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Si tu vas à RIO !

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Club Naval où nous sommes accueillis

Vendredi 21 septembre :

C’est le jour du printemps mais le temps n’est pas au rendez-vous. Une partie de la lessive a réussi à sécher cette nuit, mais ce matin le temps est menaçant, pas sûr que la deuxième partie puisse sécher aujourd’hui. La place que nous avions prise hier soir en arrivant est à un membre du club qui revient demain. Nous devons donc changer de place de ponton ce qui nous prend pas mal de temps et c’est seulement en début d’après midi que nous sommes prêts à quitter le bateau. Nous devons aller à Rio (de l’autre côté de la baie) en transport en commun pour accomplir les formalités d’arrivée dans cet état.

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C’est les élections, les drapeaux sont de sortie

Evidement qui dit baie à traverser dit ferry ou vedette et il ya un terminal de vedette rapide à 10’ à pied de la marina. Mais ce que nous n’avions pas prévu ce sont les horaires. Il est 13 heures et la prochaine vedette ne partira qu’à 16 heures. Heureusement il ya toujours le plan B qui consiste à prendre le bus 33 jusqu’au terminal des ferry de Niteroi et prendre l’un deux qui part toutes les quarts d’heure pour Rio.

 

 

Cette baie à beau être une des plus belles de monde elle n’en est pas moins l’une des plus polluées et c’est un vrais crève cœur de voir cette eau si noire avec toutes ces ordures surnageant à la surface. Ce matin nous avons vu une pauvre tortue qui essayait de nager dans ce cloaque.

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Nous devons commencer notre visite par la police fédérale. Le secrétariat du Club nous a donné les renseignements pour s’y rendre, par prudence nous prenons un taxi qui nous mène tout au bout de la rue indiquée sur le papier. On remonte toute la rue à pied et nous trouvons effectivement le bâtiment de la police fédérale mais ils nous disent que pour les formalités relatives aux bateaux de plaisance et à l’immigration ce n’est plus là mais que c’est à côté du terminal des ferry, on est dégouté. Retour à la case départ et nous voilà qui tournons autour de la gare des ferries sans trouver le moindre bureau de police. Même les policiers de rue à qui nous demandons de l’aide ne peuvent nous aider : peut-être à l’aéroport dit l’un d’eux, çà tombe bien il y a l’aéroport Santo Dumont juste à côté? Non non, il voulait dire l’aéroport international complètement à l’extérieur de la ville. Bon, on laisse tomber la police fédérale. Après tout on à fait notre entrée au Brésil légalement à Salvador et nos passeports sont tamponnés en bonne et due forme donc fédéralement nous devrions être en règle…Nous nous retranchons directement vers la Capitania do porto qui devait être l’étape finale. Le planton de garde à l’entrée de la Capitania do Porto nous prend pour des touristes et nous envoie au musée de la marine. Nous revenons vers le planton en lui montrant nos papiers de la Capitania de Salvador, il consent finalement à nous guider vers une porte latérale ou se trouve le service compétent (ou supposé tel) mais il est 16 heures et il est fermé depuis 15 heures et ne rouvrira que lundi (nous ne sommes que jeudi, les marins bureaucrates bénéficie apparemment d’un très long week-end). Je commence à perdre patience.

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Nathan notre sauveur!

Heureusement Nathan, jeune marin du service d’en face parle anglais et comprend notre désarroi quand on lui explique qu’on nous a balladé toute l’après midi à la recherche de la Policia Fédérale, qu’on ne tiens pas à passer 3 jours sans papiers et que de plus nous voulons repartir dimanche pour Ihla grande donc il nous faut absolument ces documents pour continuer notre voyage. Nous revenons avec lui à l’entrée principale de la Capitania. Il fait des pieds et des mains pour convaincre son collègue planton de nous laisser entrer et trouver un responsable qui puisse nous tirer d’affaire. Une demi heure plus tard, l’affaire est réglée et notre papier est tamponné bien comme il faut. Merci Nathan ! Tu nous a tiré d’un bien mauvais pas (sans lui nous aurions du revenir lundi) ! Tout est bien qui fini bien mais il est déjà 5 heure et demi et si nous voulons être rentrés au Club Naval avant la nuit il faut y aller (la route menant au club ne serait pas sûre passé une certaine heure). Nous nous séparons de Nathan après lui avoir donner l’adresse de notre blog. Nous l’avons à peine quitté que nous regrettons de ne pas avoir pris de photos de nous trois il était tellement sympathique.

De retour au bateau Marco nous invite à venir prendre un verre de vin à bord de Pegasus, son bateau qu’il a depuis un an et qu’il entretien amoureusement. Nous faisons la connaissance de sa femme Rosanna et nous passons une soirée très sympathique. Lui est officier de la marine brésilienne en retraite depuis un mois (lui aussi mais il est beaucoup plus jeune J). Il a eu la chance nous dit-il d’être détaché 2 ans à Aix en Provence pour superviser la fabrication d’une commande d’hélicoptères pour la marine. Ils ont donc vécu en France deux années avec leurs enfants et ils ont adoré. Leur fille finit d’ailleurs ses études à l’université de Lyon et ils vont lui rendre visite en Novembre tout en profitant pour faire un peu de tourisme. Ils sont amoureux de la France de sa culture et de ses monuments, particulièrement les villages médiévaux (qui n’ont évidemment pas d’équivalent au Brésil ou les constructions les plus anciennes dates du 17ème). On partage ensemble plein de renseignements sur les lieux à voir en France et au Brésil. Le lendemain ils nous emmènent au grand super marché « Pao De Azucar » de Niteroi où nous pourrons trouver de la semoule de couscous (le féculent le plus rapide à préparer, utilise peu d’eau et peu d’énergie : idéal en bateau), de la moutarde de Dijon et autres produits Européens. Nous rentrons par le bus 33 chargés comme des baudets. Il ne fait pas beau et çà tombe bien, la journée était réservée pour les courses et la lessive de drap de serviette. L’après midi on retourne, à pied cette fois-ci, au supermarché du coin pour compléter nos approvisionnement (il ne faut pas compter trouver quoique ce soit sur Ilha Grande et nous voulons y rester un peu de temps). Le soir nous voulons recevoir nos nouveaux amis à bord mais ils ne sont pas disponibles ils retournent dans chez eux à une heure de Rio. Nous nous séparons en échangeant numéro de téléphone, photo souvenir et bien sûre l’adresse du blog.

Samedi 22 septembre :

Quand nous nous levons il fait enfin beau. C’est décidé nous allons monter là haut comme dit la chanson. Comme nous ne voyons pas de mouvement aux vedettes rapides nous en concluons que le samedi elles ne fonctionnent pas ce qui est effectivement le cas. Nous prenons directement le bus depuis la marina jusqu’au ferry de Niteroi. Arrivée à Rio nous cherchons une ligne de bus qui aille à Corcovado, la colline très escarpée où trône la statue Art Déco du Christ Rédempteur. C’est le bus 422, on galère un peu pour trouver son arrêt. Le bus est très inconfortable et le chauffeur se prend pour Fangio (pour les plus jeunes : coureur automobile italien de la première moitié du 20ème siècleJ). Nous arrivons tout de même en un seul morceau au petit train à crémaillères de Corcovado. Les 2 premiers trains sont complets, il nous faut attendre celui de 13 :20 parmi quelques touristes étrangers et beaucoup de touristes brésiliens. La foule est plutôt disciplinée et chacun attend son train avec patience. Toutes les 20 minutes un train démarre.IMG_7206

Aujourd’hui il y beaucoup de monde, d’une part c’est le week-end et d’autre part c’est le premier jour de beau temps depuis une semaine… Nous sommes confiant avec cependant une réserve, nous avons observé un changement de vent en arrivant à Rio avec de la brume venant de l’océan.IMG_7127

Il est 13 heure 20 et le petit train démarre. Juste avant le départ un employé nous a demandé si on voulait reporter notre visite à un autre jour la visibilité pouvant être mauvaise au sommet. Bon, on est venu jusqu’ici, on attendu le train presque une heure, tant pis on y va quand même.

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Mais arrivés au 3 /4 du parcourt des nuages nous entourent déjà, nous empêchant de voir la ville. Et tout haut c’est la purée de pois. On ne peut rein voir du tout. Le brouillard est tellement dense que c’est à peine si l’on peut voir le christ depuis le pied de la statue. Pourtant il y a foule et les gens attendent patiemment que le miracle ce produise et qu’enfin ils puissent apercevoir la ville mythique au pied du christ. Pas pour nous, on a pas envie d’attendre l’hypothétique éclaircie plantés là.IMG_7163

Tant pis on fera comme ceux qui sont resté en France on ira voir tout çà tranquillement sur Google Hearth.

 

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Il y avait aussi la solution du photographe qui vous prend en bas du petit train et vous propose des photos de vous avec en arrière plan le fameux paysage pris sous un soleil radieux (merci Photoshop) …. Bon, nous redescendons sans trop tarder pour profiter encore du beau temps qui persiste en bas et continuer notre ballade vers Copacabana et Ipanema les plages légendaires de Rio.IMG_7260IMG_7246

Nous sommes le week-end et les Brésilien (je crois que les gens de Rio s’appellent les Cariocas) sont tous sur les plages à se faire bronzer, jouer au ballon, écouter de la musique

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c’est une magnifique plage qui est à perte de vue du pin de sucre jusqu’à la sortie de la ville.

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Vers cinq heures les gens commencent à rentrer chez eux et nous devons en faire autant surtout que nous sommes complètement à l’opposé de l’autre côté de la baie. Refaire le chemin inverse va nous demander au moins une bonne heure sinon plus sans compter les changement de bus et l’attente au ferry. Mais nous avons de la chance le bus qui vient d’arriver à l’arrêt ou nous attendons affiche Charitas. Mais c’est là où nous allons, c’est là ou est notre Club Naval ! On n’hésite pas, vite on monte à bord avant qu’il ne reparte ! Certes il fait le grand tour par le gigantesque pont qui traverse la baie mais c’est moins cher, on n’a pas les arrêts et changements et surtout il est bien plus confortable que les bus de ville. Et nous voilà embarqué dans une traversée expresse de Rio illuminée de mille éclats, magique. Quelle journée ! nous sommes lessivés mais heureux d’avoir vu Rio. Demain nous repartons vers Ilha Grande un havre de nature et de beauté.

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écrit par Anne et complété par Domi

 

De Caravelas à Rio de Janeiro

Dimanche 16 septembre :

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On part où on reste, le choix est difficile. La météo n’est pas très bonne sur le parcours mais d’un autre côté on voudrait avancer vers le sud. De Caravelas à Rio il y a un peu plus de 500 miles (930 km) et à part Vitoria à 170 miles il n’y a pas beaucoup de ports ou de mouillages accessibles par mauvais temps. Le vent devrait être assez fort mais gérable jusqu’à Vitoria mais ensuite il y a un petit front froid qui amène des vents beaucoup plus forts avec une forte houle. Décision est prise de partir au moins jusqu’à Vitoria et de voir en route si le temps permet d’aller plus bas.

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Nous levons l’ancre à 8:30, juste à marée haute pour que le courant de la marée descendante nous pousse vers la sortie. La météo de ce matin est un peu meilleure que celle d’hier. Nous passons entre la terre, les îles et le récif qui nous abritent de la houle du large. Le vent est assez fort (25 nœuds avec des rafales à 28) et nous sommes plein vent arrière. Pour être tranquille nous sommes sous foc seul mais le bateau avance tout de même à 8 nœuds. La mer est plate, nous n’avons absolument pas l’impression d’aller vite et le bateau ne fatigue pas. Toute la journée et le début de la nuit le vent reste stable et nous progressons rapidement sur la route. Mais vers minuit, le vent nous lâche complètement nous contraignant à faire plusieurs heures de moteur. Nous passons tout de même une nuit calme sans rencontrer de pêcheur ainsi chacun notre tour nous pouvons bien nous reposer.

 

Lundi 17 septembre :

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Au matin le vent se lève finalement. Nous hissons la grand-voile. Mais le vent est maintenant de face pour passer la pointe de Pontal da Regência nous devons tirer un bord vers le large. Et là c’est à nouveau le cri de joie : des baleines ! Nous pensions en avoir terminé avec ces grosses bêtes qui sont sensée être aux Abrolhos en cette saison (archipel au large de Caravelas ou nous en avions vu plusieurs il y a quelques jours) mais non elles sont bien là et nous livrent un ballet en famille autour du bateau. Là, un groupe de cinq individus nagent côte à côte à quelques encablures de nous, c’est fascinant. La journée entière se passe à regarder des baleines s’ébattre autours de nous : souffler, sauter, sortir la tête au battre de la queue autour de nous et sortir de temps en temps soit la tête soit la queue. Elles font leur show devant nos yeux ébahis mais nous ne sommes pas assez doué pour prendre la photo juste au moment ou elles sont hors de l’eau. La fin de journée se passe sous un crachin Breton (c’est bien la peine de venir de si loin …)

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Mardi 18 septembre :

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Nous passons devant Vitoria mais nous ne nous arrêtons pas. La météo (merci Michel) et le GRIB du matin nous donne un créneau étroit pour continuer sur Rio. Si on attend, on risquerait d’être bloqué plusieurs jour dans cette ville industrielle. Les fichiers donnent une zone de temps plus calme sur une bande étroite (20 miles) le long de la côte. Nous aurons quant même une houle de trois mètres par contre le vent est revenu au nord et nous poussera et en plus nous aurons un courant favorable de presque 1,5 nœuds.

Nous sommes sur une route maritime très fréquentée. De très nombreux bateaux de commerce (pétroliers, cargos, porte conteneurs, minéraliers etc.) et de travail (servitude des plateformes pétrolières) nous croisent où nous doublent.

Mercredi 19 septembre :

Après une nuit plutôt calme le vent est revenu assez fort, la houle ne s’est pas calmée mais elle est très longue et ce n’est pas gênant. Quelques chalutiers en pèche nous croisent. Nous les évitons pour ne pas les gêner.

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Nous apercevons au loin les plateformes pétrolières illuminées comme des vrais sapins de noël. Sur l’écran de l’ordi on voit qu’il y en a plusieurs dizaines et l’AIS nous montrent quelles sont entourées par un nombre impressionnant de bateaux spécialisés. Des hélicoptères font un va et vient incessant entre eux et la terre. Il y a vraiment beaucoup de monde par ici.

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Pour le repas j’ai pêché un spanish makerel (il faut vraiment qu’on trouve un guide sur les poissons en français pour enfin savoir ce qu’on mange) pas très grand pour sa race mais dans nos assiettes il fera deux délicieux repas bien copieux.

Dans la nuit nous doublons le Cabo Frio en compagnie de plusieurs cargos. Nous aurions bien aimé nous y arrêter, les calanques qui entourent le cap sont paraît-il très belle et l’eau y est la plus claire du Brésil mais aussi la plus froide (d’ou le nom du cap : frio voulant dire froid) en raison d’un remontée rapide des fonds océaniques. Mais par cette nuit noire, nous ne nous voyons pas tenter de trouver un mouillage qui de toute façon, avec cette houle de 3,5 m, risque d’être très inconfortable. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois !

 

Jeudi 20 septembre :

 

Au matin le vent tombe à nouveau et c’est au moteur que nous finissons notre croisière vers Rio. Et oui, nous aurons fièrement réussi à éviter tout le mauvais temps mais pas la pétole !IMG_1758

On peut observer un homme à quatre pattes sur la perche babord ?

 

Avant de rentrer dans la pollution glauque de la baie nous profitons d’un petit mouillage à l’extérieur pour nous baigner et nous rendre un peu plus présentable.

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Il est 17 heures et nous arrivons à Niteroi Charitas en face de Rio. Parmi toute les marina de la baie nous avons choisi le Club Naval (géré par et pour la marine Brésilienne) car d’excellente réputation, bien à l’abri et loin du tumulte de la grande ville. Comme c’est une marina privée personne n’est là pour nous accueillir, nous nous amarrons à une place libre au bout du ponton et je descend voir. Plus personne dans les bureaux. Sur le ponton, je trouve Marco qui bricole sur son bateau et comme j’ai de la veine il parle parfaitement le Français et m’aide à trouver quelqu’un pour nous enregistrer. Les papiers ce sera pour demain.

 

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Ici l’oiseau de mer le plus courant est la frégate

 

écrit par Anne et Domi

CARRAVELLA, Un village hors du temps ! (2)

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Ici c’est la rue piétonne, sans commentaire, trouver le beug ! 🙂

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traduction de la pancarte au fond de la rue , (sortie de secours) ! 🙂

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porte d’entrée pour les grands !IMG_1641

La marque du village

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c’est grâce à la baleine que le tourisme arrive jusqu’ici .

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La baleine bleue cherche de l’eau !

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On ne rencontre pas grand monde dans les rues mais au fenêtre on guète !

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On a d’abord cru à des corbeaux , mais se sont des vautours , et ils sont nombreux.

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Le parc pour enfants , j’adore ; C’est du fait maison. IMG_1589

Les barques sont encastrées entre des rondins de bois, juste attachées à l’avant à un poteaux

IMG_1570Chercher Charlie..

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CARRAVELLA, Un village hors du temps ! (1)

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Premier abord pas engageant 😦IMG_1561

Puis on découvre les petites barques de pêches faîtes toute en bois et même certaines taillée dans un tronc d’arbre entier (on est chez les indiens il ne faut l’oublier)

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On découvre l’intérieur , qui n’est pas sans charme.

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On se croirait au far- ouest avec ses hauts trottoirs , ses rues assez larges pavées où les bicyclettes peuvent stationner facilement .IMG_1568

Les bidons sont récupérés pour faire des poubelles. On remarque que très peu de voitures stationnent dans les rues.

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Ici nous sommes chez des protestants. et un maximum d’églises entourent la ville . L’alcool, la bière n’est pas admis au super marché, on peut en trouver qu’à l’épicerie sur la grand place.

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Un des bâtiments clés de la ville , la gare routière . Sans elle l’isolement serait total pour la plupart des habitants.

 

Baleines et Caravelles

Mardi 11 septembre :

Se préparer à partir pour plusieurs jours de mer cela nous prend du temps, rien n’est négligé la météo est reprise, les instruments sont en place, les tauds sont retirés, la drisse de GV mise prête à être hissée et surtout à l’interieur du bateau tout est rangé à sa places. (mais ça tu la déjà écrit je crois !J) Départ de Salvator de Bahia à 11heure, le temps de sortir, ranger les pare-battages et les bouts d’amarrage, mettre les voiles et être devant la bouée de chenal il est déjà 11h 45. On est pas des rapides quant même…

La mer à la sortie de la baie est mieux que lorsque nous sommes arrivés mais il y a quand même une houle croisée et cela fait quinze jours que nous n’avons pas été remué çà se ressent. Nous prenons juste une petite collation pour remettre les estomacs en place, Après quelques heures de mer on s’est ré-habitué et nous sortons enfin la langouste, que j’avais cuite au port, accompagné avec une petite salade. La mer se range progressivement et devient plus plate. Nous sortons le spi pour quelque heure avant la tombée de la nuit. Nous sommes heureux de reprendre le large surtout avec ces conditions de mer. Toute la nuit le vent reste à peut près stable et nous glissons entre 6 et 8 nœuds.

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Mercredi 12 septembre :

Le vent faiblit en début de matinée. Moins de 5 nœuds de vent cela ne suffit pas à Rêve à Deux pour avancer sans que les voiles ne battent continuellement. Pour appuyer les voiles nous mettons le moteur au ralenti. J’en profite pour mettre une ligne de pêche et je suis presque tout suite récompensée, un beau thon s’accroche, les repas pour les prochains jours sont assurés … J Quant j’ai maman au téléphone le soir, elle me félicite de cette pêche miraculeuse. Elle m’annonce qu’elle va de mieux en mieux et qu’elle peut sortir demain de l’hôpital pour une maison de repos à Azay le Rideau.

 

Heureusement que nous nous sommes bien reposé toute la journée car la nuit va être rude. A peine la nuit tombée, de petites lumières apparaissent partout sur la mer. Cette fois-ci, les pêcheurs ne sont pas loin et ils sont nombreux . Les bateaux sont de petites embarcations en bois et ils n’ont pas forcément des éclairages réglementaires juste un feu blanc à l’arrière pour le travaille ce qui les empêche de nous voir. Même le radar ne les localise pas où très mal et lorsqu’il ne sont plus qu’à quelques centaine de mètres de nous. A nous de les éviter, il va falloir être très vigilent. Toute les heures nous nous relayons pour scruter la mer, nous sommes soulagés quand le jour se lève enfin!

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Une baleine ! je viens de voir une baleine ! Ce n’est pas son souffle habituel que j’ai vu mais sa queue sortir de l’eau, très haut, à la vertical. Le temps de sortir l’appareil nous avons beaucoup avancé mais on la voit toujours qui continue à battre l’eau rageusement avec sa queue. Heureusement qu’on est pas tout près, c’est vraiment dangereux ! Ce comportement semble insolite pour des animaux habituellement plutôt nonchalants… C’était bien indiqué sur le guide du Brésil que nous étions dans la période où les baleines venaient dans cette région pour se reproduire mais nous pensions pas en voir si près de la côte (et de nous). En regardant la mer nous en apercevons d’autres spécimens qui progressent deux par deux nageoire dans la nageoire. Mais ce n’est pas deux mais dix ou quinze que nous apercevons. Deux d’entre elles sont là juste a quelques mètres devant notre étrave. Domi a le réflexe de lofer de trente degrés pour éviter la collision. Incroyable on est subjugué par une telle concentration de cétacés. Il faut être très vigilent, heureusement que nous sommes en plein jour ! Nous comprenons mieux ce que le guide voulait dire par « période de reproduction », c’est bien la première étape de cette reproduction qui se déroule sous nos yeux . De plus ce ne sont pas de petits cétacés mais des énormes bêtes plus grandes que notre bateau. Pendant trois heures nous voyons ces animaux tout autour de nous dans cette zone pourtant peu profonde (seulement entre 30 et 15 mètres d’eau) .

Nous arrivons à la première passe qui se trouve au nord entre les bancs de corail « Parcel Das Paredes » et la terre. Sur le livre des points gps sont notés et nous suivons aussi sur la carte scrupuleusement car ici rien n’est visible, tout est à fleur d’eau même la terre pourtant à moins de 10 miles et quasiment invisible car tellement basse. Un cargo nous montre le chemin en passant juste devant nous,super. La mer ici est plate ,nous sommes à l’abri de ces récifs et nous approchons du chenal d’entrée . On est juste à marée basse et et comme c’est un fort coefficient et que la carte indique à peine 3 mètres, nous attendons une heure pour être sûrs d’avoir assez d’eau . En fait le chenal est parfaitement balisé et récemment dragué : entre les bouées il y a 5mètre 40 partout quand nous passons. Nous aurions pu passer sans attendre mais on est prudent et on craint toujours de s’échouer. L’alignement est visible à terre mais le chenal zigzague et nous préférons rester entre les bouées où la hauteur d’eau reste stable .

Voilà nous sommes dans la rivière où plus rien peut nous arriver , un bon abri contre tous les vents et le mauvais temps .

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écrit par Anne et Domi

La baie de tous les Saints

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Cela fait 5 jours que nous sommes au port et nous avons de nouveau la bougeotte, cette baie derrière nous, nous attire. On se renseigne bien pour savoir où on peut aller ou pas. La seule restriction c’est le Rio Paraguaçu et particulièrement la petite ville de Marogogipe. C’est paraît-il très joli et très traditionnel mais il y a eu récemment quelques attaques de touristes sur lesquelles la police locale ferme les yeux. Ils seraient paraît-il corrompu et de mèche avec les brigands. A part cet endroit, il n’y a aucun risque sur toute la baie.IMG_1271

L’immense Baie de tous les Saints s’ouvre à nous. De nombreux cargos de tous types et de toutes provenance sont mouillés devant la ville en attente de chargement ou de déchargement. Pour la première nuit, nous avons porté notre choix sur un petit mouillage parfaitement à l’abri de tous les vents et au nom évocateur : Bom Jésus.

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Pour cela nous devons contourner l’île des Frères (Ilha do Frades), passer devant une raffinerie de pétrole (Ilha Madre de Dios : on reste dans l’ambiance) et embouquer un chenal étroit pour nous faufiler entre les mangroves en faisant bien attention d’éviter les bancs de sables et les récifs semi submergés. Les cartes de la marine brésilienne, fort heureusement, sont précises et le sondeur nous guide dans ces couloirs étroits. Le mouillage à un charme fou : un lagon isolé dans la mangrove.

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Un hotel de luxe qui n’est pas en activité a monté des petits bingalos bien intégrés dans le paysage face nous. De l’autre côté un petit village de pêcheur, il est sur une autre île. Nous sommes entourés de petits îlots qui découvrent à marée base. Derrière les mangroves c’est la forêt vierge tropicale avec ses grands arbres enchevêtrés qui donne à l’endroit un petit parfum Amazonien. C’est juste splendide, quelques barques de pêcheurs passent en nous souhaitant le bonjour et la nuit tombe en nous laissant le calme sous le ciel scintillant de mille étoiles.

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Pour dormir nous rangeons tout ce qu’il peut attirer l’attention et nous nous enfermons dans le bateau comme il le recommande dans le livre. Dans ce havre de paix nous resterons deux nuits. Le matin de bonne heure on se baigne, l’eau n’est pas limpide, on est au fond de la baie (imaginez une sorte de golfe du Morbihan tropical), elle a beaucoup d’alluvions en suspension mais elle nous rafraîchit un peu après la nuit chaude. Le matin nous en profitons pour bricoler dans le bateau (si l’on pense que le bateau il n’y a rien à faire, on se trompe), là je nettoies les fonds et fais l’inventaire de la nourriture qu’il nous reste. Domi avait fait taillé une pièce pour renforcer la fixation de la rotule supérieure du safran et profite de cet endroit sans remous pour la mettre en place. En début d’après-midi après le coup de fil à maman (qui a été opéré le matin) nous partons en canoé dans les mangroves aux allentours.

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Nous glissons le plus silencieusement pour ne pas effrayer les échassiers qui se gavent des vers et de crustacés vivant dans la vase au pied des arbustes. Nous trouvons un passage de plus en plus étroit qui nous fait un canal à travers la mangrove.

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Finalement nous arrivons à un barrage qui nous empêche d’aller plus loin. De tous façon la nuit tombe et nous devons faire demi tour.

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Le lendemain après un bon petit déjeuner nous levons l’ancre pour remonter l’île de Maria Guarda et mouiller devant l’île de Bimbarras. C’est une île privée mais c’est aussi un parc naturel abritant des espèces d’oiseaux protégées. Nous avions lu sur notre guide qu’il suffisait de demander la permission au gardien pour pouvoir la visiter mais malheureusement, cette fois-ci, il ne veut rien savoir. Alors nous nous rabattons sur Maria Guarda et son village de pêcheurs.

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La moitié des maisons est en construction où ne sont pas terminées. Nous traversons le village pour rentrer dans la forêt. On entend une multitude d’oiseaux sans pour autant les voir tellement les arbres sont hauts .A peine sommes nous à l’intérieur que nous sommes attaqués par des petits insectes qui font de nous leur repas préféré aussi on n’insiste pas et nous faisons demi-tour.

 

De retour au village nous pouvons acheter du pain à un marchant en vélo. Des femmes nous proposent un kilo de crabe cuit qu’elles viennent de décortiquer pour quelques reals. Nous acceptons avec empressement. Sauvés ! Nous avons notre repas du soir. De retour au bateau nous préparons un ragout de crabes et c’est sous un ciel étoilé que nous le dégustons accompagnés de pattes noires, un vrais régal. Bon, vingt heures trente il est l’heure d’aller se coucher, demain nous bougeons de nouveau.

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Départ matinal, nous faisons un premier arrêt sur la côte ouest de Ilhas das Vacas, une grande île boisée inhabitée pour aller nous promener sur la plage et essayer à nouveau de pénétrer un peu la forêt (sans plus de succès que la veille J) Déjeuner rapide au mouillage (encore du crabe J) puis nous mettons le cap sur Itaparica. C’est une petite station Balnéaire qui se trouve de l’autre côté de la baie, juste en face de Salvador. Au milieu de la baie nous contournons un énorme méthanier (transporteur de Gaz) amarré à une plate forme. Le vent est assez fort est nous devons prendre un ris dans la GV. Çà file et nous arrivons tôt au port aussi il y a le choix de la place sur ponton. Très vite les autres places sont prises, (pas difficile, il n’y a que cinq places). Le soir en allant nous promener dans le village nous apprenons par une famille qui parle le Français que c’est férié le lendemain, on est vendredi avec le week-end cela fait trois jours, alors c’est la fête ! A côté de la marina, il y a une fontaine d’eau minérale où les gens viennent remplir leurs bombonnes. Le matin nous allons faire nos courses, fruits, légumes, dans une petite épicerie et aussi à la pharmacie car Domi a un début de panaris sur la main, rien de grave mais la bétadine ne suffit pas, il lui faut un antiseptique antibio. Nous finissons par la visite du centre ville qui est sympa Nous retrouvons les vieilles maisons au style colonial peintent de couleur pastel. Ici tu dois vivre un pinceau à la main sinon très vite les murs noircissent et la mousse prend le dessus, l’humidité est partout et il faut être vigilent. Beaucoup de maison sont abimées par les moisissures, pourtant les intérieurs ont l’air soignés.

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Le soir c’est la fête sur les grosses vedettes et le voilier de 17 mètres à côté de nous. Musique a fond (plutôt bonne, pas de la techno : on sait vivre chez les riches brésiliens), barbecue sur le ponton et ils passent de bateau en bateau un verre de cocktail à la main, on se demande comment ça va se terminer mais non, sagement vers 10 heure le port se calme et l’on entend encore quelques musiques tard dans la nuit mais rien qui puisse troubler notre sommeil. Le lendemain réveil à la première heure, il fait un temps de cochon, il pleut des cordes, le ciel est chargé et un fort vent de sud-est souffle dans le port levant un clapot très inconfortable à marée haute, heureusement la mer redescend vite et nous sommes de nouveau à l’abri. Nous avons prévu d’aller plus loin dans la rivière. Nous profitons d’une accalmie pour mettre les voiles. Ainsi nous retrouvons le calme et glissons sous foc seul dans le chenal principal. La rivière (en fait un long bras de mer séparant l’île d’Itaparica du continent) se rétrécit et l’on aperçoit dans le fond le pont que nous ne pouvons pas passer (pas assez de tirant d’air) mais ce n’était pas notre but : nous sommes venu là pour voir une petite cascade.

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Nous mouillons juste en face, mais le temps que nous gonflions le canoé pour aller à terre, vingt personnes avec musique et barbecue débarquent d’un bateau de promenade. Entre temps le vent c’est renforcé et opposé au courant nous pousse sur notre chaîne, ce n’est pas tenable. Il nous faut mouiller avant arrière. C’est une manœuvre fastidieuse : sortir la nouvelle ancre, sortir les outils et la monter, chercher le bout plombé équiper le tout à l’arrière . Finalement nous décidons de le faire mais un peu plus loin dans la rivière là où elle est plus large et où l’on a plus de place. Du premier coup nous réussissons, et c’est une bonne chose car le soleil est déjà bien bas à l’horizon. Le tour de canoé ce sera pour demain. C’est vers 9 heure 30 que nous éteignons les lumières, pour nous mettre au lit (pas de ciel étoilé ce soir, il pleut des cordes).

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IL est 6 heure quant nous sommes réveillés par quelque chose qui tape sur la coque du bateau. On sort prudemment : personne en vue, on fait le tour toujours rien. Bon, je vais me baigner et ma douche ensuite, puis le petit déjeuné et là sous nos yeux un piquet dépasse de quelques centimètres de la surface de l’eau, et un autre un peu plus loin, mince alors ! !on est entouré de piquets. Bizarre, nous n’avons rien vu hier en mouillant et le bateau ne c’est pas déplacé d’un cm. Mais nous étions à marée haute et la elle est basse ce qui explique que les piquets soient maintenant visibles. Bon ! il faut partir sans laisser nos chaînes et nos ancres dans ces piquets. Tranquillement on relève les deux ancres et nous repartons.sans rien accrocher, ouf ! Nous qui pensions recommander cet endroit comme un bon mouillage c’est raté.

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Nous revenons sur la cascade mais cette fois-ci c’est deux voiliers qui nous grattent la place, tant-pis nous y allons quant même. Pendant que les autres profitent de la cascade nous faisons une ballade sur la grève il est 10 heure du matin il fait frais et nous sommes surpris par une grosse averse mais se n’est pas grave ici l’eau qui tombe du ciel est chaude et cinq minutes plus tard nous sommes secs. En revenant nous avons la cascade pour nous tout seul … De retour au bateau nous levons l’ancre tout de suite, nous avons du chemin à faire jusqu’à Salvador et nous voulons arriver avant la nuit. La ballade dans la baie est terminée. Demain il nous faut faire les courses et les formalités de sortie, avant de repartir plus au sud. Au revoir Salvador de Bahia et sa baie de tous les Saints.

 

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écrit par Anne et relu par Domi

Salvador de Bahia

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Il est 5 heure 30, nous passons la bouée d’approche à l’étale de marée haute. Le jour se lève. Au loin on distingue les grattes ciel de la ville. C’est manifestement une grande ville, elle s’étend sur plusieurs kilomètres. Derrière le banc de sable la houle est sensée se calmer mais le courant de la marée descendante qui s’oppose au vent lève une mer très courte. Il faut attendre d’être sous la pointe de Barra pour enfin trouver le calme. Nous longeons cette ville gigantesque silencieux, nous avons hâte de la découvrir et en même temps nous redoutons sa foule et son brouhaha. L’approche n’est pas compliquée et nous allons directement à la marina du centre ville le Terminal Nautico. Tout de suite on est pris en main par les marinheros et une place nous est attribuée. Ici pas de catways, c’est arrière au ponton et pendilles à l’avant. IL n’y a pas beaucoup de bateau et pratiquement tous sont brésiliens. Quelques locaux nous accueillent gentillement dans un Anglais hésitant. Par contre de notre côté nous avons beau faire des efforts pour comprendre leur langue mais rien ne passe. Déjà le portuguais se n’était pas facile : écrit on comprend à peu près et comme ils prononcent plutôt bien on arrivait à s’en sortir mais là le Brésilien, quand ils le parlent avec leur accent chantant, c’est vraiment une langue à part. Derrière la marina, la ville progressivement se réveille, et ce que nous redoutions et bien réel, il y a beaucoup de monde et c’est vraiment bruyant. A peine le pied à terre c’est pour l’administration et voilà Domi muni de son sac à dos qui va faire remplir les formulaires d’entrée dans le pays. Pour l’immigration il faut que nous y allions à deux. Le pantalon et la chemise à manche longue sont de rigueur. Ce n’est pas tout prêt mais nous préférons y aller à pieds il est déjà 11 heure passées mais nous devrions avoir le temps avant la sacro-sainte pose déjeuner. Nous cherchions un immeuble marqué policia fédéral mais en fait c’est un tout petit bureau au 2ème étage de l’immense bâtiment de l’administration du port autonome. Le temps de trouver, ils sont partis déjeuner. Qu’importe, cela nous fait du bien de marcher.

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Nous découvrons une ville sale où les hommes pissent sur les murs du trottoir. C’est une infection. La plupart des grattes ciel du quartier des affaires et des immeubles plus anciens de la ville basse, en face, ne sont que ruine délabrée, on se demande comment ils tiennent encore debout, et comment les gens peuvent vivre ou travailler à l’intérieur. Il y a des immeubles où il ne reste que les quatre murs extérieurs sans fenêtre. Au centre on y aperçois un trou béant. Certaines de ces façades sont du être très belles. Il y reste encore un semblant de peinture pastel ou même de carreaux de faïence (azuleros). On s’imagine la fin du siècle dernier où la ville basse était florissante et tout était encore entretenu et rutilant de couleurs… Oui ça devait être magnifique.

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Ce n’est que le deuxième jour que nous sommes montés voir la ville haute. Nous prenons le grand ascenseur qui monte les 200mètres en un rien de temps. Il est a Salvador ce que la tour Eiffel est à Paris : on le voit sur toutes les cartes postales et les guides touristiques. Il date d’ailleurs de la même époque même s’il a été modernisé depuis.

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Ici, tout est beau et bien entretenu avec des musées de peinture, des galeries d’art et des magasins de souvenir à tous les coins de rues. Les restaurants ne manquent pas non plus, là un artiste joue du Gilberto Gil pour attirer le client.

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Autre spécialité locale : les patrouilles motocycliste de la Policia Militar. Prenez une moto tout terrain, mettez deux policiers casqués en gilet pare balle armés jusqu’au dents. Celui qui se tient à l’arrière de la moto à son arme à la main posé sur sa cuisse prêt à tirer et l’ensemble zigzague à vive allure entre les voitures et dans les ruelles souvent 2 ou trois motos se suivent. Il y a aussi à chaque carrefour un policier observe la foule. Les pickpockets et les grands criminels n’ont qu’à bien se tenir. On ne rigole pas ici avec le touriste. Pourtant on nous a prévenu « redescendez avant la nuit où prenez un taxi qui vous ramènera à la marina sinon gare » et oui le brésilien est accueillant mais à la nuit tombée, la pègre reprend ses droit.

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La nuit noire ici s’est 6 heure 30, bon, on fait avec et le soir de retour au bateau on reste bien sage. Nous avons pris le taxi pour aller au super marché. La liste des produits que l’on ne trouve pas au Brésil est longue Coucous –figues –tous les produits sous vide jambon, saucisson, plats cuisiné en conserve, très peu de fromage…On se pose la question de comment on va faire pour les prochaine traversées .

En faites les Brésiliens mangent énormément de ragout de viande de porc fumé ou de poisson avec des haricots, riz, lentille, citrouille (nous sommes en hivers) manioc et autres racines accompagnés de légumes tel que ocras, poivrons, salades et tomate . Ils mangent aussi beaucoup toutes sortes de croquettes frittent dans l’huile que des marchands ambulants vendent dans la rue.

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Le lendemain nous poussé jusqu’au Mercado popular de Sao Joachim. C’est un immense marché couvert, on y a retrouvé l’ambiance des souks arabes. Des l’entrée on est assailli par une palette infinie de couleurs et d’odeurs.

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Ici ce sont ces fruits et légumes tous plus exotique les uns que les autres pour les pauvres européens que nous sommes.

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Là ce sont des chapelets de viande de porc fumé ou salée, de la viande rouge ou des abats, que l’on débite à même le billot. Plus loin encore c’est des paniers de toute sortes et de toute formes qui décorent le plafond. Ailleurs se sont d’énormes sacs de riz, de farine de blé où de manioc posés à même le sol.

 

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Tout au bout de ce gigantesque labyrinthe, ce sont les volailles vivantes (à éviter), le poisson et les crustacés. Des hommes, poussant de drôle de brouettes à trois roues véhiculent les marchandises entre les camions et les échoppes. On en profite pour faire nos courses, fruits, légumes, crevettes et une belle langouste. Le tout pour moins du quart de ce que çà nous aurait coûté en France. L’ambiance est là nous sommes au cœur de la vie Brésilienne intense et trépidante. Les gens sont chaleureux, rieurs, ils ont le temps, nos difficultés linguistiques ne les arrêtent pas.

cliquez sur la photo pour l’agrandir

La musique est présente partout, toujours très forte et quelque fois c’est une cacophonie insupportable. Nous trouvons au bout du marché un petit restaurant en terrasse donnant sur la baie de tous les Saint, on prend une bière et pourquoi pas on mange à la brésilienne le ragout de poisson traditionnel avec des haricots et accompagnés d’une sauce pigmentée et d’une salade. Nous apprécions et le lendemain nous y revenons pour goûter cette fois-ci une autre spécialité à base de porc. Une portion pour deux c’est largement suffisant. On se régale pour une bouchée de pain (même s’il n’y en a pas, de pain 🙂 ).

 

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Des Français arrivent dans le port, nous allons les accueillir comme il se doit en bon compatriote. Il sont au Brésil depuis 1 an et demi par tranches de trois mois comme la loi l’exige. Ils en profitent pour visiter les pays avoisinants. Leur bateau doit être ressorti du Brésil avant la fin des deux ans (sinon il devront payer la taxe d’importation de 60% loi oblige). Ils veulent partir dans le sud et comme nous, faire les canaux de Patagonie.

Et c’est devant deux langoustes tout juste achetée à un pêcheur qui passait par là que nous rêvons de nos futurs voyages.

écrit par Anne et Domi

La traversée du Cap Vert au Brésil (2)

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Jeudi 16 Aout :

 

A 5 heure du matin un Cargo nous coupe la route. Il va au Nigeria et n’a pas envie de dévier de sa trajectoire aussi nous manœuvrons pour l’éviter. Au levé du jour Le second alternateur celui qui recharge les batteries auxiliaire ne charge plus , C’est le relais de son régulateur qui chauffe et qui bloc. Ce problème est rapidement résolu. Nous avons aussi des paquets d’algues qui viennent bloquer l’hydrogénérateur , il faut pour cela remonter le bras et libérer les intruses . Avec ces calmes, on voit à la surface de l’eau de grandes masses d’algues dérivantes. (On imagine la mer des sargasses). Si elle s’accrochent dans la quille ou le safran cela nous ralenti fortement aussi nous zigzaguons pour les éviter. Nous avons toujours le moteur au ralenti pour que le pilote puisse continuer à garder le bateau sur sa route et surtout pour ne pas reculer à cause du courant équatorial. Nous ne pouvons pas nous servir du moteur pour avancer à notre vitesse de croisière car nous n’avons pas emporté assez de carburant (pas fait le plein depuis le départ des Sables).

Le soir je fais comme au resto. Je prépare la dorade en sushi et à la tahitienne. Miam, miam. On se régale et en plus c’est beau.

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Toute la nuit le vent fait le yoyo , c’est épuisant . Nous envoyons le foc et cinq minutes plus tard nous affalons pour remettre le moteur . Il fait une chaleur dans la cabine ! C’est insupportable ! Nous changeons notre couchette pour celle du carré qui est moins bruyante et plus aérée. J’avais l’idée qu’en plein océan la houle était longue et très creuse . Là , nous avons 50 cm de houle pas plus mais très courte . On m’avait parlé aussi d’alizé ? Oui certes, le vent quant il y en a, souffle du secteur nord (donc vent arrière) mais il ne dépasse jamais les 6 nœuds (donc insuffisant pour gonfler correctement le voiles) .IMG_1024

 

Vendredi 17 Aout :

Toujours pareil , pas de vent , Domi perd patience ça commence à bien faire ce n’est pas ce qui était prévu . La météo s’est encore planté où quoi ? même Hercules notre pilote préféré en perd son latin et ne veut plus rien entendre . La girouette fait des 360 tours sans arrêt . L’orage le soir monte, nous en profitons pour installer le récupérateur d’eau de pluie ( c’est une première pour lui comme pour nous) . Le premier nuage passe, pas de pluie, juste un crachin Breton . Plus loin un deuxième, et nous arrivons enfin à avoir une bonne averse pour remplir nos jerrycans et nos seaux. Nous n’étions pas en manque d’eau c’était juste une bonne occasion pour essayer le récupérateur et faire mumuse avec l’eau. Nous finissons donc à poil pour profiter de cette abondance d’eau douce et savourer les délices d’une bonne douche fraîche. Avec la pluie enfin un peu de vent , c’est toujours ça de pris. Nous rangeons le matériel mais toute la nuit les nuages vont se succéder, vent, pas de vent , vent , pas de vent . épuisant …

Samedi 18 Aout :

 

Température de l’air 30° eau 29.2 baromètre 1018mb 2,6 m passage de poissons (surement du gros) on est au 5°30.541’nord 28 °44,308’w (bientôt l’équateur)

Baignade au lever du jour, et ensuite j’installe la ligne. Domi va se reposer. Nous avons retrouvé le soleil et un tout petit vent c’est établi.

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Sur le coup de midi, un poisson choisi son moment pour surfer au bout de ma ligne. Pas de panique. Nous le laissons un peu s’agiter pour qu’il se fatigue (merci Alain pour le truc du sandow) et l’on fini tranquillement notre repas. Cette fois-ci c’est du lourd. Pas de doute c’est un prédateur, il ressemble au brochet de forme en plus coloré avec une tête pas sympa, des petites dents aiguisées des vrais rasoirs. Un coup d’œil à nos fiches (américaines) nous indique qu’il s’agit d’un Wahoo (classé comme bon poisson comestible). Nous pensons que le nom français est Tazar (à vérifier) il a une chair blanche et ferme , une fois cuisiné on dirait du bifteck sous la dent tellement la chair est ferme . Après la sieste, je cuit la queue en court bouillon et je l’émiette pour en faire un pâté avec du fromage « Philadelphia» (sorte de St Moret américain) , huile d’olive, citron vert, ail coriandre (qu’il me reste fraîche) . Nous mangeons ce délicieux met accompagné de riz. Pour le soir c’est un peu lourd . Le vent de Sud-SO nous porte tranquillement en laissant le pot au noir derrière nous, ouf ! Ce n’est pas pour autant que nous avons moins chaud à bord ! l’air est très sec et malheureusement les embruns nous ont contraints à fermer tous les hublots.

Petit annecdote dans la nuit qui nous a bien fait rire.

Domi se réveille sur le matin (comme disent les marins la tête dans le cul) il a dans la main un poisson qu’il tient par la queue « qu’est ce que c’est que ce bazars » il a trouvé ce poisson dans sa chaussure. Imaginez le scénario. Le poisson attérit dans le cockpit, en faisant un boucan pas possible, saute et rentre par le hublot de la cabine directement sur l’oreiller de Domi,  le réveillant au passage. Mais d’un dernier sursaut le poisson s’en va finir sa course au pied du lit dans la chaussure. Domi  se rendort, il y a juste une petite odeur de poisson qui traîne maintenant sur l’oreiller.

Quant tu restes peinard à la maison , tu ne vis pas des trucs comme çà ?

 

Dimanche 19 Aout :

Aujourd’hui pas de pêche aujourd’hui, nous en avons assez dans le frigo.

Je vais vous donner plutôt la recette de brandade de morue coryphène fait bateau

-dans un rice cooker faire cuire des pommes de terre pour deux avec 1/3 d’eau de mer 2/3 d’eau douce

-mettre les pommes de terre dans un récipient

-épluchez les et écrasez les à la fourchette (pas de mixeur à bord)

-cuire à la suite le poisson dans le même rice cooker en cour bouillon pas longtemps

-éplucher et émietter le poisson avec les pommes de terre

-épicer avec de l’ail, sel si besoin, poivre cumin enfin bref se que vous trouvez au fond de votre placard

-un peu d’huile d’olive (c’est un poisson charnu mais pas un gramme de graisse)

-du lait de coco (où autre)

-si vous aimez mettez aussi du gruyère (on en a plus à bord) passez au four (sous l’équateur on a pas voulu.

Régalez –vous

 

Avec çà j’ai l’estomac bien plein et le repas du soir sera remplacé par juste un peu de fromage pour moi. Domi lui se fera une belle darne de poisson (wahoo, ça va de soi)

 

Lundi 20 Aout :

Je vous passe les détails de navigation, les cargos rencontrés (il commence à il y en avoir beaucoup, je suppose qu’il retransmettent notre position sur marine-traffic.com), les manœuvres et réglages de voiles incessants que nous faisons, à force le texte deviendrait rébarbatif. Je voudrais plutôt vous parler de la vie à bord. Il ne faut pas imaginer que pendant la traversée, les taches ménagères soient négligées. Au bout de quelques jours ça deviendrait vite une porcherie …Sur de petites traversée de 2 -3 jours on peut attendre l’arrivée au port, mais là nous sommes en mer pour 15 ou 20 jours voir plus, aussi nous essayons de tenir notre maison flottante le plus propre possible. La vaisselle est faite après chaque repas comme à la maison. Lavée tout d’abord à l ‘eau de mer (en plein océan elle est vraiment limpide) puis rincée à l’eau douce (un minimum : il faut faire durer la réserve). Il faut de temps en temps sortir balais et pelle et passer un coup de lavette. Nous avons un gros avantage sur notre bateau grâce à notre « dog house / véranda » tous les repas se font dehors. Le carré à l’intérieur n’est utiliser que pour bricoler où stocker des vêtements, les gilets de sauvetage (que l’on utilise lors des manœuvre mais aussi dés que le vent monte et que la mer s’agite et toujours la nuit).

Finalement, je vous le disais, c’est comme à la maison sauf que çà bouge un peu et surtout, gros avantage : on a plus de courses à faire, elles ont étaient faites avant le départ et si on a oublié le sel c’est pas grave c’est pas çà qui manque autours de nous.

 

Mardi 21 Aout :

Bruine, crachin breton, nuages orageux : c’est le temps de ce matin. Le vent, lui, reste variable en force et en direction. On n’arrête pas de régler les voiles. On est pas en course on voudrait bien y aller relax, mais quand le bateau n’est pas bien réglé, non seulement il se traîne mais il bouge dans tous les sens en faisant battre les voiles. Ce n’est pas confortable.

Nous voyons apparaître à l’horizon un gros cargo blanc il n’a pas l’AIS . C’est probablement un bateau usine pour la pèche industrielle. Il va nous passer à un mille de nous (pas cool ça, de nuit il nous aurait fait une belle frayeur).

Aujourd’hui c’est passage de l’équateur.

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Nous sommes déjà passé plusieurs fois l’équateur mais c’est la toute première fois en bateau à voile. Ce bateau est allé deux fois aux Antilles mais n’a jamais encore passé l ‘équateur. Les marins en général sont très superstitieux et au passage de l’équateur il se doivent d’offrir à Neptune un rafraîchissement pour le remercier d’être clément avec l’équipage. Donc une bonne rasade de rhum pour Neptune, une pour le bateau et une pour l’équipage (qui lui n’aura le droit qu’a du Kéfir – il faut garder les idées claires) . C’est la fête à bord . On se déguise avec se que l’on trouve et on chante des chansons de marin.

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Le soir enfin le vent monte à 15 nœuds,ouf ! il était temps mais maintenant on a du mal à écrire tellement ça bouge. Sur un bateau on a une régle, il faut garder 3 appuis (les deux jambes plus une main sur une main courrante) et la dernière main est pour l’objet que l’on doit passer à l’autre . La démarche doit être sure et nous progressons soit par petits bons soit comme au ralenti.

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mercredi 22 Aout:

 

C’est décidé, nous allons directement à Salvator de Bahia , nous sommes bien positionné à l’est pour profiter de l’alizé. Faire le détour par Fernando de Noronha nous forcerais à aller beaucoup plus vers l’ouest et par la suite à tirer des bord le long de la côte brésilienne pour continuer notre route. Certes l’endroit est paraît-il magnifique, mais il y a une taxe de 300 euros pour 48 heures à payer est (l’île est parc national) ce qui fait très cher pour un mouillage réputé très rouleur à cause de la houle en cette saison et en plus la météo prévoit des orages sur cette zone. On verra au retour me dit Domi,pour me consoler .

Le vent est soutenu avec beaucoup de grains, et nous alternons GV haute et foc avec GV à 2 ou 3 ris et trinquette. Brésil tiens toi bien ! nous arrivons à grand pas !.De nouveau des cargos nous accompagnent sur notre route en nous passant de droite et de gauche, a un mille de nous, il y a vraiment de la circulation dans le coin .

 

jeudi 23 Aout :

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Rien de spéciale journée identique à la précédente, changements de voilure, direction du vent et orages.

 

vendredi 24 Aout;

Nous avons une fuite dans le coffre arrière, rien de bien inquiétant , mais il faut vider de trois seaux d’eau toutes les 6 heures. Nous n’avons pas encore localisé par où l’eau passe. Il en profite aussi pour resserrer les vis de la rotule supérieure de l’axe du safran qui s’était complètement desserrées et changer des boulons normaux contre des écrous « nylstop » qui devrait rester bien serré quelque soit les vibrations. Des paquets de mer viennent se briser sur le pont en balançant au passage notre repas volant. (ces jours-ci les poisson volants sont très nombreux et vraiment gros – la taille du maquereau moyen – chaque atterrissage sur le pont fait un vacarme épouvantable) Heureusement plus de pêche pour l’instant , nous allons trop vite et la houle est forte .

La vacation de ce soir se fait à hôpital, maman est de retour là-bas . Ce blog lui est dédié, c’est principalement pour elle que j’écris pour qu’elle puisse nous suivre dans notre voyage et qu’elle soit avec nous.

 

25 Aout :

Les journée se succèdent et nous longeons maintenant la côte Brésilienne , suffisamment loin pour éviter les pêcheurs qui n’ont pas AIS et qui ont des filets dérivants d’un kilomètre derrière eux . La nuit on ne peut pas les louper, ils sont éclairés comme des vrais paquebot mais seulement un petite loupiote signale la fin de leur filet.Nous pensons arriver entre Mardi dans la soirée où mercredi matin .

Recette de la rillettes de poisson volant au fromage yankee et curcuma façon chef :

il vous faut au moins deux poissons volants trouvés sur le pont le matin

du Philadelphia (fromage américain que l’on trouve dans tous les port du monde) un jus de citron vert(cela tombe bien ce sont les seul agrumes qu’il nous reste ) du curcuma , sel , poivre et un minou qui est prêt à cuisiner même quant la mer est en vrac . Faire cuir le poisson au cours bouillon, enlever les arrêtes et ça c’est pas facile quant ça bouge mais bon … émietter et mélanger les ingrédients en écrasant . servir sur des crackers, tucs ou biscottes enfin ce qui reste au fond du placard (fin de traversée) .n’oubliez pas l’assaisonner à votre gout et régaler vous .

 

Dimanche 26 Aout :

C’est la fête à Vaas chez ma sœur Véro. C’est sympa de suivre les autres alors que vous nous suivez vous aussi. Je ne suis pas déconnecté et je n’en ai pas envie. Quant nous habitions aux Emirats c’était pareil, j’ai une partie de moi qui reste là-bas avec eux .

Cela s’appelle la nostalgie du pays ? Je suis pourtant bien ici et n’échangerai pour rien au monde ce voyage, même si par moment la vie de marin n’est pas facile .

Lundi 27 Aout :

Les grains se succèdent ne nous laissant très peu de répit , Ils se font de plus en plus violent et nous devront réduire sérieusement la voilure . Dans la soirée sous la violence des grains on affale complétement la GVoile  pour continuer sous foc seul .

Mardi 28 Aout:

Il est 5 heure30 , le jours se lève et nous sommes à la bouée marquant le chenal d’accès de la baie de Tous Les Saints . Les grattes ciel de Salvador de Bahia se découpent sur l’horizon. La traversée est finie , Nous aurons mis 16 jours 22 heure pour 2300 milles effectués. ce qui nous fait une moyenne de 5nœuds 6. C’était une excellente traversée et nous avons hâte de découvrir le Brésil.

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écrit par Anne et corrigé par Domi

La traversée de l’atlantique du Cap Vert au Brésil (1)

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Samedi 11 Aout 2018 :

Ce matin, je me réveille tôt de bonne humeur. Nous reprenons la mer pour le Brésil. Nos amis Les Ukrainiens se préparent eux aussi à partir pour les Acores et les Sud Africains rentrent chez eux directement sans escale. Le port sera bien vide après nos départs. Je m’active, prépare le petit déjeuner et range le bateau. Nous allons en ville faire des dernières courses de frais, poissons, fruits et faire nos adieux à cette ville que nous avons adorée. Tous les papiers sont en règle et nous avons récupéré les 20 euros de caution pour les cartes d’eau et l’ouverture d’accès au ponton. Domi a chargé les derniers gribs de météo et calculé son routage pendant que je préparai et rangeai les tauds de soleil et de Grand-voile. Il est midi les amarres sont larguées et nous défilons le long de cette côte lunaire. Au bout, un dernier phare avant le grand large. Nous glissons de travers au vent à 8 nœuds, la mer est plate, c’est un vrai plaisir. La houle aussi y met du sien pour nous pousser vers notre destination. Inshalah !

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Nuit sans lune, il y a quelques étoiles et les nuages se font nombreux. Heureusement nous avons l’AIS et le radar qui detectent les bateaux au alentour jusqu’à

25 milles, mais personne, nous sommes seuls .

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Dimanche 12 Aout :

Température de l’eau 26,5° et de l’air 28°, ça donne envie de se baigner mais nous filons trop vite et profitons de ce beau temps pour avancer. La pêche n’est pas bonne. Les poissons sont trop gros par ici, ils ont embarqués tout mon bas de ligne …Il faut que je refasse tout, on verra plus tard. Domi a prévu une route tout en zigzag pour éviter les zones d’orages. Cette année le pot au noir n’est pas très actif, c’est à dire que sous les orages il n’y a pas forcément beaucoup de vent. Peut-être est-ce du à cet anticyclone des Açores centré très haut sur l’Europe ? , ce qui est plutôt bien pour nous.

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Ce soir Mamy n’est pas bien elle a une indigestion et Chantal reste avec elle, je reste connecter avec ma famille j’en ai besoin.

 

Lundi 13 Aout :IMG_0945

Il fait chaud : température air 28° eau 28°3 Baromètre 1014 mb

Ce matin même si le bateau avance vite j’ai décidé de prendre une douche d’eau de mer. A l’aide d’un seau je puise de l’eau sur l’arrière du bateau et m’asperge. A cette température là c’est un plaisir ensuite rinçage à l’eau douce obligatoire sinon ça gratte. Ce matin j’ai pêché un gros poisson (non identifié dans le manuel des poissons) Après avoir pris la météo que Michel de Ferrière nous envoie deux fois par jours pour compléter les gribs que nous chargeons nous même (en fait le suivi des ondes tropicales en formation) Domi nous fait changer de route. Il cherche un passage entre les orages le bulletin annonce peut de convection mais on ne sait jamais. Il en profite pour vérifier son cable de masse qui protège le mat contre la foudre. Bien lui en prend le cable est sectionné donc plus aucune protection. Bricolage sur le pont, il utilise le système D et relie le mat à l’eau directement avec un cable pendant le long de la coque c’est plus sûr. La journée passe très vite. Elle est ponctuée par le rythme des repas et des siestes obligatoires le matin et l’après-midi. Maintenant nous n’avons plus de mal à dormir en pleine journée. Domi me dit qu’on a fait 300 milles en 48 heure c’est plutôt pas mal.

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Le vent se calme, nous mettons le spi sans grand-voile (sinon elle bat et à la longue c’est épuisant pour elle et pous nous). Pendant la nuit le vent tombe complètement, nous mettons le moteur.

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Mardi 14 Aout

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Journée relax, le matin par manque de vent nous avons toujours le moteur. L’après-midi nous avons un petit vent juste ce qu’il faut pour faire avancer le bateau sous spi nous marchons tranquillement. Nous en profitons pour aller nous baigner dans la grande bleue. S’est très impressionnant la première fois et domi trouve qu’il y a beaucoup d’eau en dessous, c’est sure on a pas pieds ! L’eau est chaude 28° c’est génial. C’est une journée où on remet tout d’équère, c’est à dire on refait le plein des placards, on range ce dont on a plus besoin comme les guides nautique des côtes où nous sommes déjà passé, on se fait les ongles, taille la barbe(pour Domi) les poils pour moi ,enfin bref tout ces petites choses de la vie de tous les jours qui nous nous semble si fastidieuse à terre , où que l’on a le temps de faire juste en vacances, lecture, pêche ,bain de soleil et dodo.

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mercredi 15 Aout:

Qui a dit que l’océan n’est pas un lac ? je peux vous assurée que c’est ce que l’on découvre le matin. Pétole totale, pas une ride tout juste une légère ondulation due à la houle. Nous arrêtons le moteur. Le calme règne. C’est le moment idéal pour piquer une tête avant le petit déjeuner. L’eau est transparente et la lumière est irréelle Vous ne pouvez imaginer eau plus transparente : quel délice ! La coque de Rêve à Deux est nickel, pas une algue, ni salissure. Rien n’accroche pourtant l’eau ici est chaude …, merci au chantier La Sablaise Nautique qui nous a si bien refait la sous marine en Copper Coat.IMG_0953

 

La pêche est bonne ce matin un autre poisson inconnu est remonté pour notre repas de ce midi. A peine la ligne remise à l’eau, une grosse dorade coryphéne mord. Nous la voyons se débattre au bout de la ligne en faisant des bonds hors de l’eau. Mais elle parvient à se libérer avant que je puisse la hisser à bord, dommage elle était belle…

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Le soir est aussi le moment favorable pour la pêche et une autre belle dorade se prend dans la ligne, le repas est assuré pour les jours à venir. La coryphène est un très beau et très bon poisson. Elle a une bosse sur la tête et en général on la trouve souvent autour de bois flottants où d’algues. Elle n’est jamais seule, là nous apercevons deux autres qui nous tournent autour sous la coque de Rêve à Deux. Pour la remonter à bord nous avons la technique maintenant, j’ai mes petits gants de jardin, Domi le seau et le crochet. Une fois remontée à bord, je lui cache les yeux pour la calmer et domi lui administre une bonne raçade de rhum sur les ouïes pour l’anesthésier. Complétement soule elle ne se débat plus et nous nous avons l’odeur de rhum à la place de l’odeur de poisson, pas désagréable.

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Le soir des gros nuages font leur apparitions et nous profitons d’une averse pour se prendre une douche, avant la nuit c’est l’idéal. Nous mangeons au coucher du soleil, c’est plus romantique et surtout tellement plus beau.

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à suivre …

écrit par Anne et corrigé par Domi

Rencontre à Mindelo

A la marina de Mindelo, il y a peu de bateaux de passage amarrés. L’affluence, ici, commence en novembre quand la saison des cyclones aux Antilles se termine et que les bateaux qui veulent se raccourcir un peu la traversée font escale. En face de nous, des Sud-Africain qui ont achetés leur bateau à Alicante et font une pose de quelques jours avant de retourner directement chez eux. Il y a aussi des Espagnol qui battent le pavillon Belge (taxes moins élevées nous disent –ils). Mais il y a aussi un bateau beaucoup plus intéressant. Son nom, immatriculation et port d’attache s’étale sur sa coque blanche en lettres cyrilliques. Son pavillon bleu et jaune nous indique que c’est un Ukrainien. Que fait-il si loin de chez lui ? L’un des deux membres de l’équipage répare une voile sur le ponton pendant que l’autre s’affaire sur le bateau. Nous avons droit à un grand bonjour en Ukrainien. La ressemblance de l’un de nos deux compères avec Santa Klaus (pére noël) est absolument frappante. Il n’a certes pas l’habit rouge (il est habillé d’une chemise à fleur, d’un short et de santiag de plage mieux adaptés au climat d’ici) mais la grande barbe, les cheveux fillasses blancs, un regard bleu acier rieur : tout est là.. Il vient spontanément regarder notre bateau et nous féliciter dans un Anglais approximatif. Comme tout bon marin il nous demande d’où l’on vient et notre destination? Lorsque la réponse est la Patagonie son visage s’éclaire, oui La Patagonie ils reviennent de là bas ils ont vu le Cap Horn, mais maintenant ils rentrent chez eux. Les bras moulinent pour bien se faire comprendre. Ils ont besoin de raconter leur périple. Pendant trois jours où nous resteront à Mindelo, au hasard de nos conversations décousues dans un Anglais mêlé de mots espagnol, et parsemé de pas mal de russe et d’ukrainien nous allons reconstituer leur histoire par brides.

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Voici donc l’histoire de Grisha et Mishka les deux « crazy pensionneers » (retraités un peu fous, de leur propre aveux) ukrainien et de leur bateau « le Lel » se qui veut dire en Ukrénien abeille mais c’est aussi le nom d’un dieu de leur mythologie .

 

 

IL y a bien longtemps v, une bande de quatre copains de l’université polytechnique de Kiev passent leur loisir à faire de la voile. Ils aident l’un d’eux, Grisha, à construire son bateau. C’est le plus âgé de tous, Quant il était en activité il a participé à la conception et la construction de bateaux de travail. Il est ingénieur électricien de formation mais aussi un génie en voile et architecture navale. C’est un petit bonhomme un peu rond au regard pétillant d’intelligence, même s’il ne parle pas notre langue ni l’anglais, il arrive toujours à se faire comprendre. A Kiev la vie est dure et l’argent et rare mais avec les moyens du bord et l’aide des copains, il construit son canote. Ils récupèrent de aluminium exotique destiné à faire des fusées (alliage d’aluminium et de bore pour les membrures et alu magnésium pour la coque). La coque fait 11 mètres de long, 3,40 de large et a un tirant d’eau de 2.30 avec un bulbe en plomb les formes sont racées et harmonieuses. C’est un bi-safran. Il est équipé d’un mat Selden d’une section étonnement faible à trois étages de barres de flèche et double bastaques. Un troisième safran auxiliaire a été rajouté, à l’origine partie intégrante d’un régulateur d’allure aujourd’hui actionné par un petit pilote électrique (ça c’est pour les voileux). Pour son grand voyage il sera doté d’une protection de cockpit qui lui donne un air de baroudeur des mers. La construction du bateau commence en 1996. Il sera mis à l’eau quatre années plus tard. Les premières navigations sont essentiellement des ballades et des régates sur la Dniepr et la mer noire. Mais le rêve les hantes : ils veulent faire le Cap Horn, l’endroit mythique où tous les grands marins se doivent de passer. Mais le voyage coute cher et même si la retraite d’ingénieur et considérée comme une bonne retraite en Ukraine, çà ne va pas chercher loin (2 à 300 Euros/mois). Finalement avec l’aide de leurs familles et des amis le budget est bouclè. Ils partent à 4 de Kiev en septembre 2016, le Bosphore est rapidement embouqué puis Gibraltar. Ils s’arrêtent au Cap Vert puis au Brésil, (Jacare, Salvador de Bahia Rio grande del Sur). Puis c’est l’Argentine, Mar del Plata ou deux des équipiers rentrent au pays en avion. Pourquoi? Sans doute pour des raisons familiales et financières, nous n’avons pas bien compris. Grisha le capitaine et Michka le fidèle équipier continuent quand même le voyage bien décidés à boucler coûte que coûte leur programme complet : voir le Cap Horn, remonter les canaux de patagonie et faire le tour de l’Amérique du sud pour rentrer en Europe par le canal de  Panama.

Détroit de Le Maire, Ushaiïa, retour sur Porto Williams pour faire les formalités d’entrée au Chili et obtenir l’autorisation d’aller au fameux cap.

Ils le verront leur Cap Horn, par 25 nœuds de vent et une houle de 4 mètres. Il font le tour du rocher et parviennent même à faire tamponner leur passeport par le gardien du phare. Ils commencent ensuite la remontée des canaux. Mais voilà on est déjà fin mars, l’été est fini, en hémisphère sud, il est bien tard dans la saison pour commencer la remontée des canaux. Le bateau n’est ni vaigré ni isolé et bien sûr ils n’ont pas de chauffage. Cela n’arrête pas nos deux intrépides ukrainiens. Un bon parka et c’est bon, ils en ont vu de bien pire certains hivers au pays. Mais ils se rende vite conte que subir cette condensation qui dégouline des parois en alu partout à intérieur est une épreuve autrement pénible…. Ils sont au pieds d’un glacier et un matin, il faut dégager la neige et le verglas qui ce sont déposés sur le pont pour ensuite repousser prudemment à la gaffe les glaçons qui entourent le bateau. Mais à la dure comme à la dure, les paysages sont tellement magnifiques, ils sont toujours décider à remonter au moins jusqu’à Puerto Monte. Mais finalement, après quelques grosses frayeurs ils doivent se rendre à l’évidence, leur cartographie électronique (Navionics sur l’ordi du bord, ils n’avaient pas reussi à se procurer de carte Chiliennes) est par trop imprécise pour leur permettre de continuer en sécurité. Trop c’est trop ! pourquoi prendre plus de risque ? Ils peuvent rentrer à la maison la tête haute L’objectif principal est atteint : ils ont vu le Cap Horn c’est suffisant.. Ils reviendront en Atlantique par le canal de Magélan. La route du retour n’est pas facile mais nos deux compères veulent maintenant rentrer pour retrouver leur familles . Grisha, le capitaine, met souvent le moteur pour appuyer la voile. Mircha, aurait bien aimé traîner encore dans ces pays lointain mais bon, il est aussi content de rentrer au pays avec des souvenirs plein la tête.

Lorsque nous les avons rencontrés, ils était à Mindelo depuis quelques jours déjà et ils se préparaient à repartir en faisant quelques petites réparations. Ils avaient rendez-vous le 22 Aout aux Açores avec deux équipiers qui finiraient le périple avec eux.

 

Ils étaient fatigués mais fiers et heureux d’avoir été au bout de leur rêve et d’avoir tellement de choses à raconter à leurs familles. Prêts à repartir ? Peut-être pas tout de suite… au tour d’une bière Miska nous fait comprendre qu’ils s’étaient promis qu’après ce voyage ils navigueraient seulement à la journée et encore, uniquement sur la Dniepr.

 

On s’échange nos adresses mail. Miska nous donne même les numéros de téléphone au cas ou on passerait par Kiev un de ces jours.

 

Un siècle et demi à eux deux un tel périple en moins d’un an sur un bateau maison: RESPECT ! Bon vent et bon retour chez vous.

 

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