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Une année difficile pour tout le monde se termine, épidémie, vaccination et restrictions en tous genres. Mais on s’est adapté, on a pu continuer à naviguer et à voire de nouveaux horizons. Plus de 10 000 milles parcourus, 4 pays visités et des dizaines d’îles toutes plus paradisiaques les unes que les autres explorées et surtout des rencontres inoubliables et de nouveaux amis très chers. A vous tous, fidèles lecteurs ou nouveaux venus sur ce blog, nous vous souhaitons un joyeux Noël et une très très Bonne Année 2022

Un village heureux au cœur de la ville de Sorong

Les spécialistes informatiques de l’immigration auraient enfin résolu le « bug » qui affectait la saisie de nos passeports dans leur système. Nous avons rendez-vous mardi matin. A 09:00 nous remettons nos passeport à l’officier qui nous demande de patienter. Nous resterons sagement assis dans le hall climatisé toute la matinée sans que rien ne se passe mais finalement à 11:30 (1/2 heure avant la fermeture du bureau pour la pose déjeuner) le fonctionnaire réussi enfin à scanner tous les éléments de notre dossier et nous remet le bordereau pour payer les visas. Maintenant il nous faut aller à la banque qui se trouve en bas de la rue pour effectuer le paiement et revenir ici à la réouverture pour faire les fameux « biométriques » (photos et empreintes digitales). La démarche à la banque s’effectue en quelques minutes et juste à côté il y a un resto sympa avec un peu plus de choix et des plats plus évolués que la dernière fois mais bien sûr c’est beaucoup plus cher que le petit bouiboui du marché: cette fois on s’en tire pour l’équivalent de 9 Euros à deux! Mais il faut vous avouer qu’en plus des plats (4) on a pris chacun un smoothie d’avocat avec du chocolat (beurk) – en fait on avait demandé un jus de mangue sans sucre – sans doute un problème de traduction…

Il n’est pas midi quand nous ressortons du restaurant. Il nous reste encore une bonne heure à tuer avant de retourner chez Courteline version indonésienne informatisée. Nous ne sommes pas très loin du quartier que j’avais repéré lors d’un précédent passage en ogek dans le coin. Nous marchons le long de l’avenue Ahmad Yani (l’atère principale de Sorong) jusqu’au pont qui enjambe une rivière. L’avenue est bordée de trottoirs surélevés et de larges caniveaux remplis de déchets plastiques. Au vue des pluies torrentielles journalières on comprend facilement pourquoi: 1) ils sont si profonds, 2) pourquoi tant de plastique se retrouve à la mer. Mais si çà c’est l’avenue principale nous sommes un peu inquiets de ce que nous allons trouver dans ce quartier…

Prenez le temps de profiter de ces moments en cliquant sur les photos pour les visualiser une par une en plein écran

Mais non! au contraire, au bord de la rivière nous découvrons un village haut en couleurs, niché sur la rive et entouré d’une oasis de verdure. La mer est basse et la rivière se résume par endroit à des mares couleur café au lait où sont échouées les barques des pêcheurs qui vivent là. Il fait beau, c’est jour de lessive! Le linge suspendu aux balcons rajoute encore plus de couleur à cette ensemble déjà très bigarré en lui donnant un air à la fois joyeux et tranquille. A part quelques scooters, il n’y a pas beaucoup de passage sur la rue étroite qui longe la rivière. Elle porte d’ailleurs bien son nom: Lorong Obadiri (littéralement: le couloir Obadiri). Son étroitesse est renforcée par une digue d’un mètre vingt sensée protéger les habitations des crues que l’on devine fréquentes.

C’est les vacances de noël et les enfants ne sont pas à l’école. Ils sont tous là, jouant ensemble, libres de courir et de taper dans un ballon. En plus c’est facile, la plupart des maisons donnent directement dans la rue. Petits et grand nous accueillent avec des sourires radieux et comme toujours nous demandent de prendre des photos.

Ici on ne mendie pas , on ne trafique pas. Ce n’est sûrement pas un quartier riche, mais les habitants ont l’air heureux et semblent vivre convenablement en entretenant le peu qu’ils ont le mieux possible. Les maisons sont bien peintes, souvent même décorées avec goût, les balcons sont ornés de fleurs, les tôles des toitures ne sont pas trop rouillées et la rue est propre et manifestement balayée régulièrement.

Nous serions bien resté plus longtemps jouer avec les enfants ou essayer de parler avec les adultes malgré la barrière de la langue mais malheureusement il est déjà l’heure de retourner à l’immigration. Mais çà ne fait rien, pendant une heure, nous avons laissé derrière nous la grande ville, ses odeurs, son bruit et sa saleté pour nous retrouver hors du temps dans un quartier dont les habitants ont appris à gérer leur espace pour y vivre ensemble en harmonie.

De retour à l’immigration nous remettons notre justificatif de paiement. Peter, un navigateur solitaire britannique que nous avions rencontrés à Tampa Garam en Novembre est aussi là. Lui attend son visa qui aurait dû être près. Au bout de deux heures nous sommes appelés pour faire les photos et les empreintes. Ce sera tout pour aujourd’hui nous dit le fonctionnaire. Maintenant il faut 3 jours pour émettre nos visas et c’est là que la mauvaise nouvelle tombe: ils sont fermés pour noël Jeudi et Vendredi. Nous ne pourrons donc pas avoir nos passeports avant Mardi prochain et cerise aigre sur le gâteau déjà amer, comme ils détiennent nos passeport nous devons rester impérativement sur Sorong, pas question de partir sur Rajah Ampat ni même sur Batanta.

La perspective de passer Noël dans les eaux fangeuses du bassin de Tampa Garam au son du karaoké nous déprime très fortement. Temps pis on va partir quand même mais pour se conformer aux instructions de l’immigration on va essayer de trouver un endroit tranquille à proximité immédiate de Sorong… Course rapide à Saga pour la semaine et on saute dans un taxi jaune pour rentrer au bateau. Celui la est particulièrement délabré d’ailleurs il n’arrive pas jusqu’au bout. A la fin de la grande descente juste avant Tampa Garam on entend un grand crac! Debout sur les freins, le chauffeur arrive tant bien que mal à traverser la route et à s’immobiliser sur le bas côté: direction cassée…On fini à pied

Quelle journée!

Rires, moteur, lunettes, vaccins et visas

Nous n’avons pas encore reçu nos pièces mais l’importatrice Volvo Penta de Jakarta nous a informé Lundi (13/12/2021) qu’elle les avait enfin toutes et qu’elle allait pouvoir nous envoyer la facture et nous les expédier dès réception de notre paiement. Il va falloir donc encore attendre jusqu’à la fin de la semaine avant que Dominique puisse mettre le nez dans le moteur pour démonter et remplacer les pièces défectueuses. En attendant mes jeunes amies locales nous ont bien occupé.

Lendi ,Febby, Nita, Thia, Eno ont entrepris de m’apprendre une chanson dans leur langue , mais je ne suis pas très douée, et mes erreurs de prononciation déclenche leurs fou-rires.

On a aussi entrepris de nettoyer le bassin des déchets plastiques qu’amènent chaque marée. Muni d’une épuisette on fait le tour en annexe et on s’amuse beaucoup heureusement cette fois ci le port est relativement propre , nous avons quant même ramassé deux sacs pleins de sachets et bouteilles plastiques .

Le colis Volvo est finalement arrivé samedi au bureau, Wick nous l’apporte dimanche matin quand il vient avec Abnu le soudeur qui nous fabrique une nouvelle fixation de hale-bas pour ajuster son ébauche (en Indonésie, les gens dont la religion ne l’interdit pas, travaille le dimanche – Abnu est musulman) Tout en contrôlant d’un œil le travail sur le hale-bas, Domi ne perd pas de temps et commence le démontage. Le but est de remplacer la pompe de circulation du liquide de refroidissement, de nettoyer l’insert de l’échangeur de température et de changer le thermostat. Mais pour accéder à ces organes il faut auparavant démonter pas mal d’autres accessoires qui empêchent d’y accéder notamment les courroies, le filtre à air, le boitier relais électriques, le coude d’échappement et surtout l’alternateur supplémentaire qui est en plein dans le chemin pour sortir l’insert de l’échangeur. Evidemment l’axe d’articulation de ce foutu alternateur refuse obstinément de sortir. Domi est furieux et n’arrête pas de pester et râler mais il faudra bien faire avec, désolidarisé de ses câbles et de son tendeur il semble pouvoir s’écarter suffisamment d’un côté comme de l’autre pour ne pas gêner l’intervention. Bon il se fait tard et une nuit de sommeil calmera les esprits et tout ira mieux demain. Mais le lundi n’est pas beaucoup plus propice à la sérénité de notre chef mécanicien. Si la pompe ne pose pas de problème particulier pour être démontée, l’insert de l’échangeur est une autre paire de manches car bien sûr il est situé du côté le plus difficilement accessible du moteur, celui ou il n’y a aucune ouverture latérale. Tout doit donc se faire plié en quatre par dessus le bloc moteur en se contorsionnant pour essayer de voir où sont les vis et dans quel sens les tourner et quand on mesure 1,85m, qu’on est souple comme un verre de lampe et qu’il fait 32° sans aucune ventilation c’est pas du gâteau. Evidemment au moment crucial la clef tombe et va se perdre sous le moteur quand ce n’est pas l’écrou ou les lunettes. Inutile de vous dire que çà râle dur dur dans le fond du bateau surtout que la flasque arrière de l’échangeur refuse obstinément de se laisser démonter.

Le lendemain, nous sommes obligés d’aller en ville pour renouveler nos visas. Et oui çà fait déjà presque 2 mois que nous sommes en Indonésie! Nous avons loué une voiture avec chauffeur, il connait bien la ville et nous arrivons rapidement au bureau de l’immigration. Malheureusement, après avoir rempli tous les formulaires, le fonctionnaire nous dit qu’il faut que nous revenions un autre jour car le système ne marche pas. Nous profitons d’être en ville et d’avoir un chauffeur pour aller chez un opticien pour une nouvelle paire de lunette pour Domi, l’actuelle commençant à donner des signes de fatigue. Si vous avez besoin lunettes de vue, il est nettement plus facile de les faire en Indonésie qu’en France . Ici pas besoin de passer d’abord chez un oculiste pour obtenir une ordonnance. Le contrôle des yeux et de la vue est effectué directement dans le magasin qui dispose de tout l’équipement nécessaire et du personnel qualifié pour le faire et c’est compris dans le prix des lunettes. Nous avons dû passer en tout et pour tout une demi heure chez l’opticien et dans l’après midi on recevait un coup de téléphone nous informent que les deux paires de lunettes étaient prêtes. Deux? oui parce que vu le prix çà ne vaut vraiment pas le coup de s’en passer: on parle de quelques dizaine d’euros et pourtant, pour nous ici pas d’assurance ni de mutuelle on paye le prix fort! Vous me direz: oui mais en France elles sont sûrement de meilleure qualité. Rien n’est moins sûr et c’est peut être même l’inverse. La monture des lunettes qu’il avait fait faire aux Sables d’Olonne avant de partir s’est désagrégée au bout de six mois et le revêtement des verres a commencé à s’écailler. Remplacées sous garantie lors de notre retour en France fin 2019, elles ont fini de la même façon en à peine un an… Pour les indonésiennes, on vous tiendra au courant mais la première impression est bonne et le design très bien.

Retour au bateau Domi se remet au travail et, la pause ayant porté conseil, arrive à démonter l’insert de l’échangeur sans difficulté particulière et, fait extraordinaire, sans râler. L’astuce était de couper un morceau de 2 cm dans une clé Allen/BTR pour qu’elle puisse passer dans le peu d’espace disponible et pour pouvoir l’introduire dans une douille de clé à cliquet… ensuite, une fois les deux flasques ôtées ils suffisait d’intercaler une plaque entre la flasque arrière et l’extrémité de l’insert, remonter la flasque et serrer les 4 vis pour chasser l’insert vers l’avant. L’insert est sorti, plusieurs tubes sont obstrués par des débrits de plastique d’autres sont complètement entartrés. Il va falloir nettoyer tout celà.

Mercredi matin Domi téléphone à l’immigration qui confirme que leur système marche normalement. Cette fois-ci, pas le temps d’attendre de trouver un chauffeur nous partons donc en ogek (scooter) . Les deux pilotes qui nous ont pris en charge n’avait en fait qu’une très vague idée d’où pouvait se trouver le bureau de l’immigration. Ils sont un peu perdus et nous font faire le tour de la ville par des quartiers que nous n’avions pas encore vu, très typique, j’adore! Après quelques tergiversations, un arrêt sur un marché aux pétards (c’est bientôt noël) et quelques coups de téléphone (d’une seule main, même pas peur) ils nous déposent à bon port. Malheureusement pour nous il ne s’agissait pas d’une panne générale sur le système de l’immigration mais d’un blocage spécifique sur nos passeport… Ils nous rappellerons dès qu’ils auront résolu le problème. Tant qu’à être en ville de bonne heure pourquoi ne pas essayer de nous faire injecter notre troisième dose de vaccin contre le COVID (notre dernière injection date du mois de mai). Nous nous rendons d’abord à l’hôpital Pertamina qui est recommandé par les navigateurs. Nous somme bien accueillis. Ils nous disent qu’eux ne disposent que du vaccin SINOVAC mais que si nous allons à l’hôpital public à côté de l’aéroport, ils disposent du vaccin Moderna qui est plus compatible avec le Pfizer de nos premières injections. Et là le parcourt du combattant commence. Nous sillonnons la ville de long en large, visitant deux centres de vaccination et trois hôpitaux (dont un ouvert mais entièrement désert???) passons trois fois devant l’aéroport et deux fois au grand marché traditionnel mais sans succès. A chaque fois on nous dit la même chose allez là bas, eux ils ont du Moderna mais à chaque fois c’est du SINOVAC. Le dernier centre de vaccination est installé sur le trottoir devant l’aéroport, il est géré par la police et là, l’officier responsable est formel: vous ne trouverez pas autre chose que du SINOVAC dans toute la province de Papouasie Occidentale. Nous finissons par aller dans un petit resto près du marché où pour 1€20 boisson comprise nous mangeons chacun un plat copieux et savoureux. Notre périple urbain se termine par un passage chez l’opticien pour récupérer les lunettes et au super marché pour faire quelques courses. Nous rentrons au bateau vers seize heures, complétement cassés.

Pendant qu’il y en a un qui bosse d’autres font les guignols sur le bateau en face

Pourtant, pour Domi la journée n’est pas finie. Comme tout a été démonté et nettoyé il veut commencer à remonter. Vers 19 heures, tout est en place et la dernière vis serrée. Il ne reste plus qu’à remplir le circuit de refroidissement (on aura juste assez de liquide) et procéder aux essais. On tourne la clé de démarrage et le moteur démarre, l’eau s’écoule parfaitement par l’échappement, la pompe ne fait plus de bruit et le thermostat marche. Tout semble être rentré dans l’ordre! Il y a juste une bulle d’air dans le circuit qui une fois le moteur arrêté se purgera toute seule pendant la nuit. Une bonne chose de faite!

Entre temps Abnu a terminé la pièce pour remplacer la fixation du hale-bas sur le mât. Pour éviter le risque d’affaiblir le mât en y perçant de nouveaux trous ou en y appliquant un pièce inox, la nouvelle fixation est boulonnée sur le pied de mât et est isolée électriquement du mât par un joint plastique. Avec le moteur et le hale-bas réparés, nous sommes enfin à nouveau 100% opérationnels. Ils nous tarde de reprendre la mer et de retrouver les mouillages paradisiaques de Rajah Ampat.

Mais vendredi en milieu de journée, l’immigration a rappelé et ce n’est pas encourageant! Leur système n’accepte toujours pas nos passeports. Ils réessayerons lundi. Nous commençons à être inquiets. Nos visas expirent dans quelques jours et les vacances de Noël vont commencer aussi pour les services de l’immigration. Ils ont normalement besoin de 3 jours entre le moment où nos passeports sont enregistrés dans leur système et le moment ou on peut venir récupérer notre nouveau visa. Va-t-on devoir rester bloqué dans ce bassin pour les fêtes? Croisons les doigts et espérons que non!

C’est une manière très confortable de téléphoner à sa petite amie ( le marin de Gizmo)

En explorant la pointe de Kasuari (Sorong)

Cet après midi , Il ne fait pas trop chaud le ciel devrait rester couvert un temps idéal pour aller marcher un peu: on en a pas eu tellement l’occasion depuis que nous sommes en Indonésie. Nous décidons d’aller explorer la pointe de Kasuari, cette péninsule qui délimite l’extrémité Nord Est de la baie de Sorong à 5km de la marina.

Qui dit exploration dit tenue adéquate. Ce que Dominique traduit par chaussure de rando, chaussettes à rayures, pantacourt kaki, chapeau de brousse et bâton de marche. Comme il dit: tant qu’à passer pour des extraterrestres autant mettre le paquet! Il faut dire qu’étant les seuls occidentaux et les seuls individus de plus d’un mètre soixante, on ne passe pas inaperçu dans cet environnement typiquement Papou. Partout où nous passons, sommes salués par des « Hello Mister » de tout côté. Les gamins et même des adultes viennent spontanément vers nous et nous demandent de les prendre en photo ou de se prendre en photo avec nous. Nous nous plions bien volontiers au jeu.

Le seul moyen pour s’y rendre est la route principale en béton, étroite, truffée de nids de poules et bien sans aucun trottoir ou d’accotement sur lequel on puisse marcher facilement. Ajouter à çà un va et vient incessant de camions transportant des pierres et du gravier provenant d’une carrière à quelques kilomètres de là. Pas idéal pour la rando pédestre mais si on veut voir un peu du pays il faut bien y aller.

Heureusement en arrivant sur la pointe, nous pouvons quitter la route pour emprunter les ruelles tranquilles du village de Pantai. C’est une zone à très forte majorité Papou. Le village est très bien entretenu, les rues sont propres, bordées de fleurs, les cours sont bien balayées et les jardins ratissés, les plantes sont domestiquées dans des pots de fleurs pour les garder sous contrôle (sous ce climat le moindre bout de bois planté dans le sol se transforme rapidement en jungle) mais surtout il n’y a pas de déchets plastiques traînant partout contrairement ce qu’il se passe dans la plupart des quartiers des alentours de Sorong que nous avons pu voir jusqu’ici.

Au bout du chemin nous accédons une belle plage aménagées . C’est Panorama Beach. C’est jour de sortie pour les ados d’un lycée de la ville. Ils se sont installés pour l’après-midi. Piquenique, barbecue jeux de ballon et karaoké font partie du programme. Tout le monde à l’air de bien s’amuser

Nous sommes bien entendu tout de suite l’attraction (« Hello mister can you take a picture of us »- celles-ci parlaient un anglais acceptable) mais nous ne voulons pas les déranger trop longtemps alors qu’un match intense oppose leurs équipes sur le sable. Nous poussons jusqu’au bout de l’estacade est reprenons la route du retour pour être sûr de renter avant la nuit.

Sur la route du retour nous faisons un détour par un autre village papou construit tout au bord de la mer. L’endroit est aussi très propre sur l’aire de jeux construite pour les enfants, il y a même des poubelles de tri sélectif! Cà nous redonne un peu d’espoir: avec une bonne éducation et un minimum de discipline il est possible de vivre ensemble sans se laisser envahir par les déchets plastiques!

Partout nous sommes accueillis par le sourire radieux des habitants. La joie de vivre des enfants et leur bonheur de se faire photographier fait plaisir à voir.

Un peu plus loin, juste devant l’entrèe d’un « resort » nous croisons un conducteur d’ozek (scooter) que nous connaissons bien (voir ici) et qui pilote très prudemment (ce n’est pas le cas de tous) du coup, plutôt que de rentrer à pied, nous le laissons nous ramener à la marina chacun à notre tour.

15 jours de vacances au paradis des oiseaux

Mardi 16 novembre 2021, les pièces pour le moteur sont commandées, mais elles n’arriverons pas avant au moins 2 semaines. Nous n’allons pas rester attendre tout se temps là dans la fournaise étouffante Tampa Garam et de sa cacophonie de tamtam , d’appel du muezzin, de sermons de l’église pentecôtiste et des karaokés. Nous avons soif de nature et d’eau claire. On s’échappe donc dés que la marée nous permet de sortir de la marina, destination une petite baie tranquille du nord est de Batanta à une vingtaine de milles pour éviter d’avoir trop de route à faire et épargner le moteur et, vous allez voir, nous ne serons pas déçus.

Les grandes filles du coin sont venu saluer notre départ et se baigner dans le bassin, ici pas de maillot on se baigne tout habillé. Elles sont trop mignonnes et font de leur mieux pour communiquer avec l’anglais qu’elle ont appris à l’école, certaines se débrouillent très bien (surtout qu’avec la pandémie les occasions de pratiquer se font rare) d’autres sont limitées au traditionnel « Hello Mister! » mais c’est toujours un plaisir de les voir sourire .

Le vent nous abandonne à mi-parcours et la dernière dizaine de milles se fait au moteur sur une mer parfaitement lisse. Nous jetons notre dévolu sur Mariabio, une petite baie d’aspect tranquille et bien protégée au fond de la grande baie entourant la petite île d’ Ayemi sur la côte est de Batanta. C’est un très joli endroit, super protégé, entouré de forêt vierge avec une vue sur le large. Les habitations les plus proches sont à plus de deux milles, à part les oiseaux (il y en a beaucoup) on entend pas un bruit et cerises sur le gâteau, l’eau est claire sans aucun déchet plastique visible.

Pendant les douze jours que nous serons là nous ne verrons quasiment pas âme qui vive. Quelques locaux traversent la baie une ou deux fois par semaine pour remonter la petite rivière ou aller travailler sur leur jardin potager (une clairière déboisée de l’autre côté de la baie). Seules 2 pirogues sont venu nous voir: un homme avec son fils et deux jeunes qui voulaient troquer des noix de coco contre des cigarettes ou de la boisson (finalement on leur en a acheté 3) mais la conversation est restée très limité à cause de la barrière de la langue .

Les mangroves et la forêt entourant la baie de Mairibio sont l’habitat de milliers d’oiseaux et leur chants nous aide à retrouver le calme et la sérénité que la vie trèpidente de Sorong avait un peu ébréchée. Un cadre idéal pour des vacances bien méritées en pleine nature . Du matin au couché du soleil c’est un vrais concert de sifflement, roucoulement, jacassement et autres croassements et la nuits quand la lune apparait entre les nuages (ou réapparait après l’éclipse totale à la quelle nous aurons le privilège d’assister) le concert reprend de plus belle.

Pour explorer les alentours en respectant le calme de cette belle nature nous gonflons le canoë (réparé à Fulaga) , il fuit encore un peu mais pour les eaux plates de la baie et des mangroves çà devrait le faire.

Tous les matins nous pagayons jusquà notre petite plage située juste après la pointe qui ferme la baie. C’est une petite plage de sable blanc qui émerge même à marée haute et qui est bordée à une vingtaine de mètres du rivage par un superbe récif de corail, idéal pour le snorkeling . Nous nageons une bonne heure émerveillés par la multitude des espèces de coraux et de poissons multicolores. Nous y verrons aussi à plusieurs reprises de belles langoustes cachées sous une patate de corail dans à peine deux mètres d’eau. Sous un autre, nous verrons aussi un beau petit requins à pointes blanches en attendant sans doute le soir pour partir à la chasse. Autre particularité de cette plage privative de rêve, une bonne connexion 4G permettant à Domi de communiquer avec le monde et de suivre les commandes (pièces moteur, plaque inox pour réparer le halebas de bôme) et envois DHL (cartes de credits envoyées de France par Michel) . On arrive parfois à accrocher un peu de réseau au bateau en hissant le téléphone tout en haut du mat mais c’est souvent interrompus.

Autre but de promenade en kayak, les magroves qui bordent la baie et surtout la petite rivière qui les traverse et s’enfonce dans la jungle équatoriale. Nous croisons les doigts pour ne pas rencontrer un de ces crocodiles de mer qui sévissent parait-il dans la région et sont réputé pour avoir une bonne taille.

Nous sommes entourés de toutes sortes d’oiseaux. On les entend tout proche, parfois on en aperçoit quelques uns qui se faufilent dans la frondaisons, on entrevoit ici quelque chose qui ressemble à un pigeon , là à un perroquet, là encore un corbeau ou un merle on voit même un échassier genre héron passer au dessus des arbres oiseaux mais pas moyen d’en photographier un seul, ils sont trop rapides et le feuillage trop dense .

Nous essayons de remonter la rivière jusqu’au pied des collines ou un local nous à fait comprendre qu’on pouvait trouver de l’eau potable. Mais la rivière devient trop peu profonde pour continuer et la jungle qui la borde est tout simplement impraticable.

Non pas que l’eau douce soit un problème ici: pratiquement tous les jours un bel orage passe sur la baie et nous fournit généreusement en eau douce. Jeudi nous en avons même récolté 160 litres en une grosse demi-heure: ici pas besoin de dessalinateur. Douches, lessives, ici pas de restriction d’eau. Nous utilisons aussi cette eau tombée du ciel pour boire , elle manque sans doute un peu de minéraux mais elle est très pure et le kéfir n’a pas l’air d’en souffrir en tous cas il est délicieux et pétille comme un grand champagne. Je fais toujours mon kéfir avec une figue sèche mais mon stock renouvelé en Polynésie est épuisé et à Sorong nous n’en avons pas trouvé, par contre grâce à Noor le chauffeur de taxi nous avons trouver des dattes et pour remplacer nos pamplemousses favoris (depuis les Gambier c’est dur d’en trouver) j’utilise des clémentines citronnées locales qui font très bien l’affaire .

Les cartes de crédits sont arrivées à Sorong au début de la semaine. En allant à la plage Domi à pu téléphoner et à appris que les pièces moteur était en transit à Singapour et pourrait donc être disponibles courant de semaine prochaine. Les fruits et légumes et autres vivres frais sont épuisés et on a commencé à attaquer les conserves. Il serait donc temps de songer à rentrer sur Sorong. On se met d’accord pour un départ dimanche et continuons à nous faire plaisir dans ce petit paradis terrestre croyant disposer encore de plusieurs jours. Mais un matin après le petit déjeuné, en farfouillant dans son ordi Domi s’aperçoit tout d’un coup que nous sommes dimanche et que nous avons déjà passé 2 semaines ici. Pas le temps de se préparer psychologiquement à quitter ce qui restera l’un de nos plus beaux mouillages, c’est le jour prévu, il faut partir. Ni une ni deux nous dégonflons le canoë plions le taud de pluie roulons les tauds de Grand-voile et démarrons le moteur, relevons l’ancre et hissons les voiles pour rentrer vers la civilisation. Heureusement il y a un peu de vent et c’est sous grand spi que nous quittons Batanta.

La vie à Sorong

Que faire quand il faut attendre la fin du traitement et la confirmation de la commande des pièces moteurs pour repartir de ce bassin qu’on ne peut réellement pas qualifier de marina? : explorer la ville, ses quartiers et ses marchés par les moyens de transport locaux, plutôt que les chauffeurs privés que nous avions utilisé les fois précédentes, pour nous en faire une meilleur idée.

Nous commençons par le taxi scooter (ojek en indonésien). Au lieu de prendre la route habituelle, ils nous font passer par celle qui longe la mer et nous n’en croyons pas nos yeux, nous traversons des quartiers entièrement construits sur pilotis , malheureusement en scooter pas moyen de faire des photos . Ceci dit, les pilotes conduisent très prudemment , le siège arrière est plutôt confortable et au moins on a pas besoin de clim.

La première sortie n’est qu’un raid rapide sur les pharmacies pour trouver la quantité d’antibiotique manquante pour pouvoir finir le traitement. Après un détour par le marché au poisson ou nous marchandons un joli mérou nous rentrons à Tampa Garam en taxi collectif (minibus Suzuki jaune canari complètement ruiné) comme il passe par la mer aussi j’ai pu faire quelques photos des quartiers que nous avions aperçu à l’aller.

Les maisons sont construites sur pilotis sur le bord de mer, dans les mangroves ou au bord des cours d’eau. Pour traverser le caniveau pour aller magasin une petite passerelle en bois suffit: ce n’est pas un chantier, c’est une installation permanente, la taille de caniveaux est en rapport avec celle des précipitations.

Même chose aussi pour rentrer chez soi

Le lendemain Wick ( gérant de la marina, propriétaire d’Eon Engineering et patron d’Ayu) est venu à bord avec un technicien pour prendre des mesures pour réaliser une nouvelle fixation de halebas. Nous en profitons de son vehicule pour aller en ville, Peter un navigateur solitaire anglais qui est arrivé hier de Lombok ou il avait passé 8 semaines en quarantaine se joint à nous. Wick nous dépose au port de pêche et comme il est midi nous en profitons pour aller au restaurant du port en compagnie de Peter.

Petite parenthèse Fidjienne: Peter y a passé 12 mois avant de partir pour l’indonésie, il en a ramené un petit souvenir original: un billet de 7 dollar fidjien imprimé tout spécialement pour célébrer la médaille de leur équipe de Rugby 7 aux jeux olympiques de Tokyo. Il y en a eu très peu d’émis, les fans de rugby ce les sont arrachés (j’espère que ceux de la famille en seront jaloux.

Nous laissons Peter faire ses courses au supermarché Saga et nous nous dirigeons vers le marché local.

Les scooters peuvent ici transporter jusqu’à 4 personnes . Le 4 ième est souvent un enfant entre les cuisses de son père qui conduit . Rassurez-vous, nous nous contenterons d’un scooter avec conducteur chacun c’est plus sûr!

Le marché est aujourd’hui beaucoup plus animé que la dernière fois.

Pour finir nos courses nous allons jusqu’au marché aux poissons. Après le marchandage du mérou beaucoup de vendeurs nous reconnaissent et on est bien accueillis. Aujourd’hui, nous repartons avec un kilo de calmars bien frais.

Par contre il ne faut pas regarder à ses pieds. Sous les planches glissantes qui forment le plancher de la halle aux poissons s’entassent toute sortes de déchets et d’immondices. Il ne faut pas trop regarder non plus au alentours. Le traitement des ordures (ou son absence) est ici un problème à résoudre d’urgence.

Nous repartons en taxi collectif

Retour d’urgence vers Sorong

Comme expliqué dans l’article précédent, une petite plaie infectée nous oblige à rentrer sur Sorong pour trouver les antibiotiques prescrits par le médecin. Nous devons y être d’ici deux jours soit une bonne cinquantaine de milles par jour. Autrement dit, compte tenu des conditions générales de vent faible et du moteur que nous devons ménager (la pompe de liquide de refroidissement donne des signes de faiblesse) il va falloir faire de longues journées et profiter de chaque risée pour y arriver. Lundi matin (8/10/2021), première heure, nous levons l’ancre sous un ciel chargé.

A peine sortis du labyrinthe des îlots de Wayag nous sommes vent de travers dans 6 à 7 nœuds de vent d’est. Nous apercevons un grain venant dans notre direction mais comme il ressemble à un grain orageux ordinaire et que nous pensons passer juste devant lui nous n’y prêtons guère attention. Grave erreur! En fait il se dirige droit sur nous et il est précédé d’une rafale très violente (l’anémomètre est monté à 50 nœuds). Rêve à Deux a toute sa toile, pas le temps de réduire ou même de choquer les écoutes, il se couche immédiatement sur l’eau comme un vulgaire engin de plage qui dessale. A l’intérieur c’est l’enfer. Le petit déjeuner que Domi avait préparé (salade de fruits frais et de fromage blanc) et laissé sur le plan de travail de la cuisine en attendant qu’on le mange tout à notre aise une fois en pleine mer dans le petit temps prévu pour ce début de matinée, fait le vol plané du siècle et vient s’écraser sur le tableau électrique de la table à carte. Tout ce qui n’était pas dans un placard fermé ou bien calé à sa place traverse le carré et se retrouve par terre. Heureusement la rafale ne dure que quelques minutes, à peine le temps d’enrouler de foc, le vent est redescendu à 20 noeuds et on reprend notre route normalement, il n’y a plus qu’à nettoyer les dégâts .

Quelques minutes plus tard un grand bruit se fait entendre au niveau du pied de mât : c’est la fixation du hale-bas de bôme sur le mât qui s’est arrachée. Domi pour une fois ne s’énerve pas, nous affalons la grand-voile immédiatement et il remplace le hale-bas rigide par un palan, brélé avec du dyneema sur l’embase du mât. On peut renvoyer la toile (entre temps, le vent s’est complètement calmé) et naviguer comme avant. On verra à Sorong si on peut faire fabriquer quelque chose de plus définitif. Dans ce passage entre Wayag et Kawe le courant traversier est violent et il nous faut avancer aussi vite que possible pour éviter d’être entrainés loin de notre route.

Domi a bien mérité un peu de repos la jambe en l’air pour la faire un peu dégonfler.

Un joli oiseau de mer à tête blanche et au long bec vient se réfugier sur les panneaux solaires en attendant que la pluie cesse.

Nous passons à nouveau l’équateur toujours sans nous en rendre compte. En voyant ces bateau de pêche nous avons l’impression d’être immergés dans une de ces BD de science fiction .

Nous nous arrêtons pour la nuit à notre fameux 4G lagon que nous quittons le lendemain au levé du jour. Le vent n’est qu’un faible zéphire asthmatique mais sur cette mer lisse comme un miroir il nous pousse gentiment à trois ou quatre nœuds. Nous contournons ainsi Gam et nous présentons à la pointe sud-ouest de Mansuar. Et là, c’est l’arrêt buffet! Le vent, pourtant, est monté un peu et nous frisons les 5 nœuds au speedo, mais sur le fond, nous bougeons à peine tant le courant venant du détroit de Dampier est fort. On se maintient en position tant bien que mal en nous disant qu’avec la renverse de la marée le courant devrait s’inverser et comme c’est dans moins d’une heure on peut prendre notre mal en patience. Mais le temps passe et le courant ne se renverse pas. Il ne faiblit même pas, ce n’est pas un courant de marée, c’est une composante du courant équatorial . Finalement le vent d’ouest monte à 10 – 12 noeuds Malgré les gros nuages qui montent sur l’horizon, nous décidons d’envoyer le spi et de 5 noeuds nous passons à 7+, ce qui ne fait jamais que 3 noeuds sur le fond, mais nous passons!

Avant la tombée de la nuit, nous affalons le spi et bien nous en a pris car quelques heures plus tard l’orage gronde à nouveau et c’est sous une pluie battante que nous approchons de Sorong . A deux heures du matin nous mouillons devant le village des pêcheurs de l’île de Ram juste en face de Tampa Garam. Quelques heures de sommeil et nous sommes réveillés par le muezzin du village appelant à la prière du matin. Nous avons tout le temps de préparer le bateau et de rentrer à la marina avec la marée haute à onze heures.

A peine amarrés nous commandons un taxi pour aller à la pharmacie en ville. La pharmacie a bien l’antibiotique prescrit mais, eux aussi, seulement en quantité nécessaire pour trois jours. C’est déjà çà, le traitement de Domi ne sera pas interrompu! On trouvera le complément le lendemain dans une autre pharmacie. Nous en profitons pour dévaliser leur stock de pansements stériles et de quelques autres médicaments qui manquaient à bord.

De Sorong au parc national de Raja Hampat

C’est un grand soulagement de quitter enfin Sorong pour le parc de Rajah Hampat (çà signifie les 4 rois) qui s’étend jusqu’à 100 milles au nord .

Mais avant d’y arriver, nous faisons étape dans une baie étroite de la côte ouest de Batanta. On mouille en pleine forêt équatoriale complétement abritée de tout les vents. Les arbres des 2 rives hébergent des milliers d’oiseaux et leur chants s’élevant dans le silence de la nature est pour nous un vrais plaisir après la cacophonie urbaine de Tampa Garam. Si quelques uns de ces chants nous semblent familiers, la plupart de des cris et sifflements nous sont parfaitement inconnus,

Avant la tombée de la nuit un pêcheur est venu nous dire bonjour mais la conversation c’est limitée au langage des gestes, ils ne parlent pas un mot d’anglais et nous nous pas plus d’Indonésien.

C’est un grand bonheur de se retrouver seul dans cette nature vierge…

… ou presque

L’Indonésie est immense pays de 250 millions d’habitants ou la consommation prime encore sur la protection de l’environnement et le manque d’éducation et d’infrastructure dans ce domaine est flagrant. Les pluies torrentielles et le courants font le reste: la bouteille de soda laissée ici ou là se retrouve rapidement en mer.

Rajah Ampat c’est quelques grandes îles et des dizaines d’autres, plus petites. Partout il y a des baies abritées ou on peut ancrer en sécurité même si certaines sont très profondes. Cela permet d’avancer par petites étapes, 10 à 15 milles par jours, c’est vraiment cool. Par contre on est à l’équateur, il fait très chaud et il faut bien se protéger du soleil qui est redoutable.

Les fonds sont magnifiques très clairs et très poissoneux. Ce matin, ici à Besir, les raies mantas sont venues jouer avec nous autour du bateau

Depuis que nous avons quitté l’Océanie tropicale pour l’Asie équatoriale tout est différent y compris les gens, les bateaux de pêche , les maisons et même les courants qui ne s’inversent pas avec la marée et qui sont très mal documentés.

Nous remontons tranquillement vers le nord et nous passons l’équateur une première fois.

Escale pour la nuit au lagon « 4 G » (Pulau Mutus ainsi surnommé car c’est l’une des rares îles à disposer d’un relais) si petit au milieu de nul part mais si mignon. Il est entouré non pas de corail mais de banc de sables. Au matin alors que nous sommes encore au lit, un pêcheur vient nous réveiller pour vendre une superbe langouste: çà vaut le coup de se lever!

Un autre mouillage sympa à Minyaifun entre deux îles. Quand il n’y a pas de grains, le vent est en général plutôt faible, pour ce déhaler entre 2 îles on se contente du spi seul.

La rencontre des courants entre les îles génère par endroit des concentrations de déchets (essentiellement plastiques) et de bois flottés pouvant aller de la petite branche à l’énorme tronc d’arbre: prudence de rigueur.

Le cinquième jours nous arrivons à l’île la plus célèbre et sans doute la plus spectaculaire de cette région: Wayag

C’est un labyrinthe de pains de sucre baignant dans une eau limpide. Nous sommes dans le sanctuaire du parc, il est donc interdit de pêcher aussi pas d’autochtones, cet amas de rochers escarpés couvert de végétation semble de toute façon parfaitement inhabitable. En plus, par ces temps de COVID les touristes et les bateaux de plongée qui fréquentent normalement ces eaux sont complètement absents. Nous sommes absolument seuls dans ce décor de rêve: c’est magique!

oui mais voilà Domi c’est fait abimé un orteil il y a déjà quelques temps mais depuis deux jours sa jambe a enflée, ce n’est pas joli à voir et les soins sur la blessure ne suffisent manifestement pas. Pour savoir quoi faire et éviter que çà ne s’aggrave il appelle le Centre de consultation médicale maritime (CCMM) au CHU de Toulouse par iridium. Le verdict tombe: antibiotique à forte dose pendant sept jours! On s’y attendait Malheureusement, à bord, nous n’en avons que pour 2 jours, il nous faut donc retourner rapidement à Sorong .

Les marchés à Sorong

Un fois la quarantaine passée et tout la paperasserie administrative terminée, nous n’avions pas l’intention de ne pas passer plus de temps ici à Sorong. On s’est contenté du weekend (les autorités sanitaires nous ont relâchés comme prévu vendredi en fin d’après-midi) pour faire le ravitaillement avant de partir découvrir l’archipel de Rajah Ampat, le fameux parc national dont tout le monde parle tant. Nous reviendrons nous réapprovisionner dans un mois et nous aurons peut-être le temps de faire plus ample connaissance avec Sorong .

Nous louons une voiture avec chauffeur pour quelques heures (le prix est le même qu’une course de quelques minutes en taxi dans une ville moyenne française). Il faut courir d’un bout à l’autre de cette ville tout en longueur pour trouver un ATM qui accepte nos cartes et distribue plus de 1 million de roupies (60 euros) à la fois, acheter un téléphone pas cher (la douane nous demandait une taxe de 120 euros pour que le nôtre soit accepté sur les réseaux indonésiens) et passer aux supermarchés. Mais ce qui est vraiment intéressant ici se sont les marchés. Au premier, il n’y a pas une grande activité , nous sommes dimanche matin. C’est très bien pour nous, pas de bousculade ni stress, mais les étalages sont hauts en couleurs particulièrement ceux des légumes et du poissons.

Le deuxième marché est plus typique et c’est un vrai labyrinthe ou l’on vend absolument de tout. Contrairement à ce que nous pensions, dans ces marchés on ne semble pas marchander, les prix annoncés sont à prendre ou à laisser. Par contre on a la très nette impression que certain commerçants font des prix « spécial touristes » certes encore très abordables en regard des prix européens mais nettement plus chers que ceux proposés aux locaux.

Le point de repère pour retrouver Iki, notre chauffeur, c’est la mosquée. A Sorong trois religions principales sont présentes. Traditionnellement les Papous (nous sommes en Papouasie Occidentale) sont protestants adventistes tandis que les indonésiens venus s’établir ici sont en majorité musulmans, il y a aussi une minorité catholique. La musique est présente partout et depuis très tôt le matin jusqu’à tard dans la nuit les chants se font entendre qu’ils soient prières, karaokés ou chansons populaires et, juste où faux, tout le monde chante …

Nous passons sans transition des fruits aux vêtements et chaussures continuons par la vaisselles décorées …`

… pour finir par les couturiers

Nous compléterons nos courses en épicerie est conserves dans deux supermarchés qui ne sont pas trop mal achalandés si on ne cherche pas de produits occidentaux. Parmi les produits introuvables on notera les fruits secs, céréales petit déjeuner, biscottes ou crackers, on trouve du pain de mie mais c’est une denrée de luxe. Mais ce qui frappe surtout c’est la présence d’emballages plastiques, des rayons entiers de friandises emballées individuellement, des sacs distribués généreusement au caisse. Ceci combiné à l’absence de système de collecte des déchets: chaque quartier semble se débrouiller pour brûler ses ordures d’une façon ou d’une autre, d’éducation environnemental (les enfants de la marina était très surpris quand nous leur avons demandé de ne pas jeter les papiers des bonbons qu’on venait de leur donner par terre) et aux pluies torrentielles fréquentes fait que tout ces emballages et autres sacs plastiques se retrouve très vite à la mer. Dans le bassin de Tampa Garam nous en avons ramassé tous les jours des dizaines et en pleine mer les courants en charrient des milliers…

A la marina de TAMPA GARAM

Arrivée à la marina après une nuit ancré à l’extérieur pour attendre la marée haute

l’entrée est très étroite et il n’y a pas beaucoup d’eau même à marée haute, mais à l’intérieur c’est la protection totale! Par contre cette excellent protection veut dire aussi pas de petite brise pour rafraichir ni pour chasser les insectes..

Tous les jours après l’école les enfants du village voisin viennent prendre leur bain dans le bassin de la marina . Les plus grand s’occupent des plus petits et tous savent nager . Ils adorent parler une autre langue et nous échangeons quelques mots , ils sont vraiment plus doué que nous …

Village lacustre derrière la marina

Heureusement que nous avons un taud de soleil, la journée il fait 35° à l’ombre. Le soir nous le changeons contre le taud de pluie et très souvent l’orage nous apporte de la fraîcheur pour la nuit.

La marina était jadis entourée d’un complexe hôtelier de luxe (Tampa Garam Beach resort) mais le business a périclité. Il n’y a que la piscine et quelques bungalow qui fonctionne encore, le reste tombe en ruine et s’est transformé en un grand terrain de jeu pour les enfants.

Mais bon, l’endroit est sûr (pas de vols) et pour une quarantaine de cinq jours….