Lundi 7/9/2020, le temps s’annonce très beau pour la semaine, idéal pour une nouvelle escapade. La société de location nous fait une offre irrésistible du coup, nous prenons la voiture pour quatre jours. But de la première randonnée aller voir la fameuse French Pass qui permet d’entrer dans le Pelorus Sound sans contourner l’île D’Urville (du nom du marin Français qui à découvert la région) ni emprunter le détroit de Cook.
Pour y accéder, après une trentaine de km sur la SH6 qui relie Nelson à Blenheim, nous empruntons sur une petite route sinueuse et escarpée qui se faufile sur les crêtes entre la baie de Tasman et les criques profondes du Pelorus Sound jusqu’au passage étroit qui sépare cette péninsule de l’île d’Urville. Le courant dans la passe est très fort et soulève des remous assez impressionnants, celle-ci il faudra bien la négocier si on veut y passer avec Rêve à Deux: ce sera à l’étale et par beau temps 🙂 .
Toute la péninsule est un parc national et le paysage est grandiose . D’un côté la forêt primaire recouvre une partie de la montagne et de l’autre ce sont d’immenses prairies où paissent des milliers de moutons .
Picnic le midi sur la plage de Elmslie Bay., c’est de là que part le bac pour d’Urville (pour 4×4 et quad seulement…).
La ballade sur la pointe et jusqu’au pied de la passe nous permet d’observer un couple de Weka (oiseau endémique assez répandu qui ne vole pas) et ses poussins tout noirs. Nous sommes au tout début du printemps dans l’île du Sud, il y a un décalage de trois semaines avec l’île du Nord dû certainement à la température moins élevé. La végétation se réveille et il y a déjà beaucoup de fleurs et surtout, comme nous sommes au début de l’agnelage: il y a de tout petits agneaux qui gambadent partout, ils sont trop mignons. Avant de rentrer dormir au bateau, petit détour par une crique protégée ou l’on trouvera des moules magnifiques qui feront notre régal au souper.
Dimanche matin (30/08/2020) il fait un temps splendide, ciel bleu magnifique sans un nuage, air sec mais assez frais. Le but de l’excursion d’aujourd’hui est de remonter jusqu’à Golden Bay. Nous partons vers 9:30 bien équipés pour le froid et la marche et avec un bon picnic dans la glacière.
Première étape : Motorua, petite station balnéaire et embarcadère pour Rabbit Island. Beaucoup de monde aux terrasses pour profiter de ce temps superbe. Il y a quelques bateaux sur corps morts dans le chenal où règne un fort courant.
Deuxième étape Motueka petit port de pêche et de plaisance à l’intérieur de la lagune. C’est un port d’échouage qui n’est pas sans rappeler certains endroits du bassin d’Arcachon.
Le prochain arrêt est à la sortie de Riwaka pour acheter des pommes et de kiwis chez le producteur.
De là on attaque Abel Tasman (pas l’homme, la route qui traverse le parc qui porte son nom;)). Çà grimpe dure, la route ayant été partiellement détruite par des glissements de terrain est en travaux. Arrivé sur les hauts, la route surplombe le Parc proprement dit et la baie du même nom. De l’autre côté on voit les sommets enneigés du Parc de Kahurangi. Ces 2 parcs constituent un domaine immense avec des possibilités de rando pour des semaines. On se contentera d’un petit tour jusqu’à un point de vue d’où on surplombe toute la région, grandiose !
La route descend ensuite en lacets serrés vers les verts pâturages de la vallée de Takaka. On atteint Golden Bay juste après Collingwood. Golden Bay : la baie dorée, on ne voyait pas çà du tout comme çà. Il y a bien des plages mais la mer est basse et découvre le sable et la vase sur de très grandes étendues parsemées de marres, c’est très beau. Par contre la côte semble bordée de fermes de coquillages ou de poissons difficile à dire à cette distance. Tout le fond de la baie semble très peu profond. On voit qu’au large il doit y avoir du vent mais ici à l’abri de la côte il fait bon et calme.
On arrive au bout de la route, à droite c’est le Farewell Spit, cette très longue langue de sable qui ferme la baie sur une quinzaine de milles. C’est aussi un parc naturel. Tout droit, la piste gravillonnée conduit au cap Farewell. La piste serpente entre des collines verdoyantes très vallonnées ou paissent de nombreux moutons. Rien dans ce paysage paisible ne nous prépare à ce que nous allons découvrir à part peut-être les quelques arbres qui il faut bien le dire ont des formes très tourmentées. On gare la voiture et on se rend compte qu’il y a pas mal de vent et qu’il est froid mais on a ce qu’il faut pour s’habiller. On monte à pied jusqu’au belvédère. Et là, c’est à couper le souffle au propre comme au figuré. Le vent de sud ouest souffle à plus de 40 nœuds nous remplis les poumons et nous découvrons la vue vertigineuse sur le cap Farewell et sa fameuse arche. On marche quelques centaines de mètre le long de la falaise (pas trop près tout de même, avec ce vent soyons prudents) pour apercevoir la fin des falaises et le début du cordon de dunes où viennent se briser les longs rouleaux formés par la houle du large. Le retour face au vent est plus difficile mais le terrain et facile, parfaitement tondu par tous ces moutons(une vrais moquette). Il y a de nombreux agneaux qui ne doivent pas avoir plus de quelques jours, ils sont trop mignons.
On revient à la voiture enthousiasmés par le spectacle dantesque que nous venons de voir. L’après midi est déjà très avancée et on a 3 heures de route pour rentrer mais au moment de tourner pour reprendre la piste on voit une pancarte : Wharaki beach 1km. Allons-y on a encore le temps.
Au parking les panneaux indique la plage à 30’ à pied par le sentier qui serpente (encore:)) entre les collines à moutons. On tombe d’abord sur une sorte de lagune ou de petit estuaire fermée par de hautes dunes. On traverse les dunes et le vent chargé de sable nous assaille. Il est très fort sans doute près de 50 nds. Il s’accélère entre les îlots et les falaises qui bordent la plage. Heureusement il n’y a pas beaucoup de sable sec et il ne vole donc pas trop haut et ne gâche pas la vue grandiose. Il la rehausse même en créant des arabesques au niveau du sol. L’endroit est vraiment sauvage et beau. A l’entrèe d’une grotte, un phoque apparemment blessé se réchauffe au soleil tandis que devant l’îlot tout un groupe joue dans une marre on aperçoit même deux grands mâles qui se battent. La mer du large vient briser sur la plage en vagues gigantesques et écumantes, on comprend pourquoi la pancarte disait plage dangereuse baignade interdite. Surtout qu’au vu de la végétation torturée des collines avoisinantes il est clair que le vent que nous avons aujourd’hui n’est pas du tout exceptionnel. Du coup le soir tombe déjà quand nous reprenons la route mais ce n’est pas grave, on a des images inoubliables plein la tête.
Samedi 29/08/2020. Raz le bol d’attendre qu’on vienne enlever la survie pour sa révision. Pratiquement tous les petits travaux d’entretien courant du bateau sont faits: assurer les axes des chariots guindant de grand voiles, raccourcir la chaussette du spi lourd, démonter le câble anti-torsion et remettre le spi en chaussette (voir l’article Le Cap Reinga by night). Il nous faut un break! C’est décidé on va aller jouer les touristes dans la région et pour çà il nous faut une voiture. Ils en ont de dispo mais il faut aller à l’aéroport. 7 km en trottinette c’est rien pour nous. En plus la route la plus courte longe le bord de mer c’est plutôt agréable, on s’offre même un détour par la piste cyclable qui longe la lagune de Tāhunanui, la mer est basse mais c’est très joli.
Il est déjà presque onze heures quand on prend la voiture. On décide d’aller sur St Arnaud pour aller voir les lacs. La route emprunte une vallée ou alternent forêt de sapin plantés au cordeau et pentes ravinées à cause des coupes claires pratiquée par les exploitants. Le bois est une ressource essentielle pour la Nouvelle Zélande et les exploitations forestières replantent systématiquement après chaque coupe mais je ne suis pas sûr que les dommages causés au sol par le ravinement après les coupes claires et la destruction des espèces d’arbres indigène par les résineux importés soit un bien pour le pays. Mais on entre bientôt dans le parc national ou la forêt primaire est protégée et le paysage devient d’un seul coup beaucoup plus harmonieux et agréable à regarder.
Mais çà fait plus d’une heure qu’on roule et la faim commence à poindre au fond de nos estomacs. Tiens un hôtel historique sur la gauche (historique ici veut simplement dire qu’il existait déjà au vingtième siècle). En fait c’est une petite maison à flanc de colline qui loue quelques chambres et fait restaurant et elle est vraiment historique puisqu’elle a été construite en 1870:). Sébastien, le chef Polonais, nous explique son menu pendant que le propriétaire des lieux (un vrai Kiwi lui!) nous allume un bon feu dans la cheminée – on apprécie, il ne fait que 10°C et c’est la seule chose qu’on ne peut pas avoir à bord. On se régale et on repart pour St Arnaud (oui on est bien en Nouvelle Zélande) pour voir le lac Rotoiti.
La vue sur le lac entourée de sommets enneigés est magnifique. Sous un petit appontement il y a des anguilles énormes, les plus grosses font parait-il dans les 20 kg est ont 95 ans… Autour, il y a des mouettes d’une espèce particulière assez rare, elles ont le bec noir. Après le Rotoiti on reprend la route pour le lac Rotoroa. En cette fin d’après-midi hivernale, le soleil qui perce entre les nuages sombres rend la vue encore pus grandiose. Il y a des ballades fantastiques tout au tour de ces lacs mais il commence à se faire tard et nous n’avions pas prévu de vêtements assez chaud pour une rando en montagne par cette température hivernale (9°C plus le vent). Il fait bien nuit quand nous rentrons au bateau la tête pleine de paysages sublimes. On remet çà demain mais dans une autre direction…
Les radeaux de survie à gonflage automatique, éléments essentiels de sécurité pour nos bateaux, doivent subir des révisions obligatoires périodiques. En France c’est assez simple, vous confiez votre radeau au shipchandler du coin qui s’occupe de le faire parvenir à l’atelier d’entretient agréé par le fabriquant et vous le récupérez une quinzaine de jour plus tard. En nouvelle Zélande la réglementation est différente et le radeau n’est pas obligatoire pour la grande majorité des bateau de plaisance. Les magasins d’accastillage ne proposent donc pas ce genre de service. Pour le notre, cette révision devait être faite ce mois-ci et étant à Nelson ou il y a la succursale d’une société spécialisée nous nous étions persuadés que çà allait être facile. Sauf que… Securitec, la société en question a fermé son agence de Nelson il y a quelques semaines. Leur propre site web n’est pas encore à jour, et les gens du coin ne sont pas encore au courant. Securitec à centralisé tous ses services pour l’île du sud à Christchurch. On les contacte le 20/08, le commercial qui s’occupe de la plaisance va vous rappeler pour arranger la révision. Lundi 24/8 Domi réussi à obtenir le n° du commercial et le rappelle. Il demande de lui envoyer une photo de l’étiquette avec toutes les références du radeau. Pas de problème, nous dit-il, des la réception de la photo, oui, nous sommes agréés pour réviser votre radeau, voici notre adresse, envoyez nous le radeau on vous le retourne révisé d’ici 2 ou 3 semaines. On contacte donc un transporteur qui nous répond que les radeaux de survie sont classés marchandise dangereuse à cause de la bouteille de gaz carbonique comprimé qui sert au gonflage. Il faut donc avoir les étiquettes de danger et les fiches de sécurités adéquates. On rappelle Securitec qui nous envoie les fameuses étiquettes et fiches et arrange le transport. Les étiquettes arrivent mercredi soir par la poste. Le transporteur doit faire l’enlèvement jeudi mais les mauvais documents lui ont été envoyés, comme on a finalement reçu les bons documents par email, il confirme qu’il passera le lendemain vendredi. Vendredi, après avoir attendu toute la journée et plusieurs appels, on s’entend finalement dire que le chauffeur n’a pas pu inclure le port dans sa tournée de la journée et que l’enlèvement est reporté à lundi…
Lundi matin toujours rien. Le transporteur ne peut pas nous dire quand le chauffeur passera, on attend…finalement à 11:45 coup de fil du chauffeur et à 11:50 le colis est embarqué. Quand le reverra-t-on ? Çà c’est une autre histoire.
A suivre…
Mardi après midi coup de téléphone, c’est le responsable technique de Survitec qui nous annonce qu’il a bien reçu notre radeau mais qu’il ne pourra pas le réviser, personne en Nouvelle Zélande n’est homologué pour les radeaux de cette marque et les pièces nécessaires ne sont pas disponibles dans le pays.Le commercial doit nous rapeler demain pour nous proposer une solution…
Encore à suivre…
Mercredi matin, Domi rapelle le commercial. Il n’y a pas de solution technique pour réviser le radeau en Nouvelle Zélande, sur la photo de l’étiquette il avait confondu avec une autre marque. Il va nous renvoyer notre radeau et de mander à son bureau d’Auckland de nous faire une proposition pour un nouveau.
Toujours à suivre…
Le radeau, le retour…
Jeudi 03/09/2020 le radeau non révisé est revenu cet après-midi on a aussi reçu une proposition pour un neuf (ISO9650 >24H) le prix est bien placé et les dimensions collent à peu près mais il n’est pas du tout clair qu’il puisse être révisé partout. Ou plutôt il est clair qu’il ne peut pas être révisé dans beaucoup de pays… donc on hésite. A celà s’ajoute l’incertitude sur notre programme de navigation dans les prochains mois: rester ici jusqu’à la prochaine saison (mai 2021), continuer sur l’Australie en Décembre si elle s’ouvre comme prévu ou rentrer en Europe via le Chili à partir de fin octobre… Pas facile de prendre une décision.
Depuis une semaine que nous sommes à Nelson nous parcourons la ville en trottinette et elle s’y prête bien .La marina se trouve à 10 minutes du centre ville et un chemin d’accès pour les piétons et les vélos a été aménagé avec un magnifique parc et un chemin qui longe la rivière bordée de magnolias croulants sous leurs fleurs roses: c’est bientôt le printemps. Le chemin longe la rivière Maitai jusqu’au parc de Branford et continue même plus loin dans la vallée.
De là, trottinettes sur l’épaule nous montons jusqu’au « centre de la Nouvelle Zélande » (c’est un petit monument très populaire au sommet d’une des collines qui entoure la ville). De là nous sommes gratifiés d’une fantastique vue plongeante et panoramique sur la ville de Nelson et toute la baie de Tasman. Nous longeons le coteaux sur quelque km et redescendons à travers la forêt d’eucalyptus pour rejoindre la route côtière qui vient de Picton et Blenheim.
Nous finissons cette magnifique journée par la visite du Founders’ Heritage Park qui reconstitue le village de Nelson tel qu’il était entre l’arrivée des premiers colons (1850) et la deuxième guerre mondiale.
Une autre journée est consacrée à une grande promenade le long de mer au sud du port qui nous permet de voir à quoi ressemble l’entrée du chenal que l’on avait franchi de nuit lorsque nous sommes arrivés avec Rêve à deux. Évidemment nous ne pouvons pas éviter d’aller voir la cathédrale et son parc fleuri surplombant la ville et sa rue bordée de petites maisons typiques en contre bas .
Mardi matin, Marion, Dave et leur fille Karen (une famille de Nelson avec qui ma soeur Sophie s’était liée d’amitié lors de son passage ici en 2004) viennent prendre le café à bord de Rêve à Deux et nous passons la matinée à raconter notre voyage .
On vous à laissés dimanche après-midi (16/08/2020) en pleine mer de Tasman. On vous rassure : depuis nous sommes bien arrivés à bon port dans la nuit de lundi à mardi.
Le cône du Taranaki se découpe sur l’horizon
La première partie de la traversée depuis Whangaroa c’était très bien passé comme vous avez pu le lire. Mais cette deuxième partie est à classer dans la catégorie des navigations de rêve. Nous avons passé une grande partie de la journée de dimanche au moteur dans des vent d’ENE très faibles (5 à 6 nds) mais étant à 100° du vent réel nous avons pu garder les voiles et la mer étant plate bien avancer en ne dépassant pas les 1200 tours au moteur. Nous avons déviés un peu de notre route vers l’ouest pour contourner une zone de calme et aller chercher le vent qui devrait se lever en fin de journée. A 18 heures le vent et bien là pas très régulier au début mais suffisant pour couper le moteur. Vers 21:00 il est tout à fait établi à 12 nds vent de travers ce qui nous permet de glisser sans effort sur cette mer toujours plate à 7-8 nœuds. La nuit est parfaitement claire et nos quarts se succèdent sous la voûte étoilée… en fait on la voie juste de temps en temps, quand on sort le bout du nez de notre véranda douillette pour peaufiner le réglage de l’écoute de foc et faire avancer le bateau au maximum, parce que cette nuit sèche et claire est plutôt fraîche.
Vers 6:00 le jour commence à poindre, le soleil rougi l’horizon à l’est. Quelque chose se découpe en ombre chinoise dans la bande lumineuse entre la mer et les nuages. Pas de doute, c’est une montagne. Relèvement pris c’est bien le mont Taranaki, c’est un stratovolcan actif. Il appartient à la même famille de volcan que le mont Fuji et l’Etna bien qu’il soit moins haut (2518 m contre 3776 et 3350 m respectivement), il n’en n’est pas moins impressionnant vu d’ici. Au fur et à mesure que le soleil se lève le ciel à l’arrière plan passe progressivement de ce rouge orange foncé au jaune puis au bleu pale et la vision s’estompe dans la brume du petit matin. Mais comme la matinée s’avance et le ciel devient un bleu parfaitement limpide sur toute la voute à 360°, le Taranaki ré-aparait seul sur l’horizon et on peut distinguer son sommet enneigé.
Le vent à molli un peu (10 nds) mais comme la mer reste plate on continue à plus de 6 nds sur la route. Le Taranaki n’a pas encore disparu derrière nous que nous commençons à distinguer les sommets de la pointe nord ouest de l’île du sud (probablement le Mont Owen et les sommets du parc national de Kahurangi). Plus tard dans l’après midi on aperçoit à l’est l’île D’Urville du nom de l’explorateur français Dumont D’Urville qui fut le premier européen à découvrir et cartographier cette partie de la nouvelle Zélande en 1826 sur son navire l’Astrolabe (n’en déplaise à Messieurs Cook et Tasman cocorico!). Les conditions sont toujours estivales et nous continuons de glisser sur une mer parfaitement plate. Vers 18:30 heures, juste avant la tombée de la nuit nous sommes à 5 miles par le travers de la pointe de Bush End qui marque la fin de Farewell Spit le grand banc de sable fermant la Golden Bay et l’entrée dans la baie de Tasman proprement dite. On croise 2 chalutiers en pêche sur la pointe. Le temps est parfaitement clair, la lumière encore bonne et la mer comme un lac mais on ne vois rien ! Le banc de sable qui s’étant sur plus de 15 milles est parfaitement invisible. Pourtant on voit parfaitement les hauteurs de la côte au nord de Collingwood. Il est sans doute plus facile à identifier quand la mer est plus forte et déferle dessus. Nous n’arriverons même pas à identifier la balise qui marque la fin du banc avant que la nuit tombe tout à fait. C’est quand même bien le GPS:). On a l’impression d’être arrivé et poutant il reste encore pratiquement 40 milles, elle est immense cette baie de Tasman.
Vers 22:00h le vent qui avait déjà bien faibli nous lâche complètement, moteur pour terminer! on commence à voir les lumières de Nelson. La nuit est très claire mais il fait froid (9 – 10°C) La marèe basse est à 02:55 ce matin (18/08/2020). A 03:30 que nous embouquons le chenal d’entrée de la lagune qui abrite le port de Nelson, juste au début de la marée montante et le courant favorable mais encore faible : encore une fois un timing parfait dit Domi (il va finir par avoir les chevilles qui enflent!).
Il n’y a pas de vent ni de courant dans le bassin la marina. A 04:30 nous sommes amarrés au ponton de la marina tout est calme. On prend tout de même le temps d’appeler ma sœur Sophie sur Whatsapp. Elle est avec Mamie à la maison de retraite. Çà tombe bien, comme on avait raté le rendez-vous Skype du lundi matin on peut la rassurer et aller nous coucher avant que le jour se lève. Pas de bruit d’autoroute, ni d’avion, ni de train, pas de bruit non plus du côté du port commercial (pas de containers qui tombent ni de machine qui tourne), ici tout est calme et silencieux.
Dans la matinée nous passons au bureau de la marina. Aucune formalités puisque nous avions envoyé le formulaire et la copie de l’assurance par mail juste avant de partir de Whangaroa. Le responsable prend le temps de nous montrer les installations et de nous expliquer le fonctionnement. Dans la journée, nous allons faire un tour en ville pour dégourdir les roues des trottinettes. C’est à à peine 10’ par la piste cyclable le long de la rivière. La ville semble très agréable avec un vrai centre ville et des rues commerçantes animées et la nature tout au tour. Cerise sur le gâteau il y a un grand super marché Count Down à 500 m de la marina. Çà va nous changer des expéditions courses de Tauranga…
Le cap Reinga de nuit??? Quelle idée, c’est ci-beau de jour. D’accord mais là on est pas la pour jouer les touristes et visiter le phare. On contourne la pointe nord de l’île du nord pour passer en mer de Tasman et essayer de descendre jusqu’à Nelson au nord de l’île du sud. Çà fait déjà un moment que çà nous titillait mais le problème en hiver c’est que les fronts passent si vite et si souvent. qu’il est difficile de trouver un créneau assez long pour se glisser entre deux. Mais ce matin (vendredi 14/08/2020) en regardant les gribs on a cru apercevoir une telle possibilité. On a donc dit au revoir à nos amis de Folligou qui trouvent le créneau un peu trop risqué (il y a une grosse perturbation en formation sur les côtes Australiennes et qui devrait toucher la côte Kiwi mardi) et préfèrent profiter encore quelques jours des magnifiques mouillages de la baie de Whangaroa. Au revoir les amis on a passé de bons moments ensembles!
Le temps de vérifier les routages, de reserver une place à la marina de Nelson et de dégonfler l’annexe il est déjà treize heures quand nous sortons de la baie. Il n’y a pratiquement pas de vent et c’est au moteur que nous faisons les premiers milles. Le vent se lève vers 15:30, nous essayons d’établir le spi asymétrique que nous avions remonté sur l’emmagasineur il y a quelques jours mais toujours le même problème: le milieu de la voile est trop large, prend dans le vent et se deroule en nous fait un beau coquetier. On arrive tout de même à l’affaler mais il était temps, entre temps le vent était monté à plus de 20 nds et nous propulse à bonne allure vers la pointe. Nous prenons un ris puis deux. Nous aurons le droit à un superbe coucher de soleil sur la baie de la Great Exhibition avec les falaises d’Urville se détachant sur l’horizon. (on mettra les photos dés qu’on aura du réseau ) Nous allons empanner très au large de la côte pour éviter le plus fort du courant et les remous associés. Il est 23:50 quand nous arrivons devant le cap Reinga. Il pleut mais il fait doux, surtout sous la véranda. C’est tout juste l’heure de la renverse ce qui nous permet de le passer avec le courant sans rouleaux ni remous.
Çà y est nous sommes en mer se Tasman. Pour l’instant nous déboulons toujours à 7 – 8 noeuds au reaching. En fin de nuit, le ciel se dégage et la lune apparait, croissant brillant sur l’horizon. Au matin nous sommes récompensés par un ciel bleu limpide. Le vent molli un peu et nous larguons les ris. A midi, nous croisons un voilier qui remonte vers le nord. Nous avons parcouru 156 milles depuis Whangaroa, pas énorme mais c’est toujours çà de pris. Les gribs nous prévoient beaucoup moins de vent pour demain. Toute la journée on continue à glisser vent de travers. Il fait tellement beau qu’on en profite pour prendre la douche dans le cockpit. Nous sommes tout les deux tellement heureux d’être en pleine mer loin des côtes, c’est difficile à expliquer mais on s’y sent vraiment bien. Toute la journée nous admirons les grands albatros et les petrels qui tourne autour du bateau. Avant la nuit, nous sommes dépassés par une grande bande de dauphins fonçants vers le sud. Chasse ou migration on ne sait pas mais ils avait l’air très pressés. Quelques individus prendrons tout de même le temps de nous gratifier de quelques cabrioles.
Comme prévu le vent tombe dans la nuit et nous devons faire appel au moteur pour continuer à avancer. En effet les dernières prévisions confirment bien que le front se rapproche. Il faut vraiment arriver au plus tard mardi soir pour éviter le mauvais temps. Au matin (dimanche 16/08) on s’écarte un peu de la route directe que nous suivions jusqu’ici pour aller un peu plus à l’ouest dans l’espoir de trouver un peu de vent ce soir comme nous l’indique tous les routages. On à fait un peu plus de la moitié du chemin mais il nous reste encore 226 milles à parcourir jusqu’à l’entrée du chenal de Nelson A suivre…
Rêve à deux S37º28,7´E172º38,7´
Notre petite Otarie est devenue de jour en jour de plus en plus envahissante. Une nuit elle décide de venir se promener sur le pont juste au-dessus de notre cabine et autant ces animaux sont gracieux et furtifs dans l’eau, hors de l’eau c’est à peu près aussi discret qu’un éléphant… Bon! Dominique sort et arrive à la convaincre qu’à cette heure-ci ce serait beaucoup mieux pour elle d’aller à l’eau. Après quelques pourparlers elle se laisse finalement convaincre et nous pouvons nous rendormir. Le lendemain matin elle n’est plus là sans doute vexée qu’on ne la laisse pas batifoler sur le bateau à sa guise.
Le vent d’est assez fort souffle toute la semaine levant une forte houle au large qui rend la plupart des mouillages de la Baie de Iles peu confortable. Opunga Cove par contre est parfaitement abritée par ce temps nous y resteront donc 7 jours. On profite de l’escale pour explorer les baies voisines en annexe et à pied. Ce n’est pas facile parce que le rivage est entièrement bordé de propriétés privées. Les grèves regorgent de coques et on en ramasse plusieurs fois. Pour être sûr de ne pas croquer du sable on les fait dégorger dans un panier suspendu à fleur d’eau à l’arrière du bateau pendant 24 heures. Sur la rive sud-ouest au fond d’Assassination Cove il y a une route d’accès semi privée et un parking. En remontant la route empierrée on trouve des poubelles collectives pour les maisons des environs. On arrive à se glisser par des chemins plus ou moins privés (pas d’indications,on est en hivers et la plupart des maisons ne sont pas occupées) et des pâturages jusqu’à la baie voisine de Te Huruhi. La mer étant basse on peut traverser le ruisseau et regagner la grand’route (Manawaora road), on pousse jusqu’à Waipiro bay et revient sur nos pas pour prendre embranchement (fermer par une barrière) qui retourne a Assassination Cove. Le lendemain on va sur l’isthme étroit qui relie la presqu’île d’Orokawa. Là encore cela semble privé mais il y a aucune indication. Ce sont de petites maisons assez modestes. L’endroit et très joli avec une belle vue sur les îles de l’autre côté. Lundi 3/8 c’est la plage d’Opuga Bay proprement dite à marée basse et en plus des coques habituelles, on fait une moisson d’huîtres qui feront notre régal le soir même avec un petit verre de Sauvignon blanc de la région de Nelson.
On a aussi utilisé ces quelques jours d’arrêt pour essayer de regréer le spi lourd (le blanc) sur son emmagasineur. Ce n’était pas simple vu que le temps nous obligeait à faire la manip à l’intérieur du bateau mais c’est fait, on pourra essayer dès que le temps le permettra. (Pour les voileux qui serait intéressé par le pourquoi et le comment de cet opération voir la note explicative à la fin de cet article**)
L’apport quotidien de protéines est certes assuré par dame nature mais les fruits et les légumes frais commencent à s’épuiser, il n’y a plus beaucoup de vent aujourd’hui (mardi 04/08/2020) c’est le moment d’aller faire des courses. Notre idée était d’aller mouiller devant la plage de Waitangi pour aller au super marché Count Down a 300 m de là. Mais la houle du large levée par le vent de ces derniers jours rentre directement dans la baie rendant le mouillage inconfortable et les débarquements en annexe pratiquement impossibles. Nous nous rabattons donc sur Russel ou il y a une petite superette. Le mouillage n’est pas très confortable non plus mais l’accostage en annexe au ponton du wharf ne pose aucun problème. Courses rapides, on en profite pour aussi remplir la bouteille de gaz et à 13:30 on est repartis pour notre mouillage favori d’Opunga cove. Il fait un temps superbe et il n’est pas encore trop tard dans l’après midi. On en profite pour piquer une tête et aller voir l’état de la carène. Il n’y a pas de coquillages ni de « fan worm » mais beaucoup d’algues qui lui font une bonne barbe d’une dizaine de centimètres. Pas étonnant qu’on avançait pas ! Il va vraiment falloir faire quelque chose. En grattant un peu tous les jours en 3 – 4 jours on devrait y arriver.
Le lendemain le temps est superbe juste se qu’il nous faut de vent et orienté dans la bonne direction pour que beaucoup de mouillages de la Baie des Iles soient bien abrités. On choisi d’aller mouiller à Paradise Bay (ne pas confondre avec Paradise’ Betz, les familiers de la Touraine du Sud comprendrons) sur Urupukapuka Island. Nous arrivons vers 11:00. Il y a deux bateaux ancrés mais ils se préparent à partir. Le temps est magnifique on commence donc par passer 45’ sous la coque. Un bon déjeuner tardif pour nous réchauffer (ici l’eau est très claire mais plus froide qu’à Opunga) et c’est parti pour une exploration des sentiers de l’île. Nous avions déjà exploré la partie nord lors de notre passage ici en novembre dernier, cette fois ci-nous nous concentrons sur la partie sud. Les falaises qui surplombent le large sont superbes avec une vue imprenable sur le cap Brett et toute la baie.
Le soleil se couche quand nous rentrons au bateau et passons une excellente nuit.
Le répit météo a été de courte durée. Il ne faut pas oublier que nous sommes au coeur de l’hiver. Du mauvais temps est à nouveau annoncé pour les prochains jours. Mais cette fois-ci ce n’est pas de l’ENE, le vent va cette fois commencer à souffler du nord est pour tourner au nord puis nord ouest puis à l’ouest et même au sud ouest et le tout en moins de 72 heures. Trouver un mouillage protégé ne va pas être simple. En plus on aimerait bien avoir de la 4G pour la vacation skype du jeudi soir avec Mamy. Dans tous les cas, on ne peut pas rester ici, le vent est encore faible mais une petite houle commence à se lever. On passe d’abord voir en face à Waipiro Bay, ce sera très bien dès que le vent sera passé franchement ouest pour l’instant avec encore de l’est dans son nord ce n’est pas l’endroit idéal en plus il n’y a pas de réception. On se rabat donc sur la baie suivante, Orokawa Bay juste opposée à Opunga Cove. On profite du court trajet dans 10 nds de vent portant pour essayer notre spi remis sur son emmagasineur. On le hisse déroulé sans trop de mal, il s’établit bien on fait deux ou trois essais d’enroulement et de déroulement qui se passent bien. Essai concluant donc (à confirmer dans des conditions plus soutenues) !
On mouille à Orokawa, tout près de la plage. Pour l’instant il fait encore beau. On en profite pour continuer le carénage. La carène commence à devenir convenable même si il reste encore une fine couche d’algues brunes ici ou là. Le mouillage et bien protégé mais le vent à tendance à contourner le promontoire qui termine a péninsule d’un côté ou de l’autre si bien que nous tournons beaucoup sur notre chaîne. Le jour suivant en début d’après-midi, Folligou nous rejoint et mouille juste à côté de nous. Carole et Daniel on passé quelques jours à Opua ou ils ont loué une voiture pour aller voir le Cap Reinga le week-end dernier puis ils se sont déplacés pour remonter la rivière de Keri Keri jusqu’au « old stone store » grâce au faible tirant d’eau de leur bateau. Ils nous racontent leurs promenades autours du repas du soir à bord de Rêve à Deux.
Le lendemain samedi 8/8/2020 le vent tourne progressivement vers le SW comme prévu. Nous nous déplaçons pour ancrer à Waipiro toujours avec Folligou. Demain les prévision sont parfaite pour continuer notre remonter vers le nord. Au cours du dîner à bord de Folligou nous décidons de partir de bonne heure demain matin pour passer les îles Cavalli avec la marée et arriver à une heure raisonnable à Whangaroa.
Dimanche 9/8/2020 à 8:30 nous levons l’ancre, le temps est superbe, pas de nuage, mer plate. On se glisse entre les îles le vent s’établit à une dizaine de nœuds. S’établit c’est beaucoup dire, si la force reste relativement constante, ce n’est pas du tout le cas de la direction comme c’est souvent le cas pour un vent de terre. On passe de 90° à 120 puis à 50° en quelques minutes et çà recommence l’instant d’après. Le pilote à du mal à suivre et nous aussi, il faut barrer et régler les voiles en permanence. Mais faire de la voile à « l’ancienne » par ce temps là c’est tout de même bien agréable ! Et puis notre travail sous marin de la semaine semble avoir porté ses fruits : dans ce vent léger et variable on reste toujours au-dessus de 90 % de la vitesse cible de la polaire (vitesse théorique du bateau en fonction de l’angle et de la force du vent) alors qu’avant le nettoyage on avait parfois du mal à atteindre les 60 %…. On passe au pied du monument commémorant le Rainbow Warrior, le navire de Green Peace coulés par les services secrets français dans une opération honteuse et catastrophique pour essayer de continuer les essais nucléaires à Mururoa. Le vent accélère dans le passage entre les îles et la terre et on prend même un ris pour quelques minutes. Passé la pointe nord de l’île plate le vent est pile dans l’axe de l’entrée du havre de Whangaroa. Comme le temps est superbe et le bateau glisse bien on s’amuse à tirer des bords en virant à la refusante jusqu’à l’entrée du goulet. A 14:45, on jette l’ancre à Waitepipi bay. Carole et Daniel arrivent peu après. Diner ensemble à bord et nuit calme à l’ancre.
Lundi 10/08/2020, le temps va encore changer, avec du vent de sud ouest et d’ouest assez fort pour mardi et mercredi. On décide d’aller s’amarrer à la petite Marina de Whagaroa. On en profitera pour se réapprovisionner en passant une commande au supermarché NewWorld de Kerikeri. La livraison est prévue pour jeudi matin. Mais il y des travaux en cours à la marina et on nous demande de repartir impérativement mercredi matin au plus tard.
Mardi, il pleut beaucoup mais dans l’après-midi une éclaircie nous permet d’aller marcher un peu à terre. Dans la nuit le vent forcit et tourne franchement à l’ouest. Au matin nous avons plus de 40 nds au ponton et pour seule protection le ponton lui-même qui est presque recouvert en permanence par le clapot de la baie et en plus il pleut à torrent. Pas question d’essayer de partir par ce temps malgré l’insistance du gérant de la marina qui a vraiment besoin de notre place. Finalement en milieu d’après midi, le vent se calme un peu et nous arrivons à sortir. Pour assurer le coup, je suis dans l’annexe avec le moteur et je pousse l’étrave de rêve à deux pour l’aider à tourner dans l’espace étroit entre les pontons. Nous allons ancrer à l’orée des mouillages dans Waitapu bay (de l’autre côté de la colline qui surplombe la marina). Jeudi, on revient mouiller entre la pointe et le wharf et on va à terre en annexe pour aller réceptionner notre commande qui arrive comme prévu à 13:00. Le reste de la journée se passe à ranger les provisions à bord et à nous reposer. Mémorable soupe de poisson à bord de Folligou le soir : un plaisancier local leur avait offert le matin même un superbe snapper le poisson roi local (en français vivaneau) on s’est régalés.
A suivre…
** Note explicative sur notre emmagasineur de spi.
Quand nous avions acheté le bateau le petit spi asymétrique blanc (105m² tout de même) était monté sur emmagasineur et était supposé être un « code zero » ou un gennaker (Domi dit qu’avec un SHW/SF de 0.75 il s’agit bien d’un spi : ses épaules sont trop larges pour être un code 0 et çà se voit bien quand il est en l’air). Quand nous l’avions utilisé tel quel, une fois sur deux il se déroulait dans le milieu avant qu’on ait fini de l’enrouler complètement. On s’était même fait assez peur un fois en doublant basse Spinneg (devant le Guilvinnec). Du coup, on l’avait regréé en chaussette et depuis il n’a jamais posé de problème (à part Domi faisant des nœuds avec le bout de la chaussette en le hissant ou en l’affalant autour du radar…). Mais dans les vent très variables de la région avoir une voile de portant à poste que l’on puisse très vite enrouler ou dérouler en fonction des caprices d’Éole nous semblait intéressant. En réfléchissant nous nous sommes dits que le problème venait peut être de la drisse simple qui pouvait tourner sur elle même et provoquer le déroulement intempestif. On a donc simulé une drisse mouflée à l’aide des deux drisses ce qui a aussi l’avantage de bien positionner la voile enroulée devant l’étais et non plus sur le côté (Rêve à Deux dispose d’une drisse de spi de chaque côté du mat, suivant l’amure on utilise l’une ou l’autre), ce qui pourrait aussi contribuer à améliorer l’enroulement. Il a fallu en suite repasser le câble anti torsion en se servant du nerf de bord d’attaque comme d’un messager (ce qui n’est pas une opération des plus simple à faire dans le carré mais vu ce qu’il tombe dehors pas question de sortir) refaire les transfilages, épisser le bout de manœuvre de la galette et ranger le tout dans son sac en vue d’un envoi classique (l’enroulement ne peut se faire qu’une fois hissé à poste). On essayera un de ces jours par vent faible…
Nous avons quitté nos amis de Folligou lundi matin pour aller chercher du réseau plus près de Russell (ce soir c’est le rendez vous Skype bi-hebdomadaire avec mamy il nous faut une bonne bande passante). Il fait un temps superbe et nous avons mouillés en fin de matinée à Opunga Cove. La couverture 4G est bonne et l’endroit est super bien abrité et en plus très joli. On aura pas besoin d’aller jusqu’à Russell, on sera beaucoup plus tranquille, ici nous sommes 2 bateaux au mouillage. Après-midi à terre, nous allons à Assassination Cove toute proche pour ramasser des coques sur la grève et marcher un peu sur le chemin qui mène à la route. Retour au bateau et nuit paisible dans ce mouillage parfaitement abrité.
Au levé du jour un petit bruit me réveille , je n’arrive pas à l’identifier pourtant il n’y a pas de vent dans cette baie où nous sommes mouillés . Nous sommes trop loin de la rive pour entendre le bruit des animaux des bois, ce n’est pas non plus l’habituel clapotis des vagues sur la voute arrière. C’est dans l’eau que cela ce passe? pas forcément, mais à l’arrière c’est sûr. On dirait presque qu’il y quelqu’un qui essaie de monter à bord. Finalement, n’y tenant plus, je me lève, il faut que je sache ce que c’est . Le soleil n’est pas encore levé mais comme il fait beau, il fait déjà jour. Et là je découvre, tout contre la coque de Rêve à Deux, une otarie qui fait ses ablutions.
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Et que je tourne et me retourne en me grattant le ventre. J’appelle Domi qui sort précipitamment du lit et vient me rejoindre sur le pont en pyjama: ce n’est pas tous les jours qu’une otarie vient nous rendre visite! On ne pensait pas qu’elles remontaient si haut dans l’île du nord. Celle-ci est manifestement bien habituée aux humains, elle n’a pas peur du tout et nous regarde sans aucune crainte avec ses grand yeux ronds sans pupilles de chat battu.
C’est très drôle de la voir se gratter sous les nageoires antérieures, entre les nageoires postérieures et derrière les oreilles tout à fait comme un chat ou un chien le ferait (il y a-t-il des puces aquatiques?). Au bout de quelques instants elle décide que ce serait plus facile à faire au sec et ni une ni deux, grimpe sur l’arrière du bateau avec une telle facilité que nous éclatons de rire.
Comme ses cousins les phoques et autres lions de mer que nous avions rencontrés au sud du continent Américain, elle pue et le mot n’est pas trop fort. Mais comme nous pensions que c’était tellement rare d’avoir un tel animal à bord, nous faisons tout pour éviter de l’effrayer. Les douaniers en tournée d’inspection sur leur vedette n’en reviennent pas et en tournant autour du bateau ils nous hèlent hilares : – Have you seen the seal on your boat? (avez vous vu le phoque sur votre bateau?).
Dans l’après midi, le soleil chauffe l’arrière du bateau et maintenant l’otarie s’y est confortablement installée , elle se fait bronzer, les 4 nageoires en l’air , son pelage a doublé de volume en séchant . Le vent amène des nuages noirs et la pluie commence à tomber . Mouillée pour mouillée l’otarie se jette à l’eau et d’un coup de palme elle rejoint les abîmes d’où elle est venue (5 mètres sous le bateau c’est pas le grand bleu mais bon…). Adieux à toi bête si charmante!
Adieux? Non, pensez vous, je ne vais pas vous quitter comme çà, j’aime bien votre plage arrière, c’était une bonne idée de laisser le teck. Et une demi heure plus tard, elle est de retour (le temps pour nous de nettoyer les restes de poisson et de mollusques qu’elle avait éructé avant de partir) et s’installe placidement.
Quand on vient pour remonter l’annexe avant la nuit, elle est toujours là et on a beaucoup de mal à la convaincre de se pousser un peu pour nous laisser la place.
Elle accepte finalement d’aller à l’eau en sautant sur l’annexe. La manoeuvre à peine terminée, elle est de retour… Et le lendemain matin elle est encore là, lovée autour de la bouteille de gaz. Aucune agressivité mais aucune frayeur non plus. Elle accepte de retourner à l’eau pour nous laisser mettre l’annexe à l’eau mais reste à quelques centimètres de nous.
A peine avons nous mis le cap sur la terre, qu’elle est de retour à bord en bon toutou chien de garde. Et quand nous rentrons de notre ballade, elle ne veut même pas descendre pour nous laisser monter à bord. Il faut presque la pousser à l’eau et encore elle essaye aussitôt de remonter. Adorable mais peut-être un peu collante…
NDLR: on parle de ce nouveau passager au féminin mais c’est juste parce que nous pensons c’est une otarie, nous ne saurions nous prononcer définitivement sur son sexe. Domi prétend avoir aperçu un zizi lors des premières observations pendant ses ablutions mais le doute persiste. Elle est de petite taille et sa dentition ne semble pas correspondre à un jeune. S’il y a des spécialistes des mammifères marins parmi nos lecteurs, peut-être pourrons-t-ils nous en dire plus.
Le coup de vent d’est annoncé est bien là et dans la nuit les rafales montent à plus de 40 nœuds. Vers 1 heurs du matin, l’ancre dérape sur 25 mètres et s’arrête. Par mesure de précaution Domi reste habillé sous la véranda pour pouvoir réagir rapidement si çà continue. Au matin le vent se calme. En regardant les nouvelles locales sur internet on s’aperçoit qu’on avait choisi un bon abri. La tempête c’est abattue sur la côte accompagnée de pluies diluviennes (plus de 300 mm en quelques heures à Whangarei et arbres abattus en travers des routes dans tout le Northland) En relevant l’ancre pour aller mouiller de l’autre côté de la baie, on s’aperçoit qu’en fait on avait pas dérapé ; l’ancre s’était simplement enfoncé très profond dans la vase. Il y a 5 mètres de fond, la chaîne vient à pic à la marque des 10 mètres et le guindeau cale. Il faut bloquer la chaîne et l’arracher du fond en marche avant au moteur… Essai de ballade à terre, mais tous les débarcadères du fond de l’anse sont privés. On remouille le lendemain juste devant le yacht club (fermé pour la saison d’hiver) on peut utiliser leur ponton à annexes et aller faire un tour à terre avec Carole et Daniel sur un chemin qui n’est pas complètement privé jusqu’à l’aplomb de North Cove qui à l’air très belle et bien protégée mais encombrée de corps morts. Déjeuner tardif tous les quatre à bord .
Les prévisions pour les prochains jours ne sont pas folichonnes. Un vent d’est modéré va prévaloir encore pour quelques jours mais en milieu de semaine une bonne tempête d’ouest se profile.
Nous décidons de remonter vers Whangarei dés le lendemain samedi (18/07/2020) . On restera deux jours à Urquharts Bay, un excellent mouillage ou nous sommes déjà allés 2 fois juste à l’entrée de la rivière pour aller ensuite à Marsden Cove Marina pour laisser passer la tempête. Une fois en mer, les 30 milles qui nous séparent de Urquharts bay sont avalés rapidement. Le dimanche il fait un temps gris exécrable et nous restons à bord. Entre les averses nous réussissons tout de même à faire quelques bricoles (remplacement d’un réa de bosse de ris, brossage de la flottaison). Lundi matin le temps n’est toujours pas terrible mais les prévisions sont un peu meilleures que la veille. La matinée est déjà bien entamée mais nous décidons de tenter notre chance et d’aller marcher à terre. Nous réussissons à convaincre Carole et Daniel de nous accompagner. Nous sommes récompensés par un beau rayon de soleil et la ballade de Smugglers Cove toujours aussi belle (voir article de notre précédent passage). Déjeuner à bord de Folligou. Vous venons de terminer le repas (et l’excellent gâteau au chocolat) et nous nous préparons a regagner notre bord quand nous apercevons un catamaran bien connu entrer dans la baie. C’est Quasar le Catana de Jordan et Sophie les amis Americano Canadiens avec qui nous avions passé de bon moment à Tauranga. On est super content de les voir surtout qu’on avait pas réussi à leur dire au revoir avant de partir de Tauranga. Ils ancrent pas très loin on les invite à venir prendre un verre à bord ce soir. Ils vont mettre Quasar au sec dans un chantier à Whangarei et rentrer chez eux, lui en Floride et elle au Québec. Ils savent qu’il ne pourront pas revenir en Nouvelle Zélande avant au moins un ans à cause du Covid19 et ils sont très inquiets de laisser leur bateau pour si longtemps mais ils doivent rentrer
Mardi au lever du jour, pour profiter de l’étale et du calme nous levons l’ancre et traversons le port industriel pour entrer à Marsden Cove Marina. Nettoyage, douche et grande lessive. Le lendemain nous partageons la voiture louée par Carole pour aller faire les courses en ville à Whangarei. Les dernières remontent à 15 jours déjà, la veille de notre départ de Tauranga. La tempête annoncée sera bien ressentie sur la côte ouest mais pas trop durement de ce côté-ci.
Nous attendons tout de même vendredi matin pour reprendre notre remontée de la côte Est. Il fait un temps superbe malgré quelques grains. On jette l’ancre pour la nuit à Tutukaka. Comme le temps est beau et que nous sommes assez tôt dans l’après midi nous allons essayé notre nouveau casier à langouste avec une boîte de grosses palourdes chiliennes en guise d’appât (il parait que çà marchait pour les Centollas en Patagonie). Mais le lendemain matin le casier et vide…
L’étape de samedi nous amène par tout petit temps et mer parfaitement plate jusqu’à Wangamumu. L’éclairage du soleil hivernal est magnifique sur les falaise abrupte de l’entrée. Daniel à pêcher un petit king fish. Carole à prélevé les filets et nous donne la carcasse pour bouëter le casier. Çà à l’air beaucoup plus appétissant que les palourdes en boîte (mais bon je ne suis pas une langouste;)). Dîner à bord de Rêve à Deux et nuit paisible. Au matin nouvelle déception le casier est vide mais l’appât est partis, il aurait peut être fallu le mettre de l’autre côté et plus vers la sortie ou peut-être n’est-ce pas la bonne saison pour les crustacés. On se console par une ballade à terre. Le sentier à été détrempé par les pluies de la semaine dernière et est très glissant mais la vue sur la baie toujours aussi magnifique et beaucoup plus verte qu’en Décembre. La suite du programme du jour est d’atteindre la baie des îles. Le grand spi nous tire doucement dans des risées évanescentes jusqu’au cap Brett. La mer étant parfaitement plate, nous passons au raz du cap entre la terre et l’îlot qui le déborde. Passé le cap nous re-découvront cette magnifique Baie des Îles que nous avions tant aimé lors de notre arrivée ici il y a maintenant déjà 9 mois. A l’approche des îles le vent se lève enfin et c’est en tirant des bords que nous arrivons à Waiwhapuku bay entre les îles de Moturua et Motukiekie. Dîner à bord de Folligou. Une perturbation descend vers la mer de Tasman et va nous apporter de l’est et du nord est pour une bonne dizaine de jours avec quelques journées pluvieuses et très ventées, agrémentées d’une mer d’est forte. On va donc devoir rester à l’abri dans l’archipel pour pas mal de temps.
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