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Suakin sur les ruine d’une gloire passée!

Les ruines de Suakin sont impressionnantes et les quelques murs encore debout laissent entrevoir ce qu’a pu être la splendeur passée de cette mystérieuse cité. Mais il est très difficile de trouver des détails sur son histoire. La vieille ville de Suakin a été construite sur un île reliée à la terre par une digue on fond d’une marsa bien protégée. Ses origines remonteraient à l’antiquité mais elle aurait été développée par les négociants Arabes aux dixième siècle pour devenir une plateforme commerciale dès le 15ème siècle attirant des marchands Indiens et Vénitiens. Ville Ottomane depuis 1517 elle a connu son apogée au 19ème siècle en partie grâce à la traite des esclaves. Après la chute de l’empire Ottoman, en 1922, les Anglais qui dirigeait à l’époque l’Egypte (cette partie du Soudan faisait alors partie de l’Egypte) décidèrent de construire un grand port à Port Soudan et toutes les activités qui faisaient l’opulence de la ville y furent transférées. “Du coup” Suakin a été désertée et les quelques habitants qui y sont restés sont évidemment trop pauvres pour entretenir quoique ce soit.

Construite principalement en pierre de corail ses bâtiments ont très mal résisté aux intempéries et s’effondrent les uns après les autres. Les habitants nous disent que les ruines seraient maintenant hantées. Plusieurs tentatives de rénovation sont entreprises mais la tâche est énorme et l’attention du gouvernement est ailleurs (guerre au Darfour, Sud Soudan, troubles internes etc). Seul le fond Turc TIKA a réussi à restaurer le fort et quelques une des mosquées mais la Turquie est suspectée d’avoir d’autres buts que la seule sauvegarde du patrimoine de l’ancien empire…

On vous laisse découvrir en images cet endroit si particulier et ses habitants si attachants.

Bienvenue au Soudan

Premiers pas à Suakin

Bienvenue au Soudan

Nous ne voyons rien des formalités, Mohamed s’en charge de A à Z et c’est nickel. A 16:00 il est de retour avec nos passeports, nos « cruising permits », les 200 litres d’eau purifiées, notre carte SIM et les livres Soudanaise que nous lui avions commandés. Il repart avec nos jerrycans de gas oil vides, notre lessive et la bouteille de gas à remplir. Quelle efficacité !

Une fois l’eau transvasée dans nos réservoirs, Heinz qui est arrivé cet après midi après une descente difficile depuis l’Egypte en solo sans moteur et sans électricité vient prendre un verre à bord. Du coup il est trop tard pour descendre à terre on verra çà demain.

Mardi 11/10/2022. Mohamed propose de nous conduire jusqu’au marché. Et ce que nous découvrons en route nous choque un peu. Les ruines ne se limitent pas à l’île et la vieille ville Ottomane mais c’est toute l’agglomération qui semble se déliter. Entre les vieilles bâtisses effondrées subsiste encore des boutiques et des habitations de fortune. Nous sommes visiblement dans un pays très pauvre et rien ne peux pousser autour d’eux. Même les bâtiments récents en béton semblent en mauvais état, les pompes de la station service sont rouillées et partout cette poussière si caractéristique du désert de gravier et des déchets plastiques partout. De très nombreuses chèvres et quelques chameaux errent un peu partout. Par contre, les Soudanais sont très accueillants et aimables, toujours avec le sourire, ils sont même ravis de se faire prendre en photo, ils viennent spontanément nous saluer et essayer d’échanger quelques mots. Le marché n’a pas grand-chose à offrir : quelques étals avec un peu de viande (chèvre), de tomates, oranges, bananes, pastèques, aubergines, ocras, oignons et patates.

Mais, même s’il n’y a pas grand-chose, pour faire le marché il faut des Livres Soudanaises. Il n’y a pas de banque en ville ni bien sûr de distributeur ATM, Mohamed peut nous changer des dollars mais on en a juste assez pour passer le Canal de Suez. La seule solution est d’aller à Port Soudan, à la banque de Khartoum qui est le correspondant local de Western Union, le seul moyen qui permette aux étrangers de retirer de l’argent au Soudan. Visa ou Master Card ne sont acceptées nulle part dans le pays.

Rendez vous est donc pris mercredi Matin 08:00 avec un taxi (arrangé par Mohamed) et que nous partagerons avec Heinz qui a le même problème que nous. On aurait pu prendre un mini bus local plus typique et moins cher mais on ne veut pas perdre de temps à chercher la bonne banque et comme çà on profitera pour faire les courses.

Raid sur Port Soudan

Une longue route parfaitement rectiligne en assez bon état traverse la plaine côtière désertique et poussiéreuse. Quelques arbustes, des taudis construits de bric et de broc avec par-ci par là une zone industrielle moderne et des batteries de canons tournés vers la mer (le pays est dirigé par les militaires et a des différents avec la plupart de ses voisins) .

La banque est un spectacle étonnant. Imaginez l’immense salle d’embarquement d’un aéroport ou d’une gare avec ses rangées de sièges alignés. Il y a une douzaine de guichets et la salle est bondée. Les gens vont et viennent avec des sac poubelles à la main. Dans ces sacs d’énormes liasses de billet (100 livre soudanaise = 0,20 Euros) qu’ils viennent de retirer ou vont déposer au guichet. Bien sûr pour chaque transactions il faut remplir une pile de papier. Mais visiblement tout le monde n’est pas ici pour des transactions, comme la salle est climatisée beaucoup semblent être venus uniquement pour se reposer au frais.

Pour Western Union, on ne peut pas se transférer de l’argent soi-même avec une carte Française si on est pas en France… Il a donc fallu demander à notre ami Michel à Ferrière de nous dépanner. L’argent était là dans la minute mais il a quand même fallu patienter une demi heure et remplir 3 formulaires pour l’obtenir enfin. Ce sera encore plus long pour Heinz.

On en profite pour utiliser le Taxi et passer dans un petit super marché assez bien achalandé compléter nos provisions de base (riz, thon, confiture etc) puis au marché où on n’a pas trouvé une variété de fruits aux légumes beaucoup plus grande qu’à Suakin mais beaucoup plus de vendeurs et une qualité bien meilleure. Entre temps le taxi a récupéré Heinz à la banque et il est temps de repartir.

Encore un grand merci à Michel pour son aide précieuse.

La Mer Rouge 1: de Bab el Mandeb à Suakin

Bab El Mandeb, littéralement: la porte des lamentations. Ce serait d’après une légende Arabe les pleurs de ceux qui furent noyés dans le séisme qui sépara l’Afrique de la péninsule Arabique en créant le fameux détroit cher à Henry Monfreid. La mer rouge est en effet un rift et les deux continents s’éloigneraient toujours d’environ 1 cm par an.

Pour nous pas de pleurs ni de frayeurs, se sera du vent léger et une mer plate sur tout le parcours (c’était la raison principale pour sauter l’étape de Djibouti). Du vent de travers au petit largue au début puis du près avec un petit clapot casse vitesse sur les derniers jours, un peu de moteur de temps en temps pour franchir un calme ou escalader les vagues d’une zone un peu plus agitée (36 heures au total).

Énormément de navires de commerce montant et descendant jusqu’à prendre l’apparence d’une file quasi continue sur l’AIS particulièrement dans la zone de séparation de trafic du détroit. Nous sommes restés bien sagement à l’extérieur, côté Djibouti et Érythrée. Ici nous n’avons pas croisé n’y entendu de force navale ou aérienne patrouillant la zone, pourtant c’est dans le coin que la dernière attaque a eu lieu : le trimaran ex Pierre 1er de Florence Arthaud lors de son convoyage vers l’Europe au début de l’année.

Nous n’avons fait aucune mauvaise rencontre, au contraire, nous avons croisé de nombreux pêcheurs Yéménites qui nous ont approché pour nous vendre du poisson ou en échanger contre un peu d’eau mais toujours gentiment et sans agressivité.

Ce n’est qu’une fois passés la frontière Saoudienne et donc sortis de la zone à risque que nous avons commencé à tirer des grands bords plus vers le milieu. Il faut en effet composer avec les courants parfois forts ( 2 à 3 nœuds par endroits) qui forment des boucles et des circonvolutions assez surprenantes. Comme le plan d’eau s’élargit nettement à partir de là le trafic devient moins dense et on peut aisément couper la route des cargos sans les gêner. Dans cette zone l’activité sur la VHF est très intense en provenance des navires qui se croisent ou se rattrapent et surtout du dialogue entre le contrôle portuaire du port de Jiza et les bateaux en attente pour y rentrer mouillés pour la plupart du côté Érythrée. Sur toute la mer Rouge et le Golfe d’Aden, la portée de la VHF et de l’AIS est tout à fait étonnante : on entend des échanges parfois a plus de 100 milles et des cible AIS à plus de 150 milles. Antennes placées très haut sur ces immenses navires ou répétiteurs côtiers, je ne sais pas à quoi c’est dû. D’habitude, au delà de 30 ou 40 milles on ne capte plus rien. En tous cas, pas facile de dormir la nuit avec un tel brouhaha sur la radio.

Nous avons aussi eu beaucoup de visiteurs ailés. Çà a commencé en plein milieu du golfe D’Aden un couple de petites chouettes (ou disons de petits oiseaux de nuit – très farouches nous n’avons pu les photographier) est venu nous visiter plusieurs soirs de suite et est resté se reposer dans le mât plusieurs heures. Puis à peine passé le détroit c’est un groupe de 8 oiseaux de mer (décidément ce doit être la taille normale d’une famille voir cet article) qui sont venus se réunir sur nos panneaux solaires pour papoter et jacasser toute la nuit. A peine sont-ils partis que c’est une adorable tourterelle qui s’installe, elle restera avec nous toute la journée puis la nuit et encore le lendemain mais ce n’était pas juste histoire de faire un bout de chemin avec nous c’était parce qu’elle avait rendez vous avec son chéri qui est venu la rejoindre en plein milieu de la mer Rouge pour passer la fin de la journée et la nuit avec elle… A peine sont-elles envolées que c’est un tout petit oiseau noir et blanc qui se pose sur la barre et se laisse balancer quelques heures au gré des humeurs du pilote. Notre nouveau slogan pourrait être : « Rêve à Deux le rendez vous des oiseaux heureux » (que les « bird watchers expérimentés qui suivent ce blog n’hésitent pas à nous communiquer le nom de nos passagers, merci d’avance à eux.)

Mais nous approchons du but, et à exactement l’endroit et l’heure prévue sur notre routage, le vent tourne de 30° vers le Nord Est. A noter que depuis notre départ de Tanga, les gribs GFS (vent etc) et RTOFS (courants) se sont révélés fiables et précis, bien meilleurs que ceux du modèle ICON qui nous avait pourtant semblé meilleur dans d’autres parties du globe. Notre dernier bord vers Suakin sera très rapide est à huit heures du matin Lundi 10 octobre, nous nous présentons à l’entrée du chenal. On passe le port de commerce où des navires en bon état se mêlent à de vieux cargos de transport de bestiaux à moitié coulés. L’entrée du mouillage est très impressionnante le chenal se rétrécit jusqu’à moins de 10 mètres, il faut vraiment raser les ruines de la vielle ville, n’essayez pas d’entrer sans une bonne image satellite. A 8:45, nous sommes ancrés dans 4 mètres d’eau, Mohamed Abu Baker, notre agent, monte à bord pour les formalités.

Golfe d’Aden

Le contournement par l’est de l’île de Socotra n’est pas une mince affaire. Comme dit la chanson « encore heureux qu’il eut fait beau et que le Rêve à Deux fut un bon bateau ». L’île, très escarpée, bloque le flux de la mousson de Sud Est et le courant associé et le libère par bouffées incohérentes. Un moment vous avez une gentille brise de Sud l’instant d’après c’est une rafale de Nord et peu plus loin, aucun souffle. Le flux du courant est aussi tourmenté. On mettra une bonne journée pour en sortir. Par mauvais temps ce doit vraiment être un calvaire…

Nous sommes restés bien en dehors des eaux territoriales soit au moins 12 milles de la côte. Nous n’avons donc pas vu grand chose mais le paysage aride et tourmenté héberge parait-il une végétation bien particulière. Peut-être y ferons nous escale la prochaine fois qu’on passera dans le coin.
Socotra est encore dans une partie de l’Océan Indien appelé Mer d’Arabie. Pour atteindre le Golfe d’Aden, il faut encore traverser le bras de mer qui la sépare du continent Africain. Dans le passage on retrouve notre bon alizé de mousson qui nous propulse rapidement de l’autre côté mais aussi un peu de traffic commercial. Les cargos pétroliers et autre porte-containers qui descendent ou remontent le long de la côte Africaine semblent emprunter cette route et éviter ainsi de contourner Socotra, la route doit être devenue suffisamment sûre . On aurait su….


A peine entrés dans le Golfe d’Aden, nous sommes survolés par un avion de la marine Japonaise (genre P3 Orion) qui nous demande de nous identifier. Il nous survolera tous les jours. Il semblerait que ce soit le tour du Japon d’assurer la sécurité de la zone au nom de la communauté internationale et il le font avec zèle et efficacité. En plus de l’avion il y a au moins deux bateaux de guerre. Ils diffusent des avis de mise en garde tous les 4 heures demandant de les avertir en cas de danger et de toute activité suspecte, on se sent bien gardés mais à la fois un tel déploiement de force donne la mesure du risque dans une region où la majorité des pays bordant ces côtes sont en état de guerre (Yémen, Érythrée, Somalie)
Quelle route prendre pour traverser ce golfe? La faible vitesse et les changement de direction fréquents liés à notre mode de propulsion ne nous permettent pas de naviguer dans les couloirs prévus pour le trafic commercial, que sommes nous par rapport à ces monstres de 400 m de long lancés à plus de 15 nds La majorité des plaisanciers se faufilent dans l’étroit espace restant entre le couloir montant et descendant. La protection contre toute attaque y est maximum mais ils faut dire qu’ils arrivent pour la plupart des Maldives ce n’est donc pas un détour pour eux. En plus ils arrivent en Février Mars avec la mousson du Nord Est. Pour nous ce serait un grand détour supplémentaire mais surtout on serait confrontés à des courant contraires. On a donc préféré continuer sur notre option intermédiaire: rester à bonne distance de la côte Somalienne, ne pas couper le rail (vu le nombre de cible AIS qui s’y bousculent çà ne donne pas envie) jouer aux maximum avec les courants favorables (les gribs RTOFS s’avèrent assez précis) et le vent tout en évitant de faire trop de route.


La traversée du golfe d’Aden a été en définitive très agréable. Une mer parfaitement plate, une seule journée sans aucun souffle de vent où nous dûmes avancer au moteur, un maximum de temps sous spi, même de nuit. On ne croisera pas de bateau de pêche ni de skiff de pirates. Côté négatif, beaucoup de manœuvres et les coutures du spi léger qui lâchent ouvrant la voile du haut en bas (vite remplacée par le spi lourd)et surtout la chaleur, rarement moins de 33 degrés même la nuit la mer étant elle même à 34°.
En cette première semaine d’Octobre, les gribs gfs et icon nous donnent des vents modérés à faibles sur le détroit et le Sud de la mer Rouge: des conditions idéales, profitons en!
Quoi? vous n’allez pas faire escale à Djibouti? Non, d’abord les conditions sont vraiment bonne, on a suffisamment de gasoil et de nourriture pour aller jusqu’à Suakin, en cette saison la température va être intenable ce serait dur d’en profiter, ancrage peu agréable et débarquement à terre pas facile et enfin, paramètre non négligeable: çà nous fera des économies (frais d’agent, visa et tests covid, fuel et denrées chères) et tant pis pour les bons produits français au Géant Casino…

Le 05/10/2022, à 00:45 locale nous franchissons le détroit de Bab El Mandeb, au revoir l’Indien, bonjour la Mer Rouge!

En route pour contourner la Corne de l’Afrique.

Corne de l’Afrique: c’est le nom donné à cette partie Est du continent Africain composée principalement de la Somalie et débordée par l’île de Socotra (appartenant au Yemen mais gérée en ce moment par les Emirats Arabes Unis). En partant de Tanzanie pour aller sur Djibouti ou la mer Rouge, il nous faut la contourner et ce n’est pas une croisière anodine car en plus des aléas météorologiques, toute la zone est tristement célèbre pour être infestée de pirates principalement Somaliens mais aussi parfois Yemenites. Fort heureusement leur activité semble s’être trés fortement calmée depuis quelques temps grâce aux effort des forces navales internationales patrouillant la region et la de relative amélioration des conditions et de l’autorité gouvernementale en Somalie.
Ces forces navales sont aussi nos anges gardiens pour cette traversée. Une zone dite à risque élevé a été définie. Elle s’étend sur une bande d’environ 300 milles le long de la côte Somalienne de l’océan Indien, tout le Golfe d’Aden et la partie Sud de la Mer Rouge. Tous les navires transitant dans cette zone doivent s’inscrire au prés d’au moins un de ces organismes et envoyer leur position tous les jours. Pour nous il s’agit de la force navale Européenne opération Atalanta, du commandement de la Marine Française pour l’Océan Indien et de l’organisation Britanique du commerce maritime (UKMTO) mais de nombreux autres navires militaires de pays comme les Etats Unis, le Japon ou la Chine patrouillent aussi la zone. Pour l’instant on à encore vu personne mais c’est rassurant de les savoir dans le coin. Les navires marchands ont en général des gardes armés à bord et certains plaisanciers emportent des armes réelles ou factice pour intimider d’éventuels agresseurs ce n’est bien sûr pas le cas à bord de Rêve à Deux, espérons que nos tronches de pauvres retraités suffiront à les mettre en fuite.
Mais me direz-vous, tant que vous n’êtes pas dans le Golfe d’Aden, pourquoi ne pas simplement éviter la zone à risque. En jetant un simple coup d’oeil à une carte des vents et des courants vous comprendrez facilement pourquoi. En cette saison, au large de la zone à risque les courants sont contraires et les vents au mieux aléatoires ou inexistants (nous sommes aux environs de l’équateur), tandis que plus près de la côte le courant est favorable et le vent de mousson portant. Nous avons donc décidé d’évoluer entre 100 et 150 milles de la côte, pour bénéficier du courant et du vent tout étant suffisamment éloigné pour ne pas attirer l’attention.
Nous avons choisi de partir vers le 20 Septembre car c’est l’époque ou la mousson de Sud Est commence à faiblir tout en nous laissant suffisamment de temps pour arriver dans le Golfe d’Aden avant de s’inverser. Et de fait, Samedi 18 Septembre nos premiers routages nous indiquent des conditions favorables avec pour la première fois depuis que nous étudions ce parcours la zone autours de Socotora n’apparaissant pas complètement rouge (vents fort) mais d’une jolie teinte allant du jaune pâle au vert sur les gribs.
Le dimanche a été consacré à la mise à jour de ce blog avec toutes les photos que nous avions ramenées de notre safari !(voir articles précédents). Lundi nous avons fait nos courses de fruits et légumes pour une longue traversée des fois qu’il nous prendrait l’idée de continuer directement jusqu’au Soudan. Nous avons aussi fait les formalités de sortie, douane (au port) et immigration (au club).
Le bon créneau météo se confirmant nous sommes partis comme prévu Mardi matin. Depuis nous naviguons dans d’excellentes conditions: mer peu agité, vent portant modéré, courant favorable et très beau temps. En exactement 7 jours nous avons parcouru 1220 milles, fait un bord de spi sans une seule manoeuvre pendant 36 heures, vu le rayon vert au coucher du soleil, aperçu deux grosses baleines, une grande famille de dauphins, pleins de fous de bassan et pétrels, croisé trois cargos allant vers le sud et franchi l’équateur! (c’est la 8ème fois depuis le début de notre tour du monde) Nous sommes depuis quelques jours dans l’hémisphère nord et nous devrions doubler la pointe Est de Socotra d’ici 48 heures. Affaire à suivre!
(envoyé depuis notre Iridium)

Mambo, perle des monts Usambara

Pour aller du parc à Mambo, Ally notre guide préféré, nous a proposé de quitter la route principale à Mkomazi pour prendre la piste qui passe dans la vallée entre les monts Pare et Usambara et attaquer la montagne par le nord, route en apparence plus courte mais en fait beaucoup plus difficile et jouissant d’une vue exceptionnelle.

La plaine au fond de la vallée est une alternance de savane séche et de grandes plantations de sisal (pour plus d’info sur cette plante extraordinaire je vous conseille de lire cette page) entrecoupée de villages d’apparence très pauvre et pour certains plutôt mal entretenus (nous apprendrons plus tard que certains ne servent en fait que d’hébergement temporaire pour les habitants des villages de la montagne qui viennent cultiver ou surveiller les plantations).

Après cette plaine, nous attaquons la montagne. Et la piste est vraiment escarpée et sinueuse tant est si bien que nous sommes tout le temps en première ou seconde courte. Survient un virage encore plus serré que tout les autres. Le Land Cruiser d’Ally est trop long pour le prendre en une seule fois, il faut manœuvrer. Domi sort pour le guider et mettre des cales au cas où, Ally amorce une marche arrière et c’est là qu’on entend un grand crac! L’arbre de transmission vient de casser et tomber sur la route… C’est fini pour aujourd’hui, Ally téléphone à la Lodge pour nous envoyer un autre véhicule. Il restera sur place toute la nuit pour garder son 4×4 et tenter une réparation de fortune pour pouvoir aller jusque chez un mécanicien.

La montée est longue et la piste en très mauvais état mais la vue est effectivement extraordinaire. Nous sommes reçu comme des princes. Malgré l’heure tardive, nous sommes en milieu d’après midi, la cuisinière à préparé un bon repas rien que pour nous. Un fois restaurés nous découvrons notre chambre ou plutôt notre villa grandiose! C’est une grande maison construite de façon traditionnelle et perchée tout en haut de la falaise avec une vue imprenable sur la vallée, les montagnes et quand le temps est dégagé le sommet enneigé du Kilimandjaro.

Mambo View Point n’est pas une résidence hôtelière ordinaire, d’abord, par son architecture et son positionnement, elle s’intègre parfaitement dans le paysage tout en faisant profiter à ses clients d’une vue extraordinaire. Ensuite, c’est une Eco-lodge, et à ce titre essaye donc de minimiser son impact sur l’environnement. Mais surtout, les propriétaires et Dagmara, la gérante de l’établissement sont très fortement impliqués dans le soutien à la population locale à travers de nombreuses initiatives comme par exemple l’apprentissage de la couture ou de la gestion d’une petite entreprise pour les jeunes femmes qui n’ont pas pu poursuivre leurs scolarité après l’école primaire. (plus sur cette page)

Nous passerons là bas 3 jours de rêve, alternant les randos (falaises et villages, grottes, forêt primaire et cascade) et repos en admirant la vue.

La terre est très fertile dans les petits vallons bien irrigués sur les flancs des quels les habitants pratiquent l’agriculture en terrasse et produisent principalement de la pomme de terre et du maïs.

Les maisons traditionnelles sont faites d’une armature en bois remplie de terre qui sèche sur place et qui est ensuite recouverte d’un enduit de terre blanche très lisse pour mieux résister aux intempéries. Les constructions les plus récentes sont en briques faites de la même terre séchée au soleil puis consolidées dans un four rudimentaire construit sur place (en fait ils empilent les briques d’une certaine façon et font un feux dessous). Les toits étaient recouvert de plaques découpées dans les bidons en fer blanc utilisé pour l’huile alimentaire, un matériaux de récupération intelligent et qui résiste très bien dans le temps. Malheureusement, tous les bidons étant maintenant en plastique les nouvelles constructions sont désormais recouvertes, comme partout ailleurs, de tôles ondulées.

Chez nous en France, les villages ruraux de 300 à 400 habitants ont du mal à garder une classe ouverte faute d’un nombre suffisant d’enfants en âge d’aller à l’école primaire (minimum 15). Ici aux alentours de Mambo, l’école primaire d’un village de la même taille compte 500 élèves inscrits mais ne dispose que de 4 salles de classes. Pour certaines leçons, le chemin de terre qui même à l’école est utilisé comme classe, les talus qui le bordent servent de pupitre et sa surface poussiéreuse de tableau noir…

Notre séjour touche à sa fin, il est temps de redescendre sur terre. Le taxi nous amène vers la plaine en passant cette fois par Leshoto. Une route en bien meilleur état qui traverse les cultures et les villages. Nous sommes ravis de retrouver Ally à Mombo (ne pas confondre avec Mambo) sa voiture enfin réparée. C’est lui qui nous conduit à Tanga. La région est riche en vergers nous en profitons pour faire une bonne provision de délicieuses oranges. Un dernier repas ensemble en arrivant et il nous faut nous séparer. Au revoir Ally! Et merci du fond du cœur pour toutes ces choses que tu nous as apprises sur ton pays superbe, ses habitants, sa faune et sa flore.

Nous sommes Samedi, on doit partir Mardi matin (20/09/2022). Le dimanche sera consacré à la mise à jour de ce blog et le Lundi aux courses (fruits et légumes pour un mois de mer) et aux formalités de départ (douane , immigration). On aura tout de même le temps de passer une soirée super sympa autours d’un cochon grillé avec Patrick et Maria

Safari au parc national de Mkomazi

Nous n’avions pas envie de faire des heures de voiture d’un bout à l’autre du pays ni de nous retrouver à 50 véhicules autour d’un pauvre rhinocéros. Malgré son immensité et la diversité de sa faune le Serengeti ne nous attirait donc pas de trop. Nous recherchions un endroit à la fois plus proche et moins fréquenté. Suivant les recommandations du Yacht Club nous avons don choisi le Parc National de Mkomazi et les montagnes de Usambara. Nous avons demandé à Dagmara de Mambo View Point Eco Lodge de nous concocter un petit programme d’une semaine sur mesure. Je peux tout de suite vous dire que nous n’avons pas été déçu. C’était absolument génial d’un bout à l’autre!

La route entre Tanga et le parc

Mkomazi est le plus récent des parcs Tanzaniens et de ce fait il n’est pas encore connu des touristes (sur la plupart des guides il apparait encore comme simple réserve animalière). C’est la continuation du Parc de Tsavo au Kenya et nous sommes à la fin de la saison sèche pendant laquelle les animaux sont encore de ce côté ci de la frontière.

Lundi 12/09/2022, à 08:30, Ally notre guide vient nous prendre au yacht club. Pose déjeuner à Same puis nous prenons nos quartiers au « bandas » (hébergement en petit pavillons de deux chambres tous neufs géré le parc national) de Mkomazi. A 15:00 nous sommes sur les pistes du parc et à 15:20 nous voyons notre première girafe du séjour. Le reste de ces 3 jours, je vous le laisse découvrir à travers nos images (il y a en a beaucoup).

Bandas juste à l’entrée du parc Nous y coucherons deux nuits

En trois jours dans le parc (une après-midi, une journée complète et une matinée), nous ne verrons que 3 autres véhicules, et jamais proche de nous lors d’une observation d’animaux: le rêve!

A noter qu’ici comme dans beaucoup d’endroit du globe la sècheresse est beaucoup plus forte que d’habitude. Le point d’eau principal ce rétrécit à vue d’œil et les animaux venant boire s’enlisent de plus en plus souvent dans la boue qui a remplacé l’eau. Les hommes en orange que l’on voit sur quelques photos sont des prisonniers, arrêtés principalement pour braconnage, qui en guise de peine de réhabilitation, viennent sauver les animaux enlisés et creuser un bassin pour faciliter l’accès à l’eau.

Avec nous pour ces trois jours, en plus d’Ally et de sa connaissance approfondie de chaque recoin du parc et de tous ces animaux, Joyce et Helen, toutes deux étudiantes d’une école de guide d’Arusha, en stage de formation, ici, pour quelques semaines. Leur connaissance des oiseaux épaulée par des applis très bien faites sur leurs téléphones et leur enthousiasme rendra ce séjour encore plus agréable.

Mercredi dans l’après midi des souvenirs de bêtes sauvages plein les yeux, nous reprenons la route vers Manbo View Point et les monts Usambara ce qui s’avérera être une aventure en soit…

pour la protection et la reproduction des rhinocéros noirs un parc totalement fermé et sous protection de rangers a été créé.

Des mangroves de Pemba au Yacht Club de Tanga

Samedi 10 septembre 2022, nous sommes pressé de quitter cette zone hôtelière pour aller découvrir Pemba distante de seulement 35 milles mais beaucoup moins fréquentée. Le vent est très faible mais le courant favorable aide le spi à porter

La côte Est de Pemba est un dédale de banc de sable et de mangroves. La cartographie est archi fausse sur toute l’île en dehors d’une zone entourant le port de Mkoani qui a été mise à jour sans doute pour éviter que les ferries ne s’échouent. Heureusement nous avions pris la précaution de télécharger des images satellites de bonne qualité moyennant quoi nous n’avons rencontré aucun problème pour trouver nos mouillages de rêve (à deux). Comme celui-ci, juste au nord de la péninsule de Mkumbuu ou nous avons pu visiter les ruines malheureusement abandonnées de ce qui serait la plus ancienne mosquée et les plus vieilles tombes musulmanes du pays.

La mangrove et un habitat de choix pour de nombreuse espèces d’oiseaux. Ici des oies et de petits échassiers

La plupart des baies offre un fond de sable de très bonne tenue. Mais devant Ndagone, ce n’était que de la roche plate ou l’ancre n’accrochait pas.

Le narguilé un appareil bien pratique pour changer les anodes (vous noterez au passage qu’il était grand temps d’en changer)

L’eau est en général assez claire (si on évite les estuaires de rivière) mais il n’y a pas de coraux, juste du sable, des herbiers de posidonies et par-ci par-là quelques rochers isolés.

Sur Kingoji, village sur la colline et camp de pêcheur sur la plage. Entre deux sorties il faut faire sécher les voiles: elles sont en coton! Il y a aussi un des rares hôtel de l’île mais il est très discret et bien intégré dans le paysage.

Sur les arbres de la mangrove, les pêcheurs font sécher des peaux de diodons (poisson porc-épic ou poisson globe) .

Mais nous voulons aussi consacrer une bonne semaine à explorer l’intérieur de la Tanzanie et comme en Octobre la mousson s’inverse il nous faut être près à continuer notre remontée au plus tard le 20 Septembre, il est plus que temps de quitter cette île très attachante et rejoindre Tanga

Le Yacht Club de Tanga situé la côte Est de la péninsule qui ferme la baie, est le point de rencontre privilégié des voileux de toutes nationalités qui arpentent la côte de l’Afrique de l’Est. Le mouillage (sur ancre) est bien protégé de tous les vents et parfaitement sûr. C’est l’endroit idéal pour laisser Rêve à Deux le temps d’un safari de quelques jours et préparer le bateau pour la prochaine étape.

C’est au club que nous ferons la connaissance de Patrick, navigateur malouin autour du monde depuis 1984, de Maria jeune entrepreneuse locale productrice de savon bio et de Luc et Carole amoureux de l’Ethiopie et qui explorent l’Afrique de long en large avec leur 4X4 aménagé. Ensemble nous passerons des soirées mémorables en échangeant nos expériences autour d’un bon plat dans les restos du coin.

Le centre ville de Tanga est facilement accessible en Dala Dala (minibus) ou en tuk tuk. En ville pas de grand super marché ni de « shopping mall » moderne mais nombreuses banques et commerces et surtout, grands marchés ou l’on trouve de tout.

Les singes omnis présents dans les jardins du club et des propriétés bordant la mer nous rappelle que nous sommes bien en Afrique…

Côté formalités, à peine l’ancre avait-elle touché le fond que nous avions la visite de l’immigration et du service de santé. Comme nous avions déjà fait notre « check in » à Zanzibar l’officier d’immigration est repartis tout de suite. Par contre comme nous n’avions pas reçu la visite de la santé à Stone Town, nous avons du montrer nos certificats de vaccinations (fièvre jaune) et remplir les formulaires. Le lendemain matin nous avons déposé une copie de notre Transire à la douane du port.

On profite du temps qui nous reste avant le départ en Safari pour faire le plein de gasoil (aller et retour en tuk tuk jusqu’à la station service) et d’eau (aller en dala dala jusqu’à la boutique du marchand, retour sur le plateau d’un camionnette avec 10 bonbonnes de 20 litres d’eau minérale – comme nous buvons l’eau du réservoir on ne prend pas le risque de remplir avec de l’eau du robinet.)

Le nord de l’ile de Zanzibar

La côte Nord-Est de Zanzibar et bordée de plages et de mangroves et la grande baie de Mkokotomi offre de nombreuses possibilités de mouillage tranquilles et abrités: une excellente opportunité pour découvrir un peu de la vrai Zanzibar!

Passé la plage et ces nombreuses barques de pêche on découvre villages et hameaux paisibles de chaque côté de la route côtière qui fait le tour de l’île. A noter pour les voileux une zone d’environ 1 mille le long de la côte au nord de Potawa est réservée à la marine où il est interdit d’y ancrer.

Mais quand on atteint Kendwa plus de villageois accueillants ni d’enfants souriants. Les petites constructions traditionnelles ont fait place à de gigantesques hôtels. Sur la plage de sables blancs certes très belle il y a plus de marchand de souvenirs et autres faux masaïs que de touristes. On est sans doute un peu tard dans la saison dans la plupart des pays les enfants ont repris l’école et l’activité n’a peut être pas complètement reprise après le covid.

Après tout, ce n’est sans doute pas une mauvaise idée de concentrer le tourisme de masse sur quelques zones comme ici entre Nungwi et Kendwa, le reste de l’île peut ainsi préserver son authenticité et ses habitants leur tranquillité.

Régates sur la côte de Zanzibar

Après avoir nous être réapprovisionnés en fruits et légumes et autres vivres frais au marché super bien achalandé de la rue Darajani et admiré une dernière fois les vieilles ruelles nous quittons Stone Town, pour aller vers le nord en longeant la côte sous le vent de l’île (côte Est) à la rencontre des bateaux traditionnels.

Mouillages tranquilles devant de jolies plages, on en profite pour nettoyer et graisser les winchs mais les pêcheur locaux eux n’ont pas besoin de winchs pour naviguer.

Les voir naviguer sur leur pirogues à voiles latines est un vrai régal. Ici pratiquement aucun pêcheur n’a de moteur. Il faut dire que ces embarcations avancent remarquablement vite quelque soit l’allure et remontent sans problème à 45° du vent. Seuls inconvénients de ces gréements étonnants: les virements de bords et empannages se font un peu comme en planche à voile sauf qu’ici les mâts sont partiellement haubanés et bien sûr la prises de ris ne sont pas prévues. De conceptions ces bateaux sont quelque part entre le trimaran et le foiler, en effet, les « flotteurs » ne sont en fait que de simple planches montées sur la tranche et servant à la fois de dérive et de stabilisateur et bien sûr, plus ils vont vite, plus c’est efficace et vent de travers les 10 noeuds sont atteints assez facilement surtout avec un équipier au trapèze!

Les plus petites pirogues sont creusées directement dans un tronc d’arbre, sur les plus grosses seule la pièce d’étrave et parfois le fond sont taillés dans la masse le reste étant construit en bordé plus ou moins classique. Gros avantage sur les bateaux en plastique stratifié, ils sont toujours réparables, il suffit de changer le bois abimé.

A noter qu’en Tanzanie, les vielles coques en bois et les voiles latines ne sont pas l’apanage des seuls pêcheurs. La plus grande partie du cabotage commercial entre les îles et les différents ports de la côte est fait encore par des dhows (boutres) à voile. Flambée du prix des carburants? Connait pas! Et en plus c’est bon pour la planète!