle canne avec son moulinet mais elle avait séjourné trop longtemps dans l’eau et le mécanisme était bloqué par la rouille. Qu’à cela ne tienne, je l’ai équipée d’un moulinet flambant neuf (acheté en promo chez le ship du coin) et je l’ai mise à poste dans le support ad hoc à l’arrière du bateau pour qu’elle soit prête à servir au premier moment favorable. Malheureusement pendant la nuit les amarres se sont détendues et celle qui nous retenait à terre s’est emmêlée autour du moulinet et l’a tordu. Bref un coup pour rien! Quelques semaines plus tard, le gérant du magasin d’article de pêche et de plongée de la marina de Nelson (il y en a dans tous les ports) nous déniche la pièce manquante du premier moulinet dans son stock de pièces usagées et nous la donne gratuitement. On est donc paré pour entamer notre campagne de pêche dans les Sounds qui ont la réputation d’être très poissonneux. Préoccupés par la tenue très aléatoire de nos ancres dans le Pélorus (voir cet article), nous n’y avons pas pris le temps de pêcher. Mais une fois dans le Queen Charlotte, après avoir cotisés au Waikama boating club nous donnant accès à des tas de bouées de corps morts, les conditions deviennent plus favorables à l’apprentissage de ce dur métier.


Il y a beaucoup plus de bateaux qui naviguent dans le Sound que de bouées disponibles mais on peut se mettre à couple jusqu’à 3 bateaux sur une bouée.

Aujourd’hui, nous sommes à Baker’s Bay, une petite crique du sud-ouest d’Endeavour Inlet et la seule bouée est occupée par un joli petit bateau. Nous venons nous mettre à couple. Richard et Barbara vivent à bord . Nous les invitons à prendre un verre le soir pour les remercier de nous avoir accepté comme voisin de bouée. L’après midi Richard part avec son annexe pneumatique. Il est équipé d’une petite canne dont la ligne se termine par une cuillère brillante et un hameçon style grappin. Il revient un quart d’heure plus tard avec trois Kahawai. Ni une ni deux, il en fait aussitôt des filets et entreprend de les fumer. Pour cette opération, il allume quelques boulets de charbon de bois au fond de son barbecue posé en plein milieu du cockpit juste sous la barre relevée. Pendant que le BBQ chauffe, il fait mariner les filets dans un seau d’eau de mer ( ici l’eau est claire et transparente). Au bout d’une demie heure le charbon de bois achève de se consumer doucement. Il couvre les boulets d’une tôle sur laquelle il a disposé des copeaux de Manuka (arbuste emblématique de la région proche du tea tree et de la myrthe, connu pour ses propriétés médicinales et dont les fleurs donnent un miel particulièrement prisé)

on peut aussi utiliser des copeaux d’érable ou de même de bouleau. Ce sont ces copeaux qui, en se consumant sans aucune flamme sur la plaque chaude, vont produire la fumée qui va confir le poisson. Richard place les filets marinés, égouttés et assaisonnés d’une sauce au piment doux sur une grille au dessus des copeaux et ferme le couvercle du barbecue tout en laissant le tirage nécessaire afin que la fumée dégagée par les copeaux de manuka se concentre tout autour des filets. Comme les poissons n’étaient pas gros, 10 à 15 minutes plus tard les filets sont prêts – pour des filets de plus grande taille l’opération peut durer 30’ ou plus. Richard nous promet d’en apporter ce soir pour l’apéritif. C’est le procédé de fumage à chaud beaucoup plus rapide que le fumage classique à froid. Il permet de conserver le poisson quelques temps mais moins longtemps toutefois que le fumage classique.


On se régale le soir à l’apéro. Ces filets fumés ont un goût divin, subtile et moelleux et particulièrement mis en valeur par un excellent chardonnay bio de Canterburry (la province de Christchurch) que Barbara avait apporté.
Cà c’est une leçon de pêche comme je les aime. On ne fait rien, on apprend beaucoup et on déguste…. Merci Richard et Barbara nous avons passé une super soirée en votre compagnie! J’espère qu’on se reverra!


Aprés leur départ j’essaie de mettre en pratique la technique de pêche de Richard mais directement à partir du bateau et en levant ma canne les pales de l’éolienne qui lui rabotent l’extrémité du jonc. Vraiment, les cannes à pêche c’est pas mon truc! Après quelques tentatives j’arrive quand même à sortir un sprat qui nous sert d’apéro une fois grillé. Domi, lui, préfère la pêche à pied et va cueillir des moules pour le diner, au moins ces bêtes là çà ne bouge pas, on peut les attraper facilement et préparées à la marinière ce n’est pas mauvais non plus.


Je vais quant même essayer de persévérer dans l’apprentissage de la pêche à la ligne mais c’est loin d’être gagné… A suivre

Les phoques et les langoustes de Kaikoura

La nécessité d’effectuer un contrôle médical de routine nous contraint à nous rendre à l’hôpital de Blenheim. De Picton il n’y a que 25 km mais ce n’est pas si simple que çà. Il n’y a qu’un bus par jour et l’horaire ne convient pas du tout. Pas de train (bien qu’il y ait une voie mais elle n’est utilisée que pour les marchandises et un train touristique qui ne fonctionne plus depuis que les touristes étrangers ne peuvent plus venir dans le pays). Les taxis sont hors de prix et les navettes privées pas beaucoup moins chères. On se rabat donc sur la location de voiture mais comme nous sommes 2 jours avant Noël les tarifs sont plus élevés que d’habitude. Ils restent tout de même plus abordables que les autres alternatives nous optons donc pour cette solution. Et, si la visite médicale ne dure pas trop longtemps on pourra en profiter pour faire (encore) un peu de tourisme, et quelques courses.

Le passage à l’hôpital nous donne l’occasion de constater l’efficacité et l’humanité du système hospitalier néo-zélandais (pas de stress, le personnel souriant en tenue de Noël et les salles décorées pour l’occasion) En une heure nous sommes ressortis et on met le cap sur Kaikoura.

A la sortie de Blenheim un panneau nous indique que la route nationale 1 (SH1) est ouverte pour Kaikoura et Christchurch. Tiens passerait-elle par des cols en altitude risquant d’être fermés par la neige ? Pourtant d’après la carte, la route suit la côte jusqu’à Kaikoura ??? Nous comprendrons plus tard la raison de ce panneau : nous sommes dans une zone de forte activité sismique et les falaises bordant la route côtière s’effondreraient, parait-il, assez fréquemment, sous l’effet de secousses modérées, bloquant ainsi la route. Les fonds autour de la péninsule auraient d’ailleurs aussi remonté de plusieurs mètres lors d’un récent tremblement de terre plus fort que les autres.

Au passage, nous traversons la partie la plus récente du vignoble de Marlborough : la vallée de l’Awatere (voir notre article Cheers Mate!) qui est effectivement nettement plus vallonnée que le reste de la région. Ici il y a même des vignes sur des coteaux, nous sommes rassurés ! C’est là que se situe le domaine de Rapaura springs dont nous apprécions particulièrement le Pinot Noir, beaucoup plus charpenté et long en bouche que ses homologues de la vallée de Wairau. Malheureusement, le crachin breton qui sévit aujourd’hui sur la vallée ne nous permet pas de photographier le paysage…

Une fois sortie de cette vallée la route longe la côte au pied des falaises (espérons que la terre ne tremble pas aujourd’hui!) Côté mer elle est débordée par un glacis de roches affleurantes plus ou moins plates : sans doute les séquelles de l’activité sismique qui lui donne un aspect assez étrange mais fond le bonheur de grandes colonies de phoques qui se prélassent dans les rayons timides du soleil revenu pour la circonstance.

Un de nos guides nautique cite Kaikoura comme un abris possible sur la route entre Christchurch/Lyttelton et le nord. Celà nous semble très optimiste ou alors par beau temps : au sud une baie semée de recifs et ouverte de l’ouest à l’est par le sud et au nord, un petit port de pêche minuscule accessible par un chenal peu profond zigzagant entre les têtes de roches… Kaikoura est avant tout une petite station balnéaire (après avoir été une station baleinière:() et (c’est important) un haut lieu de pêche à la langouste. Et comme Noël est dans deux jours on cède à la tentation. On se choisit un resto sympa avec vu sur la baie et on s’offre une super langouste (le prix est très raisonnable par rapport à ce qui se pratique sur la côte Française…) . Elle est délicieuse, très bien préparée et servie avec des frittes pannées à la bière (spécialité locale). On se régale et on se fait une bonne promenade digestive autour de la pointe sans déranger les nombreux phoques dans leur sieste sans doute bien méritée.

Retour sur Picton avec un détour par le Pack’n Save de Blenheim pour faire les courses pour les deux semaines suivantes qu’on pense bien passer dans les Sounds. Notre position à quai nous permet de décharger les sacs directement du coffre de la voiture sur le pont du bateau : pratique !

Bonne année à tous

2020 et son cortège de désastres et de malheurs est enfin derrière nous.
Nous vous souhaitons à tous une bonne et heureuse année 2021, qu’elle soit dans tous les cas bien bien meilleure que la précédente! On vous embrasse!
Anne et Dominique

PS: nous sommes mouillés dans une superbe petite crique (Schoolhouse Bay, Queen Charlotte Sound) mais nous n’avons aucune couverture réseau. Ne vous inquiétez donc pas si nous ne répondons pas à vos message avant quelques jours. Cet article a été posté par iridium (téléphone satellite)

Cheers mate! (Buvez local à Marlborough)

Pour nous, Français, le vin fait partie du patrimoine national et les vins « étrangers » sont peu connus chez nous mais d’aucuns pensent qu’ils ne peuvent arriver à la cheville de nos fameux crus.

La Nouvelle Zélande n’arrive qu’en quinzième position du classement mondial des pays producteurs de vin très loin des géants Européens. Mais Marlborough est la plus grande région viticole du pays et de part la superficie de son vignoble et sa production (environ 3/4 de la production du pays), elle peut rivaliser avec d’autres grandes régions viticoles du monde.

La région de Marlborough compte plus de 27 800 hectares de vignes, ce qui représente à peu près la même superficie que le vignoble de Bourgogne et 10 fois plus que le vignoble de Chinon. Elle a produit en 2020 près de 3 millions d’hectolitres soit le double de la production Bourguignonne ou 1/4 de la production Bordelaise, mais il faut bien dire qu’ici, ils n’ont pas à se soucier des quotas de production fixés par le PLC des différentes appellations.

Les principaux cépages sont le Sauvignon Blanc (plus des 2/3) et le Pinot Noir mais on y trouve aussi un peu de Chardonnay, Riesling, Pinot Gris et de Gewurztraminer, des cépages d’ailleurs bien de chez nous (cocorico!).

La majeure partie du vignoble est planté dans la plaine de la rivière Wairau qui descend des montagnes pour rejoindre l’océan Pacifique près de Blenheim et dont les terres alluviales caillouteuses se prêteraient, parait-il, particulièrement bien au Sauvignon blanc tandis que le Pinot Noir s’accommoderait mieux des terres plus anciennes et plus argileuses ondulant entre la vallée proprement dite et les collines Wither qui la limite au sud (zone appelée Southern Valleys). Bien que la large vallée de la Wairau soit bordée au sud, de collines ( les Wither Hills) et au nord, de montagnes (le Richmond Range), nous n’avons vu aucune plantation en côteaux. Nous n’avons pas encore visité la partie la plus au sud du vignoble: la vallée de l’Awatere ou l’exploitation a commencé plus récemment, qui serait plus vallonnée et dont les terres plus arides donnerait un caractère particulier au vin.

Le vignoble est très jeune puisque la viticulture n’a commencé dans la région qu’en 1973. Tout semble avoir été fait d’emblée pour faciliter la mécanisation. Les parcelles sont grandes et les rangs parfaitement rectilignes s’étendent à pertes de vue parfois sur plusieurs km. Ici pas de caves ou de châteaux mais des alignements de cuves inox et des installations industrielles ultra-modernes. Le géant français de la boisson Pernod Ricard ne s’y est pas trompé et a acquis des terres et des installations parmi les meilleures.

Et avec tout çà, me direz vous, est-ce qu’au moins le vin est bon ?

Nous ne sommes pas du tout œnologues ni experts en boissons mais les vins que nous avons dégustés étaient tous fort agréables à boire et malgré l’industrialisation apparente, nous avons pu noter de grandes différences de goût et de caractère d’une « marque » à l’autre sur des vins issus du même cépage et de la même année alors que les bouteilles provenaient pourtant d’exploitations très proches l’une de l’autre. Par contre d’une année à l’autre, pour la même marque, nous n’avons noté aucune différence…

Cheers mate! (à la tienne!)

Escale culturelle à Picton

Picton est avant tout le terminal des ferry reliant l’île du sud à l’île du nord et la base arrière pour toutes les résidences secondaires, les hôtels, gîtes et pensions disséminés dans le Queen Charlotte Sound. Mais c’est aussi une petite station balnéaire fort agréable.

Les bateaux de plaisance de passage, s’arrêtent en principe à Waikama, la grande marina, 5 km à l’est de la ville. Mais quand nous les avions appelés avant de venir, ils nous ont dit qu’il n’avait plus de place et nous ont mis en contact avec la petite marina du centre ville de Picton qui dispose d’un grand bassin pour les bateaux à moteur (inaccessible pour nous à cause de la passerelle fixe qui enjambe l’entrée) et d’un avant port destiné aux professionnels et aux (très) grands bateaux. Ils sont pleins aussi mais ils nous trouvent une place à l’intérieur du quai juste à côté du terminal de la Cougar Line la compagnie de vedettes qui dessert le Queen Charlotte Sound. Avantage : on est en ville tout près des commerces et du supermarché Fresh Choice, pratique pour faire les courses et pour changer la bouteille de gaz, c’est juste là sur le quai. Inconvénient : il faut faire le tour du port à pied par la fameuse passerelle pour aller aux douches et puis on est le long d’un quai (au lieu d’un ponton) mais ce n’est pas vraiment un problème l’amplitude des marées ne dépassant pas 1 m par contre les vedettes se mettent en route vers 7 heures et leurs gros diesels sont bien bruyants (leur « vacium cleaner »(aspirateur), aussi).

Première bonne surprise, le soir de notre arrivée on reçoit la visite de Julian et Patricia de A Capella of Belfast (un superbe Allure 49.5) qui viennent prendre un verre à bord. çà fait du bien de rencontrer des plaisanciers au long cours sympathiques qui vivent des expériences similaires aux nôtres (çà nous ne nous était pas arrivé depuis mi août après que nous ayons quitté nos amis Carole et Daniel pour descendre à Nelson). Comme nous, ils sont arrivés des Tongas fin octobre début novembre 2019 et comme nous, ils se sont retrouvés coincés par le virus au pays des Kiwis. Dans la discussion on s’aperçoit qu’ils ont rencontrés plusieurs bateaux amis : Libertaire à Suvaroff, Mille Momentti à Opua et Folligou à Whangarei le monde est petit. On passera de bons moments avec eux : resto chinois, thé et apéro à leur bord avant qu’il ne repartent.

Je vous disais plus haut que Picton était une petite station balnéaire fort agréable. En fait, çà ce limite à une promenade et des jardins aménagés sur le front de mer entre le port et le terminal des ferries, où on trouve un musée des baleiniers et un aquarium, et la rue principale , la « High Street » avec ses restos, ses commerces de fringues, et magasins de souvenirs… deux galeries d’art! Je dois dire que depuis notre départ d’Europe, on a été un peu sevré au niveau art et même les grands musées de Nouvelle Zélande comme Te Papa à Wellington ou la Sutter Gallery à Nelson nous ont laissé sur notre faim tant leurs collections d’art moderne sont limitées. C’est donc avec plaisir que nous avons découvert la présence de 2 galeries d’art et avec avidité que nous nous sommes précipités pour les visiter.

Histoire de volatiles:

On se boirait bien un verre

Zut c’est déjà fermé!

Normal! Il est 17 heures: ils se couchent comme les poules chez les Kiwis!

La première ou nous sommes entrés est ARTOFACT (https://www.artofactgallery.com). C’est un marchand d’art qui fait la promotion et la vente d’œuvres d’artistes (peintres et sculpteurs) vivant en Nouvelle-Zélande tels que Jorg Engelbrecht, Olaf Mengeringhausen , Frances Hodgkins et bien d’autres. Les œuvres proposées étaient d’un excellent niveau et bien mises en valeur.(malheureusement il était interdit de prendre des photos mais vous pouvez faire un tour sur leur site pour les voir)

La deuxième est beaucoup plus intéressante. D’abord il ne s’agit pas d’un galeriste habituel. C’est la collection privée de Mr Mark Stenvenson (https://www.thestevensoncollection.co.nz/)

Pour la voir il faut appeler ce monsieur et prendre rendez vous pour la visite qui est gratuite, guidée et commentée par le collectionneur lui même. Nous convenons donc pour samedi matin 10 heures et nous venons avec nos amis Julian et Patricia ravis de l’occasion. Mark Stevenson est là, il finit de nettoyer les vitres de la devanture de sa galerie (en fait une ancienne quincaillerie reconvertie) et nous accueille pour la visite.

La collection est tout simplement époustouflante. Et encore, tout n’était pas là, certaines œuvres étaient prêtées à des musées en Australie ou des galeries dans d’autres villes de Nouvelle Zélande. Ce sont des œuvres d’artistes contemporains Néo-zélandais ou Australiens parmi les plus célèbres de notre époque tels que par example Bill Hammond, Toss Woollaston, Richard Lewer, Rosella Namok et bien d’autres, patiemment amassés par Mark tout au long de sa carrière professionnelle qu’il avait commencé comme enseignant/directeur d’école et terminé comme agent immobilier.

Tout au long de la visite, Mark nous commente les œuvres les plus marquantes avec humour et passion. On voit clairement ce qui le mène : son amour de l’art, son admiration pour ces artistes et par dessus tout l’envie de le partager avec son public. Bravo et MERCI Mark !

Lors de notre court séjour à Picton, nous en avons profité pour essayer de remplacer notre ancre principale par un modèle plus performant mais sans succès : les nouvelles Rocna Vulcan (de conception Kiwi) se sont arrachées comme des petits pains il n’y en a plus une de disponible avant l’année prochaine. Pour continuer notre exploration des Sounds l’esprit serein nous avons donc décidé de prendre un cotisation au Waukawa Boating Club qui pour 250 NZD (130 EUR) nous donne accès à une centaine de corps morts costauds et bien entretenus jusqu’à fin février de quoi souffler quelques temps dans ce magnifique paysage des Sounds et attendre la bonne fenêtre météo pour poursuivre notre exploration de ce fabuleux pays.

Dérapages et chasse au Pelorus

Rien ne vaut une bonne carte météo pour comprendre ce qui se passe. Vous voyez toutes ces dépressions (marquée d’un L pour Low) et notamment celle avec un minima à 998 hPa centrée sur le nord de l’île du Sud pas loin de la magnifique région des Marlborough Sounds où nous sommes. Elle va sans doute être rejointe par la dépression antarctique à 973 hPa qui se trouve sud. Du fait de la topographie montagneuse de l’île, tout çà donne du vent fort de sud-sud-ouest le long de la côte ouest devenant pratiquement ouest en atteignant le Cap Farewell tandis que côté est, c’est un vent de nord-est encore plus fort qui s’engouffre dans l’entonnoir du détroit de Cook. Les deux flux se rencontre pile-poil au dessus de nous. En fonction du déplacement de la dépression et du passage des front, la direction du vent sa force ainsi que la couverture nuageuse et les précipitation changent radicalement et très rapidement.


En pratique çà donne quelque chose comme çà: On se réveille avec un temps superbe et une petite brise d’est, à midi on a des nuages et un vent d’ouest 20 nœuds, à 16 heures le vent est passé au nord et il pleut, à 22 heures il se lève du sud-est 30 nœuds. C’est juste un exemple: çà change tout le temps.


Les bulletins côtiers de NZ MetService (merci Michel) donnent un très bonne vision de ce qui se passe à l’extérieur des Sounds et permettent de se faire un idée de ce qui va nous tomber dessus à l’intérieur à savoir que si il fait mauvais dehors, dedans aussi on va prendre cher.

Les gribs sont assez précis et justes mais ils ne tiennent pas compte des accélérations qui se produisent dans certains bras ou baies: plus les collines sont élevées et leur pente escarpées, plus les rafales seront violentes et viendront de toutes les directions. Et si en plus elles sont dépourvues d’arbre, même à quelques mètres sous le vent du rivage, elles n’offriront aucun abris. Les bras allongés et orienté dans la direction du vent sont, logiquement, de loin les plus redoutable. Dans les meilleurs abris, les rafales tourbillonnent moins qu’ailleurs mais reste difficilement prévisibles même amarré aux arbres tout près du rivage. Dans la plupart des cas, plus on rentre vers le fond du Sound, moins le vent est fort mais les rafales peuvent rester violentes.

A quelques milles de distance, d’un bras à l’autre, les conditions peuvent être très différentes. Au même moment au fond de Tennyson Inlet, il peut il y avoir 10 noeuds alors que dans le Popoure Reach les rafales monterons à 25 nœuds et à 40 nœuds dans Admiralty Bay ou Current Basin… en règle générale, si les gribs montrent un écart supérieur à 50% entre la vitesse du vent établi et celle des rafales, il faut s’attendre à une accélération supplémentaire significative de ces dernières. Ainsi, pour un vent indiqué sur les fichiers à 12 nœuds et des rafales à 20, nous avons constaté 40 nœuds établis dans Current Basin et dans Tawhitinui Reach ou Admiralty bay. A noter d’ailleurs que nous avons essayé de franchir French Pass 2 fois sans succès dans de telles conditions, les rafales rendant le passage sinon impraticable du moins trop risqué à notre goût (comme nous l’a suggéré Marion, peut-être faudrait-il la rebaptiser French don’t pass). Par contre par un vent modéré sans rafales le passage ne pose aucun problème.


Choisir un mouillages pour passer une nuit tranquille est donc un casse tête chinois surtout qu’à ces considérations météorologiques il faut ajouter le manque d’abris réellement protégés par tout les temps et surtout la nature des fonds dans les baies. Dans de nombreux bras, particulièrement prés du rivage, le fond est constitué d’une vase très fluide (à peu près la consistance de la “custard”) reposant sur un soubassement de pierre plates. Cette combinaison engendre une très mauvaise tenue des ancres dans de nombreuses baie. Dans la plupart des criques, ce phénomène ne peut pas être compensée par un amarrage avant-arrière à terre du fait de la largeur et de la profondeur des criques, au mieux, ce sera ancrage à l’avant aussières arrières à terre, ce qui n’empêchera pas l’ancre de chasser car dans les rafales tournantes le bateaux se retrouve travers au vent: Nous avons même dérapé avec 2 ancres empennelés! (dont une Fortress qui n’avait jamais bougé dans les pires conditions auparavant) . En 10 jours dans le Pelorus, nous aurons dérapé autant de fois qu’en quarante ans de navigation. Fort heureusement nous avons chaque fois réussi à rattraper le coup sans aucun bobo (merci l’alarme).

La solution recommandée par les locaux est de prendre une cotisation temporaire à l’un des clubs nautiques du coin pour avoir accès à leur corps morts. Mais là encore, dans le Pelorus, des corps morts, il y en a très peu. Peut-être étions nous trop tôt dans la saison et que toutes les bouées n’avaient pas été remises en place mais d’après les guides il y en a de toute façon beaucoup moins que dans le Queen Charlotte.

Pas simple donc, mais pour le temps il paraît que c’est normal au printemps: courage, l’été arrive! Et, ceci dit, l’endroit est magnifique et les paysages grandioses valent vraiment le détour! Ces quelques difficultés sont un petit prix à payer pour en profiter.

Nous avons aussi noté la présence de nombreux parcs à moules et élevage de saumons mais sans que ce soit une gène pour la navigation ou le mouillage.

Il parait que le poisson abonde dans les Sounds mais nous ne sommes pas très doués pour la pêche à la ligne. Par contre côté pêche à pied on se défend bien est on c’est régalé de moules et de coques en abondance. Ce qui nous a permis de tenir quelques jours de plus sans entamer notre stock de conserves.

Après avoir sillonné le Pelorus pendant 10 jours nous sommes maintenant passés dans le Queen Charlotte et faisons escale à Picton pour souffler un peu et laisser passer (encore!) quelques jours de mauvais temps…

Pelorus, c’est compliqué mais c’est beau

La grosse dépression qui encercle la Nouvelle Zélande nous amène un temps très difficile à suivre: alternance de coup de vent, pluie, crachin, calme plat, grand beau temps le tout pouvant venir des 4 points cardinaux et dans la même journée: les météorologues doivent s’arracher les cheveux ( nous çà y est déjà, on en a plus)
Ce soir on est (encore une fois) dans un endroit superbe. Pour le découvrir, allez sur la page « Où sommes nous?» et cliquez la carte ou le lien…


French Pass 2 (essai reussi)

La météo dans le coin est extrêmement complexe en raison des phénomènes engendrés par les chaînes de montagne entourant la baie mais se soir tout semble concorder, en partant de bonne heure demain matin on devrait avoir juste ce qu’il faut de vent pour traverser la baie et embouquer la passe à l’étale avec le courant dans le bon sens.
Dimanche 22/11/2020 06:00 on est tiré du sommeil par le réveil. Tout se passe comme prévu même les phoques et les dauphins sont là pour nous accompagner au milieu de la baie de Tasman.
14:25 on est a French Pass, pas une ride sur l’eau, pas de courant: timing idéal! On a bien fait de ne pas insister la dernière fois.
On continue à travers Admiralty Bay, on double Clay Point et on passe entre les îlots de Chetwode et la terre pour rentrer dans le Pelorus Sound A 19:00 nous mouillons au fond de Ketu Bay.

 

Vacances à Anchorage (Bay)

Le temps passe vite à Anchorage Bay, il faut dire que lendroit est superbe et quen ces temps de pandémie, il ny a pas de touristes à par les « trampers » (randonneurs) kiwis: il y a un refuge géré par le DOC (department of conservation: cest eux qui gèrent les parcs nationaux) sur la plage. Au mouillage, nous ne sommes que 4 bateaux, ce nest pas encore la pleine saison, et le mauvaise météo annoncée pour Samedi en a sans doute découragé quelques-uns.
Aprés une exploration de la baie et de la lague de Torrent Bay en kayak, on y va aussi de notre petite rando. On commence par le crêtes pour profiter de la vue magnifique sur toute la baie et les alentours. On en profite pour essayer de capter du réseau pour télécharger des messages urgents envoyés sur nos adresses terrestres. On poursuit ensuite jusquà Cleopatra Pool, une piscine naturelle dans le torrent qui descend de la montagne.

On s’échappe des griffes de Nelson

Le mât est en place, le gréement réglé, les voiles à poste, les câbles rebranchés et les course faites. Mais non! notre cher Nelson ne va pas nous lâcher comme çà, il faut encore laisser passer un petit front mardi soir et ce n’est que mercredi matin (18/11/2020) qu’on peut enfin partir. Le temps est maussade mais d’après les gribs, le vent semble convenable NE 5-7 nds, devenant SE 10 nds rafales à 18. L’idée est d’aller se positionner pour passer French Pass demain matin à l’étale. Sortie du chenal, on tire des bords le long du Boulder Spit ce long cordon de galets qui ferme la lagune de Nelson. Quelques averses mais c’est si bon de re-naviguer enfin. A la hauteur de Cable Bay, le vent s’établit comme prévu au SE… et commence à monter. Le bateau accélère, un ris puis deux, on enroule le foc on déroule la trinquette. Le vent dépasse les 30 nds, jusqu’à 40 dans les rafales, troisième ris. A l’entrée de Current Bassin la mer est blanche, même tout au fond de Waikawa bay, où, nous pensions mouiller pour la nuit, c’est pareil, les violentes rafales tombent des collines déboisées rendant l’approche impraticable. Bon on va pas insister pour aujourd’hui, il est déjà 17 heures, ce n’est pas sûr que çà se calme quoiqu’en disent les gribs. On reviendra un autre jour quand le vent sera plus stable et pour ne pas rentrer à Nelson (il serait trop content), on met le cap sur Abel Tasman de l’autre côté de la baie. A quelques milles de la côte, le vent se calme et la pluie aussi. On traverse tranquillement les 30 milles de la baie sur une mer toute plate et à 23 heures, on mouille à Anchorage Bay. Ce matin notre récompense est là: on se réveille par un temps splendide dans un paysage paradisiaque!