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Par les routes départementales…

Mi-Juillet 2023, Rêve à Deux se repose bien sagement à Monfalcone et nous à la maison en Touraine. Mais depuis 5 ans il n’a jamais été aussi près de la maison et ne le sera pas d’ici un bon moment vu qu’après le break estival l’idée est de retourner en mer Egée. C’est donc le moment de faire un aller et retour en voiture pour enfin décharger toutes ces choses avec lesquelles nous sommes partis ou que nous avons accumulées en cours de route et dont nous nous sommes pratiquement jamais servi. On en profitera pour faire du tourisme avec pour challenge de ne pas prendre une seule route, autoroute ou tunnel à péage…

Nous partons le samedi 15 juillet dans la matinée, pas d’étape prédéfinie, la fin de l’après midi nous attrape à Chambéry. On y est souvent passé mais jamais arrêtés, c’est l’occasion. Vu de la voie expresse, c’est moche mais le vieux centre ville autour du château est très joli.

Après un bon repas (même si les spécialités savoyardes sont un peu grasse à notre goût) et une nuit paisible nous sommes partis pour la traversée des Alpes par la vallèe de la Maurienne et le col du Mont Cenis.

Le tour de France n’est prévu ici que dans 2 jours mais week-end oblige il y a énormément de monde : motards, cyclistes et touristes ordinaires. Pique-nique du côté Italien à l’ombre de l’église de Giaglione.

Nous évitons Turin en passant par la « tangentiale » (gratuite). Puis nous contournons Milan par le sud avec un arrêt photos au coeur de la Lombardie dans le joli village de Robecco Sul Naviglio au canal bordé de demeures historiques .

Ce soir nous dormons à Brescia en plein centre-ville dans un bâtiment historique : le palais Paul VI.

J’entends d’ici votre question : avez vous préparé votre voyage et fait vos réservations longtemps à l’avance ? Parce que trouver des chambres libres en pleine saison touristique ce ne doit pas être facile ! La réponse est non : aucune préparation ni réservation avant le départ. Le parcours général à été défini sur la base des itinéraires « sans péage » proposé par Google Map et Via Michelin agrémentés de nos préférences touristiques, vers 17:00 tous les jours on commençait à choisir la ville étape du jour et rechercher (essentiellement sur booking.com) une chambre pour la nuit et on à toujours réussi à se loger à un prix raisonnable.

Nous passons la plus grande partie du lundi à explorer les rives du lac de garde, baignade à la plage pique nique sur la berge ombragée par contre impossible de visiter les lieux les plus touristiques comme la célèbre cité médiévale de Sirmione complètement envahie par les touristes : pas une place de parking disponible à moins de 6 km.

L’Italie du nord est une région d’agriculture intensive et si les villes sont intéressantes du fait de leur centre historique les campagnes sont ennuyeuses au possible. Et c’est justement dans une auberge perdue au fin fond de cette campagne quelque part du côté de Noventa de Piave que nous passons la nuit suivante mais l’endroit est calme et confortable et surtout la nourriture et le petit vin local sont excellents le tout pour un prix vraiment raisonnable.

Nous arrivons enfin à Monfalcone et commençons le rangement et l’emballage des affaires que nous voulons amener. Les travaux ne sont pas autorisés à la marina mais nous avons obtenu la permission exceptionnelle de changer nos anodes et de polir l’hélice. Nous arrangeons aussi un rendez-vous avec le gréeur pour nous mettre d’accord sur les pièces à changer pour la réparation de l’enrouleur. Monfalcone n’est guère plus qu’une banlieue éloignée de Trieste, enclavée entre les eaux peu profondes de la baie et les hauteurs de la Slovénie toute proche. Elle vit principalement de la construction navale (les chantiers Fincianteri) mais comme la plupart des ville Italiennes elle à aussi un centre ville ancien et pas désagréable.

En deux jours et demi nous avons accomplis toutes les tâches de notre liste, il est temps de repartir mais cette fois l’idée est rentrer chez nous en passant par le nord (Autriche, Allemagne). Grand détour ? non en fait la distance est pratiquement la même que le chemin que nous avons suivi à l’aller. Par contre côté montagne on va être servi : pas beaucoup de plaines à traverser avant d’arriver en France. Nous avions un temps contemplé l’idée d’une visite à Venise (où nous sommes déjà allés plusieurs fois) mais la chaleur éprouvante qui sévit sur la côte et la foule qu’il faudrait y affronter nous ont fait y renoncer bien vite : à nous l’air frais des montagnes !

Nous mettons donc cap au Nord, la plaine agricole fait petit à petit la place à des vallées entourées de collines. Nous pique-niquons à l’ombre du château d’Artegna.

Puis la vallée se resserre et les montagnes se font de plus en plus escarpées, la route devient étroite et sinueuse, nous pénétrons dans le massif des Dolomites.

Le paysage est grandiose et magnifique. Après de nombreux arrêts photos nous passons la nuit dans la très belle ville de Brunico/Bruneck au Sud Tyrol qui est un province d’Italie où tout le monde parle Allemand. Super gite, super resto, commerçants sympas on y serait bien resté plus longtemps.

Le lendemain nous franchissons le col du Brenner et pénétrons en Autriche. Arrêt de quelques heures à Innsbruck pour visiter la vieille ville.

Nous reprenons la route et passons la frontière Allemande dans le sud de la Bavière à Fussen ou nous dormons dans une pension au bord du lac non sans avoir dégusté un excellent sandre de ce même lac.

Samedi 21/07/2023 nous mettons cap plein Est et quittons la Bavière pour le Bade Wurtemberg à Isny im Allgäu une adorable petite ville entourée de rempart et batie autours de son abbaye dont la construction date de 1270. Nous y passons toute la matinée en commençant par un excellent petit déjeuner à la boulangerie.

Puis c’est le lac de Constance (appelé ici Bodensee). Après un bain de foule à Frederickshaffen nous trouvons un endroit calme pour casser la croute sur un banc au bord du lac juste devant l’hôtel de ville de Hagnau am Bodensee.

Etape suivante: la forêt noire et le lac de Titisee que nous avions adoré lors de notre dernier passage dans le coin en 1976. Mais là c’est la grosse déception. Le lac est bien toujours là mais il y a tellement de monde que nous ne trouvons même pas un endroit pour nous arrêter et prendre une photo !

Tant pis on continue sur Fribourg (Freiburg im Breisgau) que nous avions aussi visité à la même période. Ici pas de mauvaise surprise. La vieille ville et ses rue piétonnes bordée de caniveaux où coule une eau limpide est toujours aussi belle, sans doute même plus belle : plus d’édifices anciens ont été restaurés depuis. Nous y passons un bon moment, par contre, pas moyen de trouver un hôtel à un prix décent. Il nous faut traverser le Rhin et rouler jusqu’à Burnhaupt-le-Haut pour trouver un établissement rentrant dans notre budget.

Dimanche matin nous continuons notre route avec un arrêt à Belfort pour voir la forteresse et son lion. Nous avons de la chance hier tout était bouclé à cause du Tour de France (deux jour avant eux au Mont Cenis, un jour après eux à Belfort on a pas pris trop de retard!)

De là on poursuit sur la Bourgogne avec escale à Autun pour (re) visiter sa cathédrale qui donne tant envie de relire Henry Vincenot.

Puis c’est le Berry et nous atteignons enfin notre chère Touraine du Sud juste avant la tombée de la nuit.

Bilan de cette escapade terrestre : 250 kg de matériel inutile ramené, environ 3000 km parcourus, 149 litres de super utilisés, 2 euros de péage (on s’est trompé une fois de sortie dans le contournement de Padoue) et surtout des images de paysages grandioses et de villes magnifiques plein la tête.

Turin Ville d’Art

Turin, ville d’art

Une fois n’est pas coutume, nous ne sommes pas sur l’eau , ni dans les air, nous sommes dans le train pour rentrer à la maison.

Changement à Venise Mestre puis à Milan Centrale, 1er arrêt à Turin où nous arrivons vers 19:00h. Les abords de la gare et leurs architectures fin 19ème sont assez austères mais notre hôtel est très agréable et nous trouvons un resto sympa dans une ruelle adjacente.

Nous avons décidé de consacrer notre journée du lendemain, Mardi 6 juin, à l’art: depuis que nous avons commencé notre tour du monde nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions de visiter de bons musées, alors comme ici il y a l’air d’avoir ce qu’il faut on va s’éclater.

Première étape: Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea di Torino (GAM) . Ce musée est situé dans un grand bâtiment moderne en périphérie du centre ville proprement dit. Les collections sont un régal pour les amateurs d’art moderne que nous sommes. Incluant peintures et de sculptures, elles couvrent la période de la fin du 19ème siècle à nos jours en mettant bien sûr l’accent sur les artistes locaux (Piémont) et Italiens en général tout en incluant ici et là des noms plus connus de notre côté des Alpes tels que Max Ernst, Paul Klee ou encore Pierre Soulage. Il y a peu de visiteurs et nous pouvons en profiter tout à notre aise. La visite nous occupe toute la matinée

Après un repas léger, nous continuons vers le centre ville proprement dit et la Galeria d’Italia sur la place San Carlo. Ici, l’architechture baroque du XVIème XVII siècle rayonne pleinement. Son développement date de 1562 quand le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, transféra sa capitale de Chambéry à Turin. La plus part des édifices de la place ont été détruits pendant les bombardements en 1943 et ont été reconstruits à l’identique après la guerre (du moins les façades). La Galeria D’Italia est la fondation de la banque Intesa San Paolo.

Elle abrite une collection d’art baroque très mal mise en valeur par contre elle hébergerait depuis le début du printemps une exposition du photographe américain JR (pour les plus anciens : non il n’est pas de Dallas) sur les déplacés. JR va dans les camps de déplacés partout dans le monde pour redonner de l’espoir aux enfants et alerter le monde sur leur situation en les faisant déployer tous ensemble (parfois même de communautés rivales) le portrait de l’un d’entre eux réalisé sur une toile de plusieurs dizaine de mètres : cela donne lieu à des séquences très émouvantes. (voir plus en suivant ce lien : https://www.jr-art.net/fr/project-list/deplace.e.s)

©JR

La galerie héberge aussi les archives photographiques du principal journal du Piémont, consultable sur grand écran. Elles retracent notamment le parcours très difficile de la ville dans l’immédiat après guerre, l’industrialisation (métalurgie, automobile), les luttes syndicales et les années de plomb.

Nous concluons cette journée culturelle par la visite d’Egyzio, le musée d’égyptologie de Turin qui serait la plus grande collection d’antiquité égyptienne après le musée du Caire. Le musée compte tellement de salles remplies d’objets et de momies que par moment on a carrément l’impression de ce retrouver dans un entrepôt de pilleurs de tombes (ce qui fût peut-être le cas).

Par contre, une exposition temporaire passionnante expliquent pas à pas le déchiffrage et décryptage des hiéroglyphes depuis les grecs jusqu’à nos jours en passant bien sûr par notre fameux Champolion national. Il s’agit en fait d’un système d’écriture très évolué mélangeant des lettres phonétiques (phonogrammes) et des idéogrammes (un peu équivalent de ce que sont aujourd’hui les smiley). Pas grande différence donc entre ces textes anciens et les messages et autre textos, (aussi illisibles que des hiéroglyphes pour la plupart des boomers que nous sommes) que peuvent échanger les ados d’aujourd’hui sur Whatsapp ou messenger…

Autre partie très intéressante de ce musée c’est la Galeria dei Re avec son impressionnant alignement de statues de la terrible Déesse Sekhmet, de sphinx et autres divinités, très bien mis en valeur par des jeux de mirroirs et un éclairage très sophistiqué.

Soirée tranquille et le lendemain matin de bonne heure et de bonne humeur nous prenons la flèche rouge ( Frecciarossa : le TGV Italien), changement à Lyon (sur le même quai) pour Tours ou nous sautons dans le bus juste devant la gare et nous sommes à la maison avant la fin de l’après midi). Toute la journée à admirer le paysage, pas de stress aux aéroports (contrôles, attente des bagages, etc), pas de liaison compliquées et harassantes entre Roissy et les gares parisiennes : vive le train! à bas l’avion! et en plus c’est bon pour notre Karma Carbone !

Croatie (7), Slovénie, Italie

C’est avec beaucoup de retard que nous publions notre article sur la fin de notre remontée de l’Adriatique…

Nous avons trouvé un bon chantier à un prix raisonnable (c’est à dire moins cher que le marinas Croates hors de prix) pour « éténer » (comme hiverner mais en été:))) Rêve à Deux à terre : la Marina de Lépanto à Monfalcone (Italie), le grutage est prévu lundi 5 Juin. Nous sommes le Dimanche 28 mai et de Pula que nous quittons ce matin la distance est de moins de 70 milles, nous avons donc tout le temps de remonter à petites étapes.

Soleil radieux et mer parfaitement calme avec juste ce qu’il faut de vent pour avancer tranquillement. Nous atteignons Vrsar (comme ça se prononce…) en milieu d’après midi. Le port de plaisance au pied de la vieille ville est très joli mais très cher et de toute façon déjà plein comme un œuf, nous préférons ancrer dans la baie au nord de la ville. Nous sommes le dimanche 28/05/2023 et il y a beaucoup monde sur les plages dont beaucoup de touristes allemands et quelques locaux. Nous attendons le lundi matin pour aller nous promener à terre : c’est beaucoup plus calme. La péninsule qui nous sépare du port est un joli parc boisé avec une piste cyclable et tous les aménagements pour se baigner et descendre des rochers en toute sécurité. Le vieille ville perchée sur sa colline est très agréable.

En fin de matinée nous reprenons la mer pour une courte étape jusqu’à l’anse de Busuja, l’endroit semblait est assez sympa et bien protégé sur la carte mais les commentaires étaient assez mauvais sur Navily. Et nous comprenons rapidement pourquoi : il y a peu de fond dans toute la baie et surtout ce fond est constitué de roches plates recouvertes par endroit d’une couche trompeuse de quelques millimètres de sable : pas moyen pour l’ancre d’accrocher. Après le déjeuner et une bonne baignade, nous nous rabattons sur la baie toute proche de St Martin ou le fond de vase nous permet de dormir en toute quiétude.

Encore une courte étape surtout qu’il y a un peu plus de vent aujourd’hui. Nous jetons l’ancre devant l’abbaye dans la baie de Dajla. Depuis quelques jours nous rencontrons des problèmes de pilote : il cessait de fonctionner brutalement par intermittence et depuis hier, tout à fait. Dans la soirée j’avais donc envoyé des messages aux services techniques de B and G (fabriquant du pilote) et de Lecomble et Schmitt (fabriquant du vérin) et ce dernier m’a déjà répondu ce matin : le problème doit venir des charbons de la pompe hydraulique du vérin après plus de 50 000 parcourus à 99 % sous pilote il est grand temps de les changer. Heureusement, j’en ai un jeux de rechange à bord. En une heure la pompe est sortie de son emplacement, les charbons changés et le tout remonté à sa place et testé : çà marche ! Merci LS.

Dajla sera notre dernière étape Croate pour cette saison, le mouillage et bon mais la côte ne semble pas présenter grand intérêt, nous ne descendrons pas à terre. Nous quittons la Croatie le mardi 31 mai par une jolie brise de Nord de 15 à 20 nœuds. Nous mouillons entre Piran et Portoroz à l’abri de la pointe Bernardin juste devant leu Université Maritime. La Slovénie ne possède que quelque km de côtes mais prend les sports nautiques très au sérieux. Leurs sélectionnés olympiques sont à l’entraînement en 470 et en Kite Surf : impressionnant ! Nous descendons tout de suite à terre et prenons le bus pour la vielle ville de Piran.

L’endroit est manifestement très touristique mais très agréable et surtout plein de charme avec son port, ses rues piétonnes, ses monuments et ses remparts. Nous rentrons à pied par le front de mer. Sur un mur des affiches vantent les spécialités culinaires traditionnelles, un H-tag permet même de télécharger la recette.

Jeudi après midi nous ancrons dans la baie de Lazzaretto, pile à la frontière Italo-Slovène. Promenade côté slovène par le sentier qui borde la mer et serpente entre les vignobles et les falaises boisée jusqu’à la pointe Debeli, une formation géologique très particulière appelée flysch.

Nous quittons ce beau mouillage à l’aube pour traverser la rade de Trieste sans un souffle d’air et arriver à l’entrée du chenal Est de Monfalcone avant l’étale de marée haute (09:40 aujourd’hui) : dans cette partie de l’Adriatique les marée sont loin d’être négligeable et le marnage peut atteindre plus d’un mètre en vives eaux.

L’arrivée est assez impressionnante. Il faut raser la côte sous le château de Duino accroché sur le bord de sa falaise de 60m. Dans la partie la plus étroite du chenal nous n’aurons plus que quelques centimètres sous la quille.

A cette heure encore matinale pour beaucoup, nous sommes les seuls à rentrer, par contre dans l’autre sens, il y a du monde ! Puis les balises rouges et vertes fond tout à coup place à des rives boisées et tapissées de roseaux masquant des sites industriels à l’arrière plan. Pour un peu on se croirait transporté en Hollande (il ne manque que les moulins à vent…). L’eau du canal est propre et claire. Nous nous amarrons en bout de ponton. C’est une marina tout confort avec piscine, bar et resto. Mais nous ne sommes pas là pour le farniente. Il ne nous reste que les 2 jours du week-end pour préparer le bateau à passer 3 ou 4 mois au sec sans nous. Dégréer les voiles, nettoyage complet et rangement, il faut aussi prendre toutes les dimensions pour refaire le taud de grand voile qui en a bien besoin, on ne va pas chômer, surtout que de fortes pluies sont annoncées pour dimanche.

Le foc refuse de descendre, les vis des éclisses joignant les morceaux du profil de l’enrouleur réparées à Ismaelia se sont encore dévissées et l’émerillon (la pièce attachée à la drisse et qui coulisse sur le profil pour hisser ou affaler la voile) est bloqué au premier joint tout en haut. Domi doit grimper pour libérer la voile. Si la marina peut nous trouver un bon gréeur on va en profiter pour le faire démonter et remettre à neuf pendant l’immobilisation estivale.

Lundi matin tout est enfin prêt mais le temps est carrément pourri : orages avec des pluies diluviennes accompagnée de fortes rafales. En fin de matinée, une accalmie se présente et nous pouvons effectuer la manœuvre. À 12:30 Rêve à Deux est sur le terre-plein devant le chantier, bien calé sur son ber, prêt à affronter quelques mois tout seul. A 13:00 nous sommes à la gare attendant notre train pour rentrer à la maison. Parce que, oui, nous sommes en Europe continentale à seulement 1300 km de notre Touraine du Sud alors pourquoi s’embêter à prendre l’avion surtout que le train pollue quand même beaucoup moins ! Arrêt prévu à Turin ce soir pour passer la nuit et y faire un peu de tourisme demain…

Remontée de la côte Croate (6)

Pourquoi remonter si vite ?  La date buttoir pour arriver au bout n’est que le 2 Juin. Certes mais le passage le plus délicat du parcours est la traversée du canal Kvarner. Ce bras de mer qui baigne la côte sur de l’Istrie et donne accès au port Rijeka a assez mauvaise réputation (sans toutefois être aussi dangereux que le canal Velebitski) et peu générer des vents forts. Et c’est justement ce qui est prévu pour ce week-end et le début de la semaine. On préfère donc le passer aussi vite que possible tant que le temps est maniable.

Et ce fut en effet un passage éclair, mer plate, vent d’est 15 à 18 nœuds, c’est à 8 nœuds que nous traversons le canal Kvarner. Nous avons levé l’ancre de Sunfarni à 07:10, à 12:10 nous  la mouillons dans l’anse de Paltana (Banjole) en Istrie (quelques km au Sud de Pula. Cette baie aurait pu être très jolie si elle n’avait pas été défigurée par un hôtel en béton aux couleurs criardes d’un côté et d’un lotissement de luxe mais pas plus joli de l’autre. Mais l’abri est bon sauf du plein Ouest et le fond de très bonne tenue.

Vendredi matin nous nous déplaçons de quelques milles pour aller ancrer dans la baie de Stoja entourée de plages et de camping et qui a l’énorme avantage d’être à quelques minutes du centre ville de Pula par le bus qui part du font de la baie toutes les 20 minutes.

Sitôt arrivés nous débarquons et sautons dans le premier bus pour le centre ville de Pula.

Pula aurait été fondée il y a plus de 3000 ans par les Illyriens mis elle a connu son heure de gloire après la conquête par les Romains  en 177 avant J.-C..

Ceux-ci firent de la ville la plaque tournante pour l’approvisionnement de l’empire en vin et en huile, développant du même coup l’agriculture de la région ainsi que l’industrialisation (déjà à cette époque) de la production d’huile et la fabrication des amphores. Ce sont eux qui construisirent les fameuses arènes et le temple d’Auguste au début de notre ère. La seconde phase de prospérité commença en 1150 quand Pula fit allégeance à la République de Venise. C’est aux Vénitiens que l’on doit la citadelle et l’architecture de la vieille ville qu’elle surplombe.

Autre atout important de cet endroit : du côté Nord Est de la baie derrière la plage les pins et les villas du bord de mer il y a un shopping mall de bonne taille (je pense qu’on dit centre commercial en français) avec bien sûr beaucoup de boutique de fringues de marques, électroménager, parfumerie, bijouteries et tout le tintouin mais surtout un assez grand supermarché bien achalandé et un magasin bio. Idéal pour réapprovisionner la cambuse tout en restant dans un mouillage gratuit et agréable.

Remontée de la côte Croate (5)

Le côté du large de cette partie de l’archipel est en grande partie occupé par le Parc National de Kornati et le Parc Naturel de Telascica. Mais entre ces sites et le continent il reste encore suffisamment d’îles et de canaux pour occuper plusieurs semaines de croisières sans avoir à se préoccuper du prix de ces parcs. Pour nous ce sera des petites criques tranquille ou nous serons presque toujours seuls.

Vrtiluka  au sud de Murter, Prtljug au Nord Est d’Ugljan et Sunfarni à l’ouest de Losinj. Nous avons eu peu devant mais toujours assez pour faire la plus grande partie sans avoir recours au moteur. Entre Murter et Ugljan nous avons même fait un grand bord de spi.

À Prtljug, quand nous nous sommes réveillés le matin il y avait un brouillard à couper au couteau, du cockpit on ne voyait même pas l’avant du bateau…

fort heureusement la brume s’est éclaircie un peu vers 9 heures,  on y voyait encore qu’à quelques dizaine de mètres mais avec le radar et l’AIS on pouvait commencer à avancer en toute sécurité. Puis nous sommes sortis du brouillard et la vision de cette ouate blanche enveloppant les îles derrière nous était surréaliste.

Remontée de la côte Croate (4)

Dimanche nous repartons de très bonne heure, avant que le vent ne se lève pour éviter tout risque si on devait pousser le bateau du voisin pour récupérer l’ancre et peut être aussi pour emmerder un peu ceux-ci qui mouillés beaucoup trop près n’ont pas voulu se déplacer hier soir et on préféré boire des bières jusqu’à fort tard. (grrr…)

Le vent se lève quand nous atteignons le canal Drveniki : en Croatie, tous les bras de mer entre les îles et le continent sont appelés canaux ce qui n’est pas sans rappeler la Patagonie dont la géographie présente aussi quelques ressemblances mais pas le climat…

Nous arrivons en tout début d’après midi dans la baie de Ragoznica. Mous ancrons à devant la plage à l’Est de la presqu’île ou se trouve la vieille ville.

La presqu’île est couverte de pins et de cyprès avec de-ci de là quelques villas coquettes et un chemin piétonnier qui en fait le tour. Sur la rive Ouest se situe la vieille ville. Avec, le long du quai, ses jolies maisons anciennes en pierres de taille joliment restaurées et encore couvertes pour certaines de toitures en pierres plates (comme le lauzes du Massif Central). Cela fait plusieurs jours que nous n’avions pas marché, le tour de la presqu’île nous fait le plus grand bien. Cet endroit n’a rien d’extraordinaire, pas de château ou de cité historique mais c’est l’un des plus agréables ou nous soyons passé depuis notre arrivée en Croatie.

Et cerise sur le gâteau,  c’est l’endroit parfait pour faire les provisions : on peut se rendre directement en annexe juste devant le supermarché et le marché aux légumes et aux poissons : pas de lourds cabas à porter sur une grande distance :  il n’y a que la rue à traverser. À 9:00 nous sommes de retour au bateau avec des provisions pour la semaine (c’est qu’on se tape la cloche sur Rêve à Deux) et c’est reparti cap au Nord.

Remontée de la côte Croate (3)

Samedi nous décollons de bonne heure. Le vent d’Est s’effondre bien vite pour être remplacé par de l’Ouest 10 à 12 nds. Nous voilà repartis à trier des bords mais ici entre les îles, c’est super, la mer reste plate. Nous progressons le long de la côte sud de la longue île de Hvar et nous nous faufilons entre cette île et le chapelet d’îlots qui la déborde à son Sud Est.

Dés qu’on arrive au phare sur un îlot qui marque l’entrée du passage on découvre l’impressionnante citadelle qui surplombe l’endroit et un peu plus tard la vielle ville Vénitienne de Hvar. Un endroit de plus à ajouter à notre liste d’endroits à visiter au retour à condition toutefois de trouver un bon mouillage pas trop cher pas trop loin

Le temps qui était jusque là très beau se couvre quand nous doublons la Pointe Pelegrin (extrémité Ouest de Hvar) et mettons le cap au portant sur le détroit de Splitska entre les îles de Brac et Solta. Du détroit on aperçoit au loin la ville de Split (très belle parait-il mais nous n’y ferrons sans doute pas escale cette fois-ci ni la prochaine : voir paragraphe précédent). Le vent tombe complètement dans ce passage étroit et c’est au moteur que nous arrivons dans la baie de Necujam (Solta)

Petite parenthèse sur le choix des mouillages en Croatie. Nous avons l’ « Adriatique Pilot Imray » (version électronique) qui nous permet de nous donner tous les renseignements nautiques et nous permet de nous faire une idée sur les endroits où passer et trouver un abri. Mais il faut savoir qu’en Croatie, les marinas sont hors de prix (genre 150 euros la nuit : pas du tout dans notre budget). Les quais des ports publics ne sont pas beaucoup moins chers. De nombreuses baies et autres criques sont occupés par des corps morts (bouées) louées pour 35 à 50 euros la nuit (réservation obligatoire en saison), le même tarif est souvent appliqué si on s’ancre dans la même baie. Dans beaucoup d’endroit l’ancrage est carrément interdit. Alors comment fait-on ? Heureusement il y a Navily, c’est un site web et une appli pour tablettes et smart phone qui répertorie les mouillages à peu près partout dans le monde (surtout en Méditerranée pour l’instant) et qui publie les commentaires des usagers sur chaque endroit (application que l’on consulte gratuitement sur ordinateur mais payant sur smartphone et tablette). Bien sûr tous les commentaires ne sont pas toujours précis ou tout à fait fiables d’un point de vue maritime. Mais au moins on peu se faire une idée de la qualité de l’abri, de la tenue des fonds et surtout du tarif ou, pour ce qui nous intéresse, de la gratuité de l’ancrage !

Nous mouillons dans le fond de la baie dont les rives boisées sont assez jolies mais pas la première partie de la baie devant le village de Necujam est  horrible. En fait de village, c’est une sorte de collection de lotissement de vacances et autres locations saisonnières construit sans style ni goût. Nous faisons un tour à terre mais il n’y a strictement rien à voir en cette saison même le supermarché est fermé. Quand nous sommes arrivés en tout début d’après midi nous étions seuls dans cette partie de la baie. Mais dans la soirée les bateaux de location ont commencé à arriver. Nous sommes Samedi jours de début des contrats et Necujam est le premier abri sûr une fois sorti des marinas de Split. Certains découvraient manifestement leurs bateaux mais apparemment aussi le b-aba du mouillage. Il a fallu longuement parlementer avec plusieurs d’entre eux pour essayer de les convaincre que dans 15 m de fond, 60 m de chaîne est une longueur raisonnable et qu’avec un tel rayon d’évitage (le cercle que fait le bateau en tournant sur son ancre) il ne faut pas se mouiller à  5 m les uns des autres…

remontée de la côte Croate (2)

Le vent est passé au nord dans la soirée et c’est en tirant des bords le long de l’île de Mljet que nous repartons Jeudi matin. La moitié nord de Mljet est un parc national, ses tarifs sont assez chers mais restent plus raisonnable que par exemple Kornati (39 euros jusqu’à fin mai, 100 euros en saison contre 80 jusqu’à fin mai et 190 euros en saison à Kornati ) . sauf si on les achète en ligne à l’avance auquel cas le prix et le même dans les deux parcs 39 et 80) mais nous avons peu de temps à passer à terre et le vent est bon, nous continuons donc jusqu’à Korcula. En arrivant près de l’île nous sommes cueillis par des rafales à plus de 20 nds.

Nous mouillons au Sud Est de l’île dans la baie de Javik, protégé par l’îlot de Vrnik. Trouver un abri sûr dans ce pays est toujours un casse tête : le vent change de direction tout le temps : on commence la soirée avec du Nord Ouest et on fini la nuit avec de l’Est entre temps le vent sera passé au Nord et au Sud… heureusement, au cours de la nuit, il tombe complètement.

En repartant Vendredi matin nous empruntons le chenal entre l’île et les îlots, petit village typique sur l’un, austère couvent franciscain Sur l’autre.

Le plus spectaculaire est sans nul doute la vieille ville de Korcula elle-même dont les remparts laissent entrevoir les ruelles : un endroit à visiter au retour.

La journée sera émaillée de calmes mais nous arrivons tout de même à progresser à la voile la plus grande partie du temps. Pour la nuit nous avons choisi de mouiller dans une des anses de la côte Nord de l’île de Scedro (vent Ouest tournant Est par le sud en cours de nuit). Rasohatica est la seule baie ou l’ancrage est permis et gratuit. L’endroit est très joli et nous sommes seuls. Ancrage avec aussières à terre sur des troncs de sapins bien pratiques

Remontée de la côte Croate (1)

Mercredi 17/05/2023, le temps c’est amélioré et nous pouvons enfin quitter notre abri au fond de la rivière Dubrobaka.  Comme nous avons perdu plusieurs jours, on a plus trop le temps de flâner en route pour cette remontée jusqu’à l’extrémité Nord de l’Adriatique, nous prévoyons des étapes de 25 à 35 milles tous les jours ce qui nous permettra de garder quelques jours de sécurité pour le cas ou nous devrions nous arrêter plusieurs jours en raison de la météo ou de toutes autres contingences. Çà fait un peu convoyage rapide mais on préfère ne pas stresser sur les derniers jours et on repasse par là de toute façon en Septembre : on aura le temps de voir les endroits qu’on a sauté cette fois-ci.

Il fait un temps superbe et  nous passons entre les îles (Sipan) et le continent gentiment poussé par une petite brise de SSE. Il y a déjà pas mal de bateaux sur l’eau. Après le temps de ces derniers jours tout le monde à envie de bouger – je ne préfère pas imaginer l’état d’esprit des malchanceux qui ont commencé leur location d’une semaine samedi dernier..

Stano

Première escale, SLano, jolie baie abritée de tous les vents. C’est une petite station balnéaire qui serait adorable si on avait pas construit un horrible hôtel en béton devant le village. Ballade dans le village, vieille église romane et palais du Recteur fraîchement restauré et on continue sur la petite route côtière qui longe la baie, une petite jetée est équipée d’un dispositif pour permettre aux handicapés de se baigner. Je n’en n’avais encore jamais vu au bord de la mer. Le soir, repas de moules (excellentes) au resto.

Dubrovnik: la citadelle de Raguse

Dubrovnik a été fondée au 7èmè siècle mais elle à connu son apogée du 15ème au 17ème siècle en tant que république de Raguse. La richesse de la ville provenait de ses navires et de son commerce. Elle était la rivale de Venise.

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Quelques particularités :

C’est une république dirigée par un recteur élu tous les mois. Pour accomplir sa charge il doit tout quitter pour s’installer au plais du recteur ou il ne peut recevoir ni famille ni amis.

Ce fut le premier pays à abolir l’esclavage et à interdire le commerce des esclaves en 1418.

Raguse fut maintes fois assiégée (Vénitiens, Ottomans, Russes) mais ne tomba jamais sauf une fois en 1808 ou pour éviter la destruction par la marine Russe qui la bombardait elle ouvrit ses portes à l’armée Française.

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Dubrovnik/Raguse fut pratiquement complètement détruite deux fois : par le grand tremblement de terre de 1667 et sous les obus Serbes en 1991 et à chaque fois reconstruite. Peu de bâtiments sont donc vraiment d’époque mais le travail accompli est remarquable, et à plusieurs endroits encore en cours. Le résultat est une reconstitution très fidèle de ce qu’était cette riche et merveilleuse cité au début du 17ème siècle.

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Petite anecdote : c’est la ville qui à servit de modèle au Port Real de la serie Games of Throne et beaucoup de scènes ont été tournées ici en décors réels.

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Ha oui, j’allais oublier  le prix des visites : pour grimper sur les remparts : 35 euros c’est aussi le prix de la plupart des musées, le Passe une journée (rempart, presque tout les musées + 2 tikets de bus) 35 euros et bien sûr aucune réduction sénior.

On s’est contenté d’explorer les rues de la vielle ville avec une courte pose resto le midi et une bonne glace à quatre heures , c’était bien assez pour cette journée! si nous revenons nous penserons à prendre un passe pour la visite des musées et le tour des remparts.

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