On vous tient au courant de Tauranga

IMG_1650620 milles sur le fond en 3 jours 18 heures, soit une moyenne d’environ 6,9 nœuds, 2 virement de bord, 3 empannages, 10 réductions de voilure et autant de largage de ris, 8 changements foc-trinquette, des vents de 5 à 38 nœuds une mer parfois très forte, c’est sûr, on a pas chômé et on s’est fait un peu secoué les deux premiers jours mais c’était une super traversée. La nuit dernière c’est déroulé dans des conditions de rêve: lune presque pleine, mer plate, vent trois quart arrière entre 10 et 24 nœuds et dauphins qui nous accompagnent (bravo Anne: tirer à terre était vraiment la bonne option!) . Et on est arrivé juste quand il fallait: à 9:45 nous embouquions le chenal, avec le courant sortant nous n’avancions pas bien vite mais on a eu tout le temps nécessaire pour préparer la bateau pour l’accostage et arriver au ponton sans stresser à 11:45, pile poil l’heure de l’étale. la marina subi en plein le courant de la rivière et au plus fort de la marée il peut il y avoir 3 nœuds de courant au ponton, ils demandent donc au plaisanciers de passage de ne faire leur manœuvres d’accostage ou de départ qu’au moment de l’étale (pas idéal mais au moins eux ils ont de la place et ils sont accueillants ce qui n’est pas le cas de toutes les marinas de la région). Si nous avions raté celle de ce matin il nous aurait fallu attendre se soir 18 heures.

IMG_1681
On est bien content d’être arrivés, on est lessivés, façon de parler parce que ces derniers jours on ne s’est pas beaucoup lavés 😅On commence donc par une bonne douche et une grande lessive, puis déjeuner au soleil (depuis hier soir il fait un temps superbe – çà fait du bien après la grisaille des derniers jours) et puis une bonne sieste pour Domi pendant que moi je continue à bricoler (toujours les mêmes 😇)
Demain on verra pour trouver une voiture, on pense rester quelques jours dans le coin et aller faire un tour du côté de Matamata, il parait qu’il y a un village de petits hommes au grands pieds à visiter… – [ ] Anne et Domi

IMG_1680

Cap Est 2 le retour

IMG_1652Nous avons passé le Cap Est à 14 heures (en fait c’est un îlot rocheux qui marque le point le plus à l’est du pays), à l’aller nous ne l’avions pas bien vu, car c’était au petit matin . Il est majestueux ce grand rocher avec ce beau rayon de soleil l’éclairant sur un fond de nuages noirs et une mer bleu sombre bien formée . Nous approchons de la côte pour entrer dans la baie de Plenty mais jusqu’au cap Runaway (baptisée ainsi par Cook car il avait du prendre la fuite, poursuivi par une tribu Maori hostile) elle est montagneuse , recouverte de forêt avec à sa base des prairies. Elle nous semble plus verdoyante que les collines de l’île du sud du côté est, dont les pâturages étaient grillés par le soleil ou même ceux de la baie de Hawkes. Depuis que nous sommes en vue de l’île du nord ,nous avons eu pas mal d’averses : aurait il plu depuis que nous sommes partis pour le sud? possible. Au passage de la pointe Midway, une colonie de dizaines de fous de bassan et de pétrels sont à la pêche au dessus d’un banc de petits poissons c’est extraordinaire de les voir tous plonger parfois de très haut et remonter avec leur proie . Le vent du sud ne nous a pas encore quitté. En longeant le rivage plutôt que de couper à travers cette grande baie (nommée Plenty = plein par Cook car il y avait trouvé du ravitaillement à profusion) pour nous protéger de cette mer forte qui nous suit depuis le sud.

IMG_1679
Demain dans la journée , nous devrions arriver à Tauranga qui n’est certes pas le plus bel endroit de la côte comme nous l’avions vu à l’aller mais la marina a de la place pour nous et on pourra y laisser le bateau quelques jours pour aller (encore) se balader.

Anne et Domi

IMG_1669IMG_1668IMG_1667IMG_1664IMG_1657

Turn again hors des quarantièmes

Le vent à molli comme prévu toute la nuit ce qui nous a permis de renvoyer progressivement toute la toile. La mer reste agitée mais un peu moins croisée. Au petit matin nous sommes par le travers du cap Turnagain. Il sort du brouillard et un rayon de soleil éclaire ses falaises blanches donnant un aspect irréel à la vision. Je ne sait pas pourquoi Cook à baptisé ce cap ainsi (littéralement: tourne encore) mais pour nous le nom est tout à fait approprié car sous les nuages le vent narrête pas de tourner obligeant Domi qui est de quart à régler sans cesse les voiles. Une fois passé les nuages le vent se stabilise à 17 noeuds et nous avançons bien. Comme le temps est plus maniable on en profite pour prendre un petit dej presque normal on dort aussi beaucoup mieux, cest plus facile que dans un shaker. A 15 heures, nous constatons que nous avons parcouru 182 milles sur les dernières 24 heures soit une moyenne de 7,8 noeuds, pas encore un record mais ce nest pas trop mal . Peu après nous franchissons le mythique 40ème parallèle de latitude sud. Il y a a peu près un an nous faisions de même de lautre côté du Pacifique en remontant le long de la côte chilienne. Il risque maintenant de se passer beaucoup plus de temps dici à la prochaine fois…
Petite appartée sur les distances: la Nouvelle Zélande est un petit pays mais ses deux îles sont disposées toute en longueur et pour aller de Akaroa/ Christchurch (moitié de lîle du sud) jusquà Tauranga notre destination ( milieu de lîle du nord) nous allons parcourir 600 milles (environ 1200km) soit à peut près la distance Dunkerque Marseille que, pour mettre le même temps que nous (4 jours) une diligence tirée par de forts chevaux devrait parcourir au grand trot sans jamais sarrêter. Finalement: le bateau à voile cest rapide et confortable.
Nous espérons apercevoir la pointe de lîle Portland avant la tombée de la nuit. Les conditions ne devraient pas trop changer dici à demain matin ce qui ne veut pas forcément dire que la nuit sera tranquille…

Montée au front (froid)

Depuis hier, le temps a changé comme prévu et un gros front froid venu du sud nous propulse vers la baie de Plenty à vive allure . Les 25 nds annoncés se sont transformés en 35/40 nds soulevant une mer croisée , la houle de nord-est bien installée (le Vent de nord est soufflait depuis une dizaine de jours) rencontrant la mer levée par le vent venant du sud. Heureusement on sy attendait et nous avons anticipé son arrivée en prenant trois ris dans la grand-voile et mis la trinquette quil nous a fallu enrouler de moitié au plus fort de la nuit juste après lempannage . Pour les repas, on a fait simple, petit déjeuné tartines riz au lait préparé avant de partir, repas de midi tartines de fromage avec des graines germées, un petit cake préparé aussi au mouillage pour le goûté et pour ce soir si le temps saméliore des pâtes au fromage. Pour ceux qui se demande pourquoi, nous, dordinaire si prudent côté météo, sommes partis sachant quil allait faire mauvais, lexplication est simple: le long de la côte est des 2 îles du pays le vent dominant en cette saison est le nord-est, pour remonter vers lîle du nord cest pas lidéal vu que cest exactement dans le nez. Il y a aussi les grosses dépressions des cinquantièmes ou de la mer de Tasman qui amènent du vent très fort de sud ouest mais là il faut carrément être planqué dans un très bon abri. Et de temps en temps quand un anticyclone est assez bas il y a un frond froid qui remonte sur toute la côte en créant un flux de sud mais çà dure très peu de temps, alors si on veut pouvoir passer le cap Est dans la foulée, il faut y aller dés quil arrive quitte à se faire secouer un peu. En plus il ne fait pas chaud (14°C soit 10 de moins que dhabitude) on est bien en polaire sous notre véranda. Lavantage cest quon avance plutôt vite, trop vite en tous cas pour la pêche , les poissons vont être tranquille aujourdhui, de toute façon cétait pas un jour à taquiner le goujon . Le vent est resté fort toute la journée cest seulement vers le soir quil a molli un peu nous permettant de remplacer la trinquette par le foc. La mer aussi se range un peu, celui qui nest pas de quart dormira un peu mieux. Nous apercevons les reliefs escarpés de la pointe sud-est de lîle du nord juste avant le coucher du soleil, on devrait passer Castle point en fin de nuit.

Bye bye Akaroa

Voilà encore une page de tournée: nous quittons la baie Akaroa notre étape la plus sud pour cette année. Ce matin le beau temps était avec nous on en à profiter pour nous baigner et finir de nettoyer la coque pour être sûr qu’au prochain port un inspecteur trop pointilleux ne nous fasse pas d’histoire. Comme çà on respecte,bien la loi les salissures récoltées dans la région n’irons pas contaminer une autre région. Non mais alors! On a levé l’ancre. comme prévu après déjeuner. A 14:30 on était sorti de cette longue baie entourée de collines escarpées (en fait la caldera d’un ancien volcan). mais les 15 nds de vent de travers prévu ne sont pas là. En fait il y a pratiquement rien la prequ’île de Banks étend son dévent loin et en mer en plus, comme d’habitude, dans le coin la mer est en vrac. C’est donc aidé du moteur que nous commençons cette traversée. Mais du vent fort on devrait en avoir cette nuit. . Un front froid venu du sud devrait nous propulser. Il arrive derrière nous en amenant un temps gris et de la pluie qui est déjà sur nous.

Front froid sur Akaroa

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nous avions étudié hier soir la meilleure place pour mouiller l’ancre sachant que le vent de nord-est allaient tourner au sud-ouest dans la nuit. Mais malgré tout nous avons passé une nuit un peu agitée. Le vent déjà assez fort en début de nuit a tourné de 180° comme prévu à 4 heures du matin puis il est monté jusqu’à 35 nœuds soit 10 de plus que prévu. Il fallait s’assurer que l’ancre ne dérape pas après ce changement. Dans ce type de situation, nous mettons l’alarme de mouillage qui sonne dès que le bateau sort du périmètre défini et nous permet de vérifier si l’ancre tiens. Fort heureusement tout c’est bien passé et le vent est redescendu en dessous de 20 nœuds au bout d’une heure et on a pu se recoucher. Vers 7 heures, l’alarme s’est mise à sonner à nouveau. Domi ne comprenait, pas le bateau était bien toujours à la bonne place. En fait il s’agissait de l’alarme anti collision de l’AIS qui utilise la même sonnerie, elle avait été déclenchée par deux gros paquebots de croisière qui rentraient dans la baie pour y mouiller. Avec plus de 1000 passagers par bateaux c’est une vraie armée qui allait envahir le petit coin de paradis paisible qu’est Akaroa. Bien sûr il n’y avait aucun risque de collision vu que nous étions mouillés bien à l’écart au fond de la baie, Domi avait juste oublié de désactiver cette fonction très utile en mer avant de mettre l’alarme de mouillage. Une fois les paquebots mouillés, on à pu se rendormir mais peu après ils ont commencer à débarquer leur passagers dans les chaloupes qui ont à leur tour déclenché l’alarme. Comme il était 8 heures il était temps de se lever de toute façon. Le temps était gris et pluvieux sans pour autant de grosses précipitations mais juste un crachin breton avec une température descendue de 10° sur le matin, bref un avant goût d’hiver qui s’annonce. Bon ! On ne va pas encore hiberner mais on va quand même s’offrir une matinée de farniente bien au chaud à l’intérieur. Domi est sur l’ordi pour ajouter quelques trucs sur le site (voir « informations nautiques » dans la barre de menu). Au bout d’un moment, pleine de courage, je me prends un bain de mer un peu frisquet suivi d’une douche chaude. L’après midi après le repas, grand ciel bleu ! Nous allons à terre pour explorer les collines surplombant le village aussi loin que possible des hordes de touristes débarqués des paquebots. Vue magnifique sur la baie. Au retour le vent contre le courant de la marée avait levé un petit clapot et dans le canoë, on s’est un peu mouillé les fesses…

Grosses bises à tous

Anne et Domi

Akaroa, un village presque français!

 

La nuit a été parfaitement calme, nous nous sommes super bien reposés, et récompense au reveil il fait beau ! Le ciel est bleu. il y a bien quelques nuages dans le ciel mais ils vont passer à côté. Par contre pour cet après-mid, c’est baston au programme : la météo nous annonce, des rafales à 30 nds descendant de la montagne. Donc il faut en profiter pour aller à terre ce matin, cet après midi nous serons cloués au bateau pour surveiller que l’ancre ne décroche pas. Nous gonflons le canoé et allons visiter cette fameuse ville fondée par des colons Français en 1840. C’est maintenant une jolie petite ville très touristique avec des restaurants et des boutiques qui longent la mer ou il n’est pas du tout désagréable de flanner. Malgré les drapeaux bleus blancs rouges qui flottent devant l’entrée, ces magasins n’ont plus rien de Français. Nous espèrions trouver un bon boulanger français avec du bon pain comme chez nous, il faudra nous contenter d’un ciabata semi industriel acheté chez le boucher qui n’avait plus de boudin. Rentrés au bateau pour déjeuner, les trentes nœuds annoncés sont bien là, j’en profite pour mettre un peu d’ordre dans mes classements de photos et Domi pour écrire de nouveaux articles pour le site. Voilà pour aujourd’hui ! IMG_1568

 

 

Lyttelton – Akaroa

Après notre escapade en Montagne, çà ne fait pas de mal de reprendre la mer… Hier, Domi nous avait prédit une navigation cool, presque sans vent , mais Eole en a fait qu’à sa tête le bulletin de ce matin envoyé par Michel parlait de 25 nds. Sortis du port le vent est bien là et la houle du nord est croisée avec je ne sais pas quoi , genre grande lessiveuse à la sortie de la baie . Nous n’avions heureusement qu’une petite navigation de 50milles qui ont été avalés en moins de 7 heures y compris 45 minutes d’attente à la sortie du bassin du port pour laisser passer un brise glace Coréen … Finalement on a été bien secoué mais content d’aller vite. Le repas de midi a bien sûr été un peu bâclé (tartine de beurre avec du saucisson) après la montagne on a un peu de mal a retrouver notre pied marin dans se shaker. La récompense était à l’arrivée, nous avons longé une côte splendide faite de grandes falaises pleines de grottes. De petits dauphins d’une espèce que nous connaissions pas, avec un dos gris et un aileron tout rond nous ont accueilli dans l’entrée de la baie d’Akaroa . Nous sommes maintenant mouillé devant la ville (qui parait-il été fondée par des français), le calme est revenu et le soleil aussi, le cadre et superbe. Un bon mouillage ,un bon repas et une bonne nuit c’est tout ce nous demandons.

IMG_1440

IMG_1476

IMG_1545

Escapade terrestre par 45°Sud

 

Après quelques recherches sur internet et quelques coups de téléphone, nous avons enfin trouvé un véhicule de location, un petit 4×4 (un Honda CRV vieux d’au moins 10 ans mais en assez bon état) c’est tout ce qui leur restait et en plus il n’est pas plus cher que la petite voiture qu’on avait loué à Napier. Nous sommes, content il y a de la place comme çà nous pouvons emmener les coussins du bateau pour améliorer nos nuits sous la tente, en plus de tout le barda habituel. On sera aussi plus à l’aise sur les routes non goudronnées et autres chemins de terre. Il a fallu aller le chercher pour midi à l’aéroport de Christchurch (une heure et demie de bus avec le changement). De retour au bateau, à peine le temps de casser la croute et nous avons fait vinaigre pour tout mettre dans le coffre et roule ma poule…

IMG_0876

La région de Canterburry (dont Christchurch est la ville principale) est une vaste plaine agricole qu’il nous faut traverser sur 200 km avant d’espérer trouver le coin idéal pour passer la première nuit. La route est droite et monotone avec beaucoup de camions. Domi a téléchargé le catalogue des campings du Departement of Conservation (D.O.C. : l’organisme gouvernemental qui gère les parcs nationaux et autres réserves). Notre choix pour cette nuit se porte sur le parc d’Orari gorge (l :-43.98776 ; L :-171 .18478). Le camping est aménagé parmi de belles collines rondes et boisées. Nous plantons notre tente sur une pelouse bien plate avec une table et un barbecue que nous ne pourrons pas utiliser, les feux étant strictement interdits comme nous l’a tout de suite rappelé le voisin. L’endroit est très sympa et nous sommes peu nombreux. Il y a toujours dans ces campings standards, un toilette (fosse le plus souvent) très propre, muni de papier hygiénique et de désinfectant pour les mains. Dans les plus fréquentés, on peut y trouver des tables et des bancs ainsi qu’un endroit pour faire la vaisselle.

IMG_0720

 

A Geraldine nous obliquons vers l’ouest et c’est parti pour la montagne. Nous grimpons vers le lac Pukaki en passant par le lac Tekapo qui sont tous les deux des lac artificiels avec barrages mais leur couleur bleu pâle si caractéristique ne laisse aucun doute : ils sont bien alimentés par des glaciers. Derrière eux, majestueux se dresse le mont Cook enneigé : nous avons de la chance, aujourd’hui la visibilité est parfaite.

IMG_0737

 

Le soir nous nous arrêtons à Quailburn (L :-44.36256 L :-169.80492) quelques km à l’écart de la route. On a eu du mal à trouver ce petit paradis , le camp est mal indiqué et un peu abandonné , nous étions tout seul à côté d’un petit torrent et d’une grange abandonnée, utilisé de 1860 à 1990 pour la tonte des moutons : le lieu est classé historique J . Après avoir monté la tente et nous être baignés dans le torrent, nous sommes partis pour une ballade dans la montagne. Le sentier balisé passe par un col et atterrît de l’autre côté de la vallée. Le matin le soleil se lève bien dans l’axe de la vallée, nous réchauffant rapidement et éliminant l’humidité de la nuit. Comme nous sommes tout seuls nous profitons pour faire une toilette soignée dans le torrent.

IMG_0757

 

Nous n’avions pas prévu d’itinéraire précis. Nous avions en tête d’aller jusqu’à Invercargill pour dire bonjour à Stéphane, le cousin de ma belle sœur Joëlle, qui s’est établi là bas. On lui passe un coup de fil en route. Malheureusement il est pris par son travail mais du coup il nous conseille sur ce qu’il faut voir dans la région.

IMG_4092

Nous changeons donc nos plans et nous nous dirigeons vers Queenstown. C’est la route la plus touristique qui longe des gorges impressionnantes. Avec le rafting et la tyrolienne, la grande attraction dans ces gorges, c’est le saut à l’élastique au dessus des remous. Le grand jeux c’est de sauter de façon à ce que l’élastique se tende suffisamment pour pouvoir toucher l’eau avec la tête. La rivière descend du lac Wakatipu au bord duquel se trouve Queenstown. C’est une station balnéaire très fréquentée et sans doute très agréable mais nous ne nous y arrêterons que pour faire le plein de courses, trop de monde à notre goût. Nous pensions poursuivre jusqu’à Glenorchy 40 km à l’extrémité nord du lac (pour les fans de série télévisée c’est là que Jane Campion a tourné Top of the Lake avec Elisabeth Moss diffusé en France sur Arte) mais le camping est encore 15 km après le village et comme il se fait tard nous quittons la berge du lac peu après Queenston pour monter jusqu’au lac Moke (L :-44.99811 L :-168.57308) qui à aussi servi de décor à une partie de la série. C’est sûr il y a plus de monde que là où nous étions hier soir mais l’endroit est très beau et il y a de l’espace. Nous retrouvons les vues de la série et cela nous amuse beaucoup. Sur le lac il y a plein de canards qui ne sont pas du tout sauvage et qui profitent de notre passage pour engraisser un peu.

IMG_0879

Il pleut une bonne partie de la nuit et notre tente n’est pas vraiment étanche (on l’avait achetée il y a quelques années à Abu Dhabi où ce n’était pas du tout un problème), à l’intérieur la literie commence à mouiller sérieusement. La tente est trempée et au levé du jour dès que la pluie se calme, nous replions le tout et allons nous promener dans la vallée en aval du lac.

IMG_0739

Nous n’irons pas plus au sud, la route allant à Milford Sound est fermée suite à des glissements de terrain provoqués par des pluies torrentielles 10 jours plus tôt. Les autres fjords sont inaccessibles par la route et les bateaux de croisières qui les visitent sont complets jusqu’au début mars.

IMG_0915

Nous décidons donc de rentrer doucement par la côte ouest en passant par la station de ski de Cardrona et le lac Wanaka. La route, sinueuse et escarpée, serpente entre les montagnes couvertes de tussack (tussock : de grosse touffes d’une herbe particulière que nous avions aussi rencontrée aux Malouines). Pour le piquenique du midi, nous trouvons toujours des emplacements sympas est aujourd’hui c’est au bord du lac Wanaka. Le déjeuner avalé, nous piquons une tête dans le lac, l’eau n’est pas froide et nous nageons quelques minutes. La route que nous prenons est considérée comme une des plus belles de la nouvelle Zélande et je dois dire que malgré le mauvais temps qui assombri le ciel nous ne sommes pas déçu. Le paysage est magnifique alternant lacs bleu profond, sommets enneigés, pentes abruptes en pierre sombre ou arrondies et couvertes d’herbe jaunie. Les arrêts photos sont fréquents. Puis nous quittons la région des lacs et montons en direction du col de Haast. Les étendues herbeuses font place à une forêt primaire humide luxuriante où se mêlent toutes les nuances de vert. Les nuages bas et la pluie maintenant continue nous font prendre toute la mesure du terme anglais utilisé pour nommer la forêt primaire : rain forest… Domi angoisse un peu pour le camping de ce soir, on croise beaucoup de camping car (camper vans comme il disent ici), et il aurait voulu réserver ce matin par internet pour être sûr d’avoir de la place mais je l’en ai dissuadé : trop d’incertitude pour savoir jusqu’où on pourra aller. Et bien nous en a pris : en passant au camping où nous pensions nous arrêter tout est détrempé et les emplacements qui restent ne sont pas plat du tout ou carrément en bordure de route (Pleasant Flat L :-44.01178 L :-169. 381).

IMG_1011

Nous continuons donc la route le long de la rivière jusqu’à la mer où elle se termine en un large estuaire de galets gris que nous traversons sur un très long pont à voie unique. La route alterne bord de mer aux arbustes torturés par le vent et rain forest impénétrable. Nous avons repéré un peu plus loin un autre camping au bord du lac Paringa. Mais là, déception, aucun emplacement libre où l’on pourrait planter une tente et de toute façon il pleut toujours. Il commence à se faire tard et le prochain camping sur la liste du D.O.C. est à près de 100 km… Va-t-on être contraint de dormir dans la voiture ? Non ! La chance est avec nous et à 500 m de là un motel s’offre à nous, il tombe à pic! La patronne très sympathique nous propose le choix entre des lits dans un dortoir, une chambre double (les deux avec cuisines et douches communes) où un studio avec salle d’eau et cuisine individuelle. Elle fait aussi camping mais elle nous dit qu’il est tombé aujourd’hui 85 mm d’eau (on était derrière la perturbation en a vu qu’une petite partie) et que le sol est vraiment détrempé. Domi est fatigué de la longue route, il est seul à conduire et, au diable l’avarice après tout nous venons d’échapper à une nuit qui aurait pu être très désagréable, pour 110 dollars (65euros) nous prenons le studio. C’est vraiment parfait et en plus la vue sur le lac est très jolie. On profite du confort et on se prépare un bon plat de crevettes que nous arrosons d’un sauvignon blanc. Le matin, la brume se lève et le client d’à côté nous explique qu’il vient là très souvent depuis Queenston ou il habite pour pêcher le saumon. C’est l’époque de la reproduction, les saumons viennent de la mer et remontent la rivière jusqu’au lac pour se reproduire à l’endroit précis ou ils sont nés. Ils font ce voyage une seule fois dans leur vie vers l’âge de trois ou quatre ans. Une fois les œufs pondus les saumons meurent dans le lac. Les saumons pêchés ici font en général entre trois et quatre kilos. Ils peuvent atteindre exceptionnellement jusqu’à dix kilos.

IMG_1043

 

On pourrait penser qu’arrivé sur la côte que la montagne c’est terminé mais non ici sur la route des glaciers, la montagne tombe littéralement dans la mer et entre les gros nuages de pluie nous apercevons les sommets enneigés. Le bord de mer est une alternance de falaise battues par la houle de la mer de Tasman et les longues plages de galets et de sable gris. Ces plages sont jonchées de souches d’arbres gigantesques, de troncs et de branches de toutes tailles sur des kilomètres. Les sols glaciaires de la région sont principalement constitués de graviers et de galets recouverts d’un peu de terre végétale et sont de ce fait assez fragiles. Lors des crues, les rivières sapent les berges et emportent les arbres qui sont charriés jusqu’à la mer, la houle du large et les courants côtiers les rejettent à la côte ou ils s’échouent. Jusqu’au milieu de la journée le temps reste bouché, nous n’arriverons pas à voir le glacier de Fox. Après une pose déjeuner à Gillespie Beach où nous sommes obligés de nous emballer des pieds à la tête pour ne pas être dévorés tout crus par les sand flies (littéralement mouches de sables, sorte de mouches microscopiques aussi appelées nonos en Polynésie, elles sont présentes sur toute la région). L’après-midi, nous tentons notre chance au glacier Franz Josef et là, le ciel nous sourit, une éclaircie nous permet de le voir juste au moment ou nous arrivons à son pied. Comme le beau temps tarde toujours à s’installer, et que la perspective d’une nuit humide ne nous enthousiasme pas beaucoup nous optons ce soir encore pour la facilité d’un motel. Nous en trouvons un qui à des chambres libres à Ross. Celui-ci a l’avantage d’être au calme un peu à l’écart de la route principale. Ross était réputée pour ses mines d’or. La découverte des premiers filons en 1865 a déclenché une ruée et profondément transformé toute la région : création de ports à Hokitika et à Greymouth, chemin de fer, village etc. Le gisement a été exploité jusqu’en 1993. Un musée (gratuit !J) permet d’apprendre l’histoire du village et suivre les mineurs dans leur course vers la richesse. Il y aurait encore de l’or dans la rivière et pour quelques dollars on peut même louer un tamis et essayer de récolter quelques pépites. Ce matin le soleil est enfin au rendez-vous. Nous optons pour une grande promenade dans la rain forest et nous allons jusqu’à l’entrée des puits de mine par le sentier aménagé.

IMG_1153

Retour sur la mer de Tasman à Hokitika où on se demande comment des navires ont put aborder au siècle dernier tant la barre semble infranchissable avec ces rouleaux qui ramènent à la côte tous ces troncs d’arbres. Pas étonnant qu’il y ait eu tant de naufrage à l’époque ! L’or rend fou… Nous poussons jusqu’à Greymouth et après un pique-nique rapide au bout de la jetée (ici il y a un vrai port même si l’entrée ne doit pas être toujours facile), nous nous offrons un thé, un chocolat chaud avec des Strup Waffels qu’un Hollandais vend dans sa chaloupe (sur remorque) le week-end aux passants pour un peu on se croirait à Scheveningen J. Les gens ici qu’ils soient étrangers où Néo Zélandais sont très sympas et prennent toujours le temps pour discuter. Après la ruée vers l’or, le port fonctionnait principalement pour le transport du charbon des mines locales. Mais depuis le déclin de la production de charbon dans les années soixante, il n’y a pas grand-chose à faire ici à part la pêche et la ville est comme suspendue au passé. En remontant la rivière, nous apercevons les vestiges de la mine de charbon qui a fait une soixantaine de morts dans un coup de grisou en 1896 (l’accident industriel le plus meurtrier du pays).

IMG_1056

La route entre Greymouth et Christchurch s’appelle la West Coast Road, elle passe par le col d’Arthur’s Pass. Là encore le paysage est assez grandiose. De chaque côté du col une large vallée crée au gré des crues des rivières qui y coulent d’un côté vers la mer de Tasman et de l’autre vers l’océan Pacifique. La vallée se rétrécit pour n’être plus qu’une gorge étroite au niveau du col qui se traverse grâce à un viaduc impressionnant. Nous avons choisi de passer la dernière nuit de camping de cette escapade à Hawdon Shelter (L :-42.98786 L :-171.74789). Nous quittons la route principale, traversons le lit de la rivière sur un pont étroit, puis suivons sur la rive droite du torrent sur une piste caillouteuse pour arriver à une forêt dont les arbres ont des feuilles ressemblant à du buis. Nous sommes seul dans une immense clairière, il y a un petit abri avec une cheminée où nous pourrons faire du feu pour éloigner les fameux nonos/sand flies qui nous attaquent tous les soirs et un coin pour faire la vaisselle, le rêve quoi. Sauf qu’en pleine nuit un « camper van » arrive sur le site et devinez quoi la clairière ne faisant que 5 hectares ils choisissent de s’installer à 2 mètres de nous, la peur du vide sans doute…

IMG_1340

Le lendemain, nous sommes plus qu’à une centaine de kilomètre de Lyttelton. Nous avons donc tout le temps pour une dernière petite rando dans la montagne. Nous choisissons de la faire au pied du mont Cheeseman, d’abord dans les bois du côté de Texas Flat puis après un piquenique au bord du ruisseau nous montons en voiture jusqu’à la barrière de Middle Hut et le reste à pied jusqu’à la station de ski d’où nous découvrons une vue panoramique sur toute la vallée jusqu’à l’océan Pacifique, inoubliable !

IMG_4117

Mais l’heure tourne et le temps de redescendre il est déjà 18 heures quand nous arrivons au bateau. Mais pas de répis pour les touristes. Il faut décharger nos affaires à toute vitesse pour repartir en ville faire les courses. On doit rendre la voiture demain matin à l’aéroport et nous n’auront pas le temps de les faire. Ici à Lyttelton il n’y a rien, le super marché le plus proche c’est le Pack’n Save du centre ville de Christchurch à une quinzaine de kilomètres.

 

Fin d’une belle escapade terrestre…

 

IMG_0912

Pour plus de photos de ces paysages magnifiques regardez notre diaporama ci-dessous:

Ce diaporama nécessite JavaScript.

location de voiture (épisode 1, acte manqué)

IMG_0717

Il y a des jours comme aujourd’hui où il est inutile de vouloir à tout prix louer une voiture , quant ça veux pas ça veux pas !

Nous avions réservé une voiture chez un loueur en ville à Christchurch et avions rendez-vous à 4 heure cette après midi. Mais voilà t’y pas qu’elle nous dit que nos permis français ne sont pas valables en Nouvelle Zélande et qu’il nous faut un permis internationnal qui ne nous a jamais été demandé les 4 fois où nous avons loué dans l’île du nord. Au pire, une traduction légale notre permis de conduire peut faire l’affaire…Elle nous dit où on peux le faire, nous voilà donc reparti avec notre ticket de bus bon pour deux passages pour l’autre côté de la ville. Arrivés là-bas, gentille ment il nous prométent de faire leur possible pour envoyer avant 5 heure (la fermeture du loueur) le document demandé. Jusque là tout va bien, et nous revoilà reparti dans l ‘autre sens d’abord en bus puis au pas de course pour arriver avant la fermeture de la boutique. Nous sommes devant la porte à 16:48, mais malgrè tout la boutique est fermée et même si le personnel est encore derrière le comptoir rien ni fait « on est fermé» point barre.

Domi est furieux, on retourne en ville prendre une bière pour nous remettre et chercher une solution. Sur internet, nous voyons qu’il y aurait des voitures disponibles à l’aéroport chez plusieurs loueurs, aussi ni une ni deux , nous voilà reparti en bus pour l’aéroport qui se trouve à l’autre bout de la ville et dieu sait si la ville est grande et étendue . A l’aéroport, des avions débarquent leurs passagers chargés de bagages et il y a de longues queues chez les loueurs. Pas moyen ! On les interroge tous, ils n’ont plus rien ! Un seul à une voiture encore disponible mais c’est un gros 4X4 à plus de 200 dollars la journée, merci bien mais ce n’est pas du tout dans nos moyens…

Nous rentrons dans notre petit port de Lyttelton à 9 heure sans voiture, on ré-essayera d’autres loueurs demain, mais cette fois-ci nous allons nous y prendre de bonne heure.

 

Anne et Domi