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Mindelo

Jeudi 09 Aout :

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C’est au petit matin 6 heure (heure locale) que nous arrivons en vue de la première île du Cap vert Santo Antao. Le sommet culmine à 1800 mètres, c’est donc la plus verte de tous les îles mais d’ici dans l’air encore poussiéreux on ne voit que des pitons de lave desséchés. Il n’y a pas de port juste un quai ou un ferry peut accoster quand la houle n’est pas trop forte. Il n’y a pas de mouillage, les falaises tombent à pic dans la mer. C’est vraiment dommage, nous là supposons majestueuse mais nous ne la voyons qu’à peine sous ce brouillard dense. Entre les îles le vent se lève, nous en profitons pour arrêter le moteur et on se la fait cool sous foc seul à 4 nœuds, j’en profite pour mettre la ligne de pêche où une petite bonite vient chatouiller l’hameçon et si prendre. Je deviens bonne ! Arrivée à Midelo c’est la surprise pour tous les deux. On avait pas du tout imaginé l’endroit comme ça. Pour être pelé c’est pelé … Le port est un capharnaüm terrible. En croirait sur le théâtre d’une vraie bataille navale. De tous les côté de la baie émergent des épaves à moitié coulées ou sur le flanc. Nous avons un peu peur de ce qu’on va découvrir à terre. Mais non, passé cette première impression, en fait c’est un endroit vraiment super. Ici c’est l’Afrique version portugaise me dit un passant. l’ambiance est là , la chaleur moite aussi. On a de la chance le soleil est sous une épaisse couche de nuage et un vent souffle, nous rafraîchissant un peu. Les démarches administratives (douane et immigration) sont expédiées en 2 temps 3 mouvement à la capitainerie et comme nous voulons repartir samedi on nous accorde l’entrée et la sortie en une seule démarche. Ici l’eau est un bien précieux. La marina nous octroie une carte à puce pour 100 litres d’eau comprise dans le prix du port. Tous les robinets y compris les douches ont un compteur à carte des qu’on a utilisé les 100 litres il faut payer pour en avoir plus. On trouve cela judicieux, cela nous permet de prendre conscience que l’eau est une denrée rare et qu’il ne faut pas la gaspiller. Le soir en signe de bienvenue (retour à le civilisation) nous avons droit à un concert de techno jusqu’à 4 heure du mat. suivi d’une démonstration de djembe Épuisés, nous n’arriverons même pas à apprécier et c’est Morphée qui en profitera !!!

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Vendredi 10 Aout :

La veille nous avions repéré le marché aux poissons et aux légumes et après avoir émergé tard dans la matinée nous allons faire nos courses. J’en profite pour faire des photos, c’est tellement typique que je me régale, les gens sont très gentils. Une police locale est présente mais pas du tout agressive. On se sent en sécurité. On s’y sent bien et on en envie de visiter plus. Il n’y a pas de mendiant et l’on sent une ville qui vit de commerce. La population sans être très riche travaille de la pêche et le port de commerce apporte lui aussi sa contribution à l’équilibre de la vie de l’île. Mais nous ne sommes que de passage, êtes nous vraiment sûr que tout est ok ? Tout en sachant que nous sommes sur des îles volcaniques encore en activités ?

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A suivre :

 

Ecrit par Anne et corrigé par Domi

La Palma, traversée jusqu’aux îles du Cap Vert

Mardi 31 juillet :

Dernier jour du mois, mais c’est aussi le dernier jour de vacances pour Domi ensuite c’est la retraite …

Aujourd’hui, spi toute la journée, le temps est maniable (expression voileuse signifiant qu’on peut porter toute la toile et faire les manœuvres sans difficultés) même si le vent n’arrête pas de changer de direction. Il faut être attentif, le pilote est réglé pour suivre le vent et nous ne voulons pas aller aux Bermudes. Le soir au moment de ranger le spi dans sa chaussette (le vent doit monter un peu cette nuit on préfère anticiper), le bout qui permet de la descendre se prend dans le radar. Petite panique à bord surtout que le vent avait forci. On réfléchit vite et finalement il est préférable de le couper. Bon choix le spi descend et le bout aussi. Domi n’aura pas à monter au mat. Le soir au calme on se rappelle avec Domi tous les bateaux que nous avons visité avant de jeter notre dévolu sur celui-ci. Le REVA 42 a tout de suite été notre coup de cœur et nous ne sommes pas déçu : c’est vraiment un bateau super pour vivre et naviguer. Il est vivant, rapide à toutes les allures et très confortable.

Mercredi 1 Aout :

Commencer sa retraite en arrivant aux Iles Canaries c’est beau non ?

Le pont est rincé à l’eau de mer, la nuit fut un peu plus agitée que d’habitude. La houle s’est levée houleuse avec un bon vent. Pas facile dans ses conditions de trouver rapidement le sommeil. Pourtant l’homme de quart pique du nez aussi nous changeons souvent et finalement nous réussissons à dormir par tranche de deux heures chacun. Au petit matin, l’île de La Palma, la plus à l’ouest de l’archipel est là. Nous découvrons son sommet à 1800 mètre qui émerge au dessus de la couche nuageuse. Nous savons qu ‘en approchant le vent va forcir : nous arrivons dans la zone d’accélération crée par la forme de l’île. Ça devient plus sportif juste avant le petit déjeuner. Nous prenons les devants et réduisons la grand-voile d’un puis de deux ris. Le vent continue à monter, nous enroulons le foc, remplacé par la trinquette, beaucoup plus petite. La vitesse de notre bateau ne réduit pas pour autant, nous partons en surf sur les vagues à plus de onze nœuds. Le vent montera à trente trois nœuds dans les rafales. C’est un phénomène heureusement très localisé.

Le cap est passé, nous lofons gentillement pour arrondir la pointe de l’île et, nous sommes à l’abri, tout redevient calme. A cette endroit de l’île les plantations de bananes sont de petites parcelles en terrasse suspendues à la falaise. Beaucoup sont recouvertes de film plastique (cela leur permet de moins mettre de pesticide sur les fruits ainsi de vendre le produit bio). Il est midi déjà et nous rentrons à la marina de Tazacorte. C’est un port facile d’accès par tout les temps car bien abrité des vents et de la houle. (Je le recommande à tous les marins qui passe par cette île).

Pour éviter de succomber à la tentation de faire la sieste, nous nous activons comme on peut. Domi a loué une voiture pour 24 heures à 18 heures. Nous partons faire nos courses en vue de la prochaine traversée à Los Llanos la ville à côté qui dispose d’un Lidl et d’un hyper Duplo. Nous rentrons vers 21 heures, le plein de nourriture fait pour plusieurs semaines (espérons nous) et, à peine avalé quelques crevettes avec un verre de vin du pays (le premier jour de retraite çà s’arrose quand-même !), exténués nous nous couchons sans demander notre reste…

Jeudi 2 Aout :

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Ballade dans l’île : comme toujours les voisins de pontons sont une source de renseignements inépuisable et il y a toujours une information ou un conseil à échanger. En discutant, ils nous disent que d’ici la ballade la plus belle et la plus accessible c’est de monter à la Caldera de… et l’astuce du jour c’est de s’arrêter au bureau du parc national pour réserver le matin pour l’après midi : il n’y a que 20 places pour les voitures et on ne peut pas monter sans réservation. Au bout d’une heure de ballade dans cette montagne à voir absolument, le brouillard tombe et nous ne verrons finalement pas grand chose. Petite anecdote : hier, Domi a reçu un message des impôts de Loches et il doit les rappeler. C’est tout en haut du belvédère qu’il va finalement les contacter, quel affreux… (ben quoi ? il y avait du réseau !)

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Ça ne fait rien, on est bien en montagne et nos jambes demandent d’en faire un peu plus après ces jours de mer. L’île est très belle, verte, et chose étonnante très fleurie (on est déjà début aout on ne s’attendait plus à une végétation déjà desséchée comme nous avions vu sur Porto Santo), passé les bananeraies et les garrigues ou pousse les aloes et autres cactus, il y a pas mal de feuillu (châtaigniers en fleur , et noyer avec déjà des noix ), puis un peu plus haut des sapins de moyenne montagne. Avant qu’il ne pleuve vraiment nous redescendons et reprenons la voiture pour Santa Cruz. La capitale de l’île. Le vieux centre ville historique n’est pas très grand mais très typique avec ces maisons de pierres, ses balcons clos de fenêtres et ces ruelles escarpées.

La ville très colorée s’étend sur la colline autour. Il y a un port et une marina. Nous sommes content d’avoir suivi les conseils du guide nautique en choisissant Tazacorte car la marina de Santa Cruz nous semble très inconfortable, la houle rentre et remue les bateaux amarrés (la mer est pourtant plutôt calme) et en plus il se trouve en pleine ville, entouré d’un boulevard plutôt bruyant.

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Vendredi 3 Aout :

 

Après concertation entre co-skippers, nous reprenons aujourd’hui la mer pour les îles du Cap-verts. La météo assez bonne et ainsi nous pourrons peut-être éviter les orages qui s’annoncent prochainement. Tout est en place les lignes sont mises et nous filons à 5 nœuds sous spi. Pour le repas de midi, un petit maquereau fraîchement pêché avec des pommes de terre et des petits oignons, sieste ensuite chacun notre tour. Cette fois ci nous avons 7 jours de mer et il faut déjà reprendre le rythme des quarts. Une petite mise en jambe pour l’étape suivante qui sera d’une vingtaine de jour. La on commence à ressentir qu’on est vraiment partis, on est bien sur l’eau, en osmose avec notre confortable bateau.

A la tombée de la nuit rangement du spi dans sa chaussette, nous déroulons le foc et le tangonnons pour pouvoir faire route directe.

 

Samedi 4 Aout :

La première nuit s’est bien passée. Elle était étoilée magnifique. La lune s’est levée vers deux heures du matin, j’ai adorée. Le vent n’a pas changé de la veille mais nous commençons à sentir cette grande houle de l’arrière. Ce matin après mon repos je découvre un ciel couvert. Le vent souffle toujours de la même force mais il a adonné et nous devons empanner pour rester sur notre route. Nous avons un problème avec l’hydro. Le bout qui permet de le remonter s’est pris dans son hélice. Après avoir arrêté le bateau nous pouvons démêler les nœuds et attacher ce maudis bout pour que ça ne se reproduise pas.

La vie à bord devient une routine qui se met en place au rythme des quarts. Le brossage des dents est obligatoire après chaque repas comme à la maison mais aussi une douche par jour (où au minimum une toilette de chat au gant de toilette) est très fortement conseillée . Nous ne voulons pas contribuer à entretenir la réputation des marins Français qui sentiraient, paraît-il, mauvais. Les nuits étant toujours plutôt fraîches (oui même ici si proche du tropique) nous mettons un pantalon et un tweet . Il m’arrive même de sortir ma cape en mohairs pour nous recouvrir le dos au plus frais de la nuit. En bas, dans la couchette le drap et la petite couverture sont nécessaire. Nous essayons de respecter l’heure locale pour les repas mais les encas de nuit ne sont pas réprimandés et Domi farfouille souvent dans les placards en quête d’un petit quelque chose à se mettre sous la dent. Dans la journée, nous ne faisons pas grand chose sinon nous reposer, regarder la mer, lire, pêcher, faire la navigation, écrire mon journal et bien sûr encore dormir. Mais rassurez vous, on ne fait pas que se croiser à la prise de quart, nous avons quand même pas mal de moments ensemble. Nous en profitons pour parler de tout et de rien. Domi râle de moins en moins. Les choses se mettent d’elle même en place et il devient de plus en plus cool et reposé sans le stress du boulot et du départ. Cela ne l‘empêche pas d’être vigilent sur la liste des choses à contrôler (qui s’allonge au fur et à mesure que l’on avance) pour être sûr qu’aucun incident mécanique ne viendra entraver la bonne marche du bateau.

 

Dimanche 5 Aout :

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Ce matin Domi à vu son premier poisson volant, bienvenue dans les mers tropicales. Sous notre gréement de retraité(route directe, foc tangonné+trinquette ,sans GV) nous avançons entre 5 et 7 nœuds ,vent très instable en force (de 12 à 23 nœuds) et direction (plus de 30°). Le ciel est une alternance de gros nuages bas et plein soleil. Ce qui fait que la température en profite aussi pour faire le yoyo et varie entre 24 et 29°. Paradoxalement, c’est sous les nuages qu’il y a le moins de vent. On fait avec, on ne se prend pas la tête et essayons d’être patients . On arrivera quant on arrivera …Les gribs (fichiers météo bruts déchiffrables sur l’ordi) sont téléchargés par Iridium le matin et l’après-midi pour nous permettre d’affiner notre route et d’anticiper les changements de vent. L’hydro ne fonctionne pas à plein (avec la houle il est souvent hors de l’eau et les panneaux solaires sont eux aussi souvent caché par les nuages) nous devons faire attention de ne pas trop consommer de courant. Nous basculons sur l’ancien pilote (Ray) afin de revoir les réglages du nouveau (Hercules). Finalement le vent forcit et nous surfons à 8 nœuds sous notre gréement de retraités, bien vu, on a bien fait de ne pas renvoyer de la toile! Les batteries vont enfin se recharger.

20 heure, nous croisons le Nabolsi cargo de 156 mètres remontant vers l’Europe il passe à 3 mille de nous, il transmettra peut-être notre position sur marine traffic ?

 

Lundi 06 Aout :

A 4,00 heure le Karen Maerks nous double en route pour le Cap vert. Au matin Domi part à la cueillette des poissons volants tombés sur le pont pendant la nuit. Aujourd’hui, il n’y en a que trois, juste de quoi améliorer notre déjeuner. Le vent à encore changé de direction. Le ciel est chargé de poussière et le soleil est voilè. Après un bon petit déjeuner nous renfilons nos harnais pour envoyer la GV avec un ris. Le vent est toujours fort 22 nœuds. Quelque minutes de moteur nous aide à garder le bateau face à la vague pendant la manœuvre ainsi nous avons moins de mal pour la hisser .Tout se passe parfaitement et nous reprenons notre route sous foc et GV. Avec ce gréement le bateau est plus rapide et part en surf sur les vagues, avec des pointes de 10 nœuds , l’hydro donne à plein mais les panneaux solaires ont besoin d’un bon nettoyage si on veux qu’ils produisent quelque chose. Domi n’arrête pas de voir des poissons volants mais je n’ai pas encore réussi à en voir un seul, d’habitude je suis la première à voir les choses mais là, rien. Nous repassons sous pilote Hercules et Domi finis de le régler. Il est 10H 30, Domi prend deux heures de repos et je reste à scruter la mer. Ah quand même ! je les vois finalement ces poissons volants qui viennent atterrir sur notre bateau la nuit. Ils ont de grands yeux et de magnifiques ailes très fragiles leur permettant de voler parfois jusqu’à un mètres au dessus de l’eau pour échapper à leur prédateur. Le midi on les mange avec des pommes de terre : super bon ! Dans l’après midi on se prend une bonne une douche dehors, il fait chaud et cela fait du bien de se laver correctement. A la vacation téléphonique du soir, Maman se plaint de la chaleur épouvantable qui sévit en Touraine depuis plusieurs jours , 35° et plus : c’est intenable. On est bien ici avec nos 26° (on est pourtant sous les tropiques, c’est le monde à l’envers). La nuit tombe et le vent ne mollit pas. Nous continuons à faire des pointes à 10 nœuds.

 

 

Mardi 07 Aout :

Cette nuit nous avons super bien avancé il ne nous reste plus que 240 Milles . Notre repas est assuré pour le midi et pour ce soir. Cinq poissons volants sur le pont et un gros poisson au bout de la ligne que l’on va faire en ragout. On trouve son nom en anglais : « greater amber jack » sur nos fiches mais aucune idée de son nom français.

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16 h , Jusqu’à présent éole était avec nous mais là il nous abandonne sans prévenir la mer qui ne s’est pas encore calmée. Résultat, même si nous avançons toujours a quatre nœuds, les vagues font battre la grand voile malgré la retenue. Nous n’aimons pas çà : pas bon pour le matériel. Il nous reste 200 milles avant les îles et pas d’amélioration en vue… Comme de toute façon nous ne pouvons pas faire route directe, nous décidons d’empanner pour prendre la houle avec un meilleur angle. L’empannage a deux sur un bateau de cette taille, et ce n’est pas une mince affaire quand les voiles sont en ciseaux : il faut enlever la retenue de bôme, rouler le foc, ranger tangon, empanner la grand voile et remettre le tout de l’autre côté. Mais voilà , le vent tourne encore dans le mauvais sens et il faut tout recommencer au bout de 2 heures. Pour assurer le coup on télécharge un nouveau fichier météo qui confirme qu’il n’y a pas plus de vent de l’autre côté …donc pas d’option radicale on va essayer de rester aussi près que possible de la route directe. Les choix en navigation c’est toujours difficile, il faut prendre la bonne option sinon on peut rester planté là à attendre le vent. Le soir enfin le vent ce renforce en venant du bon côté ouf on a finalement pris la bonne option!

Avec toutes ses manœuvres l’équipage est vanné aussi sans concertation des quarts plus longs sont établis pour que chacun puisse récupérer en dormant un minimum de 2 fois 3 heures. J’arrive même à dormir 4 heures d’affilé : quel pieds ! Sommeil de plomb à peine allongé.

Désormais nous avons 3 heures de décalage avec la France Mais nous avons conservé l’horloge du bord à l’heure Française pour être sûr de ne pas manquer la vacation quotidienne avec Mamy.

 

Mercredi 08 Aout :

 

Qu’est-ce-qu’on mange aujourd’hui ! une question que l’on ne se pose pas ici , le soleil à peine levé nous allons ramasser les poissons volant qui ont atterris sur le pont pendant la nuit, au moment du repas on regarde si l’hydro a bien rechargé les batteries et décide si nous pouvons cuisiner des légumes (ceux qui on tendance à murir trop vite) au rice cooker. Le rice cooker (et la bouilloire électrique) nous permettent d’utiliser l’excès de courant produit pour cuisiner et ainsi économiser le gaz. Une bouteille de gaz peut nous faire trois à quatre mois ainsi et comme nous en avons trois à bord nous avons de quoi voir venir. Cela peut sembler surprenant de vouloir économiser le gaz à ce point mais hors d’Europe (même si on considère que le Canaries en font partie), il est impossible de trouver du camping-gaz, il est possible de les faire remplir dans certains endroits si on a les bons raccords mais c’est toujours très compliqué.

A part les rares cargos que nous croisons, pas un voilier sur l’eau. Nous sommes en dehors de la saison pour les bateaux qui vont aux Antilles (c’est la saison des cyclones là bas). Pour eux çà commence à partir d’octobre. On ne devrait pas avoir de mal à trouver de la place dans le port de Mindelo, notre destination sur l’île de Sao Vicente dans l’archipel du Cap vert.

Nous avançons trop vite et le routage nous indique une arrivée dans la nuit. Nous allons ralentir et ainsi arriver sur le matin ,c’est plus facile de jour d’arriver dans un port que nous ne connaissons pas . Nous rentrons donc le spi avant qu’il fasse tout à fait sombre.

Le vent nous aide d’ailleurs bien en tombant en début de nuit et nous pousse gentiment a 4 nœuds sur une mer assez plate. L’estime nous donne désormais une arrivée en début de matinée (heure locale), ce qui serait parfait.

 

 

A suivre

Ecrit par Anne et corrigé par Domi

Bye,bye, Madère, Nous reviendrons !

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Dimanche 29 Juillet :

On est en vacances c’est sûr. Ce matin est le matin du premier fou rire et pourtant Domi n’a pas bien dormi, trop énervé, mal aux jambes, nuit de pleine lune (va savoir). En regardant la falaise on se disait qu’il y avait des sports bien plus rude que la voile comme l’alpinisme. Pour aller aux toilettes ça ne devrait pas être très confortable et Domi de rajouter « je préfère être le premier de cordée », voilà c’est parti en life …

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La bricole fait partie intégrante des vacances en bateau (NDT : il ne s’agit pas de bricolage mais d’entretien préventif des équipements critiques). Voilà Domi qui s’équipe de son vieux tee-shirt de son pot de graisse et de ses outils préfères (pince, clé, tourne vis) il va dans le fond de la cale et met de la graisse un peu partout dans les rouages de la barre mais aussi en passant sur tout se qu’il touche …en bon minou qui se respecte je le suis avec mon chiffon et lui propose assistance pour lui passer les outils demandés. Ouf la goutte d’huile qui coince et qui agrémentait nos nuits de quarts de couinements dignes d’un goéland enroué, est localisée, graissée et le tour est joué : plus de bruit. La barre n’a qu’à bien se tenir maintenant…Après le repas nous voilà parti pour un tour de kayak (en plus de l’annexe gonflable traditionnelle type zodiac, nous avons à bord un kayak de mer biplace gonflable) c’est l’embarcation idéale pour aller visiter les rochers et les criques avoisinantes sans avoir peur d’un courant trop fort, d’un vent qui monte où d’un moteur qui tombe en panne. Le kayak va vite, tient bien la mer, ne craint pas les vagues, avance en silence et sans pollution et en plus c’est un peu sportif.

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Bon il est temps de nous déplacer pour aller à Quinta do Lorde, le port à côté du mouillage, demain nous partons pour les Canaries et il faut passer par un port pour dédouaner avant de repartir des îles.

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Quinta do Lorde c’est un peu le petit Versailles des ports de plaisance. C’est une petite marina mais c’est surtout un un grand hôtel de luxe doublè d’un village de vacances de grand standing avec bien sûr l’immense piscine d’eau de mer face à l’océan, le tout construit avec gout au flanc d’une falaise volcanique bien à l’abri des regards et du bruit de la ville. Un marinero vient nous chercher en mer sur son zodiac et nous escorte jusqu’à notre emplacement ou son collègue attend pour prendre nos amarres pendant qu’il utilise son zodiac pour nous pousser afin de parfaire la manœuvre. En deux temps trois mouvements sans que le bateau ne touche nulle part ou que nous ayons besoin de sauter sur le ponton le bateau est amarré et ils nous indiquent gentiment les services proposés par la marina ainsi que le code WIFI et ils ajoute vous passerez demain au bureau pour faire les formalités. C’est quand même autre chose que les marina françaises… Les sanitaires comme je disais c’est Versailles, il y a une petite épicerie qui dépanne et fait surtout boutique de vêtements grand standing. Les prix s’envolent, on ose pas regarder ni toucher tellement c’est cher. Et le prix de la nuit au port ? me direz vous. Nous faisons parti de l’association STW aussi nous avons une réduction de 40% sur les tarifs habituels et que nous propose bien gentiment d’emblée la dame du bureau sans qu’il n’y est à réclamer ou marchander. Nous nous en tirons pour 39€ y compris l’eau, l’électricité et les douches chaudes (moi je les préfère froides surtout avec cette chaleur) c’est raisonnable par comparaison aux Sables ou la nuit est à 45 € sans le service. Nous commençons à ressentir le sud, la chaleur devient moite mais c’est encore bien supportable.

 

Lundi 30 Juillet :

 

Après une matinée à faire mille petites choses, il est14 H et nous prenons enfin la mer. Bye,Bye Quinta do Lorde. Nous longeons la côte qui est finalement beaucoup plus peuplée que nous l’imaginions après avoir vu Porto Santo et la partie nord de l’île de Madère. Le temps est gris et l’île est enveloppée de nuages bas. Il y a même quelques petites gouttes de pluie dans l’air. Nous quittons la côte au niveau de Funchal la capitale de l’archipel et profitons des derniers instants de réception gsm pour appeler Mamie et Chantal. Je suis ravie de parler avec elles deux. C’est mon quart d’heure à moi d’être rattaché à ma famille.

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J’ai mis ma ligne pour pêcher du Gros, on aimerait bien un poisson pour notre repas ! et, c’est à la tombée de la nuit que mon souhait se réalisent. C’est une bonite où un petit thon rouge on ne connaît pas la différence qui accroche à l’hameçon, juste la taille idéale, notre protéine pour la traversée.

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A suivre …

 

Recette du thon saumuré.

 

Pêcher le thon d’abord, enlever la peau, piquer à l’ail comme un gigot, couvrir de gros sel, le laisser ainsi dans son plat pendant 6 heures, en le retournant 2 fois . Bien le rincer à l’eau puis bien le sécher avec du sopalin, l’envelopper chaque longe de sopalin, puis de film étirable. Vous pouvez le déguster aussitôt en petits cubes où en lamelles avec du citron, où bien le conserver jusqu’à 2 semaines au sec où plus au frigo.

Bon appétit !

 

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Porto Santo L’île Dorée

Jeudi 26 juillet:

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Arrivée sur l’île de Porto Santo à seize heures trente (heure de Paris). Pour une fois qu’on arrive à une heure raisonnable … C’est aussi bien car, depuis que nous sommes partis, tous les ports et les mouillages où nous sommes passés, c’était du déjà vu. Alors qu’ici, c’est la toute première fois et c’est aussi la première fois que l’on s’aventure si loin de chez nous avec ce bateau et que nous faisons une si longue distance sans toucher terre. Après l’appel quotidien à mamie, nous nous activons chacun de notre côté. Domi va à terre faire les formalités d’entrée sur l’île. On est bien en Europe mais sur un bateau il faut montrer patte blanche. Dire d’où l’on vient, où l’on va, combien de personne à bord et montrer les passeports (le mot prend ici vraiment sa signification littérale) de tout le monde à bord ainsi que des documents du navire (acte de francisation et assurance). Moi de mon côté je range tout ce qui à ranger sur le pont, lover les aussières, ferler les voiles, rectifier les défenses et ajuster l’amarrage. Ensuite vient le nettoyage bateau et équipage. Une petite douche après 3 jours de mer ne peut pas faire de mal, et je brosse le teck pour lui redonner cette teinte un peu rose. Quand tout est enfin en place nous pouvons partir pour le super marché qui reste ouvert jusqu’à 10 heures. Je prends la patinette pour le retour ainsi personne ne porte rien. Nous découvrons le village principal de cette petite île. Il y a un peu d’animation le soir à la fraîche mais plutôt le genre familial tranquille (on est pas à Ibiza).

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Vendredi 27 juillet:

Aujourd’hui est une journée bricolage et internet. Domi en profite pour installer quelques logiciels qui n’avaient pu être installé plutôt faute de connexion en pleine mer. Moi je mets le blog à jour en publiant l’article de la traversée. Domi plonge dans la soute arrière, Il n’aime pas le bruit que fait le pilote et pense améliorer cela. Il va y passer une bonne partie de l’après midi, en fait un bon nettoyage et graissage semble résoudre une bonne partie du problème. Le soleil baissant sur l’horizon, la température commence à descendre un peu et le voisin de ponton qui a bouquiné et dormi toute l’après midi commence à s’étirer. On se dit que nous aussi on a mérité notre détente. Nous chaussons nos chaussure de marche et partons faire le tour de la pointe par un petit sentier a flanc de falaise.

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Le site est grandiose et la vue magnifique. Après une demi heure de marche nous parvenons à un petit tunnel creusé à travers la montagne et nous débouchons de l’autre côté de la pointe. Le sentier se transforme en une petite route de terre. Nous la suivons jusqu’à une petite crique où se cache un petit restaurant. Il tombe à pic! On se déshydrate vite en marchant et nous n’avions pas pris d’eau. Finalement le resto a l’air sympa, pourquoi ne pas en profiter pour manger sur place? Et c’est le ventre plein qu’à dix heures le soir nous reprenons notre marche par la route qui nous ramènera au port via la ville en passant par le sommet de la montagne. La lune est là, la lune est là mais le soleil ne la voit pas… et pour cause: ce soir la terre la cache. Et c’est du haut du col au milieu de l’île que nous assistons cette éclipse totale de lune, magnifique! Les nuages l’entourant donnent un aspect dantesque à la scène. Sur la route du port nous croisons notre premier cafard sur le chemin qui borde la mer! Domi en profite en passant pour se prendre une douche au sanitaire du port (ou il verra d’autres cafards – il va falloir s’habituer dans les pays chauds…) et moi je file au bateau me mettre les pieds dans un seau d’eau froide. Quel pied!

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Baignade ce matin à la plage avant le petit déjeuner. Formalité de départ (les mêmes qu’à l’arrivée) et nous partons à midi (heure locale) pour l’île de Madère proprement dite (Madère est à la fois le nom de l’archipel et de son île principale). Je comprends maintenant pourquoi tant de bateaux que nous avons croisé nous ont dit qu’ils aimaient s’y arrêter un bon moment. Ces îles sont tellement accueillantes et tranquille. Idéale pour s’y reposer. Il y a des touristes mais se n’est pas le tourisme de masse en quête de soleil pas cher comme sur d’autres îles mais plutôt des randonneurs ou simplement des gens voulant passer des vacances tranquille sur une île magnifique. Les maisons sont très coquettes souvent en pierre ou avec des entourages de pierre et elles n’ont que deux ou trois étages maximum. Le portugais n’est pas une langue facile mais ici tout le monde semble parler un peu de français ou d’anglais. Nous avons donc quitté Porto Santo à regret mais il faut avancer J. Nous sommes sous spi ¾ arrière en direction des sommets de Madère que nous apercevons à mille huit cent mètres au-dessus des nuages. Une petite brise de nord, huit nœuds, nous déhale à cinq nœuds sous spi c’est pénard!

A suivre…

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Ecrit par Anne et corrigé par Domi.

De Cascais à Porto Santo (Madère)

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Lundi 23juillet :

Le vent qui soufflait fort hier est tombé tard dans la nuit nous faisant parvenir les bruits d’une fête sur la plage jusqu’à 6 heures du matin.

Départ pour Madère à 10 heure 30. C’est pétole quand nous quittons Cascais. Mais il y a tout de même assez de vent pour nous déhaler doucement. A peine sortie de la Baie de Lisbonne la brise monte un peu et nous marchons ¾ arrière à 7 nœuds. Dans cette baie il faut être attentif. Les pêcheurs la quadrillent de leurs filets. Le risque est grand de se les prendre dans l’hélice où la quille du bateau. L’hydro recharge à bloc nos batteries. Je vais pouvoir utiliser le rice-cooker pour faire à manger et ainsi économiser le gaz (c’est fou se que l’on peut cuire au rice-cooker, il ne consomme que 500w par rapport à une plaque chauffante qui fait tout de suite 1000w ou 2000w et là ça ne passerait pas sur le circuit 220 du bord). J’en ai deux sur le bateau mais je n’utilise qu’un avec les deux bols et garde le deuxième au cas le premier me lâcherait. Myriam m’a dit qu’elle fait des gâteaux dedans. Elle va m’envoyer des recettes. Ce midi fricassée de pommes de terres, oignons(très bien pour combattre le scorbut) et poivrons. Le tout est accompagné d’un filet de mérou poëllé. Comme boisson nous avons, comme tous les jours, notre Kéfir de fruits .

Recette du Kéfir :

C’est un genre de levure que l’on ne trouve pas dans le commerce mais qui se passe de main en main, après l’avoir rincée je la mets au fond d’un bocal avec deux cuillères de sucre (le sucre sert de nourriture au Kéfir se qui lui permet de se multiplier et l’on ne le retrouve plus dans la boisson .Ensuite j’intègre une orange, citron, raisins (enfin se que l’on a de disponible) et surtout une figue. Cette dernière remonte à la surface lorsque votre Kéfir et à point (environ une journée). On peut alors le filtrer (pour récupérer la levure pour la prochaine fournée), le mettre en bouteille et le placer au frigidaire . La boisson deviendra légèrement pétillante après 24 heures. C’est rafraississant et sans alcool aussi on peut le donner aux enfants sans crainte . C’est un probiotique très bon pour la santé . Nous en consommons une bouteille par repas .

Comme le vent est stable et bien établi nous envoyons le spi .

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18 heure, un gros minéralier nous rattrape par l’arrière il semble dans un premier temps vouloir nous passer à tribord mais finalement il se décide pour bâbord ce qui ne nous arrange pas car avec le spi nous avons besoin d’un peu de place de ce côté là dans les surventes. Avant qu’il ne soit sur nous, nous rangeons le spi et décidons de le contourner par son arrière donc demi tour autour de ce gros Tanker .

La nuit nous restons sous grand voile et foc seul c’est la sécurité et comme le bateau file encore à 8 /9 nœuds pourquoi s’embêter. J’aime bien alors écouter de la musique très fort . Je suis grisée par le bateau qui file à vive allure, la mer est belle , les étoiles font leurs apparitions et la lune est au rendez-vous. J’ai cette ivresse de l’océan qui nous emmène loin vers des destinations inconnues. Là ce n’est plus la frustration du demi tour pour rentrer au port après la ballade de la journée, on continue pour aller plus loin et encore plus loin …Qu’est ce que je recherche au juste, je n’en sais rien . Je suis pourtant prisonnière du bateau et à la fois je ressens une grande liberté. Je suis bien sur l’eau.

Mardi 24 juillet :

Le matin Michel nous envoie un document d’assurance par email (Iridium). A part les gribs pour la météo c’est la première fois que l’on charge un fichier un peu volumineux et ça marche ! Bon d’accord il ne faut pas être trop pressé, c’est pas de la 4G ou du haut débit : une demi-heure pour un pdf d’une page. Tout vient à point à qui sait attendre … (Certains d’entre vous se rappellent sans doute nos premier modems : ceux ou il fallait faire le n° pour avoir la connection et bien c’était du 56 kb/s ; L’iridium lui il débite 10 kb/s au grand maximum : c’est pas demain qu’on pourra voir des vidéos en ligne)

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Pour le repas du midi nous entamons notre première conserve faite avec le thon pêché au début de la croisière. C’est super réussit. Le thon c’est bon avec un peu de mayonnaise une tomate, concombre et un œuf dur. Un morceau de fromage et Le tour est joué.

L’après midi le vent ayant adonné (faisant un angle plus grand avec notre route) un peu on remet le spi et DODO pour Domi qui n’a pas eu son compte cette nuit. Nous sommes à la hauteur de Gibraltar, déjà 170 mille en 24 Heures,c’est pas mal : notre record perso je crois, mais on est qu’au début du voyage . Des super tankers passent en travers de notre route, leurs destinations nous fait rêver. Nous venons de contourner une montagne sous-marine, le mont Gettysburg. Elle affleure l’eau à 5 mètres à la surface. Elle était peut-être une île pendant la période glacière ou alors c’est un volcan qui est monté des profondeurs..

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A peine le soleil disparu à l’horizon qu’une escadrille de dauphin viennent pêcher le thon sous notre nez, impressionnant çà saute et çà se pourchasse dans tout les coins donnant à la mer l’aspect d’une marmite en ébullition. La ligne elle ne donne rien … Les oiseaux aussi sont au rendez-vous et s’énervent au dessus d’eux. Tout à coup, on dérange sans doute en passant si prêt, et voilà tout le monde décampe. Les thons sautent en faisant des bonds d’un mètre. Ils sont poursuivi par les dauphins qui font de même, c’est fascinant, en regardant vers le sud il y en a partout.

La nuit est calme et nous nous reposons toutes les trois heures

Mercredi 25 juillet : Douche pour tout le monde, je prend un seau pour prendre de l’eau de mer elle est tellement bonne rafraîchissante mais je ne vais pas me baigner autour du bateau, il avance à 4 nœuds . J’ai encore la serviette autour du corps que Domi crie :   « Une baleine , là à côté du bateau je viens de la voir plonger juste sous nous. »

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Elle réapparait au tableau arrière et replonge aussitôt . Elle est énorme, au moins la taille du bateau peut-être plus et elle est vraiment tout près à une dizaine de mètres de nous. Pourvu qu’elle ne s’agite pas de trop en passant sous notre coque ! Difficile de la prendre en photo mais on s’applique . Elle nous suit pendant dix minutes avant de reprendre sa route . Salut à toi légendaire mammifère marin qui ont fait rêver tous les grands écrivains du monde . Note post éditoriale: après examen des photos, il s’agirait d’un plus vraisemblablement d’un rorqual

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Après le déjeuner (la suite du bocal de thon avec salade, semoule de couscous mozzarella et tomates) C’est au tour d’un pigeon de nous rendre visite . Et de sa grâce légendaire il nous fait un atterrissage (appontage ?) en déboulant en vrac dans le cockpit . Tout de suite il se redresse dignement comme si tout était normal . C’est un pigeon voyageur pas de doute. Il n’est pas effrayé par nous et se laisse manipuler sans broncher. Il porte une bague à chaque patte. On relève les numéros et on envoie un tweet avec le point GPS on ne sait jamais si quelqu’un sait comment contacter une association colombophile pour les prévenir : il est peut-être recherché . Au bout d’une heure il reprend sa route après un décollage pas très réussit . Tu es attendu pigeon voyageur , bon voyage !

En soirée le vent qui était resté très faible toute la journée reprend et nous fonçons à plus de huit nœuds. Pour la nuit, le vent montant encore en refusant (se rapprochant de l’axe de notre route) nous rangeons le spi et la nuit est plus cool pour celui qui se repose . La nuit est alternée de zone nuageuse où l’on suppose des grains de pluie mais à chaque fois nous passons au ras de la zone sans une goutte. La température est bien remontée depuis Cascais maintenant 28° la journée 22° la nuit et 23°5 pour l’eau.

Jeudi 26 juillet :

Bon Anniversaire Timéo. Tu as 7 ans et nous pensons très fort à toi . Nous pensons aussi très fort à Mamy qui doit se faire opérer ce matin pour la unième fois …j’espère que se sera la bonne .

Nous sommes à 35 mille de la côte de l’île de Porto-Santo, la plus au nord de l’archipel de Madère. Elle apparaît à l’horizon . Nous arriverons dans à peut-près 5 heures .

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Cascais

Samedi 20 juillet:

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Après une grasse matinée (9h 30), douche obligatoire pour tout le monde (ça crognote à bord) l’eau est limpide mais seulement 17°(gla gla). Ensuite après un bon petit déjeuner, nous entrons dans la marina de Cascais (chic et huppée). Adrien (mon neveu ) avec Miriam et Antonin viennent nous voir ils sont accompagnés des Parents de Miriam, Christine et Bernard . Ils nous attendent sur le quai et assistent à notre arrivée sur le catway. Ils passent leurs vacances à Nazaré . C’est génial d’avoir de la visite impromptue, aussi un pique-nique s’organise et tout le monde est mis à contribution, Miriam à la cuisine, Antonin en profite pour visiter toutes les petites caches du bateau il est ravis et nous fait beaucoup rire, Ils nous ont gâtés et ont apporté pleins de spécialités de Nazaré, Le Jambon cru , les petits bouchées à la morue et crevettes , les olives bien sûr et pour finir les pasteis di nata (petit flan dans une pâte feuilletée ), nous arrosons le tout d’un vouvray pétillant qui se trouvé à bord pour les grandes occasions et nous finissons par déguster une liqueur de cerises locale offerte par nos visiteurs . Après cet excellent repas, Miriam, Atonin et ses parents vont faire le tour de fort et manger une glace, pendant ce temps, nous allons faire le ravitaillement au Jumbo (le nom d’Auchan au Portugal) avec Adrien et nous profitons de leur voiture. A 19 Heure, ils nous quittent. Merci pour cette super journée, venez nous voir au bout du monde le bateau est grand et Antonin sera ravis d’essayer la cabine pour y dormir …

Ce soir c’est Denis mon frère qui répond chez Mamy. Il reste avec elle quelques jours avant une nouvelle intervention chirurgicale. Je suis contente qu’elle ne soit pas seule. Ensuite, nous allons faire une ballade en ville. Cascais est une très belle ville balnéaire avec ses petites ruelles pavées où nous nous perdons volontairement pour découvrir des façades de maison recouvertes de carrelages bleus et les cours débordant de bougainvilliers.

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Le soir exténués par cette longue journée nous nous écroulons dans notre bannette sans demander notre reste. Vas croire que les vacances sont de tous repos…

 

Dimanche 21 juillet

Le matin est destiné à la révision du bateau. Modification du système de levage du tangon. On contrôle les verrins des pilotes, mais aussi le réa de la drisse de GV . Domi, arnaché d’un baudrier d’escalade monte dans le mat. Je l’assure en bas. Tout vas bien pas d’usure ni de ragage. Par contre, en faisant un peu de ménage sur le pont je découvre une rondelle ? Domi ne cherche pas longtemps le bug. Des vis retenant l’embout de bôme se sont desserrées . La bôme risquait de se désolidariser du mât. Il faut refaire tout çà, Domi s’affaire et en un temps record, répare. Ce n’est pas grave mais on a évité la catastrophe. Dorénavant nous seront vigilent et attentif cet endroit du bateau. Hors de question dorénavant de laissé battre la GV , il est préférable de l’affaler .

Il est bientôt 2 heure, il est temps d’aller se mettre au mouillage si nous ne voulons pas payer une deuxième nuit de port car ici la nuit c’est 55 Euros. Pour les ports, le Portugal est plus cher que la France.

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En principe demain nous partons pour Madère il faudra donc attendre quelques jours pour le prochain article. Mais entre temps, vous pouvez toujours nous suivre sur le site (messages Twitter et position)

 

Ecrit par Anne et corrigé par Domi

Des Îles Scies à Cascais

Mercredi 18 juillet: Nous partons toujours plus sud et la météo nous promet plus de soleil (je veux voir). A midi le vent, qui était d’une quinzaine de nœuds, mollit a dix en passant le fameux cap Finistère (c’est ici que les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle viennent brûler leurs vêtements). C’est aussi la barrière de transition entre le nord et le sud de la Galice. Il y fait plus chaud dit-on mais cette année est une exception au nord comme au sud ce n’est pas la grande chaleur. L’après midi, comme la mer est un peu moins désordonnée, nous hissons le spi. Sur un bateau de cette taille ce n’est pas une mince affaire, la préparation est longue et minutieuse et pour peut que le vent tombe ou change de direction entre temps, tout est à ranger. Non, pas cette fois , le spi se gonfle normalement et ne s’enroule pas autour de l’étai , le bateau accélère et se stabilise. Il ne roule plus d’un bord sur l’autre . C’est à présent que nous apprécions de l’avoir lancé, le bateau file à sept nœuds, c’est un bonheur. Les marins n’aiment pas le spi en Galice, la mer est trop formée, trop de travail, et la sécurité ? Pour Domi, c’est sa joie de vivre. Il aime faire l’homme d’avant qui se bat avec le tangon et courre de l’avant à l’arrière pour tout mettre en place. La récompense c’est cette voile qui se gonfle comme un gros ballon et qui est de différente couleur. C’est vrais que c’est beau un spi ! Mais voilà, il y a une fin à tout, et en arrivant par le travers de l’île Salvora le vent tombe est c’est le cœur gros que Domi redescend la chaussette du spi, range les bouts et met le moteur. Nous nous arrêtons pour la nuit au mouillage devant le port de St Vincent de Grove. Des rameurs nous souhaitent la bienvenue.

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Assina téléphone (c’est bien d’avoir des nouvelles des enfants…)Nous nous endormons contents de savoir que son projet de maison s’est réalisé.

 

Jeudi 19 Juillet: A peine levé que je me baigne autour du bateau, pas trop longtemps ici l’eau n’est pas à 20°. Le Gulf Stream ne passe pas dans le coin. Des petites barques, moteurs en route encrée autour de nous? sans personne à bord ?? ce sont des plongeurs en narguilé . Nous essayons de savoir se qu’il ont dans leurs sacs mais le secret est bien gardé …

Un message est arrivé pendant le petit déjeuner. C’est Fanny et Alain qui sont dans la région avec leur camping-car. Aussi nous gonflons le kayak de mer (rapide, léger et facile à gonfler) pour aller les rejoindre. Nous avons rencontré Fanny et Alain à Gijon il y a quatre ans , Ils avaient à l’époque un joli voilier qu’ils ont perdu, coulé par un chalutier au large de Noirmoutier, depuis il ont acheté un camping car et continuent à voyager. Ils ont vu des endroits superbes inaccessibles depuis un bateau. Mais on sent leur nostalgie de la navigation. Les gens de mer sont réputés pour s’entraider et les rencontres sont nombreuses et toujours chaleureuses. Tandis qu’en camping-car çà semble plus difficile. L’Espagne et le Portugal de l’intérieur ont encore à apprendre à propos de la propreté. De la mer les choses sont différentes, on ne voit que la beauté des paysages et la saleté est bien cachée . IMG_0141

Il est tard et le vent nous attend pour larguer les amarres aussi nous quittons Fanny et Alain . Nous sommes contents de vous avoir revu , Fanny nous promet de donner des nouvelles et de m’envoyer la recette du thon au sel .

 

Après avoir passé l’île Ons sur notre tribord , j’envoie une ligne de traine , je me douté qu’a cet endroit là la pêche serait fructueuse mais de là à retirer deux maquereaux en cinq minutes c’est vraiment un record . Qu’a cela ne tienne frais pêché nous les passons directement à la poêle accompagnés de pommes de terre et beaucoup de curcuma c’est délicieux . “-Batrousse (en brestois dans le texte), t’en a encore mis plein ton tee shirt…. “.

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Les Iles Ciès sont mes préférées (à Mamy aussi). Elle se souvient comme çà sent bon l’eucalyptus. Combien de fois sommes nous venu ici depuis la première fois en 1992? . Domi pense que cette baie et l’une des plus belle du monde . Maintenant c’est un parc national il est toujours possible d’y accéder mais il faut un permis que nous n’avons pas demandé cette année.

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On profite d’une bonne réception 4G entre les îles pour télécharger un grib. Le vent est favorable pour les prochaines 48 heurs mais assez fort. Bon c’est décidé nous allons jusqu’à Cascais (entrée de Lisbonne). Un routage rapide nous donne une ETA samedi vers 4 heures du matin, à temps donc pour faire les courses (nous avons besoin de frais pour la suite de la descente). Dans la nuit le vent monte à 27 nœuds et la houle est assez grosse et surtout très courte. Nous tangonons le foc et prenons deux ris dans la grand voile (pour les voileux: nous expérimentons la prise de ris au portant sans déventer la grand voile pour la première fois. Çà marche super bien, il suffit de bien coordonner la drisse et la bosse. Avantage pas de voile qui bas, pas de bateau travers à la houle et pas de temps perdu).

 

Comme pour la première fois de cette croisière nous avançons régulièrement à bonne vitesse (7 – 8 nœuds) nous découvrons le potentiel de l’hydro-générateur. C’est génial cet engin. Il produit plus de 20 ampères à cette vitesse et quand les batteries sont pleines, nous devons lui assurer une consommation autrement il se met à rouspéter: çà ressemble à un grognement continu. Alors tout est bon à bord pour le faire taire: la bouilloire électrique, le rice-cooker (gros consommateur) seront à contribution et on en profite donc pour faire du thé et cuisiner. Ainsi nous descendons la côte Portugaise à bonne allure , accompagné de trois autres voiliers . En fin d’après midi nous sommes en vue des îles Berlengas (au large de Peniche) et vers minuit nous empannons pour enrouler le cap de Roca et le cap Raso qui marque l’entrée de la baie de Lisbonne et de l’estuaire du Tage. La mer c’est bien aplatie mais après le cap le vent se renforce le long de la terre. À 01:30 nous mouillons devant Cascais.

De Cédeira à Camarinias

Lundi 16 Juillet : (Je marque les jours de la semaine autrement je ne sais plus quel jours nous sommes) Il est 8 h 52, nous prenons le large. C’est un exploit de se lever si tôt mais la nuit a était réparatrice, nous avons super bien dormi. Bye bye Cédeira c’était comme on aime, abrité, sûr, et calme (une fois les pêcheurs partis pour leur nuit de pêche) et surtout un site magnifique encastré de ses grandes falaises boisées. La ville aussi est très typique de cette région d’Espagne. Quatre à cinq étages où les vérandas sont fermées non pas de grandes baies vitrées mais de fenêtres à petits carreaux.

Le bateau est au près serré 2/3 beaufort et le vent monte progressivement, l’éolienne tourne sagement mais nous comptons surtout sur l’hydro-générateur pour recharger nos batteries. C’est qu’en plus de l’électronique et deux pilotes nous avons beaucoup de matériel électrique à bord, et la liste est longue d’appareil à recharger : -VHF portable – tablettes – ordinateurs – iridium –écouteurs de motards –aspirateur – moteur de l’annexe – téléphones – bouilloire – rice-cooker –appareils photos – frigidaires –pompe à eau –lumières –lampes portables –mixer à légumes – machine à emballer sous vide – sécheur de légumes et fruits etc. (Pas étonnant qu’on soit un peu lourds : on a pratiquement toute la maison à bord :).)

Le midi, le repas est simple saumon gravlax avec des tomates, avocats et petits piments doux à l’ail (pimiento do Padron) et pour finir les sablés bio à la farine de sarrasin accompagnés de notre thé.

L’après midi se passe à tirer des bord au prés pour régler encore le pilote mais cette fois-ci sous voile, c’est assez drôle, le pilot mesure la qualité des « runs » et nous donne un score à chaque fois. Dans cette mer courte difficile de dépasser les 65%. Les dauphins qui nous tournent autour en perdent leur latin, ils en ont le tournis. Ils s’amusent avec l’hydro générateur, qui émet une vibration sympa et rase leurs moustaches, en passant très prêt de l’hélice. Aux Iles Sisargas le vent tourne à notre avantage. C’est la bascule de vent que nous attendions, merci Eole. Le vent adonne progressivement à l’approche des cailloux et nous passons en débridant les voiles tout en douceur. La photo sera dans la bruine et la température approche des 15° alors qu’en France Mamie souffre de la canicule. Le vent a tellement adonné que nous hissons le spi asymétrique (A5) et Domi essaye pour la première fois la nouvelle chaussette. Il avait peur qu’elle soit trop grande mais elle le recouvre bien quand elle est descendu et empêche le vent de prendre dedans à la fin de l’affalage. En fin de journée, le vent tombe complètement nous finissons les derniers milles au moteur. Arrivons au mouillage vers 11h30 et nous sommes accueilli par la musique mais surtout un magnifique feu d’artifice dans la baie de Camarinias.

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Mardi 17 Juillet : Camarinias à deux spécialités la pèche et la dentèle. Mais aujourd’hui personne ne travaille, ni demain : c’est la fête de la mer et de la commune et ici c’est sacré. La fête foraine c’est installée devant la marina. Des grands chapiteaux sont au milieu de la rue principale empêchant toute circulation. Ici quant on fait la fête c’est jusqu’à 5 heure du mat et tout le monde en profite et si par hasard quelqu’un voudrait piquer un sommes des pétards résonnes de temps en temps …Dans la journée c’est la sirène d’alarme qui nous fait le concert.

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Je vais quant même faire des course en patinette (j’ai opté pour ce moyen de locomotion plus tôt qu’un vélo et j’en suis très contente mais cela ne convient pas à tout le monde, c’est très pratique en bateau elle se range facilement sans trop prendre de place, avantage par rapport à un vélo). Domi en profite pour mettre une lessive à la laverie du port. Le reste de la journée nous la passerons à nettoyer le bateau refaire le plein d’eau et aussi nettoyer et réparer une petite fuite de gaz-oil. Nous prenons le temps d’aller manger au restaurant de la marina qui propose toujours des plats succulents de poissons (Lotte avec les fameuses pommes de terre à la Galicienne). En fin d’après-midi nous trouvons finalement le temps d’aller nous promener dans les bois sur le petit chemin côtier qui longe la mer. Il nous faut quand même faire quelques kilomètres pour ne plus entendre le bruit tumultueux de la ville. Il est 9 heure quant nous rentrons et nous repartons au mouillage même si nous avons payé le port (le capitaine de port ne nous a pas fait payé la machine à laver pour le coup) car on tient à pouvoir dormir. Si quelqu’un dit « vous allez vous reposer maintenant que vous partez … » c’est une blague surtout ni pensez surtout pas la voile est un sport en mer mais aussi à terre on n’arrête pas. Aujourd’hui je n’ai pas réussi à téléphoner à Mamy (bad girl…)

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Rêve à Deux / Écrit par Anne avec la participation de Domi

 

 

Un Golfe de Gascogne de Rêve (à Deux).

11 juillet 2018: départ du ponton des Sables d’Olonne à 9 heure, nous se sommes pas des matinaux…Après être passé faire le plein de fuel et payé la dernière nuit au port nous prenons la mer pour l’île d’Yeux, la mer est plate et le ciel est sans un nuage, il fait chaud , 5 nœuds de vent, un rêve pour démarrer . Nous en profitons pour faire le calibrage d’Hercules (notre nouveau pilote B&G), et le laissons exécuter ses zigzags comme indiqué conseillés sur la notice. Nous arrivons à 19h 30 dans notre mouillage favori de l’île d’Yeu: l’anse du Vieux Château.

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12juillet 2018: Nous sommes décidés pour partir maintenant pour la Galice, la météo est favorable, le routage nous indique une arrivée samedi dans la nuit sur le cap Ortegal. A 14 heure après le repas nous remontons l’ancre, vent de travers le bateau glisse à 6 – 7 nœuds sur l’eau: que du bonheur (comme dirait Francis notre ami Belge).
Maintenant nous réalisons que deux ans ont passé depuis l’achat du bateau, Domi est à la retraite il vient juste d’avoir 62 ans et nous sommes en mer pour notre grand voyage comme une lune de miel très attendue et mérité. Un départ comme çà, c’est vraiment cool…

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13 juillet 2018: Nous venons de passer notre première nuit de mer, nuit sans notre amie la lune mais avec un ciel étoilés comme on aime regarder et des étoiles filantes à souhaits. Vers midi nous croisons une flottille de thoniers espagnol en pèche, il y a du poisson dans le coin où je m’y connais pas … Il n’y a presque pas de houle mais la mer est en vrac avec des vagues courtes dans tous les sens. C’est le passage du plateau continental au grand fond océanique (remontée brutale des fonds) qui produit ce phénomène. Le vent aussi a changé de direction, Il est maintenant en plein dans la route et nous tirons des bords de largue à 170° du vent une bonne partie de la journée (5 empannages) mais le bateau roule quand même et le gain sur la route (VMG pour les spécialistes) n’est pas bon: le bateau est trop chargé pour planer ☺. Dans l’après midi nous décidons de faire route directe plein vent arrière, aussi pour épargner le matériel nous mettons les deux focs d’avant en ciseaux et affalons la grand voile. Voilà c’est plus confortable ainsi je peux mettre aussi une ligne de pêche fabriquée avec mes petites mains sur les conseilles d’Alain le mari de Fany rencontré en Cantabrie lors de notre dernier voyage là bas sur Santez-Marie. C’est une ligne particulière, un leurre (petite poulpe avec un hameçon trois crochets), ensuite un émerillon de bonne taille pouvant supporter du gros, du bas de ligne 10 mètres pas plus, émerillon identique du bout assez costaud et surtout au bout un élastique très dure, sur trois mètres que l’on fixe sur le bout, en laissant environ deux fois plus de bout que d’élastique, le principe est que lorsque le poisson mord ,il tire sur la ligne et ainsi tend l’élastique , relâche , retend , et ainsi s’épuise , au bout de quelque minute , on peut remonter le poisson( en mettant des gants bien sure ) mais sans aucun effort de notre part .
Vers 19 h, toujours rien au bout de la ligne, pour cause un gros poisson a filé avec le leurre. Pincement de cœur, c’était un leurre fait main avec des matériaux très spéciaux offert par Martin à Dominique pour son départ en retraite, mais je ne renonce pas. Je remets un autre leurre: un petit poulpe en plastique blanc nacré. Dix minutes s’écoule, le temps du papotage journalier sur Iridium avec Mamy, je sors et je remarque que l’élastique se tend , pas de doute il y a quelque chose au bout , grosse panique à bord , je décide il faut remonter pour voir …Domi va me chercher les gants car sur le fil de nilon à main nue çà glisse. Oui, oui !!! Il y a du poisson au bout et en plus il est gros mazette! Domi se met sur l’arrière du bateau pour le crocheter avec l’outil acheté pour cet effet “et ensuite minou qu’est ce que je fais?…) je prends le poisson par la queue et de l’autre main je récupère le crochet.

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C’est un thon magnifique d’eau moins 4 kilos. “Vite vas me chercher le grand seau, le sang gicle partout, c’est une vraie boucherie, c’est qu’il se débat le bougre!” – “vas me chercher les grands couteaux et aussi la planche à découper”. Il ne faut pas perdre son sang froid, autant en finir le plus vite avec cette pauvre bête. Il nous faudra une heure pour la découper mais surtout nettoyer le bateau. C’est notre premier thon et aussi le premier gros poisson de toute notre carrière de pêcheur …
Nous fermons la véranda pour la nuit. Il fait plus frais, nous sommes vent arrière c’est plus confortable pour l’homme (ou la femme) de quart.

Samedi 14 Juillet
Fête Nat on nous promet un feu d’artifice se soir (la météo indique des orages) Nous faisons cap sur Cedeira le plus court après atterrissage sur le cap Ortégal. En plus c’est un mouillage sympa, facile d’accès et très abrité. Le matin, je me prends une douche avec le pulvérisateur de jardin Lidl. C’est la troisième que nous prenons avec Domi et nous avons utilisé que la moitié de son réservoir de 5 litres. C’est génial cette idée (venant de moi ☺) qui est à la fois économique et très facile d’utilisation puisqu’il suffit de pomper pour avoir de la pression et le prix de l’appareil est quatre fois moins cher qu’une douche solaire chez le ship du coin (pardon Delphine mais c’est vraiment mieux) . Après le déjeuner composé d’une belle tranche de thon, fraichement péché, poêlée au sésame le vent tombe en dessous de 10 nœuds et aussi comme nous sommes bien reposés, nous remettons la grand voile et nous nous éclatons avec le spi. Malheureusement, quelques heures plus tard le vent tombe et nous lâche définitivement. Nous affalons tout et faisons route au moteur jusqu’au port, en réalité ce n’est pas un feu d’artifice qui nous attend mais un brouillard dense, nous nous équipons de nos écouteurs de motards, un dans la cabine sur la table à carte et un à suivre à l’extérieur à la barre . L’ancre est jetée, il est 11H 30
57 heures pour la traversée du golfe dont 3 heures de moteur c’est pas un record mais c’était hyper cool et pas stressant.

Rêve à Deux
Écrit par Anne avec la participation de Domi