
Le coup de vent d’est annoncé est bien là et dans la nuit les rafales montent à plus de 40 nœuds. Vers 1 heurs du matin, l’ancre dérape sur 25 mètres et s’arrête. Par mesure de précaution Domi reste habillé sous la véranda pour pouvoir réagir rapidement si çà continue. Au matin le vent se calme. En regardant les nouvelles locales sur internet on s’aperçoit qu’on avait choisi un bon abri. La tempête c’est abattue sur la côte accompagnée de pluies diluviennes (plus de 300 mm en quelques heures à Whangarei et arbres abattus en travers des routes dans tout le Northland) En relevant l’ancre pour aller mouiller de l’autre côté de la baie, on s’aperçoit qu’en fait on avait pas dérapé ; l’ancre s’était simplement enfoncé très profond dans la vase. Il y a 5 mètres de fond, la chaîne vient à pic à la marque des 10 mètres et le guindeau cale. Il faut bloquer la chaîne et l’arracher du fond en marche avant au moteur… Essai de ballade à terre, mais tous les débarcadères du fond de l’anse sont privés. On remouille le lendemain juste devant le yacht club (fermé pour la saison d’hiver) on peut utiliser leur ponton à annexes et aller faire un tour à terre avec Carole et Daniel sur un chemin qui n’est pas complètement privé jusqu’à l’aplomb de North Cove qui à l’air très belle et bien protégée mais encombrée de corps morts. Déjeuner tardif tous les quatre à bord .


Les prévisions pour les prochains jours ne sont pas folichonnes. Un vent d’est modéré va prévaloir encore pour quelques jours mais en milieu de semaine une bonne tempête d’ouest se profile.
Nous décidons de remonter vers Whangarei dés le lendemain samedi (18/07/2020) . On restera deux jours à Urquharts Bay, un excellent mouillage ou nous sommes déjà allés 2 fois juste à l’entrée de la rivière pour aller ensuite à Marsden Cove Marina pour laisser passer la tempête. Une fois en mer, les 30 milles qui nous séparent de Urquharts bay sont avalés rapidement. Le dimanche il fait un temps gris exécrable et nous restons à bord. Entre les averses nous réussissons tout de même à faire quelques bricoles (remplacement d’un réa de bosse de ris, brossage de la flottaison). Lundi matin le temps n’est toujours pas terrible mais les prévisions sont un peu meilleures que la veille. La matinée est déjà bien entamée mais nous décidons de tenter notre chance et d’aller marcher à terre. Nous réussissons à convaincre Carole et Daniel de nous accompagner. Nous sommes récompensés par un beau rayon de soleil et la ballade de Smugglers Cove toujours aussi belle (voir article de notre précédent passage). Déjeuner à bord de Folligou. Vous venons de terminer le repas (et l’excellent gâteau au chocolat) et nous nous préparons a regagner notre bord quand nous apercevons un catamaran bien connu entrer dans la baie. C’est Quasar le Catana de Jordan et Sophie les amis Americano Canadiens avec qui nous avions passé de bon moment à Tauranga. On est super content de les voir surtout qu’on avait pas réussi à leur dire au revoir avant de partir de Tauranga. Ils ancrent pas très loin on les invite à venir prendre un verre à bord ce soir. Ils vont mettre Quasar au sec dans un chantier à Whangarei et rentrer chez eux, lui en Floride et elle au Québec. Ils savent qu’il ne pourront pas revenir en Nouvelle Zélande avant au moins un ans à cause du Covid19 et ils sont très inquiets de laisser leur bateau pour si longtemps mais ils doivent rentrer
Mardi au lever du jour, pour profiter de l’étale et du calme nous levons l’ancre et traversons le port industriel pour entrer à Marsden Cove Marina. Nettoyage, douche et grande lessive. Le lendemain nous partageons la voiture louée par Carole pour aller faire les courses en ville à Whangarei. Les dernières remontent à 15 jours déjà, la veille de notre départ de Tauranga. La tempête annoncée sera bien ressentie sur la côte ouest mais pas trop durement de ce côté-ci.
Nous attendons tout de même vendredi matin pour reprendre notre remontée de la côte Est. Il fait un temps superbe malgré quelques grains. On jette l’ancre pour la nuit à Tutukaka. Comme le temps est beau et que nous sommes assez tôt dans l’après midi nous allons essayé notre nouveau casier à langouste avec une boîte de grosses palourdes chiliennes en guise d’appât (il parait que çà marchait pour les Centollas en Patagonie). Mais le lendemain matin le casier et vide…
L’étape de samedi nous amène par tout petit temps et mer parfaitement plate jusqu’à Wangamumu. L’éclairage du soleil hivernal est magnifique sur les falaise abrupte de l’entrée. Daniel à pêcher un petit king fish. Carole à prélevé les filets et nous donne la carcasse pour bouëter le casier. Çà à l’air beaucoup plus appétissant que les palourdes en boîte (mais bon je ne suis pas une langouste;)). Dîner à bord de Rêve à Deux et nuit paisible. Au matin nouvelle déception le casier est vide mais l’appât est partis, il aurait peut être fallu le mettre de l’autre côté et plus vers la sortie ou peut-être n’est-ce pas la bonne saison pour les crustacés. On se console par une ballade à terre. Le sentier à été détrempé par les pluies de la semaine dernière et est très glissant mais la vue sur la baie toujours aussi magnifique et beaucoup plus verte qu’en Décembre. La suite du programme du jour est d’atteindre la baie des îles. Le grand spi nous tire doucement dans des risées évanescentes jusqu’au cap Brett. La mer étant parfaitement plate, nous passons au raz du cap entre la terre et l’îlot qui le déborde. Passé le cap nous re-découvront cette magnifique Baie des Îles que nous avions tant aimé lors de notre arrivée ici il y a maintenant déjà 9 mois. A l’approche des îles le vent se lève enfin et c’est en tirant des bords que nous arrivons à Waiwhapuku bay entre les îles de Moturua et Motukiekie. Dîner à bord de Folligou. Une perturbation descend vers la mer de Tasman et va nous apporter de l’est et du nord est pour une bonne dizaine de jours avec quelques journées pluvieuses et très ventées, agrémentées d’une mer d’est forte. On va donc devoir rester à l’abri dans l’archipel pour pas mal de temps.
A suivre…
























Ce n’est pas les itinéraires de promenade qui manque à Tauranga. Aprés plus de 4 mois nous en découvrons toujours. Un temps franchement exécrable est prévu pour les 5 prochains jours mais aujourd’hui il fait encore assez beau. Nous en avons profiter pour faire le tour de la baie de Waipu qui sépare la ville de l’aéroport . Chevauchant (piétinant?) nos scooter (ici c’est comme çà qu’ils appellent les trottinettes) et équipés de nos casques (indispensable surtout pour moi qui n’arrête pas de me prendre des gadins) nous avons pris le pont vers la ville , avons suivi la rivière à travers les jardins (jusque là nous connaissions par cœur cette ballade).
Ensuite nous sommes monté sur le pont de chemin de fer pour retraverser l’estuaire, rassurez-vous nous n’étions pas sur la voie, le pont est doublé d’une passerelle pour piétons .
Le petit chemin n’est emprunté que par des cyclistes et des piétons et il débouche dans le quartier Maoris de Matapihi. C’est un havre de calme et de verdure coincé entre la ville , le golf , l’autoroute, la voie ferrée et l’aéroport, où part quelques pavillons modeste il y a surtout des vergers d’oliviers, d’orangers, de citronniers, de kiwis et des petites fermes où paissent des vaches et des chevaux .

Nous débouchons sur Bayfair le grand shopping mall du coin qui ressemble à se méprendre à tous les shopping mall de toutes les grandes villes du monde . Nous le traversons sans conviction pour rejoindre la plage de Monganui qui doit faire une vingtaine de kilomètres .


Nous sommes à 6 kilomètres de la station balnéaire et nous en faisons la moitié à pieds (je me suis déchaussée pour goûter l’eau: brrrr elle n’est vraiment pas chaude) sur la plage et l’autre en scooter qui est beaucoup plus rapide .
Nous allons jusqu’au pied du fameux mont dont la station balnéaire tire son nom (Mount Mauganui) et rejoignions l’autre côté , côté rivière. Petite collation de fish and chips devant le port avant le retour en bus (toujours gratuit en ce moment) jusqu’à la marina . Bilan de la journée une bonne vingtaine de km en trottinette, je pense que ce soir personne n’aura besoin de nous bercer …











C’est aussi a Awakino que nous quittons définitivement la côte Ouest pour traverser l’île dans toute sa largeur. La première partie est faite de collines verdoyantes et escarpées entrecoupées de gorges. Nous pique-niquons rapidement entre 2 parcs à moutons avant de pénétrer dans la grande plaine centrale. Nous évitons Hamilton qui est la 4éme ville du pays mais bon, on ne s’attend pas à ce qu’elle vaille le détour et l’idée est de traverser rapidement pour arriver à Coromandel avant la nuit. Il fait encore jour quand nous empruntons la route côtière sinueuse qui y mène. On est récompensé par un superbe couché de soleil sur la baie et et, depuis les hauteurs, une vue magnifique sur ses îles et ses collines escarpée. Il fait nuit quand nous arrivons au village. On déniche un motel sympa juste à côté de l’église Anglicane, c’est le meilleur du voyage et en plus le moins cher. Courses rapides au 4Squares (superette) du coin pour acheter se qu’il nous manque pour le dîner.
Pour l’instant la visibilité est encore bonne et on profite du rayon de soleil pour admirer ce paysage superbe de montagnes boisées et de plages de sable blanc. Plus nous approchons et plus le temps se couvre et c’est avec le parapluie que Daniel vient nous ouvrir la porte du ponton. C’est là qu’ils sont depuis le début du confinement. Tairua est une marina minuscule, creusée dans la grève juste au pied du cône volcanique qui ferme le petit estuaire. Folligou, leur bateau est pratiquement le seul voilier au ponton. Le coin est très joli, ils n’ont pas trop souffert du confinement surtout qu’un de leur fils et sa petite famille, aussi bloqués en Nouvelle Zélande par l’épidémie, étaient venu s’installer dans une maison du village juste avant l’alerte 4. Nous passons une super journée à leur bord. L’un des principaux sujets de conversation est bien sûr: que va-t-on faire? – Attendre que l’Australie et les îles (Fidji, Nlle Calédonie) ouvrent? Ce n’est apparemment pas pour demain surtout avec les nouveaux cas de Covid19 en NZ de cette semaine. – Laisser le bateau sur un chantier et rentrer en France? Le risque de ne pas pouvoir revenir avant un an ou 2 est trop grand. – La Polynésie serait peut-être possible mais il faudrait aller jusqu’à Tahiti (l’entrée aux Australes n’est plus permise) et on risque de n’être pas bien accueillis par les locaux et les autres plaisanciers, déjà beaucoup trop nombreux, bloqués là-bas . Donc pas de solution pour l’instant. Mais en attendant pourquoi ne pas se faire un peu de navigation côtière ensemble à deux bateaux dans le coin: entre les Mercury, Great Barrier et le golfe d’Auraki il y a de quoi faire. On est à la mauvaise saison mais si la météo hivernale le permet, deux ou trois semaines en Juillet ce serait une bonne idée. Et c’est sur cette espérance que nous nous quittons. Il est 16:30 mais avec ce temps il fait déjà presque nuit. Avec les fortes rafales et la pluie torrentielle la route sinueuse jusqu’à Waihi n’est pas très facile et il est plus de 19:00 quand nous rentrons à Tauranga.
Je ne sais plus trop ou on vous a laissé avec le dernier article mais entre temps il c’est passé beaucoup de chose et pas grand-chose. Alerte niveau 4, 3, 2 et finalement 1 (pour les Kiwis le niveau 4 c’est le confinement total) depuis 2 semaines. La situation est redevenue presque normale à l’intérieur du pays qui par un bel effort collectif sous la houlette bienveillante de leur premier ministre chéri est (était…) arrivé à zéro cas de COVID 19 et a réussi a y rester pendant 3 semaines. Situation presque normale à l’intérieur en se sens qu’il n’y a pratiquement plus aucune restrictions mais par contre les frontières sont toujours fermées de chez fermé. On pourrait éventuellement se faire rapatrier en France en laissant le bateau ici mais toujours pas question de nous laisser revenir tant qu’il n’y a pas de vaccin. Pas question non plus pour les autorités de laisser partir les plaisanciers étrangers tant que les pays voisins ne sont pas en mesure de confirmer qu’il peuvent les accueillir sans problème. La bulle avec l’Australie est toujours en discussion entre les gouvernements mais au lieu d’une ouverture possible en Septembre on parle maintenant plutôt de début 2021. De ce côté là on est donc toujours au même point que le 25 mars: que faire?
La descente a été repeinte en myrtille et lavande.
Les velcros maintenant les coussins du carré ont été remplacés par de bonne vieille planchette anti-rouli.
Les rideaux des hublots ainsi que les abat-jours des lampes (toutes maintenant à LED consommation électrique oblige) on été remplacé par des nouveaux au motifs carbone aramide du plus bel effet (recyclage de l’ancienne grand voile – c’est bon pour la planète). Le corian qui recouvre les meubles de cuisine était fendu à plusieurs endroits, nous l’avons réparé.
Le plafond du roof et la cuisine on été re-mastiqué et repeint ainsi que les plinthes. Nous n’avons pas chômé mais çà valait le coup, nous sommes très content du résultat:). Rêve à Deux et comme neuf!
Le lockdown (confinement NDLR) est enfin assoupli, et nous sommes passés au niveau 2. En Nouvelle Zélande, il n’y a pratiquement plus de cas actifs de covid19 et plus de nouveau cas depuis une semaine. Pour autant le pays n’a pas relâché totalement la bride ni ouvert ses frontières et reste très vigilant en pratiquant notamment des tests systématiques de recherche du virus sur des échantillons très large de la population afin de détecter rapidement toute nouvelle contamination éventuelle . Les magasins pour la plupart ont eu l’autorisation d’ouvrir en appliquant des mesures d’hygiène et de distanciation. Les dentistes, ophtalmos, kinés et autres professions paramédicales peuvent elles aussi recommencer à pratiquer presque normalement, j’ai ainsi pu aller me faire réparer une dent. La navigation à voile est autorisée autour des deux îles. Le restaurants de la marina à ré ouvert et le port tout doucement s’anime. Les pêcheurs à la ligne sont de retour sur la jetée, ainsi que les mouettes qui vont avec. Le week-end, les plaisanciers sont à nouveau de sortie. Les transports publics ré-fonctionnent normalement (en niveau 4 et 3 ils étaient réservés aux travailleurs essentiels),maintenant ils sont complètement gratuits, il faut juste se désinfecter les mains en montant mais le gel hydro-alcoolique est fourni… Cet après-midi on en a profité pour aller à la plage de Mount Maunganui, il faisait un temps absolument superbe même si le fond de l’air était un peu frais . 



Ce matin, 28 avril la Nouvelle Zélande se réveille en niveau 3: les entreprises peuvent redémarrer pourvu qu’elle respectent les règles d’hygiène imposée et qu’il n’y est pas de contact avec le public. Mais elles se sont organisées, un coup de téléphone un paiement par carte de crédit et on peut venir retirer ses achats. C’est ce que nous avons fait ce matin pour la peinture . Mais voilà, l’usine Altex est à 11km de la marina tout à fait à l’autre bout de la ville. 22 km aller et retour çà ne nous fait pas peur, nous voilà partis en trottinette et comme Il fait un temps paradisiaque c’est une ballade très agréable. Nous passons par la ville en longeant le bord de mer et en traversant des jardins publics où les gens profitent du soleil pour la première fois depuis un mois (tous les parcs était interdits pendant le confinement niveau 4). Mais personne n’a oublié les consignes et la crainte de ce virus qui empoisonne la terre est toujours bien présente. Partout, que se soit en ville, au parc ou sur la piste cyclable, la règle de distance sociale minimum des deux mètres est scrupuleusement respectée et les gens s’écartent spontanément. Dans les magasins les pulvérisateurs de désinfectant sont à disposition pour les chariots, le masque et les gants toujours de mise. Partis à 13 heures, il est plus de 17 heures quand nous revenons au bateau avec notre peinture ainsi que du pain et du poisson pour ce soir.
Un essai rapide sur un bout de papier nous montre que la couleur semble bonne. Du beau temps est annoncé pour le restant de la semaine on va pouvoir s’y mettre dès demain matin. Pour l’antidérapant, il faudra attendre encore un peu. Domi a envoyé une demande au distributeur local du fabriquant Australien d’une peinture souple chargée en particules de caoutchouc mais il n’a pas encore de nouvelle. Si on arrive pas a en avoir, on se contentera d’un système classique avec des micro-billes qu’on ira chercher chez Altex ou on doit de toute façon retourner car on leur a commandé aussi du bleu « sur mesure » à la couleur de la coque.
Coucou,
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