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Entrer en Nouvelle Zélande en bateau ce qu’il faut savoir

Ponton d’entrée à Opua qui n’est pas relié à la terre

La Nouvelle Zélande est sans aucun doute le paradis de la voile c’est aussi un pays très accueillant pour les navigateurs de passage. C’est aussi une étape pratique permettant de passer la saison des cyclones du Pacifique sud à l’abri tout en ayant tout ce qu’il faut sous la main pour refaire une jeunesse aux bateaux fatigués par les milliers de milles parcourus depuis votre départ d’Europe où des Etats Unis tout en faisant du tourisme dans des paysages magnifiques.

Ce qu’il faut savoir avant de mettre le cap sur le splendide pays des Kiwis : (pour plus de détails voir les liens officiels tout en bas del’article)

  1. Avant votre départ vous devez déposer une demande de NZeTA (si vous êtes ressortissant d’un pays dispensé de visa d’entrée)
  2. Choisir votre port d’entrée: Pour nos bateaux venant des îles du Pacifique c’est Opua, au fond de la Baie de Iles sur la côte Est de l’île du Nord . Mais en fonction de votre provenance vous pouvez aussi faire votre entrée dans les ports suivants (en veillant toutefois à ne pas pénétrer dans les eaux territoriales avant de pouvoir faire route directe sur le port choisi.)
    • Marsden Point (entrée de la rivière de Whangarei, île du Nord)
    • Auckland, West Haven Marina
      • Auckland, Viaduc Marina (seulement si votre modeste navire mesure plus de 22 m, mais dans ce cas, vous n’avez sans doute pas eu besoin de cet article pour savoir quoi faire : votre agent s’est déjà occupé de tout J
      • Tauranga (Bay of Plenty, île du Nord)
      • Nelson (île du Sud) pratique si vous arrivez de la mer de Tasman
    • Picton (Marlborough Sound, île du Sud)
    • Lyttleton (Christchurch, île du sud)
  3. 48 heures au plus tard avant votre arrivée vous devez envoyer votre « Advance Notice of Arrival » disponible sur le site de la douane (voir liens utiles plus bas dans l’article) par email à yachts@customs.govt.nz avec copie de l’acte de francisation ou du document d’enregistrement/immatriculation, copie des passeports de tout le monde à bord et document attestant la valeur du bateau (facture, expertise etc)
  4. A votre arrivée toute nourriture fraîche encore dans vos frigos ou paniers à légumes sera confisquée ainsi d’ailleurs que toute graines susceptibles de germer pensez y avant de partir çà évitera le gaspillage.
  5. Vous devrez aussi pouvoir prouver que votre bateau a été caréné il y a moins de 30 jours ou à défaut avoir une photo sous marine de la coque datant de quelques jours et montrant qu’elle est propre. Attention la liste des types d’antifoulings autorisés est encore plus restreinte qu’en Europe.

Toutes ces restrictions peuvent paraître comme les caprices agaçants d’une administration tatillonne (comme c’est clairement le cas dans certaines îles du Pacifique que je ne nommerais pas) mais elles servent en fait à protéger ce coin de paradis à l’écosystème unique mais très fragile (voir les documents du MPI dans les liens ci-dessous). Les points 1 et 3 permettent quant à eux à l’administration de gérer aux mieux leurs ressources : le personnel et le matériel sont concentrés à quelques endroit et grâce à votre email il savent quand et où vous arrivez.

Voici comment çà c’est passé pour nous : La procédure peut varier légèrement en fonction du nombre de bateaux arrivant en même temps et des fonctionnaires de service à ce moment là. Nous étions en tout début de saison et il n’y avait que 3 ou 4 bateaux à se présenter ce jour là.

La vedette des douanes nous a repérés grâce à notre AIS alors que nous étions encore à une dizaine de milles de l’entrée de la baie. Heureusement nous avions déjà envoyé tous nos pavillons : national (notre drapeau bleu blanc rouge), courtoisie (le drapeau Neo Zélandais) et Q(jaune). Ils nous ont contacté par VHF fort aimablement pour confirmer les informations qu’ils avaient reçues sur notre « Advance Notice of Arrival » (çà fait plaisir de voir qu’on avait pas envoyé le document pour rien) ce sont enquis de notre heure d’arrivée prévue au ponton de quarantaine de la marina et nous on souhaité la bienvenue en Nouvelle Zélande.

Le ponton de quarantaine de la marina d’Opua est en fait une partie de la digue flottante brise clapot qui protège les pontons. Il n’est pas relié à la terre et la partie réservée à la quarantaine est clairement identifiée et séparée du reste de la digue par un grillage. Il y a 1 WC mais pas d’autre commodité.  Nous sommes arrivés vers 17 heures, mais leur bureau ferme à 16:30, il nous à donc fallu attendre le lendemain matin 8 heures que les fonctionnaires reprennent leur service. Si vous arrivez  le week-end, il n’est en principe pas possible de faire les formalités, il faudra attendre le lundi matin sans quitter le ponton : prévoyez un bon bouquin et suffisamment de nourriture (c’est le moment de finir ces dernières boites de corned beef achetées au Tuamotu par ce qu’il n’y avait rien d’autre et que vous n’avez pas encore eu le courage d’ouvrir et de faire une soupe à l’oignon si par hasard il vous en reste aussi), personne ne viendra vous embêter à part le voisin qui lui aussi est coincé à son bord. Les formulaires à remplir, sont mis à disposition dans une grande caisse plastique au bout du ponton à côté des toilettes flottante cela permet de gagner pas mal de temps le lendemain matin, il y a au moins quatre pages à remplir du formulaire de la douane, 2 pages pour MPI/quarantaine et une fiche de police/immigration par personne à bord. Si vous avez une imprimante à bord vous pouvez aussi les télécharger (liens ci-dessous) les remplir sur l’ordi et les imprimer.

Le lendemain 8 heures le zodiac de l’administration arrive sur le ponton de quarantaine. Ils sont toujours au moins deux. L’un pour représenter le service de la Douane et de l’immigration (une seule et même administration comme dans de nombreux pays Anglo Saxons, c’est quand même plus simple) l’autre dépendant du ministère des industries de base (Ministry of Primary Industries : MPI) en charge de la biosécurité. Si vous êtes nombreux à arriver ce jour là, plusieurs fonctionnaires de chaque administration seront présents pour limiter votre temps d’attente.  Leur approche est très professionnelle tout en restant décontractée. Ils sont toujours très polis, presque joviaux de notre point de vue français. Le déroulement exact de l’inspection du bateau dépend beaucoup de la personne qui vient à bord et des informations qu’ils ont sur le bateau.

La partie douane/immigration a été pour nous très simple, j’avais rempli les formulaires, la fonctionnaire nous à posé quelques questions pour confirmer certains détails, à tamponné nos passeport en nous expliquant qu’on pouvait rester dans le pays 90 jours. On lui a demandé si c’était possible d’avoir tout de suite un visa jusqu’au mois de mai. Elle nous a répondu qu’il suffisait de se présenter dans n’importe quel bureau de douane avant l’expiration des 90 jours pour renouveler pour une nouvelle période. Elle nous a ensuite remis le document magique  d’importation temporaire (TIE C4G) qui nous permet d’acheter tout ce qu’on veut pour le bateau sans payer la TVA (ici GST). L’importation temporaire est valable 2 ans, après quoi le bateau devra sortir du pays ou être importé et payer la taxe sur la base de sa valeur déclarée (et éventuellement expertisée). Mais chaque fois qu’on sort du pays la période de 2 ans est reconduite sans limitation.

La partie biosécurité était un peu plus compliquée. Normalement tous les aliments frais sont confisqués : fruits, légumes, oignons, ail, viande poisson etc. – il ne nous restait que 3 pauvres gousses d’ail et 3 oignons, mais aussi tous se qui est graines, haricots, lentilles, pois chiches…il nous restait quelques œufs, qu’il nous proposé de les cuire pour pouvoir nous prendre les coquilles. Il a inspecté le contenu de nos placards et coffres mais sans vraiment aller dans le détail. Il nous a pris toutes nos poubelles sauf les bouteilles et les boîtes de conserves vides et autres emballages. Par contre nous n’avions pas de preuve officielle de carénage récent ni de photo sous marine de la coque. Il est donc retourné à terre chercher une caméra sous marine assez sophistiquée avec la quelle il est revenu inspecter notre coque. Il l’a trouvée très propre et nous en a félicité à la suite de quoi, il nous a autorisé à affaler le pavillon jaune et à quitter le ponton de quarantaine.

En regard de ce qui indiqué sur les textes officiel cette inspection peut paraître assez légère mais tout est basé sur la déclaration signée par le chef de bord/skipper (Master Declaration) s’il advenait qu’un produit alimentaire non déclaré soit trouvé à bord cela représenterai un parjure qui est ici un délit majeur. De plus nous les avons vu plusieurs fois par la suite venir avec un chien sur le ponton de quarantaine . Pas question donc de frauder, si vous avez à bord des denrées ou des produits dont vous n’êtes pas sûr de la conformité avec la réglementation il vaut mieux les déclarer ou du moins les montrer et/ou poser ouvertement la question que de laisser le fonctionnaire ou son chien les découvrir au pire le fonctionnaire les confisquera (sans autre pénalité) ou vous confirmera que vous pouvez les garder. On a entendu parler d’un équipage Français qui avait « mis de côté » un bocal de foie gras destiné au réveillon et qui l’aurait amèrement regretté…

Entre temps la fille de la marina était venue nous faire l’article et nous proposer une place de ponton. Le prix est en fonction de la taille de la place attribuée : par exemple, Rêve à Deux mesure 12,80m mais avec le bout dehors et l’arceau arrière sa longueur hors tout est en fait 13,80. Il nous faut donc un ponton de 14 m minimum. Malheureusement il n’y en a pas toujours de disponible, un ponton de 16 ou 18 vous sera donc affecté et vous devrez payer pour 16 ou 18 mètres. Le prix reste toute fois assez raisonnable par rapport à l’Europe : 26 NZ$/jours = 16 euros /jours dans notre cas (aussi hors taxe pour nous). Il y a des douches chaudes grand luxe un grand sallon avec wifi mais aussi machines à laver, chariot très commode pour emmener le matériel ou les bagages du parking au bateau , vélos et voitures à louer (plutôt cher en comparaison de beaucoup d’autres endroits dans le pays), les spécialistes des bateaux sont là et attendent le clients. Par contre la marina est très loin de tout centre urbain. Il y a bien un commerce qui fait épicerie/supérette/boulangerie au bout du port. Le pain y est bon et le choix de produit alimentaire est raisonnable (surtout pour qui arrive de Polynésie J) mais il y en a peu (on peut acheter 3 oranges mais 1 kg videra le stock) et les prix sont très chers. Comme à l’arrivée les garde-mangers et autres frigos sont vides de chez vide, il faut rapidement prévoir de pousser au moins jusqu’à Pahia à 7 km ou il y a plusieurs supermarchés un peu plus grands que la supérette du port mais c’est une station balnéaire et les prix sont encore assez chers. En plus il n’y a aucun transport en commun, le taxi est à 20 NZ$ par trajet et faire les 7 km du retour en portant les courses… (Nous n’avons pas encore essayé le stop. Le mieux est de prendre une voiture (en s’arrangeant éventuellement à plusieurs) et d’aller jusqu’à  KériKéri à 20 kilomètres ou il y a plusieurs hypermarchés et de nombreux commerces.

Les liens ci-dessous expliquent en détail les procédure officielles complètes

Pour la douane

https://www.customs.govt.nz/personal/travel-to-and-from-nz/recreational-vessels-yachts-and-small-craft/

 Pour l’immigration

Guide for Visitors Arriving by Yacht et NZeTA

et enfin pour la biosécurité/quarantaine (MPI)

https://www.mpi.govt.nz/import/border-clearance/ships-and-boats-border-clearance/yachts-and-other-recreational-vessels/

Ces informations sont aussi disponible sur Noonsite.

De Minerva en Nouvelle Zélande

Mardi 22 Octobre 2019 :

Nous arrivons à North Minerva en début d’après midi. C’est un récif isolé tout seul au milieu de l’océan (en fait 2 récifs le nord et le sud mais seul le nord à une entrée praticable) à 5 milles on ne voit rien, pourtant le temps est beau à un mille on commence à apercevoir quelques brisants (pas grand chose : il y a très peu de houle), c’est tout : nous sommes à marée haute : rien ne dépasse. Il ne faut vraiment pas le manquer ce récif: sans GPS en pleine nuit par mauvais temps ou pourrait facilement se fracasser dessus sans rien comprendre. C’est un atoll presque parfaitement circulaire avec une entrée bien dégagée et protégée des vents dominants, le lagon fait environ 3 milles de diamètre et la profondeur ne dépasse pas une vingtaine de mètres au milieu mais il faut aller très prés du bord pour trouver moins de 10m . La couronne de corail à fleur d’eau à marée haute est suffisante pour casser la houle du large et offrir un abri sûr. Le lagon pourrait contenir une centaine de bateaux et pas que des petits vu les profondeurs, il y en a paraît-il souvent une bonne trentaine attendant un créneau météo favorable pour continuer sur la Nouvelle Zélande mais aujourd’hui nous ne sommes qu’une petite dizaine éparpillée sur toute la circonférence. Pas de remous à l’intérieur, la mer est plate, transparente et chaude. Super pour un petit repos de 24 heures avant d’entamer la grande traversée.

Mercredi 23 octobre 2019 :

Après une dernière analyse météo et un ultime routage s’est confirmé : pas mal de petits airs prévus mais pas de mauvais temps en vue pour au moins les 10 prochains jours, c’est exactement ce que nous voulons. En milieu de matinée, nous levons l’ancre et partons sous une brise légère. Dans la passe nous croisons les Suédois que nous avions rencontrés à Niue, ils sont en zodiac, ils reviennent de plonger sur la barrière et ramènent des langoustes pour le repas, les veinards …

Le temps se couvre et de gros grains de pluie passent devant nous. On est entre les deux récifs, C’est le moment idéal pour la pêche et à peine suis-je descendue pour me reposer dans ma couchette qu’un énorme maï maï (dorade coryphène) vient se prendre à la ligne. La bête est de taille et très nerveuse elle part à toute vitesse de chaque côté du bateau et nous dépasse jusqu’à que la ligne la rappelle à l’ordre. Domi m’appelle, et je monte en vitesse pour l’aider à remonter la bête qui est presque aussi grande que moi. A deux nous la hissons à bord et nous la découpons tout de suite pour en faire deux bocaux et mettre le reste en filets sous vide. Nous savons qu’à l’arrivée en Nouvelle Zélande les douaniers confisquent toute la nourriture fraîche, il faudra le finir avant J. On est bon pour en manger à tous les repas, cela tombe à pic, nous n’avions pas eu le temps d’acheter aucune protéines fraîches (à part des œufs) avant de partir de Vava’u. Ce petit intermède m’a bien occupé deux bonnes heures. Du coup je range la ligne,  «c’est fini pour reste de la traversée nous avons à manger pour un régiment ! » on pratique la pêche raisonnée.

Très peu de vent dans l’après-midi et de temps en temps nous devons mettre le moteur pour continuer à avancer.

 Magnifique couché de soleil, le ciel est rouge sang sur tout l’horizon. En général çà n’annonce rien de bon et effectivement vers 4 heures du matin, le vent monte. (Décalé de quelques heures par rapport au grib). On prend alors un ris et le vent monte jusqu’à 23 nœuds mais redescend presque aussitôt à plus rien, ce n’était qu’un nuage. Le phénomène se reproduit encore deux fois dans la nuit il faut être très vigilent.

couché de soleil sur minerva

Jeudi 24 octobre 2019 :

Au matin le vent s’établit finalement à 18 à 20 mais pile dans l’axe de la route. Nous sommes maintenant au près à tirer des bords avec 1 ris dans la grand voile. Par contre à chaque virement il faut changer de bord à l’hydrogénérateur (rançon d’un bateau large). La solution la plus pratique que nous ayons trouvé est de mettre le bateau à la cape quelques instants,  le temps de faire la manip. C’est beaucoup plus facile que quand le bateau avance et très sécurisant même quand le vent est fort. Cà nous fait perdre quelques minutes mais sur un bord de 6 heures c’est pratiquement négligeable (on est pas en course). A midi le vent n’a pas changé mais la houle s’est bien levée longue et puissante et la mer s’est formée avec des creux de trois mètres, pas très confortable. Le vent nous mollit au coucher du soleil.

Vendredi 25 octobre 2019 :

Après avoir passé une nuit très calme où chaqu’un notre tour nous avons pu bien nous reposer, le vent est complètement tombé la mer est devenue miroir et nous commençons cette journée au moteur.

Ça y est! Nous avons franchi le méridien 180° (l’opposé du méridien zéro, celui qui passe à Greenwich). Depuis notre départ de France, la latitude de notre position était exprimée en degrés ouest ce sera maintenant en degrés est. Nous avons dons accompli la moitié du tour de la terre J ! Depuis que nous avons quitté l’archipel des Tonga, nos instruments nous indiquent un courant contraire allant de 1 nœud à quelque fois 2 nœuds ce qui est assez fort compte tenu que nous sommes en plein pacifique et qu’en cette saison çà devrait plutôt aller dans l’autre sens. El Nino aurait-il quelque chose avoir la dedans.

Samedi 26 octobre 2019 :

La direction du vent varie sans arrêt et il n’est pas non plus stable en force. En plus la forte houle et le courant contraire nous font beaucoup dériver, ce qui fait que notre près n’est pas très bon et on gagne péniblement sur la route mille après mille. Avec mois de 100 milles gagnés vers le but en 24 heures (150 sur le fond) c’est sûr qu’on ne va pas faire de record sur cette traversée, sans doute la plus lente depuis que nous sommes partis .

Dimanche 27 octobre 2019 :

Nous apprenons la naissance de Gustave Nous sommes très content pour Chantal qui est de nouveau arrière grand-mère. Cela nous fait drôle de suivre des naissances à distance, la vie continue ailleurs et nous ne sommes pas seul au monde.

Moteur, c’est pétole de nouveau

Lundi 28 octobre 2019 :

Il fait chaud dès le levé du jour et c’est toujours pétole. Après le petit déjeuné j’en profite pour aller me baigner et regarder sous la coque si tout va bien. Toute la journée, pas de changement.

Mardi 29 octobre 2019 :

Changement de temps, il pleut ce matin, une grosse averse rince le bateau mais il n’y a toujours pas de vent. C’est à partir de 10 heures qu’Eole daigne enfin souffler. Pendant ma sieste de l’après midi, Domi s’amuse sur mer plate avec 13 nœuds de vent a 70° de la route le bateau glisse à 8/9 nœuds . Pendant mon quart je m’amuse bien aussi mais la mer commence à se former est çà devient de moins en moins confortable.

Finalement en début de nuit, le vent refuse, nous ne faisons plus route directe, et monte d’un cran, il faut prendre un ris puis enrouler le foc pour mettre la trinquette et finalement prendre le deuxième ris. Notre cap est très à l’ouest et la mer s’est beaucoup creusée.

Mercredi 30 octobre 2019 :

Nuit agitée à bord . On avait un peu perdu l’habitude de faire du près dans 25-28 nds de vent sur une mer aussi agitée. Dominique n’a pas pu dormir dans sa couchette vampire (la couchette anti roulis du carré), il y a un bruit infernal et des mouvements trop brusques, il a été contraint de se pelotonner dans la couchette arrière, sous le vent mais un peu plus tranquille. Le bateau avance bien mais il tape assez violemment à chaque fois qu’il retombe dans le creux d’une vague plus courte que les autre. La préparation de notre petit déjeuner habituel (fruits, céréales, tartines) s’avère un peu trop sportive. Heureusement j’avais profité des calmes de la veille pour cuire une grande gamelle de riz au lait et c’était une bonne idée. Avec çà on se remplis bien l’estomac et on retrouve toute son énergie.

Le midi Domi arrive tout de même à cuire de nouveau du riz normal qu’il prépare avec des calmars en boite et des graines germées. Ce fut parfait aussi.

c’est pas la bonne photo!!! ici c’est très calme

A 16 heure nous virons de bord, c’est plus confortable, le bateau tape toujours mais passe mieux la vague et surtout nous prenons de la vitesse, nous sommes à 7 nœuds au près et c’est très bien en plus on fait pratiquement route directe sur ce bord .

La nuit n’est pas très confortable, Domi au rêveil a l’impression d’avoir la machoire décrochée avec le mouvement du bateau qui fait battre la tête sur l’oreillr et entrechoque les dents mais malgré cela il dit qu’il a bien dormi. C’est beau la voile !!!

Jeudi 31 octobre :

Plus nous approchons de l’île et plus la mer s’allonge et s’aplatit, le vent adonne aussi légèrement nous sommes maintenant à 55-60° du vent toujours de 18 -20 nds. Rêve à Deux adore çà et il accélère à 8 nds. Nous sommes à 50 milles mais nous ne la voyons toujours pas. Par contre nous commençons à voir des bateaux sur l’AIS, d’abord Deux portes conteneurs puis un voilier allemand de 50’ que nous doublons (nous rencontrerons son skipper le soir au ponton – il navigue tout seul et il dormait à ce moment là). Même les oiseaux sont au rendez-vous. Ce sont surtout des pétrels. Ils font des acrobaties sur les vagues et passent à quelques cm de notre arrière.

12h 45 Terre terre ! c’est la Nouvelle Zélande ! On aperçois enfin les falaises et les montagnes au dessus de l’horizon. La côte découpée est très découpée. Nous avons hâte d’arrivée mais nous sommes toujours au près ce qui n’est pas mal en soit car la côte maintenant nous protège et le vent faibli. La mer à l’entrée de la baie des îles est tout à fait plate. On en profite pour prendre une bonne douche, shampoing, rasage pour Domi, ranger tout le bateau, mettre les pavillons de courtoisie, quarantaine et national, et se préparer un bon repas.

Il était temps, la vedette de patrouille de la douane n’est pas loin et nous appelle à la VHF pour confirmer notre arrivée. Excellente première impression, ils sont plutôt sympa à la radio et chose étonnante pour nous ils ont déjà tous nos détails grâce à « l’advance notice of arrival » que nous avions envoyé par email avant de quitter les Tonga. C’est quand même autre chose que sur les îles…Ils nous souhaitent la bienvenue en Nlle Zélande.

Nous profitons au maximum de ce petit vent pour tirer des bords jusqu’au bout mais du coup nous arrivons juste après la fermeture des bureau (16 :30) il est donc trop tard pour dédouaner se soir. Le 50 pieds allemand que nous avions doublé cette nuit est là aussi, ainsi que deux autres qui arrivent plus tard.  Nous devront attendre sur le ponton de quarantaine (ponton sans accès à terre) jusqu’au lendemain  que les douaniers et la quarantaine viennent régulariser notre entrée.

Vendredi 1 octobre :

La douane/émigration se passe très vite, nos passeports sont tamponnés et la fonctionnaire nous donne le fameux papier jaune (admission temporaire du bateau) qui nous permettra de ne pas payer la TVA pour tout le matériel dont nous pourrions avoir besoin. La quarantaine (MPI) prend un peu plus de temps : inspection sommaire de nos réserves, les quatre oignons qui nous reste sont confisqués ainsi que les haricots secs on a pu garder les œufs mais sans leur coquilles. Comme nous ne pouvons prouver la propreté de notre carène le fonctionnaire insiste pour l’inspecter avec une caméra sous marine et nous félicite pour sa propreté (merci Copper Coat). Un dernier coup de tampon et Nous sommes admis en Nouvelle Zélande et nous pouvons abaisser notre pavillon jaune (Q=quarantaine). Il est déjà midi et prenons une place à la marina toute proche avec l’aide de la fille de marina qui nous aide à décoller du ponton avec son zodiac (il y a pas mal de courant). Nous sommes en Nouvelle Zélande pour 6 mois en attendant que la période des cyclones dans la zone tropicale du Pacifique sud soit finie. En attendant nous allons en profité pour contrôler tout le bateau et lui refaire une petite santé, rentrer à Noël pour les fêtes et profiter ensuite au maximum de ce pays magnifique.

de Niue aux Tongas

Dimanche 13 octobre :

Il est 17 heures et nous partons  avant la tombée de la nuit . Nous savons que nous allons avoir du vent entre 18 et 22 nœuds , aussi nous mettons seulement deux voiles d’avant en ciseaux . Comme nous sommes plein vent arrière, que la mer ne s’est pas améliorée depuis notre arrivée sur Niue et que nous n’avons que deux nuits à passer en mer , nous la jouons cool pour arriver au petit matin sur les Tonga. Ce bon vent va nous pousser gentiment sans forcer.

Mardi 15 Octobre :

Nous approchons de l’île de Vaa’u au petit matin comme convenu , Nous avons eu jusqu‘à 32 nœuds de vent cette nuit, aussi nous sommes content d’arriver. La passe principale est à l’est du groupe d’îles. Le temps de faire le tour, il est déjà 12 heure quand nous nous amarrons au port de Neiafu au quai de la douane à couple d’un voilier français. Quant on pense que ce tout petit pays , si pauvre , a une équipe de rugby qui a failli battre la France ? Il faut avouer que les hommes ici ne sont pas des demi portions, ils ont tous des carrures impressionnantes. La traversée du pacifique en Va’a ( les petites pirogues à balanciers Polynésiennes)ne leur faisait pas peur . Le temps n’est pas terrible et reste très perturbé.

Mercredi 16 octobre : (en fait c’est le même jour)

Nous venons d’apprendre par nos voisins que nous ne sommes plus le mardi 15 mais le mercredi 16 et oui nous avons perdu un jour en arrivant sur les Tonga. La ligne de changement de jour qui ne suit pas exactement le méridien 180° passe juste à l’est de l’archipel. C’est donc ici que  commence la journée sur Terre .

Les formalités (douane, immigration, quarantaine, environnement et santé sont expédiées assez rapidement – ils ont leur bureau juste sur le quai – en fait une table sous un hangar- seul la santé fera l’effort de venir à bord le lendemain) et il nous reste du temps pour visiter le village et faire quelques courses (grand marché au fruit/légumes sous les halles)

Le soir nous prenons l’apéritif à leur bord. Jean Pierre est Caldoche et Nadine Française, ils finissent leur tour du monde commencé il y a 17 ans. Leur rythme est en principe 6 mois en France, 6 mois en Nlle Calédonie et 6 mois sur le bateau et ainsi de suite. S’arrêtant dans chaque pays pour le visiter et y laisser le bateau pour quelques mois, voire une année complète. C’est sûr que dans ses  conditions 17 ans n’est pas de trop. L’autre voisin de quai, Peter, un Néo Zélandais nous rejoint. Il vient d’acheter son cata à Tahiti et rêve de voyager vers l’Alaska la saison prochaine, pour l’instant ils sont en route pour la Nouvelle Zélande et nous invite à venir les voir.

Jeudi 17 octobre :

Nous avons de l’eau au le chantier d’à côté pour 10 dollars . Nous en profitons pour faire une grande lessive et le nettoyage du pont . C’est l’eau de la ville mais malheureusement elle n’est pas vraiment potable (trop mauvais gout et trop de calcaire), elle n’est bonne que pour la lessive et les douches. Ici les gens boivent de l’eau de pluie filtrée ; çà ne fait rien c’est de l’eau, nous en stockons dans nos seaux pour les douches et la vaisselle des jours à venir. Il nous reste encore un réservoir plein (300l) et je pense que çà devrai largement suffire pour aller jusqu ‘à la Nouvelle Zélande.

Le soir , nous invitons les Français ( les Neo Zélandais sont partis) à prendre l’apéro. (En fait de la bière locale : le Tiki une bière sur levure (pale ale) très bonne)

Vendredi 18 octobre :

Nous avons été bouffé par les moustiques cette nuit , il est temps de partir de ce quai et de retrouver l’air de la mer. Le temps de faire un saut au marché et de revenir avec une belle langouste et quelques légumes et nous sommes en route. Nous n’allons que quelque milles plus loin, dans le fond d’une grande anse séparée par des haut fonds d’un autre bras de mer, entre les îles Utungake et Mala. L’eau y est transparente et les fonds  magnifiques et très poissonneux. Pas question de pêcher pour autant , la ciguatéra n’est peut-être pas loin, et puis c’est si beau que l’on a pas envie de détruire se monde animal . Nous avons trouvé une petite zone sableuse par quatre / cinq mètres de fond ou nous avons délicatement déposé notre ancre à l’écart de coraux. Mais à quelques mètres de là voyons déjà des petites langoustes dessous des pâtés de corail entourées de millier de poissons multicolores .

Samedi et le dimanche nous voulions bouger , mais le vent souffle à 25 nœuds et nous sommes bien, à l’abri dans notre petit paradis.

Lundi , le vent s’est calmé, il y juste ce qu’il faut pour faire de la voile peinard comme on aime. Nous partons à la découverte des îles . Nous essayons deux mouillages très beaux mais les pâtés de corail sont trop nombreux et nous avons peur  que l’ancre reste accrochée où détruise les coraux. Le troisième mouillage ( plage de l’île de Vaka’eitu) est bien mais il y a plus 15 mètres de fond aussi Domi met 60 m de chaîne pour être sûr que l’ancre accroche. Par contre c’est un  peu limite pour descendre en apnée repositionner l’ancre pour qu’elle soit bien enfoncée tout en évitant les coraux. Nous nageons au dessus du récif pour aller marcher sur la plage. Il y a une petite maison mais les habitants ne sont pas là. Nous les apercevrons plus tard. Ils étaient partis en barque chercher leurs deux petites filles à l’école sur l’île voisine.

Mardi , le temps est beau au levé du jour mais devient rapidement nuageux et cela nous donne envie de faire un peu de voile et chercher un autre mouillage . Une partie de la matinée nous la passons à glisser en tirant des bords entre les îles dans une brise évanescente, un vrais régal parsemè de quelques petites averses rafraichissantes. Nous trouvons un petit mouillage sympa au sud de l’île de Tapana, juste abrité du vent du large par le petit îlot de Tu’anukulau. A la pointe de l’île il y a petite maison à demi cachée dans la forêt avec une vue superbe sur la mer. Les fonds ici sont différents, pratiquement que du sable, très peu de corail et des centaines d’énormes étoiles de mer bleues. L’eau est cristalline, les rares pâtés de corail abritent une multitude de poissons et l’on passe un temps fou à admirer un récif de quelques mètres carrés. L’après midi nous en profitons pour faire un tour en canoé et nous allons nous balader à terre. Nous ne restons pas trop longtemps dans les sous bois, comme il a plu la nuit, nous avons peur des Nonos et des moustiques : Domi à oubliè son anti moustique à bord.

Mercredi : Le vent à soufflé cette nuit, mais nous étions bien à l’abri derrière notre petit îlot. Ce matin le vent va tourner et nous ne serons plus abrité, nous devons nous déplacer. Nous n’allons pas loin. Nous contournons simplement Tapana par l’ouest et rentrons dans cette baie pratiquement fermée pour mouiller devant cette étroite langue de terre boisée qui forme l’extrême sud de Pangaimotu. L’endroit est tellement abrité que nous décidons de mettre le récupérateur d’eau le soir avant de nous coucher. Et de fait une grosse averse en début de nuit nous permet de récupérer plus de 60 litres d’eau que nous mettrons dans le réservoir au matin.

Le mouillage est très joli, il y une dizaine de bateaux  et de l’autre côté un petit resto qui fait des paellas. Plein de petites méduses flottent autour de nous, elles ne sont pas urticante et cela ne nous empêche pas d’aller nous baigner. Nous allons aussi à terre mais nous sommes très déçu, c’est une air de pique-nique qu’utilisent les locaux le week-end et c’est sale, des canettes de bière et des papiers gras jonchent le sol, dommage ça gâche un peu le paradis .

Jeudi : L’analyse des cartes météo et des gribs du matin nous laisse entrevoir un créneaux météo favorable pour la Nouvelle Zélande dimanche soir. La douane et l’immigration ne travaillent pas le weekend il nous faut donc revenir au port (Neiafu) demain vendredi pour faire la « clearance » où sortie du territoire/dédouanement. Le temps est superbe et le retour vers Neiafu se fait entièrement à la voile. On jette l’ancre à Muihouma Point histoire de piquer une tête (superbes coraux) et de déjeuner tranquille et on repart toujours à la voile. On se fait vraiment plaisir et jusque dans le bras de mer qui abrite le port nous ne mettrons pas le moteur. Nous prenons une bouée de mouillage devant le quai des loueurs de catamarans  et au soleil couchant, en savourant une bière locale à la fraîche , nous assistons au ballet des chauve-souris arboricoles géantes (giant fruit bat) qui habitent dans les grands manguiers juste au dessus sur la rive .

Vendredi : La météo n’est pas fameuse, il y a plus de 20 nœuds de vent au mouillage, 25 ou plus annoncé plus tard dans la journée. Mais il faut aller à terre faire  nos papiers, en plus le marché est là juste à côté donc on aura pas à porter. A l’aller c’est facile, le vent est avec nous, mais au retour se sera plus difficile, il faudra pagayer dur. D’abord la douane… Hum c’est une femme qui est de service à la table sous le hangar. L’affaire se corse, contrairement au colosse débonnaire qui nous avait fait l’entrée, elle à l’air très tatillonne. Le dialogue s’emmanche mal : « Où se trouve le bateau ? » « Heu… juste là bas au mouillage ». « Non, non, je ne donne pas de clearance si le bateau n’est pas là au quai devant le bureau . . . » « Mais madame,  le vent est fort et pas bien situé, mon moteur n’est pas très puissant, on va se retrouver plaqué sur au quai, peut-être même nous ne pourrons pas repartir » « veux pas le savoir ! Le règlement dit à quai ici c’est tout ! » . Domi va payer la taxe de port dans le bureau voisin et revient remplir les quatre ou cinq pages de formulaires. On revient la voir, non c’est toujours non, le bateau doit être à quai ici. Bon il faut bien se faire une raison et nous voilà repartis , on passe devant le marché et l’on s’arrête pour acheter juste ce qu’il nous faut en frais pour une dizaine de jours de traversée : bananes , papaye, oignons , ananas , concombres et deux douzaines d’œufs . Le retour en kayak comme prévu est sportif et très humide mais l’eau, ici, est chaude  cela rafraîchit à peine. Il est 10h45 quant nous sommes de retour au bateau , nous avons encore le temps pour aller faire nos papiers avant leur pose déjeuner. Le vent souffle encore plus fort que tout à l’heure, nous verrons bien . Mais le quai officiel de la douane est pris, le marin de la vedette locale où nous voulons nous mettre à couple refuse , et le plaisancier d’à côté aussi donc pas de possibilité de se mettre là .  Par contre le ferry vient de partir son quai (juste à coté) est donc disponible au moins pour quelques heures, en plus il est pratiquement dans l’axe du vent donc normalement plus facile pour en repartir. Un plaisancier américain vient nous donner un coup de main pour prendre nos aussières. Domi saute à terre et court à la douane faire les papiers. En un quart d’heure il est de retour, tout est ok, le fonctionnaire (un autre colosse débonnaire) a juste demandé ou était le bateau « Just here alongside the warf, Sir ! » et le tout était joué, les passeports tamponnés et la clearance accordée. Par contre la mauvaise nouvelle est que comme nous avons cette fameuse clearance, nous devons quitter les îles immédiatements. Heureusement que nous avions fait les courses avant…

Bon ! Nous voilà de nouveau en route mais entre le règlement et la météo le choix et vite fait. Il y a un peu trop de vent et il est dans la mauvaise direction. Il nous faut attendre samedi midi pour un temps plus clément. Nous allons donc mouiller à l’anse Morelle que l’on voulait faire quelques jours plus tôt.  et ça tombe plutôt  bien puisqu’il est parfaitement à l’abri et que la journée et la nuit risque d’être agitée. Nous retrouvons un petit bateau que nous avions vu dans un des mouillages précédents. L’après midi on va nager, le récif est très abimé mais on voit quand même des spécimens intéressant dont un Napoléon, un énorme poisson scorpion et une drôle de cigale verte. Le soir un cata de location et un autre bateau rencontré à Niue mouillent pour la nuit. Il faut avouer que le mouillage n’est pas grand mais très abrités des vents dominants. Une petite barque vient nous voir, ici c’est payant 15 dollars sur ancre et 20 sur corps mort. Le petit gars a son badge et donne un reçu si on lui demande. Nous ne lui demandons rien, on est là incognitos, pour les autorités on devrait avoir quitté le pays (par acquis de conscience Domi a désactivé l’AIS des fois qu’ils auraient une telle technologie).

Samedi 19 Octobre 2019 :

Le matin le mouillage se vide, et nous sommes de nouveau seul avec le petit bateau. Nous prenons notre temps, le vent doit tourner à notre avantage en mollissant un peu pour se stabiliser à 15 nds. Nous en profitons pour faire une dernière plongée avant le repas et départ à midi pile. Nous passons entre les îles dont les falaises basses sont percées de magnifiques grottes. Ensuite nous longeons l’archipel ainsi protégé de la houle du large pendant au moins deux bonnes heures, la mer est belle et le vent est stable à 100° de la route. Nous naviguons ainsi toute le nuit, temps vraiment idyllique au travers.

Nous avions un temps pensé faire un arrêt à Hapai mais mis à part que nous sommes maintenant des « illégals aliens » (étrangers en situation irrégulière) nous passons à la hauteur du groupe d’île en pleine nuit.

Dimanche 20 Octobre 2019 :

Il est question aussi question de s’arrêter à Tongatapu dans un mouillage extérieur pour attendre que le créneau météo ne se précise. La météo n’arrête pas de changer depuis trois jours. Nous analysons les bulletins et cartes transmises par Michel et téléchargeons un grib pour refaire un routage. Cà semble pas trop mal, rien de catastrophique, pas de vent fort, c’est plutôt le contraire, il faudra traverser de grande zones de calme au milieu de l’anti cyclone mais sur 15 jours aucune prévoit de dépression génératrice de vent fort. Il y a même un bel anticyclone sur la mer de Tasman. Ce qui vent dire qu’on ne battra pas des record de vitesse mais on n’aura pas non plus l’épée de Damoclès d’un risque de gros mauvais temps sur les derniers jours de la traversée.  Il faut en profiter pour l’instant nous avons encore du vent favorable, nous partons avec. Donc pas d’arrêt pirate à Tongatapu. Il y a un petit atoll à 260 milles sur notre route qui a l’air sympa, on verra quant nous passerons devant.

Vers 16 heure , le vent refuse, nous nous faisons plaisir en mettant le spi, ça fait longtemps qu’il n’est pas sorti de son sac ! Malheureusement deux heures plus tard le vent tombe à moins de 5 nœuds nous obligeant à rentrer le spi qui ne porte plus. C’est au moteur appuyé des voiles que nous continuons. Vers 10 heures , le vent revient t toute la nuit sous un petit temps nous glissons entre6/8 nds vent travers.

Lundi 21 Octobre 2019 :

Toute la journée le vent reste le même, nous n’avons rien à faire qu’à surveiller les rares bateaux de pêche Chinois qui traînent par ici (nous en verrons 3 sur l’écran de l’AIS) et aussi les gros cétacés , baleines sans aucun doute. Nous apercevons de temps en temps un souffle ou une gerbe d’eau ou une queue sortir de l’eau.

Soudain, devant nous l’eau change de couleur de bleu profond, elle devient brune, Domi pense tout de suite à une remontée de fond et descend en vitesse vérifier la carte et la profondeur, non ce n’est pas cela on a 4000 mètres de fond, ensuite on pense à une nappe d’hydrocarbure, mais ça n’a pas d’odeur et çà ne semble pas gras, peut-être de la cendre de volcan sous marin, c’est très léger et dans cette région du globe, ils sont nombreux. On fait alors un prélèvement et de près çà semble organique, l’on pense plutôt à de la semence de corail. On en retrouvera à l’intérieur de Minerva (l’atoll où nous allons).

De Bora Bora à Niue

dernière vue de Bora Bora

25 septembre 2019 :

Nous avons un bon vent d’une vingtaine de nœuds, les voiles sont en ciseaux, foc tangoné et grand-voile. La mer est comme d’habitude croisée avec 2m 50 de creux. Pas moyen de mettre une ligne de pêche, nous allons trop vite et avons des pointes à 10 nœuds. Nous sommes de nouveau seul sur l’océan, pas même un oiseau pour nous accompagner . On reprend nos habitudes de quart après trois mois à terre, il faut se ré-amariner. Et même pour les manœuvres, on a un peu perdu nos repères mais petit à petit tout revient, nos réflexes aussi, chacun à sa place. Le premier jour nous allons faire 172 milles en 24 heure ce qui n’est pas mal.

Le 26 septembre 2019:  le vent faiblit et nous ne ferons que 150 milles.

Le 27 septembre2019:  identique 151 milles.

Le 28 septembre2019: le vent remonte et nous allons battre notre record 182 milles. Il nous faut absolument ralentir, nous voulons arriver sur l’île de Niue le matin au levé du jour aussi nous prenons 2 ris dans la grand-voile et trinquette.

Le lundi 30 2019:

au petit matin l’île se découpe, il y a encore beaucoup de vent mais il fait jour, après avoir passé la pointe, la mer se calme et nous sommes à l’abri du vent. Nous découvrons une île superbe, grande à peu près comme Belle-île. Pas de barrière de corail cette fois-ci et donc pas de lagon ou on peut mouiller tranquille. Les fonds tombent à pic à quelques centaines de mètres du bord. Mais le yacht club local à mis des corps morts pour s ‘amarrer et c’est bien pratique et plus sûr. En plus le corail est visible juste en dessous de la coque! De superbes plongées tuba nous attendent. Discussion à la VHF avec les autorités, ils nous donnent rendez-vous à 9:30 sur le quai de débarquement pour les formalités.(ne perdons pas de temps avec les formalités…) Nous gonflons le canoé, le quai est assez loin de notre mouillage et avec le ressac l’arrivée nous semble un peu sportive. Il faut remonter les annexes sur le quai et ils ont mis à la disposition une grue, avec le canoé pas besoin, il est si léger. Les formalités se font très vite , le matin même de notre arrivée , deux équipages sont avec nous et nous en profitons pour faire connaissance. Le Yacht Club local nous invitent le soir même à venir au club boire un verre. (là non plus ne perdons pas de temps…) Nous en profitons d’être à terre pour retirer de l’argent ici ils utilisent le dollars Néo Zélandais, (Niué est un pays indépendant – probablement le plus petit du monde – 1200 habitants – démocratie parlementaire – « librement associé » à la Nouvelle Zélande) nous devrons payer le droit de douane 80$/personne, 25 $ pour les ordures et 28 $ / jours de frais de mouillage, plus bien sure ce que nous allons dépenser pour nous.

(1$NZ = 0,55€)

Le centre ville n’est qu’un petit centre commercial formé par dix boutiques en U, un restaurant indien où nous irons dés le premier soir, après la soirée au club, pour fêter notre arrivée. Deux trois magasins de nourriture, petites épiceries où l’on trouve de tout, la banque ANZ (pas de distributeur de billet sur l’île) et deux trois autres petites boutiques de vêtements, ustensiles de cuisine, d’art. Le reste de la ville est étendu tout le long de la route qui longe la mer. On trouve ici une grande école, avec un terrain de rugby, un hôpital et un super marché à l’extérieur de la ville à côté du centre administratif où nous irons payer notre dû et faire les formalités de sortie de l’île.

peinture sur tissus pour la fête national de l’île

Nous décidons de rester quelques jours ici , Les fonds sont magnifiques et nous profitons pour nager parmi des plongeurs autour du bateau. Le troisième jour (jeudi), nous nous décidons pour un tour en vélo. Le loueur n’est pas très loin et le stop marche très bien sur les îles . Le vendredi, samedi et le dimanche l’administration seront fermé aussi, nous profitons de nos vélos pour faire les formalités de départ (clearance – ici on peut la faire plusieurs jours à l’avance) et de là nous voilà parti pour un tour de île à travers la forêt . A deux heure, nous étions de l’autre côté où un petit restaurant nous attendait pour nous servir une assiette de poisson servi avec des bananes et des tacos , face à la mer d’un côté et de l’autre à un grand écran ou on peut voir Irlande /Russie (rugby) en direct.

une baignoire rien que pour moi

Nous avons fini notre ballade par la visite des grottes de l’île qui donnent sur des piscines naturelles.

Les crampes de Domi qui ont suivi la ballade en vélo lui ont rappelé qui était temps de refaire du sport….

-Samedi, nous restons tranquille à bord pour préparer notre départ et  faire un peu de couture ( modification /réparation de la portière en tissus bleu qui ferme notre véranda par temps frais) et vérifier le gréement. Je monte Domi dans le mât et dans son inspection il trouve un « gendarme » (toron cassé) sur le bas-hauban (D1) bâbord. Rien de grave mais par sécurité on le double à l’aide d’une tresse en Dyneema de 10 mm. Dimanche  on se reposera (toute activité est interdite ce jour là sur l’île) car nous voulons partir en fin d’après midi pour les Tonga.

De Raiatea a Bora Bora

Notre avion se pose à Raiatea à 10 heures le matin du 15 septembre. Domi avait demandé à la dame du chantier de nous arranger un taxi mais manifestement ils nous ont oublié. C’est pourtant un petit aéroport et c’est peut-être pour cela que les gens s’entraident et ne nous laisse pas seul sur le parvis de l’aéroport , ils viennent vers nous et téléphone à droite et à gauche , finalement le gars de location de voiture nous trouve un taxi . Une heure plus tard, nous sommes au chantier et retrouvons Rêve à Deux bien à l’abri contre le hangar. Il nous attend et il a très bien supporté l’hivernage tropical.

Nous avons de l’énergie à revendre et malgré mon mal de dos ( sciatique qui dure depuis la France) je range et remets dans les placards la nourriture stockée dans des coffres hermétiques. Pendant ce temps là, Domi s’occupe de la coque, la ponce à la main afin de raviver le cuivre de l’antifouling, enlève tous les bouchons que nous avions mis aux passe-coques pour empêcher les cafards d’entrer. L’après midi nous le consacrons au nettoyage du pont, les oiseaux y ont laissé quelques crottes mais rien de catastrophique. En général le bateau est plutôt propre pas d’insectes ni de souris (nous avions lu plein de récits qui nous faisait craindre le pire, mais avertie, j’avais tout méticuleusement nettoyé au vinaigre et emballé.).

Épuisés mais heureux d’être là nous nous couchons et nous endormons aussitôt en retrouvant notre lit douillet.

16 septembre 2019 :

A peine debout, nous nous affairons,  c’est aujourd’hui que l’on remet le bateau à l’eau. Tout a été programmé, le temps n’est pas top mais il n’y a pas de vent et pas de houle et c’est parfait. A 10 heure le tracteur est en route et tout doucement il vient nous prendre et nous descend gentillement dans l’eau. Les plongeurs sont prêt eux aussi pour mettre les cales et enlever celle qui retiennent le bateau. Tout se fait en douceur. midi, et voilà il flotte. On s’amarre le long de la digue. Quel plaisir d’être sorti de la crasse et de la boue du chantier, surtout avec cette qui pluie n’arrange rien. Ce chantier, malgré son côté cra-cra reste un bon chantier avec des professionnels très compétents et des gens vraiment super gentils.

17 septembre 2019 :

 Nous pouvons rester une journée de plus gratuitement (compris dans le forfait) pour finir de ranger, nettoyer et faire le plein d’eau . La journée est bien occupée et le soir nous ne demandons pas notre reste et profitons d’une bonne nuit de sommeil.  Domi a eu le temps d’aller faire quelques courses en ville et de passer à la gendarmerie pour demander la sortie du territoire.

18 septembre 2019 :

Depuis ce matin , le temps est au beau et nous remettons les voiles en place et à 13 heure nous sortons enfin du petit port du chantier. Nous avons qu’une hâte c’est d’aller nous réfugier à Taha, l’île juste en face qui partage le même lagon que Raiatéa, dans un mouillage tranquille ou enfin nous allons goûter au joie de la natation dans une eau claire et chaude. C’est un mouillage un peu particulier, très bien abrité mais par 35 m de fond, heureusement c’est de la bonne vase sans coraux.

19 septembre 2019 :

Même si nous sommes en repos il nous reste toujours quelques bricoles à faire. Aujourd’hui c’est le démontage et nettoyage des toilettes. Maintenant ce n’est plus toute une affaire, c’est la quatrième fois que nous faisons cela depuis notre départ des Sables et en un rien de temps c’est fait. En prévision de la réglementation draconienne chez les Kiwis (pas de rejet à moins de 3 milles de la côte), nous voulons aussi être sûr que la cuve d’eau noire fonctionne. Mais çà c’est plus compliqué, elle n’a pas souvent été utilisée et la vanne est complètement bloquée par le tartre. Il nous reste quand même encore un peu de temps pour la lecture et la baignade avant le coucher du soleil.

20 septembre 2019 :

Après un bon bain sous une petite pluie, nous rejoignons Raiatea en traversant le bras de mer qui sépare les deux îles. Nous trouvons un corps mort libre juste en face du village et pour un pack de bière, nous pouvons y rester la nuit.

Nous allons faire les courses avant de repartir et récupérer les papiers de sortie à la gendarmerie.(eh oui! ça se fait en plusieurs étapes) Nous en profitons pour aller remplir quelques jerrycans de gasoil à la station en face du mouillage. Il fait nuit quant tout est fini et je suis contente de retrouver mon lit car mon dos me fait mal. Ici les nuits sont de 12 heures , çà laisse le temps de bien récupérer.

21 septembre 2019 :

Départ pour Bora Bora . Nous sommes heureux de retrouver la mer et d’essayer les voiles ainsi que tout le matériel remonté après l’hivernage. Salut à toi Raiatea. Nous n’avons pas eu le temps de t’admirer entièrement mais l’appel du large nous tient et il nous faut repartir si nous voulons profiter des îles Tonga avant le retour des dépressions cycloniques. Peut-être reviendrons-nous un jour va savoir . . .

La passe de sortie est magique et c’est avec beaucoup d’attention que nous la laissons derrière nous .

Il n’y a qu’une trentaine de milles qui sépare les trois îles et sans nous presser, nous arrivons vers 5 heure à l’entrée de la passe de Bora Bora .

J’ai hâte de voir cette île mythique dont la beauté à été immortalisée sur tant de posters d’agence de voyage et de guide sur la Polynésie. Petit clin d’œil à mon frère Denis qui est passé ici il y a plus de trente ans.

La passe d’entrée est large et facile et à l’abri de la houle et du vent même si la mer déferle de chaque côté. Juste avant la passe deux baleines à bosses nous souhaitent la bienvenue exécutant quelques figures avec leurs queues. Mais elles sont tout de suite accaparées par plusieurs bateaux de touristes.

Les dépliants touristiques n’ont pas menti : la couleur du lagon est bien conforme au catalogue :  bleu des mers du sud , c’est comme cela que l’on dit je crois . En tous cas c’est incomparable, ON en croit pas nos yeux tellement c’est beau. L’eau est transparente et l’on peux apercevoir le corail par plus de 10 mètres de fond. Un local sur un zodiac vient à notre rencontre pour nous proposer un corps mort que l’on accepte volontiers. Se serait dommage d’abimer un si beau fond avec notre ancre. La formule est intéressante car on peut utiliser indifféremment tous les corps morts de l’île et même changer plusieurs fois par jour si le cœur nous en dit. Le prix est très abordable et la formule à la semaine revient moins cher mais nous restons que quatre jours dans ce paradis . Enfin une initiative positive en Polynésie en plus il nous explique que pour préserver la pureté de l’eau du lagon, ils font fait de gros efforts pour l’assainissement et le traitement des eaux usées.

22 septembre 2019 :

Repos ce matin et natation autour du bateau à admirer le lagon avec ses poissons multicolores. Cette après midi, nous nous déplaçons pour le village, et allons voir l’intérieur de Bora Bora. Ma fois très décevant pour le village, la route longe la mer et pour marcher nous devons suivre le bord de la route, par contre côté courses c’est super : deux grands super-marchés bien achalandés, nous trouvons de tout et complétons nos approvisionnements pour la suite de notre voyage avec ces produits introuvables ailleurs : camemberts, yaourts nature, pain grillé etc…

23 septembre 2019 :

Nous profitons du beau  temps pour faire le tour du lagon et aller mouiller derrière un motu bien abrité de l’autre côté de l’île. Cette année l’alizé est très perturbé par El Nino et reste assez fort et imprévisible en cette saison.

Le lagon est truffé de récifs coralliens. Les passes sont étroites et le courant est assez fort par endroit. Je suis à la barre et Domi, à l’avant du bateau, m’indique où passer en faisant des grands mouvements de bras de tribord à bâbord. Parfois il s’énerve quant le bateau ne répond pas assez vite à ses ordres et que les pâtés de corail semblent remonter à la surface, l’eau est tellement claire, mais je reste de marbre et je surveille moi aussi la carte ainsi que mes deux sondeurs. En début d’après midi nous arrivons au mouillage et prenons une des dernières bouées disponibles. Il y a pas mal de monde surtout des catas de location. Le vent monte et le motu étant assez loin, nous restons nager autour du bateau. Puis repos avec un bon bouquin.

24 septembre 2019 :

Nous retournons au mouillage du village dans la matinée , il nous reste encore quelques courses avant de repartir le lendemain vers Niue. Un gros paquebot et un petit trois mats sont amarrés et attendent leur touriste pour repartir le soir même. Cela fait de l’activité dans le port et nous agitons les bras pour leur dire au revoir.

25 septembre 2019 :

11 heures , tout est amarré, sanglé , prêt pour prendre la mer. Nous quittons la splendide île de Bora Bora .

La Californie

Que vient donc faire la Californie à ce stade du voyage ? Lors de l’épisode précédent, nous étions rentrés en France via l’île de Pâques et le Pérou. Bon ! Une fois fini notre séjour au pays, il fallait bien retourner à Raiatéa et retrouver RÊVE A DEUX. Le vol soit-disant direct Paris Papeete s’arrête en fait une dizaine d’heure à Los Angeles. 10 heures à piétiner dans un aéroport bof ! Pas terrible. En cherchant un peu on s’aperçoit qu’en combinant un vol Paris San Francisco et un vol Los Angeles Papeete, le prix (ou dans notre cas le nombre de milles à utiliser pour les billets gratuits) est le même voire un peu moins. C’est l’occasion : on va partir 4 jours plus tôt et descendre par la mythique route n°1 qui longe toute la côte de San Francisco à Los Angeles. Une voiture pas chère chez Avis, 3 Air B&B, de quoi pic niquer en route et le tour est joué. En plus le temps est parfait, nous passerons 4 jours mémorable du Golden Gate à LAX. Santa Cruz, Monterey, Carmel by the sea, Santa Barbara etc, les endroits pittoresques et les paysages grandioses ne manquent pas. Nous vous laissons les découvrir en image. (cliquez sur l’image pour la voir en plein écran)

Puerto Maldonado

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Puerto Maldonado: littéralement Port Maldonné. Mais si c’est un port que diable faisons nous sur un pont de singe au-dessus  de ce qui ressemble manifestement à une forêt vierge? En fait ce n’est pas une ressemblance nous sommes toujours au Pérou mais cette fois-ci dans la jungle amazonienne de l’état péruvien de Madre de Dios (du nom de l’affluent de l’amazone qui le traverse). Puerto Maldonado en est la capitale et son nom ne vient pas du fait que c’est une ville très pauvre mais du nom de son fondateur. Mais rembobinons un peu la pellicule: dans l’article précédent nous étions encore à Cuzco…

Pour y aller nous avons décidés de prendre le bus plutôt que l’avion. Tout d’abord c’est nettement moins cher (60€ en première classe, 30€ en seconde) et c’est très confortable (bus dernier cri, sièges complètement inclinables, climatisation). Le trajet dure certes une bonne dizaine d’heures et beaucoup sont tentés de le faire de nuit mais nous avons préférés le faire de jour pour découvrir le paysage que l’on supposait grandiose (on a pas été déçus). Pendant la première moitié du voyage on monte à travers la Cordillère des Andes jusqu’à un col à 4700m (oui vous avez bien lu: nous sommes passé en bus plus haut que le sommet du Mont Blanc). La route descend ensuite vers la forêt amazonienne et en peu de temps on passe des steppes arides et gelées à la chaleur et la végétation tropicale.

L’image présentant des coqs n’était pas le menu du restaurant ou nous avons fait la pose pour déjeuner (de la soupe du poulet et de légumes pour 2€) mais la présentation des champions de combats de coqs très populaires dans la région.

Nous avions réservé à l’Amazon Paradize Ecolodge (tout un programme). Le prix était très raisonnable, l’endroit superbe et bien situé, le bungalow correct mais la nourriture laissait vraiment à désirer: que du poulet et du riz pratiquement à tous les repas et les derniers jours il n’y en avait même pas assez pour tout le monde (vous me direz çà fait plus authentique – la région étant assez pauvre)

Ici nous avons accepté les guides et ils était très compétents. Nous étions dans un petit groupe super sympa avec des jeunes allemands et un couple américano péruvien.

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On s’est promené tous les jours dans la jungle, nous avons vu beaucoup d’animaux (singes, paresseux, capibara, caïman insectes, perroquets, toucans) mais n’ayant pas amené notre matériel photo nous n’avons pu immortaliser que ceux que nous pouvions cadrer avec la tablette…

… ainsi que sur la rivière Madre de Dios et le lac Sandoval qui font partie de la réserve naturelle de Tambotpata…

Nous avons aussi visité une plantation bio/écologique qui produit entre autres choses du cacao (les gros fruits jaunes et rouges sur les photos)…

Mais ce que nous avons préféré par dessus tout se sont les ballades sur les ponts de singe au-dessus de la canopée:

Mais les meilleurs choses ont une fin, notre vol pour la France part ce soir de Lima il nous faut quitter la jungle amazonienne

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Pendant les prochaines semaines nous allons nous consacrer un peu à la famille, régler toutes les tracasseries administratives en suspend et profiter un peu de la canicule au doux pays de France. Nous rejoindrons Rêve à Deux mi-septembre et reprendrons notre périple vers l’ouest et nos articles dans ce blog

Bonne vacances à tous

Anne et Dominique

Ollantaytambo

IMG_2128lllantaytambo est une ancienne ville fortifiée Inca située entre Machu Pichu et Cuzco. L’histoire raconte que c’est ici que s’était réfugié l’Inca dans son ultime effort de résistance contre l’envahisseur espagnol et qu’il a capitulé.

La ville, presque entièrement d’époque, vit et pas seulement pour le touriste. Elle est entourée par les ruines de la forteresse mais aussi d’autres constructions dont l’accès et libre.

Nous sommes descendu chez Mama Killa un hostal calme et sympathique en plein centre (34€ la nuit en chambre double petit déjeuner compris). Nous n’irons pas voir la forteresse officielle, le prix n’est que la moitié de celui de l’entrée au Machu Pichu mais le site n’a rien à voir, nous serions déçus. On préfère se balader dans les ruelles de la ville qui sont très typiques mais sont restées authentiques avec de vrais habitants qui arrivent à vivre encore d’autre chose que du tourisme. Nous explorons aussi les ruines d’accès libre dont ce fort dont les terrasses servent toujours aux agriculteurs locaux.

Un clin d’œil à cet habitant qui a reproduit chez lui l’intérieur d’une maison rurale tel qu’on pouvait en voir au temps de l’Inca y compris son élevage de cochon d’Inde: un met particulièrement apprécié les jours de fête.

Après un tour au marché, nous reprenons la route pour Cuzco en « collectivo » (Taxi collectif c’est un mini bus Mercedes neuf, le chauffeur ne part que quand il est plein – 10€ pour 80 km couvert en un peu plus d’une heure)

Demain nous quittons les Andes pour une région beaucoup plus basse et plus chaude.

Mais çà c’est une autre histoire…

 

 

Machu Pichu

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Après une heure de mini bus nous arrivons à Ollantaytambo ou nous prenons le train pour Aguas Callentes (rebaptisé depuis peu Machu Pichu village) la base touristico-logistique au pied du site. C’est le moyen le plus pratique et le moins fatigant. Il coûte environ 70€ l’aller simple avec Inca Rail (pour 45 km en 3ème classe c’est plus cher que le TGV!) mais il existe d’autres solutions. Côté train il y a les classes supérieures sur IncaRail et le très exclusif Péru Rail tous innabordables. Évidemment si vous êtes un randonneur avertis en pleine forme physique vous pouvez toujours y aller à pied par le chemin de l’Inca (5 jours si vous choisissez de passer par le Salkantay) mais il est obligatoire d’utiliser un tour opérator et les prix sont très très élevés (de l’ordre de 500€). La version low cost est de prendre un « collectivo »  (mini bus moderne environ 20€) depuis Cuzco jusqu’à la centrale hydro-électrique de Santa Theresa et de rejoindre Machu Pichu village à pied le long de la voie ferrée (environ 3 heures).

Nous avions réservé une chambre sur place pour pouvoir profiter de la journée complète sur le site le lendemain. Aguas Callentes /Machu Pichu village est un endroit sans cachet et sans âme, à l’origine une toute petite station thermale, il a été reconstruit uniquement pour servir de plateforme logistique au site (l’un des plus visités au monde) et au sous-tirer passage  autant de dollars que possible aux touristes. Mais on arrive à se débrouiller pour dormir et manger ou pas trop cher. L’accès au sources chaudes dont le village tire son nom est hors de prix mais un peu plus bas sur la route qui mène au site il y a une ferme de papillons assez intéressante.

 

Pour le trajet du village au site 2 solutions: à pied environ une heure et demie (çà monte raide) ou en bus (billet à acheter la veille, 30€ aller et retour).

L’entrée du site est chère. Il y a plusieurs sites en ligne qui vendent des billets tous se présentent comme LE site officiel mais leur tarifs sont jusqu’à 100% plus cher que le prix réel qui est d’environ 65€. Pour éviter ces arnaques, il vaut mieux passer par le site dédié du ministère de la culture ( ici en Espagnol ou là en Anglais) ou acheter vos places aux bureaux du même ministères à Lima, Cuzco ou Aqua Callente. Si vous avez le choix, préférez le début de la saison sèche (mai, juin) il ne pleut pas et tout est encore bien vert.  A l’achat du billet vous devrez choisir la date et l’horaire de visite. Pour le site lui même il y a presque toujours des disponibilités jusqu’à quelques jours avant la date mais pour ceux qui souhaitent escalader aussi le Huayna Picchu il faut s’y prendre très longtemps à l’avance. Les visites guidées durent en principe 1 h 30. Nous n’avons pas pris de guide et nous avons passé 7 heures dans les ruines (y compris la marche jusqu’à la porte du Soleil et le pont de l’Inca) il fallait bien çà pour tout voir… Il n’y a pas de toilettes sur le site (ni de possibilité de se soulager discrètement dans la nature…) il faut donc prendre ses précautions avant d’entrer. La nourriture emballée et la boisson en canettes sont interdite mais en pratique on peut manger ce qu’on apporte pourvu qu’on le fasse discrètement et qu’on ne laisse rien trainer.

Et là on arrête de cracher dans la soupe. Le titre de merveille du monde n’est vraiment pas usurpé! Ce site est vraiment d’une beauté à coupé le souffle. On vous laisse le découvrir par vous même à travers les images ci-dessous. Le fans d’histoire et tous ceux qui veulent en savoir plus sur le Machu Pichu pourront consulter cette page.

Commençons par le chemin menant à la porte du soleil et le pont de l’Inca

Et enfin la fameuse ville Inca elle même:

Entrés vers 9 heures et demie, nous ressortons peu avant 17 heures après s’être arrêtés moins de 30 minutes pour grignoter le pain et le fromage que nous avions acheté le matin au halles avant de partir. Fourbus mais heureux d’avoir réalisé un vieux rêve nous reprenons la navette pour redescendre à Aquas Callentes et prendre le train qui va nous ramener à Ollantaytambo ou nous passerons la nuit et la journée du lendemain.

A suivre…

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Cuzco

Nous sommes arrivés à Cuzco le premier Juin après 20 heures de voyage depuis Rapa Nui dont deux changements d’avion à Santiago puis à Lima. La ville est superbe. Elle est située à 3400m d’altitude. Il nous à fallu deux bonne journée et pas mal de tisane de feuilles de coca pour nous acclimater.

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Nous avions choisi un petit hostel pas cher mais fort sympathique dans une ruelle à deux pas de la Place d’Armes. Sur le mur de la salle à manger on peut voir une intéressante citation attribuée au grand Magellan à propos de ses convictions sur la forme de la terre et ce que l’église en pensait à l’époque…

Le lendemain de notre arrivée c’était la fête de la ville, nous avons eu le droit à un défilé ou non seulement les militaires mais aussi les écoles, les universités et les associations de commerçant de la ville marchaient au pas de l’oie. C’est assez étonnant de voir jeunes femmes en mini jupes et vieux universitaires en costume sombre marcher de la sorte… Seul le grand Inca et sa suite marchaient « normalement ». Il a en plus prononcé un discours assez politique sur la grandeur du peuple Inca.

Le lendemain nous avons visité les musées, le musée Incas est vieillot et mal présenté, le musée d’art pré-colombien est superbe (il faut dire qu’il est sponsorisé par une grande banque Espagnole). Nous avons fini la journée par la visite de l’exposition d’un maître tisserand.

Le dernier jour, nous avons fait nos réservations pour la suite du voyage. Nous étions partis de Papeete avec seulement un billet pour Santiago (via l’île de Pâques). A Rapa Nui nous avions réussi à acheter une correspondance jusqu’à Cuzco, le reste du séjour au Pérou ainsi que le retour en France restaient à mettre au point et à réserver… (non, on n’est pas mal organisés: on profite des opportunités locales :))

Cette tâche accomplie  nous avons continué la visite de cette ville magnifique.

Demain nous partons pour Machu Pichu…