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Le village de Muana-i-cake, la capitale de Fulaga

Ici, contrairement à la plupart des îles ou nous sommes passés depuis notre arrivée au Fiji, il n’y a pas de restrictions sanitaire et on peut aller à terre. Mais qui dit pas de restriction veut aussi dire respect scrupuleux de la tradition. La première chose à faire est donc de nous rendre au village pour faire notre « Sevusevu » (offrande traditionnelle au chef du village). La météo annonçant un passage de front pluvieux et venteux pour les jours suivant nous décidons d’y aller tout de suite après déjeuner et nous déplaçons le bateau de quelques milles pour aller ancrer devant le chemin qui mène au village de Muana-i-cake à un quart d’heure de marche l’autre côté de l’île (il y a trois villages sur l’île mais c’est ici que réside le chef responsable de toute l’île) . A peine arrivés, deux femmes en canoë viennent nous souhaiter la bien venue. Ensuite, Aquilla le pêcheur nous accompagne jusqu’à au village en nous faisant traverser des jardins potager . Ici Pas de masque , pas de panique vis à vis de l’épidémie, les voileux sont les bienvenus. Tous les villageois ont reçu la première injection et attende la deuxième dans quelques semaines .

Aquilla nous confie au bons soin de Letti. Elle même était venue de Savu pour rendre visite à sa famille quant la pandémie à refermé Viti Levu. Elle est donc bloquée là depuis presque 6 mois et ne pourra pas rentrer avant Novembre si le gouvernement confirme la fin du confinement comme prévu. Notez qu’elle n’a pas du tout l’air de se plaindre de la situation. Pour nous elle se transforme en guide affable et compétente et nous mène à travers le village en nous présentant à toute la population et en répondant gentiment à toutes nos questions.

Les enfants nous font de grands honneurs et égaillent notre journées de leurs sourires radieux . Depuis mars , ils n’ont pas d’école. Parmi les mesures confinements décidées, le gouvernement a décrété la fermeture de toutes les écoles du pays. Ils restent donc ensemble à jouer toute la journée à travers le village les plus grands s’occupant des plus petits.

Letti nous conduit à la maison du chef. Nous remettons notre offrande de kava à son adjoint (le Turaga ni koro) qui la présente au chef en récitant les formules traditionnelles. Le chef accepte notre offrande de la même manière. A chaque phrase tout le monde doit taper une fois dans ses mains. Il nous confirme ensuite que nous sommes les bienvenus dans son village, son île et son lagon, que lui et ses concitoyens feront leur possible pour rendre notre séjour agréable. Il nous rappelle les règles et les usages à respecter (comme par exemple de ne pas donner de boisson alcoolisée aux jeunes qui pourraient venir nous en demander ou respecter le repos dominical en n’allant pas à la pêche). Il nous demande aussi la taxe de 50 $FJ (20 euros) qu’il a institué avec l’aval du gouvernement pour tous les bateaux entrants dans le lagon. L’argent ainsi collecté permet de financer une partie les travaux nécessaire pour reconstruire tout ce qui a été détruit par le passage du dernier cyclone (Yasa en décembre 2020) et l’achèvement de la salle municipale construite grâce à une donation d’un plaisancier Australien .

Le village est super bien entretenu l’herbe est taillé ras et chaque chose a son utilité, rien n’est perdu.

La salle municipale est presque fini elle sera bientôt équipée de panneaux solaires ici pas de fil électrique, pas d’internet , et pas de téléphone portable ni de TV juste une liaison internet par satellite à l’école en cas d’urgence. Pas de véhicule motorisé juste une bouette que l’on pousse le long du petit chemin pour le transport des marchandises .

Le village compte plusieurs sculpteurs très habiles qui transforment le bois en objets utiles ou artistiques souvent incrustés de nacre provenant des coquillages locaux .

Les enfants de Lo, l’infirmière de l’île prennent leur bain. Il pleut assez souvent, l’eau est donc relativement abondante. C’est agréable de se baigner en jouant à son aise!

Lo est une personne adorable. Une de ses responsabilités en tant qu’infirmière est de contrôler que tous les visiteurs venant sur l’île satisfont aux exigence de santé (quarantaine et vaccination). C’est avec la plus grande gentillesse et beaucoup de tact qu’elle nous a timidement demandé nos papiers qu’on s’est bien entendu fait un plaisir de lui montrer. (la méthode est sans doute bien meilleur que le traditionnel « z’avez vos papiers! » auxquels nous, français avons été habitués.)

Mais Il se fait tard et il nous faut rentrer au bateau avant la nuit , et en plus les moustiques vont bientôt sortir pour attaquer et dans les sous bois ils sont parait-il féroces.

Retour au bateau nous croisons les derniers villageois qui rentrent au village après leur journée au potager ou à la pêche. Ils nous saluent de grands Bula Bula et s’arrêtent pour échanger quelques mots.

Fulaga: Le paradis existe, on y est entré.

Paysage idylliques dont ces quelques photos sont loin de rendre toute la splendeur surtout qu’ il a fallu se faire violence pour quitter le chenal des yeux et prendre l’appareil photo tellement la passe est étroite et impressionnante. (surtout quand on ne se présente pas à la bonne heure… voir la fin de l’article précédent). Le récif affleure de chaque côtés nous laissant à peine la place pour passer avec nos 4,30 de large.

Heureusement on a vu un gros cata entrer juste avant nous alors on se dit que côté largeur, pour nous, çà devrait le faire. Mais lui a très peu de tirant d’eau alors que chargés comme nous sommes on doit être à 2,10 m. Le sondeur nous renvoie une image très chaotique du fond avec des profondeurs oscillant entre 4,50 m et 7,50 m et de nombreux pics très accidentés. Nous retenons notre souffle , tout va bien il faut encore raser le gros rocher qui marque la fin de la passe et c’est passé. Ouf!

Le lagon est parsemé de gros rochers calcaires (sans doute du corail surélevé) au formes tourmentées et sur lesquels s’accroche on ne sait comment une végétation luxuriante. Le terme magnifique n’est pas assez fort, nous n’avons pas assez de nos quatre yeux pour tout regarder… surtout qu’il faut encore en garder au moins une paire pour slalomer entre les patates de corail. Nous arrivons enfin au mouillage de rêve. Imaginez une zone de plusieurs hectares protégée de toute part par l’île elle même ou les îlots rocheux du lagon, des plages de sable blanc bordées de cocotiers et de forêt tropicale, une eau parfaitement transparente, des fonds de sables vraiment plats et fait de bon sable dur et enfin une profondeur de 4 mètres sans aucune patate de corail pour accrocher la chaîne. Par contre, rançon de la popularité de l’île, il y a déjà quatre bateaux ancrés, tous des catamarans dont le Moon Dust de notre ami Pete que nous avion laissé à Vanua Balevu il y a un mois et que nous sommes ravis de retrouver. (Bon c’est plus que ce à quoi on avait pris l’habitude au nord de Vanua Levu mais ce n’est pas non plus la foule de certain mouillages de l’archipel Polynesien )…

Départ de Savusavu pour le groupe Lau

Une courte escale quelques jours à Savusavu pour remplir la cambuse avant de repartir pour les îles nous permet de faire la connaissance d’Olivia, metteur en scéne de documentaires et artiste Américaine géniale au tour du monde en solo sur son Juniper de 10,50m (voir son blog).

Nous allons ensemble à l’ anniversaire d’un autre voileux, celui là Britanique. La fête à lieu au Planter’s club un bar doublé d’un restaurant indien situé à cinq minutes à pieds de la marina en direction de la mer. On s’est bien amusé et on a bien mangé: pour 8 $FJ (soit 3,20 euros) chacun, nous avons dégusté un curry poisson d’une saveur remarquable. Au bar, nous avons fait aussi la connaissance de deux techniciens Français d’Alcatel arrivés ici en Mars pour raccorder le câble sous-marin fibre optique trans Pacifique au réseau telecom de l’île. Normalement ils devaient boucler les travaux en 1 mois maximum mais nous sommes en Septembre et ils était toujours bloqués la faute entre autre aux trois quarantaines qu’ils ont dû subir pour pouvoir travailler.

Le lendemain samedi 4 septembre 2021, la météo étant assez favorable pour aller vers l’est (ce qui est plutôt rare dans la région, nous reprenons la mer pour le groupe Lau et de nouvelles decouvertes .

L’idée était d’aller directement à Vulaga, la perle de l’archipel distante de 200 milles, mais dans l’après-midi, on se rend compte que le vent prévu ne nous permettra pas d’arriver avant la nuit le lendemain et deviendrais un peu trop fort et mal orienté le jour suivant pour un franchissement de la passe étroite en toute sérénité. Nous avons donc mis le clignotant à gauche vers Vanua Balavu et au petit matin, nous jetons l’ancre à Soso Bay (Mbatavu Harbour) . Cette fois-ci nous sommes tout seuls dans la baie (à part le gros yacht à moteur des propriétaires du coin qui est là à demeure) et l’eau est parfaitement limpide. Seul petit désagrément, au couché du soleil, nous sommes envahis de fourmis volantes qui se sont agglutinées sous la véranda nous contraignant au matin à un grand nettoyage pas superflu

Profitant du calme et de l’eau transparente et nous nettoyé la carène en apnée etl’après midi Domi est monté au mât pour changer l’ampoule du feux de mouillage et vérifier le grément. Lundi la météo était cette fois vraiment parfaite pour aller sur Vulaga dans des conditions de rêve (mer plate vent portant de 7 à 9 nds)

Nous sortons du lagon de Vanua Balavu par la passe Tongan au sud non sans avoir profité en route de la 4G du relais de Lomaloma pour télécharger de nouvelles images satellite de la passe et du lagon de Fulaga (sur celles chargées précédemment les détails étaient masqués par des nuages…)

Mardi en début de matinée, après un trajet en grande partie sous spi quand on ne zigzaguaient pas entre le îles et les attols du groupe Lau, nous avons avons embouqué l’étroite passe d’accès au lagon de Fulaga. Petite anecdote, le guide qui nous avait été remis à Denarau ainsi que l’application Sailling Fiji sur la tablette indiquait une renverse du courant dans la passe à mi-marée. Nous avions donc ajusté notre vitesse pour arriver pile poil à cet instant. Sauf que la renverse à en fait lieu à l’étale et le courant sortant était donc à son maximum. Mais tout est bien qui fini bien, la mer parfaitement plate, le vent faible et le courant n’excédant pas 3 nœuds nous ont permis de rentrer sans difficulté mais en serrant tout de même un peu les fesses: 45 m de large pour une passe c’est vraiment très étroit surtout quand l’eau est si clair qu’on voit parfaitement tous les coraux de chaque côté….

Fulaga: un petit coin de paradis

Fulaga(Vulaga), une île magique dans le Sud du groupe Lau (Est des Fidji),sans doute la plus belle de tout le Pacifique Sud. Nous avons l’immense chance d’y être depuis quelques jours!
En plus, cette perle de l’océan est habité par des gens adorables et accueillants dont la vie n’est pas (encore) polluée par les smart phones, la 4G, internet et les réseau sociaux.
Rançon de cet isolement, il vous faudra attendre qu’on ait envie de se déplacer vers une zône connectée pour découvrir les photos de ce paradis…

(envoyé par Iridium)

Côte Nord et Ouest de Vanua Levu et retour à Savu Savu

Lundi 23 août 2021. La météo pour les prochaines 24 heures est idéale pour aller explorer la côte nord et ouest de Vanua levu. Nous quittons donc Naqaiqai en fin de matinée et après une pause baignade et déjeuner à notre mouillage favori de Kioa nous partons pour une étape de 80 milles qui va nous faire contourner la pointe Nord Est de l’île en début de nuit et rentrer à l’intérieur de la barrière de corail par la passe de Sausau au matin avec la marée. Inutile donc de nous presser et dans un vent d’est d’une quinzaine de nœuds nous contentons du foc seul pour nous propulser sur cette mer bien calme. Nous ne hisserons la grand voile qu’une fois doublé la pointe Udu.

Au levé du jour, nous longeons le récif à quelques milles de la passe mais en l’absence de houle et étant sous le vent rien ne permet de voir cette barrière. La passe est large et profonde mais n’est pas balisée et là encore, sans le ressac, à part une légère différence de couleur de l’eau sur les bords rien ne permet bien voir les haut-fonds. Pas d’autre solution que de faire confiance à la cartographie (vectorielle et satellite, nous y reviendrons). Ce qui frappe quand on découvre cette côte c’est le côté aride des montagnes en arrière plan qui contraste avec la végétation luxuriante de la côte Sud et Est de l’île.

Nous essayons un premier mouillage devant la plage de cocotiers juste en face de la place mais les rafales contournant la colline des 2 côtés et le fond parsemé de nombreuses patates de corail nous pousse à chercher un meilleur abri. Nous essayons un peu plus à l’est dans la baie de l’île Tutu mais les collines élevées créent un couloir d’accélération ou les rafales atteignent 28 noeuds.

Nous allons donc chercher notre bonheur de l’autre côté et jetons notre dévolu sur la mangrove qui forme un plan d’eau presque fermé à l’Est de l’île Tivi. Abri parfait fonds de 6 mètres (çà fait plaisir de ne pas avoir à mettre des km de chaîne) et paysage attrayant mais bien sûr c’est une mangrove et l’eau n’a pas la limpidité des lagons bleus. D’ailleurs, c’est un peu le cas de tout le lagon entre la côte de Vanua Levu proprement dite et le Cakau Levu Reef (le grand récif barrière qui entoure cette côte de l’île): l’eau n’est jamais vraiment limpide ce qui rend la détection visuelle des récifs assez difficile depuis le pont du bateau. Le long des chenaux principaux la cartographie est plutôt exacte mis à part que la plupart des marques n’existent plus ou sont réduites à des trognons invisibles à marée haute (sans doute une conséquence du cyclone Yasa qui à ravagé l(île en décembre dernier.) Par contre une fois sorti des chenaux marqués les cartes deviennent très approximatives et parfois carrément fausses. Avant de quitter Savusavu nous avions donc téléchargé et géoréférencée des images satellite que nous utilisons dans un logiciel de navigation (Ozie Explorer). Ces images permettent une très bonne vision du fond jusqu’à une dizaine de mètre, de se situer très précisément par rapport aux écueils et de choisir les meilleurs mouillages. Bonne nouvelle, en dehors des récifs et autre patates de corail, les fonds en général de sable vasards et très plats.

Double navigation: cartographie Cmap sur TimeZero et image satellite sur OzieExplorer

Les jours suivants, nous avançons doucement vers l’ouest en saut de 10 à 30 milles par jour de façon à ne pas devoir partir trop tôt, pouvoir naviguer doucement sous foc seul (le vent est portant entre 15 et 20 noeuds: on a déjà assez de cheveux blancs: pas la peine de se faire peur en zigzaguant à 8 noeud entre les récifs) et surtout arriver bien avant le coucher du soleil au cas ou il faudrait « essayer » plusieurs baies avant de trouver celles où nous passeront la nuit (çà nous arrivera plusieurs fois).

Nous n’irons pas à terre de tout le parcours. Tous les soirs nous serons ancrés dans un mouillage abrité et un paysage grandiose mais les mangroves interdisent la plupart du temps l’accès à terre et là ou il y a une plage ou un accès, il y a en général un village dont des habitants viennent nous voir pour nous dire: « il n’y aurait pas eu la COVID on aurait été ravis de vous faire visiter notre village… » mais ils restent quand même adorables et généreux comme seuls les fidjiens savent l’être et n’hésitent pas à partager avec nous le peu qu’ils ont comme ici à Culavesi ses délicieux poissons ou à Galoa ces fougères comestibles.

Cette côte est très peu fréquentée, il y bien sûr toujours quelques barques de pêche aux environs des villages et il y a le terminal sucrier de Malau (Labasa) qui se limite à quelques cargos par mois. Côté plaisancier nous ne verrons personne à part un bateau échoué (apparemment depuis pas mal de temps déjà) du côté de Vatudamu et un catamaran de 54 pieds venant de l’ouest que nous croiserons devant Raviravi. Et puis le dernier jour peu avant de doubler Cocoanut Point nous croiserons un patrouilleur de la marine. En 10 jours, çà ne fait pas beaucoup…

Plus on avance vers le Sud Ouest plus la côte semble aride et desséchée. Cet état de chose est visiblement accentué par les feux, qu’ils soient utilisés pour défricher des terrains en vue de leur mise en pâture ou en culture ou encore, c’est le cas le plus fréquent, pour déchaumer les champs de canne à sucre après la récolte. Par endroit, il y tellement de feux que la fumée masque le paysage. C’est certes une méthode d’agriculture traditionnelle mais on peut se poser la question de l’impact environnemental sur les sols et l’atmosphère.

Notre dernier mouillage se fera à Bua Bay, une immense baie peu profonde bien abritée de la mer mais pas du vent. Le lendemain 30 août, nous décollons à six heures. Il y a peu de mouillages abrités le long de cette partie de la côte aussi voudrions nous arriver à Savusavu avant la nuit. Les conditions sont parfaites avec 10 à 15 de vent d’ESE et une mer plate, les bascules de vent nous permettent d’atteindre la passe de Nasonisoni avant 13:00 en tirant un minimum de bords. La passe est assez impressionnante, comme une fente rectiligne taillée dans le récif. C’est un sacré raccourci qui évite de faire le tour par l’extérieur de Namena Reef. Puis c’est un bord d’une vingtaine de milles légèrement débridé qui nous amène à Savuavu à 16:30 à temps pour que Billy, le responsable de la marina nous attribue une place au ponton et vienne prendre nos amarres avant de rentrer chez lui.

La journée se termine par un délicieux crabe local, une belle bête de 1,5 kg. Le nom local « Mud Crab » littéralement crabe de boue n’est pas très engageant. Ce n’est pas un dormeur comme nous appelons les tourteaux en Bretagne mais çà y ressemble et on s’est bien régalés.

Autour de Vanua Levu

Mercredi 18/08/2021, après une semaine passée à terre et un weekend à visiter Vanua Levu il est temps de reprendre la mer. La pluie et le ciel chargé de ces derniers jours on fait place à un temps plus agréable. Le vent est établi au Sud Est mais assez faible: idéal! Nous ne sommes pas tout à fait fixés sur notre destination mais l’idée général en quittant Savusavu est de reprendre l’exploration des îles du groupe Lau et éventuellement pousser jusqu’à jusqu’à Vulaga qui serait parait-il la plus belle.

L’hôtel Jean-Michel Cousteau à Savusavu

Après une première nuit à l’ancre devant Paradise resort à Taveuni la nouvelle tombe durant le petit déjeuner (quand nous avons du réseau nous essayons de lire ou d’écouter les journaux locaux et internationaux) des cas de COVID 19 ont été identifiés a Kadavu et dans au moins une des îles du group Lau et par mesure de précaution, le gouvernement interdit l’accès de ces îles. Ce n’est donc pas le moment d’y aller: mais vu le nombre d’îles du pays et sa longueur de côtes il y a encore de quoi faire. On change donc de programme et mettons le cap sur la côte Est de Vanua Levu découpée de baie profondes et bordée de nombreux îlots, le tout protégé par une barrière de corail à fleur d’eau. On pourrait penser que les petits villages nichés au fond de ces baies sont protégés des pires intempéries. Eh bien non! En décembre dernier le cyclone Yasa est passé et a tout détruit: habitations, jardins et cultures. Mais cela n’a pas affecté la gentillesse et l’hospitalité des habitants.

Première escale à Nasau Bay. Le pére de la famille installé là vient nous voir sur sa barque et nous donne une magnifique citrouille. Du mouillage on voit que les dégâts n’ont pas encore été réparés et une grande partie du sable de la plage a été emportée.

Vendredi 20 août, nous quittons Nasau pour faire le tour de l’île Kioa. Le guide électronique dont nous venons de faire l’acquisition (Sail Fiji Cruising Guide pour iPad) indique 2 bons mouillages dans la grande baie qui découpe la côte Nord Ouest de l’île. L’un est très mal abrité et l’autre, annoncé dans 12 mètres fond de sables s’avère en fait 23m et plein de coraux morts (peut-être un effet du cyclone). Qu’à cela ne tienne, juste à côté nous trouvons une belle anse, parfaitement calme, bordée d’une mangrove et dont le fond de sable descend gentiment entre 8 et 12 m. En plus l’eau est assez claire ce qui est rare en bordure de mangrove. Nous y resterons 2 nuits et nous y reviendrons.

Dimanche, la météo prévoit du vent un peu plus fort et un peu plus sud. On décide de tirer quelques bords jusqu’au fond de Buca Bay, qui sur le papier semble bien protégée des vents de ce secteur. A mi-chemin nous croisons une barque avec deux pêcheurs. On leur fait signe de la main en passant. Il ne nous répondent pas tout de suite mais quand ils le font au bout de quelques minutes ce n’est plus le petit coucou amical habituel mais des grands signaux de bras qui ont l’air pour tout dire un peu désespérés. Auraient-ils un problème? On affale aussitôt les voiles et rebroussons chemin vers eux au moteur. Ils sont bien contents de nous voir. Ils sont en panne d’essence en plein milieu de la baie et une bonne brise d’une vingtaine de nœuds les pousse vers le large…Nous les prenons en remorque et le conduisons jusque devant leur village. Tout le monde rit beaucoup de l’incident qui aurait pu mal se terminer vu le peu de bateau sur la baie. Ils nous proposent de rester un peu en prenant le corps mort devant leur village qui est d’après eux prévu pour des gros bateaux mais il n’a manifestement pas servi depuis longtemps et l’amarre qui retient le flotteur casse quand nous essayons de la prendre. Il y a plus de 20 m à quelques mètres du récif et l’endroit n’est pas très protégé nous préférons repartir vers le fond de Buca bay ou les profondeurs sont plus raisonnables.

Mais là le vent s’accélère en descendant des collines et de 20 nœuds au milieu de la baie on monte à 27+ au fond avec des rafales brèves mais encore plus fortes. Il n’est que midi, on à encore largement le temps de trouver mieux. Vu la géographie du coin et le nombre de bateaux qui navigue, on peut se permettre de faire les difficiles.

Mieux ce sera Naqaiqai de l’autre côté du passage qui sépare L’île de Kiaoa de Vanua Levu. On y rentre par une entrée étroite entre 2 falaises qui débouche sur un plan d’eau peu profond entouré de mangroves et de collines boisées. Un bon abri par tous les temps d’après le guide, il peut même être utilisé comme abri en cas de cyclone.

Il y a une jolie maison sur la rive Est. C’est là qu’habitent Edwin et sa petite famille. Il vient en kayak nous faire un brin de causette.

Ravitaillement à Savusavu

Savusavu, deuxième ville de Vanua Levu, est l’endroit parfait pour s’abriter quelque temps , visiter l’intérieur de l’île et faire les provisions avant de repartir pour les îles.

L’entrée est facile par tout les temps. Coprah Shed Marina propose des corps morts et des places au ponton. Les pontons ne sont pas équipés de bornes individuelles pour l’eau et l’électricité mais on peut tout de même faire de l’eau (le robinet est dans le bâtiment de la marina mais le tuyaux est suffisamment long pour atteindre les bateaux amarrés au ponton) et se brancher au courant si on dispose d’une rallonge assez longue. La marina, construite dans un ancien entrepôt utilisé pour exportation du coprah (la pulpe de noix de coco séchée pour en faire de l’huile) abrite un resto, une pizzeria et un petit magasin d’accastillage. L’endroit est calme malgré sa situation en pleine ville et le décor n’est pas désagréable. Ici, on a enfin l’impression d’être au Fidji , de voir une vrai ville avec de vrais habitants même si le bout de leur nez est caché par le masque obligatoire (seule restriction avec les QR codes à l’entrée et la sortie des magasins)! C’est une impression très agréable après la désolation du complexe hôtelier soit disant de luxe mais complètement désertée de Denarau et les villages fermés aux étrangers sur les îles.

Savusavu étant port d’entrée officiel, situé presque 200 mille moins loin de Tahiti et sur une île ou l’épidémie n’a pas encore sévit, on peut se poser la question pourquoi on nous à fait arriver à Denarau.

La population locale semble être composée en majorité de Fidjiens (mélanésiens) avec une minorité assez importante d’indiens (dominants dans les commerces). La ville de Savusvu c’est d’abord son marché situé sur le bord de la rivière (qui est en fait un bras de mer) juste derrière la gare routière. Ses dimensions sont certes plus modeste que celui de Labasa (voir cet article) mais il est très bien achalandé en fruits et légumes. On y a aussi trouvé des langoustes, du poisson et des écrevisse et bien sûr il y a la section dédiée au kava. Le long de la rue principale, il y a des tas de boutiques de toutes sortes allant de la quincaillerie aux fringues ou à la pharmacie. On notera la présence de deux boulangeries dont le pain est bon. Pour nous français, c’est toujours le style pain de mie mais au moins il est bien cuit et même un peu croustillant. Côté supermarché en plus de nombreuse petites supérettes il y en a trois de bonne taille. MaxValue presque en face de la marina, Suntek et Newworld l’un en face de l’autre au centre ville. Le mieux achalandé en produits européens est le Newworld (ce n’est pas la même chaîne qu’en Nouvelle Zélande) on y a même trouvé de la semoule de couscous et du vinaigre balsamique. Il est sans doute un peu plus cher que les deux autres pour les produits locaux les plus courant. Juste en face sur l’arrière du bâtiment qui abrite la banque Westpac il y a l’un des deux marchand de vin et spiritueux son choix est limité mais les prix sont raisonnable. Newworld et Suntek ont un embryon de rayon vins et alcools. Sealover’s wine de l’autre côté de la marina offre le plus grand choix et fait aussi épicerie fine (le seul endroit ou on ait pu trouver du lard fumé en tranches et de la polenta) mais les prix rivaliseraient avec Fauchon s’ils n’étaient pas en dollars fidjiens . A signaler aussi tout au bout de la rue principale, sur la gauche avant de tourner vers l’aéroport il y a une marchande de légume indienne dont la boutique ne paye pas de mine mais qui vend, entre autre choses, des ananas succulent (alors que personne n’en vend au marché) et du toffu frais.

Ce n’est pas encore ici que la cambuse de Rêve à Deux va manquer de quelque chose…

Chutes, cascades et villages de Vanua Levu

Nous avons pris la voiture pour tout le week-end. Nous sommes dimanches et le temps est presque ensoleillé. Notre but aujourd’hui ce sont deux des cascades de l’île .

La première est celle de Vuadomo (parfois aussi appelée chute de Nagawa) à environ une demi-heure de Savusavu. Nous trouvons assez facilement la piste qui descend au village de Vuadomo. A peine sur le chemin, nous doublons un homme et un jeune enfant. On s’arrête pour leur demander si on peut les conduire quelque part. Ils descendent au village, on les embarque. Le papa nous explique comment trouver la chute et nous dit qu’il faut d’abord passer par le village pour payer le droit d’entrèe (10FJD soit environ 4EUR/personne). Une fois notre obole payée nous garons la voiture et empruntons le sentier qui conduit aux chutes. L’endroit est superbe, les chutes se précipitent dans un bassin naturel entourées d’un écrin de rocs et de verdure. Nous sommes les seuls touristes mais pas les seuls à profiter de la beauté du site et de l’eau claire. Une famille et quelques gamins de village sont là et il s’amusent bien.

Etape suivant Maroroya et ses chutes. Nous roulons une dizaine de kilomètres sur la route principale puis nous empruntons la piste sur la droite juste avant le pont. Sur le bord du chemin quelques jeunes noyant leur ennui dans la bière et le gin nous indique très gentiment le chemin (ils nous proposent même de venir boire avec eux ce que bien sûr nous déclinons). Les chutes sont à mi-chemin entre la route et le village de Maroroya. Nous décidons de pousser jusqu’aux environs du village pour pique-niquer. La rivière nous arrête juste avant le village, il y a bien un gué mais il y a beaucoup de courant et plus de 60 cm d’eau hors de question de traverser en voiture. Pour la petite histoire, toujours selon la cartographie Maps Me c’est la même piste par laquelle nous aurions du passer hier… Google Map ne se mouille pas et n’indique rien dans le coin.

On casse la croûte au bord de l’eau puis on fait demi-tour pour aller voir les chutes. Un panneau arraché gisant par terre parmi les herbes indique qu’on aurait du se rendre au village pour obtenir la permission (et sans doute payer l’entrée) mais vu qu’on a pas pu traverser la rivière et que l’endroit semble un peu à l’abandon, on décide d’y aller tout de même. Visiblement très peu de gens sont venu ici dans les dernières semaines. Le sentier est encore plus ou moins visible mais la nature a repris ses droits et la végétation commence à l’envahir. Les poteaux qui servaient de rampe dans les passages les plus raides sont pourris ou mangés par les thermites.

Tout en haut, il y avait une passerelle en béton qui permettait d’accéder aux chutes en passant au pied de la falaise. Des arbres et des rochers sont tombés dessus et l’ont partiellement détruite ainsi que le belvédère qui surplombe le bassin. Finalement on a sans doute bien fait de ne pas demander la permission : on nous l’aurait sans doute refusée pour des raisons de sécurité. L’endroit est tout de même assez beau dans ce cirque de verdure et de jungle mais malgré sa beauté sauvage, la forêt semble en passe d’être étouffée par des liserons et autres plantes grimpante parasite. Est-ce un phénomène naturel ou s’agit-il d’espèces invasives introduites par l’homme ? Après une nouvelle baignade nous redescendons à la voiture. Il nous reste encore 2 heures et demie avant la nuit. Avant de rentrer, nous avons le temps de pousser jusqu’à la côte juste pour voir à quoi ressemble le fond de la baie.

La route côtière traverse plusieurs village mais les accès à la mer sont rares et toujours passe par un village. Nous décidons de tenter notre chance à Wailevu

Un habitant nous accueille et nous dit que nous sommes les bienvenus et qu’on peut se garer devant l’école. Le responsable du village (le Turaga-ni-Koro en Fidjien) vient à son tour nous accueillir et nous souhaiter la bienvenue. Ils nous accompagne jusqu’à la plage en nous donnant des détails sur son village. Wailevu abrite 20 familles dans le village proprement dit plus onze dans des maisons isolées des alentours. L’école du village assure l’éducation des enfant jusqu’au grade 8 (l’équivalent de la 5ème en France) pour le secondaire, les jeunes doivent se rendre à Savusavu ou a Lambasa ou il resterons en pension pour la semaine.

Ceux qui poursuivent à l’université doivent aller à Savu la capitale sur Vitu Levu. Les familles vivent de pêche et d’une petite agriculture vivrière. Pour la pèche qui se passe essentiellement à l’intérieur du lagon ils utilisent des simples radeaux de bambou.

En décembre dernier le village à été très affecté par le cyclone Yasa, presque toutes les maisons ont perdu leur toit fort heureusement il n’y a pas eu de victime morts ou blessé. On discute aussi bien-sûr de l’épidémie et de ces conséquence sur la vie de tout les jours. Pratiquement tout le monde au village est vacciné nous dit-il. Mais il se fait tard et nous devons rentrer. On le remercie pour son hospitalité en lui offrant le traditionnel kava. Il est ravi et nous invite a revenir quand on veut…

Le soleil se couche quand nous arrivons à Savusavu.

Et pour bien finir le week-end, soirée bien mérité au restaurant de la marina

Labasa: la petite Inde des Fidji

Samedi 14août 2021. Aprés le mauvais temps de la semaine le week-end devrait être suffisamment sec pour tenter une incursion terrestre. Nous louons donc une voiture chez James Rentals. C’est un tout petit 4X4 Suzuki en assez mauvais état mécanique, nous comprendrons rapidement pourquoi : les routes sont truffées de trous !

Le but de la journée est Lambasa la ville la plus importante de Vanua Levu située à 85 km dans le delta d’une rivière au milieu de la côte nord ouest de l’île. Pour y arriver il faut contourner la baie par une route côtière montagneuse puis traverser un plateau central ou les exploitations forestières ont beaucoup abîmé le paysage pour redescendre de l’autre côté à travers les exploitations de canne à sucre.

Le dépaysement est garanti. Les églises se font plus rares dans les villages que nous traversons et sont remplacées ici par une mosquée là par un temple Bouddhiste, Krishna ou Sikh. Les gens ne sont plus les même non plus. Assez peu de Fidjiens mélanésiens et beaucoup d’indiens, des femmes en sari multicolore et parfois la tête couverte d’un foulard. La ville nous rappelle un peu les quartiers Indo-Pakistanais de Sharja (Emirats Arabes Unis) il y a quelques années.

Commerces en tous genres dans la rue principale grouillant d’activités. Repas de midi dans un des restos du food corner de la galerie marchande (mais c’est de la vraie nourriture locale pas du fast food international). Puis on découvre la gare routière et surtout le marché qui à lui seul vaut vraiment de faire tout le trajet jusqu’ici.

Il est organisé en 4 sections : poissons et fruits de mers, légumes et fruits, kava et bazar avec à l’étage une petite section artisanat local surtout orienté bouquets et tapis en paille. Nous commençons par le marché au poisson qui est particulièrement intéressant : mérous gigantesques, poisson pérroquets, wahoos, palourdes, crabes, langoustes et algues commestibles : mana(raisin de mer ou Caulerpa lentillifera que nous connaissons bien) et lumi (Gracilaria maramae, çà ressemble à une chevelure). Nous nous laissons tenter par de la lumi et la marchande nous explique comment la préparer. (sa très forte teneur en agar permet de réaliser des gelées délicieuses, nous y reviendrons bientôt dans notre rubrique cuisine). Les deux halles consacrées aux fruits et légumes sont tout aussi fascinantes, nous en repartons les bras chargés.

Pour ne pas rentrer à Savusavu par la même route, nous essayons un autre chemin qui d’après Maps Me, sur l’écran du téléphone, traverserait la montagne en remontant la rivière par un itinéraire soit disant plus court d’une vingtaine de kilomètre. La piste serpente effectivement dans la vallée en traversant de petits villages typiques dans une alternance de forêt et de champs de canne à sucre. Mais au bout d’une trentaine kilomètres la route s’arrête.

On rebrousse chemin et un peu plus bas on trouve un gué qui nous permet de traverser la rivière. Mais il ne mène qu’au village. Les habitants nous accueillent de façon très sympathique et nous disent que la route ne va pas plus loin, c’est peut-être possible de continuer à pied le long de la rivière mais en voiture ce n’est pas faisable même avec un 4X4. Nous les remercions et un peu déçus, nous redescendons sur Labasa pour retrouver la route principale.

Quelques kilomètres après la sortie de la ville une jeune fille vend des écrevisses de la rivière sur le bord de la route : ce soir çà va être le festin à bord !

Il fait déjà bien nuit quand nous rentrons au bateau.

Vanua Balavu – Savusavu

Dimanche 8/8/2021. 05:30 la sonnerie du réveil nous tire du sommeil. Le jour va bientôt se lever et on voudrait être dans la passe en tout début de marée descendante (renverse à 06:25). Le temps de s’habiller, vérifier le dernier grib et relever l’ancre et c’est parti. Une fois franchi la passe une bonne brise de Sud Est de 18 nœuds nous cueille. Reve à Deux s’ébroue et démarre. Çà tombe bien on a 68 milles à faire pour notre première étape prévue dans un mouillage au Sud Ouest de l’île de Taveuni et on voudrait bien arriver avant la nuit qui ici tombe brutalement à 18:00… Au bout d’une heure, le vent se stabilise autours de 15 nœuds, on envoie le spi pour garder la cadence.

15:30 nous affalons le spi et empannons sous le cap Katoba, la pointe sud de Taveuni. On est encore dans les temps mais il ne va pas falloir mollir. On renvoie donc le spi sous l’autre amure (sur Rêve à Deux on préfère ne pas empanner sous spi – il nous faudrait quelques bras en plus et la configuration des drisses ne s’y prête de toute façon pas.). A 17:30 nous arrivons dans les mouillages de Paradise Resort (c’est un hôtel restaurant, centre de plongée qui met gratuitement des corps morts à la disposition des plaisanciers de passage. Il y a déjà 7 ou 8 bateaux. Une personne du Resort nous appelle à la VHF pour nous prévenir qu’ils sont désolés mais que tous les corps morts sont déjà pris. Elle nous conseille d’aller un peu sur la droite et d’ancrer dans une dizaine de mètres d’eau sur fond de sable (devant le resort il y a une cinquantaine de mètres de fond). On ancre à l’endroit proposé. Le fond semble assez plat au sondeur mais dans la clarté déclinante de cette fin d’après midi on distingue de nombreuses tâches plus sombres. Du coup, on est un peu loin pour aller au resto c’est dommage car les derniers morceaux de thon mis sous vide il y a 8 jours ne sont plus très appétissants. On se rabat sur le dernier paquet de Tofu (je vous disais bien qu’il était temps de se réapprovisionner) et on s’endort sur nos deux oreilles.

Au matin il n’y a pas du tout de vent et après un réveil tardif et un p’tit dej’ relax (comme presque tous les jours) je suis sur le roof en train de mettre le taud de bôme. L’eau autour du bateau est parfaitement limpide (sûrement la plus claire depuis que nous sommes au Fidji) et on voit très bien le fond et les grosses patates de corail dont une semble vraiment tout près de notre arrière. Anne plonge pour aller voir. Les fonds sont effectivement superbes dans cette eau limpide. Mais si hier soir le vent nous éloignait du récif, en son absence ce matin le courant nous pousse vers la côte. Je plonge à mon tour, le massif est là à moins d’un mètre de la surface et tout près de notre arrière ou notre safran(gouvernail) se trouve dans une position très vulnérable. La chaine de l’ancre est pour l’instant encore claire mais pas du tout tendue. Il faut dégager d’ici vite fait en faisant bien attention de ne rien accrocher en remontant l’ancre.

Un vent très léger se lève presque tout de suite nous permettant de nous déhaler à quelques nœuds. Mais à cette vitesse, il est trop tard pour arriver à Savusavu avant la nuit. Nous jetons donc notre dévolu sur Fawn Harbour, une baie bien protégée en plein milieu de la côte Sud de Vanua Levu. La passe d’entrée faisant un S pour franchir la barrière de corail est intéressante. Nous mouillons juste après la passe dans le premier bras derrière un petit îlot planté de mangrove. Il y a des endroits beaucoup mieux protégés dans les différentes anses de cette baie entourées de mangrove très dense mais nous voulons profiter de la baignade sur le récif tout proche (mais hors de notre rayon évitement cette fois-ci). L’eau est très claire mais il y a du courant.

Le lendemain matin 07:30, étale de marée haute, nous levons l’ancre pour avoir le moins de courant possible dans la passe.

Le vent de Sud souffle à 18 – 20 nœuds (au lieu des 10-12 prévus). Le peu de courant sortant, s’opposant au vent lève déjà un gros clapot court, dans une ou deux heures, à mi-marée descendante, çà risque d’être beaucoup plus agité, on a bien fait de partir à l’heure. Traversée expresse, le vent monte à 28 nœuds (pour 10 à 12 prévu sur le dernier grib) quand nous arrivons sur la point Passage qui marque l’entrée de la baie de Savusavu nous contraignant à prendre un deuxième ris et diminuer le foc pour négocier l’empannage. Nous ne sommes pas seul à avoir eu l’idée de venir à Savusavu pour laisser passer le mauvais temps : 3 catamarans arrivent derrière nous venant du Sud Ouest.

A 12:30 nous sommes amarrés au ponton de la Coprashed Marina. Le temps de se changer, de ranger rapidement le cockpit et de s’inscrire au bureau du port et nous sommes au café de la marina, attablés devant une grande pizza. Des fois, il faut savoir manger local…