Chutes, cascades et villages de Vanua Levu

Nous avons pris la voiture pour tout le week-end. Nous sommes dimanches et le temps est presque ensoleillé. Notre but aujourd’hui ce sont deux des cascades de l’île .

La première est celle de Vuadomo (parfois aussi appelée chute de Nagawa) à environ une demi-heure de Savusavu. Nous trouvons assez facilement la piste qui descend au village de Vuadomo. A peine sur le chemin, nous doublons un homme et un jeune enfant. On s’arrête pour leur demander si on peut les conduire quelque part. Ils descendent au village, on les embarque. Le papa nous explique comment trouver la chute et nous dit qu’il faut d’abord passer par le village pour payer le droit d’entrèe (10FJD soit environ 4EUR/personne). Une fois notre obole payée nous garons la voiture et empruntons le sentier qui conduit aux chutes. L’endroit est superbe, les chutes se précipitent dans un bassin naturel entourées d’un écrin de rocs et de verdure. Nous sommes les seuls touristes mais pas les seuls à profiter de la beauté du site et de l’eau claire. Une famille et quelques gamins de village sont là et il s’amusent bien.

Etape suivant Maroroya et ses chutes. Nous roulons une dizaine de kilomètres sur la route principale puis nous empruntons la piste sur la droite juste avant le pont. Sur le bord du chemin quelques jeunes noyant leur ennui dans la bière et le gin nous indique très gentiment le chemin (ils nous proposent même de venir boire avec eux ce que bien sûr nous déclinons). Les chutes sont à mi-chemin entre la route et le village de Maroroya. Nous décidons de pousser jusqu’aux environs du village pour pique-niquer. La rivière nous arrête juste avant le village, il y a bien un gué mais il y a beaucoup de courant et plus de 60 cm d’eau hors de question de traverser en voiture. Pour la petite histoire, toujours selon la cartographie Maps Me c’est la même piste par laquelle nous aurions du passer hier… Google Map ne se mouille pas et n’indique rien dans le coin.

On casse la croûte au bord de l’eau puis on fait demi-tour pour aller voir les chutes. Un panneau arraché gisant par terre parmi les herbes indique qu’on aurait du se rendre au village pour obtenir la permission (et sans doute payer l’entrée) mais vu qu’on a pas pu traverser la rivière et que l’endroit semble un peu à l’abandon, on décide d’y aller tout de même. Visiblement très peu de gens sont venu ici dans les dernières semaines. Le sentier est encore plus ou moins visible mais la nature a repris ses droits et la végétation commence à l’envahir. Les poteaux qui servaient de rampe dans les passages les plus raides sont pourris ou mangés par les thermites.

Tout en haut, il y avait une passerelle en béton qui permettait d’accéder aux chutes en passant au pied de la falaise. Des arbres et des rochers sont tombés dessus et l’ont partiellement détruite ainsi que le belvédère qui surplombe le bassin. Finalement on a sans doute bien fait de ne pas demander la permission : on nous l’aurait sans doute refusée pour des raisons de sécurité. L’endroit est tout de même assez beau dans ce cirque de verdure et de jungle mais malgré sa beauté sauvage, la forêt semble en passe d’être étouffée par des liserons et autres plantes grimpante parasite. Est-ce un phénomène naturel ou s’agit-il d’espèces invasives introduites par l’homme ? Après une nouvelle baignade nous redescendons à la voiture. Il nous reste encore 2 heures et demie avant la nuit. Avant de rentrer, nous avons le temps de pousser jusqu’à la côte juste pour voir à quoi ressemble le fond de la baie.

La route côtière traverse plusieurs village mais les accès à la mer sont rares et toujours passe par un village. Nous décidons de tenter notre chance à Wailevu

Un habitant nous accueille et nous dit que nous sommes les bienvenus et qu’on peut se garer devant l’école. Le responsable du village (le Turaga-ni-Koro en Fidjien) vient à son tour nous accueillir et nous souhaiter la bienvenue. Ils nous accompagne jusqu’à la plage en nous donnant des détails sur son village. Wailevu abrite 20 familles dans le village proprement dit plus onze dans des maisons isolées des alentours. L’école du village assure l’éducation des enfant jusqu’au grade 8 (l’équivalent de la 5ème en France) pour le secondaire, les jeunes doivent se rendre à Savusavu ou a Lambasa ou il resterons en pension pour la semaine.

Ceux qui poursuivent à l’université doivent aller à Savu la capitale sur Vitu Levu. Les familles vivent de pêche et d’une petite agriculture vivrière. Pour la pèche qui se passe essentiellement à l’intérieur du lagon ils utilisent des simples radeaux de bambou.

En décembre dernier le village à été très affecté par le cyclone Yasa, presque toutes les maisons ont perdu leur toit fort heureusement il n’y a pas eu de victime morts ou blessé. On discute aussi bien-sûr de l’épidémie et de ces conséquence sur la vie de tout les jours. Pratiquement tout le monde au village est vacciné nous dit-il. Mais il se fait tard et nous devons rentrer. On le remercie pour son hospitalité en lui offrant le traditionnel kava. Il est ravi et nous invite a revenir quand on veut…

Le soleil se couche quand nous arrivons à Savusavu.

Et pour bien finir le week-end, soirée bien mérité au restaurant de la marina

Labasa: la petite Inde des Fidji

Samedi 14août 2021. Aprés le mauvais temps de la semaine le week-end devrait être suffisamment sec pour tenter une incursion terrestre. Nous louons donc une voiture chez James Rentals. C’est un tout petit 4X4 Suzuki en assez mauvais état mécanique, nous comprendrons rapidement pourquoi : les routes sont truffées de trous !

Le but de la journée est Lambasa la ville la plus importante de Vanua Levu située à 85 km dans le delta d’une rivière au milieu de la côte nord ouest de l’île. Pour y arriver il faut contourner la baie par une route côtière montagneuse puis traverser un plateau central ou les exploitations forestières ont beaucoup abîmé le paysage pour redescendre de l’autre côté à travers les exploitations de canne à sucre.

Le dépaysement est garanti. Les églises se font plus rares dans les villages que nous traversons et sont remplacées ici par une mosquée là par un temple Bouddhiste, Krishna ou Sikh. Les gens ne sont plus les même non plus. Assez peu de Fidjiens mélanésiens et beaucoup d’indiens, des femmes en sari multicolore et parfois la tête couverte d’un foulard. La ville nous rappelle un peu les quartiers Indo-Pakistanais de Sharja (Emirats Arabes Unis) il y a quelques années.

Commerces en tous genres dans la rue principale grouillant d’activités. Repas de midi dans un des restos du food corner de la galerie marchande (mais c’est de la vraie nourriture locale pas du fast food international). Puis on découvre la gare routière et surtout le marché qui à lui seul vaut vraiment de faire tout le trajet jusqu’ici.

Il est organisé en 4 sections : poissons et fruits de mers, légumes et fruits, kava et bazar avec à l’étage une petite section artisanat local surtout orienté bouquets et tapis en paille. Nous commençons par le marché au poisson qui est particulièrement intéressant : mérous gigantesques, poisson pérroquets, wahoos, palourdes, crabes, langoustes et algues commestibles : mana(raisin de mer ou Caulerpa lentillifera que nous connaissons bien) et lumi (Gracilaria maramae, çà ressemble à une chevelure). Nous nous laissons tenter par de la lumi et la marchande nous explique comment la préparer. (sa très forte teneur en agar permet de réaliser des gelées délicieuses, nous y reviendrons bientôt dans notre rubrique cuisine). Les deux halles consacrées aux fruits et légumes sont tout aussi fascinantes, nous en repartons les bras chargés.

Pour ne pas rentrer à Savusavu par la même route, nous essayons un autre chemin qui d’après Maps Me, sur l’écran du téléphone, traverserait la montagne en remontant la rivière par un itinéraire soit disant plus court d’une vingtaine de kilomètre. La piste serpente effectivement dans la vallée en traversant de petits villages typiques dans une alternance de forêt et de champs de canne à sucre. Mais au bout d’une trentaine kilomètres la route s’arrête.

On rebrousse chemin et un peu plus bas on trouve un gué qui nous permet de traverser la rivière. Mais il ne mène qu’au village. Les habitants nous accueillent de façon très sympathique et nous disent que la route ne va pas plus loin, c’est peut-être possible de continuer à pied le long de la rivière mais en voiture ce n’est pas faisable même avec un 4X4. Nous les remercions et un peu déçus, nous redescendons sur Labasa pour retrouver la route principale.

Quelques kilomètres après la sortie de la ville une jeune fille vend des écrevisses de la rivière sur le bord de la route : ce soir çà va être le festin à bord !

Il fait déjà bien nuit quand nous rentrons au bateau.

Vanua Balavu – Savusavu

Dimanche 8/8/2021. 05:30 la sonnerie du réveil nous tire du sommeil. Le jour va bientôt se lever et on voudrait être dans la passe en tout début de marée descendante (renverse à 06:25). Le temps de s’habiller, vérifier le dernier grib et relever l’ancre et c’est parti. Une fois franchi la passe une bonne brise de Sud Est de 18 nœuds nous cueille. Reve à Deux s’ébroue et démarre. Çà tombe bien on a 68 milles à faire pour notre première étape prévue dans un mouillage au Sud Ouest de l’île de Taveuni et on voudrait bien arriver avant la nuit qui ici tombe brutalement à 18:00… Au bout d’une heure, le vent se stabilise autours de 15 nœuds, on envoie le spi pour garder la cadence.

15:30 nous affalons le spi et empannons sous le cap Katoba, la pointe sud de Taveuni. On est encore dans les temps mais il ne va pas falloir mollir. On renvoie donc le spi sous l’autre amure (sur Rêve à Deux on préfère ne pas empanner sous spi – il nous faudrait quelques bras en plus et la configuration des drisses ne s’y prête de toute façon pas.). A 17:30 nous arrivons dans les mouillages de Paradise Resort (c’est un hôtel restaurant, centre de plongée qui met gratuitement des corps morts à la disposition des plaisanciers de passage. Il y a déjà 7 ou 8 bateaux. Une personne du Resort nous appelle à la VHF pour nous prévenir qu’ils sont désolés mais que tous les corps morts sont déjà pris. Elle nous conseille d’aller un peu sur la droite et d’ancrer dans une dizaine de mètres d’eau sur fond de sable (devant le resort il y a une cinquantaine de mètres de fond). On ancre à l’endroit proposé. Le fond semble assez plat au sondeur mais dans la clarté déclinante de cette fin d’après midi on distingue de nombreuses tâches plus sombres. Du coup, on est un peu loin pour aller au resto c’est dommage car les derniers morceaux de thon mis sous vide il y a 8 jours ne sont plus très appétissants. On se rabat sur le dernier paquet de Tofu (je vous disais bien qu’il était temps de se réapprovisionner) et on s’endort sur nos deux oreilles.

Au matin il n’y a pas du tout de vent et après un réveil tardif et un p’tit dej’ relax (comme presque tous les jours) je suis sur le roof en train de mettre le taud de bôme. L’eau autour du bateau est parfaitement limpide (sûrement la plus claire depuis que nous sommes au Fidji) et on voit très bien le fond et les grosses patates de corail dont une semble vraiment tout près de notre arrière. Anne plonge pour aller voir. Les fonds sont effectivement superbes dans cette eau limpide. Mais si hier soir le vent nous éloignait du récif, en son absence ce matin le courant nous pousse vers la côte. Je plonge à mon tour, le massif est là à moins d’un mètre de la surface et tout près de notre arrière ou notre safran(gouvernail) se trouve dans une position très vulnérable. La chaine de l’ancre est pour l’instant encore claire mais pas du tout tendue. Il faut dégager d’ici vite fait en faisant bien attention de ne rien accrocher en remontant l’ancre.

Un vent très léger se lève presque tout de suite nous permettant de nous déhaler à quelques nœuds. Mais à cette vitesse, il est trop tard pour arriver à Savusavu avant la nuit. Nous jetons donc notre dévolu sur Fawn Harbour, une baie bien protégée en plein milieu de la côte Sud de Vanua Levu. La passe d’entrée faisant un S pour franchir la barrière de corail est intéressante. Nous mouillons juste après la passe dans le premier bras derrière un petit îlot planté de mangrove. Il y a des endroits beaucoup mieux protégés dans les différentes anses de cette baie entourées de mangrove très dense mais nous voulons profiter de la baignade sur le récif tout proche (mais hors de notre rayon évitement cette fois-ci). L’eau est très claire mais il y a du courant.

Le lendemain matin 07:30, étale de marée haute, nous levons l’ancre pour avoir le moins de courant possible dans la passe.

Le vent de Sud souffle à 18 – 20 nœuds (au lieu des 10-12 prévus). Le peu de courant sortant, s’opposant au vent lève déjà un gros clapot court, dans une ou deux heures, à mi-marée descendante, çà risque d’être beaucoup plus agité, on a bien fait de partir à l’heure. Traversée expresse, le vent monte à 28 nœuds (pour 10 à 12 prévu sur le dernier grib) quand nous arrivons sur la point Passage qui marque l’entrée de la baie de Savusavu nous contraignant à prendre un deuxième ris et diminuer le foc pour négocier l’empannage. Nous ne sommes pas seul à avoir eu l’idée de venir à Savusavu pour laisser passer le mauvais temps : 3 catamarans arrivent derrière nous venant du Sud Ouest.

A 12:30 nous sommes amarrés au ponton de la Coprashed Marina. Le temps de se changer, de ranger rapidement le cockpit et de s’inscrire au bureau du port et nous sommes au café de la marina, attablés devant une grande pizza. Des fois, il faut savoir manger local…

Vanua Balavu: Sawana, Soso Bay et Bay of Islands

Lundi 2 août 2021, ce matin le village semble s’animer un peu, on décide de descendre à terre pour explorer. Le village noté sur la carte comme s’appelant Lomaloma s’appellerait en fait Sawana. On apprendra plus tard qu’il est en réalité divisé en deux parties, celle habitée par une population originaire des Tonga s’appelant effectivement Sawana et Lomaloma étant le côté Fidjien. A peine débarqué on demande à des jeunes de nous indiquer le chef du village en effet sur les îles il est important de lui remettre un paquet de racines de Kava pour la cérémonie du Sevusevu enfin d’être accepté sur l’île. Ils nous indiquent sa maison mais nous n’en avons pas encore pris la direction que nous sommes interceptés par un agent du contrôle sanitaire en 4×4. Nous n’avons pas le droit de débarquer, nous devons retourner à bord immédiatement et contacter l’inspecteur du service de santé… Bon! Donc la situation est la même ici qu’à Kadavu. A peine sommes nous à bord que l’inspecteur accompagnè d’un policier arrive sur la jetée et nous appelle. Contrôle des passeports et des documents tout est clair mais pas le droit de débarquer c’est pour répondre à l’inquiétude de la population ils ont trop peur d’être contaminés. Nous comprenons. Par contre il nous propose de faire nos courses et nous lui donnons notre liste (y compris une nouvelle recharge téléphone) et le kava pour remettre au chef.

Mardi matin, il nous rappelle, on peu venir chercher nos fruits et légumes sur la plage. Ils doivent prendre une marge assez confortable mais ils ont rajouté quelques laitues toutes fraîches et de piments. De retour à bord nous levons l’ancre aussitôt. Le vent va tourner au Sud Est ce soir et ce mouillage ne sera pas bien protégé autant partir tout de suite pour le nord de l’île ou sont parrait-il les baies les plus belles du Pacific Sud.

Soso Bay, une sorte de bassin circulaire entouré de falaises couvertes de végétation luxuriante et complètement érodées à leur base . On y rentre par un étroit passage. L’eau est bleu turquoise légèrement laiteuse en raison du calcaire dont sont faite les falaises. Sur les hauteurs on aperçoit deux villas. Il y a 5 bateaux ancrés. Notre guide indique qu’il y un chemin qui monte du fond de la baie jusqu’à un belvédère d’où la vue est magnifique. On verra çà demain si on à le droit de descendre !

Mecredi matin on s’aperçoit que les équipages des autres voiliers semblent aller à terre sans aucun problème. Y a pas de raison on y va aussi. Il y a même un appontement pour les annexes. Le propriétaire des lieux qui arrive sur son quad et nous dit qu’il n’y a aucun problème, il suffit de suivre le chemin. Le chemin démarre dans une sorte de gorge entaillant la falaise et serpente ensuite dans des prairies plantées de quelques cocotiers où paissent des montons, des chevaux et quelques vaches.

Sur un petit plateau, il y a les maison du personnel de la ferme et tout en haut de la falaise la villa du propriétaire et une autre villa blanche de style colonial.

Nous rencontrons une femme qui nous dit qu’on peut aller jusqu’à la villa blanche et que de là haut on captera internet. Le chemin qui même au point de vue démarre de l’autre côté de la prairie.

Le chemin serpente dans la forêt et arrive tout en haut de la falaise qui surplombe la fameuse baie des îles dont les îlots calcaires boisés en forme de champignons ont fait la réputation. La vue est à couper le souffle on est vraiment dans un paysage de rêve.

En redescendant nous croisons Pete et commençons à bavarder avec lui.

Il est Sud Africain et navigue tout seul à bord de son catamaran. Il nous invite à prendre le café dans l’après-midi pour déguster un gateau à la banane qu’il à cuit se matin. A son bord nous découvrons que derrière ce septuagénaire adorable ce cache un grand aventurier. Né en Rhodésie (actuel Zimbabwe) de parent circumnavigateurs (ils ont fait le tour du monde en 1980 sur un petit voilier en bois de 24’ (7,20m) que sont père avait construit lui même) il fait carière dans l’industrie pharmaceutique en Afrique du Sud. Quand il prend sa retraite, il décide de partir avec son épouse pour remonter toute l’Afrique, depuis le Cap ou ils vivent jusqu’à la frontière égyptienne dans un 4×4 aménagé, sans passer par aucune route goudronnée. Il nous montre le livre qu’il à écrit sur ce voyage. C’est vraiment de la grande aventure et les photos et les récits de leurs rencontres font rêver. Une fois rentré de ce périple, il craignait un peu de s’ennuyer dans sa maison du Cap. Ses enfants lui ont alors demandé : pourquoi ne partiriez vous pas autour du monde en voilier comme Papy et Mamy ? Et il a répondu chiche, seulement voilà, lui n’avait jamais navigué, alors, avant d’acheter un bateau il a fallu qu’il prenne des cours, accumule de l’expérience et passe sont diplôme de skipper (obligatoire pour acheter un bateau en Afrique du Sud). Il a finalement acheté son cata et ils sont partis en début 2018 : Namibie, Bresil, Antilles, Panama, Polynésie et Nouvelle Zélande où comme beaucoup ils sont restés bloqués par le COVID. Fin-2020, une de ses filles se mariant son épouse est rentrée au pays mais n’a la Nouvelle Zélande n’a jamais voulu la laisser revenir. Du coup, en juin 2021 Pete est parti pour les Fidji en solo en espérant que se soit plus facile pour son épouse de venir le rejoindre. En attendant il explore l’archipel et nous passerons quelques soirées mémorables avec lui.

Jeudi, après une dernière rando sur un sentier qui longe la falaise puis traverse la forêt (çà fait quand même du bien de pouvoir marcher un peu),

nous levons l’ancre pour la baie des îles (Bay of Islands) que nous avions aperçu du haut des falaises suivit de près par Pete et son Moon Dust. C’est une très courte navigation : il n’y a qu’à contourner la pointe par l’étroit chenal qui serpente entre les massif de corail. On déroule tout de même le foc pour faire de la voile et avancer tranquillement en savourant le paysage. Le cadre est superbe et très particulier avec ses îlots champignons qui pourrait rappeller une baie d’Along en miniature.

On y restera jusqu’à dimanche matin. Une grande partie du temps est consacré a nager entre les îlots et explorer les massifs de corail qui s’y cache on y verra beaucoup de poissons multicolores, quelques langoustes, trop petites pour valoir la peine d’être attrapées, et même une grosse tortue marine.

La semaine prochaine s’annonce pluvieuse et ventée, Pete pense qu’il est bien à l’abri derrière sont îlot et pense qu’il va rester en attendant que le temps lui permette de continuer vers le sud de l’archipel. Nous sommes un peu moins bien protégés et l’idée d’être bloqués là sous la pluie pour toute une semaine ne nous enchante pas. En plus il commence à être temps de songer à regarnir la cambuse. Ce serait peut-être le bon moment pour aller à SavuSavu le port principal de Vanua Levu la 2éme île du pays. On devrait disposer de 2 jours de temps agréable avant que çà ne se gatte…

Kadavu- Vanua Balavu

Il nous reste deux jours, on va donc pousser jusqu’à Kavala Bay à l’est de l’île voir même, si la météo le permet, Ono ou l’une des autres îles enserrées dans le lagon du récif de l’Astrolabe fameux pour les raies manta qu’on peut, parait-il, y voir en cette saison.

Jeudi matin, encore beaucoup de nuages mais tout de même de belles éclaircies nous levons l’ancre de la baie de Vunisea (qui en d’autres temps serait une excellente escale : très bon ancrage protégé des vents d’est à Ouest par le sud sur font de sable entre 10 et 5 m, village avec commerces et infirmerie). Nous tirons des bords le long de cette grande île (Kadavu fait près de 60 km de long) dans un vent de sud Est de 20 à 25 nœuds mais étant sous le vent de l’île la mer reste plate. Par contre, aller mouiller quelque part près de la barrière de corail de l’Astrolabe dans ce vent ne nous enchante pas. On préfère se rabattre sur la baie de Kavala très facile d’accès et bien abritée. On y arrive en fin d’après midi. La baie est superbe, entourée de hautes collines et bordée de plusieurs petits villages. Le mouillage entre une jetée et la mangrove est parfaitement calme. Parfait pour passer une bonne nuit avant la traversée (Vanua Balavu est à 200 milles).

Au matin, il y a de nombreuses barques qui sillonnent la baie, beaucoup font le détour pour passer à une cinquantaine de mètres de nous et nous saluer de Bula ! Chaleureux. En milieu de matinée nous avons la visite de la police, ils sont 4 sur une barque ils font 3 fois le tour de Rêve à Deux,nous sommes des vedettes, encore quelques flaches photos, nous demande si tout va bien et repartent.

A midi nous comprenons pourquoi il y avait tant d’activités sur la baie : le bateau de ravitaillement enfin vient de s’amarrer à la jetée qui est entourée de barque venu chercher le matériel, les fournitures ou denrées que les villageois ont commandés. Apparemment la rotation n’est pas très fréquente et à sans doute été fortement perturbée par la pandémie. Avant-hier à Vunisea nous avions constaté que dans les deux super marchés les congélateurs étaient carrément vides.

La matinée se passe encore et toujours à comparer les routages. Côté vent, le vent va tourner progressivement de l’est à l’ouest en passant par le nord dans la nuit de vendredi à samedi restant dans cette direction jusqu’à Lundi après midi ou il reviendra au sud, (super). De 15 à 18 nœuds Samedi ils se renforcera dimanche à 25 nds (ou plus dans le sud)(on sera plus là). La difficulté n’est donc pas la traversée elle même mais l’arrivée à Vanua Balevu. L’idéal serait d’arriver à l’étale de marée basse pour pouvoir avoir prendre la passe sans se soucier du courant tout en sachant qu’il sera favorable tout de suite après. Il faut aussi arriver de jour, le lagon étant assez mal pavé et dépourvu de tout balisage lumineux. Çà tombe bien Dimanche premier le jour se lève à 06:21 et la marée basse est à 06:49. Et Dimanche matin, le vent sur place ne devrait pas dépasser 15 nds orienté Est Sud Est, la passe Tongan se retrouvant sous le vent de l’île. L’heure d’arrivée est donc fixée : dimanche matin au levé du jour mais quand partir. Les routages proposent entre 20:00 et 22:00 ce soir. Mais le vent aura déjà tourné au nord il faudra donc tirer des bords pour contourner le Récif de L’astrolabe et en plus on ne verra pas les îles.

Vendu ! A 16:00 on lève l’ancre. Il vaut mieux être en avance qu’en retard, si nécessaire on ajustera la vitesse pour ne pas arriver trop tôt. La remontée du récif ce fait d’un seul bord, la nuit tombe alors que nous sommes par le travers de l’île de Dravuni. A minuit nous avons doublé l’extrémité du récif et le vent à tourné au nord nous permettant de virer. Par contre la mer est horrible, des vagues extrêmement courtes se bousculent dans tous les sens sans doute la conséquence du changement de vent et des courants dans ce passage. Rêve à Deux tape et retombe violemment dans les creux, c’est très inconfortable mais çà ne dure qu’une paire d’heure. Le jour ne c’est pas encore levé que la mer s’assagit et le vent adonne encore rendant la navigation plus agréable. On a encore 24 heures devant nous et il reste 120 milles et on est pas pressé on ajuste la voilure pour réduire la vitesse à 5 nœuds (pas facile de convaincre Rêve à Deux de se traîner mais une fois n’est pas coutume). 5 nœuds c’est la vitesse idéale pour la pêche et comme on est pas sûr de pouvoir se réapprovisionner de si tôt autant s’y mettre sérieusement. On en profite pour essayer un autre leurre, l’actuel n’ayant rein attrapé depuis son installation sur la ligne. Le résultat ne se fait pas attendre. Pendant mon quart j’étais descendu quelques minutes télécharger un grib sur l’ordi. Quand je remonte je vois la ligne faire de grandes embardées à toute vitesse derrière le bateau. Je redescends aussitôt et secoue Anne qui dort : réveilles toi on à l’air d’en avoir pris un gros. On laisse le poisson se fatiguer un peu puis on commence à remonter la ligne. Ces grands zig zag rapides font penser à un Mahimahi (daurade coryphène) mais il est d’un bleu éclatant (dans mes souvenirs les coryphènes sont plutôt vertes). Mètre après mètre on l’amène tout près du bateau mais au moment de le ramener à bord, d’un coup sec il se décroche et repart vers les profondeurs. Zut ! Mais la ligne est intacte on la remet donc à l’eau.

Un peu plus tard dans la journée c’est mon tour d’être réveillée : viens vite on en a pris un autre me dit Anne. Effectivement il y a un poisson au bout de la ligne et çà semble être un gros. Il fait moins de cirque que celui de ce matin. Doucement on remonte la ligne, pas de doute c’est un thon et il est magnifique sans doute le plus gros que nous ayons pêché ! A peine remonté, on le vide, le saigne et le débite en filets dont nous mettons une partie sous vide pour pouvoir les garder quelque jours.

Inutile de vous décrire le menu de notre dîner ce soir ni de vous dire qu’on c’est régalés.

Le vent étant passé plein vent arrière nous avons affalé la grand voile pour continuer sous foc seul.

La nuit se passe à enrouler et dérouler le foc pour ajuster la vitesse sur l’heure d’arrivée.

A 06:35 nous sommes devant la passe, le soleil se lève et la mer est parfaitement calme. Nous renvoyons un bout de grand voile et remplaçons le foc par la trinquette pour tirer des bords facilement sur les 8 milles qui nous sépare du mouillage que nous avons choisis. A neuf heures nous jetons l’ancre devant le village de Lomaloma. Le village est d’un calme étonnant, personne dehors, pas un chien qui aboie mais bon, on est Dimanche, on va les laisser tranquille et se reposer on verra bien demain.

Kadavu(Kadavou): on ne veut pas de vous !

Après cette courte traversée de rêve, il fallait bien payer pour cette chance.

L’île est magnifique verte et bien arrosée, il n’est pas tard et nous avons le temps pour une courte incursion à terre histoire de se dégourdir les jambes après cette traversée. Le temps que l’on gonfle l’annexe, le soleil va bientôt se coucher et pour couronner le tout, Domi est pieds nus (tête en l’air comme d’ab), pas confortable pour marcher sur la route empierrée !. Les habitants de Vunasea nous accueillent jovialement : Bula!Bula ! (Salut en Fidjien). Par respect des consignes, on porte le masque comme la plupart d’entre eux. On achète quelques légumes chez une marchande et on rentre à bord. On ira plus loin demain!

La chance s’arrête ici

Le mardi le vent souffle sur la baie et il pleut des cordes toute la journée. On ne va pas se laisser aller au découragement et on en profite de toute cette eau tombée du ciel pour faire la lessive et refaire le niveau des réservoirs.(quant je vous dis que l’île est verte, je comprends mieux maintenant) On profite aussi de la bonne connexion (c’est mieux que la Polynésie pour la connexion internet) pour regarder les nouvelles de France et du monde et mettre ce blog à jour (nous le verrons plus tard, contrairement à la Polynésie ou en dehors de Tahiti le réseau est inexistant, ici ils ont fait des gros efforts pour assurer une bonne couverture 4G sur toutes les îles et souvent même en pleine mer entre les îles).

Mercredi, les éclaircies entre les grains deviennent de plus en plus longues,et entre deux, équipés de nos cirés nous pouvons retourner à terre: quelques courses aux deux supermarchés du village puis promenade sur la route qui longe le bord de mer. Passé l’aérodrome où aucun avion ne s’est posé depuis notre arrivée, nous atteignons une autre partie du village. Les maisons sont très modestes voire carrément délabrée, les enfants jouent sur le chemin. On échange quelques mots avec les habitants, il y a en a même un qui parle un peu français. Ils ont l’air content de nous voir. Jusqu’à ce qu’une femme sorte d’une maison et nous demande gentiment sans agressivité mais fermement de partir : ils ne veulent pas être contaminés par le virus. Pas de soucis on fait demi-tour.

A peine repartis dans l’autre sens, une voiture s’arrête à notre hauteur, un policier en uniforme en descend. Savez vous que vous violez la loi Fidjienne nous dit-il. Vous n’avez pas le droit de débarquer, vous devez rester à bord. Il exécute le protocole, tout se bouscule dans sa tête et les questions fuses d’où venez vous avant les Fidji ? où avez vous été ensuite ? , dans quel magasin vous avez serré la main ou touché quelqu’un ? On lui explique que nous sommes titulaires d’un passe « Blue Line » qui nous autorise à aller dans toutes les îles sauf Viti Levu, qu’on a fait une quarantaine, qu’on a été testé 2 fois et qu’en plus on est vacciné. Il est désorienté et nous montre le texte de la loi sur son smart phone : les passagers et membres d’équipage des navires marchands ou de plaisance ne sont autorisés à débarquer nulle part d’où qu’ils viennent. Il nous raccompagne jusqu’à notre annexe et attend sur la plage qu’on revienne lui montrer tous nos documents que bien-sûr nous avions laissés à bord. De retour sur la plage Il examine notre permis et la lettre en fidjien expliquant le principe de la «Blue Line » aux responsables insulaires. Souriez vous êtes sur la photo en nous demandant de rester à 2 mètres l’un de l’autre protocole sanitaire oblige… Fin de la ballade .

Sitôt rentré j’appelle notre agent pour lui demander à quoi sert le cruising permit et l’autorisation Blue Line si on ne peut pas aller à terre. C’est un mal entendu nous dit elle, ce bureau de police n’est pas au courant des dernières réglementations je vais les appeler pour arranger çà. Une demi-heure plus tard, des cris sur le bout de la jetée, c’est le policier . On doit revenir à la plage… Cette fois-ci il est venu avec son chef et le super intendant responsable de tout le district. Ils sont bien sûr masqué et gantés. De nouveau retour case départ, les mêmes questions et vérification des mêmes papiers. La question cruciale pour eux n’est pas de définir si oui ou non nous pouvons aller à terre (c’est tout simplement hors de question) mais de décider quel protocole ils vont devoir appliquer aux magasins où nous sommes passés(il y en a que deux dans le village et on les a fait tous les deux…) A cours d’idée je leur rappelle que nous sommes vaccinés. Ils semblent voir là une ouverture possible. On leur montrent nos carnets de vaccination (le modèle jaune de l’OMS). Ils les épluchent dans tous les sens (ils contiennent toutes nos vaccinations : BCG, diphtérie , tétanos, typhoïde, fièvre jaune , choléra, variole etc et les deux doses du Pfizer) se font préciser les dates et lieus d’injection, les prennent en photo. Ils confèrent un moment avec leur grand chef et reviennent nous dire que tout est clair. Ouf !!! Nous n’avons pas fait de faute parce qu’on avait pas été prévenu de l’interdiction d’aller à terre et au vu de notre dossier il semble peu probable que nous ayons pu contaminer quelqu’un sur l’île. Nous sommes donc libre… de retourner à bord. Nous pouvons aussi ancrer ailleurs sur l’île si nous le souhaitons et même nager autour du bateau mais sans débarquer et sans aucun contact avec qui que ce soit. En cas ou nous aurions un besoin urgent de quelque chose nous devons leur téléphoner, ils essayerons de nous aider toujours sans contact…Nous comprenons leur attitude. Ils sont au début de la vaccination dans le pays et leur système de santé a des moyens très limités mais surtout leurs manuels d’histoire leur rappelle l’épidémie de rougeole de 1875 qui tua un quart de la population simplement parce qu’un chef qui, étant allé en Australie négocier l’indépendance du pays (alors colonie britannique), était revenu sans faire de quarantaine. Pour relancer l’économie du tout jeune pays après cette hécatombe les dirigeants avait alors du faire venir massivement de la main d’œuvre indienne initiant sans le savoir les tensions ethniques qui éclatèrent dans les années 2000.

Voilà qui nous refroidi un peu sur le bien fondé d’une croisière dans cet archipel de rêve. Que sommes nous venu faire dans cette galère? Serions nous plus heureux en France avec un passe sanitaire ? Pas sûr ! Mais de toute façon, partir d’ici, pour aller où ? peut-être vers l’Indonésie à 3500 milles mais rien d’autre n’est ouvert?. Heureusement il nous reste le paysage de rêve, et les baignades dans l’eau chaude des lagons, nos 10 000 bouquins et BD sur nos tablettes et internet plein pot…

Le mauvais temps n’est pas fini, les gribs et les cartes météo nous prévoie le passage d’un front froid avec beaucoup de vent de secteur Ouest et encore de la pluie sur le Sud et le Sud Ouest pour ce week-end. C’est le moment ou jamais de repartir un peu vers l’Est du pays pour essayer de voir ces joyaux que sont les îles du groupe Lau et particulièrement Vanua Balevu tout au nord de ce petit archipel. L’idéal serait de partir juste devant le front, pour bénéficier de la bascule du vent (qui souffle d’est pour le moment) tout en évitant le gros de la perturbation.

Le lagon de Malolo

Vendredi 23 Juillet, une semaine déjà que nous sommes officiellement aux Fidji. Toute les formalités sont terminées nous avons reçu hier notre « cruising permit » et nous avons enfin hissé le fameux pavillon bleu nous ouvrant l’accès à tout l’archipel à l’exception bien-sûr de Viti Levu l’île principales qui est en confinement et où toute incursion nous obligerait à une nouvelle quarantaine de 14 jours. Le frigo et les réservoirs sont plein il est temps de partir. Fabienne et Dominique de Seayou (en carénage à la marina) les amis de Denis et Véro dont le blog nous a donné de précieux renseignements pour venir ici, passent nous dire au revoir. Ils sont aux Fidji depuis fin mai et attendent les autorisations pour continuer vers la Nlle Calédonie. Geoff et Cindy, les responsables de la Marina arrivent juste à temps pour nous remettre le cadeaux de bienvenue (un grand sac plein de produit locaux). Nous larguons les amarres vers midi. Il fait un temps superbe mais il y a très peu de vent. Pour cette première étape nous avons décidé de faire un saut de puce jusqu’à Musket Cove sur l’île de Malolo-lay juste en face. Il faut expliquer ici que toute la côte ouest de Viti Levu est bordée à une quinzaine de milles par une barrière de corail semi continue formant un gigantesque lagon (Nandi Waters) et la protégeant de la houle du large.

Ce lagon est parsemé d’îles elles même entourées de leur propre lagon. Ajoutez à çà que nous sommes sous le vent de Viti Levu donc à l’abri des vents dominants mais aussi la zone moins pluvieuse et la plus ensoleillée de tout l’archipel. Le tout fait bien évidemment un paradis pour la navigation, la seule difficulté étant de veiller aux récifs malheureusement nombreux et mal cartographiés. Nous avons pallié à cette déficience en téléchargeant les images satellite géo-référencées de presque toutes les côtes de l’archipel (pour ceux que çà intéresse : téléchargement et géo-référencement d’images Google ou Bing dans SASplanet et utilisation dans Ozie Explorer, merci Damien).

Surprise quand nous arrivons à Musket Cove il y a déjà une vingtaine de bateaux au mouillage principalement des Néo-Zélandais et quelques Américains le tout sur majorité de catamarans. Pour un peu on se croirait aux Antilles. A terre il y a une marina (qui, avant la crise, organisait tous les ans la célèbre Musket Cove Regatta) et un complexe hôtelier mais çà ne nous dit rien on préfère se baigner le long du récif tout près du bateau.

Samedi nous allons chercher un mouillage moins bondé au nord de l’île. Nous passons devant plusieurs « resorts » (complexes hôteliers) fermés ou complètement déserts pour passer la nuit. Et pourtant le pays est en principe ouvert aux touristes mais avec quarantaine et même dans ce décor de rêve passer 14 jours isolé dans sa chambre, fut-elle avec vue sur mer et plage privative ne semble pas tenter grand monde… Nous passons une nuit très agréable dans ce paysage de rêve à peine troublé par la présence un peu surréaliste de l’un de ces hôtel fantômes.

La nuit et les routages portent conseil. Une grande décision est prise : nous ferons le tour des Fidji en commençant par le Sud puis l’Est. Première étape Kadavu, deuxième étape le group des îles Lau et particulièrement Vanua Balavu avant d’attaquer le tour de Vanua Lavu (le deuxième grande île du pays). Nous garderons donc la visite des Vasawa et de l’archipel de l’ouest pour la fin. Et comme on a toujours beaucoup de chance, alors que ce matin (Dimanche 25/07/2021) il n’y a pas un souffle, la météo prévoit une mer plate et du vent d’est de 7 à 10 nœuds à partir de ce soir. Certes nous serons au près mais dans des conditions bien plus agréables que contre l’alizé qui souffle d’habitude. Baignade relax sur le récif puis en fin de matinée nous levons l’ancre pour compléter notre tour de Malolo et ressortir par la passe Est ce qui nous permet au passage de vérifier que notre système de navigation par image satellite fonctionne tip-top.

Sortis du lagon de Mallolo, une très légère brise se lève mais comme la mer est parfaitement lisse, elle suffit pour nous déhaler gentiment.

A 18:00 nous franchissons la passe de « Navula Passage » et le vent se lève comme prévu, nord-est d’abord, puis de plus en plus Est au fur et à mesure que nous sortons du dévent de Viti Levu avant de refuser à l’approche d’un grain. Nous virons, le grain passe dans notre Ouest. Trois heures plus tard le vent refuse à nouveau devant un nouveau grain re-virement de bord, le grain passe dans notre Est. Ce sera la dernière manœuvre de la traversée, la lune est pleine, on y voit comme en plein jour, la mer est plate, le vent ne dépassera pas 12 nœuds et adonnera progressivement jusqu’à l’arrivée. Nous finirons vent de travers à presque 7 nœuds. Nous qui avions peur de ne pas arriver à Kandavu avant la nuit jetons l’ancre devant de la vielle jetée de Vunisea à 15:45… Une traversée de rêve !

Avitaillement à Denarau

Comme expliqué dans l’un de nos articles précédent Denarau est en fait une petite île séparée de l’île principale (Viti Levu) par une mangrove, transformée pour le tourisme avec hôtels, résidences de luxe, un golfe et une marina. Mais Viti Levu étant en confinement strict du fait de l’explosion des cas de COVID depuis quelques semaines nous ne pouvons nous rendre sur les marchés de Nadi ou d’ailleurs pour remplir nos frigos consciencieusement vidés avant notre arrivée, bio-inspection oblige. Il nous faut donc faire avec ce qu’on va pouvoir trouver sur place (ceci peu intéresser d’autres plaisanciers).

L’île dispose de 2 supermarchés : Yees Xpressmart dans la galerie marchande de la Marina et Fresh Choice à côté du pont qui relie Denarau à la terre. N’ayant aucune possibilité de comparaison, je ne pourrait pas vous dire si ces deux commerces sont moins bien achalandés que ceux de Nadi ou d’autres villes du pays mais par rapport à ce que nous avons l’habitude de trouver que ce soit à Tahiti ou en nouvelle Zélande, le choix est assez limité surtout au niveau des produits frais: quelques fruits et légumes et dans le cas de Fresh Choice, un peu de viande mais pas de poisson. Il y a du vin de la bière, pâtes (choix limité) riz (beaucoup) confiserie (peu), fromage type cheddar, lait de vache et de soja (mais pas d’amande) et épicerie de base aux deux endroits (mais tu oublies : couscous, choucroute, polenta et saucisses en boîte !) et fruits secs en gros, feta et jambon cru chez Yees. Les deux ont bien sûr du congelé mais le choix en viande et poisson est très très limité (bonnes crevettes et chaire de crabe cuite pas cher chez Yees).

Mais heureusement il y a Farm Boys (littéralement les garçons de ferme): c’est un marchand de fruits et légumes qui s’approvisionne sur les marchés et chez les producteurs de la région et livre tous les jours à la Marina. En plus des fruits et légumes de toutes sortes et de très bonne qualité il peut aussi fournir du poisson, du tofu, des œufs et de l’épicerie à ses prix sont très compétitifs. Pour commander il suffit de téléphoner au +6799413194 dans la matinée pour être livré vers 16:00h. Dans la galerie marchande il y a une boulangerie mais elle ne fait que du pain de mie très britannique mou et insipide quelques gâteaux assez bourratifs et du beurre salé très bon. Par contre juste à côté le gérant de la Pizzeria fait du vrai bon pain (baguettes, pain de campagne, pain complet) tous les jours mais il vaut mieux commander (n° de téléphone affiché sur la devanture).

Bref, même isolé du monde on arrive à remplir nos frigos de bonne nourriture! Ceci dit, si vous avez des produits auxquels vous êtes vraiment attachés (comme par exemple la semoule de couscous pour nous) faites le plein à Tahiti, du moment que çà ne contient ni porc ni poulet çà passera à l’inspection d’entrée.

Bon appétit !

Quarantaine à rallonge et liberté surveillée

Vendredi n’était pas le bon jour pour arriver. Les prélèvement du test PRC ont bien été effectués le matin même mais les résultats n’avait aucune chance de revenir du labo avant que tout le staff, ici à Denarau, soit en week-end. La patrouille de la marine qui passe voir comment nous allons 2 fois par jour nous recommande de profiter du beau temps et de nous relaxer, lundi on sera libérés. On profite de ce temps mort dans ce mouillage paisible pour un grand nettoyage. Frigo, cuisine carré, salle de bain, planchers, coffres, cockpit, filières et chandeliers, coque au-dessus et en-dessous de la flottaison tout est briqué, astiqué, désinfecté, dérouillé. Rien n’était d’ailleurs bien sale (la carène était encore parfaitement nickel – pas étonnant que çà glissait si bien) mais maintenant c’est carrément immaculé. Ces activités sont complétées par un peu de matelotage (ajustement des bastaques et anneaux bosse de ris) pour Domi, de couture pour Anne (robe et chemisier en tissus imprimé acheté à Papeete) et pas mal de lecture, de baignade et de repos pour tout le monde.

Lundi matin nous sommes fin près à attaquer la dernière partie des formalités : celle qui doit se dérouler à terre. Le zodiac rouge de la patrouille de la marine sort du chenal et viens vers notre zone de quarantaine mais au lieu d’échanger quelques mots gentils avec nous comme ils le font d’habitude, ils nous évitent et passent sans même un regards pour aller voir les autres bateaux: bizarre bizarre… Ils feront ce manège 2 fois dans la matinée toujours en nous ignorant. Finalement, dans l’après-midi nous recevons un mail de notre agent nous indiquant que le résultat des tests n’est toujours pas arrivé, ce que nous confirme aussi la marine qui daigne enfin nous parler lors de leur tournée de fin d’après midi : demain 10 heures nous disent-ils. On grogne un peu contre les cafouillages administratifs mais vu comment çà se passe en Polynésie dite Française, on a pas trop de leçons à donner.

Mardi 20 juillet 2021 10:00 le zodiac de la marine arrive avec à son bord le représentant du ministère de la santé qui doit nous libérer. Toutefois, avant de le laisser monter à bord, je lui fait préciser ce qu’on aura le droit de faire et quelles seront les limitations. J’avais entendu ou lu que si nous débarquions sur Viti levu et particulièrement la région de Nadi ou se trouve Denarau, on ne pourrait aller ailleurs sans une nouvelle quarantaine de 14 jours. Pas du tout nous dit-il, une fois la fameuse clearance et le cruising permit (littéralement permis ou de naviguer) établis nous pourrons aller partout dans l’archipel et débarquer sans aucune autre quarantaine ou restriction d’aucune sorte (en fait on apprendra plus tard que partout signifie dans toutes les îles à l’exception de Viti Levu, l’île principale qui nous est strictement interdite dans sa totalité). Quelques coups de tampon plus tard il nous donne la clearance médicale (libre pratique) on peut aller à la marina continuer les formalités.

La marina est au fond d’un petit bras de mer séparant l’île de Denarau de la mangrove. Leca, notre agent est au bout du ponton et nous prend les amarres. Il va aussitôt chercher les représentants des autorités. Ils sont 3 (douane, immigration et bio sécurité) chacun y va de son formulaire (heureusement déjà pré-remplis et transmis à notre agent avant le départ de Tahiti) et de ses coups de tampon, nous, nous n’avons qu’à signer par-ci par-là. Quand même, le représentant de la bio-sécurité ne veut pas être venu à bord pour rien. Avez vous de la viande à bord nous demande-t-il ? Seulement en conserve , faites voir; il inspecte notre stock de conserve et confisque les denrées interdites : 2 citrons, une gousse d’ail, 3 boites de pâté Hénaff pur porc (les vrais bretons comprendrons mon désarroi) et trois boites de saucisses de poulet d’une marque néerlandaise inconnue garanties halal mais complètement insipide (on avait trouvé que çà avant de partir de Tahiti) bon débarras, ai-je cru sur le moment, mais le tour des 2 supermarchés du coin, dans l’après-midi, nous a vite amenés à les regretter ces pauvres saucisses! Tout le reste : conserves, graines, kéfir, mère de kombucha, mayonnaise, beurre, reste de fromage, oignons, plants de menthe et de basilic bien en évidence sous le nez du contrôleur, a été accepté. En à peine un quart d’heure les formalités sont terminées et nous avons notre fameuse clearance. Pour le cruising permit et le fameux drapeau bleu il faudra encore attendre un jour ou deux mais ce n’est pas de notre ressort. Pour l’obtenir, notre agent doit se rendre au bureau de l’administration qui gère la relance économique (Fijian COVID safe recovery framework) et qui a créé cette « Blue Line Initiative » permettant au yacht et bateaux de plaisance étranger de continuer à venir au Fiji et de naviguer normalement dans tout l’archipel afin d’éviter l’effondrement total de l’industrie du tourisme dont dépend pour une part très importante la balance commercial Fidjienne.

Bon çà y est me direz vous, il vous faut encore attendre votre drapeau bleu pour partir mais à part çà, çà y est vous êtes libérés des contraintes de la quarantaine, vous êtes en terre Fidjienne et vous pouvez enfin profiter de ce merveilleux pays. Ben… en fait non pas vraiment… Denarau est une petite île séparée de la grande par la mangrove et les autorités ont attribué récemment à cette parcelle de leur territoire un statut spécial: c’est la zone de quarantaine contrôlée pour les visiteurs étrangers arrivant dans le pays par l’aéroport international de Nadi dont on voit les pistes au fond de la baie (le seul aéroport international du pays). Du coup on est coincé. Il y a un pont qui relie Denarau à la terre et sur ce pont il y a un poste de contrôle et si on le franchit et qu’on revient, on est astreint à 14 jours de quarantaine avant de pouvoir quitter l’île à nouveau. Ne me demander pas sur quelle logique repose ce règlement, surtout si une fois partis de la marina on est sensés pouvoir aller n’importe où dans le pays, mais c’est comme çà. Donc à part se balader sur les quelques km de route ombragée qui bordent le terrain de golfe il n’y a rien à faire ni à voir. Le reste, particulièrement le bord de mer, n’est qu’hôtels de luxe et résidences privées de grand standing protégés par de lourds portails métalliques et barbelés rasoirs. De toute façon , notre agent nous à prévenu : interdiction de séjourner ici plus de 5 jours (sinon nouvelle quarantaine -voir plus haut). Je dirais qu’au vu de notre première sortie de reconnaissance terrestre de cet après midi le risque que nous voulions rester plus longtemps est extrêmement limité…

Le centre commercial de la marina est complètement déserté. Les trois quart des boutiques sont fermées. Pas un touriste ni un visiteur en vue. Les seuls personnes rencontrées sont des gens qui travaillent sur place. Les quelques magasins toujours ouverts appliquent très strictement les directives de protection contre le COVID19, port du masque, désinfection des mains, prise de température avant d’entrer (rassurez-vous pas le truc au mercure à se mettre dans le derrière mais thermomètre électronique sans contact ultramoderne), scan du codeQR du commerce avec l’application « Care Fiji » à l’entrée et à la sortie (comme nous n’avons qu’un téléphone pour deux, l’autre est obligé de remplir manuellement ses coordonnées dans un registre), distance de 2m minimum et nombre de clients présent à l’intérieur limité en fonction de la taille du commerce. Le tout est très strictement contrôlé par un vigile à l’entrée du magasin. Il y a 2 ou 3 restaurants ouverts mais on ne peut pas y manger c’est juste pour la vente à emporter. Par contre on peut prendre son plat et aller le manger de l’autre côté de la place à la terrasse d’un autre restaurant qui lui est fermé et qui est tout à fait déserté. Les deux supermarchés de l’île offre un choix très limité de denrées, un peu de congelé et très peu de frais mais il paraît qu’ils sont plutôt bien achalandés par rapport à ce qu’on va trouver ailleurs dans le pays. Il va falloir qu’on améliore rapidement nos compétences de pêcheurs si on veut manger correctement.

Le 14 juillet 2021 n’a pas eu lieu sur Reve à Deux

Nous sommes déjà dans l’archipel des Fidji mais encore à plus de 270 milles de l’arrivée .(c’est grand les Fidji!) C’est sûr, venant de Tahiti, arriver sur la côte la plus à l’ouest des Fidji est un peu un non-sens mais au moins le pays est ouvert aux plaisanciers… alors si les autorités nous demande de faire 200 milles de plus pour nous accueillir, pas de soucis, on les fait avec joie!
L’entrée dans l’archipel se fait par un temps de rêve. Bon, un peu brumeux ce qui ne nous a pas permis de bien voir les îles, mais grand soleil quant même, la mer est plate et un vent établi de sud-est d’une dizaine de noeuds était au rendez-vous. Nous avons à faire, les pavillons de quarantaine et de courtoisie sont hissés et dans la cuisine les dernières provisions fraiches sont préparées et cuisinées pour les prochaines 24 heures. Tout le frais qui n’est pas consommé finit dans la poubelle des douanes comme en Nouvelle Zélande, pas question de gaspiller! Les conditions sont idéales pour le spi, il a été hissé, cette fois-ci sans anicroche, et nous tire la plus grande partie de la journée. On est d’autant plus content d’en profiter que nous savons que demain le front froid va nous amener des conditions nettement moins agréables. Mais en fin de journée il faut nous rendre à l’évidence: malgré tout nos efforts et même si nous réussissions à maintenir une moyenne supérieur à 8 noeuds sur les prochaines 24 heures il ne sera pas possible de rejoindre Port Denarau demain avant la nuit. Il va donc falloir, au contraire, ralentir pour arriver au petit matin le jour d’après. Le vent monte toute la nuit. Nous avons anticipé avec 2 ris dans la grand-voile et le foc à moitié enroulé. Mercredi 14 juillet il fait un temps presque aussi execrable que chez nous à Betz le Chateau ou fait extraordinaire, le traditionnel feu d’artifice a dû être annulé. Ici, le vent de sud souffle à plus de 25 noeuds avec des rafales à 35, beaucoup de pluie, pas de visibilité et une mer hachée avec des vagues abruptes et très courtes et bien sûr une température plus fraîche 25°C au lieu de 31 à la mi-journée). Heureusement en franchissant la ligne de changement de date nous sommes passés directement du 13 au 15 juillet: pas de fête nationale à célébrer ou à annuler pour nous cette année!
Malgré tout il faut maintenir la vitesse en dessous de 6 noeuds pour ne pas arriver trop tôt: et ce n’est pas facile, Rêve à Deux par en surf à plus de 8 noeuds à chaque vague un peu plus haute que les autres. On affale la grand voile mais le vent monte encore et on va toujours trop vite, mais comment on freine sur cette luge?. On finit avec seulement la trinquette à moitié enroulée et même comme çà on est encore souvent trop rapide mais toujours très confortable. L’estime nous prévois une arrivée à l’entrée de la passe vers 3 heures (locale) ce qui serait parfait pour le courant et la marée et puis, le temps de faire les 15 milles qui séparent la passe du mouillage, le jour devrait être levé. Mais à 3:00 la visibilité sera-t-elle suffisante pour voir les feux de l’alignement et la mer suffisamment calmée pour risquer l’entrée?
A l’heure prévue on se présente devant la passe. Dehors le vent souffle encore a 25- 30 noeuds par contre la mer, sous le vent de la côte, s’est bien aplatie. Les feux rouges de l’alignement sont bien visibles. Seule la balise marquant la fin du récif au nord de la passe n’est pas éclairée mais reste visible au radar. La passe est très large et parfaitement calme et le vent venant de la côte n’est plus que de 10 noeuds. Franchis ce passage, c’est le lac. Il ne nous reste plus qu’à suivre la côte à l’intérieur de ce gigantesque lagon pendant un peu plus de 3 heures pour atteindre notre but.
A 07:30 nous jetons l’ancre dans la baie de Port Denarau au point indiqué pour la quarantaine (en plein milieu de cette immense baie et à un bon mille de la côte) après 2200 milles parcourus en 14 jours et 14 heures dont toute une journée en freinant des 2 pieds.
Nous essayons à maintes reprise de contacter la Marine Fidjienne à la VHF sans succès. C’est une priorité car se sont eux qui gèrent la quarantaine, décide si le temps passé à la mer peut-être décompté et donne le feu vert aux service sanitaire pour venir faire les tests PRC qui détermineront la suite des formalités à l’issue des quelles on nous remettra enfin le pavillon bleu qui nous permettra de naviguer partout dans l’archipel sans autre formalité. Mais au bout d’un moment et une vingtaine d’appels, c’est finalement la responsable du port de plaisance qui nous répond: ne vous inquiétez pas je préviens la Marine, ils viendrons vous voir rapidement nous dit-elle. Et de fait, 30´ plus tard ils sont là sur leur gros Zodiac rouge. Très sympathiques, ils prennent des nouvelles de notre voyage, nous rappellent la procédure et notent les détails de notre traversée. Ils confirment que dés qu’ils auront prouvé grace aux données AIS que nous ne sommes arrêtés nulle part en chemin ils devraient pouvoir confirmer que nous avons bien déjà passé le temps nécessaire en quarantaine. Une heure après ils sont de retour. Ils nous remettent une carte SIM pour pouvoir téléphoner en cas d’urgence et sont accompagné de l’infirmière et de son collègue venu faire les tests PRC de fin de quarantaine, preuve que nos données AIS leur ont donné satisfaction. L’introduction du coton tige dans nos narines, sans être agréable est bien moins douloureuse que la dernière fois au labo de Tamalou. Les résultats seront disponibles dans 2 ou trois jours nous dit-elle. Il faudra donc attendre encore un peu avant de quitter ce mouillage mais on ne s’en plaint pas, l’endroit est très calme (5 bateaux ancrés dans une baie qui pourrait en recevoir des centaines) l’eau limpide (on est autorisés à se baigner mais pas à mettre une annexe à l’eau) et la vue magnifique.
Quelques jours de repos après cette traversée nous feront de toute façon le plus grand bien,dis-je en baillant!