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Accueil exceptionnel à Oluhuta

Aujourd’hui nouvelle navigation matinale d’une vingtaine de mille. Nous ne sommes pas très en forme tous les deux et on voudrait un coin vraiment tranquille pour se reposer un peu. Les blogs, guides et autres compendiums ne proposent rien dans le coin mais sur les images satellites nous avons repéré une jolie petite baie fermée.

Nous restons prudents qui dit coin abrité dit la plupart du temps profusion de radeaux de pêche et autres parcs à poissons. De l’extérieur de la passe on aperçoit le village mais à l’intérieur rien! Nous pouvons ancrer à notre aise la baie est vide. Nous préférons nous mettre sur le côté Est de la baie encore mieux protégé de la houle du large sur un fond plat d’environ 10 mètres. La baie est entourée de collines couvertes de champ de maïs et cette ambiance champêtre est très agréable à l’œil par son contraste avec la jungle dense à la quelle nous nous étions habitués depuis quelques mois.

A peine l’ancre a-t-elle touché le fond que nous sommes entourés de pirogues de pêcheurs. Hello Mister! Ils sont heureux de nous voir ici dans leur baie ou ils n’ont manifestement pas souvent la visite de voiliers étrangers. Ils pensent d’abord que nous sommes Américains mais après discussions ils comprennent que nous venons de plus loin aussi cela suscite beaucoup de questions .

Les jeunes voudraient monter à bord et le temps qu’on leur explique que ce n’est pas prudent car j’ai un rhume et Domi à mal à la gorge, nous n’y croyons pas mais que se pourrait être la COVID, ils sont déjà à bord en nous disant que de toute façon tous étaient vaccinés deux fois et même trois pour certain. Nous prenons tout de même grand soin de maintenir une bonne distance entre eux et nous et d’éviter tout contact physique.

Il font le tour du bateau ils se prennent en photo, les jeunes ne se souviennent pas avoir vu de voiliers venir jusqu’ici mais le plus ancien nous dit que la dernière visite remonte à une dizaine d’année. Nous leur achetons quelques poissons pour le prix d’un paquet de cigarette. Il est temps que tout le monde reparte c’est l’heure d’aller manger et de faire ensuite une sieste . Pour nous elle plus que nécessaire nous nous sommes partis tôt, il fait très chaud et nous sommes épuisés .

Dans l’après-midi, la pluie se met à tomber avec de bonnes rafales tournant dans tous les sens. Avant la tombée de la nuit, profitant d’une courte accalmie Domi rallonge de la chaine par sécurité.

Ensuite il prépare une soupes avec les poissons et quelques légumes. Nous sommes tous les deux complétement « naze » , moi avec un bon rhume de cerveau et ce qui ressemble à une trachéite Domi avec une angine en plus, mais nous nous régalons quand même.

Le lendemain, je vais un peu mieux mais Domi à de la fièvre et la gorge complètement bloquée il n’arrive à rien avaler, nous toussons tous les deux beaucoup. Les symptômes peuvent être liés à un refroidissement pendant notre navigation sous les grains l’autre jour mais ils correspondent aussi exactement à ceux du variant omicron et la durée de la période d’incubation laisserai supposer que nous l’aurions contracté lors de notre étape à Bitung. Covid ou coup de froid? nous ne saurons peut-être jamais mais nous décidons que l’endroit est très sécurisant et que nous pouvons rester ici quelques jours le temps de nous remettre car de toute façon la météo prévoit un temps épouvantable et des courants contraires pour les prochains jours. Bien sûr nous n’irons pas à terre ni ne laisserons plus monter personne à bord tant que nous risquons de contaminer quelqu’un. Les jours suivant d’autres villageois s’inquiètent pour nous et passent gentiment pour prendre de nos nouvelles. Une fois c’est 3 jeunes qui parlaient anglais et avec qui j’ai pu discuter, je leur ai donné l’adresse du blog. Le lendemain, c’est d’autres jeunes en compagnie d’un sous-officier de l’armée en mission d’aide à la collectivité, qui parle aussi un très bon anglais. Il nous propose d’aller faire nos courses et nous donne son numéro de téléphone en nous demandant d’appeler si nous avons besoin de quoique ce soit. Puis c’est l’équipage du bateau de pêche, venu aussi se mettre à l’abri pendant le mauvais temps, qui nous apporte des bananes. C’est vraiment trop gentil! Tous ces gens sont adorables!

Parlez moi de la mousson !

Le 12/02/2022 partis de Manado en fin de matinée après nos courses expresses nous arrivons avant la nuit devant le village de Kumu dont l’anse protégée entre deux pointes largement entourées par un recif de corail qui brise la plus grande partie de la houle du large. Un parc à poisson nous barre la route la partie la mieux protégée de l’anse mais le fond remonte déjà à 7 mètres, çà ira pour la nuit. Les pêcheurs très nombreux sur leur barques multicolores rentreront jusqu’à tard dans la nuit nous rasant les moustaches par curiosité mais aussi parce que nous sommes juste dans le passage de l’entrée de leur plage. Ce soir nous ne veillons pas tard et nous nous endormons avec le dernier appel à la prière .

Dés l’aube nous levons l’ancre: c’est le meilleur moment de la journée , il ne fait pas trop chaud et les lumières sont belles. Nous prenons notre petit déjeuné tranquillement une fois en mer et sous voile en profitant du paysage qui défile à 5 nœuds malgré le vent faible car nous avons un peu de courant avec nous .

Nous n’avons pas encore tout à fait décidé notre destination pour ce soir. Nous avons évoqué la possibilité de s’arrêter devant la plage de Poigar à une vingtaine de milles mais en passant la pointe de Lampangi le vent se lève franchement et nous filons vent de travers à 7 noeuds vent de travers dans une dizaine de noeuds de vent de secteur nord vers la baie de Bolaanguki qui semble un bien meilleur abri à une quarantaine de milles. Trajet rapide et confortable en perspective. Mais il nous faut très vite déchanter. Devant nous d’énormes nuages noirs d’encre s’amoncellent sur tout l’horizon. Pourtant rien de particulier n’est annoncé sur aucun des modèles que nous consultons (ECMWF, GFS et ICON) La pluie arrive et le vent commence à tourner à l’Ouest en forcissant à 17 nds puis 22 nds nous faisant rapidement prendre un ris puis remplacer le foc par la trinquette. Nous sommes maintenant au près serré et le vent dans l’axe de la route il nous faut tirer des bords dans une mer qui devient formée et très courte la petite houle et le courant venant buter contre le vent. Rêve à Deux tape beaucoup et il tombe des trombes d’eau. Nous somme obligés de virer fréquemment pour rester sur un bord favorable. Pas envie de mettre un ciré on fait donc nos virements tous les deux en slip sous la pluie battante et les cascades qui s’écoulent de la voile et des panneaux solaires. Au premier virement on se dit qu’une bonne douche çà ne fait pas de mal, au deuxième on serre un peu les dents et au quatrième on commence à en claquer en se demandant comment sous un climat aussi chaud l’eau qui se déverse du ciel peut être aussi froide. Morale: une douche (froide) çà va 10 douches bonjour les dégâts, la prochaine fois on prendra le temps d’enfiler un ciré. Nous n’avions jamais vu une pluie aussi violente, la mousson c’est vraiment impressionnant! Le vent et le courant varie beaucoup en direction et en force, nous obligeant parfois à appuyer un peu au moteur pour continuer à avancer dans cette marmite sans être obligés de surtoiler. On peut s’étonner que nous trouvions difficiles de telles conditions après tout nous n’avons pas enregistré plus de 25 noeuds et encore en courtes rafales, et les vagues n’ont pas dépassé 1,5 m (mais avec une période de 2 secondes). Mais l’ensemble des facteurs mis ensemble et amplifiés par les déluges de la mousson et la rapidité des changements rends la navigation dans ces moments très particulière et sans doute plus impressionnante qu’une trentaine de noeuds dans les quarantièmes. Nous nous sommes d’ailleurs rendus compte sur l’AIS qu’un petit cargo, qui nous rattrapait avant le début de ce grain prolongé, n’avançait pas plus vite que nous depuis et suivait une route encore moins rectiligne. Ce temps exécrable durera jusqu’à la tombée de la nuit mais fort heureusement se calme quand nous approchons de notre but et c’est vers 19:00 avec un beau clair de lune que nous entrons a Bilaanguki (dont l’entrée est balisée!) et mouillons au fond de cette grande baie bien protégée.

Après une bonne nuit de sommeil et toute un matinée de repos nous décidons de pousser jusqu’à Domisil Bay à 10 milles de là histoire de continuer à avancer un peu. Même si il y a des trimarans/pontons de pêche au carrelet un peu partout dans toute la baie celle-ci est suffisamment grande pour accueillir plein d’autres bateaux , sur un fond de vase de 17 mètres. La présence de ces dispositifs de pêche particuliers est toujours rassurante et gage d’un abri convenable et d’un bonne tenue des fonds mais pour dormir tranquille on ne néglige pas pour autant de mettre l’alarme de mouillage. Des pêcheurs rentrant chez eux s’arrêtent pour discuter un peu avec nous (merci google) ils sont particulièrement intéressés par notre parcours, ils ne voient manifestement pas beaucoup de plaisanciers, on leur demande s’ils ont du poisson à vendre. Ils n’en n’ont pas mais ils font signe à une deuxième pirogue qui passe, eux ils en ont et on se retrouve avec un superbe mulet. Nous profitons d’un beau couché de soleil au calme et à l’abri. Mais je ne sens pas très bien, sans doute la fatigue de la veille et je vais me coucher tout de suite.

Le lendemain (15/02/2020) nous partons tout de même tôt pour profiter du beau temps de la matinée. L’objectif de la journée la petite baie Kambal une vingtaine de milles plus à l’ouest. C’est un endroit idyllique grande plage avec deux bivouacs utilisés par les pêcheurs pendant la journée , et un récif de corail de chaque côté de l’entrée brise la houle du large. C’est superbe mais nous avons la flemme de descendre à terre ou même de nous baigner je suis un peu enrhumé et Domi bricole à bord .

Finalement à marée haute la houle pourtant pas très élevée passe par dessus le récif (il faut dire que le marnage est ici de 2 mètres) et la nuit est plutôt inconfortable. J’ai très mal dormi et mon rhume ne s’améliore pas j’ai la tête en compote Domi commence à avoir aussi mal à la gorge. Nous avons du prendre froid sous la pluie l’autre jour, c’est sûr. Au petit matin nous reprenons la mer mais c’est Domi qui assure jusqu’au prochain mouillage .

De Lambeh à Manado

Nous quittons le détroit de Lambeh à nouveau par le nord pour continuer notre progression vers l’Ouest , le temps est beau avec juste quelques nuages à l’horizon mais rien de bien sérieux .

Un de nos modes de navigation favoris est de faire du cabotage en s’arrêtant dans un mouillage différents tous les jours, nous avions déjà fait cela en Patagonie et nous allons essayé de le faire pour cette partie du voyage .

Première étape, 10 milles au Nord-Ouest de Bitung: Blue Bay à la pointe sud de l’île de Bangka. C’est un très bon mouillage, abrité de tous les vents et de la houle du large .

L’endroit est paradisiaque . Une demi-douzaine de ces genres de grands trimarans à cabanes traditionnels utilisés pour la version locale de la pêche au carrelet encombrent l’entrée mais ne nous empêchent pas d’aller mouiller tout au bout entre un « live aboard » (bateau de plongée) et une jolie goélette. Par contre le fond est à plus de 30 mètres. C’est une première pour nous et Domi doit rallonger nos 75 mètres de chaîne par un câblot textile pour respecter la règle du sacro-saint minimum de 3 fois la profondeur. Domi stress un peu car la manip est délicate et il s’inquiète surtout pour quand il faudra remonter l’ancre, mais il n’y a pas de vent et tout se passera bien , par contre pas sûr qu’on le refasse…

Nous allons à terre pensant peut-être profiter du resto du resort pour s’offrir un petit repas sympa, comme on avait fait à Bitung. Nous abordons en annexe sur la plage et approchons du bar qui se trouve juste sur le bord. Blue Bay Dive Resort est réputé pour ses plongées magnifiques et son cadre enchanteur. Mais pour nous, à peine franchi le muret qui sépare le bar de la plage, c’est « arrêt sur image ». On se fait aussitôt interpeler par une personne vociférant dans un anglais au fort accent germanique qu’elle ne comprend pas comment nous avons pu pénétrer sur son île dont elle nous demande littéralement de « foutre le camp » immédiatement et nous chasse sans ménagement en nous expliquant que son resort est un lieu de quarantaine et que personne ne doit approcher de son île ni de son live aboard (le bateau de plongée mouillé en face). Un paradis privé comme il y en a beaucoup dans le monde mais qui se transforme maintenant en prison pour ceux qui y sont enfermés dans un cadre certes magnifique mais prison quant même et ces quelques touristes privilégiés ne verrons de l’Indonésie qu’une plage de sable blanc entourée d’un massif de corail. Nous comprenons que la gérante de ce centre de plongée veuille à tout prix conserver son label de lieu de quarantaine pour continuer à attirer quelques clients étrangers en ces temps difficiles mais une ou deux pancartes judicieusement placées sur la plage aurait suffit à nous dissuader de débarquer et la situation ne la dispensait de toute façon pas de la plus élémentaire politesse. Nous nous excusons sans approcher plus et repartons illico dans la direction opposée. Je profiterai tout de même d’une rapide plongée libre avant la tombée de la nuit dans le lagon de l’autre côté du resort.

Au matin nous reprenons notre route. Nous faisons l’impasse sur les autres îles qui débordent la point Nord Est de Salwaisi. Les seuls endroits accessibles sont accaparés par des resorts, sans doute aussi transformés quarantaine au paradis).

Nous longeons la côte à moins de 2 milles pour profiter au maximum du paysage. Rêve a Deux glisse sur une mer parfaitement plate par 6 a 8 noeuds de vent.

Si la plupart des resorts ont fait preuvent beaucoup de goût pour l’intégration de leur bâtiments à la nature environnante il en est un qui n’a pas été de main morte dans la direction opposée et a carrément gâché le paysage

Sur notre tribord, côté large, on aperçoit les îles Bunaken et le cône du volcan endormis Manado Tua. Le parc national de Bunaken est un paradis de la plongée célèbre dans le monde entiers pour ses eaux limpides, sa faune sous marine extraordinaire et ses tombants vertigineux. L’à-pic est d’ailleurs tel que pour un bateau comme le notre il est tout à fait impossible d’ancrer où que ce soit dans l’archipel. Le seul moyen d’y aller est par l’intermédiaire de l’un des nombreux centres de plongée.

Le « Cruising Guide Indonesia » nous indiquait un très bon mouillage juste en face dans la baie de Kima Badjo devant d’ailleurs un centre de plongée qui aurait un excellent restaurant est serait très accueillant pour les voileux… Un grain menace quand nous entrons dans la petite baie mais grosse déception, toute la place disponible est occupée par des radeaux de pêche / ou parc à poissons. Pas la moindre chance d’y trouver le moindre espace pour poser notre ancre. Nous ressortons de la baie juste avant la pluie en laissant l’orage éclater derrière nous ouf.

La seule étape restant possible pour ce soir est Manado, capitale de la province de Nord-Sulawesi. C’est une grande ville de sept cent milles habitants. Elle s’étend sur 10 mille le long de la mer, mais à quelques dizaine de mètres de la côte les profondeurs sont vertigineuses et en plus l’immense baie est grande ouverte sur le large. Nous avons beaucoup de chance ce soir, toutes les prévisions s’accordent pour annoncer des vents de terre et une petite houle de Nord Est nous serons donc bien à l’abri.

Il nous faudra longer les 2/3 de la ville pour trouver un fond à peu près plat dans la zone des 20 mètres ou jeter l’ancre pour la nuit. Et çà tombe bien c’est le plein centre ville. On est juste devant le Mac-do et le KFC et il y a un petit escalier pour débarquer. Par contre pas question d’y laisser l’annexe, il y a malgré tout trop de houle. Nous irons donc à terre à tour de rôle. Pour ce soir c’est moi qui vais faire un tour et je vais m’imprégner de la vie citadine pour une heure en essayant de trouver quelque chose à manger qui nous sortira de notre ordinaire et bien que dalle! le super marché Multimart du Mega Mall est très décevant et sur les étalages à moitié vide je ne trouve presque rien .

Dés que le jour ce lève j’amène Domi à terre. Il va chercher du gasoil chargé de ces deux bidons de 20 litres. Il y a 2 station à 500 m du quai, mais celle qui vend le fameux DEX (faible taux de souffre, non subventionné) n’est pas encore ouverte et il doit attendre un peu. Il revient au quai les bras un peu plus long style orang-outan mais il est content d’en avoir trouvé.

Après un petit déjeuné bien mérité et copieux il retourne à terre pour un raid sur le supermarché Jumbo Pasar en espèrant qu’il soit mieux achalandé que le Multimart. C’est fort heureusement le cas et même si le rayon surgelé reste très pauvre au moins le rayon des fruits et légumes est très bien et il y a même du Tofu et du soja frais. Il revient les bras chargés (et qui continue à s’allonger dit-il). Nous sommes sauvés! On pourra manger frais encore une bonne semaine. Il est à peine 10 heures nous pouvons repartir!

Et il est temps d’y aller le vent monte et un orage se profile à l’horizon. La baie est grande ouverte aux vents de secteurs du Sud Ouest au Nord Ouest nous n’aimons pas le petit clapot qui se lève. Bye bye Manado et tes volcans , nous devons continuer.

De Morotai à Sulawaisi on continue à progresser vers l’ouest

Nous avons prévu de rester un minimum de temps à Morotai pour arriver le plutôt possible jusqu’à Bitung. L’idée est d’essayer de renouveler nos visas (qui n’expirent que le 21 février et nous sommes seulement le 5) en avance pour gagner le plus de temps possible jusqu’au prochain renouvellement qu’on ne pourra pas faire avant Polewali ou Makassar sur la partie sud de la côte ouest de Sulawaisi et la route pour y parvenir est longue et risque d’être difficile surtout que nous n’avons pratiquement aucune information sur les ports et les possibilités d’ancrages. L’immigration accepte en principe de renouveler jusqu’à 10 jours avant la date d’expiration, espérons qu’il s’agit de jours ouvrables!.

Morotai , en voilà encore une île qui a fait parler d’elle ! C’est une île très escarpée (à part une petite plaine côtière au sud et surtout couverte d’une jungle impénétrable à tel point qu’un soldat Japonais de la dernière guerre y est resté retranché pendant près de 30 ans et se n’est qu’en 1974 que l’aviation indonésienne l’a finalement retrouvé, tous ses compagnons étaient morts depuis longtemps mais il pensait que le conflit n’était toujours pas terminé.

Nous n’avons pas du très beau temps ce qui nous empêche d’aller profiter des îlots de la baie où la plongée et le snorkeling sont parait-il exceptionnels. Faute d’abri plus exotique nous sommes mouillés devant Daruba un peu à l’écart du port dans un endroit de verdure tout de même assez agréable. Fautes d’aller admirer les poissons nous en profitons pour mettre à jour le blog et étudier en détail les fichiers météo pour identifier le bon moment pour traverser le bras de la mer des Molluques qui séparent Halmahera et la grande île de Sulawasi soit environ 200 milles. Les courants peuvent varier du Nord-Est au Sud-Ouest et atteindre 2,5 nœuds quand les vents peuvent eux varier de l’Est à L’Ouest et de rien du tout à 25 nœuds ou plus. Autant dire que çà vaut le coup de s’y pencher. Lundi semble le jour favorable avec un vent de Nord-Est soutenu à 12 15 nds et le courant dans le bon sens. Les routages nous donnent une traversée de moins de 36 heures

Lundi 07/02/2022 , 7 heures du matin, nous levons l’ancre. Si nous rencontrons les conditions prévue on devrait être à bon port demain soir. Nous quittons la mer d’Halmahera par calme plat mais avec un courant favorable et sitôt passé la pointe Jere, le vent est au rendez-vous. Nous contournons l’île de Doi par le nord pour aller chercher le vent et le courant. Ce sera notre latitude la plus élevée dans l’hémisphère nord pour cette partie du voyage et sans doute avant bien longtemps.

Sur cette mer il faut faire doublement attention , non seulement il y a les troncs d’arbres et amas de déchets plastiques comme partout dans le pays mais surtout il y a ces drôles de radeaux avec une petites cabanes. Ils sont mouillés je ne sais pas comment par plusieurs centaines de mètres de fond. Ils sont considérés comme FAD (Fish aggregation devices ou dispositifs de concentration de poissons) mais en réalité il sont en général occupés en permanence par un pêcheur ermite. Wick nous a raconté qu’un de ces radeaux-cabanes avait rompu ses amarres et dérivé avec son occupant pendant plusieurs semaines, jusqu’à Palau, plus de 600 milles au nord. Le malheureux n’avait survecu que grâce à sa pêche et à la pluie tombée du ciel. Les habitants de Palau (pays indépendant de la Micronésie) l’avait recueilli mais comme il n’avait rien il avait du attendre plusieurs années avant qu’il puisse rentrer chez lui grâce au passage du bateau d’une association caritative. Ayu lui avait fait faire des papiers, qu’il n’avait sans doute jamais eu en sa possession, et accompli pour lui toute les démarches d’entrée en Indonésie alors qu’il était bien Indonésien .

Parfois ces FAD ne sont que de simple flotteurs comme celui-ci. Evidement radeaux ou flotteurs, rien n’est indiqué sur les cartes et de nuit ils n’ont aucun feux sauf si les pêcheurs sont là et sont en train de relever les poissons. Dans ce cas les radeaux sont illuminés avec plusieurs dizaines de mètres derrière eux une bouée ou une barque éclairée elle aussi. Au début de la nuit nous avons cru que c’était des bateaux de pêche. Nous en avons croisé des dizaines parfois à plus de 50 milles de la côte. Et pour chaque radeau que nous avons vu, il y en avait sûrement au moins un autre sans éclairage. Quand le jour s’est levé tous avaient disparu sans laisser de trace. Par définition un radeau c’est au raz de l’eau donc pas visible au radar et bien sûr ils n’ont pas non plus d’AIS. Autant vous dire que la veille à bord de rêve A Deux est des plus sérieuse: pas question de somnoler pendant sont quart ni même de s’absorber dans une lecture trop prenante.

Conformément au routage nous arrivons à Bitung juste avant la tombée de la nuit après une traversée plutôt agréable. Le vent était un peu plus faible que prévu et nous à lâché 50 milles avant l’arrivée nous obligeant à avoir recours au moteur pour avancer dans une mer devenue chaotique. Bitung est nichée sur la côte de Sulawaisi dans l’étroit bras de mer qui sépare cette dernière de l’île de Lembeh. Bitung est en fait pour le fret le port de Manado capitale de la région Nord de Sulawaisi. Nous arrivons par le nord et évitons ainsi l’entrée sud du détroit encombrée de bateaux de commerce et de de pêches ainsi que les inévitables trimarans/parcs à poisson. Nous n’avons pas beaucoup de temps avant que la nuit tombe et nous mouillons par 20 mètres entre les deux voiliers déjà ancrés devant Solitude Resort.

L’un d’entre aux n’est autre que Soggy Paws de Dave et Sherry dont les fameux « Compendiums » nous ont fournis des tonnes de renseignements utiles tant en Polynésie qu’ici en Indonésie. Ils passerons nous voir le soir même en rentrant du restaurant. Nous aurions bien aimé passer plus de temps pour discuter avec eux mais ils repartent le lendemain de très bonne heure vers Sorong.

Mercredi matin nous rangeons le bateau et je fais la lessive. Vers midi nous allons à terre en profitant de la jetée du resort. On y est bien accueillis et du coup on se paye le luxe d’un excellent plat de thon à l’indonésienne à la terrasse de leur restaurant avec vue imprenable sur Rêve à Deux et le détroit de Lambeh. (çà ne fait pas de mal de se faire chouchouter de temps en temps). Pour l’après-midi nous louons les services du chauffeur de l’hôtel pour aller à l’immigration. Nous y arrivons à 15:30. Pourquoi voulons nous renouveler si tôt alors qu’il nous reste encore presque 2 semaines? Le fonctionnaire très sympathique accepte volontiers nos explications nautiques. Mais il n’ont pas encore reçu la lettre de notre sponsor qu’à celà ne tienne il le contact par téléphone et lui demande de l’envoyer par mail. En attendant que le document arrive on papote un peu (il à fait un voyage en Europe en 2019 et a passé quelques jours inoubliables à Paris. On remplit les formulaires il scanne le tout et nous remet l’habituel bordereau de paiement. Mais il est déjà 16:00 et les banques ferment! Qu’à celà ne tienne on se précipite à la poste qui est à 2 pas et 3 coups de tampon plus tard nous voilà de retour devant notre fonctionnaire francophile un peu étonné de notre célérité. Encore dix minutes et nous ressortons avec nos nouveaux visas dûment tamponnés dans nos passeports. Nous en restons babas, on s’attendait à devoir revenir les chercher en début de semaine prochaine après le délai règlementaire des 3 jours ouvrables. Quelle aubaine, nous avons gagné 6 jours de bonus pour notre tour de Sulawaisi

Nous n’allons pas laisser passer cette chance.Certes nous n’avons rien vu de la ville de Bitung et de ces environs les grands parcs où vivent les tarsier mais nous préférons ne pas laisser passer notre chance et de profiter de ces jours supplémentaires pour continuer notre route. Jeudi matin après une deuxième nuits d’un bon sommeil réparateur nous reprenons la mer pour affronter la côte nord de Sulawaisi

Bonjour les Molluques du nord

Dimanche 30 Janvier 2022, en début de matinée nous arrivons à Woto , une toute petite île des Molluques du Nord située dans une grande baie sur la côte Est d’Halmahera Le mouillage est très joli, l’eau transparente et la plage superbe mais il y a pas mal de courant, à tel point que je dois m’assurer pour plonger voir l’ancre. On est sur du sable mais il y a quelques pâtés de corail. Finalement après le repas de midi, la marée est haute et le courant s’est inversé faisant rentrer un légère houle. Nous décidons d’aller chercher un mouillage peut-être mieux abrité plus à l’intérieur de la baie.

C’est l’île de Wor. Il y a moins de courant mais il faut mouiller dans 25 m d’eau. En face se trouve le village de Bicoli où le mouillage est parait-il bien abrité par vent de secteur Sud, çà tombe mal, nous sommes à la saison de la mousson de Nord Est. Wor fera donc l’affaire pour la nuit. La baie est entourée de montagnes et derrière l’île de Paka dont on ne voit que le vaste chantier de la mine de nickel à ciel ouvert, se cache la ville de Buti qui est sans interrêt.

Le lendemain nous continuons notre route toujours plus au nord et après avoir hésité à nous arrêter dans la baie de Wayamli pour la nuit, nous décidons de profiter de la petite dépression prévue pour cette nuit et qui devrait amener du vent (malheureusement de Nord). On pourra avancer rapidement à la voile (et faire le moins de moteur possible) et atteindre directement Tobélo à 100 milles de là, demain avant la nuit. 100 milles en 24 heures c’est une vitesse d’escargot pour Rêve à Deux mais il faut compter avec les bords à tirer et un courant de plus de 2 noeuds descendant le long de la côte. Pendant la nuit on essuie quelques beaux grains qui nous font réduire plusieurs fois à 1 ris et trinquette mais on gère bien les bascules de vent et la progression est bonne. Au matin, en abattant après la pointe de Leilai nous apercevons un autre voilier à quelques milles devant nous. C’est Alphane Gipsy un ketch anglais. Toute la journée nous les suivons, eux au moteur, nous à la voile.

Nous mouillons tous les deux devant la ville juste avant l’appel de la prière du soir, comme il y a pas mal de mosquées tout au tour du port c’est un vrai concert qui nous accueille. Juste derrière la ville on distingue le volcan qui crache de temps en temps son nuage de fumée. Mais on a de la chance et le vent est dans la bonne direction parce que souvent c’est aussi de la cendre.

Mardi premier février, comme nous sommes dans une ville de bonne taille (35 000 habitants), il faut en profiter pour refaire le plein de gasoil. En Indonésie c’est toujours un peu compliqué, il n’y a bien sûr jamais aucune pompe sur les quais des ports. Il faut donc aller avec ses bidons dans une station service mais pas n’importe laquelle: les locaux, quand ils ont un moteur diesel, fonctionnent au Solar un gasoil subventionné de très mauvaise qualité auquel nous n’avons de toute façon pas le droit. Pour nous c’est le DEX un gasoil haut de gamme à faible teneur en souffre (environ 0,60 EUR/litre) mais il n’y en a pas partout. L’autre problème c’est de débarquer à terre. Entre estacade branlante bardée de clous rouillé et quai sur pilotis de 5 m de haut rien n’est prévu pour nos petites annexes gonflables. En longeant le bord on tombe sur un petit escalier taillé a même les rochers. Les habitants de la maison juste au dessus viennent spontanément nous aider à débarquer. On explique au monsieur qu’on voudrait remplir nos bidons. Il pense que nous voulons de l’eau et nous amène chez le marchand d’eau (en Indonésie dans la plupart des villes il n’y a pas d’adduction d’eau ou elle n’est pas potable on trouve donc des commerces équipés de purificateurs assez sophistiqués qui remplissent les bombonnes. On arrive finalement à se faire comprendre et Sammy le vendeur d’eau propose de conduire Domi à la station service, située à l’extérieur de la ville, dans son petit camion. Je reste discuter avec la dame et sa fille. 30′ plus tard Domi était de retour et Sammy a pu amener son camion jusqu’au bord de l’eau et on à fait la chaine pour charger les bidons dans l’annexe. On a eu une chance extraordinaire de tomber sur ces gens: d’après les blogs que nous avons pu lire c’est souvent beaucoup plus compliqué. Retour au bateau il est temps de manger par contre l’après midi quand on repart pour la ville nous avons juste le temps de taper une petite bavette avec notre voisin de mouillage et de rentrer précipitamment nous abriter au bateau en attendant que l’orage passe pour aller en ville. L’averse se prolonge et on se contente d’un raide rapide en Becak (scooter pousse-pousse) jusqu’au marché moderne (pasar modern) pour acheter du poisson et des légumes pour le soir. On y retournera demain pour faire les courses plus sérieusement, il va bientôt faire nuit.

La première impression de Tobelo est un peu négative. Le port et les ruelles étroites qui mènent à la jetée des bateaux taxi ou nous avons amarré l’annexe sont d’une saleté repoussante avec comme d’habitude, des monceaux de déchets plastiques jusqu’au marché où des rats aussi gros que des chiens passent entre les jambes des chalands et se crapahutent dans les caniveaux qui servent aussi d’égouts.

Deuxième impression le lendemain, ou nous allons vraiment découvrir cette ville, est nettement meilleure. Des rues bordées de petites maisons et de commerces. Ah non ils ne sont pas très riches! et l’on trouve de temps en temps des cabanes en tôles rafistolées, mais la plupart ont des murs en dur avec un sol carrelé.

La ville grouille de vie et les gens ont l’air heureux , partout des rires et des sourires et la musique et la religion font partie de leur vie de tous les jours. Bien que l’on voit surtout des mosquées et beaucoup de femmes voilées, la ville serait en majorité chrétienne et depuis les affrontements meurtriers de 1999-2000, les deux communautés semblent vivre en bonne intelligence. Passé le bord de mer et sa misère, les quartiers sont plus propres et mieux entretenus.

Quand je fais mes courses, j’essaie toujours d’avoir ma glacière , des grands sacs cabas réutilisables, une boîte à œufs et un récipient étanche pour les aliments délicats comme le poisson ou le tofu pour ne pas avoir à utiliser leurs multiples sacs plastique. Lorsqu’on les refuse, nous prennent-ils pour des martiens ou commencent -ils à prendre conscience qu’il faut sauver la planète?

Nous ne voulons pas nous éterniser ici plus longtemps et une fois toutes les provisions embarquées nous larguons les amarres pour aller mouiller dans le lagon de Kokara à 6 milles sur notre route.

C’est une piscine entourée de corail et la passe n’est pas très profonde. L’orage ce soir nous tourne autour sans nous atteindre il restera sur Tobelo et ses montagnes. Le matin avant que nous partions deux jeunes garçons en pirogue viennent nous vendre des mangues fraichement cueillies. Ils repartent avec un peu d’argent et une sucrerie en prime, ils sont ravis!

Nous laissons la place libre pour Alphane Gipsy que nous voyons arriver quand nous franchissons la passe et nous hissons les voiles pour Morotai 20 milles plus au nord.

Adieu à la Papouasie

Et c’est sous un soleil radieux que nous reprenons la mer. Par contre comme le plus souvent dans cette région équatoriale c’est du petit temps et il faut souvent recourir au moteur pour aider les voiles et traverser les zones les plus calmes surtout si le courant est contraire.

Escales rapides à Besir Bay où nous avons mouillés tant de fois et à cette petite anse sur la côte Ouest de Batangpele (sans doute le meilleur mouillage de tout Rajah Ampat) le temps de franchir une nouvelle fois l’équateur (la 6éme) et nous sommes déjà à Wayag .

Difficile de se lasser de ce paysage extra terrestre de rochers en pain de sucre couverts d’une végétation improbable, véritable labyrinthe où requins et tortues cohabitent, de ce calme où seul les oiseaux peuvent nous distraire. Il y a bien un autre bateau arrivé peu après nous mais il est parti se cacher dans une autre baie.

Ce matin découverte d’un scarabée couleur bois aux longues antennes dans la cuisine. C’est la première fois que nous découvrons un « cockroach » blatte où cafard à bord mais on s’y était préparés. On a trouvé un insecticide spécifique qui se présente sous la forme de bâtons de craie parait-il très efficace. J’en barbouille dans tous les coins du bateau c’est facile et sans odeur. Le lendemain je retrouve le coupable le ventre à l’air. Pas très écolo mais sous ce climat si on ne veut pas se faire envahir il faut agir vite …

De là, nous faisons notre dernière escale à Sayang, l’île la plus nord du parc que nous ne connaissions pas encore. Contrairement à la plupart de ses voisines rocheuses et escarpèes, celle-ci est basse et sableuse. Elle possède même un lagon peu profond et sans patates de corail. Mouiller dans 3,5m d’eau bleue turquoise transparente çà ne nous était pas arrivés depuis un moment. On tente un excursion à terre pour découvrir ce joyaux de la nature mais à peine débarqués sur la plage, nous sommes assaillis par des milliers de moustiques très agressifs. Wick nous en avait parlé et Domi s’était enduit de crème anti moustique mais ce qui était un répulsif très puissant pour leurs congénères Néo Zélandais ne semble avoir absolument aucun effet ici. Le temps d’un selfie et nous battons rapidement en retraite tout en nous donnant des claques pour éviter que ces maudits insectes nous suivent sur l’eau et nous nous rabattons sur le banc de sable qui protège le mouillage pour nous dégourdir les jambes sans être importunés.

Cette fois-ci pas la peine d’aller vérifier l’ancre on peut la voir du bateau elle n’est pas prise dans un pâté de corail

Avant la tombée de la nuit nous avons la visite de 2 pêcheurs sur leur longue barque. Ils viennent de Gebe une île tout en longueur à 35 milles dans le sud ouest. Ils étaient contre le vent et la mer et se sont fait rincer copieusement par les embruns et en plus ils se sont pris un bel orage. Ils sont trempés et frigorifiés. Nous leur offrons une tasse de thé bien chaud et pendant qu’ils se réchauffent nous engageons la conversation avec leur quelques mots d’anglais et l’aide de google translate sur le téléphone de Domi. Ils viennent pêcher ici pour deux jours autour du banc de sable en se mettant à l’eau pour tirer leur filet entre la plage et leur embarcation. On parle familles, l’un d’eux et originaire d’Halmahera et comme nous leurs avons dit que nous y allons il nous donne quelques tuyaux (Bicoli not so good, Tobelo OK OK). La conversation passe à la faune locale: crocodiles, y en a pas ici, requins oui mais çà va. Par contre, pas question pour eux d’aller dormir sur la plage. Ce n’est pas les moustiques qui les inquiètent mais il y aurait beaucoup de serpents venimeux de gros calibre! Il ne faut surtout pas y aller nous disent-ils. Pour une fois on adresse un grand merci aux moustiques! Sans eux nous aurions peut-être été mordu par l’un de ces dangereux reptiles. Une fois réchauffé ils partent échouer leur barque sur le ban de sable. Elle est pourvue d’un roof minuscule où il peuvent se pelotonner et dormir presque à l’abri des intempéries ? quelle vie.

Pour être sûr d’arriver de jour sur Halmahera, nous passons encore la matinée au mouillage et c’est en début d’après-midi, sous un temps orageux que nous quittons la Papouasie. Le temps est très perturbé et vents et courants viennent d’un peu partout (sauf de la direction prévue par les gribs) mais au moins il y a un peu de vent et nous pouvons progresser à la voile …

L’orage menace normal on est sous l’équateur et l’on ne manque pas d’eau

Départ de Sorong

Les nouveaux panneaux solaires (2x250W) nous ont été livré par un petit camion qu’Ayu avait affrété et nous les avons installés sur le portique arrière à la place des anciens (2x110W) que nous avons déplacés et fixés sur un berceau en bois verni sur le roof entre le mât et la verranda. Dernières courses au supermarché Saga et on passe dire au revoir à Wick et Ayu dont la gentillesse et la compétence ont bien facilité nos escales prolongées à Sorong. On termine par les milliers de sourires et de rires avec mes petites amies de Tampa Garam .

Une sueur froide juste avant de partir, pourrons nous sortir? Ils viennent de déplacer l’épave du ferry incendié qui était à la sortie du port pour la mettre à quai et ont laissé le remorqueur à couple prenant la plus grande partie de la place disponible dans le chenal déjà étroit. En fait , on passe encore sans problème mais pas sûr que ce soit le cas pour Gismo le gros catamaran de 60′ qui était amarré à côté de nous…
Nous sommes déjà le 25 janvier et cela fait trois mois que nous sommes en Papouasie Occidentale, il est temps de reprendre la mer et d’aller voir plus loin. Nous avons prévu de passer une toute dernière fois par quelques uns de nos mouillages favoris parc de Rajah Ampat, de continuer vers le nord ouest sur Halmahera cette grande île, curieusement découpée, des Moluques du Nord puis de longer la côte nord de Sulawaisi (Célèbes) pour enfin redescendre plein sud par le détroit de Makassar qui sépare cette île et Bornéo pour finalement arriver sur Lombok probablement au début avril. Mais d’ici là il peut s’en passer de choses…

Dernières photos de Sorong , un vendeur de poissons rouges dans la rue et une dernière fois le petit resto où on s’est tant régalé.

L’installation des nouveaux panneaux solaires

et pendant ce temps là ils y en a qui s’amusent

et enfin le départ , il était temps bientôt il sera difficile de rentrer et de sortir dans ce port ….

direction Rajah Ampat pour un dernier adieu à la Papouasie

Week-end à Soop

Jeudi 13 janvier 2022 , très court arrêt à Tampa Garam pour aller déposer nos passeports à l’immigration. Encore! me direz vous. Eh oui! Nos visas initiaux étaient valables 2 mois du 23/10/2021 au 23/12/2021 mais depuis cette date, nous devons les renouveler tous les mois. C’est assez astreignant pour ne pas dire carrément pénible d’abord il ne faut pas rater la date (minimum 3 jours ouvrables avant l’expiration)au risque d’avoir une amende à payer il faut aller en personne à l’immigration faire la demande de renouvellement et revenir 3 jours ouvrable plus tard pour récupérer les passeport estampillés avec le nouveau visas et bien sûr pendant ces 3 jours ils gardent nos passeports, on ne peut donc pas s’éloigner de Sorong. Par contre la demande de renouvellement peut être faite à partir de 10 jours avant l’expiration ce qui nous permet de gagner un peu de temps pour la fois prochaine .
Domi avait prévu de mettre le bateau hors de l’eau à Helena Marina dans la rivière au sud-ouest de la ville la semaine prochaine pour changer les anodes et refaire la sous marine sur l’embase et l’hélice. Mais après discussion avec Wick et son chef de chantier, il s’avère que leur engin de remontée n’est pas adapté à un monocoque avec plus de 2 mètres de tirant d’eau surtout que les marées sont très faibles en cette période. Mauvaise nouvelle mais on va se débrouiller Domi bricolera quelque chose en plongée pour retenir l’anode. Et on verra le reste à Lombok quand on y arrivera en mars ou avril. On ne va pas changer nos plans pour çà, on a eu assez de mal à se construire un itinéraire qui nous motive à travers l’Indonésie.


Mais de toute façon on est bien obligés de rester dans le coin encore pour quelques jours: on doit encore attendre nos passeports et la livraison de nos nouveaux panneaux solaires. Nous allons donc passer le weekend à Soop une petite île tranquille pas très loin de Sorong . Le Mouillage devant le chantier de construction de barques traditionnelles devrait être bien abrité du vent prévu et c’est gratuit…


Le chantier est sur une belle plage et nous sommes mouillés dans une grande piscine d’eau claire et en dépit de la proximité de la grande ville. Les récifs de corail qui nous entourent à l’est et à l’ouest sont beaux et sont accessibles à la nage directement depuis le bateau . Samedi, après avoir installé un brelage maison pour immobiliser l’anode du sail drive (le narguilé c’est quand même super pratique) nous allons à terre voir les charpentiers à l’oeuvre sur une nouvelle embarcation. Ils nous accueillent les bras ouverts. Leurs seuls outils semblent être une tronçonneuse et un rabot électrique . La plage qui de loin paraissait idyllique avec son sable blanc et ses cocotiers est en fait un horrible dépotoir couvert de monceaux de déchets plastiques rejetés par la mer. Nous avons beau être dans le pays depuis trois mois et en avoir déjà vu pas mal, nous n’arrivons toujours pas à nous y faire: comment peut-on polluer autant? Un des charpentiers nous fait passer sur des planches pour atteindre l’autre plage où des familles pique nique .

Les enfants sont heureux, c’est le week-end ils jouent et se baignent en riant. En suivant le bord de mer sur quelques centaines de mètres nous atteignons le premier village.

Une rue large et toute droite avec de chaque côté de petites maisons dont beaucoup sont construites en dur, chacune au milieu d’une grande cour. C’est un village de pêcheur sans doute très pauvre mais ici tout est propre , la rue et les cours sont bien balayées, aucun déchet ne traine par terre. Au milieu du village il y a bien sûr l’église, ici, elle est Luthérienne.

. Pour atteindre le deuxième village il faut passer devant le cimetière , chaque tombe à son petit toit de taule et bien peint de couleur bleu turquoise.

100 mètre plus loin on arrive dans le deuxième village de l’île. D’apparence encore plus modeste mais toujours propre. Ce qui différencie les deux villages c’est la religion: on a pas pu tout déchiffrer mais il semblerait que l’église catholique aient été convertie au culte musulman…


Le soir Matin, qui habite une cabane sur la plage vient nous voir dans sa petite pirogue pour admirer notre bateau , il parle un peu anglais et on lui a dit que notre bateau est lui aussi en bois .


Le week-end est fini , et à 8:00 lundi matin nous nous amarrons une dernière fois à Tampa Garam pour une semaine marathon. Au menu: plein de gaz oil, de gaz et de nourriture, vidange moteur /inverseur et changement des filtres, montage des nouveaux panneaux solaires (qui sont arrivés entre temps, c’est la bonne nouvelle de la semaine), remontage des anciens à un nouvel emplacement, lessive et grand nettoyage sans oublier bien sûr d’aller récupérer nos passeports. On trouvera quand même le temps pour un bon repas à notre restaurant favori.
Dès que tout çà est fini on se barre!

Rajah Ampat çà continue!

Mercredi nous avons levé l’ancre pour aller mouiller dans une anse profonde sur la façade Nord Est de Kawe à une dizaine de mille pratiquement sur l’équateur. Toute la région de Rajah Ampat est truffée d’îles et d’îlots mais il n’est pas pour autant facile de mouiller, à moins de 100 mètres de la côte on trouve souvent des fonds de plus de 30 mètres et plus près, les coraux empêchent d’approcher. Domi passe beaucoup de temps tous les jours sur ses deux ordinateurs à la recherche de mouillages sympas et abrité de ces vents imprévisibles à l’aide de photos satellites téléchargées et des blogs et guides compilés par voileux qui nous ont précédés dans ces eaux peu connues et mal cartographiées.


Si les îles sont splendides les fonds sous-marins valent aussi la peine , et dés que le bateau est amarré nous enfilons notre tenu de bain, nos palmes et masques et nous passons le reste de la journée sous l’eau à nous émerveiller devant cet aquarium gigantesque.


Jeudi nous franchissons le détroit de Bougainville pour pénétrer dans le dédale de la baie d’Entrecasteau (qui portent aussi des noms locaux mais pour une fois qu’il y a des noms français sur la carte on va pas se priver: cocorico!).

On trouve une anse bien protégée entourée de mangrove pour la nuit. Vendredi on ressort par le bras ouest le paysage est grandiose entouré de rives abruptes avec une allure de fjord ou de ria. La baie est encombrée par une très grande ferme perlière mais un large chenal est aménagé au milieu.

A la sortie, juste avant le village de Selpele on aperçois une baleine qui effleure la surface avant de regagner la profondeur. Nous passerons l’après-midi et la nuit dans une baie de rêve sur le nord de la côte ouest de Batang Pele, profonde d’une quinzaine de mètres et parfaitement protégée de tous les vent. On nage avec les poissons sur le récif de la sortie et avant la nuit, des jeunes en pirogue viennent nous vendre des noix de coco qu’ils viennent de cueillir: juste à l’heure pour l’apéro.

Etape suivante passage entre Yagafo et Gam, nous y sommes déjà passé plusieurs fois mais cette fois nous nous y arrêtons. La passe est réputée pour ses eaux claires et ses fonds magnifiques. Mais la crique est étroite et profonde. On ancre au milieu dans 28 mètres avec la totalité de nos 70 m de chaîne et deux haussières à terre dans la mangrove l’une au nord et l’autre au nord ouest (çà nos rappelle nos mouillages Patagons) . Avec çà on devrait être prêt à tout surtout que la météo ne prévoit qu’un vent de nord très faible.

L’après midi plongée snorkeling dans la passe on l’on croise les plongeurs d’un « live aboard » de passage. Les fonds sont magnifiques et l’eau d’une clartés surprenantes. Nous nageons pendant plusieurs minutes avec une tortue qui nous remarque à peine. La nuit est calme et étoilée par contre le matin le ciel est gris, chargé de pluie. Nous partons quand même pour une autre plongée. Au retour surprise et inquiétude: nos amarres arrières sont complètement distendues. Le vent à tourné au sud est, la seule direction ou la forêt est à plus de 50 mètres et même s’il ne dépasse pas les 10 ou 15 noeuds, l’ancre semble avoir dérapée . Nous décidons de partir tout de suite , détachons et enroulons nos haussières et remontons l’ancre. Le guideau peine à remonter les derniers mètres (normalement les moins difficiles) mais l’ancre apparait enfin. J’embraye la marche avant et me dirige vers la sortie mais au bout de quelques mètres, silence complet, le moteur a calé et la manette est bloquée. Et là, derrière le bateau on voit apparaître une immense bâche… Pas de panique, l’annexe est encore à l’eau, on re-déroule rapidement une haussière à terre de chaque côté de l’anse pour sécuriser le bateau (pratique les 200m de dyneema sur enrouleur!). Domi enfile ses palmes et son masque et plonge. Le verdict tombe : l’ancre a remonté du fond de l’eau une bâche en maille (du type utilisé pour recouvrir les toits en chaume – il y a justement 3 gites en construction on fond de la baie) ce qui explique aussi qu’on est dérapé, l’ancre étant prise dans la bâche et non dans le sable du fond. Celle-ci a été ensuite happée par l’hélice et au bout de quelques tours a bloqué l’inverseur et calé le moteur. Un bon couteau à pain pour la retirer et un quart d’heure plus tard le moteur redémarrait et rien ne semblait avoir souffert. Plus de peur que de mal! De là nous allons de nouveau mouiller à Besir, sans surprise on connait bien!

Lundi 10 janvier, celà fait déjà 12 jours que nous sommes partis et les vivres frais sont épuisés surtout que la température ne nous aide pas pour conserver les fruits et légumes et du côté protéines comme nous n’avons pas de congélateur il ne nous reste plus que quelques oeufs et des boîtes de conserve. Nous allons nous ravitailler à Waisai.

Même par vent de nord le mouillage n’est pas des plus confortable notamment à cause des barques qui la sillonnent en permanence mais le marché est tout proche, juste à l’entrée de la rivière sur la rive gauche. Par contre, si vous avez peur d’attraper des maladies autres que le COVID évitez de vous y aventurer.

La face arrière du marché qui donne sur la rivière est définitivement d’une saleté immonde. Nous arrivons tant bien que mal à accéder au quai et à débarquer. Une fois dans le marché c’est comme partout: des petits commerçants vous vendent pour quelques dizaines de milliers de roupies bananes, haricots, tomates papaye, poissons, toffu (prélevé à la main par la marchande dans un seau de 20 litres à même la rue…

heureusement qu’on l’aime bien cuit) bref, tout ce dont nous avions besoin en un temps record. Sur le quai c’est un embouteillage de longues barques et la mer a baissée, notre annexe est complètement à l’extérieur et il n’y a presque plus d’eau. On a pas trop envie de patauger dans cette vase dégoutante. Un jeune homme nous aide à atteindre notre annexe. Nous n’avons pas été plus loin dans cette ville qui au dires des navigateurs qui y sont passés ne serait pas désagréable.


Peu avant le couché du soleil, Domi était sur l’ordi travaillant sur les prochaines destinations quand il aperçoit l’ombre d’une bête genre grosse araignée qui se faufilait vers la cuisine? Panique à bord , dans mes recherches sur les animaux de la région j’avais vu qu’il pouvait y avoir des tarentules et je ne me voyais pas vraiment, moi qui a horreur de ces bêtes là, lui courant après à quatre pattes sous la cuisine. Au matin Domi trouve enfin le coupable c’était un tout petit crabe arrivé là, on ne sait comment, qui se déplaçait sur le bord de la descente, le soleil bas sur l’horizon à ce moment là avait projeté son ombre très agrandie sur le plancher de la cuisine. Ouf! Comme quoi il n’y a pas que les gamins qui ont peur des ombres chinoises.

Mardi, on repart cap pour aller voir la pointe Est de l’ile de Waigo et l’on fini par deux mouillages un peu rouleur sur la pointe est. Mais il est déjà temps de rentrer à Sorong pour renouveler à nouveau nos visas. Nous disons adieux au parc de Rajah Ampat, c’est un endroit extraordinaire mais il le serait encore plus si le pays se donnait les moyens d’éliminer ses déchets plastiques et se dotait d’une vrai politique environnementale. En retraversant le détroit de Dampier au moteur nous sommes poursuivi par un très gros orage. Nous arrivons tout juste à la marina de Tampa Garam avant que le vent ne se déchaine, heureusement que le marin du gros cata Américain était là pour prendre nos haussières avec son zodiac! Merci à lui!

On aura passé quinze jours vraiment fantastiques dans ces paysages extraordinaires!

Wayag 2, le retour

Mardi 28 décembre, fin de matinée, après deux heures d’attente aux bureaux de l’immigration, nous avons enfin nos visas. On est de nouveau en règle jusqu’au 23 janvier. Pour arroser ça nous avons repéré dans le quartier un restaurant dont la devanture ne paye pas de mine mais dont l’intérieur est un patio avec fontaine tout à fait à notre goût au menu, poisson grillé et nouilles sautées c’est délicieux et pas cher du tout.

Delà on repasse par notre quartier favori pour aller au marché frais compléter nos approvisionnements pour les 15 prochains jours. En plus des fruits et légumes habituels, on trouve du tolu et des dattes fraîches.


Mercredi nous attendons la marée avec impatience pour sortir du bassin de Tampa Garam. Il est 13:30 quand la hauteur est suffisante, nous avons juste le temps d’aller jusqu’à Batanta pour y passer la nuit. Là nous y retrouvons le calme et la vie en pleine nature. De là, nous allons jusqu’à Pef où nous passerons notre soirée de réveillon, cette année encore, seuls devant une magnifique plage déserte. Pas de folie au menu car on veut repartir de bonne heure demain matin et malheureusement il n’y a aucune couverture internet donc pas de possibilité de contacter la famille ou les amis aux 12ème coup de minuit. On est donc au lit de bonne heure mais nous en somme tiré vers minuit par le bruit des pétards tirés du village à l’autre bout de la plage et nous avons droit au feu artifice papou qui part de tous les côtés.


Notre but est bien sûr Wayag, la perle de Rajah Ampat juste de l’autre côté de l’équateur.

Quand nous y étions passés en Novembre, nous avions dû rentrer précipitamment après seulement une nuit mais le peu que nous en avions vu nous avait laissé sur notre faim. Cette fois-ci, nous avons bien l’intention d’y rester plusieurs jours et de l’explorer comme il se doit ce paysage magnifique et si dépaysant. Cette fois-ci , quand nous arrivons, nous ne sommes pas seul. Il y a une grosse goélette charter et un yacht à l’entrée mais tous deux semblent se préparer à partir. On aperçoit aussi une ou deux petites vedettes de touristes qui circulent et il y a quatre voiliers ancrés dans la grande baie du fond. Par contre notre petit crique devant la plage est libre et au bout de deux jours le dernier voilier est parti et nous nous sommes retrouvés seuls. Etaient-ils venus la seulement pour réveillonner ou ont-ils été découragés par le temps pluvieux… On savait qu’il pleuvait beaucoup dans la région mais en ce jour de l’an, c’est vraiment le déluge. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, nos réservoirs sont pleins et on a assez d’eau dans nos seaux, bassines et jerrycans pour prendre des douches trois fois par jour et faire plusieurs grandes lessives. Pas besoins de Karcher, le pont est astiqué et rincé à grande eau. Domi prétend se rappeler d’un vieux proverbe (à moins qu’il ne l’ai inventé…) qui dirait « Nouvel an pluvieux: 100 ans de bonheur pour les vieux » si c’est vrai alors là on devrait être vraiment gâtés!


Après la pluie le beau temps et dès dimanche, nous pouvons gonfler le kayak pour aller explorer les méandres de ce plan d’eau étonnant en nous faufilant entre ses milles et un pains de sucre.

On a vraiment l’impression d’être sur une autre planète complètement hors du temps, impression renforcée par le fait que nous sommes les seuls humains présents. Les formes si particulières de ces îlots vient de leur nature karstique qui aurait ici été amplifiée par ses immersions au fond de l’océan et remontées successives au gré de la tectonique des plaques (s’il y a des géologues parmi vous n’hésitez pas à nous envoyer vos théories, moi j’ai pas tout compris). La pêche étant strictement interdite, les eaux sont très poissonneuses surtout au tour des massifs de corail partout très nombreux. Elles sont aussi très claires mais un peu verdâtre du fait de la végétation abondante.


Notre ami Anglais Peter était monté au sommet de l’îlot le plus proche de l’entrée et nous avait dit que la vue de là haut valait vraiment la peine. Aussi, mardi après midi, comme il faisait beau, on est partis pour faire la grimpette à notre tour. Mais il avait oublié de nous dire que certaine parties de la montée sont tellement raides et ravinées qu’elles nécessitent des qualités d’alpinistes (peut-être le sentier avait-il aussi été détérioré par les pluies diluviennes depuis son passage). A peine au pied de la paroi, j’ai renoncé à monter et j’ai laissé Domi partir avec l’appareil photo et le téléphone (on avait déjà photographié la plage en long et en large).

Tant pis pour la vue mais ce n’est pas grave, j’adore flâner sur la plage pour dénicher de jolis coquillages et aussi faire un peu de ménage car même au coeur de cet espace protégé, les déchets plastiques rejetés par la mer sont omniprésents. J’étais dos à la mer et je regardais la forêt lorsque soudain, à trois mètres de moi, un gros, mais très gros lézard était en arrêt et me regardait. Je me maudit aussitôt de n’avoir pas gardé au moins le téléphone j’aurai pu vous montrer une photo de ce monstre que nous identifierons plus tard comme étant un magnifique varan de Gould.

Photo d’un varan de Gould, identique à celui que j’ai croisé, empruntée sur Wikipedia. Merci à son auteur!

Sur le moment je n’ai pas eu peur et même je me suis approchée tout en respectant une bonne distance entre lui et moi mais si j’avais lu ce que l’on en disait de cette bête sur internet j’aurai sans doute pris mes jambes à mon cou. Ceci dit je préfère encore me trouver en compagnie de cette charmante bestiole à la langue fourchue plutôt que d’un de ces reptiles encore beaucoup plus gros à la mâchoire puissante et aux dents acérées qui parait-il fréquentent les eaux du parc.

Après s’être regardé dans les yeux un moment, chacun a finalement repris ses occupations lui s’est enfoncé dans la forêt et moi je suis retournée à mes coquillages non sans garder un œil dans sa direction. Domi aurait bien aimé lui aussi faire sa connaissance surtout qu’il n’a pas pu aller jusqu’en haut, la fin du parcours était trop abrupte et glissante pour lui.

Notre exploration de Rajah Ampat continue dans l’article suivant..