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A propos Rêve à Deux

Un grand voyage à la voile autour du monde

(3)La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

Mercredi 2 Janvier 2019 :

Nous avions prévu de repartir mais la météo annonce encore des vents de nord ouest très fort, il nous faudra attendre encore un jour …

Jeudi 3 janvier 2019 :

Quel patelin ! 99 % d’humidité, le sol est gorgé d’eau, toute la nuit nous avons entendu le ruisseau gonfler et devenir un torrent. La nuit, nous avons des insomnies tellement on se demande comment on va réussir à sortir de ce trou d’eau avec ce vent de travers qui ne se calme pas?

Le réveil sonne à 4 heures. Dans une demi heure le jour se lève. La marée n’attend pas, il faut partir au plus tôt pour avoir le courant favorable dans le Paso Aguirre et enchaîner les Canaux Brecknock et Cockburn dans la foulée. Départ aux aurores, nous avons de l’énergie pour repartir de ce coin certes magnifique mais pluvieux au possible. Il n’y a presque plus de vent et le bout des pêcheurs en travers de la crique nous aide bien.Tout se remet en place les bouts sont rangés, l’annexe retournée à l’arrière du bateau et l’ancre remontée, vraiment fastoche, on se demande bien pourquoi çà nous à tracassé pendant notre sommeil ! C’est vraiment dommage il y a du brouillard et nous passons le canal Brecknock sous une pluie glaciale.IMG_0033

Des paysages magnifiques apparaissent dans la brume du matin et s’estompent aussitôt. Nous sommes dans le golf du Morbihan puissance 100 en période glacière ! Partout des îlots assez hauts nous protège de la grande houle du pacifique. Nous progressons à la voile tranquillement. Nous ne prendrons pas le canal Occasion (raccourci abrité pour atteindre le canal Cockburn) le temps étant parfait sortir directement du Brecknock goûter quelques milles en pleine mer. Nous ne verrons pas la Caleta Brencknock, parait-il la plus belle de la région, il nous aurait fallu remonter tout le Séno Occasion au moteur et nous aurions raté la journée de vent favorable. Pas de houle ni de grosses vagues, Il y a le vent idéal pour rejoindre rapidement le canal Magdalena que nous rejoignons rapidement sans oublier de nous faire peur avec un williwow aperçu sur la côte devant nous et qui nous fait affaler les voiles en tout urgence. On est au taquet, il passera finalement un mille devant nous mais c’est toujours bon pour s’exercer! Nous avions choisi de mouiller à Puerto King pour la nuit. Malheureusement un autre bateau nous y a précédé et occupe la seule place vraiment abritée de la baie. Nous ressortons pour faire les 7 milles qui nous sépare du séno Chico.IMG_0048.JPGSeno Chico (S 54°25’ 84-W 71°07’85)

Il faut faire vite car il est déjà tard et il n’y a pas d’autres mouillages accessibles avant la nuit. Ce fjord profond entouré de murailles vertigineuses, se termine par un glacier que nous apercevons suspendu au dessus des falaises de roches luisantes. Grandiose ! le mot est faible. Nous mouillons dans une anfractuosité de la paroi ou se jette un ruisseau : la caleta Laguna. Nous allons devoir passer deux jours ici. Demain le vent d’ouest va encore forcir.

Vendredi 4 janvier 2019:

Dehors le vent souffle fort, nous voyons les nuages déffiler à toute allure au dessus du fjord. Dans notre crique encaissée (presque une grotte sans toit) bien accroché à un arbre d’un côté et à un rocher de l’autre nous sommes secoués par les raffales brutales qui descendent de la montagne. Le guide indiquait : « abrité de tous les vents » heureusement ! je ne sait pas comment ce serait sinon ! IMG_0068.JPG

Nous profitons d’une brève accalmie pour descendre à terre, faire de l’eau au torrent et de la lessive, heureusement car ensuite tout l’après midi il vente, pluie et neige verglacée. Toutes les roches et les falaises autour de la crique dégoulinent en permanence. Dans le fjord, la marée descend et nous voyons passer quantité de growlers qui se sont détachés du glacier. Il faudra faire attention demain en ressortant.

Pour remettre du cœur à l’équipage je fais des crêpes que l’on avale avec plaisir au dessert avec une délicieuse confiture d’ananas que nous avions faite au Brésil.

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Samedi 5 janvier 2019:

Il a neigé et les sommets sont recouverts de poudreuse. La nuit a été calme mais avec le jour, les rafales recommencent à descendre de la montagne et pour changer il pleut. …Nous quittons cette « grotte » humide, qui nous a tout de même bien protégé pendant le coup de vent, et rejoignonsIMG_0079.JPG le canal Magdaléna. En passant nous ne pouvons même pas prendre la photo du glacier suspendu au dessus de nous, il pleut trop. Pourtant une fois dans le canal c’est le calme plat et nous restons une partie de la matinée avec le moteur au ralenti, mais où sont les 25 à 30 nœuds d’annoncés ? On ne s’en plaint pas et une bonne partie de ce passage réputé pour être agité et avalè sur une mer d’huile.IMG_0134.JPG

Après l’île Sépia le vent se lève, 25 nœuds dans l’axe du canal, il faut tirer de bord mais au moins nous pouvons arrêter le moteur. Nous essuyons quelques rafales à 30 nœuds mais pas de williwaw

IMG_0100Phoque faisant la sieste

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En fin d’après midi après seulement une vingtaine de virements de bord nous arrivons à Caleta Beaubassin.

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Caleta Beaubassin(S 54°04’89-W71°03’27)

C’est une crique magnifique et bien abritée des vent dominants par contre elle est réputée pour ses williwaws. A peine une heure après notre arrivée cette réputation est confirmée. Domi avait peut-être mis beaucoup trop de chaîne ou peut-être l’ancre a-t-elle déparée toujours est-il que cette rafale violente et tourbillonnante nous tombe dessus et le bateau se met à tendre la chaîne si brutalement qu’on se retrouve presque sur les rochers qui bordent la plage de cailloux. Il nous faut remettre des aussières supplémentaires à terre, et tourner le bateau de tel sorte qu’il soit tenu à l’avant et à l’arrière par des bouts accrochés à de bons gros arbres, là plus rien ne bouge et l’ancre n’est là que pour nous permettre de repartir demain matin.

 

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(2)La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

28 décembre 2018: IMG_9839

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Départ de la caléta sous un beau ciel bleu, nous en profitons pour faire des photos. Au passage du point de contrôle de l’armada à Punta Yàmana (l’équivalent d’un sémaphore chez nous) , Domi communique sa position, le nom du bateau et le nombre de personne à bord c’est la condition obligée qu’impose la marine Chilienne pour assurer le sécurité des bateaux navigants dans leurs eaux . De plus tous les soir à 8 heure Domi envoie un mail au MRCC Valparaiso (l’équivalent Chilien du CROSS Etel ou Corsen) pour indiquer notre position. Nous avançons sous voile et quelques fois quant le vent se fait faible et que la vitesse tombe en-dessous de 3 nœuds nous devons appuyer avec le moteur au ralenti. Nous quittons le Beagle pour embouquer le canal O’Brien. Nous avons remis toute la toile, il y a très peu de vent et la mer est presque d’huile. Tout à coup le vent monte brutalement à plus de 25 où 30 nœuds voire plus on a pas eu le temps de regarder. Le bateau démarre en se couchant, Domi choque la grand-voile et comme je suis à la barre je lui dis de l’affaler ce qu’il fait sans traîner. C’est se qu’on appelle une racha (nom local pour les williwaws), deux minutes plus tard on en parlait plus, le calme était revenu. Pour cette nuit, nous avons choisi la caléta Silva au nord de l’île Londonderry, c’est l’anse la mieux protégée du coin. Les pêcheurs y ont laissé des cordages pour amarrer les bateaux en travers de l’anse. Nous nous approchons gentillement et mettons nos amarres à terre comme d’habitude bien assurées autour des arbres les plus gros que nous pouvons trouver.IMG_9858.jpgCaleta Silva S 54°56’86-W70°46’60

Nuit calme, juste le bruit d’une cascade au fond de la crique qui nous bercera dans notre sommeil. IMG_9897.JPGIMG_9855.JPG

29 décembre 2018 :

La météo annonce plus de 25 nœuds dehors. Nous restons au mouillage pour réparer une petite déchirure sur la grand-voile rien de grave, mais il faut le faire. On en profite du rare soleil (qui permettra de tout sécher rapidement) pour faire la lessive est au ruisseau. Dans l’après-midi grimpette sur les pentes entourant la caleta pour voir l’autre côté de l’île.

IMG_9890.JPGChurrete On approche facilement les oiseaux qui nous accompagnent dans notre ballade

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30 décembre 2018:

Départ à 10 heure, c’est de plus en plus tard me direz-vous ? Mais non c’est voulu, la mer se calme à cette heure là et c’est précis. Nous repartons donc sous une mer plate avec un petit temps pour traverser le canal Ballenero qui est en fait une immense zone qui s’ouvre sur le Pacifique. Le temps est plutôt maussade nous passerons la journée en cirés sous quelques averses.IMG_9985.JPGPuerto Atracadéro (S 54°41’33-W71°32’71)

 

Nous arrivons à Puerto Atracadéro vers 18 heure.

Il est important de noter que appellation « Puerto » (port en français) ne veut absolument pas dire qu’il s’agit d’un port avec une jetée ou des habitations : c’est simplement une anfractuosité de la côte ou un bateau pourrait éventuellement s’abriter si besoin en était car ici sur des centaines de milles, il n’y a pas âme qui vive.

Puerto Atracadéro est un endroit où les pêcheurs viennent s’abriter et monter leur camp pour la nuit mais la saison de la pêche au centollas (sorte d’araignées de mer géantes) est terminée et il n’y a personne que leurs amarres tendues en travers de la crique entre le rocher et la terre nous sera bien utile pour rentrer le bateau aussi près que possible du rivage et bien nous abriter car du mauvais temps est annoncé pour demain et les jours suivants. C’est très beau, nous avons une vue sur des centaines d’îles et îlots qui nous protègent des vents d’ouest et de la houle du pacifique.

31 décembre 2018:

Sous un ciel chargé nous partons en promenade au sommet de la plus proche montagne. Nous sommes entourés de falaises granitiques. On est loin des glaciers ici mais la vue est fantastique. Nous redescendons juste à temps avant le grain. L’après midi Domi fait une ultime tentative réussi enfin à réparer le chauffage en refaisant entièrement le câblage et de mon côté, je prépare un petit repas amélioré pour notre premier de l’an en amoureux, avec comme seul compagnons un couple de canards vapeurs (pato vapor, c’est une race de canards qui ne peuvent pas voler car ils n’ont que des embryons d’ailes. Par contre leur pattes palmées sont très puissantes et très rapides si bien que quand ils fuient à grande vitesse – plus de 20 km/h – on dirait des roues à aube d’un bateau à vapeur d’où leur nom, c’est très amusant de les observer.)IMG_0013

recette de gâteau aux noisettes ,crème de marron et chocola au rice cooker

Ingrédients :

350 g de confiture de châtaigne

100 g de poudre de noisette

3 oeufs

100 g de beurre

50 g de crème fraîche

50 g de chocolat

100 g de sucre (on peut inclure une moitié en sucre de canne)

1 sachet de sucre vanillé

50 g de farine

1 cuillère à café de levure chimique

1 pincée de sel

Mélangez la farine, la noisette, la levure et le sel.

Dans un autre saladier, battre les oeufs avec le sucre et la vanille jusqu’à ce que le mélange blanchisse puis incorporer le chocolat fondu avec le beurre ensuite la crème.

Ajoutez la confiture de châtaigne, mélangez puis incorporer progressivement la préparation des ingrédients secs (farine, noisette …).

Beurrez un moule rond, carré ou à cake et y verser la pâte. Mettre la cuve dans le rice cooker et lancer la cuisson

Au bout de 5 minute il est fort possible que votre cuiseur passe automatiquement sur « maintien au chaud ». Laissez comme ça 20 minute.

Remettre sur la position « cuisson »

Attendre 10 minutes

C’est prêt !

(optionnel) Verser le sucre glace

IMG_0297.jpgRégalez-vous.

 

1-La Terre de Feu et la Patagonie (remontée du Chili par les glaciers)

22 décembre 2018:

IMG_9181Départ de Porto Willams Club Naval de Micalvi (S 54°56’09-W67°37’12)

Nous partons le soir du 22 décembre quant le vent se calme, juste au levé de la lune. Il est 10h 15 C’est le solstice d’été et nous avons droit à une énorme lune. Normalement nous n’avons que quelques heures de nuit mais avec cette lune nous n’aurons pas de nuit du tout, elle va éclairer notre route jusqu’au matin. Au fur et à mesure que nous avançons nous découvrons un nouveau paysage de montagnes enneigées. La température de l’eau chute et il ne fait que 6° ce soir. Les montagnes qui nous entourent forment un cadre grandiose. Dans, le lointain, au fond de cet écrin, Ushuaïa apparaît scintillant de mille éclats. C’est une ville touristique et les illuminations de noël s’imposent. Comme expliqué dans un article précédant, nous avons fait l’impasse sur l’Argentine, nous ne verrons donc d’Ushuaïa que ces lumières dans la nuit.

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Il est 4 heures, il n’y a pratiquement pas de vent le Beagle est à peine ridé et le soleil fait son apparition sur les sommets enneigés, sublime…

A quelques milles du mouillage que nous avons choisi, un îlot avec une balise de chenal où toute un colonie de phoques entassés pelle-melle sur le rocher se prélasse au soleil.

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23 Décembre 2018:

IMG_9468.jpgCaleta Letier (S 54° 56’52-W 68° 26’72)

Il est 8 heure, nous arrivons à la caleta Letier. C’est notre premier mouillage à la patagone (ancre à l’avant, l’arrière amarré aux arbres). Nous avons tellement vu et revu cet amarrage en rêve que tout se passe comme sur des roulettes. Le vent monte dans la matinée comme prévu mais nous sommes bien à l’abri. Nous descendons à terre pour faire une bonne ballade histoire de nous dégourdir les jambes. Le terrain boisé est facile, nous passons de l’autre côté de la colline pour apercevoir le canal de Beagle blanc de moutons (et ron et ron petit patagon – air connu). Quelle chance d’être à l’abri. Nous allons rester deux jours pour nous balader et passer Noël tranquille.

IMG_9461Ici la forêt est praticable, les vaches et autres mammifères circulent à l’intérieur.

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Le 25 décembre 2018:

Il est 5 heure quant le réveil sonne et oui même à la retraite on fait sonner le réveil…On craignait un peu la manœuvre de départ avec l’ancre et toutes ses aussières mais le vent dans l’anse est nul et le départ se fait sans difficulté. C’est qu’on n’a pas beaucoup d’espace quant on est ainsi amarré aux arbres. Par contre pour enlever le kelp de l’ancre Domi en bave et se promet de confectionner quelque chose de sérieux pour le couper. Il est 6 heure quant nous quittons caletier Letier.

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Sous trois ris et trinquette nous louvoyons dans le canal de Beagle. Sur cette mer plate, Rêve à Deux est une bombe, nous avançons à 7 nœuds à 45° du vent, c’est agréable même si le vent est fort et dans le nez. En plus le pilote barre parfaitement au près et nous ne sortons de l’abri douillet de notre véranda que pour les virements de bord (35 nds dans la journée, heureusement que la trinquette passe bien et se borde facilement.

 

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IMG_9610.JPGCaleta Olla (S 54°56’44-W 69°09’41)

 

Nous prenons le bras nord du canal et mouillons en fin d’après midi dans la caleta Olla, superbe mouillage au dessous d’un glacier (Ventisquero Francés) aux belles couleurs bleues entourés de sommets élancés.

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Il y a déjà un bateau, mais se n’est pas un problème, il y a de la place pour plusieurs bateau dans cette caleta sans se gêner. C’est un bateau français d’une dizaine de mètres qui fait du charter autours de l’île Gordon, on leur fait bonjour mais nos signes de la main resterons an réponse… Après avoir mis les amarres à terre nous allons faire une ballade qui devrait nous mener à une cascade. Nous traversons une grande tourbière plus ou moins marécageuse en suivant les sentiers (en fait des traces de passage laissées par les animaux). Nous entendons le bruit de la chute d’eau mais nous ne la voyons pas. Elle est enfouie dans les arbres et les buissons, inaccessible. Nous renonçons après une heure de marche.

IMG_9555On peut prendre un autre moyen de transport pour passer sur le Beagle!

26 Décembre 2018 :

Le lendemain nous restons dans l’anse, nos voisins sont repartis vers Port Williams nous laissant seul (toujours sans un mot ni un signe…). Dehors, le vent a forcit mais çà ne nous gène pas, nous sommes bien à l’abri. Aujourd’hui, c’est grande promenade : nous allons essayer de voir le glacier

IMG_9598Rayadito petit oiseau rencontré dans la forêt derrière la Caleta Ola

La marche le long du rivage puis à travers bois est très agréable mais malgré les explications lues sur le guide nous ne trouvons pas le sentier menant à son pied et c’est de la hauteur d’une colline en face que nous le découvrons le spectacle majestueux et féerique.

Domi monte seul un peu plus haut voir le lac en contre bas et aperçois un guanaco qui crapahute dans la montagne.

 

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L’après midi on se repose au bateau, bricolage pour tous les deux. Mauvaise nouvelle pour nous, il y a encore de la mayonnaise dans l’inverseur du moteur. L’inverseur semble prendre l’eau seulement quand l’hélice vibre c’est à dire au dessus de 1000 tours/mn. Après réflexion nous décidons donc que nous continuerons à la voile. Calypso et Adrien l’on fait l’année dernière avec un bateau beaucoup moins rapide que Rêve à Deux au près, on devrait pouvoir s’en tirer. On pourra toujours utiliser le moteur pour faire les manœuvres pour mouiller et se déhaler par calme plat. On changera l’huile toutes les semaines pour limiter la corrosion. Mais nous allons essayer d’aller plus vite et renoncer aux détours vers certains glaciers et autres endroits éloignés (il y a de toute façon déjà bien assez à voir sur la route principale) pour remonter en deux mois au lieu de trois initialement prévus pour avoir le temps de réparer à Puerto Montt sans rater la période favorable pour traverser le Pacifique.

 

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27 décembre 2018:

Levé à 8 heure départ tranquille après le petit déjeuner. Nous allons faire l’avenue des glaciers. C’est comme cela que cette partie du canal partie du canal de Beagle est surnomméeIMG_9667IMG_9661.JPG

Nous sommes sous voile et progressons gentillement en profitant de ce paysage fantastique..

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Nous passons devant le glacier Italia qui tombe directement dans la mer et passons à son pied en évitant les growlers (morceaux de glace) qui s’en détachent en permanence. Nous entendons les craquements du glacier qui avance et le fracas de la glace qui se détache et tombe à la mer. Si je vous dis que c’est beau je suis largement en dessous de la réalité, magique, magnifique, inoubliable, les adjectifs manquent pour décrire ce que nous voyons…IMG_9718.JPGIMG_9730

Nous arrivons à la caleta Julia à 15heure 30, il nous faut encore une bonne heure pour sécuriser le bateau avec deux amarres à l’avant et à l’arrière. Mais nous sommes encore suffisamment tôt pour aller à terre voir le lac au dessus de la cascade et admirer le panorama des sommets et des glaciers aux alentours. Pour nous ce soir pas de vent de prévu et nous sommes contents d’avoir une nuit calme et sans le bruit de l’éolienne.IMG_9758

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IMG_9746.JPGCaleta Julia (S 54°54’67-W 69°47’10)

1) La Terre de Feu et la Patagonie (préparation)

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Derniers préparatifs à Puerto Williams :

Trois choses sont essentielles pour survivre à un périple de deux à trois mois dans cette région :

1 – Savoir à tout moment précisément où l’on est.

2- Pouvoir se faire une idée aussi précise que possible de l’évolution de la météo sur le parcours.

3 – Avoir suffisamment de nourriture à bord.

 

Savoir à tout moment précisément où l’on est est l’un des aspects les plus critiques de la navigation dans le dédale des canaux de Patagonie. Il nous faut absolument des cartes à jour. On télécharge à grand peine (le wifi du Micalvi est d’une lenteur désespérante) les dernières mise à jour des cartes Cmap et Navionics chez Maxsea (merci à Laetitia pour sa patience). La dernière étant plus détaillée dans beaucoup d’endroit. On dispose aussi d’une copie des cartes papier officielles. Le problème est que même dans leur mise à jour la plus récente, hors des chenaux principaux ou passent les cargos et autres paquebots, elles ne sont pas précises, contour de côte approximatifs et positions décalées de plusieurs centaines de mètres. Il n’est pas rare que le carte nous place sur la terre ferme alors qu’on navigue bien au milieu du canal. Donc prudence ! Ne pas se fier aux cartes les yeux fermés. Heureusement il existe d’autres moyens pour s’y retrouver. Il y a bien sûr la navigation à l’ancienne en reconnaissant visuellement le contour de la côte et en prenant des relèvement au compas. Le radar est aussi une aide très précieuse bien sûr en cas de mauvaise visibilité mais aussi par temps clair simplement pour vérifier si la distance par rapport à la côte que donne le GPS sur la carte est bien exacte (et le cas échéant corriger). Et enfin (un grand merci à Damien), il y a les images satellites géo-référencées que nous pouvons utiliser avec Oziexplorer pour suivre notre route mais surtout vérifier les mouillages (on voit même le kelp) avant d’y rentrer. A noter que les images provenant de Bing sont d’une définition bien supérieure à celles de Google Map. Il faut tout de même être prudent avec les images satellite car elles donnent qu’une vue aérienne de la zone sans indication de profondeur et certains passages sont parfois cachés sous les nuages… Note de l’éditeur: sur la plupart de canaux ou nous sommes passé, à part la partie sud du Beagle (la dispute territoriale avec l’Argentine y est peut-être pour quelque chose) la cartographie Maxsea (Cmap et Navionics, mise à jour novembre 2018, basée sur la dernière mouture des cartes officielles de l’armada) c’est en fait révélée exacte et précise, de nombreuses bouées munies de transpondeurs AIS ont été installée récemment dans plusieurs passages critiques du canal Smith au canal Messier et ne permettent plus de doute. Bien sûr, beaucoup des caletas on nous mouillons restent trop petites ou trop à l’écart des routes principales pour être couvertes en détail.

 

La météo est aussi un facteur déterminant pour faire une navigation en toute sécurité, choisir son mouillage et savoir quand repartir et quand rester. Nous utilisons l’Iridium pour charger les gribs (des fichiers de prévision météo générés par ordinateur pour le monde entier par la NOAA), ces prévisions sont plutôt fiables et assez précises mais il faut les télécharger au moins 2 fois par jour car ici le temps change très vite. Nous utilisons des fichiers GFS avec une maille de 0,25 prévisions de 3 heures à 96 heures pour la zone ou nous sommes (vent, rafales, pression, température et couverture nuageuse – saildoc ne fournis pas les précipitation) et de temps en temps un fichier beaucoup plus gros couvrant une bonne partie du Pacifique sud est sur une maille de 1 mille par 12 ou 24 heures sur 10 jours (vent, pression, température, vagues) pour avoir une idée de l’évolution de l’anticyclone et de la formation des fronts. Pour des passages comme le golfe de Penas on prend en plus les fichiers WW3 complet pour se faire une bonne idée de l’état de la mer. Nous recevons aussi les bulletins météo NAVTEX émis par la marine Chilienne donnent une vue d’ensemble mais ne sont pas précis. Le casse tête se sont les courants qui dans de nombreux chenaux sont assez voire très forts et dépendent bien sûr de la marées. Leur force et direction sont données sur les cartes marines en fonction de la marée mais ces dernières sont très influencées par la direction et du vent, et en général nous avons tout faux l’heure de la renverse devenant imprévisible et parfois ne se renversant pas du tout (le Golfe du Morbihan c’est quand même plus simple).

 

Le choix des mouillages et des passages à emprunter en fonction du vent est un autre casse tête et les guides nautiques ainsi que le blogs de navigateurs qui nous ont précédés sont des aides très précieuse et deviennent rapidement les bibles du bord. Nous avons à bord Patagonia & Tierra de Fuego des Italiens M. Rolfo et G.Ardrizzi le plus utile et le plus détaillé, le pilote RCC Chile de A. O’Grady qui donne quelques info complémentaires, les instructions nautiques US (inutiles hors du détroit de Magellan) et les blogs de Kousk Eol, Fleur de Sel, Ernest, Chougash ainsi que les commentaires précieux de Robert et Armelle.

Dans toute la région, le vent dominant souffle de l’ouest au nord-nord-ouest. Quant on remonte les canaux vers le nord le vent est donc pratiquement toujours de face. Nous passons donc le plus clair de notre temps de navigation à tirer des bords. Vent contraire donc mais en plus changeant de direction et de force à tout moment. Il faut être prêt à choquer la grand-voile où même à l’affaler si le vent monte brutalement. Les Williwaws sont des vents violents et tourbillonnants qui descendent brutalement des montagnes bordant les canaux en faisant écumer la mer. Ils peuvent atteindre 60 nœuds ou plus. Heureusement ils ne durent en général que quelques minutes ( mini tornade en quelque sorte). Dans les passages sujets aux williwaws, nous optons pour la sécurité et naviguons en général avec 2 ris et trinquette même par vent modéré. Nous avons le temps et ne sommes pas en retard sur notre parcours.

 

La nourriture.IMG_1447Savoir faire du pain à bord et un plus mais avec un cake aux fruits confits c’est encore mieux !

 

Nous pensons mettre entre deux et trois mois pour remonter jusqu’à Puerto Montt. Pendant tout ce temps là il faudra manger au moins trois fois par jours et il ne faut pas trop compter sur l’épicerie du coin : la première, Puerto Eden, est à mi-parcours mais n’a pas grand chose à offrir. Il nous faut donc embarquer assez de nourriture pour tenir jusqu’au bout. Nous avons déjà à bord pas mal de conserves, graines et produits sous vide acheté en France avant le départ on glanés lors de nos escales au Brésil, en Uruguay et au Falkland. Mais nous ne savons pas très précisément ce qu’il reste. On commence donc par faire un inventaire complet sur un tableau excel sur lequel on classe les produits par type d’aliment (protéines, féculents, légumes, céréales etc) en indiquant les quantités disponibles. En divisant par les portion individuelles nécessaire on obtient le nombre de repas possibles et on identifie rapidement les quantités manquantes par type d’aliments pour arriver aux nombre de repas équilibrés nécessaire. (et Domi qui croyait qu’étant en retraite il n’entendrait plus parler d’Excel et de tableaux croisés.) Il ne nous reste plus qu’à faire les courses pour compléter. La bonne nouvelle c’est qu’entre les 4 épiceries (le terme supermarché serait sans doute exagéré) et le sympathique marchand de légume dans son couloir délabré nous trouverons tout ce dont nous avons besoin ici à Puerto Williams. Nul besoin donc d’aller à Ushuaïa faire les courses comme la plupart des bateau le font : c’est toujours çà de gagné (Ushuaia est en Argentine il faut donc faire toutes les formalités d’entrée et de sortie des deux côté et de toute façon revenir à Puerto Williams refaire tous les papiers pour continuer, les canaux étant territoire chilien)

Petit lexique pour mieux comprendre les termes utilisés lors de nos navigations Patagones.

( à lire impérativement avant de lire les textes suivants )

Armada : la marine nationale chilienne, ils ont en charge la surveillance et la défense de leur très longue et très découpée façade maritime mais aussi de l’entretient et de l’opération des phares et balises. Ils sont de plus responsables du secours en mer et pour le faire de façon efficace leur centre de coordination des secours (MRCC) demande à tous les bateaux naviguant dans leur zone de communiquer leur position et destination plusieurs fois par jour par radio ou par E mail. Ils sont en général très sympa et près à aider les plaisanciers.IMG_1168.JPGArmada de Puerto Aguirre.

Caleta : petite crique souvent une simple anfractuosité dans la côte rocheuse parfois un joli bassin bien abrité. Elles n’ont souvent pas de nom sur les cartes officielles. Les noms utilisés ont été donnés par les pêcheurs qui les fréquentent ou les navigateurs qui les ont découvertes.IMG_9454Caleta Letier (abri de tous les vents).

Canal : rien à voir avec le canal St martin ou le canal de Nantes à Brest, ici pas question d’aller promener médor sur un chemin de halage. Ce sont tout simplement des bras de mer en général relativement étroits et très profonds qui serpentent entre les îles ou entre les îles et le continent.

IMG_0562Canal Trés Cerros (sortie de la Caleta Colibri)

Canard vapeur : non ce n’est pas une variante diététique du fameux canard laqué. C’est une race de canard (Tachyeres pteneres) dont les ailes atrophiées ne leur permettent pas de voler. Par contre, il s’en servent très bien pour « pagayer » et avec l’aide de leur pattes musclées munies de nageoires très puissantes il peuvent nager très vite a la surface de l’eau (plus de 20 km/h) et le mouvement très rapide de leur petits ailes battant l’eau les fait ressembler aux roues à aube des vieux bateaux à vapeur, d’où leur nom. Ils nagent aussi très bien sous l’eau. Se sont des animaux adorable et drôles qui vivent en couple et se nourrissent apparemment d’algues, de mollusques et de petit crustacés. Nous n’avons jamais vu plus d’un couple dans une même caleta.IMG_0016Déguisement obligé pour le soir du nouvel an.

Cascade : chute d’eau (oui comme chez nous) c’est juste qu’ici il y en a qui sortent de partout. Dans certains endroits comme par example le canal Grapler les montagnes environantes sont littéralement dégoulinante de cascades. Il faut dire que la pluviométrie annuelle s’établit à plus de 5000 mm (5 fois plus qu’en Touraine) et certaines années atteignent 7500 mm. Il faut bien que toute cette eau sorte de quelque part J. Comme il n’y a pas d’animaux (ni d’humains) l’eau de ces cascades est potable mais elle est souvent colorée à cause de la tourbe et des résidus végétaux. On s’en servait principalement pour la lessive, la toilette (si, si on c’est même lavé de temps en temps) et la vaisselle.IMG_0600le Paso del Indio (il a tellement plu que la montagne est couverte de cascades)

Charter : Voilier le plus souvent français (mais pas seulement) offrant des croisières à des passager payants pour découvrir la région. Beaucoup sont basé à Puerto Williams (Chili) et opèrent à partir d’Ushuaïa (Argentine). Ils proposent des circuits autour de l’île Hoste (bras sud et nord du canal de Beagle : la tournée des glaciers) et du Cap Horn pour les plus petits (de moins en moins) et jusqu’en Antarctique pour les plus gros et les clients les plus aventureux (la grande majorité). C’est une très bonne façon de découvrir la région par la mer avec un skipper expérimenté et un bateau bien adapté sans avoir à les faire 6000 milles de la descente depuis la France. Il n’y a plus à notre connaissance de voilier charter proposant la remontée complète des canaux (trop long et trop compliqué administrativement) mais il y a des bateau Chiliens au départ de Puerto Montt qui proposent des croisières sur Chiloé, l’archipel de Chonos et jusqu’à la Laguna St Rafael

 

 

Estero : sorte d’estuaire, les plus petits sont l’équivalent de nos abers les plus grands sont de vrais fjörds qui n’ont rien à envier à leur équivalent norvégiens. Certains ont d’ailleurs été rebaptisés « fjordo »IMG_1461.JPGEstéro Huilard (un havre de paix une fois à l’intérieur)

 

Forêt : rien à voir avec la forêt de Chinon, de Fontainebleau ni même de Brocéliande. Ici il s’agit de la forêt primaire telles qu’elle se présentait il y a des milliers d’années. En Terre de Feu et sur les îles la débordant sur son sud-ouest il y a trop de vent et les températures sont trop basses, elle à donc du mal à se développer en dehors de quelques versants abrités et comme sur certaines de ces îles (par ex. Navarino) il y a un peu de bétail et quelques guanacos (sorte de lama sauvage) certains endroits sont donc pénétrables. Passé cette zône et plus on remonte au nord, il n’y a plus aucun mammifère herbivore terrestre, il fait encore plus humide et la forêt devient totalement impénétrable. Quand on essaie de trouver un bel arbre pour s’y amarrer au dessus des rochers, on se trouve le plus souvent face à une sorte de haie très dense faite de buissons, de mousse et des branches les plus basses des arbres., le tout tellement entrelacé que même à la machette on ne peut y rentrer. Les arbres ont des formes torturées, souvent des troncs apparemment robustes sont en fait complètement pourris et ne tiennent que par la mousse ou les plantes parasites qui les entourent. Les troncs et les branches tombées servent de germoirs aux suivant qui poussent à travers.

IMG_0177Forêt impénétrable

IMG_1296Forêt aménagée, 20 ans pour aménager l’ île Jéchica

Humidité : ici elle n’est pas relative mais absolue, permanente et persistante. Elle est beaucoup plus difficile à supporter que le froid (nous n’avons pas eu de températures inférieures à 5°C). Elle pénètre partout et fait moisir tout ce qu’elle imprègne très rapidement. Avec notre pont en sandwich de mousse de 30 mm et notre coque en bois de 27 mm nous étions mieux isolés que beaucoup et le chauffage une fois réparé est une aide précieuse, mais tous les endroits ou l’air ne circule pas (derrière les coussins, dans le fond des placards etc), deviennent des points froids ou la condensation se forme aussitôt. Une seule solution aérer chaque fois que c’est possible et surtout contrôler et essuyer tous les jours (voire plusieurs fois par jour) tous les endroit ou elle se forme.

 

Humains : espèce animale très répandue sur notre planète mais totalement absente de la quasi totalité de la Patagonie.

 

Kelp : sorte d’algues pouvant ressembler aux grandes laminaires que l’on trouve en Bretagne mais elles sont beaucoup plus longues (jusqu’à une vingtaine de mètres). Pour le navigateur le kelp est à la fois une bénédiction car il permet de voir bien à l’avance ou se trouvent les haut fonds rocheux (très utile à l’entrée des caletas ou dans les passages étroits) et une plaie car il empêche les ancres d’accrocher au fond et se prend dans les appendices (quille, safran, hélice). Il nous est arrivé d’accrocher une masse de kelp dérivante si grosse que le bateau c’est presque arrêté est devenu non manœuvrant. Une seule solution faire un tour complet sur soi-même pour essayer de se dégager…

IMG_8540Tout petit kelp en général 10 fois plus grand

Mouillage : en Bretagne, on choisi un endroit ou il y a encore de la place, on jette l’ancre on s’assure qu’elle à bien accroché et on descend prendre l’apéro. En Patagonie on cherche une caleta protégée de tout les vents et dont l’entrée est praticable par le vent qui souffle, on identifie le côté où de bons vieux arbres semblent les plus gros et les plus droits : le côté le mieux protégé des rafales dont la direction est souvent très différente de la direction du vent à l’extérieur. On mouille l’ancre de telle façon à ce qu’elle puisse aider à ressortir le lendemain, on saute dans l’annexe et on commence à tirer les aussières à terre, on les amarre aux plus gros arbres possibles ou, à défaut d’arbre suffisamment robuste, aux rochers disponibles. En général on utilise 3 aussières, une à l’avant et deux à l’arrière (quand la configuration de la caleta le permet) parfois plus quand la météo s’annonçait mauvaise (donc autant d’aller et retours). Nous avons à bord en plus des bouts et câblots habituels deux bout de 100 et 200 mètres en dyneema (10mm et 8mm, solide, très léger et flottant donc très facile à remorquer à la pagaie et en plus on les a eu à un très bon prix, merci Delphine) sur enrouleur à l’arrière (à la scandinave) et une aussière polyéthylène 19 mm de 110 mètres lovée dans un bac dans la baille à mouillage à l’avant. Le but est que le bateau tire le moins possible sur son ancre et ne puisse plus bouger (éviter) dans les rafales. Le tout dure souvent plus d’une heure. Dans le sud, quand il faisait bien froid, je faisait la manœuvre en combinaison de survie étanche pour plus de sécurité, les bords de la plupart des caletas étant en général abrupts et glissants. Après tout çà un bon repas chaud suivi d’une bonne nuit de sommeil sont plus appropriés que l’apéro.IMG_9741Caléta Julia mouillage bien abrité de tous les vents

 Pluie : presque tous les jours mais il y a parfois des éclaircies. Elle est froide te pénétrante. Jusqu’à 7500 mm/an dans les bonnes années. Oubliez les vestes de mer hightech, le gore tex et autres tissus respirant, le seul vêtement qui permette vraiment de rester au sec c’est le bon vieux ciré jaune de préférence Cotten.

IMG_0585(non on ne fait pas de pub dans ce site)

Puerto : dans de très rares cas il s’agit d’un vrai port (Puerto Williams, Puerto Aguirre) dans la plupart des cas c’est simplement une anse un peu plus grande qu’une caleta, il peut d’ailleurs il y avoir une ou plusieurs caletas dans un puerto. Il ne faut pas non plus s’attendre à trouver des constructions ou des habitations : sur les milliers de km de la côte Patagone il y a des dizaines de puertos mais ils sont tous sauvages et inhabités.

IMG_0941.JPGPuerto Sergio (clin d’œil à notre ami Sergio).

Seno : bras de mer large et profond entre deux montagnes, fjord. Beaucoup mènent à un glacier.

IMG_0069Seno Chico (il donne dans le canal Magdaléna)

Vent : en général fort, toujours dans le sens de canaux la plupart du temps de nord donc opposé à notre route. Comme nous ne pouvons compter sur notre moteur pour avancer on choisissait de naviguer quand le vent soufflait à moins de 30 nœuds dans les rafales (force 7). Nous n’avons eu que quelques jour ou il soufflait plus fort nous forçant à rester au mouillage et plusieurs fois quelques heures de calme plat ou nous avons du utiliser le moteur à faible régime pour avancer. Par contre le vent se calme en général en soirée (après 18 heures) et forcit le matin (à partir de 8 – 9 heures) pour ne pas trop galérer dans les manœuvres d’arrivée et de départ nous nous arrangeons donc pour partir tôt et arriver tard. La moyenne du vent sur notre parcours entre Puerto Williams et le Canal Darwin.était aux alentours de 15 à 25 nœuds (force 5 à 6) soit un ou 2 ris dans la grand voile et trinquette. La grand voile haute et le génois n’ont été utilisés que très rarement.

IMG_0389Canal Sarmiento sous la pluie et bien venté.

Voilier : embarcation à voile, yacht, bateau de plaisance, très commun à Puerto Williams (un bonne quinzaine était amarrés au Micalvi lors de notre passage dont plus de la moitié était des charters) et paraît-il à Ushuaïa, nous n’avons pas été vérifier, totalement invisible en suite. Sur plus de 1000 milles (2000 km) parcouru entre Puerto Williams et Chiloé nous en n’aurons vu que 8…

 

IMG_0662.JPGJour d’affluance à Perto Eden. Clary à Pia et Ulf et Rêve à Deux

Puerto Williams

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Puerto Williams, la ville et le port le plus Sud de la planète, est située sur l’île de Navarino dans le Canal de Beagle. C’est le point de départ obligé pour toutes les expéditions vers départ pour le Cap Horn, l’ Antarctique ou les canaux de Patagonie. C’est ici que se font toutes les démarches administratives et obtenir les autorisations nécessaires pour partir. Rien de très compliqué mais c’est obligatoire et les fonctionnaires et militaires en charge sont toujours aimables et accommodants. Puerto Williams est une petite ville de 2200 habitants qui survit principalement grâce à la base de la « Armada » (la marine nationale chilienne) et à son port de pêche.

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Il y a aussi une usine de conditionnement de centollas les fameux crabes araignées du coin. En saison (c’est à dire maintenant J) il y a les touristes, essentiellement des marcheurs et des randonneurs venu explorer les sentiers del’île Navarino un peu comme on va au Népal. Les quatre supermercados (de la taille d’une petite épicerie de quartier en France) raisonnablement achalandés. Il y a aussi un marchand de légumes et de fruits très sympa et avec un choix raisonnable qui vend ses produits dans un couloir en construction (ou en démolition c’est difficile à faire la différence). Tous ces commerces sont ravitaillés par le ferry qui vient de Punta Aréna chaque vendredi soir. Le samedi matin est donc le grand jour des courses pour tout le monde mais seulement quelques équipages de voiliers, la plupart préférant faire le détour par Ushuaia pour se réapprovisionner en produits sophistiqués. Ce ne sera pas notre cas, nous avons décidé de zapper Ushuaia pour plusieurs raisons. D’abord c’est une grosse ville qui n’a aucun attrait sinon ses supers marchés bien achalandés, (comme nous revenons des Malouines nous avons tout se qu’il nous faut à bord et ce qu’on trouve ici nous suffit) ensuite Ushuaia est en Argentine, et les formalités d’entrée et de sortie sont les plus compliquées d’Amérique du Sud. Ils ont de plus la réputation de chercher des poux dans la tête au plaisancier sur les papiers et le matériel de sécurité. En plus si on y allait, il nous faudrait de toute façon revenir en arrière jusqu’ici à Puerto Williams pour refaire les formalités d’entrée et le permis de navigation au Chili (le reste des canaux est entièrement Chilien). Donc, non merci Ushuaia et l’argentine se passeront de nous !

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La ville s’étend tout le long de la baie depuis le port de pêche en passant par la base de la marine et se termine par le port de plaisance en fait une petite anse bien abritée où un vieux bateau  de transport de la marine « le Micalvi » a été coulé pour servir de ponton aux bateaux de passage. Cette semaine le Micalvi affiche complet avec une vingtaine de bateau à couple. On y trouve de nombreuses nationalités mais avec tout de même une très grande majorité de bateau français dont de nombreux charters qui remonte de l’antarctique. C’est une faune étrange, très intéressante et très attachante ou se mêlent grands aventuriers et navigateurs plus modestes.

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Ici à Puerto Williams tous les plaisanciers se connaissent. Les plus anciens organisent des fêtes dans le Micalvi et la marine a mis à la disposition un énorme barbecue à gaz et chacun apporte sa nourriture et sa boisson. Chacun échange ses récits de voyage d’aventure et de découvertes. Un accordéon et une guitare et l’ambiance est assurée jusque tard dans la nuit. Jusqu’à il y a quelques mois, le Micalvi était géré comme un club nautique, il fallait payer sa place à couple, le bar fonctionnait comme un bar normal mais depuis quelques temps il n’y a plus d’administrateur et c’est devenu un peu l’auberge espagnole. Heureusement la marine n’a pas encore coupé ni l’eau ni l’électricité.

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Tout de suite au dessus du village des sentiers de randonnées montent dans la montagne. Il y a un parcours de plus de cinquante kilomètres bien balisés et d’autres sentiers font le tour de l’île. Il est possible d’y faire des trekking de plusieurs jours et des espaces pour bivouaquer sont indiqués sur le plan. Il faut être en très bonne condition physique car les dénivelés sont très important et les conditions météo très changeantes et souvent très difficile (vent violent, pluie, neige). Nous avons fait les 15 premiers kilomètres sous un soleil radieux.

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Nous sommes arrivés le Jeudi 13 décembre comme nous l’avions planifié au départ des Sables (chance ou génie de la navigation à vous de choisir). Nous resterons une semaine ici et repartirons ce samedi 22 décembre ou dimanche pour commencer notre lente remontée vers Puerto Montt. Nous avons tout fait les entrées au Chili, demande du zarpe (autorisation de navigation dans les canaux), une prolongation de nos visa de deux fois 90 jours . Préparation du bateau pour passer du mode « océanique » au mode « canaux ». Téléchargement des cartes et des logiciels pour pouvoir lire les photos satellite (Merci Damien !) et nous y retrouver au mieux dans ces endroits très mal cartographiés. Nous avons embarqué 500l de gaz oil (300 litre dans le réservoir et 200 en bidons) très important car une grande partie de la distance à parcourir jusqu’à Puerto Montt se fera au moteur contre le vent et il n’y a pas de station service sur la route. Mais se sont surtout les courses qui remplissent le bateau. C’est qu’il en faut de la nourriture pour un parcourt de trois mois dans les canaux où nous ne sommes pas sûr de trouver de quoi se ravitailler.

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Voilà tout et bien ficelé nous pouvons enfin partir, nous allons regretter cet endroit magique entouré de ces chaînes de montagne, nous aurons eu tous les temps de la pluie, beaucoup de vent, Pétole de la neige avec les sommets enneigés mais aussi le soleil d’été où j’ai pu ressortir mon short pour quelques heures. Sans oublier les fêtes, les moments privilégiés et les expérience échangées avec les amis Français, Chiliens, Hollandais …

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Nous remontons vers le nord vers les glaciers, les paysages d’une beauté sans nom nous y attendent, nous avons trois mois pour les découvrir cool…

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Nous pensons arriver à Puerto Montt pendant la deuxième quinzaine de Mars. D’ici là nous n’aurons sans doute pratiquement pas accès à internet. Il n’y aura donc peut-être pas beaucoup d’articles mais vous pourrez continuer à suivre nos positions et nous essaieronsIMG_9187 d’envoyer des nouvelle via twitter.

A suivre …

Anne et Domi

From Falkland to Beagles Channel

More than a month has passed since we dropped our anchor first time in Stanley habour.

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The entrance formalities went like a breeze : we called customs and immigration on VHF channel 12 and they ask us when it would be convenient for us to do it, they would then come down and meet us at the jetty, we settled for 11:00 AM. At 11:00 we landed at the jetty with our dinghy, 2 custom officers were waiting for us, they welcomed us warmly to Falkland, chatted politely with us about our voyage from Uruguay, gave us all the important information about the islands and Stanley including location of supermarkets and place of interest and eventually helped us to fill the entry form – quite a difference compared to South American countries officials…

Stanley, Falkland capital city is a lovely little town (about 2000 inhabitants I think). From a distance, it looks very much like a Scandinavian sea shore village with the wooden houses painted dark red white or blue but with a British touch here and there like row houses or the typical windows. But when you look closer and go inside, one realize quickly that it is definitely 100% British. First there Union Jack flags and Falkland flags (like the AUS or NZ flag but with the local banner instead of stars) all over, then there are the pubs where you can enjoy a pint of local bitter with fish and chips and the supermarket with 8 months aged Xmas pouding already on display. The Argentinian invasion was in 1982 = 36 years ago but the “victory” is still present everywhere with of course monuments and museum displays but moreover with pro British or anti Argentian slogans on the back windows of the cars (100% 4X4 80% Land Rover) and in the day to day talk of the people.

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Stanley is also a stop over for the cruise ships on there way to or from Antartica (3 a week during the season) Some are smaller 100 passenger type but some carry 1000 passengers. Those larger ones have to moor outside and ferry their passenger ashore wit a continuous shuttle of boats. It is also beginning to be a logistic base for the sailing charter boats usually operating from Ushuaia to Antartica. (Like Skip Novak 2 Pelagis are permanently based here). The island is served by 1 flight a week (chartered by British Ministry of Defence but open to public and used by DHL) and 1 cargo vessel a month (also chartered by MOD). It does not seems much but is fairly reliable and cherry on the cake there are no import duty and hardly any formalities. When you know that the next best place to import equipment in the region is Uruguay and you have read my previous article, you understand why the charter boats are coming here to fetch equipment they have ordered from Europe.

We stayed about a week there recovering from the 10 days passage, relaxing and resupplying our kitchen. It was 2 other French boats in port: Jean and Elisabeth on Mio Palmo and Damien, Sarah and their 2 daughters (2 and 3) on Libertaire. Mio Palmo, a specialist of cold regions with many trips to Greenland, Iceland, Norther Canada was coming from a winter in Ushuaia and Libertaire had spent most of the winter in the archipelago with a couple of trips to Ushuaia after a full season in Antarctica. No need to say that as newbies to both the region and this type of extreme sailing we were listening with the keenest interest to their stories and experiences. The evenings that week haven’t been boring for a single minute with dinners and aperitifs on board the 3 boats.

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In the mean time we had to shift position in the harbour several times from along side the Public Jetty to anchor a cable away to let the cruise ship small boats ferry their passenger ashore. And we also started to experience the local weather: not much rain but a lot of wind (that week average 25 knots with gust at 40 and even 50 at several occasion)

But a week ashore and we start spinning wheels (or sails :)) so on Monday 19/11 we casted off along the south coast which is not unlike the Swedish west coast with a lot of larger bays with plenty of islands and small coves. The land is quite dry and looks from a distance like covered with dry yellow grass, some islands are covered with tussak a kind of tall grass looking like yukas which grows only were the cattle hasn’t been grazing. When we went ashore we saw that the vegetation was quite diversified even where it has been grazed with lot’s of small flowers and the famous diddle dee which in th autumn produce red bays that can be used to make wine or jam. Except from the commerson Dolphin that come “bow riding” when the boat comes enters the bays , the fauna is nearly 100% avian with over 70 breeding species. Some species like the Penguins and the geeses have been slaughtered in the past and some may still be endangered but one thing is for sure they don’t fear the human beings: you can approach them quite close without scaring them away.

We did 4 moorings with 1 or 2 nights each time. We waited fair weather to hop between one anchorage to another so the sailing was very pleasant. The places we visited have colourfull names Pleasant Harbour, Pyramid Cove, AdVenture Harbour, Lion creek. They were all very nice but we were a bit frustrated at times: we could get ashore only 3 times, each time in the early evening after dropping the anchor when the wind was calm. The rest of the time we had to stay on board. The weather was sunny most of the time but the wind was blowing gale force. We were anchored as close as possible to shore which is generally about 300 or 400 m (2 cables to use the British marine units). The coast is fairly low the bottom shoal progressively with usually less than 3 m 300 m from the shore and one can’t get closer anyway because of the kelp (there are no big rocks were you can tie up your lines like in Sweden) This distance is enough to limit the fetch therefore we didn’t have to suffer from the wave but the shore being low and with no significant vegetation, it does not offer any protection from the wind (in some place, the topology may even accelerate it). Our inflatable is on the smallish side and our electrical motor maybe a bit weak against very strong winds but even if we have had a large RIB with big engine, I wouldn’t have dared to leaving the boat alone because not only the gusts are strong but also the direction is shifting all the time (usually more than 100° during the day). We have to make sure all the time that our anchor is holding well (fortunately GPS and navigation software have good features to watch this). When strong wind was forecasted, I did use 2 anchors in the following set up: 7 times the depth at high tide length of chain, our regular 30 kg Lewmar, 2,5 m of 4 X 10mm Dyneema and a Fortress 37 (aluminum flat anchor equivalent to a 37 kg steel one but weight only 10 kg). It looks like a reliable set up, we didn’t drag even when the wind shifted 100° or increased quickly to >40 knots and thanks to the low weight of the aluminum anchor it was not too difficult to get back on board even if we had to give strong push forward with the engine to get the anchors off the bottom.

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Unfortunately at the end of the week, after a bit of struggle to avoid areas full of kelp we caught a large amount in our keel (the shape of the bulb is probably not the best to sail in these waters), it was not easy to get read of it, a couple of 360° and backward forward eliminated most but some may have got caught in our propeller. Anyway, that or something else, when I checked the inverter oil in the evening it was like mayonnaise meaning that sea water has entered through the SDrive seals. To avoid damaging the gears (sea water is not the best lubricant and its very corrosive) we need to change the seals as soon as possible. This is not a very complicated operation but unfortunately it requires that the boat is out of the water. And that is a problem: the nearest travlift is 1000 miles away (Piriapolis/Uruguay). Among the info that the Customs and Immigration officer gave us the first day was the coordinates of the Falkland Island Yacht Club. These guys know everything about sailing in the area and can help you with a lot of things he said. Well, this was probably the time to try them out :). I sent an Email from the Iridium and got very quickly an answer back from Bob asking for the details of our boat so he could try and find a solution. The next he came back with a positive answer. We sailed back to Stanley (100 miles) overnight and soon after we arrived, Bob and his wife Janet were at the jetty waiting for us and immediately drove us to Paul from Martech who can get a crane to lift us, he just needed to get hold of the crane operator and that might take a few days. Bob and Janet took us a tour of the area followed by a cup of tea at their wonderful home (with a fantastic view over the harbour). Bob is a very experienced and well equipped radio amateur. He his currently doing the weather forecast transmission for the Golden Globe solo race.

In the mean time our on board air heater stopped working. The boat is getting quite cold at night although the temperature are not going much below 7°C while in the Patagonian Channels,we are expecting even subzero. It will be hard to resist a couple of months without any heating system. I decide to fit a heater on the engine cooling circuit. I went to the nearby hardware store, buy a standard home radiator, some meters of copper pipes and corresponding fittings and mount it on the engine cooling circuit instead of the water heater. It works quite nicely, of course only when the engine is running but from what we understood, going south to north in the Patagonian channels you have to motor quite a lot, as the channels are fairly narrow at some places and we will be going mostly against the wind.

We used the waiting time to resupplying the boat with fuel and food. Surprisingly, Falkland is a good place for that. Fuel is cheap and very good quality and the 2 large supermarkets I Stanley are well sorted with European (mostly British of course) and some Chilean foodstuff at similar prices as in Europe excepted for the fruits and vegetables which are scarce and horrendously expensive. Local meat (Beef and mutton) is excellent and very cheap. In one month we haven’t been able to find any fresh fish or sea food which is surprising given that fishing represent the largest share of the island revenue (squid, Antarctic cod and tooth fish). In the last days we finally managed to get some (deep freezed) tooth fish which is excellent. We also visited the island museum. Very interesting from its discovery in the 16th century (1592, same year as Colombus discovered america) till the 1984 war with Argentina and the more recent development of the fisheries and Antractica sceintific expeditions. On Sunday we went for a long walk along the coast till Gipsy Cove and Cape Pembroke (still quite some mine fields from the 1984 war there) and were rewarded by admiring a colony of Magellan penguins few meter from us.

At last we got news that the crane operator had been found and that he would come on Wednesday which should be the perfect day for the operation as the forecast is giving very light winds all day.

Tuesday evening, surprise: the crane arrive on the jetty and get into position to be ready to lift us in the morning. And indeed, at 8:00 AM on Wednesday 5/12, the crane is operating! It will first lift one of FIC launches that needs some repair, that’s an easy operation and the launch is quickly secured on its craddle. Ours is way more complicated. First the slings are too short, the crane guy has to drive back to is place to fetch new ones, then we take a lot of time trying to get them the right length so our boat can be lifted more or less horizontal but finally it has to be lifted leaning on her bow because otherwise the crane arm touch the mast. And cherry on the cake they realize that the crane arm is too short for listing the boat completely and place it on the jetty. The boat will remain 1,50 m above the water and the repair will done from a zodiac. A bit scary at first but we do the job quickly (we have too: the tide is coming up), I fit the new seals on the shaft and remount the sail drive. Our Reve a Deux is finally back in the water with an operational engine!

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In the mean time the weather is deteriorating and we had to wait until Sunday fo a suitable weather window to do the crossing till Puerto Williams. We left on Sunday morning with tail wind for few hours then we had mostly head winds right in the axis of the route forcing us to tack all the way the winf didn’t exceed 25 knots but the sea was quite rough. It calmed down on Monday evening and became quite foggy. On Tuesday morning the sky cleared up and we could spot the high peaks of La Isla de los Estados right in front of us on the horizon. The wind increased all day and we had to beat our way till Le Maire strait in 35 knots of westerly wind and chopped sea but we still believed in the weather forecast and indeed at 21:00 the wind shifted to north east and 10 knots and just at the same time the tide inverted offering us a very smooth passage of the strait with absolutely flat sea although the place in infamous for its big waves and treacherous sea. Nights under this latitudes (56° south) are very short. Sun is getting down around nine but in practice daylight subside more or less till midnight and by 3 the easter horizon is already well lighted.

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In the morning the sky was very clear and we could see the Cape Horn on the horizon. We will not see it closer. A lot of people are taking big risks or paying very expensive charters just to go there and take a picture while the sailors of the last centuries were were risking their life sailing around it only because it was the fastes route from the west coast of Americas to the east coast and Europe. In any case to get there you need a permit from the Chileans authorities which you need to apply for in Puerto Williams. We enter the Beagles Channel by mid day and makeslow progress against strong wind and current. In the early evening, we decide to stop at Calleta Banner (Isla Gardiner) to avoid getting in Puerto Williams in the middle of the night. The northerly wind is blowing right in the axis of the mooring we try to anchor anyway but there is too much kelp on the bottom and the anchor is not holding. It take ½ hour to remove all the kelp from the anchor and the chain. We give up the idea of mooring there. All the other possible anchorages are on the Argentinian side which we prefer to avoid and it would be dark anyway before we could reach the first one. Better to continue right away till Puerto Williams. Its dark but with the help of the radar it poses no problem at all. We drop the anchor right at the eastern end of the airfield runway at 02:00 AM on Thursday 13/12/2018. Exactly the very day we noted down as our target date for our landing in Chile before our departure from Les Sables d’Olonne in July… Perfect planning or shear luck? I leave you the choice :).

In the morning we move to tie up alongside the Micalvi. The Micalvi is an old transport ship that the Chilean Navy (Armada) has sunk in a very sheltered cove to be used as a pontoon and a club house. There are about 20 boats there. Few Chileans, a Dutch, a German, a British, a Brasilian, an Australian and many Frenchs. About half are private boats like ours cruising the world or enjoying Patagonian channels for a couple of years many are charter boats going to Antarctica. It’s a very fun place where you meet all kind of very interesting and lovable individuals from the hard skinned adventurers who have seen it all to young enthusiasts or modest retirees. All of them very kind and helpful, ready to share their experience and adventures and making the newcomers very welcome.

We will stay 10 days in Puerto Williams. This is a fantastic place for hiking with well marked tracks in the mountains, we had a great time there. It is a small town (2200 inhabitants) with only 4 supermercados supplied once a week by the ferry from Punta Arena but we could find anything we needed to complete the stuff we brought from Falklands. Therefore, no need for us to go to Ushuaia (most yachts sailing the channels are making the trip to Ushuaia to resupplying, but need to return to Puerto Williams to re-enter Chile) and be bother with the Argentinian entry and exit formalities. We spent some time turning the boat around from its oceanic configuration into a more appropriate channel configuration and downloading the charts and softwares to read the satellite images (very useful to compensate for the lack of accuracy of the official charts). We loaded 500 l of diesel (300 in the main tank and 200 in jerrycans) as according to the people who have done it before, a lot of motoring is needed to progress against wind and current in places often to narrow to tack safely . We had also a couple of memorable barbecue parties (asado)at the Micalvi and onboard neighbours’ boats.

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We leave Puerto Williams on 22/12 to start slowly or 3 months journey to Puerto Montt leaving behind many friends and nice memories. We will not go through many places with internet/WIFI connection on the way therefore we may not be able to post article but you can still follow our position reports and we will try to pass some news wia Tweeter. Stay tuned 🙂

Des Malouines à la terre de Feu

Départ des Malouines le samedi 8 Décembre :

Sous un ciel chargé de pluie nous repartons mais cette fois-ci nous partons vers la Patagonie. Fini les Malouines mais aussi fini les mouillages où l’on stress un peu de peur de chasser par vent fort. Le vent au départ est dans la bonne direction et nous propulse en longeant la côte. Puis c’est un changement radical et nous voilà au prés à tirer des bords. Nous sommes sous le vent des îles, heureusement, la mer est moins forte qu’au large. Un clapot inconfortable s’installe et, progressivement, au fur et à mesure que nous tournons autour des îles, le vent suit et nous empêche de faire une route directe. Nous hésitons entre le bord à terre dans un courant plus fort mais sans doute moins de mer et le bord du large et sa grosse houle mais moins de courant. Ce n’est que le lendemain en milieu de journée que nous quittons l’influence des îles et pouvons faire route directe vers la terre de feu.

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Nous avons 300 milles à faire. Nous avançons sous trinquette et grand-voile deux ris, c’est qu’il y a de l’air entre 25/30 nœuds de vent.

La traversée est finalement rapide. Rêve à Deux remonte bien au vent. Nous arrivons en vue de l’île des États mardi 11/12 au matin. Nous apercevons les sommets de l’île se découpant sur l’horizon alors que le brouillard à coupé au couteau qui nous accompagne depuis quelques heures se déchire. La mer est d’huile mais çà ne va pas durer. Nous longeons l’île toute la journée dans un vent qui monte à 30 nœuds toujours de face et une mer assez formée. D’après nos calculs de routage, l’heure idéale pour embouquer le détroit de Lemaire est à 21 heures. C’est le moment ou la marée va se renverser avec elle le courant qui devrait donc nous propulser dans la bonne direction et simultanément, le vent devrait basculer de l’ouest au nord est en faiblissant : des conditions idéales qui se rencontre très rarement dans cet endroit réputé pour ses passages mouvementés.

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Et c’est exactement ce qui se passe, le timing est parfait, la mer est plate comme un lac et le vent un zéphyr. La seule petite ombre au tableau c’est que nous sommes en mortes eaux et que le vent d’ouest à soufflé fort depuis plusieurs semaines, le flux de la marée montante n’est donc pas suffisant pour inverser totalement le courant qui restera d’ouest en est mais diminuera de 4 ou 5 nœuds à environs 1 nœud. L’île des États est grandiose et nous offre un spectacle d’une beauté à couper le souffle. J’aurai tant aimé m’y arrêter mais Dominique insiste pour avancer et ne pas manquer l’opportunité exceptionnelle de passer le détroit par mer parfaitement calme. Nous pouvons même nous préparer un bon repas chaud et le manger dans nos assiettes sans en perdre une miette. Nous avons vraiment de la chance et nous remercions Éole pour ce cadeau inespéré. Tant de récits relatant se passage difficile où les bateaux mettent toute leur énergie.

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Pour autant nous ne sommes pas encore dans le canal de Beagle mais un vent de travers nous y pousse gentiment. Par trois fois nous sommes obligés de faire un tour sur nous même (360°) pour nous débarrasser de kelp pris dans la quille ou le safran et nous ralentissant de plusieurs nœuds. Dans la matinée la visibilité est parfaite et nous apercevons le mythique cap Horn, qui a fait trembler pas mal de navigateurs et souffrir les matelots des grand voiliers, apparaître au loin sur l’horizon. Beaucoup de gens font le détour où affrètent des charter à pris d’or juste pour le voir de plus près ou pouvoir dire « j’ai fait le Cap Horn ». Mais ce n’est pas pour nous, nous ne sommes pas fou à ce point là… Les marins des grand voiliers qui bravait les élément déchainés pour le passer le faisait parce que c’était la route la plus rapide pour passer de la côte ouest de l’Amérique à la côte est ou à l’Europe, il ne prenait pas de risques inutiles juste pour ajouter un nom à la liste de leurs exploits. De toute façon la question ne se pose pas, même si nous voulions y aller, il faut une autorisation de la marine Chilienne et donc passer par Puerto Williams. Enfin nous rentrons dans le canal de Beagles. Nous tirons des bords sous voilure réduite pour faire avancer le bateau dans le vent qui fraichi à nouveau. En route directe au moteur se n’est pas possible, le bateau n’avance pas, il y a trop de courant contraire. Par moment le vent dépasse les trente nœuds mais la mer reste plate et trois ris dans la Gv et la trinquette à l’avant nous avançons bien. Par moment le vent tombe et nous n’avons plus assez de toile pour avancer mais quelques minute plus tard, il remonte à 25 nœuds et nous propulse à plus de 6 nœuds. Nous sommes trop tard pour arriver de jour à Puerto Williams aussi nous avons prévu de nous arrêter avant la nuit dans un petit mouillage réputée tranquille (Calleta Branner / Isla Gardiner) Nons faisons une tentative de mouillage mais le vent et mal orientées et s’engouffre en raffale puissant dans la petite baie. Mais ce n’est pas le plus gros problème : les fond sont tapissés de kelp et nous n’avons pas jetté l’ancre depuis 5 minutes que nous commençons à déraper rapidement vers le rivage (les grande algues laminaire se prennent dans l’ancre et l’empêche de pénétrer dans le sol. . Nous relevons l’ancre qui est entourée d’une tonne de kelp et ressortons nous mettre à l’abrit l’île Gradiner. Domi met bien une demi heure pour se débarrasser de ces algues à la machette et à la gaffe .Nous repartons vers port Willams où il sera plus facile pour ancrer de ; nuit. Dans le canal à cette heure de la nuit il y a paradoxalement beaucoup de trafic. A l’entée du « Paso McKinley, le dernier rétrécissement avant Puerto Williams, Nous sommes contraint de nous arrêter pour laisser passer un chalutier et un patrouilleur de la marine chilienne. Fort heureusement le règlement exige que tous le bateaux se signal par radio VHF avant de s’engager dans le passage. Nous attendrons donc à petite vitesse sur le côté du Canal que les conditions soit favorable.

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Il est Deux heures du mat quant nous arrivons à Puerto Willams, tout est calme mais la nuit est noire ne nous permettant pas autre chose que mouiller à côté des pêcheurs en attendant le petit jours.

écrit et relu par Anne et Domi

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One Month Later: from Brazil to Falkland via Uruguay

We are now in Stanley, 1200 inhabitants, capital city of the Falklands. I suppose you’re all eager to learn what has happen since October 1st even if you have probably got most of it through the French articles posted by Anne.

Tuesday October 2

After our bus trip to Rio we left first thing the next morning to Ilha Grande to explored one more tropical paradise moorings and took the opportunity to do some trekking on the paths going around and through the island. These paths are quite steep at some places, the island summit is culminating at over 1000 m, and as the coast sport few vertical cliffs, it is necessary to pass inland to move forward round the island We met sporty guys who said they done the complete round the island trip in 4 to 5 days but admitted it was tough. The entire island is a nature reserve protecting the original Atlantic rain forest and its fauna. There are no roads or motor vehicles and very few constructions limited mostly to some fishermen villages and simple pousadas and restaurant.

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Wednesday October 4

We sailed over to Paraty on the south end of the Bay. Paraty is an old Portuguese town that was allegedly build on sea level so the spring tide can flood the streets and clean them. The old town is now only restaurants and souvenir shops surrounded by an nondescript 20th century city. There are 3 or 4 (very expensive) marinas but none is at a walking distance to the town. We stayed at Engenho which is the farthest but the most recent one and is very efficiently managed.

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The coast in the area is a maize of small islands and coves. After one night in Paraty we moved few miles away to Saco the Mamangua. This is a kind of narrow long fjord with mountains (or high steep hills) on both side, looking a bit like a Scottish loch with palm trees. The weather helped to make the similarity with Scotland even better : 18°C and misty. There is a very secluded fisherman village, probably one of the quietest place on earth, no road, no telephone or Internet (even no mobile coverage) and electricity only came a year ago.

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A taxi-boat bring Children to school in Paraty every morning and back in the afternoon. The next morning we moored close to the mangroves at the end of the fjord and went kayaking to explore the mangrove and try to find a waterfall that was indicated on our guide, we went through 3 or 4 different canals snaking through the mangrove, got bitten by thousands of mosquitoes and other exotic bugs but we couldn’t find it. Back at the boat, looking at the sketchy map on the guide, we realized that it was actually the first small channel on the left hand side when getting close to the mangrove, the one we neglected because it was looking to small and to close…(hopefully we are better at open sea navigation).

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Saturday October 7

Early departure from our loch in another Scottish weather day.

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We get out of Ilha Grande Bay through a narrow inlet between a small islet and the main land. After more than 2 weeks mostly motoring on the flat waters of the bay its good to be sailing on open sea again. We have good wind till mid afternoon but then it dies on us and we have to put the engine on again. We stop for the night at Ilha Ancieta, an old jail turned into a nature reserve. The island look beautiful, with dense rain forest and rocky peaks, the guide write about waterfall and wild life. But no exploration for us this time, the powerful ocean swell is going around the island, get reflected by the mainland and penetrate into the bay making the landing on the little beach impossible. It is also making the mooring a bit rolly but not sufficiently to disturb our sleep.

Sunday October 8 – Tuesday October 10

Weather is no better, almost no wind and drizzle. We decide to stop at Ilha Bella to wait more favorable sailing conditions. Ilha Bella is the weekend/holiday resort for Sao Paulo rich people and you can see it at the magnificent villas build on the coast. It is again a very steep island with high rocky summits. From the boat we can see number of cascades. We drop our anchor between to marinas as it is not clear is they accept visitors or not and we are not keen paying again a high price. Ashore, it is the typical tourist town with souvenir, beachwear and ladies fashion shops not unpleasant except for the busy main road going right along the coast.

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We even find a very well sorted Crocs’ shop where we buy a new pair each (Crocs are a very convenient footwear on a boat). There is also a schipchandler with a good choice of equipment where I found the VHF radio I was looking for at a reasonable price (ICOM DSC with integrated GPS). The old one didn’t work anymore, we needed to find a replacement before reaching Argentina and Chile where the “Armada” (Navy) is enforcing a very strict radio reporting policy. We didn’t try to visit the island further inland as in the mean time we heard that break-in and theft on board the moored boats was very frequent. After 2 days the wind forecast was good enough to try and go further south.

Wednesday October 11 – Friday October 13.

We even thought we had a weather window good enough to sail down to Rio Grande del Sur in one go (Rio Grande is the southernmost port where it is possible to do the exit formalities from Brasil). So we set sails and went off but in the middle of the night the wind was blowing 90° from our course as foretasted but a lot stronger than anticipated (30 knots instead of 20). Moreover the sea was also worse than expected with the main waves about 3 meters high right in our nose and secondary ones about 2 meters at 90° from the main ones, the whole thing with a very short period (about 6 seconds) making our progress reasonably fast but extremely uncomfortable with the boat slamming violently and the waves breaking over all the time. Through this we still had the fishing line behind and when the sea and the wind were at their worst, we saw a big fish jumping at the end of it. It was a 5 kg tuna and getting it on board was a bit messy.

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After 36 hours the weather remained the same and the latest forecast was suggesting no improvement for the next few days; according to the nautical guides, this type of weather combined with the rain from the few past days could make Rio Grande entrance tricky for a boat like ours. We decided to stop in Itajai. This is already 250 miles in the right direction and the same guides describe it as an easy place for doing exit formalities.

We arrived at Itajai on around 15:00 on Thursday 12/10, the entrance is easy in all weather but is fairly narrow, therefore you need to watch out if there are no container ship coming or going as they need the entire channel for themselves and their tugs.

Immediately after we were tied up at the marina, we learned that offices were already closed for the day and tomorrow was a day off meaning that we were stuck there till Monday… Never mind, we will try to make the best out of it: being on the go for a while there is a lot of cleaning and washing to do on top of the regular chores and preventive maintenance

Itajai is by no means a touristy place, it’s a fairly new city and a container port. But it is a very convenient technical stop. The marina is brand new and very well equipped with all the necessary facilities and services (travlift, dry storage, mechanics, washing and drying machines etc). The city has been founded (like most cities and towns in Santa Catarina state) by German and Dutch immigrants. They apparently brought with them their passion for order and efficiency. The city has the reputation of being one of the safest place in Brazil, to the extend that you can go out at night (to e.g. have dinner at a restaurant) and walk back home safely! They also brought their cultural traditions such as October fest, which was going on next to the marina. We spent a good relaxing time there; it had a nice family type of atmosphere, good live music from the 70’s and 80’s (like Pink Floyd or Dire Straits, the right stuff for our age :)). The beer was good but served in 33 cl reusable plastic glasses (albeit nicely decorated ). The sausages were replaced by fried seafood and the whole thing was combined with some kind of small Xmas market.

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We replenished our larder at a very well sorted hypermarket with a larger choice of foods than we had found so far even in Niteroy. We had to go to the local hospital for a minor issue, it was also of excellent standard (but we have no comparison with other Brasilian hospitals). The major drawback of the place if the quality of the water in the marina basin. Over the weekend, the river was flooding because of heavy rain. The water was chocolate color and carrying all kind of debris, branches and even full trees, all these was inevitably ending up in the marina basin making it very dirty to the extend that it was even worrying for the boats propellers and cooling water intake. The constant dredging to fight the silting at the harbor entrance was contributing further to turn the water even muddier.

At the marina we met Cat, an Australian lady. She owns and operate Ice Bird a superb Trintella 61 (Aluminium sailing yacht of about 20m) and organize exploration trips to South Georgia and Antartica from Ushuaia. We spent a nice evening with her on both her boat and ours. She made us dreaming about going there too… We were very tempted to join her December expedition from Ushuaia to Antarctica as there was still 2 places available but it was clearly over our budget right now. (maybe another time…)

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On Monday morning we did our exit formalities went very smoothly, the staff we had to deal with in all 3 administration were the most efficient we met in Brasil. Policia Federal and Capitania do Porto are short walking distance from the marina; Receita Federal (Customs) is a bit further away at the container terminal on the other side of the river. By Lunch time, our exit formalities completed, we were officially out of the country. Now we had to go to Uruguay non stop.

We left Itajai in the late afternoon with a gentle wind, it stopped raining 🙂 and the sky cleared. The wind had also shifted to the north making our going much easier. It increased all night to reach 27 knots in the morning. There was many fishing boats trawling right on our route forcing us to do be very alert during our watch and do frequent course adjustments and few jibes to avoid getting in their way (in open sea, sailing boats have the priority over other vessels except for fishing boats when they fish and of course tugs towing, dredges in operation and the like). In one of these jibes we damaged the main sail, the third reef was not properly set and the pad eye was torn away. The damage was not too bad and Anne will be able to fix it (thanks to her old sail maker experience) once we are in a quite mooring. But in the mean time, the tear could propagate further forcing us to take it down and continue under jib alone which was not an issue given the wind. But on the 4th day, the wind went down to less than 10 knots still from the back forcing us to seek some support from our engine. By then it was quite foggy and still many fishing boats, fortunately the larger ocean going type made of good steel and thus well visible on the radar (unlike the coastal wooden ones which you can’t detect farther than 0,5 miles). The other good thing about these big offshore trawlers is that they normally have AIS on or rather they switch it on when they see there is commercial traffic around presumably to hide from their colleague the rest of the time.

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On Friday we were sailing along the Uruguayan coast in fairly heavy commercial traffic. The VHF radio bought in Ilha Bella worked nicely and was very use full to communicate with the cargo ships and clarify their intentions. Interestingly, it seems that most ships regardless of their flag employ Indian radio operators which is a very good thing because they speak perfect English.

By 11:00 AM, the next morning we reached Isla Lobos, a small rocky island just offshore punta Del Este. Lobos is famous for its light house: the highest in south America and for its colony of sea lions, the largest of the region.

And indeed the whole island shores are crowded with sea lions of all size, we tried to get as close as we could but the sea was too rough to drop anchor even for a short while so we just enjoy the scenery for an hour. The presence of these animals (and the temperature of the water: 17°C) confirms that the 30° parallel (AKA Tropic of Capricorn) that we left behind us 2 days ago is not just a line on the map: we are not under the tropics anymore, no more warm waters and coconuts. The presence of such a large number of seals (or sea lions I can’t tell the difference) suggests also a great abundance of fish. And indeed, as soon as we left the island, Anne put a line in the water and immediately caught 4 fishes good portion size. Enough for lunch and dinner. By then we had reached Piriapolis and as usual, it’s Saturday so all administrations are closed for the weekend except for the Prefectura (the Coast Guards whose main role here is monitoring and recording the ship movements). Which is not an issue because the main reason we stop here is to wait for our hydro generator that should now be repaired by the manufacturer in France (remember: the one we sent from Rio’s post office)

Piriapolis is a rather pleasant, small sea side resort. It’s a place where nothing can happen and there is nothing to see either (except from the beach and the ramblas). Everybody , adults, young, old teenagers or pensioners, is drinking Maté everywhere. It’s a kind of local tea (hierba maté) that people drink very concentrated in a special insulated glass with a silver filtrating straw. The maté drinker always has a thermos flask under his arm to refill the glass with hot water. People congregate along the ramblas in small groups and spend the evening chatting while the glass of maté and the silver straw going around.

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On Sunday we repaired the main sail and I changed the reefing lines and modified the padeyes they go through on the boom because it was too much chaffing which was damaging the lines.

On Monday we called the hydro generator manufacturer to check the repair status. It was ready and should be shipped later during the week. We took the opportunity to be stuck in port to do the engine oil and filter change and I dived under the boat to check the hull cleanliness. Some short brown algae were growing making like a greasy film on most of the surface but no shells or green stuff that can alter the boat speed. So far we are very satisfied by our Copper Coat (epoxy loaded with copper metal powder), we sailed over 6000 miles in 4 months mostly in warm tropical waters, a traditional anti-fouling would have been already in quite a bad shape.

On Tuesday, we got confirmation from FEDEX that our hydro generator was shipped from La Rochelle and should be delivered on Friday. We didn’t believe much in the delivery date, but at least we could plan for the rest of the week. So, we rented a small car and went for 2 days in land to see the country side and the gauchos. We enjoyed it very much! We had no clue as to what expect. We had seen TV broadcast about the Argentinian Pampa but Uruguay looks quite different. First it is very green and it’s not flat at all. It is a blend of grassland valleys where the cows and horses graze apparently freely, rocky hills and eucalyptus forests. Some of the hills are quite steep and small rivers are cascading in deep gorges between the rocks.

Villages looks like from 2 centuries ago, the horses are still there, there are few cars and many are from the 60’s. And yes the gauchos are there with horses and hats:). People everywhere are extremely nice and kind

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On Friday, we are back in Piriapolis, to learn from FEDEX web tracking that our parcel will not arrive today, it is still in transit somewhere between Memphis (Tenesee) and Campina (Brasil). Never mind there is still quite a lot of work to do on board to get ready for the “deep south”, the weekend will not be wasted.

On Monday, the Fedex delivery guy call in right after lunch and hand us the shipping documents of the generator explaining that this is all for them, our generator is at Montevideo airport in a bonded warehouse, we have to arrange by ourselves for the clearance and delivery. We call a custom broker who can help us with the formalities. We rent a car and first thing next morning we are at the airport. Because this is an item that was send to the manufacturer for warranty repairs, the documents indicate only the value of the repair and the broker (very supportive and helpful) is not sure about hos the Customs will want to handle it. She ask us to come back in the late afternoon.

We take the opportunity to visit Montevideo which is a large city but with a quite small (yet very pleasant) centre.

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Back at the broker by 17:00 we learn that our parcel don’t qualify for the simplified release. It will have to go through a full clearance procedure which will cost us 350 USD… we will most likely get it tomorrow by mid day.

Tuesday 14:00 we are back at the airport (80 km from Piriapolis) and after 90′ wait we finally get our parcel. Well actually not quite, we get a custom sealed bag with our parcel inside. We are to drive back immediately to Piriapolis, without stopping anywhere, bring the parcel on board where a custom agent (coming especially from Montevideo) will come and remove the electronic seal. When we get there the lady from the customs is already waiting for us and we can at last get our generator and fit it back. South American countries administrations and civil service is really a nightmare!

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Unfortunately in the mean time the weather forecast are not good, fairly strong wind from S-SW for a few days. Next opportunity to go will be Friday. In the mean time we had met Guy an other French sailor completing a very long round the world trip. His last stop was the Falklands and he enjoyed it very much (we also heard the same from Cat whom we met in Itajai and from Robert and Armelle earlier on at Ilha Grande). He even let us have his guide of the island. We are convinced! Our way to Tierra de Fuego will pass by the Falklands, it’s like we have always wanted to go there. But it’s not that simple. Argentina is imposing strict restrictions on travel to the Falkland (even though they lost the 1982 war, they still claim it’s theirs) and if later on we want to go to Ushuaia we might be in great trouble. No problem Arnaud, another Frenchman who operate Paradize, another charter boat from Ushuaia to Antartica recommend us to his agent who will arrange the permit for us. We will get there while we will be already in the Falkland but that should work.

On Friday November 2.

The wind has shifted as foretasted and we can finally leave. We have done all the clearance formalities the day before so we can have and early 9:00 start :). A good NW wind push us fast across the Rio de la Plata and along the Argentinian coast until offshore Mar Del Plata. The forecast are indicating an area of very strong wind (up to 55 knots) for the next few days in the south. We will try to avoid it by going around staying close (20 to 30 miles) to the Argentinian coast at least until Valdes peninsula. We will have to sail 1200 miles instead of 1000 but it will be much safer.

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For time being the wind is rather light and the days are still warm and sunny which we enjoy a lot because we know that warm weather will be over very soon as we continue to make progress south toward the 40th and 50th degrees of latitude and it will be several month to wait before we can enjoy it again.

On Sunday evening offshore Quequen we got caught by a mega thunder storm. We saw the high potential area on the grib but it was well on shore so we though that 50 miles from the shore we were clear. But now, we can’t avoid it, there are lightning all over the horizon, fortunately not too close to us. The wind dies almost completely to suddenly rise violently from the opposite direction and increase to 30 knots. Quick sails reduction and we glide at up to 14 knots in the night surrounded by incredible fireworks, even the sea is fluorescent (probably due to high plancton concentration). Fortunately it last only few hours and the early morning offers us again light wind and perfect blue sky.

By Tuesday 6/11

we are offshore Valdes Peninsula, wind is still moderate but we know that, before the night, we shall meet some small part of the big storm we are trying to avoid therefore we take the opportunity to get ready for it. We check that everything on deck and below is properly tighed up, the main sail is taken down and secured on the boom. We will continue with the jib only. It will be replaced later on, as the wind, increases by the stay sail. This way we are not reaching record speeds but still making good progress in reasonable comfort and good safety. We are not anymore racing few miles from the coast in Brittany, we are traveling with our home in the roaring forties. The day and the night will go very smoothly, we could even continue to cook proper meals and sleep peacefully by slot of 3 hours each. The wind eventually picked up but not exceed 35 knots in the gusts for an average of 27 knots proving the the chosen route was right.

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Next morning it was over and we could alter our course to go straight line to Falkland. By night as we were negotiating our way around a small through with stronger SW wind, we saw a large fishing fleet appearing on the AIS some 40 miles ahead. Our course was getting us to pass well clear of them by their north. But as we got closer, they started to move from everywhere at over 8 knots with seemingly the single aim of interfering with our course. Nobody slept that night, we spent our night tacking and trimming to try and avoid them in a shifty wind blowing stronger and stronger. By the first morning light it was over (and the wind calmed down). By then it looked like they re-assembled again in the same spot as we saw them first. Did they do that deliberately to scare us out of their fishing ground. In the process we lost some 20 miles on the route and moreover, we missed the wind train that should have got us fast across the high pressure area that was now extending between us and our target. This made us expect a long and slow crossing of the high but after motoring few hours we caught some gentle wind that got us across. The weather was getting much colder (14°C during the day 7°C at night) than the previous days, but thanks the the high pressure we could enjoy very clear sky with plenty of stars at night and during the day, the sun was warming us up nicely in our protected dog house. We were really enjoying ourselves alone in the middle of the southern ocean.

For the last 36 hours of the journey, we had stronger winds (20 to 30 knots) from the back. We sailed under our famous retiree rig (no main, jib and stay sail in butterfly). 100 miles from Stanley (Falklands capital and sole port of entry) the weather became colder and foggy .

At 2:00 AM on Tuesday 13/11

We crossed the so called reporting line and called Stanley Port Control on the VHF. By 4:00 AM as the fist daylight was trying to wash away the darkness of the night, we were finally in our bed, safely anchored in Stanley harbour. 10 days and 19 hours for 1000 miles straight line (1300 miles actually sailed) is by all mean rather slow, but we made it safely and very enjoyable.

To be continued….